Titre : Sous le charme

Avertissement : Franchement, vous m'avez déjà vu écrire autre chose que du M ? Bon, oui, mais c'est quand même rare ! Donc rating M., réservé à un public adulte. Langage peu châtié et possiblement une ou deux scènes explicites

Pairing : Bill Weasley / Fleur Delacour

Disclamer : L'œuvre et l'univers de « Harry Potter » sont la propriété exclusive de J.K.R..

Résumé : Bill Weasley est un Briseur de Sort confirmé et renommé. Fleur Delacour est une étudiante française, Championne de Beauxbâtons. Rien ne les prédestinait à terminer leurs jours ensemble. Pourtant n'a jamais paru aussi évident qu'eux, ensemble.

Note de l'auteur : C'est une toute petite histoire pour lever le voile sur la rencontre de ses deux âmes sœurs dont le mariage arrive comme un cheveu sur la soupe dans les livres de J.K.R.. Petite chose sans prétention, pas très profonde mais qui, j'espère, vous plaira ! :-)

Cette fic a été béta-corrigée par Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) que je remercie infiniment pour ses corrections et propositions d'amélioration !

(Fic écrite entièrement, publication hebdomadaire).

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La Championne et le Briseur de sorts

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Bill ne se rappelait pas la première fois qu'il avait vu Fleur. Ce devait être sur les pages d'un magazine quelconque lorsqu'elle avait été élue Championne de Beauxbâtons au Tournoi des Trois Sorciers. Il avait dû la trouver belle et l'avait aussitôt oubliée.

La deuxième fois, ce devait être juste avant la troisième tâche mais, en toute honnêteté, elle ne l'avait pas plus marqué. Bill n'était pas de ceux qui s'arrêtaient sur les poupées de papier glacé. Ces beautés ne l'émouvaient pas pour un sou.

Elles ne le touchaient tellement pas que lui-même ne s'était jamais touché pour l'une d'entre elles. Ça, c'était valable pour Ron ou Charlie. Ses frères étaient de ceux à facilement s'émouvoir pour un joli minois.

Lui, il avait besoin de plus. D'autre chose. Lui, la première fois qu'il avait bandé en pensant à une fille, c'était pour les dents du bonheur d'Elsa. Lui, il se touchait en entendant l'accent chantant de Madalena ou en fixant le drapé du sari de cérémonie de Jasmine. Lui, il fantasmait sur la tâche de naissance d'Enora, celle en forme d'Île, juste sous son épaule.

Fleur était une belle fille. Une vraie beauté. Elle l'avait pourtant laissé parfaitement indifférent. Jusqu'à ce que Dumbledore la lui fourre dans les pattes, au début du mois de juillet 1995. Cédric Diggory venait de mourir. Voldemort renaissait de ses cendres, ou quelque chose comme ça et elle, elle n'avait pas voulu rejoindre sa vie en France.

Elle avait tout juste fait l'aller-retour, sur l'insistance de ses parents et d'Olympe Maxime, pour être officiellement diplômée et assister à sa remise de prix, elle, la Majore de sa promotion, la Championne de son école.

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Fleur n'avait pas oublié la première fois qu'elle avait posé ses yeux sur Bill, au matin du vingt-quatre juin 1995. Une date qui n'avait pu que la marquer. Le labyrinthe. La douleur. La peur. La mort.

Ce jour-là, quand elle l'avait vu, puis qu'elle l'avait dévisagé pour la toute première fois, sa mère, Apolline Delacour, avait exigé d'un ton pincé qu'elle arrête ses enfantillages. Il était temps qu'elle se comporte comme une adulte. Elle avait passé l'âge de défier les inconnus du regard.

De tout temps, Fleur avait eu à coeur de papillonner autant qu'il était possible. Ses parents ne lui avaient jamais caché ses origines Vélanes et, de cette ascendance, découlait un serment. Un serment éternel.

Elle savait parfaitement qu'un jour, elle ferait un choix et que ce choix la comblerait ou la déchirerait jusqu'à la fin de ses jours. Elle ne savait ni quand, ni qui, ni comment, mais elle le savait, tout simplement. D'ici-là, elle avait pris la décision de prendre du plaisir sans beaucoup de restrictions.

Elle avait toujours joué à séduire et ne s'était jamais embêtée à s'attacher. Cette année-là, elle avait batifolé avec Roger Davies à Noël et avec Viggo Pederson au cours du printemps. Plus tout à fait adolescents mais pas encore tout à fait adultes, ils n'avaient rien à voir avec Bill.

Bill était un bel homme. Imposant. Atypique. Il ne ressemblait pas aux garçons sur lesquels elle s'arrêtait habituellement, avec ses cheveux longs, son jean troué sous sa robe de sorcier et son oreille percée.

Alors, quand sa mère l'avait rappelée à l'ordre, Fleur n'avait plus eu qu'une envie, apprendre à le connaître. Et cette envie lui était tout aussi vite sortie de la tête. Elle avait une tâche à accomplir, un labyrinthe à dompter, et la suite des événements avait été bien trop affreuse pour qu'elle ne s'attarde sur de telles futilités.

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Quand Dumbledore l'avait amenée au Quartier Général de l'Ordre du Phoenix, elle ne s'était pas attendue à tomber nez-à-nez avec ce beau rouquin qu'elle avait déjà oublié. Elle avait eu envie de rire aussi quand, en arrivant dans la cuisine du Square Grimmaurd, tous les hommes présents s'étaient figés à son entrée. Elle faisait souvent cet effet-là.

Elle avait retrouvé cet inconnu resplendissant, un large sourire collé aux lèvres et un verre de Whisky Pur Feu à la main. Elle s'était assise en face de lui, lui susurrant ses nom et prénom d'une voix douce et adressant un sourire à la ronde.

Il avait pris les choses en main et avait à son tour présenté l'assemblée disparate qui occupait les lieux d'un ton bizarrement guindé, qui avait amené une jolie fille aux outranciers cheveux roses à grassement se moquer de lui.

Ce jour-là, Fleur avait aussi appris avoir été acceptée pour un stage auquel elle n'avait pas postulé à Gringotts, la banque des Gobelins. Elle devait officiellement y améliorer son anglais qui était pourtant plus que correct, en dehors de son accent à couper au couteau.

Plus officieusement, Dumbledore espérait tirer davantage d'informations des petites créatures et de leur positionnement dans la guerre qui se préparait, se doutant qu'ils ne se méfieraient pas d'une femme, étrangère, de surcroit.

Il n'avait pas fallu une semaine pour que Ug, son tuteur qui l'initiait notamment au Gobelbabil, l'envoie en rouspétant, requérir les talents de Bill Weasley pour s'assurer de l'inviolabilité d'un compte bien particulier.

Elle avait ravalé les grossièretés que lui inspirait l'étrange Gobelin qui s'escrimait à la traiter comme une vulgaire subalterne, avait redressé ses épaules et était partie à la recherche du briseur de sort.

Elle avait fait comme si. Comme prévu. Comme si elle le rencontrait pour la première fois. Elle l'avait trouvé au bureau de la Brigade des Conjureurs où six hommes riaient, goguenards, d'une boutade quelconque.

D'un geste aussi sûr qu'habituel, Fleur avait ramené sa longue chevelure aux reflets argentés sur son épaule, franchi les quelques mètres qui les séparaient et s'était présentée à Bill en lui tendant une main princière.

Sous les sifflets de ses collègues, le jeune homme lui avait serré la main, sans arriver à dissimuler un rougissement de se trouver au centre de l'attention du bureau. La française avait souri à son auditoire et, dans un vouvoiement maladroit, d'une voix aussi douce que basse, comme pour énoncer un secret, lui avait demandé de le suivre, sans plus détail.

Sans attendre de réponse, elle avait fait demi-tour et était repartie en roulant les hanches, sachant pertinemment qu'il la suivrait, ce qui n'avait pas manqué. Elle n'ignorait pas plus que ses collègues allaient taper dans le dos de Bill, d'une fierté virile mal placée.

Les hommes étaient ainsi faits. Elle le savait. Elle en jouait. Ils voulaient qu'elle soit une poupée. Elle acceptait de leur laisser cette illusion. Elle s'en fichait. Elle n'avait aucun doute de sa valeur et n'avait rien à leur prouver.

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A compter de ce jour, assez naturellement, Bill et Fleur, qui ne s'étaient encore jamais croisés dans la banque auparavant, arrivaient à tomber l'un sur l'autre chaque jour. Un hochement de tête. Un bonjour soufflé. Rarement plus. Sauf les sourires. Beaucoup de sourires. Discrets. Timides. Sincères. Solaires.

En parallèle, les réunions de l'Ordre se faisaient régulières. La première s'était déroulée lentement. La suivante n'avait pas été plus rapide. Celle d'après pas plus intéressante. Fleur s'y ennuyait fermement alors, après la quatrième, pour tromper l'ennui, au moment de dire au revoir, elle s'approcha de Bill et lui baisa une joue, puis l'autre.

Il était resté stupéfait, la bouche bée et elle avait fait mine de retenir un rire. Elle avait posé la main sur son épaule et s'était excusée en minaudant. Ses manies de française qui revenaient au galop ! Il avait hoché la tête sans rien dire.

Après ce jour, elle lui faisait la bise en arrivant au Quartier Général ou lorsqu'ils se quittaient et il la laissait faire sans un mot. Elle adorait ces quelques secondes où ses lèvres touchaient sa peau. Elle appréciait de sentir son souffle et les effluves de son parfum étaient comme un bonbon. Léger, diffus, trop éphémère.

Il ne fallut pas attendre un mois pour qu'ils se gardent une place, l'un à côté de l'autre, à chaque réunion. Elle n'eut pas besoin de plus pour approcher une main du genou de Bill à chaque fois qu'elle l'interpellait. Il se mit à son tour à glisser ses doigts au creux de ses reins, lorsqu'il l'accompagnait d'un lieu à un autre.

Elle imaginait qu'il serait fébrile à l'idée de la toucher pour la première fois. Il n'en avait rien été. Ses gestes étaient sûrs. Appuyés. Posés. Elle était surprise. Agréablement surprise même. Au contraire de bien d'autres, il ne lui signifiait pas vouloir la faire sienne.

Il respirait la confiance et l'assurance sans pour autant lui donner la sensation de vouloir la posséder. C'était probablement ce qu'elle appréciait le plus chez Bill. Elle se sentait bizarrement respectée. Elle n'en avait pas l'habitude et, pour la première fois probablement, elle se trouvait déstabilisée par un homme.

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Dès qu'elle en avait pris conscience, elle n'avait plus osé faire à nouveau le premier pas. Elle avait peur de là où il l'amènerait. Elle s'était même mise à rougir sous l'intensité de son regard.

Bill, quant à lui, s'était fait moins présent à la fin de l'été bien que pas plus distant. Il avait été réquisitionné pour une mission très spéciale au sein même du Département des Mystères, au Ministère de la Magie. L'arrestation d'un des membres de son équipe de surveillance, un dénommé Sturgis Podmore, leur avait tous mis un rude coup.

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Alors, verdict, ce début, ça vous inspire ? Tout commentaire est le bienvenu ! :-)