Le réveil sonna, comme chaque matin. Lexa dut passer son bras au-dessus de ma tête pour l'éteindre et retomba aussitôt à mes côtés, posant un bras sur ma taille et enfouissant son nez dans mon dos.

- Mmh… Dodo… grogna-t-elle dans mes cheveux.

- C'est ça de se coucher à minuit et de se leve 00…

Elle resserra son étreinte autour de ma taille et se colla plus à moi. Gênée, mais le sourire aux lèvres, j'essayai de me retourner pour me trouver face à elle.

- Allez, debout, chuchotai-je en passant ma main dans ses cheveux décoiffés.

- Mmh…

Un sourire malicieux s'afficha sur mon visage. Je descendis lentement ma main jadis posée sur son crâne, parcourant son bras et arrivant jusque sur sa taille. Là, je m'arrêtai, effleurai ses côtes et commençai à la chatouiller. Elle ne put étouffer un petit cri de surprise et se mit à gigoter instantanément. Entre deux secousses, elle essayait de se venger, mais j'étais bien moins sensible qu'elle. Nous rigolions quand, dans un mauvais geste, j'envoyai valser le réveil à terre. Lexa explosa de rire et voulu se lever, prétexte pour s'échapper, afin d'aller le ramasser. Elle s'appuya sur sa gauche pour se soulever, passa une jambe par-dessus mon corps toujours allongé, mais lorsqu'elle voulut hisser son corps pour le faire passer de l'autre côté du lit, son coude glissa et elle s'écroula sur moi. Heureusement, elle eut le réflexe de se retenir pour ne pas m'écraser, mais nos deux visages n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre et nos corps collés. Malgré le drap qui nous séparait, je pouvais sentir sa poitrine contre la mienne. Je rougis et j'étais extrêmement gênée à l'idée qu'elle remarque que, justement, j'étais gênée. Plus j'y pensais, plus j'étais gênée et plus je rougissais. Il ne se passa rien pendant au moins une minute, nous nous fixions quand je pris enfin la parole :

- On devrait s'habiller, on va être en retard !

- Te fatigue pas, j'ai bien compris que tu ne voulais pas…

Elle se leva aussitôt et alla ramasser le réveil pour le reposer sur sa table de nuit, avant de prendre ses affaires et d'aller dans la salle de bains. Je n'avais pas bien compris le sens de ses mots, mais je m'empressai de m'habiller pour penser à autre chose.

Lorsqu'elle ressortit, elle avait les yeux rougis. Avait-elle pleuré ? Elle fit comme si rien ne s'était passé, elle s'approcha normalement de moi pour refaire mon nœud de cravate. Je baissai les yeux, presque honteuse d'avoir fait une faute dont je n'avais moi-même pas compris le sens. Une fois fini, elle me prit dans ses bras et enfouit sa tête dans mon cou. Machinalement, je lui caressai les cheveux, encore un geste que je ne compris pas vraiment. Puis, elle se dégagea, arbora un magnifique sourire et se dirigea vers l'entrée, je la suivis. Je ne comptais pas lui demander le sens de ses mots et de ses gestes, j'avais peur de ce que je pourrais y comprendre.

Aujourd'hui lundi. Mardi. Mercredi. Jeudi. Vendredi. La semaine passa bien vite. Les samedis, les filles allaient à leur club. Ce samedi-ci, je suivis Lexa et Niylah au club de tennis pour les observer et pouvoir, plus tard, décider du club que je voulais intégrer.

Les dimanches, nous pouvions faire ce que bon nous semblait, seul sortir des lieux nous était interdit. Ce dimanche-là, nous allâmes pique-niquer sous les cerisiers en fleurs de l'école, entourées de toutes les autres bandes d'amies qui avaient logiquement eu la même idée que nous. Les vacances étaient déjà dans deux semaines, alors que nous venions à peine de reprendre les cours. Je le fis remarquer et Lexa rebondit sur mes paroles :

- Donc il ne reste que trois semaines pour s'inscrire aux présélections et je n'ai trouvé personne…

- T'as qu'à passer une annonce, plaisanta Niylah.

- Ah ah, très drôle, non sérieusement, Clarke, tu ne veux vraiment pas ?

- Je t'ai déjà dit, je suis nouvelle, avec moi, tu n'as aucune chance de gagner.

- On n'en sait rien, étant donné que cette année-ci, ça n'a pas l'air basé sur des votes, intervint Gaïa.

- Et puis, tu es quand même bien partie pour devenir populaire, renchérit Raven en s'allongeant sur les cuisses d'Octavia.

- Peut-être, mais, je ne sais pas, la compétition, ce n'est pas vraiment fait pour moi… Tu es sûre que c'est avec moi que tu veux te présenter ? répondis-je en voulant faire allusion à ce que j'avais entendu chuchoter Lexa dans la chambre.

- On va dire que tu es ma seule issue !

- Allez ! Ce serait marrant que deux d'entre nous participent ! me lança Octavia en me collant doucement son poing sur le bras.

- Bon, bon… c'est vrai qu'on pourrait s'amuser… et on ne passerait pas forcément les présélections… Je vais y réfléchir, je te promets ! Dans une semaine, je te donne ma réponse !

- Merci Claaaaaaarke !

Lexa se jeta sur moi pour me prendre dans ses bras, nous tombâmes à la renverse, mais elle s'empressa de se relever, tout en rigolant.

- Il va falloir qu'on recommence nos roulements, dit soudain Octavia en regardant Gaïa, rompant le paisible silence qui s'était installé.

- Vos roulements ? répétai-je.

- Depuis que Raven et Octavia sortent ensemble, deux jours par semaines, les mercredis et samedis, Gaïa et Raven ou Niylah et Octavia échangent de chambre.

- Oh, je vois…

- Mais on n'a pas repris depuis les vacances, et… ça me manque… ajouta Octavia.

- On se demande de quoi tu parles quand tu dis « ça », ironisa Lexa.

- Mais ! protesta Octavia.

- Oh arrête, on n'est pas dupes ! rigola aussi Niylah.

Raven et Octavia rougirent et tout le monde se mit à rire. Finalement, Gaïa leur annonça qu'elles recommenceraient leurs roulements dès ce mercredi.

Point de Vue Raven

Mercredi arriva finalement. La dernière fois que j'avais dormi avec Octavia était pendant le dernier mercredi avant la fin des cours, car nous avions passé nos vacances chacune dans nos familles respectives. Cela faisait donc un bon bout de temps et elle me manquait. Pour être honnête, son corps me manquait.

Après les cours, nous retournâmes dans nos chambres respectives. Il s'était décidé que, ce soir, j'irai dans la chambre d'Octavia et Gaïa, et que Gaïa viendrait dans la mienne tenir compagnie à Niylah. Je préparai un sac avec des affaires de rechange avant de filer sous la douche pour ensuite aller manger.

Pendant le repas, je sentais la tension qui régnait entre Octavia et moi, nous n'écoutions pas vraiment ce qui se disait et nous osions à peine nous regarder. Enfin, le repas se termina et nous quittâmes les autres en haut de l'escalier. Une fois entrées dans la chambre, Octavia la ferma à clef avec un regard malicieux. Elle s'approcha doucement de moi, passa ses bras autour de mon cou et colla son front au mien.

- Tu m'as manquée, dit-elle en fermant les yeux.

Pour seule réponse, j'embrassai ses lèvres si près des miennes. Elle répondit évidemment à mon baiser, puis me lâcha à contre cœur pour parler de nouveau :

- T'as encore le goût des fraises dans ta bouche…

Un grand sourire s'afficha sur son visage et elle replongea sur ma bouche. Dans l'élan, elle nous poussa un peu plus dans la pièce et je l'entraînai sur son lit en tirant sa cravate. Par respect, nous ne nous posions jamais sur celui de Gaïa ou, dans ma chambre, sur celui de Niylah. Elle tomba sur le dos et, comme elle agrippait aussi ma cravate, je tombai sur elle en me retenant sur les mains pour éviter de l'écraser. Elle dénoua ma cravate et je dénouai la sienne. Une fois ces deux dernières à terre au pied du lit, Octavia déboutonna ma veste, je fis de même. Ensuite, nous entreprîmes de retirer nous même nos t-shirts, assez rapidement, car l'excitation commençait à monter. J'emprisonnai sa bouche du mieux que je pus et je sentis sa main venir épouser la forme de mes seins, tandis que l'autre se baladait sur mon dos. Elle s'empressa de retirer mon soutien-gorge avant de retirer le sien et de me plaquer contre son corps. Bien vite, nos jupes et derniers sous-vêtements rejoignirent le reste de nos vêtements. Octavia m'embrassait ardemment tout en me caressant le bas du dos et les fesses, quand je me relevai brusquement pour l'admirer.

- Tu m'as manquée aussi, O'…

- Je t'aime.

Je revins sur sa bouche pour lui rendre ses sentiments. Je l'embrassais, elle m'embrassait, nous nous mordillions gentiment tantôt les lèvres, tantôt la langue. Je lâchai une nouvelle fois sa bouche pour descendre légèrement et arrivai sur ses seins auxquels je fis subir le même sort qu'à sa bouche précédemment. Je l'entendais souffler de plus en plus fort et je sentais son corps se crisper sous le plaisir, il voulait se cambrer, mais le poids du mien sur le sien l'en empêchait. Je continuai ma descente, m'arrêtant sur son ventre pour le couvrir de bisous fins, et arrivai finalement sur son sexe. Je l'embrassai d'abord, tout en remontant mes mains pour aller malaxer ses seins, et finis par lui livrer, à lui aussi, le même sort qu'à sa bouche et sa poitrine.

Point de Vue Niylah

Gaïa commença d'abord par embrasser mon intimité et finit par carrément me la mordiller et donner quelques coups de langue rapides. Je passai une main dans ses cheveux et, de l'autre m'agrippai au drap. J'eus un mal fou à contenir un cri lorsque j'arrivai à la jouissance. Cela m'aurait arrangé qu'elle vienne m'embrasser à ce moment pour m'en empêcher, mais nous avions conclu un accord : aucun baiser, cela faisait sentimental. Elle releva enfin la tête, ses yeux brillaient, elle avait l'air satisfaite, mais on pouvait en même temps lire en elle qu'elle était en proie au désir. Elle s'assit sur moi et je me relevai, de telle façon que nous soyons face à face et que nos deux sexes soient en contact. Nous commençâmes à bouger pour que cette position fasse son effet. En même temps, j'enfouis ma tête dans sa poitrine pour lui suçoter les seins. Nous jouîmes au même moment, plongées dans le regard de l'autre, avec peut-être une envie folle, soudaine, purement sexuelle, de posséder les lèvres de l'autre pendant un instant.

Je retombai sur le dos et elle s'allongea à mes côtés. Je me blottis contre son torse et elle m'entoura de ses bras.

- J'avais hâte qu'on reprenne nos roulements à vrai dire, chuchota-t-elle.

- Moi aussi, mais bon, on ne pouvait pas le proposer de nous même, ça aurait paru suspect…

Raven et Octavia sortaient ensemble depuis maintenant neuf mois et les roulements avaient commencé sept mois auparavant. Quant à Gaïa et moi, cela allait bientôt faire cinq mois que nous couchions ensemble.

Nous parlions, un soir, alors que j'occupai le lit d'Octavia, de ce qu'elles pouvaient bien être en train de faire. Bien sûr, personne n'était dupe, nous savions toutes ce qu'elles faisaient. Nous parlions, donc, et à force de discussions, de fil en aiguille, nous en étions arrivées à parler de nos fantasmes, de nos désirs, et en avions conclus qu'il serait peut-être agréable d'essayer toutes les deux, sans engagement précis. Nous étions vierges à l'époque, ce ne fut alors pas un choix pris à la légère, mais nous savions que nous étions en sécurité l'une avec l'autre. La discussion étant devenue vraiment passionnante, à tendance excitante, nous avions franchis le pas. Il avait été tout de suite clair que tout cela serait purement sexuel, entraînant ainsi la règle du « aucun baiser ». Nous ne l'avions pas dit aux autres, après tout, cela ne regardait que nous. Nous faisions l'amour par simple plaisir de la jouissance, mais si l'une de nous trouvait l'Amour, nous arrêterions tout.

Point de Vue Clarke

De nouveau Jeudi. Il ne me restait plus que trois jours pour donner ma réponse à Lexa quant à ma possible participation aux élections. Avec tout ce que j'avais entendu, j'avais pu en conclure qu'elle aurait voulu se présenter avec une fille avec laquelle elle voudrait filer le parfait Amour. C'est ce qu'elle avait dit « j'admire l'Amour qui unit les deux présidentes du Conseil ». Alors, soit, peut-être qu'aujourd'hui, elle voulait seulement se présenter pour devenir présidente et populaire, mettant de côté l'aspect fleur bleue, mais était-ce tout de même raisonnable de me présenter à ses côtés dans la situation actuelle ? De jours en jours, notre relation s'emplissait d'ambiguïté. Chaque fois que nos regards se croisaient accidentellement, nous le détournions instantanément, gênées. Chaque fois que nos mains s'effleuraient, je tremblais et la sentais trembler. Lorsque j'accrochais son soutien-gorge le matin, mes mains ne répondaient plus à mon esprit, elles allaient sur leur cible, à la fois malicieuses et perverses, pendant que mon esprit s'embrumait. Et quand Lexa, en retour, nouait ma cravate, je me voyais dans l'obligation de retenir mon souffle, pour qu'elle n'entende pas ma respiration devenir saccadée.

Et puis, il y avait cette phrase « Te fatigue pas, j'ai bien compris que tu ne voulais pas… ». Je l'avais tournée et retournée dans mon esprit. Que je ne voulais pas quoi ? L'embrasser ? La câliner ? Être avec elle ? Remplacer Costia ? À force de réfléchir, cette phrase perdait tout son sens. Il me semblait que je réfléchissais trop. Après tout, pourquoi ne pas essayer d'entrer dans cette compétition ? Gaïa avait raison, cela pouvait réellement être amusant et distrayant. Cela me laisserait sûrement plein de bons souvenirs. Pourquoi se préoccuper du futur ? Mon corps et mon esprit sauront ce qu'ils voudront le moment venu, que Lexa me fasse des avances, qu'elle ne m'en fasse pas, je verrais bien. Il fallait que j'apprenne à prendre les choses comme elles venaient. Trop réfléchir ou trop calculer m'avait déjà causé trop de problèmes par le passé. Ce fut donc peut-être sur un coup de tête, mais il fallait que je décide avant de regretter, qu'en plein milieu du dîner de ce jeudi soir, j'appris aux filles que je participerai à l'élection aux côtés de Lexa. Celle-ci manqua de s'étouffer avec sa soupe, avant de me remercier chaleureusement. Aussitôt sorties du réfectoire que nous écrivîmes nos noms sur un papier, que nous glissâmes ensemble dans l'urne prévue à cet effet.

- Pourquoi tu as finalement dis oui ? me demanda Lexa une fois que nous fûmes dans notre chambre.

- J'ai décidé de m'amuser ! répondis-je tout sourire.

Elle me gratifia d'un de ses plus grands sourires et me prit dans ses bras.

- Merci, vraiment, merci… Je te promets que je vais essayer d'arrêter de te troubler…

- Me troubler ? demandai-je, incrédule.

- Je vois bien que certains de mes gestes te gênent, je ne fais pas vraiment attention à ces choses-là, c'est parfois plus fort que moi, mais je vais essayer d'arrêter, dit-elle et se mettant face à moi.

- Rien ne t'y oblige, ce n'est pas parce que nous devenons partenaires dans cette épreuve que tu dois changer ce que tu es, Lexa. Et puis, pourquoi arrêter…

Inconsciemment, de manière quasi incontrôlée, comme si mes membres ne répondaient plus à mon esprit, je m'approchai dangereusement de son visage.