Note de l'autrice : Bonsoir à tou•te•s,

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Welcome to this new chapter ! Je fais une pause dans mon déménagement pour continuer à partager cette petite histoire… ça fait du bien de se poser !

Comme vous l'aurez peut-être compris sur les précédents chapitre, le titre annonce la couleur… Je dis ça, je ne dis rien !

J'espère que vous m'en direz des nouvelles !

Toujours un grand merci à Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) pour sa bétacorr !

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Bonne lecture et à bientôt, ici ou ailleurs…


Frustration

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Ce devait probablement être la première fois de sa vie que Bill ne fêtait pas le jour de son anniversaire au Terrier. Il était persuadé que sa mère continuait à en faire une syncope. Quand elle avait compris qu'il prévoyait autre chose ce soir-là, elle était montée sur ses grands Hippogriffes.

Elle avait passé la semaine suivante à tenter de le faire changer d'avis mais il avait tenu bon. Lorsqu'elle avait perdu la bataille, elle s'était décomposée. Il s'en voulait un peu de la décevoir ainsi mais, il n'avait aucun regret.

Il savait qu'il était en train de tomber éperdument amoureux de cette jolie française et il n'avait qu'une envie, se jeter dans le vide avec elle, ses pouvoirs, sa désarmante arrogance et son charme infini. Il ne contrôlait plus rien mais, il fallait bien reconnaître que Bill n'avait jamais réellement été un adepte du contrôle.

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D'aussi loin qu'il se souvenait, il avait toujours aimé se laisser porter au gré de l'eau. Charlie n'avait de cesse d'en rire, le qualifiant depuis des années d'ultra-flexible, ce qu'il était très certainement.

Bill était convaincu qu'en tant qu'aîné de sept enfants, il n'avait pas réellement eu le choix. Entre être un chantre du contrôle et apprendre à lâcher prise, ce qui était nécessaire pour survivre à tant de marmaille au risque de se retrouver à trente-cinq ans avec un ulcère et à moitié chauve, il avait opté pour la deuxième option et s'en félicitait chaque jour.

Il n'avait pas besoin de combattre ses états d'âme, il n'avait rien à défendre. Il prenait tout ce qu'on lui donnait, les cadeaux comme les coups de poing. Il les prenait, il les enlaçait, et il continuait à avancer. Ce n'était pas différent avec Fleur.

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Quand il avait compris qu'il lui plaisait, il avait attendu de voir ce qu'elle voulait lui donner, curieux, et il avait pris. Ses sourires timides, ses gestes maladroits, sa peur. Quand elle avait lâché ses pouvoirs sur lui, il avait senti un souffle brûlant l'envahir puis foncer droit sur son coeur.

Il avait eu l'impression de perdre l'équilibre et qu'elle le rattrapait aussitôt pour se fondre en lui alors qu'ils n'avaient pas bouger d'un iota. Quelques secondes qui avaient duré des heures.

Depuis cet instant, il était convaincu qu'ils devaient finir leurs jours dans les bras l'un de l'autre et que ça n'avait rien à voir avec ses pouvoirs de Vélane. Il devait juste être patient.

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Il avait d'abord fallu attendre d'arriver à se recroiser puis réussir à discuter sans vingt milliards d'oreilles autour de soi. Ils avaient eu du mal à s'accorder sur une date pour un rendez-vous et s'étaient retrouvés au cœur d'un petit scandale en plein milieu du Square Grimmaurd.

- Lundi en huit ? avait proposé Fleur d'une voix rendue aiguë par l'agacement de voir toutes ses propositions échouer.

- Parfait ! s'était-il enfin enthousiasmé avec un sourire étincelant.

- Le vingt-neuf ? Hors de question ! Tu dois venir à la maison, Bill ! s'était, à son tour, exclamée Molly Weasley qui passait justement à proximité.

Le rouquin avait levé les yeux au ciel et replacé une mèche derrière son oreille.

- Non Maman, ça peut attendre le week-end suivant.

- Tu plaisantes, j'espère ?

- Ben… non, je ne plaisante pas.

- Mais. Mais. Tu vas avoir 25 ans, Bill ! J'ai. J'ai tout prévu. C'est. C'est.

- Ça peut attendre le week-end, Maman. On travaille tous et les petits sont à Poudlard. Ce n'est pas comme si on allait faire une vraie fête un soir de semaine. Ne t'inqu.

- Ne me prend pas de haut, William Arthur Weasley ! avait encore grondé sa mère, agitant un index contrarié entre eux tout en lançant un regard sévère à son fils qui devait bien faire vingt-cinq centimètres de plus qu'elle. Quelle trahi.

Arthur était alors venu poser ses mains sur les épaules de sa femme, lui glissant un mot à l'oreille qui interrompit immédiatement sa diatribe à venir. Le visage fermé, elle avait hoché la tête, glissé tristement un "Le week-end suivant, alors…". Elle était sortie de la pièce avec raideur, reniflant théâtralement.

Bill avait haussé les épaules, un sourire un peu gêné collé aux lèvres et, quand Fleur s'était étonnée qu'il préfère passer son anniversaire avec elle plutôt qu'avec ses proches il lui avait offert un énième sourire resplendissant.

- J'aime bien me faire des cadeaux. avait-il soufflé en riant.

Sans voix, ce fut à son tour à elle d'hocher la tête, désarmée, des centaines de questions traversant ses jolis iris mais, n'arrivant à en formuler aucune maintenant qu'ils étaient devenus le centre d'attention du salon de Sirius.

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Le temps s'était écoulé avec une langueur monotone jusqu'à cette date fatidique du vingt-neuf novembre. Le flegme habituel de Bill s'était d'ailleurs totalement fait la malle et il avait passé le week-end à s'interroger sur la tenue qu'il devait mettre ou à anticiper le type de conversations qu'ils allaient tenir.

Il avait peur de l'ennuyer et que, une fois passé l'étincelle réciproque qu'ils ressentaient en se voyant, elle ne lui trouve plus aucun intérêt. Tout un tas de tergiversations qui ne lui ressemblaient absolument pas.

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Il se sentit totalement empoté jusqu'à ce qu'il la voie à l'entrée du Ministère. Elle l'attendait dans le froid, les mains enfoncées profondément dans ses poches, le nez enfoui dans le col de son manteau et le bonnet recouvrant ses longs cheveux lui donnait un air mutin.

Dès qu'il la vit, il se sentit tout de suite ragaillardi. Elle avait quelque chose dans le regard qui lui disait qu'elle le méritait et qu'il était à la hauteur. Il se sentait digne et confiant. Ils étaient faits pour se compléter.

Il s'approcha, un air heureux collé au visage, malgré son nez rougi par les températures glaciales, et lui offrit son bras, qu'elle prit avec un grand sourire, se collant du même geste à son flanc.

Ils errèrent de rues en rues en babillant jusqu'à sortir du quartier sorcier. Un café puis un dîner plus loin, ils n'avaient connu aucun temps mort. Enfances, croyances, valeurs, envies, désirs, tout y était passé.

Leurs doigts s'étaient frôlés, leurs pieds s'étaient effleurés, leurs voix s'étaient faites tantôt douces, tantôt rauques, leur visage s'étaient rapprochés. Ils s'étaient chuchotés des bouts de leurs histoires et lorsque Bill avait raccompagné Fleur à son appartement de la Rue Part-À-L'Aile [1], leurs mains s'étaient emmêlées jusqu'au bas de l'immeuble.

La jeune femme avait levé la tête vers lui, les yeux brillants d'appréhension, les pommettes rosées et une douce fumée s'échappant de ses lèvres. Bill avait enserré sa taille de son bras libre, s'était penché vers elle et… il s'était dégonflé.

Il ne comprenait pas bien pourquoi. Il crevait littéralement d'envie de goûter ses lèvres, de la plaquer contre la porte, de monter chez elle et de la découvrir dans les moindres détails. Et dans le même temps, il redoutait d'être submergé par ce désir.

La passion lui faisait peur et surtout, il voulait plus. Il la voulait elle, entière. Il ne voulait pas juste son corps. Il méritait plus. Elle méritait plus. Ils méritaient plus. Alors en se penchant vers elle, il s'était dégonflé.

Il l'avait finalement embrassé juste à la commissure de ses lèvres, doucement, délicatement, pudiquement. Puis, il n'avait pu empêcher un sourire mélancolique de répondre au regard frustré de Fleur.

Il lui avait soufflé un "A demain" et avait transplané sans demander son reste, de peur de ne pas arriver à se maîtriser. Il avait fui, lâchement, et il avait passé la nuit à se tourner et se retourner dans son lit.

Il n'avait eu de cesse de s'imaginer mille scénarios différents. Il vivait des contes d'où il ne s'était pas enfui. Où il rêvait de l'embrasser fiévreusement et où elle lui répondait sans pudeur. D'autres où c'était elle qui partait. Ou qui le giflait.

Il ne savait pas s'il avait pris la bonne décision, s'il devait être fier de sa réaction mature ou s'il regrettait de ne pas s'être laissé tenter par ses lèvres parfaites, prémisses d'une constitution toute aussi magistrale. Il ne lui restait qu'à assumer.

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Rue Part-À-L'Aile [1] Réutilisation éhontée d'un jeu de mot déjà utilisé dans ma fic Égrène les jours.