11. Moving on

Thème : C'est encore Lyra Verin qui m'a mise au défi d'écrire du Drastoria, alors...
Pairing : Drastoria (sans blague ?)
Rating : T

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Toute ma vie, j'ai tenté d'être une bonne personne. Altruiste, compatissante, aimante.

Oh, aimante je l'ai été. Avec toi, je l'ai toujours été.

Je t'ai aimé depuis ce premier jour, celui où tu es venu chez moi pour rendre visite à mes parents.

Je t'ai aimé quand tu m'as invitée à dîner, quand tu m'as donné ce premier baiser, quand tu m'as fait l'amour pour la première fois.

Je t'ai aimé quand tu t'es confié, quand tu m'as dit combien tu te détestais pour ce que tu avais fait. Quand tu t'es ouvert à moi, que tu m'as montré tes faiblesses. Oui, c'est là que, pour la première fois, je t'ai aimé si fort que j'ai su qu'il n'y aurait personne d'autre.

Quand Scorpius est né, je t'ai aimé d'une façon nouvelle, inédite, mais toujours plus puissante. Et pour la première fois, cet amour était quantifiable. Il prenait la forme de ce petit garçon, qui te ressemblait trait pour trait.

En fait, je t'ai tant aimé que j'ai vécu comme si le temps ne m'était pas compté.

J'ai eu raison. De profiter un maximum, de vivre sans me préoccuper du lendemain. Car quand la mort m'a frappée, j'ai eu ce terrible sentiment que, même ainsi, je n'en avais pas eu assez.

Alors, lâchement, je n'ai pas voulu partir. Je n'ai pas voulu vous laisser.

- Tu me manques tellement.

Tu me le dis chaque jour, et chaque jour j'aimerais pouvoir pleurer.

- Je suis désolée, Drago… tellement désolée…

Par dessus la table, ta main frôle la mienne pour finir par la transpercer. Tu frissonnes et je m'excuse encore.

Parfois, je me dis que je n'aurais jamais dû rester.

Mais tu n'es pas d'accord. Tu me dis qu'ainsi, je peux veiller sur Scorpius, et aussi sur toi. Tu aimes me raconter ta journée, tu me parles comme si j'étais vraiment là. Mais à chaque fois que le temps vient pour toi d'aller dormir, j'entends ce soupir que tu pousses, plein de douleur et de regrets.

Les mois passent pour se transformer en années. J'essaye de venir moins souvent, de te laisser vivre et respirer.

Scorpius grandit, toi tu vieillis, et moi je continue d'errer dans un monde auquel je n'appartiens plus.

Un jour, alors que tu rentres à la maison, je vois quelque chose changer sur ton visage. Il y a moins de mélancolie, et l'ombre de l'espoir plane dans tes jolis yeux.

Et pour la toute première fois depuis ma mort, quand tu te rends compte que je suis là, il n'y a pas ce réconfort habituel dans tes prunelles. Il y a autre chose. De la culpabilité.

Et je me dis que toi aussi, tu penses que je n'aurais pas dû rester.

Il ne me faut pas longtemps pour comprendre. Il me suffit de te suivre le lendemain pour voir.

Il était évident que tu referais ta vie. C'est tout ce que je veux pour toi, que tu sois heureux, que tu continues à vivre. Et qui de mieux qu'elle, en vérité ? Je le vois, je le sens, dans la façon qu'elle a de te regarder. Elle t'aime. T'aimera-t-elle autant que je t'ai aimé ? Sûrement pas, mais je ne pourrai jamais le lui demander.

- Je vais m'en aller.

Tu me regardes, l'air affolé.

- Non ! Tu ne peux pas.

- Il est temps, Drago. Tu n'as plus besoin de moi.

Tu me regardes et tu comprends. Tu sais que je sais. Tu déglutis, tu hésites.

- Hermione… elle aime beaucoup Scorpius.

- Je sais.

Tes yeux se remplissent de larmes.

- Elle ne te remplacera jamais.

- Je le sais aussi.

Pour la dernière fois, nos mains tentent, en vain, de se lier.

- Je n'y arriverai pas sans toi.

- Bien sûr que si. Tu mérites de retrouver le bonheur, Drago. Et je ne peux pas rester là, égoïstement, et t'en empêcher.

Tes yeux se remplissent de larmes. J'aimerais ne plus jamais te voir pleurer.

- Je t'aimerai toujours, Tori.

Mon cœur mort se serre. Mes lèvres froides frôlent ton front avant de me retourner pour te quitter.

Toute ma vie, j'ai tenté d'être une bonne personne. Altruiste, compatissante, aimante.

Pour ma mort, j'aimerais essayer de continuer.

Et malgré mon état, tandis que je quitte ma maison pour ne plus jamais y revenir, je jure que sur ma joue, je sens une larme couler.