Note de l'autrice : Tout d'abord, je tiens à vous remercier pour l'accueil de cette fic (qui est, pour rappel, entièrement écrite et publiée de manière hebdomadaire ! ). Merci pour les reviews, les fav et les follows !

Pour les membres qui ont un compte, je répond systématiquement par MP. Pour les autres (notamment Elilisa pour ce premier chapitre), les réponses se feront systématiquement ici :

https (deux points slash slash) www (point) fanfiction (point) net (slash) topic (slash) 237726 (slash) 185792276 (slash) 1 (slash) Sous-le-charme

- il faut enlever les espaces et remplacer les parenthèses par la ponctuation correspondante… Oui, c'est un peu embêtant, je sais mais… C'est la politique du site !

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Je remercie à nouveau Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) qui a bétacorrigé cette petite chose !

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Je vous souhaite une bonne lecture et vous dis à bientôt pour la suite ou sur une autre fic !

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Trouver les mots

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Au cours de l'automne, Fleur avait préféré se concentrer sur sa propre mission auprès des Gobelins. Elle avait redoublé d'application pour se former au Gobelbabil et faisait des progrès constants.

Elle avait rapidement pu voir ses efforts reconnus grâce au changement d'attitude d'Ug qui était soudainement devenu débordant d'obséquiosité à son égard. Elle était convaincue qu'il tentait maladroitement de lui concéder son investissement et son intérêt.

Il ne s'était d'ailleurs pas arrêté là et, courant octobre, il avait suggéré à ses supérieurs de la détacher au Bureau de liaison des Gobelins, directement au Ministère. Elle n'avait pas même fait mine d'en référer à l'Ordre et avait sauté sur l'occasion.

Quand Dumbledore avait appris qu'elle n'était plus qu'à Gringotts à mi-temps, elle avait ressenti le frisson de colère qui l'avait parcouru et qu'il avait retenu avec dignité. Sirius Black et Remus Lupin avaient hoché la tête, sans autre commentaire et la matriarche Weasley lui avait adressé un regard lourd de reproches. Le premier d'une longue série…

Fleur s'était alors parée de son masque hautain qui avait cédé aussitôt que Bill et Nymphadora l'avaient serrée dans leurs bras en la félicitant, simplement heureux de la voir évoluer. Alors ils avaient trinqué, tous les trois, dès qu'ils avaient pu s'esquiver du Square Grimmaurd et s'éloigner de leurs aînés et de leur gravité mal placée.

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Bill ne cessait d'être surpris par Fleur. Au fil des semaines, il avait pu constater qu'elle était bien loin de n'être qu'une beauté superficielle. Il s'était d'abord amusé de la trouver mijaurée et s'était tout aussi vite aperçu qu'elle l'était beaucoup moins que les apparences le laissaient entendre.

Il avait adoré la voir jouer de ses charmes avec lui au début de l'été, lui adresser des sourires, tortiller ses cheveux argentés d'un geste maîtrisé qu'elle n'ignorait pas être hypnotisant, et surtout, surtout, sentir ses doigts glisser sur le tissu de son pantalon, délicatement, à peine un effleurement.

Elle n'avait pas insisté et, quand lui-même avait osé tenter un geste, elle avait arrêté de jouer et n'était pas allé plus loin. Il avait respecté son choix. Il n'avait pas cherché à comprendre davantage. Il avait suffisamment d'autres choses en tête pour ne pas s'en préoccuper.

Il n'avait, par contre, pas réussi à ne pas la frôler à nouveau. Ces gestes venaient naturellement et il n'arrivait pas à les contrôler. Ils n'avaient pas l'air de la déranger, alors il n'avait rien fait pour les maîtriser.

Ils avaient continué à s'asseoir côte à côte, Square Grimmaurd, à chaque réunion où ils étaient convoqués. Il avait de moins en moins besoin de lui traduire les termes les plus techniques et apprenait à la connaître jour après jour avec plaisir.

Elle l'épatait souvent et, en dépit de ses airs impérieux, elle avait même réussi à charmer les Gobelins. Elle restait souvent poliment silencieuse, entre deux piques, mais si tant est qu'il en ait eu, il n'avait plus de doute sur son intelligence.

Elle était futée et bien trop cultivée pour son âge. Et surtout, surtout, il ne se lassait jamais de l'entendre ponctuer ses discours de mots et d'expressions françaises ou d'alterner indifféremment vouvoiement et tutoiement.

Lorsque, en octobre, la jolie blonde avait vu son temps partagé entre la Banque et le Ministère, Bill s'était rendu compte qu'il regrettait de ne plus la croiser quotidiennement. Ses sourires lui manquaient, tout comme ses hochements de tête discrets.

Il rattrapait le temps perdu pendant les réunions de l'Ordre mais, force était de constater qu'attendre d'éventuellement l'y croiser ne lui suffisait plus. Ces quelques semaines à ce régime n'avaient fait qu'éveiller son intérêt.

Il s'apercevait qu'il se mettait à penser à elle à des moments particulièrement improbables, sans y prêter réellement attention. Il se demandait ce qu'elle faisait et quand est-ce qu'il la reverrait.

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Les premiers frimas de novembre firent naître un enthousiasme tout à fait inhabituel chez Bill qui eut subitement envie de provoquer le destin. Quand il croisa Fleur, un mercredi matin, au détour d'un couloir, il l'arrêta d'une main sur l'épaule et lui baisa les deux joues, là, au premier niveau des caves de Gringotts.

Ils ne s'étaient jamais fait la bise en dehors du Square Grimmaurd mais, finalement, personne ne leur avait interdit de se fréquenter. Ils travaillaient au même endroit depuis plusieurs mois, avaient déjà eu l'occasion de collaborer, avaient déjeuné ensemble au Chaudron Baveur avec une tripotée de collègues…

Ils n'avaient aucune raison de faire semblant de ne pas se connaître et puis, personne n'allait s'étonner qu'ils aillent prendre un verre après le travail. Ils étaient jeunes, célibataires, humains, ou quasi-humains. En tout cas, plus que les Gobelins… Il était même de leur devoir de se fréquenter !

Fier de ses réflexions et convaincu de sa bonne foi, Bill adressa un sourire resplendissant à Fleur qui, sidérée, s'agrippait à un dossier qu'elle serrait étroitement contre sa poitrine. Il eut du mal à retenir un rire, en la voyant si déstabilisée.

Il fallut moins de trente secondes pour que sa respiration se bloque dans sa gorge et qu'il se trouve lui-même muet de stupéfaction. Toute volonté abolie, il approcha sa main de la joue de la jeune femme et repoussa une mèche de ses cheveux derrière son oreille.

Elle eut un sourire en coin, redressa les épaules et s'éloigna d'un pas. Bill inspira profondément, comme s'il émergeait soudainement d'un lac glacial et faillit perdre l'équilibre. Il capta le regard de défiance de la française.

- Qu'est-ce… que… Tu as utilisé tes pouvoirs ?

Elle ne répondit pas et leva simplement le nez. Il la dévisagea en fronçant les sourcils. Elle chuchota, bien que le couloir fût vide de toute autre âme.

- C'est de votre faute. Je ne sais pas me contrôler quand je suis prise au dépourvue.

- C'est… impressionnant…

Ce fut à son tour à elle de froncer le nez, incertaine. Bill eut envie de l'embrasser comme jamais encore il n'avait eu envie d'embrasser une fille. Il voulait glisser son index pour lisser le charmant froncement de son nez et tentait d'en retenir l'image pour se la remémorer avant de s'endormir.

- Je n'ai pas fait exprès, Bill, s'exclama-t-elle cette fois, avec précipitation.

- … Je sais.

- Vous. Comment ça, tu sais ?

- Je le sais. C'est tout.

- Pardon ? Je.

Elle ne termina pas sa phrase.

- Si tu avais voulu te servir de ton pouvoir pour me charmer, tu l'aurais utilisé avant ou plus subtilement, répondit-il en souriant.

Fleur le dévisagea une fois de plus, l'air de s'interroger sur l'étrange créature qui lui faisait face et qu'elle semblait voir pour la première fois. Bill se concentrait de toutes ses forces pour ne pas laisser son regard glisser de ses grands yeux bleus à ses lèvres rosées qui, définitivement, l'appelaient. Elle hocha lentement la tête, toujours muette.

- Tu restes sans voix ? demanda Bill d'un ton badin.

Elle dénia en l'observant intensément.

- Je trouve ça très noble de ta part. De me croire sur parole.

- Noble ? s'amusa-t-il encore. C'est un qualificatif dont j'ai rarement été affublé !

Elle le fixait les yeux agrandis, les pommettes rosies, totalement interdite. Elle était adorable. Il voulait plus. Plus de Fleur. En dehors de ces caves humides. Il ouvrit la bouche, hésita un quart de seconde, pria Godric Gryffondor de l'aider à ravaler ses élans de timidité et s'élança, d'une voix un peu trop forte pour ces couloirs vides.

- Tu veux venir déjeuner avec moi ?

- Non.

Les épaules de Bill s'affaissèrent.

- Non. Si. Non, je ne peux pas. Je déjeune avec Dirk Cresswell, le directeur du Bureau de liaison.

- Ah.

- Je n'en ai pas envie, ajouta-t-elle précipitamment. De déjeuner avec Cresswell, je veux dire.

Il était persuadé d'avoir un sourire idiot collé aux lèvres tandis qu'elle attendait qu'il réponde quelque chose. Il s'apprêtait à ouvrir la bouche quand une voix aiguë et crissante agressa leurs oreilles.

- Weasley ! Cessez donc d'accaparer Miss Delacour.

Le rouge aux joues, Bill laissa la jeune femme rejoindre Ug et emprunta tout aussi vite le chemin inverse, jusqu'à un cul-de-sac qui lui imposa un interminable détour et acheva de ruiner sa matinée de travail.

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Alors, verdict ? Vous en pensez-quoi ? Fascinant, ces Vélanes, non ?

Ah, et si vous avez la chanson de Bibie en tête « Tout simplement (tout doucement) », c'est normal )