Note de l'autrice : Bonsoir à tou•te•s,

Reprenons au petit matin et voyons ce que ce nouveau chapitre nous réserve… Comme d'habitude, j'espère que vous apprécierez et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Comme toujours again, merci infiniment à Coccinelle, du forum HPF (Héros de Papier Froissé) pour sa bétacorr !

Bonne lecture et à bientôt, ici ou ailleurs…

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Un air de chez soi

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Bill se sentit désorienté en se réveillant, le nez enfoui dans un oreiller qui sentait un mélange de vanille et d'amande. Il ouvrit les yeux en souriant et s'étonna de ne pas reconnaître sa chambre. Il n'était pas du genre à assortir sa parure de lit à ses rideaux et encore moins à utiliser des draps aux motifs floraux.

Se redressant sur un coude, il n'eut besoin que de quelques instants de plus pour se souvenir. L'attaque de son père. Sainte-Mangouste. L'angoisse. Le besoin de réconfort. Dès que sa mère l'avait obligé à quitter l'hôpital, il n'avait pensé à rien d'autre qu'à voir Fleur.

Enfin, ce n'était pas exact. Il n'avait pensé à rien du tout. Il avait laissé ses pieds le guider, bravant le froid et la neige qui commençait à tomber et fondait dès lors qu'elle touchait la moindre surface.

Il s'était trouvé au bas de son immeuble puis, sur le pas de sa porte, sans même avoir besoin de fouiller sa mémoire pour se rappeler qu'elle lui avait dit habiter au sixième étage. Il avait hésité à toquer à l'unique porte du pallier et, dès qu'il avait osé, s'était trouvé idiot et avait voulu faire demi-tour.

Elle lui avait ouvert, les cheveux relevés à la va-vite, à peine couverte de bouts de tissus satinés, dans un naturel désarmant qui la rendait encore plus belle que parée de tous ses atours. Fleur l'avait accueilli, écouté, embrassé, déshabillé.

Bill ressentit une bouffée de chaleur à ce souvenir et replongea sa tête dans son oreiller. Il fallait bien reconnaître que, la veille, il n'avait absolument pas l'esprit ouvert à ce genre de trivialité.

Il ne pouvait nier avoir apprécié leurs baisers mais il s'y était raccroché comme à une bouée, sans réellement prendre conscience de l'aspect charnel de leur échange. Tout bien considéré, avec quelques heures de recul, il ne se rappelait pas avoir un jour ressenti autant d'érotisme qu'à l'instant où elle avait détaché son pantalon.

Rien qu'en y repensant, il se sentait durcir comme un adolescent. Il roula sur le dos et inspira à pleins poumons en agrippant les draps. Il était hors de question qu'il se masturbe dans le lit de Fleur. Il la respectait bien trop pour ça.

Un gémissement frustré plus tard, il se leva et frissonna longuement avant de récupérer son pull et son jean échoués au sol. Il fit rapidement le tour de la chambre, petite et sommaire. L'armoire était fermée tout comme la commode dont il n'osa ouvrir les tiroirs malgré l'envie d'en découvrir davantage sur la jeune femme.

Juste à côté, des papiers étaient étalés sur un secrétaire, rédigés de la main de Fleur, d'une écriture ronde et élégante. Il ne pipait pas le moindre mot de ce qui était écrit, n'ayant jamais été formé au français et n'ayant seulement retenu que quelques interjections et jurons régulièrement utilisés par la blonde lorsqu'elle était agacée.

Il s'attarda sur la photo de famille où trônaient les parents Delacour, Fleur et sa jeune sœur Gabrielle. Ils avaient l'air d'une famille royale tous les quatre, le port altier, les têtes hautes et les épaules droites.

Il se fit la réflexion qu'il n'avait rien à faire avec la fille sur cette photo. Celle-là était trop bien pour lui. A côté d'elle, il avait l'air d'un rustre, un type mal dégrossi et sans le sou. Il secoua la tête se demandant d'où lui venait ce genre de réflexion qui ne lui ressemblait pas.

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Il reposa le cadre et se détourna de cette image qui ne reflétait pas sa réalité. D'un coup de baguette, il fit le lit, aéra la chambre et fila à la cuisine, trouvant sans avoir besoin de les chercher tasse, thé et petite cuillère.

Il ne put retenir un sourire. Il se sentait bien, chez lui, alors qu'il mettait les pieds pour la première fois dans cet appartement. Chaque geste lui paraissait naturel et il ne put s'empêcher de s'extasier à l'idée que la blonde et lui aient des logiques suffisamment similaires pour tout trouver sans y réfléchir.

Serrant étroitement sa tasse entre ses mains, il s'installa dans un des fauteuils qui faisaient face à la cheminée. L'espace, ici aussi, était minuscule. N'ayant pas la place d'installer un canapé dans son salon, Fleur avait opté pour deux sièges confortables qui entouraient une table basse qui, elle-même, reposait sur un tapis angora douillet.

Il retira ses chaussettes et laissa ses pieds profiter de ce nuage de douceur. Rien que pour ce chatouillis, il se sentait prêt à abandonner son propre logement et à emménager avec elle. Dès demain !

Il secoua la tête en riant doucement, se sentant idiot. Ils n'avaient fait que s'embrasser. Une toute petite fois. Et alors que, depuis une dizaine de jours, elle lui faisait vivre un enfer !

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Évidemment, en se dégonflant comme il l'avait fait le soir de son anniversaire, il ne s'était pas attendu à ce qu'elle l'accueille les bras ouverts. Il savait bien que les femmes n'aimaient pas se sentir bafouées et qu'elle, plus que toute autre, détesterait ça !

Il avait pris son courage à deux mains, décidant de ne pas laisser traîner. Il s'était dit que c'était comme arracher un pansement. Mieux valait le faire vite et sans attendre. Alors, en arrivant à la Banque, il avait pris un café avec Björg, un Gobelin plutôt sympathique dans son genre, et avait filé droit jusqu'à la section de Ug dès la dernière goutte avalée.

Il avait prié Godric très très fort, s'était collé son plus beau sourire aux lèvres et s'était dirigé droit vers le bureau de Fleur en redressant les épaules pour la saluer. Il n'avait pas osé lui faire la bise, cette fois-là, au vu du regard noir qu'elle lui avait lancé.

Elle avait aussitôt filé, le laissant comme deux ronds de flanc. Dans les deux minutes, Ug avait à son tour débarqué et l'avait houspillé pour n'avoir rien de mieux à faire que de distraire son employée qu'il voulait absolument voir dans l'instant.

Bill n'avait pas demandé son reste et avait filé aussitôt. Il avait passé la moitié de la journée à se convaincre de recommencer le lendemain, ce qu'il avait fait, osant même venir l'embrasser sur les deux joues cette fois-ci avant qu'elle essaye à nouveau de s'enfuir.

Dire qu'elle l'avait laissé se dépatouiller comme un chien jeté pour la première fois à l'eau était un euphémisme mais il avait tenu bon. Elle ne voulait pas qu'il lui tienne la main, il l'avait respecté mais Bill n'était pas bête.

Il savait bien que les regards qu'elle lui lançait signifiaient quelque chose. Ses yeux ne mentaient pas et ne lui demandaient surtout pas de partir. Au contraire. Elle le défiait à chaque fois, d'oser à nouveau s'enfuir.

Sans les événements de la veille, ce petit jeu aurait pu durer une éternité. Elle ne semblait pas prête à lâcher et, plus les jours passaient, plus il redoutait de la décevoir. Il était un peu dommage que seul un coup du sort comme celui-là les ait amenés à franchir une nouvelle étape mais… la vie était ainsi faite.

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Bill secoua la tête, sortant de la transe provoquée par les flammes dansant dans la cheminée de Fleur. Il envoya directement sa tasse dans l'évier, la nettoyant d'une formule et enfila chaussettes et chaussures. Il devait absolument passer voir son père, sa mère et ses frères et sœurs.

Il fila récupérer un bout de parchemin vierge qui trainait sur le secrétaire de la chambre, fit glisser la plume de cygne de la blonde, bien plus difficile à tenir que les plumes d'oie qu'il affectionnait habituellement, et laissa sa note sur le plan de travail de la cuisine.

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Alors, alors ! Vous vous attendez à quoi, pour la suite ?