Note de l'autrice : Bonsoir à toutes et tous !

Et nous voici prêt à traverser un nouveau chapitre qui, comme son nom l'indique, s'installe cette fois au Square Grimmaurd…

J'espère que vous m'en direz des nouvelles !

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Je continue à remercier Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) pour sa relecture et ses conseils zavisés !

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Bonne lecture et à bientôt, ici ou ailleurs…


Le Square Grimmaurd

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Fleur sortit en douceur de la cheminée de la cuisine du Square Grimmaurd et lança un regard à la ronde dans l'espoir que Bill soit présent. Depuis qu'il avait osé l'inviter à déjeuner et qu'elle avait décliné à contrecoeur, ils n'avaient plus eu l'occasion de se voir.

Ug lui confiait de plus en plus de tâches, ne lui laissant pas une minute de répit et, dès que le briseur de sort finissait sa journée à la Banque, il filait directement assurer une mission ou une autre pour le compte de l'Ordre.

Huit jours. Cela faisait huit jours qu'ils n'avaient plus réussi à passer plus de trente secondes dans la même pièce et la frustration de la jeune femme atteignait son paroxysme. Quand il l'avait arrêtée dans ce couloir, elle s'était sentie toute chose.

Il la subjuguait depuis plusieurs mois déjà. Là, son air déterminé respirait la luxure. Quand elle le sentait aussi assuré, elle avait systématiquement la même envie, celle de déployer tous ses pouvoirs pour le piéger et l'attirer à elle comme un Pitiponk le ferait avec les âmes malheureuses errant près des marécages.

Elle déployait des monceaux de maîtrise, ce qui la rendait physiquement raide comme la justice et donnait l'impression à ses interlocuteurs qu'elle les prenait de haut. Elle ne niait pas être arrogante de nature mais, sa nature justement ne l'aidait pas à paraître plus avenante.

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Ce jour-là, dans ce couloir, Fleur n'avait réellement pas fait exprès de craquer. Bill avait fissuré ses barrières et ses pouvoirs s'étaient insinués dans la brèche sans lui demander son avis.

Elle avait redouté sa réaction et, une fois de plus, il l'avait surprise de la meilleure des manières. Il n'avait pas fui, il n'avait pas eu peur, il ne lui avait pas reproché quoi que ce soit.

Et elle avait immédiatement et irrémédiablement compris qu'elle était fichue.

Aucun homme n'avait jamais réagi ainsi. Aucun homme n'avait encore provoqué autant d'émotions et de désir en elle. Le doute n'était plus permis, elle devait arrêter de tergiverser. Elle n'avait plus le choix. Elle devait plonger. Elle allait le faire. Plonger et prier pour que ses sentiments soient réciproques.

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Elle balaya la pièce et ne put empêcher un sourire de ravissement de franchir ses lèvres. Quelques mètres plus loin, engoncé dans un fauteuil en osier, les bras étroitement croisés sous sa poitrine, ses bottes reposant sur un des bancs de la table de la cuisine, Bill dormait profondément.

Sa tête tombait en avant, des mèches s'échappaient de son catogan, sa respiration était lourde et il était totalement indifférent aux mouvements environnants. Pourtant, l'odieux petit Elfe de Maison de Sirius Black faisait bruyamment la vaisselle, semblant justement tout faire pour le réveiller, tout en se disputant avec Molly Weasley.

Inspirant à pleins poumons, Fleur se dirigea vers elle, décidée à se rendre utile, en attendant qu'il se réveille.

- Madame Weasley, je.

- Non, pas maintenant, s'exclama la matriarche vivement en lançant un sort de silence autour de l'évier. Montez à l'étage, Fleur. Je vous appellerai quand on commencera.

La concernée plissa le nez, désappointée.

- Non. Je n'ai rien à faire là-haut, je reste ici.

Elle ne se doutait pas encore qu'elle venait de déclarer une guerre à sa future belle-mère. Indifférente à ces considérations, elle s'installa magistralement, comme toujours lorsqu'elle ne se sentait pas reconnue à sa juste valeur, à la table de la cuisine et invoqua la Gazette, qu'elle lut dans le détail, n'en omettant pas la moindre conjonction de coordination.

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En refermant le journal, près d'une heure plus tard, elle se sentit littéralement déshabillée du regard. La tête encore penchée vers la table, elle n'eut pas besoin de lever les yeux pour sentir ses pommettes se teinter de rose. Elle était convaincue que Bill en était le responsable.

Il lui fut difficile de retenir son sourire avant de relever son visage vers lui et de le défier à son tour du regard. Elle avait l'impression qu'un silence écrasant les accompagnait et que tout autour d'eux s'était figé. La cuisine était pourtant tout aussi agitée que lorsqu'elle était arrivée.

Elle n'arrivait plus qu'à voir Bill qui n'avait pas changé de position, en dehors de ses yeux fixés sur elle et de son sourire espiègle. Elle exagéra un "Salut !" silencieux de ses lèvres, auquel il répondit exactement de la même manière.

Ils ne se lâchaient pas du regard, pas même quand Lupin donna un petit coup sur les jambes de Bill pour passer, ni quand Molly fourra une énorme miche de pain dans les mains de son fils.

La jolie française aurait pu passer la soirée, son sourire idiot collé aux lèvres et ses yeux perdus dans ceux du jeune homme. Ç'eût été le cas, si seulement Arthur Weasley n'avait pas doucement secoué son épaule en l'interpellant.

Surprise, elle accepta de le suivre à l'écart où il lui remit une liasse de documents qu'elle allait à son tour devoir livrer à Dirk Cresswell sans attirer l'attention des Gobelins. Elle les glissa dans son sac à main et offrit un hochement de tête guindé au patriarche Weasley.

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En revenant dans la cuisine, elle eut la contrariété de constater que Bill, qui avait rejoint la table, était désormais entouré de sa mère et de Kingsley Shacklebolt. La seule place de libre était celle à côté de Mondingus et elle ne put retenir une grimace écoeurée en s'installant à ses côtés.

Outre son physique peu avenant, elle ne supportait surtout pas son odeur, mélange d'alcool, de tabac froid et d'eau de Cologne bon marché dont il s'aspergeait dans l'espoir vain de couvrir son absence de douche quotidienne.

Fleur fut agacée toute la réunion. Elle retenait ses hauts le coeur entre deux bâillements. Les rassemblements de l'Ordre continuaient à être d'un ennui mortel pour elle. Chaque mission ressemblait à la précédente et aucune avancée notable ne venait briser la torpeur du quotidien.

Bill n'étant pas dans son champ de vision, elle ne pouvait même pas se satisfaire de détailler son beau visage. Elle ne retrouvait un regain d'intérêt qu'en entendant sa voix grave et profonde.

En toute honnêteté, elle était bien incapable de se souvenir du contenu de ses propos. Elle n'en avait pas écouté le fond mais seulement le son qui était telle une douce mélopée à ses oreilles.

Elle devait encore avoir eu un air particulièrement niais collé au visage mais, il fallait bien admettre que personne n'avait prêté attention à elle au cours de cette réunion. Elle savait parfaitement que sa présence n'avait rien d'indispensable et n'avait même pas été officiellement conviée. Elle n'était venue que pour voir Bill.

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Les yeux fixés sur sa baguette qu'elle faisait rouler entre ses doigts, Fleur sursauta en sentant une main sur son épaule. Elle ne s'était pas même aperçue que la séance avait été levée et que déjà, certains convives avaient pris la poudre d'escampette.

Elle réussit à sourire à Nymphadora qui venait de la sortir de sa léthargie pour lui proposer de venir prendre un verre à l'étage avec les résidents du Square Grimmaurd. Fleur commença à froncer le nez, peu enthousiaste à cette idée.

- Bill sera là aussi, s'amusa l'Auror aux cheveux roses.

- Je te suis, rit la française à son tour.

Elles commencèrent à grimper les escaliers quand Fleur interrompit Tonks d'une main posée dans son dos.

- Je suis si transparente que ça ?

- Je suis formée à voir certaines choses que les autres ne voient pas… précisa la jeune femme en souriant.

- Comment ça ?

- Tu dégages un halo à chaque fois que tu le regardes ou que tu t'adresses à lui.

- Un ? Un Allô ? Comment ça ?

- Comme un halo de chaleur. La lumière se réfracte autour de toi. C'est subtil mais, on peut le voir quand on a appris à le détecter.

- Mais… Les autres aussi peuvent voir ? Et Bill ?

- Je ne pense pas. Alastor l'a sûrement vu mais, s'il ne t'a pas sauté dessus, c'est qu'il trouve ça d'un intérêt négligeable… Tu sais, ce qui ne représente pas une menace ne l'intéresse pas, s'esclaffa-t-elle encore.

- Et Bill ?

- Bill n'a rien vu. Il est trop obnubilé par ton joli minois pour faire attention à de vagues reflets de lumière ! Tu.

- Tonks ! s'exclama Sirius en sortant précipitamment du salon. Il baissa d'un ton. Qu'est-ce que tu fais, par Godric. On a besoin que tu nous sauves de ces rabat-joies !

La jeune femme explosa d'un rire clair et tira Fleur par le bras en grimpant les marches quatre à quatre.

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Alors, verdict ? Pas trop déçu•e•s qu'ils n'aient pas encore eu leur premier rencard ? Ce sera pour quand à votre avis ? Un pronostic pour la suite (« ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants » ne compte pas !) ? Dites-moi tout !