CHAPITRE 34 : Plan de carrière

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Ça fait déjà une semaine que je fais officiellement partie de la 4ème division, mais heureusement, le lieutenant Kotetsu m'a laissé quelques jours pour organiser mon départ en tant que 20ème siège. Aujourd'hui est donc ma première véritable journée à mon nouveau poste, et je me dirige donc vers le bureau du lieutenant pour qu'elle me détaille mes nouvelles fonctions – et je compte bien en profiter pour lui poser quelques questions moi-même, suite à la discussion que j'ai eue avec le Capitaine – ou plutôt Hitsugaya-san, maintenant.

Le lieutenant me voit arriver par la porte ouverte et me fait signe d'entrer, ce que je fais avant de la saluer.

« Bonjour, lieutenant Kotetsu. Merci de me recevoir.

- Bonjour, Sato-san. Vous prendrez un peu de thé ? »

J'accepte et elle récupère dans un placard une tasse similaire à la sienne, qu'elle remplit prudemment avant de me la tendre. Comme d'habitude, ses gestes sont précis, et son regard à la fois bienveillant et sérieux. J'apprécie beaucoup son caractère posé et son pragmatisme, qu'elle démontre encore une fois en attaquant le sujet de notre rendez-vous :

« J'ai réfléchi à la meilleure façon de vous intégrer à la division étant donnée votre situation. Si cela vous convient, je peux vous présenter mes idées et vous me direz ensuite ce que vous en pensez ? »

J'acquiesce et elle reprend :

« Chaque année, pour former nos nouvelles recrues, nous les organisons en quelques groupes supervisés par des soignants et soignantes expérimentées et pédagogues. Mais comme vous le savez, la prochaine promotion ne sera pas diplômée avant plusieurs mois, et la dernière promotion a déjà fini sa période de formation. De toute façon, étant données vos aptitudes en Kidoh et vos bases médicales, un apprentissage personnalisé sera sans doute plus adapté. Un de nos instructeurs habituels a accepté de vous prendre en charge pour vous permettre de suivre en accéléré la formation habituelle, qui comprend des bases de diagnostics et prescriptions, de Kidoh de soin et de logistique. Après ça, nous pourrons vous intégrer à une équipe de soin pour que vous gagniez de l'expérience par la pratique. L'idéal serait que vous approfondissiez votre apprentissage théorique en parallèle, mais tous nos meilleurs soignants sont submergés de travail et je ne sais pas encore comment organiser cela. Nous avons quelques mois pour y réfléchir, cela dit. »

Le lieutenant prend une gorgée de thé, et je réfléchis à ce qu'elle vient de me dire. Elle veut visiblement que je devienne une soignante chevronnée, plutôt qu'une des petites mains anonymes que le reste du Seireitei méprise tant. Mais est-ce dans le but que je devienne capitaine ? Elle pourrait tout aussi bien vouloir faire de moi une sorte de chercheuse médicale de pointe – ce qui ne me déplairait pas, d'ailleurs, mais… Ce n'est pas vraiment ce que j'ai en tête – plus maintenant. Je demande donc au lieutenant en face de moi :

« Et après ? Sur le long terme ?

- Eh bien… Je mets peut-être la charrue avant les bœufs, bien sûr, mais j'ai fait lire votre dossier à Kuchiki-san etelle pense comme moi que vous atteindrez votre Bankai assez rapidement – quelques décennies, ou quelques siècles peut-être – et franchement, la division a besoin d'un capitaine. Ou d'une capitaine, en l'occurrence. Est-ce que vous y avez pensé ? »

Je prends un moment pour accepter l'idée que la capitaine Kuchiki, que je connais à peine, a discuté avec le lieutenant Kotetsu de moi, de mon hypothétique futur Bankai, et de mon encore plus hypothétique future capacité à devenir capitaine de la 4ème division. Heureusement que ma discussion avec le Capitaine – non, Hitsugaya-san – m'y a préparée, sinon je serais probablement en plein milieu d'un inarrêtable fou rire nerveux.

« Hitsugaya-san – le capitaine Hitsugaya, pardon, m'a récemment suggéré cette possibilité. »

Mon lapsus me fait rougir, mais le lieutenant Kotetsu, discrète et polie, fait comme si de rien n'était, et je reprends.

« Je ne suis pas certaine de développer un jour les talents requis pour devenir capitaine. Mais je compte travailler dur en ce sens, et si j'y parviens, il serait pour moi un honneur et un plaisir de prendre la tête de la division, lieutenant. »

Elle me regarde maintenant avec un grand sourire plein d'espoir qui me fait douter : j'ai l'impression qu'elle attend de moi plus que ce dont je suis capable. Mais je fais taire mon syndrome de l'imposteur et je reprends :

« Étant donné notre entendement, je pense que vous seriez la mieux placée pour prendre en charge l'approfondissement de mon apprentissage. Je pourrais en contrepartie assumer une partie de vos responsabilités administratives, qui risquent de me revenir à long terme de toute façon. Ça vous libérera un peu de temps. Et puis, je suis très efficace pour traiter la paperasse : j'ai eu un bon professeur. »

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