Note préalable

J'ai l'impression que j'ai des gros problèmes de concordance des temps dans la deuxième partie, mais j'ai beau retourner ça dans tous les sens je n'arrive pas à faire mieux (en même temps j'ai cherché les ennuis avec une narration au présent, je suis d'accord). Si quelqu'un a des suggestions à faire, elles seront bienvenues ! J'espère que la lecture vous plaira quand même.

.

.

CHAPITRE 22 : Comprendre

.

Hitsugaya Toshiro a déjà annulé des centaines de rendez-vous, abandonné des milliers de jours de congé, et dormi dans son bureau des millions de fois, pour pouvoir accomplir toute sa charge de travail. Il lui est même arrivé quelque fois de faire faux bond à Hinamori, alors qu'il essaye d'éviter ça au maximum. Mais il y a une chose qu'il fait passer avant son travail : ses visites à sa grand-mère. Il ne retourne pas très souvent la voir dans le Junrinan, mais chérit ces journées tranquilles, qu'il passe à grignoter de l'amanattoh maison en discutant autour d'un thé, ou à engloutir des quartiers de pastèque au soleil devant la maison.

Sa grand-mère sait que ces visites font sincèrement plaisir au jeune shinigami, sans compter qu'elles lui font du bien : il arrive immanquablement les traits tirés, les yeux fatigués et tout le corps tendu et repart toujours frais et serein, comme le petit garçon qu'il a été avec elle.

Pourtant, ce jour-là, il a l'air distrait. Ni Momo ni Matsumoto-san n'en sont la raison : il n'a eu que des banalités à lui répondre quand elle a demandé de leurs nouvelles. Son travail n'a jamais eu l'air de le travailler ainsi jusque-là. Non, c'est autre chose. Sans doute un intérêt plus… Récent.

« Dis-moi, Toshiro, dit-elle au jeune homme en yukata assis face à elle. Comment va ta jeune subordonnée dont tu m'avais parlé la dernière fois ? Sato Kaede-san, je crois ? »

Il sursaute, rougit jusqu'à la racine des cheveux, et sa grand-mère sourit affectueusement. Elle a vu juste.

.


.

Il croyait que Matsumoto ne raterait jamais aucune occasion de le taquiner dès qu'elle le voyait avec une femme. Qu'il s'agisse de Soi Fon ou de Kuchiki, de Hinamori ou de Kotetsu, de jeunes – ou moins jeunes – femmes de la dixième division, voire d'autres filles complètement inconnues croisées dans les allées du Seireitei, dès qu'un regard était échangé accidentellement, son lieutenant ne pouvait s'empêcher de s'exclamer qu'il est un dragueur invétéré et de louer les charmes de ses yeux bleus… Elle s'attirait ainsi invariablement les foudres de son capitaine, mais cela semblait l'amuser au plus haut point.

Alors, quand il a réalisé qu'elle ne lui parlait jamais de sa relation avec Sato, forcément, il a compris ce que Matsumoto avait compris bien avant… Ce que sa grand-mère vient de comprendre. Il est vraiment amoureux de Sato, et les plaisanteries de Matsumoto ne seraient plus vraiment des plaisanteries, n'est-ce pas ?

.


.

Il se sent complètement désemparé face à cette situation inédite pour lui, et le regard perdu qu'il lance à sa grand-mère le lui fait comprendre.

« Allons, raconte-moi. Comment est-elle ?

– Elle… »

Il ne sait pas par où commencer.

Elle est petite, plus petite que lui d'une tête, elle a la peau un peu mate, les yeux bridés et pétillants comme des châtaignes, les cheveux noirs coupés courts. Elle a les pommettes hautes et de fascinantes fossettes qui apparaissent quand elle sourit ou qu'elle rit. Elle se mordille la lèvre inférieure quand elle est perdue dans ses pensées, la lèvre supérieure quand elle doute d'elle-même, et elle se frotte le lobe de l'oreille droite en fronçant le nez quand elle est gênée. Elle est travailleuse et déterminée, curieuse et intelligente et amusante malgré elle, et trop humble pour se rendre compte qu'elle est exceptionnellement douée. Elle le comprend si bien qu'il a parfois l'impression que ses pensées et ses émotions sont pour elle comme un livre ouvert.

A-t-elle compris elle aussi ? Il espère que sa modestie excessive l'en a empêchée.

« Elle est extraordinaire. »

.