Salut c'est de nouveau moi ! J'espère que vous avez apprécié le chapitre 2 et que celui-ci va vous plaire. J'ai rythme très soutenu d'écriture je trouve, j'espère que vous arrivez à suivre aha. Beaucoup de Remus/Ambre ici et j'a adoré l'écrire ! Je les trouve tellement naturels ! Enfin c'est mon avis perso, dites moi ce que vous en pensez !
Bonne lecture !
Une fois revenue chez les Gryffondors, je fais un bisou aux garçons et me dépêche de rejoindre ma chambre. Je suis assez fatiguée, ce genre d'évènement ce n'est pas de tout repos. Je pousse la masse de vêtements qui traîne sur mon lit (vous osez me qualifier de bordélique ?) et après m'être mise en pyjama, je m'affale et me pelotonne dans ma couette. Evans, qui est une de mes colocataires de chambrée, ronfle légèrement. Bien que cela ne me dérange pas, je lui lance un Silencio rien que pour l'embêter demain matin.
Je fixe le plafond. J'ai beau essayer de me calmer le plus possible, je n'arrive pas à m'endormir. Pour rien au monde je ne l'avouerais à qui que ce soit, mais j'ai eu un peu peur ce soir. Qu'on me croit faible arrive plus souvent qu'on pourrait le croire. En effet, en apparence je suis toujours celle qui modère notre petit groupe, ce qui fait penser aux gens que c'est de la peur ou de la faiblesse. Alors que non, c'est juste de la jugeote, ce dont beaucoup d'élèves semblent manquer. Forcément, du coup, c'est souvent moi qui reçoit les vengeances des serpentards envers les Maraudeurs. Vous vous doutez bien que je m'en donne à cœur joie pour les remballer, eux, mais aussi les groupies qui osent venir me jeter leur jalousie à la figure. Tout de même, ce n'est vraiment pas facile la place de fille dans un groupe de garçons farceurs et populaires. Surtout que ceux-ci ne s'en rendent pas vraiment compte. Seul Remus l'a remarqué je crois. Enfin, en aucun cas je n'abandonnerais ma place parmi mes amis. Derrière leurs airs rieurs et moqueurs, ils sont vraiment les meilleurs.
Je n'arriverais définitivement pas à dormir ce soir : cela fait déjà deux heures que j'essaie d'atteindre les bras de Morphée. J'attrape un livre, ma baguette et mon gros gilet en laine et me dirige vers la salle commune. A cette heure-ci j'aurais la paix pour lire sans problème et je pourrais enfin avancer dans ma lecture.
Lorsque j'arrive en bas, je découvre que quelqu'un est déjà installé dans le canapé. Comment ai-je pu croire que je passerais une nuit tranquille en solitaire chez les Gryffondors ? Je m'apprête à faire demi-tour lorsqu'une voix résonne dans la salle :
"Tu peux rester si tu veux, un peu de compagnie me fera du bien."
"Remus ? Désolée je n'avais pas vu que c'était toi. Tu es sûr que je ne dérange pas ?" je lui demande alors tout en me rapprochant.
"Non, non, tu m'éviteras de me morfondre." Réplique-t-il avec un petit sourire.
"Si tu es encore en train de t'imaginer des bêtises comme quoi ta condition de lycanthrope fait de toi une personne abominable, je t'assure que je n'ai pas la patience pour t'expliquer par une longue démonstration que c'est faux comme la dernière fois. Cette fois-ci on passe directement au moment où je m'énerve." Dis-je on ne peut plus sérieuse. Il fallait bien lui remettre les idées en place à ce jeune homme. Il avait beau être un des premiers de la classe, il était quand même très lent à intégrer quelques concepts simples bon sang.
Il sourit et me fait signe de m'asseoir à côté de lui sur l'énorme canapé face à la cheminée, ce que je fais sans hésiter.
"C'est gentil Ambre mais ce n'est pas pour cela que je me fais du soucis pour une fois. Je m'inquiète pour toi."
"Pour moi ?" je m'exclame, "Mais enfin, pourquoi devrais-tu t'inquiéter ? Je pète la forme ! Tu m'as bien vue à midi non ? J'ai assuré dans la Grande Salle ! Ca m'a donné une énergie du feu de Dieu ! D'ailleurs, j'ai plein d'idées de blagues pour les serpentards et je travaille actuellement sur un sort pour notre petit Malfoy d'amour ça va être gén..."
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase qu'il m'interrompt :
"Ne change pas de sujet, je te connais Ambre, tu es une pro pour ça. C'est ce que tu as fait ce soir en parlant de Sirius et de ton délire sur les armoires ça a évité qu'on te demande ce qu'il s'est exactement passé avec Alex. Maintenant raconte-moi, je vois bien que cela te tracasse."
C'est pas possible d'être perspicace comme ça. Peut-on être loup-garou ET legilimens ? Hum, il va falloir que je me renseigne.
"Je t'assure c'est moins grave que ça en a l'air ! Par contre pour ce sort pour Malfoy ..."
Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que déjà il me lance un regard noir. Oui, bon, je devais bien tenter. Je me reprends :
"Bon on verra plus tard pour le sort je suppose ?", il acquiesce, "Alex a essayé de m'hypnotiser pour que je ressorte avec lui. Je l'ai découvert, lui ai jeté un sort. Ses deux potes ont débarqué et essayé de m'attaquer, je leur ai mit une raclée du feu de Dieu et voilàà ! Tu vois, rien de bien fou !" J'ai un grand sourire mais je n'en mène pas large, il sait que j'ai eu peur, je suis sûre qu'il le lit sur mon visage.
"Il a essayé de t'hypnotiser ? Mais quel genre de malade fait ça ? Bon sang, les gars et moi on va te venger ne t'inquiètes pas pour ça, il va en voir de toutes les couleurs ce taré. Ses deux potes aussi." Me dit-il en me serrant dans ses bras.
Et voilà. On se demande pourquoi je passe pour la faible du groupe. Ah ça y est il touche le point sensible cet imbécile. Je m'écarte vivement de lui :
"C'est exactement ça le problème ! Toi et les garçons et vos idées complètement machos et débiles ! Tu ne crois pas que je peux me venger moi-même ? Enfin, Remus, pourquoi crois-tu que je suis la cible favorite des serpentards ? A cause de réactions comme celle-là ! Je voudrais juste qu'on me respecte comme on vous respecte vous. Et si vous me surprotégez, ça n'arrivera pas ! Pourtant je suis aussi capable que vous ! Je croyais que toi d'entre tous tu avais compris !" Je lui explique, plus déçue qu'énervée.
"Je sais."
"Comment ça tu sais ?" Ah, ça y est je commence à m'énerver. Lui et ses phrases énigmatiques à deux balles.
"Je voulais te faire réagir en disant cela, sinon tu n'aurais rien dit." Ah. Zut. Et il a un petit sourire en coin le fourbe. "Tu sais, tu n'en a peut-être pas l'impression mais de nombreuses personnes t'admirent dans l'école : beaucoup de filles aimeraient avoir ton cran et certains serpentards préfèreraient s'en prendre à James ou à Sirius qu'à toi. Tu ne te concentres que sur ceux qui sont assez stupides pour ne pas comprendre que si tu es une maraudeuse ce n'est pas pour rien."
Et hop je retourne lui faire un câlin. C'est étonnamment agréable, habituellement Remus et moi ne sommes pas très tactiles (contrairement à James avec lequel je suis toujours collée, notamment son col : pour le tirer c'est particulièrement pratique mais vous l'avez déjà remarqué je suppose). Enfin, je ne vais pas m'en plaindre, j'apprécie énormément Remus.
"Je t'adore Remus, comment ça se fait que tu me connaisse aussi bien ? En tout cas t'es un petit génie pour me remonter le moral. Merci."
"Mais de rien mademoiselle, c'est un plaisir d'aider une damoiselle en détresse." dit-il en enlevant un chapeau imaginaire.
"Bon, pour en revenir au sort pour Malfoy...".
Remus rit et nous passons la nuit à discuter de tout et de rien. On devrait faire cela plus souvent.
Le lendemain, je me réveille endormie sur une grosse masse qui respire. Nom d'un poil de Dumbledore ! Je suis en train d'écraser un être humain ! Je tourne la tête et vois Remus qui se réveille à son tour. Nous sommes toujours sur le canapé et je ne sais pas à quelle heure on s'est endormis. Je m'étire et remarque qu'à quelques mètres de nous se trouvent James et Sirius, les bras croisés, en train de nous fixer. Ca roule ma poule, attendez trois secondes que je me réveille, lancez vos ragots débiles après. James n'attend néanmoins pas les trois secondes demandées puisqu'il me lance :
"Ambre mon amour ! Tu me trompes avec Lupin ! Je suis offusqué par cet outrage, je demande un duel avec cet homme pour rétablir mon honneur !"
Sirius, bien sûr, ne se fait pas prier pour en rajouter une couche :
"Après les Poufsouffles tu passes à Lunard, tes critères sont remontés Stratford, mais de pas beaucoup !"
Je ne crois pas avoir la force de me lancer dans une joute verbale avec eux ce matin, je me contente donc de leur faire un sourire forcé et d'aller me changer dans ma chambre. Lorsque je reviens, il est déjà tard, les autres Gryffondors sont déjà partis dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner. J'entend alors des éclats de voix venir d'en bas des escaliers :
"Fais gaffe, sinon je vais tellement te défigurer que ta mère ne te reconnaîtra plus !"
Mais enfin, c'est la voix de James ça, depuis quand il parle comme ça ? Je descend et rentre dans la salle commune. Il n'y a que Remus, Sirius et James. Etrange.
"Mais enfin, à qui tu parlais comme ça James ?" je lui demande, toujours choquée.
"Heu, un première année qui m'a bousculé. Il vient de partir." me répond-il gêné.
"Oh James. Tu es ridicule, il n'a pas dû faire exprès ! Tu as dû lui faire la peur de sa vie, le pauvre. T'as intérêt à aller t'excuser après, tu sais bien que je ne supporte pas quand tu les martyrises ces pauvres petits ! Attend au moins la deuxième année."
Cet acharnement général sur les premières années est ridicule, les pauvres découvrent un nouvel environnement, forcément qu'ils vont faire des gaffes, comme on en a fait nous en arrivant.
James s'excuse donc, ce qui est assez étrange je dois dire, et nous nous dirigeons tous vers la Grande Salle où Peter, affamé, nous attend déjà. Je m'assois aux côtés de Remus et lui chuchote :
"C'était vraiment une bonne discussion cette nuit, on se refera ça une autre fois ?"
"Sans problème !" Répondit-il, tout sourire, en posant une main sur mon épaule.
Sirius, lui, nous questionne du regard et, avec un geste de la main, je lui indique que cela ne le concerne pas.
James nous interpelle alors :
"Vous avez vu les trois Poufsouffles ? Ambre les a bien amochés hier !"
Effectivement, Alex et ses deux amis arrivent, penauds, dans la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner.
"D'ailleurs, il s'est passé quoi exactement hier soir Ambre ? Tu ne nous a pas raconté." demande Peter qui parle à nouveau la bouche pleine.
"Oh rien de fou, ils m'ont énervée." je leur réponds, évasive, tout en lançant un regard d'avertissement à Remus pour qu'il ne fasse aucun commentaire. Regard que James intercepte. C'est fou, où est la diversion rousse nommée Evans quand on en a besoin ?
"Il y a quelque chose que tu ne nous dis pas." Pointe James, plus intrigué que jamais. Oh mon dieu mais pour une fois tais-toi s'il te plaît faux-jumeau diabolique ! Je lui lance un regard noir et réponds froidement :
"Non." Hum. Pour la crédibilité on repassera. L'important c'est qu'ils comprennent que je ne veux pas en parler.
"Ok, il y a définitivement quelque chose. Allez dis-nous." Ah bah visiblement Sirius n'a pas compris. Allez remettons un petit coup de regard noir.
"Non je te dis."
Il jette un regard à Remus.
"Et Lunard est au courant !" s'exclame-t-il.
Alors là c'en est trop, je me retourne vers Remus, furieuse :
"Toi et ton satané visage trop expressif !" puis dis à Sirius "Oui il y a quelque chose. Oui Remus est au courant. Non ce n'est pas grave"
Remus grogne.
"Remus arrête." je râle. "Non ce n'est pas grave. Non je ne veux pas en parler." j'explique à nouveau à Sirius ensuite.
Alors que je m'apprête à me lever pour aller rejoindre Marie que je vois à l'autre bout de la salle, Remus me retiens et, fixant les trois autres garçons, dit :
"Reste, on ne te posera plus de questions. Désolés."
Une fois que les trois autres ont acquiescé, je me rassois en bougonnant quelques insultes. Quelques minutes plus tard, Evans débarque, James débite ses stupidités, se prend sa claque quotidienne et tout est redevenu normal.
La semaine passe normalement, le mois aussi, et bientôt on se retrouve en avril. Je suis à fond dans mes révisions pour les Aspics, Remus aussi. Nous passons beaucoup de temps à la bibliothèque. Je tente d'y tirer les trois autres maraudeurs le plus souvent possible mais je peux vous assurer que c'est une tâche particulièrement ardue : un jour James a tenté de m'expliquer et de me démontrer pendant une bonne heure et demie qu'il ne pouvait physiquement pas se rendre à la bibliothèque car il était allergique aux livres. Ne vous inquiétez pas, je n'ai pas marché une seule seconde et l'ai tiré par le col jusqu'à l'antre de la bibliothécaire où j'ai collé mon ami à une chaise avec un maléfice de glu. Depuis, le pauvre est traumatisé. Oups.
Revenons à Remus, on s'était beaucoup rapprochés, c'est pourquoi j'aurais dû prévoir ce qui allait se passer. Je pose le décor : nous sommes tranquillement installés à la bibliothèque en train de réviser notre botanique.
"Hé Ambre ?"
"Hum ?" je lui réponds distraitement, plongée dans les propriétés de la Tentacula Vénéneuse.
"Ca te dirait qu'on aille à Pré-au-Lard samedi ?" me demande-t-il en chuchotant si bas que j'ai failli ne pas l'entendre.
"Bah c'est pas déjà ce qui était prévu ? James m'en avait déjà parlé. Sirius et Peter veulent refaire leur stock de bonbons je crois." je lui explique, surprise qu'il s'intéresse à la sortie alors que d'habitude il se laissait plutôt guider par James et ne s'intéresse pas vraiment à ces sorties.
"Non... Je veux dire... que tous les deux. Toi et moi." Alors là j'ai failli ne vraiment pas entendre tellement il parle bas.
"Tous les deux ? Comme tous les deux ? Comme un rencard ?". Alors là je suis sur le cul, pardonnez moi ma grossièreté mais c'est le méga choc, laissez moi me remettre s'il vous plaît.
Remus semble hésiter, rougit, puis déclare :
"Oui. Comme un rencard."
