Note de la traductrice : je poste ça vite fait avant de partir demain !
C'était le point culminant.
Elle pouvait entendre toutes les jeunes femmes attendre avec impatience. Même elle ne pouvait attendre. Elle regarda Jaime en train de réciter son texte, toujours aussi beau. Derrière lui se trouvait la grosse vache, Brienne. Les dieux seuls savaient pourquoi ils avaient choisit d'écrire une version bizarre de la Belle et la Bête pour la pièce de fin d'année (ça ressemblait plus à Shrek car évidement, le grotesque petit scénariste et directeur qu'était Tyrion avait un talent pour tout gâcher) et pourquoi ils avaient choisis cette amatrice pour un des deux rôles principaux. Mais cela comptait peu au final. Cersei était superbe alors que cette vache était... tout juste décente.
- Rohanne... dit Jaime, rassemblant tout l'amour et l'affection qu'il avait en une seule réplique que Cersei put entendre toutes les filles fondre.
Cersei n'arrivait plus à penser. Elle attendait le baiser gênant qui allait venir après. Brienne avait refusé de s'entraîner au dit baiser, déclarant que si elle jouait le rôle d'une jeune ingénue, elle n'aurait jamais expérimenté un jour un baiser. Mais Cersei n'était pas dupe.
Comme écrit dans le scénario, Jaime fondit vers elle et pressa ses lèvres sur les siennes. La lumière diminua et Cersei se prépara pour la transformation finale de Rohanne. Bientôt, elle serait en train d'embrasser les lèvres de Jaime.
Bien que la scène se fit plus sombre, Cersei put voir Jaime en train d'essayer d'embrasser la vache plus profondément.
Finalement, la pièce devint totalement noire et Cersei put traverser la scène pour remplacer la bête. Mais celle-ci demeura au même endroit.
- Jaime, je dois partir, chuchota Brienne tout en laissant s'échapper un petit couinement feutré.
- Ouais, la bête, dégage de mon moment de gloire, répliqua Cersei.
- Va-t-en, Cersei, lui dit Jaime.
Les quelques secondes qu'ils avaient seraient bientôt écoulées et les lumières n'allaient pas tarder à revenir. Cersei prit finalement la décision de partir, mais sans faire tomber sciemment une colonne du décor.
La lumière inonda ainsi le plateau. Jaime s'attarda encore sur ses lèvres avant de finalement se retirer. Pendant une minute, il craint qu'elle allait le frapper, mais elle le regardait simplement, des questions parcourant ses yeux saphirs.
Jaime prit doucement conscience des murmures confus dans la foule, et il comprit qu'il devait dire quelque chose pour que ce baiser n'apparaisse pas comme une excuse pour embrasser sa meilleure amie devant toute l'école.
- Nous tombons amoureux même dans nos pires moments, dit Jaime. La malédiction a dû voir ça et voulut que tu restes ainsi.
- Oh mon dieu, rigola Tyrion quelque part dans les coulisses.
Brienne dut l'entendre car elle regardait Jaime, une lueur de douleur et de trahison dans les yeux. Bien sûr qu'elle pensait qu'il s'agissait d'une blague élaborée, qu'importe qu'ils aient été meilleurs amis depuis des années. Jaime la tint fermement, espérant ainsi qu'elle comprenne sa sincérité.
- Je me fiche bien que tu restes comme ça, Rohanne. Je t'aime, pour toujours et à jamais.
Jaime savait qu'il avait l'air risiblement mielleux en disant cela, mais il avait besoin que Brienne comprenne.
- Mais Jai... Duncan, répondit-elle – et Jaime se retint de sourire en voyant à quel point Brienne était intelligente. Mais je suis laide, et maladroite, et plus grande que toi maintenant.
- Rien de cela n'a d'importance. Tout ce qui compte c'est que je t'aime, que tu m'aimes, et que nous serons de grands dirigeants pour le royaume... Enfin si tu souhaites m'épouser.
Tout le monde semblait retenir son souffle alors qu'ils se regardaient. Jaime lui avait dit que si elle devenait nerveuse, elle pouvait simplement le regardait et oublier la foule. C'était un gentil conseil mais cela avait tourné à sa défaveur, faisant remonter des sentiments qu'ils avaient gardé cachés pendant des années. Le visage de Brienne était rouge, contrastant avec le bleu perçant de ses yeux, ce qui le fascinait et faisait fondre son cœur.
- Oui, dit-elle finalement. Je veux t'épouser.
Alors que la foule appuya bruyamment, il l'embrassa rapidement. Comme l'audience sifflait de joie, il prit l'opportunité du bruit pour murmurer à son oreille :
- Je t'aime, Brienne.
