Bonsoir a tous, bonne année et mes meilleurs voeux.


Chapitre 27

Harold est profondément endormi, et bien roulé dans ses fourrures. Il faut dire qu' Inghen le met à rude épreuve: elle a redoublé pour les exercices physiques et les armes. Résultats: il s'écroule comme une masse tous les soirs après les entraînements. Seules les toilettes quotidiennes qu'il fait semblent soulager ses muscles brûlants et douloureux. Et pourtant, un vent chaud atteint son visage malgré les températures fraîches du matin.

- Frippon, je t'ai déjà dit d'arrêter de souffler au niveau de mon visage. Je t'ai autorisé à dormir avec moi, mais interdiction de me lécher.

Malgré ses avertissements, un nouveau souffle se fait ressentir.

- Bon, ça suffit Frippon. Je t'ai demandé d'arrêt …. AAAAAAAAHHHHHHHHHHHH!

Le réveil d'Harold est quelque peu surprenant: s'attendant à apercevoir le petit corps de Frippon, il tombe à la renverse quand il voit deux gros yeux vert à la place.

- Comment es-tu rentré dans ma chambre? Je n'ai jamais entendu l'alarme se déclencher.

Tout en frottant ses vêtements, Harold ne peut que constater que son système d'alarme est entièrement détruit.

- C'est toi qui a fait ça? demande-t-il en se retournant vers le Dragon noir. Tu n'as pas pu rentrer discrètement, donc tu as forcé le passage. Et pourtant, je n'ai rien entendu: je déteste l'admettre mais Inghen avait encore raison ….. comme toujours.

Harold inspecte la grotte pour savoir s'il y a d'autres éventuels dégâts, tout semble intact sauf...

- Qu'est-ce que c'est que cette marque au sol? C'est la première fois que je la vois.

Il s'accroupit pour l'inspecter de plus près.

- On dirait qu'elle a ….. brûler? Et seulement en forme de cercle. Hhmmppf. Si ça avait entièrement brûler, me serais-je réveiller? Vu comment je dormais, j'en doute fort. Ah tiens, salut Frippon. Encore en train de dormir?

Pour seule réponse, le Terreur Terrible lève sa tête. Il regarde son ami Humain, baille et continue sa nuit.

- C'est ça, fait comme si je n'étais pas là. Et puis, tu ne pas réveillé quand le Furie Nocturne s'est introduit chez moi. Rappelle moi de ne surtout pas compter sur toi pour monter la garde.

Harold se retourne en entendant un rire: il peut confirmer ce qu'il pense.

- Et allez, toi aussi. Déjà, me réveiller ne te suffit pas. Il faut en plus que tu te moques de moi, la journée commence bien. Comment je vais nettoyer tout çà?

Le Dragon noir regarde son divertissement à deux pattes se déplacer dans toute la grotte. Au bout d'un moment, il finit par se lasser et prend le bras d' Harold pour le conduire vers le cercle de terre brûlée.

-Qu'est ce que tu as? Pourquoi me traînes-tu comme ça?

Le Dragon noir finit par lâcher sa prise, se réinstalle au milieu du cercle. Il ouvre sa bouche, et un souffle violet jaillit. Il dirige son souffle en tournant autour de lui-même et finit par se coucher quand il a fait un tour complet.

- Alors, c'est toi qui est responsable de cette chose? Tu possède un feu bien étrange.

Harold se rapproche un peu plus et est surpris par une sensation de chaleur. Avec prudence, il tend doucement la main vers une terre qui se situe dans un état de fusion.

- Quelle chaleur. Pourtant, tu n'as pas chauffer beaucoup de terre. Je me demande pendant combien de temps tu peux rester au chaud comme ça. Mais dans quelle but?

Tout en réfléchissant, Harold ne se rend pas compte qu'il s'est lentement éloigné du Dragon et frissonne par la température un peu basse dans la grotte. En voulant se rapprocher de son invité, il constate que la température augmente.

- J'y suis, c'est pour rester au chaud. Ainsi que tu ne crains pas les nuits un peu fraîche, drôlement pratique.

Le Dragon gazouille, content de sa réponse.

- Il va falloir que je te trouve un prénom, j'espère pouvoir mieux interagir avec toi après, Monsieur-le-Furie-Nocturne. Voyons, quel nom pourrais-je te trouver? Tu es noir, assez rapide et d'un naturel curieux j'ai l'impression. Donc, pourquoi pas Noirceur?

Pour réponse, Harold reçoit un grognement.

- Ok, j'ai compris que tu ne l'aimais pas. Que pourrais-je trouver d'autre? Éclair, Tempête, Orage.

Encore une fois, la réaction du Dragon est la même.

- Essaye d'y mettre un peu du tien. Je cherche des noms, mais aucun ne te conviens, ce n'est pas ma faute si tu es exigeant. Oh, pourquoi pas Stricker?

Un souffle méchamment envoyé vers Harold suffit à déduire que son propriétaire n'est pas content.

- Exigeant et difficile. Je n'ai pas d'autre idées actuellement. Je vais prendre mon petit-déjeuner, j'aurais peut-être d'autres idées après.

Pour confirmer ses dires, son estomacs se met à gargouiller pour lui rappeler l'heure du repas. Harold part donc chercher dans son coffres des baies et deux petits poissons séchés. Après avoir distribué une partie à Frippon, il finit par se mettre à table. À peine a-t-il fini son premier poisson qu'il entend un gémissement.

- Qu'est ce qu'il y a mon grand? Tu n'as pas pris le temps de manger avant de venir me voir?

Il croise son regard vers des yeux verts tristes et quémandeurs. Au bout d'un moment, Harold craque.

- Très bien, ne bouge pas. Je vais t'en donner un plus.

Le Dragon laisse pencher sa langue et frétille le bout de sa queue pendant qu'Harold va fouiller dans son coffre. Une fois trouvé, il s'avance avec le poisson.

- Tiens, en voilà un gros. Je voulais le garder pour plus tard, mais quel hôte je ferais si je nourris pas mes invités.

Le Dragon ouvre la bouche alors qu'Harold lui tend le poisson.

- Ben, tu n'as pas de dents. Que vas-tu faire pour croquer?

Et d'un seul coup, le Furie Nocturne sort ces dents et arrache le poisson des mains d'Harold. En moins de temps qu'il n'en faut, le poisson est avalé.

- Croque …... mou. Krokmou, ça t'irait bien je trouve.

Krokmou se dirige vers le coffre et renifle avec envie le stockeur de provisions.

- Oh non non non non, déclare Harold en se dirigeant vers le coffre. Je t'interdit de l'ouvrir Krokmou, sinon je n'aurais plus rien à me mettre sous la dent.

Krokmou recule et se positionne juste devant Harold, il finit par tendre le cou et recrache la moitié du poisson avalé plus tôt. Il regarde le poisson, puis Harold.

- Quoi, tu veux que je mange ….. ça?

Krokmou hoche de la tête.

- Oh non, je n'en mangerais pas. Je sais que dans le règne animal, c'est courant de partager de la nourriture, mais là: c'est limite écœurant. Je te remercie de l'attention que tu me porte, mais je ne peux pas. Désolé.

D'abord songeur, Krokmou se décide finalement à avaler le restant de poisson et guette Harold.

- Alors Krokmou, vu que tu ne m'as pas grogner quand je t'appelais, je suppose que tu aime ce prénom.

Comme réponse, Krokmou saute sur place pour affirmer son accord.

- Oh là, doucement Krokmou. Je n'ai pas envie que la maison s'écroule, calme ton enthousiasme.

Un long silence s'installe entre les deux occupants: Harold perdu dans ses pensées, et Krokmou qui le surveille avec intérêt.

- De tous les prénom, l'enfant maléfique de la foudre et de la mort a choisi celui-ci. Je pense que beaucoup de vikings voudraient être à ma place en ce moment, et ce ne serait certainement pas pour discuter avec toi. Mais plutôt un tête-à-tête avec toi et leur hache.

Un souffle de mécontentement sort Harold de sa rêverie.

- Ne t'inquiète pas Krokmou, je ne te ferais jamais de mal. Et de toute façon, toi non plus tu ne m'attaqueras pas. Si tu voulais me tuer, tu aurais pu le faire à de nombreuses reprises, pas vrai?

Quelques temps se déroulent avant qu'Harold ne se lève et se dirige vers Krokmou. Il guette activement les moindres faits et gestes d'Harold mais ne bronche. Une fois qu'il est suffisamment proche de Krokmou, Harold tend sa main mais ne touche pas la tête de Krokmou avant de fermer les yeux. Après ce qui semblerait une éternité pour lui, il entend un mouvement et sent des écailles dans sa main. Il rouvre les yeux et se qu'il voit dépasse ses rêves les plus fous.

Krokmou a délibérément mis sa tête dans la paume d'Harold. Le Dragon le plus dangereux se laisse caresser par un gamin de 10 ans. Harold n'en crois pas ses yeux, il a du mal à garder son calme et sa respiration s'accélère. Krokmou, sentant la peur de son acolyte, rouvre les yeux et rompt le contact pour laisser lui laisser le temps de se calmer.

- Incroyable, co... com... Comment est-ce que j'ai réussi à faire ça? C'est ….. incroyable, je n'ai pas de mots pour décrire ce que je ressens.

Krokmou se décide à revenir et réclame des caresses.

- Oh, j'en connais un qui veut d'avantage de caresses. Vient par ici mon grand, je vais t'en donner autant que tu veux.

Krokmou laisse pendre sa langue, et se couche. Harold s'assoit juste à côte et s'amuse à lui gratter sa tête, voir même le derrière de ses oreilles.

- Pour une matinée, c'est une sacrée matinée. Ce n'est pas tous les matins que l'on se fait réveiller par un Dragon. Les seules fois, et encore c'était la nuit, des raids réveillaient les gens en catastrophe. Là, c'était tout en douceur. Nous sommes loin de tout savoir à votre sujet, nous nous fourvoyons complètement.

Les minutes défilent, Harold ne voit pas le temps passer et est surprit d'entendre une voix un peu apeurée.

- Harold? Harold, es-tu là? Répond moi.

Krokmou se lève et se cabre comme un chat, déploie ses ailes pour paraître intimidant et imposant devant l'intrus qui s'apprête à rentrer dans la grotte.