Note de l'auteur : C'était censé être drôle au départ, mais c'est devenu assez triste en fait…

Note de la traductrice : Salutations à vous, chers gens ! La traduction a tardé (j'ai l'impression de dire ça à chaque fois) et j'en suis désolée ! Mon ordi est définitivement mort donc j'ai perdu tout ce que j'avais commencé à traduire, donc c'était un chouïa compliqué. Je vais essayer de me tenir à un drabble par semaine ou un toutes les deux semaines, avec une publication pour le samedi. Voilà pour moi. Et vous ça va ?

Merci à Marina Ka-Fai pour sa review sur le chapitre précédent


Deux têtes blondes qui lui arrivaient presqu'à la hanche le déparessent. L'une d'entre elles, qui possédait les cheveux les plus longs, tenait un bâton et criait à l'autre de se rendre. Jaime demanda à la fillette de faire attention lorsqu'elle agitait le bâton.

- Jaime.

Il se retourna en entendant son nom, et vit les yeux inquiets de Brienne. Jaime avait été tellement absorbé par la surveillance des enfants qu'il en avait presque oublié la présence de sa femme derrière lui.

- Depuis leur huitième anniversaire, tu n'as pas arrêté de garder un œil très attentif sur Joanna et Galladon, lui dit Brienne avec une pointe de reproche teintée d'inquiétude. Je ne voulais pas faire de remarques, mais cela fait maintenant deux mois et rien n'a changé. Quelque chose ne va pas ?

Jaime quitta les yeux bleus pour reporter son attention sur les jumeaux. La fillette taquinait maintenant le garçon avec le bâton.

- C'est juste que Cersei me manque, répondit Jaime, et Brienne fit une sorte de 'oh'.

Réalisant ce qu'il venait de dire et comment Brienne pouvait l'interpréter, il secoua la tête.

- Je ne dis pas ça dans ce sens-là, femme. Je t'aime. Beaucoup. C'est juste que… Joanna et Galladon. Ils ressemblent beaucoup à ce que nous étions, Cersei et moi, lorsque nous avions leur âge. Bien sûr, leurs cheveux sont un peu différents et ils ont tes tâches de rousseur, mais c'est effrayant de voir comme le reste est identique.

- Je sais, dit Brienne, perplexe. Mais c'était évident qu'ils te ressembleraient. C'est juste… que tu n'as jamais été aussi inquiet que lorsqu'ils ont eu huit ans.

- Lorsque je les vois rire et jouer, je me souviens du temps où Cersei et moi n'étions que frères et sœur, dit Jaime avec un curieux sourire, ses yeux ne quittant pas les jumeaux.

Joanna était en train d'obliger Galladon à s'étendre sur le sol et à prétendre être mort.

- Nous échangions parfois nos vêtements. Elle assistait à mes cours d'épée et moi à ses travaux de coutures, mais nous étions vite démasqués. Nous n'étions pas très doués.

Jaime soupira, et son expression se fit plus sombre.

- C'est lorsque nous avons eu huit ans que nous avons commencés à perdre notre innocence. Nous avions vu des animaux faire… des choses… et nous les avions imités.

Il prit une profonde inspiration avant de continuer.

- Ce n'était qu'un jeu. Nous ne savions pas que c'était mal. La seule chose que nous savions était qu'après avoir partagé le même lit pendant des années on nous avait soudainement mis dans des chambres séparées, et que la servante qui nous avait découvert avait disparu. Puis mère est mort, ce qui faisait de père un père est mort avec elle, Cersei est devenue… pire, et j'ai fermé les yeux pour ne pas voir la vérité sur ma famille dysfonctionnelle.

Jaime réalisa alors qu'il fixait le vide. Les jumeaux étaient maintenant dans l'écurie – Jaime voulu les suivre mais Brienne posa sa large main sur sa poitrine.

- Jo et Gall, commença-t-elle, gênée. Ils sont proches. Probablement tout comme toi et Cersei l'étiez enfants. Mais ils ne sont pas comme toi, mari.

Brienne ne l'appelait comme ça que lorsqu'il était dans une grande détresse car elle savait à quel point il appréciait ce mot.

- Ce sont des personnes à part entière, différentes de toi, qui ont des parents différents – dont un père extraordinaire d'ailleurs – et ils deviendront des personnes différentes. Ils ne seront ni toi, ni moi.

- Il n'y aura personne comme eux, taquina Jaime.

- Oui. Personne.

- Tu es bien généreuse en louanges aujourd'hui, femme, dit Jaime alors que son moignon caressait son bras droit. Un père extraordinaire. Pourrais-je te rendre la faveur cette nuit dans notre chambre ?

- Tu veux baiser qu'importe mes propos, répondit Brienne en levant les yeux.

Jaime rit en entendant le mot familier. Elle en utilisait depuis qu'ils étaient mariés, mais Jaime ne parvenait pas à s'y habituer. Elle reprit.

- Mais je crois que nous avons appris à nos enfants à nous parler. Ce qui est une bonne chose. Tu as toujours fait en sorte de ne pas couper la parole à Rhaegar, Joanna ou Galladon, même si je sais combien tu le souhaiterais lorsqu'ils commencent à parler dans tous les sens. Donc tout ira bien.

Jaime ouvrit sa bouche pour répondre mais Galladon venaient vers eux.

- Mère ! Père ! Venez vite !

L'enfant attrapa le moignon de Jaime et le traina vers les écuries, entrainant de ce fait Brienne qui tenait la main de son mari. Ils trouvèrent alors Joanna, regardant quelque chose.

La poitrine de Jaime menaçait d'exploser de peur devant ce qu'il vit.

- Mère, père, les chevaux sont-ils malades ? demanda Joanna avec inquiétude.

Jaime ne perçut pas cette inquiétude. Pour dire vrai, c'était sûrement lui qui devait paraître malade. Il pouvait sans peine deviner de quoi il avait l'air – son corps entier était raide, ses yeux paniqués. La seule chose qui le ramena à la réalité fut des longs doigts s'emboitant dans les siens. Jaime se tourna vers sa femme. Ses yeux étaient plein d'une douce expression maternelle – à cela, il sentit son anxiété disparaître un peu. Brienne avait longtemps pensé qu'elle n'était pas faite pour être mère, mais ce regard disait le contraire à lui seul.

- Ce sont Joanna et Galladon, dit Brienne avec un petit sourire alors que Jaime la regardait silencieusement depuis un peu trop longtemps. Tu n'as qu'à leur parler. Je serai là pour t'aider.

Suite à cela, ils amenèrent les jumeaux dehors. Et tout les deux, en tant que parents, ils leur expliquèrent du mieux qu'ils pouvaient pourquoi les chevaux étaient dans cette position. A la fin de l'explication, Joanna se contenta d'hausser les épaules et de planter son bâton dans un tonneau derrière elle. Galladon lui demanda plus d'explications, ses yeux pétillant comme un maestre curieux. Alors que leurs enfants reprenaient leur babillage, Brienne et Jaime eurent une conversation silencieuse.

Brienne avait l'air d'être fière d'elle, tandis que Jaime était un mélange entre défaite et soulagement. Il souhaitait souvent que les choses entre Cersei et lui aient été différentes – cependant, si cela avait été lé cas, il n'aurait jamais épousé Brienne et n'aurait jamais eu leurs trois enfants. Et Brienne avait raison. Joanna et Galladon étaient des jumeaux proches, qui se ressemblaient beaucoup, mais qui étaient leurs propres individus.

Sa famille – sa famille bien à lui – était suffisante.


Note de l'auteur (de fin) : Ce n'est pas évident mais cela se passe toujours dans l'univers où Brienne est reine et a du sang Targaryen. Le seul indice pour que vous le deviniez était le nom de leur premier enfant (mentionné sans apparaître dans ce drabble) : Rhaegar. Daenerys vivante, ils ne l'auraient pas nommé ainsi - mais ici Dany est morte et je pense donc que Jaime a voulu rendre hommage à quelqu'un pour qui il avait du respect et de l'admiration. Et puis je n'avais pas trop d'idées en prénoms masculins (pour différentes raisons je ne voulais pas de Selwyn, même s'il est mort dans cet univers). Donc Rhaegar.

Brienne et Jaime ont donc trois enfants dans cet univers. Rhaegar est l'aîné, Joanna et Galladon sont les cadets.

Laissez une review. S'il vous plaiiit *je suis en train de vous regarder avec les yeux saphirs de Brienne qui font disparaître tout vos problèmes*