Je m'habillai dans la salle de bain et pour les dix minutes qui me restaient avant le réveil de Lexa, je m'allongeai sur son lit, mes bras derrière la tête, et fixai le plafond. Le réveil sonna, Lexa s'étira, remarqua mon absence, me chercha dans la pièce et me vit allongée sur son lit.

- J'ai raté quelque chose ? s'enquit-elle.

- Non, non, je me suis juste réveillée plus tôt, alors je me suis préparée et je t'attendais.

- Oh, d'accord ! Bon, eh bien, je vais m'habiller !

Elle se leva d'un bon et prit ses affaires posées sur une chaise. Comme chaque matin, elle s'habilla dans la chambre, sauf que d'habitude à cet instant, je m'habillai moi-même dans la salle de bains. Là, j'assistai à toute la scène sans pouvoir détacher mon regard de son corps. Tout d'abord, elle enfila sa culotte et sa jupe, toujours sa nuisette sur le dos, sûrement par quelque pudeur à mon égard, puis retira finalement le bout de tissu qui lui servait de pyjama. Ce fut torse nu qu'elle se retourna pour attraper un soutien-gorge dans l'armoire. Me tournant le dos, elle le mit sur sa poitrine et, machinalement, je me levai pour lui accrocher.

- Il va falloir que je t'apprenne à accrocher ton soutif quand même.

- Alors, je t'apprendrai à faire un nœud de cravate.

Je ne répondis pas. C'était comme si j'avais envie qu'elle me noue ma cravate tous les matins pour le restant de mes jours. À vrai dire, lui attacher son sous-vêtement ne m'était pas désagréable. Je reculai et elle enfila le haut de son uniforme. Elle alla ensuite dans la salle de bains pour nouer sa cravate devant le miroir et en ressortit, cravate parfaitement nouée et ruban blanc attaché dans ses cheveux. Je nouais en général le mien approximativement, je devais même parfois le rattacher dans la journée pour éviter de le perdre.

La journée se passa à peu-près normalement. Il y eut juste Alie qui nous donna la date de notre premier contrôle, tout le monde avait râlé, mais au final, on s'y attendait toutes.

Nous étions déjà en train de dîner.

- Aaaaah ! Enfin le week-end ! On fait quoi demain après les activités de club ? demanda Niylah.

- Clarke et moi, on s'entraîne, répondit Lexa.

- Ah oui, c'est vrai. Dimanche aprèm, on peut peut-être vous aider ? proposa Octavia.

- Non, c'est bon, vous n'allez pas gâcher votre week-end pour nous regarder nous entraîner, dis-je.

- On peut bien rester avec vous au moins le samedi en soirée, proposa Raven. Promis, on ira s'amuser sans vous le dimanche !

L'assemblée rigola.

- Moi, je suis pour ! s'exclama Gaïa.

- Pareil, suivit Octavia.

- Moi de même, surenchérit Niylah.

- Alors, parfait ! On se retrouve demain après les activités de club. Vous allez vous entraîner où ? demanda Raven.

- Sienna veut bien nous laisser le cours de tennis, répondit Lexa m'apprenant en même temps la nouvelle.

- On vous rejoint dès qu'on a fini alors, lança Raven en nous regardant, les trois membres du club de tennis.

Les activités de club du samedi avaient lieux de 14 h 00 à 17 h 00. Dans la semaine, nous nous rendions dans nos clubs le mercredi de 13 h 30 à 14 h 00.

Ce samedi, après une longue grasse matinée, je devais remettre ma fiche d'inscription à la capitaine du club de tennis, Sienna Hayes. Lexa m'avait dit que je commencerais directement l'entraînement avec les autres, j'étais donc en tenue de sport. Tout se passa très vite et de la façon la plus simple qui soit. Je donnai mon formulaire et me mis directement à jouer contre une première année débutante pour évaluer mon niveau. Il se décida que je serais dans le groupe des débutantes renforcées. À mi-chemin entre les débutantes et le niveau moyen.

La première demi-heure était consacrée à l'échauffement et aux étirements, seul ou en binômes ; pendant l'heure suivante, nous nous entraînions avec notre groupe de niveau ; l'heure d'après nous permettait de disputer des matchs et de faire des tournois pour essayer de nous améliorer. La dernière demi-heure, nous pouvions disputer un match avec la personne de notre choix, de n'importe quel niveau. Je pus remarquer que pendant ces dernières minutes, les filles se regroupaient plutôt par classe, voulant jouer contre leurs amies. Il y avait cependant bien sûr quelques mélanges. De plus, nous étions en début d'année, alors les nouvelles avaient tendance à rester entres elles. Quand j'en parlais à Lexa, elle m'apprit que, logiquement, dans un mois ou deux, tout le monde aurait fait connaissance au sein du club et que nous formerions une grande équipe. Elle avait ensuite enchaîné sur le fait que lors du dernier cours de tennis de l'année dernière, la plupart des filles avaient pleuré devant le départ de leurs aînées.

Une fois la séance de tennis terminée, nous allâmes nous doucher dans les vestiaires. Heureusement pour ma pudeur, les douches se trouvaient dans des cabines individuelles, même si certaines filles se douchaient ensemble pour gagner du temps. Une fois lavées, Lexa et moi, toutes deux toujours en survêtements, accompagnées de Niylah, allâmes nous asseoir sur un des bancs adossés au grillage d'un des cours de tennis pour attendre les autres. Elles arrivèrent assez vite.

- Vous avez du matos pour vous entraîner ? questionna Gaïa.

- J'ai trouvé une corde près du sac où on range les balles, dit Lexa fièrement en se levant pour aller chercher ladite corde qu'elle avait posée sur le terrain. En guise de plots de départ et d'arrivée, j'ai pris quatre balles que j'ai coincées avec deux pierres, ajouta-t-elle en montrant son installation. J'ai prévu une piste de cent mètres pour le moment, on verra plus tard si on fait plus. Il faudrait demander au couple président si on peut s'entraîner au stade !

Nous ne traînâmes pas une seconde de plus et nous rejoignîmes Lexa sur le terrain. Elle et moi nous mîmes sur la ligne de départ improvisée, collant nos flancs l'un contre l'autre. Raven vint nouer nos jambes intérieures entres elles. Une fois bien ficelées, Lexa souleva doucement la jambe, ce qui entraîna un mouvement de ma part, pour vérifier que nous étions bien attachées.

- Vous devriez commencer par simplement marcher, préconisa Niylah.

- Il vaut mieux en effet, ajoutai-je.

- Bien, alors à trois, dit Lexa sans plus attendre. Un, deux… trois !

Je voulus d'abord avancer avec ma jambe libre, mais Lexa commença avec l'autre, mes deux pieds ne pouvant quitter le sol en même temps, je tombai en avant, entraînant Lexa dans ma chute. Rien de grave, nous rîmes un peu, Octavia nous aida à nous relever et nous ramena sur la ligne de départ quelques centimètres plus loin.

- On devrait se mettre d'accord sur quel pied partir ! lançai-je en frottant mon genou.

- Commençons par le plus lourd, la jambe intérieure, d'accord ?

- Ok !

- Un, deux, trois…

Cette fois, notre jambe unique se leva tout doucement pour avancer. Une fois reposée à terre un pas plus loin, Lexa et moi soulevâmes notre propre jambe libre pour l'amener plus loin que la double jambe avancée auparavant. Nous recommençâmes l'exercice, non sans lenteur, mais tout allait bien. Nos bras intérieurs ne savaient pas trop où se mettre, ils nous gênaient, nos poignets s'entrechoquant à chaque pas. Le chemin du retour fut un peu plus rapide, mais toujours un peu bancal.

- Vous devriez vous tenir par la taille, proposa Niylah. Vos bras ne vous gêneront plus, vous serez plus proches l'une de l'autre et, comme ça, vous irez plus vite.

Lexa s'exécuta. Elle passa son bras derrière moi, effleurant le bas de mon dos, et posa sa main sur ma hanche opposée. Je dus trembler, mais personne ne le remarqua. J'imitai ma coéquipière. Lexa lança un nouveau compte à rebours et nous repartîmes. Effectivement, notre démarche paraissait plus fluide, mais nous marchions toujours.

Nous avions continué ainsi pendant un peu plus d'une heure, nous améliorant à chaque tentative, ne tombant qu'à trois reprises. Ce fut presque épuisées que nous allâmes nous asseoir sur un banc, toujours attachées, pour nous y écrouler. Gaïa vint gentiment nous détacher et tendit la corde à Lexa qui la passa sur ses épaules.

- Je pense que c'est un bon début, non ? demandai-je à tout le monde.

- Oui, continuez comme ça et vous avez toutes vos chances de vous qualifier pour la seconde épreuve ! s'enthousiasma Raven en souriant.

- Ne nous emballons pas trop vite non plus, intervint Lexa. Ce n'est que le premier entraînement, je ne m'avance pas avant d'avoir travaillé un peu plus !

On sentait la compétitivité dans sa voix. Elle voulait gagner, elle n'avait pas participé pour perdre. Après avoir parlé un peu et rit de nos mésaventures sur le terrain, nous nous levâmes toutes et partîmes en direction du dortoir.

Après manger, lorsque nous remontâmes, et comme chaque samedi maintenant, Octavia et Raven partirent du même côté, pour passer la nuit ensemble, tandis que Niylah et Gaïa partirent du leur.

Point de Vue Gaïa :

Mercredi dernier, Niylah et moi n'avions rien fait. Nous étions trop épuisées ce soir-là. Je comptais bien à ce que nous nous rattrapions cette nuit. D'abord, je filai sous la douche. Une fois sortie, NIylah prit ma place et je l'attendis sur mon lit. Cela m'étonnait toujours qu'elle se lave le soir alors qu'elle prenait une douche après le tennis. Sans doute voulait-elle être propre pour moi... Cette fois, nous étions dans ma chambre. L'alternance entre les deux se faisait aléatoirement. Lorsque Niylah sortit de la salle de bains, en pyjama, elle se posta devant la fenêtre, comme à son habitude, pour se brosser les cheveux.

Ce fut là que je décidai d'agir. Je me levai et d'elle m'approchai à pas de loup. Je me collai à son dos et posai mon menton sur son épaule. Elle continua à se brosser les cheveux comme si de rien n'était. Mes mains passèrent sur son ventre, directement sous son t-shirt. J'en laissai une près de son nombril et remontai l'autre jusqu'à aller caresser son sein gauche. Elle pausa derechef sa brosse et commença à respirer fortement. Plus j'accélérais mes mouvements, plus elle haletait. Je sentais son ventre vibrer. Au bout de quelques instants seulement, elle était totalement en proie au désir, je l'entendais geindre et souffler. Elle pausa une main sur la mienne inactive au niveau de son ventre et la glissa dans le bas de son pyjama, j'entrepris donc de caresser fortement sa petite culotte. Sa main sur la mienne accompagnait mes mouvements. Une fois qu'elle fut assurée que je ne me retirerai pas, elle enleva sa main et alla la poser sur ma joue, derrière elle. J'en profitai pour mordiller le lobe de son oreille, ceci n'étant pas interdit dans nos règles. Puis, elle se retourna violemment et plongea son regard dans le mien. J'avais une folle envie de l'embrasser, on aurait dit que c'était ce qu'elle allait faire, mais nous nous l'étions interdit. J'essayai donc de ne pas y penser. Elle me poussa finalement jusqu'à ce que nous tombions sur un lit. Malheureusement pour elle, ce fut sur le lit d'Octavia que nous nous retrouvâmes, mais il était trop tard pour en changer. Je reconnu son odeur, mais n'y prêtai pas attention, c'était Niylah qui me préoccupait pour le moment. Elle voulut me rendre ce que je venais de lui faire « subir » et, pour cela, entreprit de recouvrir mon corps de petits coups de langues.

Nous dûmes nous caresser, nous toucher, nous lécher, jouer, une bonne heure avant d'arriver à la jouissance, quasiment à l'unisson. Elle se blotti ensuite contre moi comme à son habitude. Cela m'était insupportable tellement cela me déchirait le cœur de l'avoir si proche de moi sans pouvoir lui montrer ce que je ressentais vraiment. Je ne pouvais pas la repousser, j'aimais son corps chaud, essoufflé, nu, contre le mien. Elle me posa soudain une question à laquelle je ne m'attendais pas.

- Tu es amoureuse de quelqu'un, Gaïa ?

Je voulu d'abord répondre que oui, mais je n'aurais pas eu envie de lui dire de qui il s'agissait. De plus, cela aurait mis fin à nos relations sexuelles. Or, c'était tout ce dont je disposai en ce moment, je ne voulais pas tout gâcher.

- Non… Et toi ?

- Non, non, je voulais juste savoir…

- Mais tu sais, on pourrait peut-être essayer de se mettre en couple toi et moi, dis-je au bout d'un certain temps de réflexion, tout en caressant ses cheveux.

- Je ne pense pas que ça soit une bonne idée. J'ai peur que ça détruise notre amitié. Et puis en soi, ça ne changerait pas grand-chose vu qu'on couche déjà ensemble et qu'on se voit déjà 16 h sur 24.

- Oui, tu as sûrement raison, répondis-je penaude en essayant de ne pas fondre en larmes.

- Allez, bonne nuit Gaïa !

- Oui, bonne nuit…

J'étais tombée amoureuse de Niylah trois mois après notre première fois. J'avais pourtant l'impression de souffrir depuis toujours.

Point de Vue Clarke :

Le lendemain, dimanche, après une autre longue grasse matinée, Lexa et moi allâmes nous entraîner seules, entre 14 h 00 et 17 h 00. Comme la veille, nous nous améliorions à chaque tentative. Cette deuxième journée d'entraînement aurait pu être parfaite, mais voilà, un nouvel incident arriva, semblable aux autres et toujours autant perturbant. Cette « bavure », on aurait même pu la prévoir vu la situation. Ce fut donc, évidemment, alors que nous commencions à essayer de courir que Lexa tomba en avant, m'entraînant dans sa chute. La corde, apparemment mal attachée, se desserra, libérant légèrement ma jambe, je me retrouvai ainsi sur Lexa. Je mis quelques secondes avant de comprendre qu'une nouvelle fois, mon visage, non, mes lèvres, étaient toutes proches des siennes. Mon esprit avait envie de crier, je n'aurai jamais dû participer à cette compétition, cela allait forcément créer ce genre de problèmes. Mais voilà, c'était moi qui l'avais embrassée la dernière fois, je n'aurais jamais dû, jamais. Je vis sa tête bouger, mais je ne fis rien, peut-être ne voulais-je pas la blesser.