Note de l'autrice : Bonsoir à tou•te•s,
Ce qui est bien avec les titres de chapitre de cette fic, c'est qu'ils tuent tout suspens ! Maintenant que vous savez à quoi vous attendre, je n'ai donc plus rien à dire ! J'espère que cette lecture vous plaira et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
Encore une fois (ce sera le cas jusqu'au bout -) ), merci infiniment à Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) pour sa bétacorr !
Bonne lecture et à bientôt, ici ou ailleurs…
Premier baiser
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Quand, vers deux heures du matin, au lendemain de son anniversaire, Bill l'avait littéralement abandonnée au bas de son immeuble, Fleur avait eu envie de hurler de rage. Jamais aucun homme n'avait eu une telle attitude. Jamais.
Une fois de plus, Bill l'avait surprise mais, cette fois-ci, elle avait surtout eu envie de lui jeter un Maléfice. La soirée avait été parfaite, toute en rapprochements, et elle avait attendu qu'il l'embrasse, fébrile.
Au lieu de ça, il était parti, comme un goujat, sans un regard en arrière. Elle avait eu envie de débarquer chez lui pour tout casser. Elle n'avait pas son adresse et ce fut bien la seule chose qui le sauva.
Elle eut tout autant envie de détruire son propre appartement et, quand, le lendemain, le jeune homme était passé tout en sourire devant son bureau pour la saluer, elle était toujours aussi en colère.
Elle avait prétexté une urgence, avait saisi une pile de dossiers au hasard et avait fui. Elle lui en voulait mais pas suffisamment pour accepter qu'il voie ses traits se déformer. Elle avait beau n'être que partiellement Vélane, elle savait parfaitement que plus elle s'approchait de la fureur, plus elle ressemblait à une Harpie.
En toute honnêteté, elle se sentait plus irritée qu'enragée, n'empêche qu'elle n'avait aucune envie qu'il se rende compte de l'effet qu'il avait eu sur elle, d'autant plus que cette fuite dans les couloirs de Gringotts avait totalement ruiné sa journée.
Fleur avait fini par se trouver dans un cul de sac au deuxième sous-sol de la Banque Sorcière, complètement paumée. Elle avait cru être propulsée à nouveau au sein du Labyrinthe de la Troisième Tâche du Tournoi des Trois Sorciers et avait passé la matinée à errer de couloirs en couloirs.
Cet épisode avait au moins eu le mérite de la calmer. Bill l'agaçait toujours mais, il était revenu le lendemain et le surlendemain et, le jour d'après. A chaque fois, elle avait eu l'air d'avoir un balai enfoncé dans le fondement, à n'en pas douter.
Sa froideur ne l'avait pas empêché de reprendre cette mauvaise habitude qu'elle avait elle-même instaurée. Il baisait ses joues, tous les matins, d'une caresse de ses lèvres bien trop appuyée pour être honnête et elle se sentait fondre, à chaque fois. Forcément, elle s'était détendue et avait fini par accepter un café la semaine suivante.
Comme le soir de l'anniversaire de Bill, il n'y avait aucun temps mort quand ils échangeaient. Il fallait reconnaître qu'il était passionnant. Et passionné. Chaque mot qu'il prononçait le rendait désirable.
Pour autant, elle avait décidé d'être plus prudente. Elle devait se préserver. Quand il avait tenté de mettre sa main dans son dos, elle avait accéléré le pas. Quand il avait voulu poser sa main sur la sienne, elle avait saisi son verre, le laissant ballant.
Elle avait fait en sorte qu'il ne puisse pas la toucher aussi facilement que la dernière fois. Elle avait eu l'impression de reprendre le contrôle. Et, quand ils s'étaient dit au revoir, elle avait juste tourné la tête quand il s'était penché vers elle.
Le message était clair. Depuis, il n'avait rien retenté. Ils continuaient à se voir, à déjeuner ou à partager des cafés mais il respectait les limites, strictes, qu'elle avait imposées. Une fois de plus, il la surprenait. Parce qu'il acceptait tout d'elle. Son attitude le soir de son anniversaire n'en était que d'autant plus incompréhensible mais, oser l'interroger aurait été se trahir elle-même.
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Fleur se réveilla en sursaut et regarda la pendule au-dessus de son secrétaire. Cinq heures et quart. Elle souffla et hésita sur la marche à suivre. Elle se sentait alerte. Très alerte. Trop alerte.
En secouant la tête, elle décida de se lever et commença à se diriger vers la cuisine. Autant se préparer un café pour essayer de se rappeler de ce fichu rêve qui l'avait mise dans cet état.
Elle ouvrit le tiroir à couverts et saisit une baguette en bois qu'elle entortilla dans ses cheveux, de sorte à les attacher pour qu'ils ne traînent pas partout. Elle était en train de remplir sa cafetière quand elle entendit très légèrement toquer à sa porte.
En fronçant les sourcils, elle jeta un œil au judas et hoqueta. Bill. Elle ouvrit rapidement la porte alors qu'il repartait déjà en sens inverse, les épaules basses. Elle l'interpella, l'amenant à se tourner vers elle.
- Oh. Tu es réveillée ?
Elle acquiesça en penchant la tête, l'interrogeant silencieusement. Il laissa ses yeux glisser de son visage à son caraco puis au short satiné qu'elle aimait tellement, son regard filant alors le long de ses jambes. Elle ne put empêcher un sourire de franchir ses lèvres quand il rougit jusqu'aux oreilles.
- Je. Je n'aurais pas dû venir. Je vais te laisser te recoucher. Je.
Elle lui agrippa le bras, le faisant taire et le poussa dans son appartement.
- J'étais en train de faire du café. Tu es là maintenant, prends au moins quelque chose de chaud. Je vous fais un thé ?
Sans lui laisser le temps de répliquer, elle fit glisser son manteau le long de ses larges épaules et le poussa vers la cuisine. Elle regarda au-dessus de la gazinière la petite horloge que sa mère lui avait offerte à son départ pour Londres.
- Qu'est-ce qui t'amène ici à… cinq heures et demie du matin ?
- Je... Je ne sais pas trop…
Il regarda ses mains, un peu trop livide. La bouilloire qu'elle venait de remplir siffla.
- Tu as de la chance que je sois réveillée. D'habitude… Je dors comme une marmotte.
Elle s'approcha de lui et remplit une tasse. Bill ne bougeait toujours pas. Elle posa une main sur son épaule et laissa ses doigts glisser jusqu'à sa nuque. Il leva un regard désespéré vers elle.
- Mon père…
Elle prit une profonde inspiration, redoutant la suite.
- … Il a été attaqué, hier soir, souffla-t-il dans un chuchotement.
Fleur ouvrit la bouche, ressentant un besoin d'air. Bill tourna la tête vers elle et son regard se bloqua sur ses lèvres. Il reprit.
- Il est à Sainte-Mangouste. Il est faible.
La française sentit sa respiration accélérer, de soulagement. Il était vivant. Elle resserra sa prise sur la nuque de Bill qui la dévisagea de nouveau. Elle défit l'attache de son catogan et glissa ses doigts dans ses cheveux.
Le jeune homme enroula un bras autour de la taille de Fleur et écrasa son visage contre elle. Elle avait l'impression d'être essoufflée et que son cœur battait à cent à l'heure. Elle avait presque peur que ce tambour battant perce le tympan de Bill dont l'oreille était collée à sa poitrine.
Elle se rapprocha un peu plus de lui, si c'était possible, en se glissant entre ses jambes. Il laissa ses lèvres reposer sur sa clavicule et elle ne put retenir un hoquet de surprise. Elle lui laissa à peine le temps de relever son visage vers elle avant de l'abreuver de baisers papillons, sur sa tempe, ses joues, à la commissure de ses lèvres.
Il répondit, avec douceur, découvrant sa bouche parfaite, sans chercher à retenir un gémissement de plaisir. Ils s'embrassèrent, longtemps, cherchant à apprendre par cœur la moindre aspérité rencontrée.
A bout de souffle, Fleur repoussa doucement Bill, d'une main sur son épaule, sans arriver à retenir un sourire joyeux, lumineux. Elle regarda à nouveau la pendule. Six heures dix. Elle murmura, la voix légèrement rauque.
- J'envoie un hibou à Gringotts. Tu dois te reposer.
Il ouvrit la bouche, elle ne lui laissa pas le temps de répliquer.
- Tu restes ici.
Elle saisit sa main et l'entraîna dans sa chambre. Elle lui enleva son pull et il se laissa faire, sans discuter. D'une main tremblante, elle déboucla sa ceinture. Il saisit son poignet.
- Je.
- Tais-toi, Bill, souffla-t-elle en souriant tendrement.
Elle se dégagea de sa prise et termina de détacher son pantalon qui glissa droit sur ses chevilles. Elle sentit une pointe s'enfoncer dans son cœur en voyant la bosse qui déformait le sous-vêtement du jeune homme.
Se sentant stupidement intimidée, elle détourna le regard, ses joues rosissant aussitôt. Une inspiration plus tard, elle le poussa en arrière, lui intima de retirer ses chaussures et filer sous les draps. Il s'exécuta, à la fois amusé et perplexe et la regarda se pencher vers lui.
- Dormez, Bill Weasley. On reprendra le cours de nos aventures ce soir.
Elle lui caressa la joue et sortit précipitamment. Elle referma la porte et se laissa doucement glisser le long du mur, les joues en feu. Elle n'était pas près d'oublier cette nuit du dix-neuf au vingt décembre 1995 !
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Alors, alors ! Z'en pensez quoi ?
