Note de la traductrice : Bonjour / bonsoir !
Mon traitement de texte ne semble pas connaître le mot 'bonsoir'. C'est vraiment un inculte celui-ci...
Merci à Marina Ka-Fai et à pinkish-red hearts pour leur review sur le chapitre précédent !
Les flammes projetèrent une étrange ombre sur l'épée que Jaime posait sur le sol.
Cela ira vite si je le fais correctement, pensa Jaime alors qu'il contemplait l'endroit où la lame en acier valyrien devait venir se loger.
Le jour, Jaime se montrait aussi arrogant qu'à son habitude, mais avec des devoirs de seigneurs en plus. Ces derniers allaient du conflit entre petites maisons ou paysans, vérifier l'avancée des travaux aux alentours de Castral Roc, rencontrer divers gens, lire et signer des documents – entre autres. Mais peu de personnes réalisaient à quel point il lui était dur de se lever le matin. Il accomplissait un très bon travail en tant que seigneur – meilleur que ce qu'il aurait pu imaginer.
Et pourtant, les ténèbres ne cessaient de l'entourer de vide.
Chaque nuit, il retirait Féale de son habituelle place, près de son lit, où se trouvait également un bouclier de bois peint aux insignes de Tarth – des carrés roses et bleus parsemés de soleils et de lunes – en l'honneur de son propriétaire original. Ensuite, il s'asseyait près du feu sur une chaise et pensait à elle et à la vie qu'ils auraient pu avoir.
Cela faisait des années que Jaime avait versé des larmes sur son corps, et encore aujourd'hui, c'était comme si une famine se trouvait en lui, le laissant aride et vide.
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Je devrais en finir, pensait-il. Mais elle ne me le pardonnerait jamais. Il l'imaginait, venant le hanter sans cesse, le tourmentant, son épaisse bouche déformée dans une moue désapprobatrice. Jaime songea à manquer à ses obligations seigneuriales, afin de voir s'il pourrait recroiser son dur regard, ou juste un spectre flou d'elle. Mais il savait que cela ne servirait à rien.
Jaime soupira. Je dois vivre, pour Castral Roc. Et pour elle.
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Soudain, Jaime entendit un grincement, suivit de légers bruits de pas. D'ordinaire il se serait figé en entendant ces derniers, mais s'y était habitué, les années passant.
Lorsque les pas cessèrent, juste derrière sa chaise, Jaime ressentit cette large vague de culpabilité à l'idée de se suicider déferler sur lui.
- Viens ici, Brienne, dit-il avec toute la douceur dont il était capable malgré son épuisement. Les bruits de pas reprirent le temps qu'il éloigne Féale suffisamment pour permettre à la petite forme de se placer sur ses genoux. Celle-ci posa son visage sur sa poitrine, et Jaime pu sentir des larmes imprégner sa chemise.
- Encore un cauchemar, petite étoile ? demanda-il à l'enfant, alors qu'il caressait ses cheveux d'or de son moignon.
- Tu étais mort, pleura-t-elle. Tu étais sur le sol, Féale en travers de ton corps.
Jaime se figea en entendant cela.
- Puis je t'ai vu sous forme de fantôme. Et mère aussi. Enfin, je crois que c'était elle. Elle était blonde, avait des yeux bleus – comme tout le monde me la décrit.
La petite se tut, et le regarda. Son nez – actuellement coulant – et son visage étaient décidément de lui, mais ses lèvres, ses taches de rousseurs et ses yeux étaient d'elle. Même si ces yeux étaient rouges de pleurs en ce moment. Le cœur de Jaime fut dévasté à la vue de ce regard innocent.
- J'ai pensé alors qu'on était une vraie famille, murmura-t-elle, le cœur si brisé que Jaime sentit ses yeux devenir humides. Qu'on était une famille entière. Mais vous m'avez ensuite quittés et laissés seule.
Cela lui fit plus mal que n'importe quel coup reçut sur le champ de bataille. Il avait songé à arrêter sa douleur et à la rejoindre, et n'avait pas pensé à sa fille – à leur fille. Il entoura la fillette de ses bras et posa un doux baiser sur son front.
- Je serai toujours là, à faire du mieux que je peux, petite étoile.
Il ne pouvait et ne pourrait pas être toujours là pour elle, mais voir sa fille détruite à l'idée d'être complètement orpheline donna à Jaime une nouvelle motivation à rester vivant. Ses propos semblèrent la calmer, car elle descendit de ses genoux pour se rapprocher du feu. Elle resta un instant silencieuse, mais finit par pointer son doigt avec appréhension vers l'épée qu'il tenait toujours de sa main gauche.
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- Féale était l'épée de mère, n'est-ce pas ? demanda-t-elle presque dans un murmure, comme si elle était effrayée de dire quelque chose de mauvais. Jusqu'à ce que sa fille ne désigne la lame, Jaime n'avait pas réalisé que sa main était devenue blanche, de sa poigne trop vive sur l'objet. Il relâcha son emprise, et approcha Féale de la fillette – mais pas trop, pour ne pas la blesser.
- Oui, répondit-il avec fierté. Est-ce que je t'ai déjà raconté comment cette épée nous a rapproché, ta mère et moi ?
Sa fille se tourna vers lui, ses yeux remplis d'espoirs. Elle secoua la tête.
- Tout le monde m'a dit de ne pas te poser de questions sur Mère, car cela te rend triste.
Sa voix était triste, et Jaime réalisa brusquement qu'il n'était pas le seul à souffrir de la perte de Brienne. Jaime repensa à son père, s'enfermant dans le travail et traitant son dernier né horriblement, tout cela parce que Joanna ne lui serait jamais rendue. Le fait de se détourner de son enfant, tout comme l'avait fait Tywin, l'effraya. Je suis peut-être un Lannister, mais je ne suis pas Tywin.
Sur cette pensée, Jaime raconta à sa petite Brienne, sa petite étoile, tout ce qu'il pouvait dire à un enfant sur sa mère. Il lui décrit comment elle était, à quel point elle était forte, gentille, honorable, douce, et combien elle avait été courageuse en combattant les Marcheurs Blancs.
Alors qu'il parlait à leur petite fille de sa mère, il eut l'impression qu'une rivière venait abreuver la terre sèche qui était en lui, ramenant quelque chose à la vie. Il pouvait imaginer Brienne lui souriant depuis l'endroit où les Sept avaient décidé de la placer.
Je vivrais pour notre petite étoile, Brienne.
Note de l'auteur : je suis désolée (enfin pas tellement). J'ai réalisé que je n'avais jamais rien écrit de triste sur Braime. Je sais que c'est bittersweet, mais je ne me vois pas écrire quelque chose sans un peu de douceur. Et oui, Jaime a appelé sa fille Brienne, ce qui est triste car la seule légitime Brienne Lannister de cette fic est la petite Brienne. J'ai imaginé que Brienne avait donné naissance à Petite Brienne aux débuts de la guerre contre les Marcheurs Blancs, et qu'elle était ensuite partie combattre.
C'est triste, mais laissez une review ! Les review sont des étoiles*.*
