CHAPITRE 29 : Mutation I
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Comme je ne suis pas très courageuse, j'ai tourné en rond toute la journée en tergiversant plutôt que d'aller parler au capitaine Hitsugaya dès le début de la matinée. Heureusement, je me suis promis que j'irais le voir aujourd'hui, donc maintenant que l'heure du dîner arrive, je ne peux plus vraiment reculer : c'est pour ça que je me retrouve devant son bureau, n'osant pas entrer, comme tétanisée.
Ce n'est pourtant pas le moment de paniquer. Après avoir tenté de me calmer en respirant profondément, je frappe discrètement à la porte puis entre après un mot du capitaine. Je n'ose que lui jeter un coup d'œil à la dérobée, mais ça me suffit à comprendre que mon stress évident et inhabituel l'intrigue, voire l'inquiète.
Alors, pour en finir le plus vite possible, je lui tend un formulaire prérempli, qu'il saisit sans y jeter un œil, en me regardant d'un air soucieux. J'inspire profondément, et je me lance.
« Hum… C'est une demande de mutation… Pour la quatrième division. Euh, vous savez que j'ai beaucoup travaillé avec le lieutenant Kotetsu ces derniers temps, n'est-ce pas ? Eh bien, euh, j'aimerais continuer ces travaux et les approfondir, donc il faudrait que je sois formée au Kidoh de soin, et puis la 4ème division a vraiment besoin de soignants, vous savez ? C'est pas que j'aime pas la 10ème, au contraire, et puis je vous dois tant, c'est pas très correct de vous laisser tomber comme ça, je suis vraiment désolée… »
Venue à bout de mon petit discours sans queue ni tête, j'ose enfin relever la tête vers le capitaine, et quand je vois son minuscule sourire en coin un peu moqueur, comme toujours quand je me répands en excuses, je me sens immédiatement soulagée. En même temps, sur son visage flotte aussi cette drôle d'expression que je lui observe souvent ces derniers temps et que je ne comprends pas. À cet instant, j'ai l'impression que je suis à deux doigts de saisir ce qu'elle signifie, mais le capitaine baisse la tête, ouvre directement le dossier à la dernière page, et le signe. Puis il me le rend, lève les yeux vers moi, et me demande avec hésitation :
« Vous avez déjà dîné ? »
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