Petit mot de l'auteur : Un petit Braime, ça faisait longtemps que j'avais pas avancé cette traduction (en fait ça fait plusieurs semaines que j'avais traduit ce drabble mais je l'avais oublié. Pauvre petit drabble)

A l'époque de l'écriture (et de la traduction) il était canon : saison 8, grande guerre. Bon on sait désormais que la guerre a duré nettement moins longtemps mais voilà. C'est sûrement bourré de fautes, j'avais vraiment envie de poster malgré mon épuisement.


- Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça, Jaime ?

Jaime fut étonné pendant un instant que Brienne utilise son nom – ce sentiment disparut néanmoins rapidement lorsqu'il vit ses lèvres se mouvoir en une grimace. Il lui offrit un petit sourire :

- Je te regarde comment, femme ? répliqua-t-il bien qu'il sache exactement comment il la regardait.

Brienne détourna son regard – ses joues roses devenaient plus sombres. Ils s'étaient mariés une année auparavant et il avait fallu plusieurs mois à Brienne pour qu'elle cesse de l'appeler ser. Elle demeurait cependant toujours gênée quand Jaime l'appelait femme.

- C'est ton… Je... Est-ce... Est-ce que tu souhaites que je te réchauffe ?

Les yeux saphirs reposèrent leur attention sur lui, cherchant… quelque chose sur son visage. Jaime sut immédiatement ce qu'elle voulait dire et se risqua à faire une moue tentatrice.

- Vraiment ? Devant nos estimés officiers ? chuchota Jaime.

D'abord moqueur il était devenu sincèrement curieux.

L'hiver était sur eux – et l'avait été avant même qu'ils ne se marient – et l'air était devenu tellement froid que plus personne n'avait plus aucune intimité. Les marcheurs blancs les avaient repoussés vers le sud où les vivants avaient installé leur camp dans un petit village abandonné. Les commandants avaient élu domiciles dans une taverne délabrée – Jaime et Brienne, en leur qualité de chefs dormaient dans la salle à manger de ladite auberge.

Leur situation actuelle avait été un compromis et Brienne n'avait donné son accord que pour partager de la chaleur corporelle. Même s'ils évitaient de trop se montrer, leur proximité était tout de même évidente – Jaime était appuyé contre le mur tandis que Brienne était à moitié sur lui, son visage posé sur son épaule. Leurs jambes, par-dessous les couvertures, étaient liées.

- Nous… nous sommes sous des couvertures et… et… même s'ils s'en rendent compte…

Elle prit une profonde respiration avant de laisser s'échapper un souffle de fumée.

- N… nous sommes mariés…

Jaime rit avant de s'arrêter en voyant les sourcils de Brienne se froncer.

- Toutes mes excuses, femme. Ton innocence est si attachante.

L'expression de Brienne ne changea pas d'un pouce, causant un soupir de la part de son mari.

- Brienne… j'ai suffisamment chaud. Tu n'as pas besoin de me… réchauffer d'avantage.

Brienne s'était assurée que ses jambes ne touchent pas le sexe de Jaime.

- Alors pourquoi me regarde tu de cette étrange manière ? demanda-t-elle une nouvelle fois, ses yeux saphirs curieux. Je ne sais pas comment réagir face à ce regard et quoi en faire. Ce n'est pas comme si j'étais devenue plus jolie ou quelque chose du genre.

- C'était la première fois que je te voyais sourire. Je veux dire… vraiment sourire.

Il avait été surpris de constater à quel point Brienne était relaxée lorsqu'ils étaient couchés en cuillère, l'un contre l'autre. Jaime avait alors hissé sa tête vers sa femme et l'avait trouvé en train de regarder distraitement un point imaginaire, un sourire aux lèvres. Cela avait été fascinant.

- La réalité dans laquelle nous sommes plongés est effrayante. Incertains de quoi demain sera fait. Et pourtant, tu souriais comme si c'était le printemps.

- Oh… je souriais vraiment ? elle tourna la tête d'un air coupable. Je suis désolée. C'était très inapproprié de ma part. Nos camarades…

Jaime savait qu'elle pensait aux nombreux hommes dont la vie s'était éteinte. L'un d'entre eux était son écuyer, Podrick – elle avait dû le brûler elle-même durant la bataille.

- Nous ne pouvons pas trop penser à eux pour le moment. Nous devons prendre soin de ceux qui sont toujours vivants.

Les traits de Brienne se détendirent mais elle semblait toujours fatiguée alors qu'elle murmurait Je sais.

Jaime savait qu'il aurait dû s'en tenir à ceci, mais sa curiosité le poussa à demander :

- Alors, pourquoi est-ce que tu souriais ?

Il sentit la tête de sa femme rougir sur son épaule. Il dû se concentrer pour chasser toute image de moquerie sur son visage et retenir une quelconque blague s'il voulait obtenir une réponse.

- Je ne sais pas, dit-elle d'une petite voix.

La manière dont elle se mordait les lèvres tout en évitant son regard signifiait qu'elle lui cachait quelque chose. Brienne ne lui cachait jamais rien – excepté ses sentiments.

- Où es tu, franche et honnête Brienne ? demanda Jaime gentiment. Je jure sur mon honneur que je ne rigolerai pas.

Brienne le regarda avec hésitation avant de reporter son attention dans le vague. Jaime eu alors peur qu'elle ne se ferme totalement – mais ses yeux bleus revinrent vers elle.

- J'aime ça.

- Ça quoi ? Ton pauvre mari est stupide et inquiet, femme. Aide le à comprendre.

Brienne leva les yeux au ciel.

- J'aime ce que nous faisons en ce moment. Etre allongés ici… en nous tenant l'un l'autre.

- Et tous les autres autour ne te posent pas de problèmes ?

Brienne secoua la tête et murmura, la voix si basse qu'elle en était presque inaudible :

- J'aime qu'ils le sachent.

Jaime sentit une bouffée de satisfaction l'envahir alors que les paroles de Brienne parvenaient jusqu'à son esprit. Il la serra d'avantage contre lui afin de lui faire comprendre qu'il partageait son sentiment de possessivité, et déposa un baiser sur son front.

- J'aime ça moi aussi. Et j'aime le montrer aux autres.

Jaime vit Brienne ferme ses yeux.

- Je t'aime, mari, murmura-t-elle si bas que Jaime la comprit à peine – mais cela ne changeait en rien l'impact de ces mots.

- Je t'aime aussi femme, répondit-il. Tellement.

Lorsqu'il recula légèrement, il vit une nouvelle fois le sourire qui ornait les lèvres de Brienne.

D'une certaine manière, même si ses yeux n'étaient plus visibles, son sourire était encore plus doux qu'avant.