Nous passâmes l'après-midi dans le parc, où j'en profitais pour leur faire un résumé de la réunion. Puis, comme tous les dimanches, ce fut déprimées que nous remontâmes nous coucher avant d'attaquer une nouvelle semaine de cours.
Une fois dans mon lit, Lexa ronflant gentiment, je me mis à penser. Quel objet allais-je choisir ? J'avais d'abord pensé à la photo, mais elle se rendrait compte de sa disparition et puis cela la dérangerait sûrement. Il n'y avait pas vraiment d'objet qui nous liait, j'avais pensé au réveil que j'avais fait tomber et qui avait provoqué un petit incident entre nous deux, mais elle le remarquerait aussi. Donc, pour le moment, j'avais pensé à la petite peluche qu'elles m'avaient toutes offerte à mon anniversaire. Mais je trouvais cela vraiment nul, j'avais envie de quelque chose d'unique, qui ne nous reliait qu'elle et moi. Il faillait aussi que je trouve un endroit où le cacher. Je n'en avais aucune idée… Nous n'avions pas non plus de lieux en commun… Enfin, j'avais encore assez de temps pour y réfléchir.
Il ne restait plus que deux semaines avant les examens, toutes les élèves commençaient à stresser. Quelques professeurs proposaient à leurs élèves des cours de soutien le soir pour celles qui en avaient besoin, mais nous avions décidé de nous réunir pendant la pause déjeuner pour nous aider mutuellement, dans notre petite bande. Tous les midis, nous mangions en vitesse, puis allions dans notre salle de classe, formions un carré avec les tables au fond de la salle et commencions à travailler. Raven aidait Octavia et Niylah en maths, j'aidais Lexa en espagnol et Gaïa aidait tout le monde en sciences. Ce jour-là, j'aidais Lexa, Gaïa révisait de son côté et les trois autres du leur, mais l'ambiance sérieuse ne dura pas bien longtemps.
- C'est pas si compliqué, là, tu divises, tu prends le résultat et tu le compares avec celui qu'on avait trouvé tout à l'heure, expliquait Raven à Niylah et Octavia.
- Hein, mais pourquoi on divise ? demanda Niylah.
- Y'a pas de pourquoi, répondit Octavia, moi je le fais, du moment que ça marche, hein !
- Bon… Et comment on fait pour comparer ?
Raven se lança dans d'autres explications.
- Aaaaaaah décidément, je ne comprends rien ! s'exclama Niylah en lâchant son stylo et en s'affaissant sur sa chaise.
- Pourtant, ma Raven est une bonne prof ! dit Octavia en tendant ses lèvres pour que sa copine l'embrasse.
- l'Amour te rend aveugle !
- Tu insinues que je suis une mauvaise prof, Niylah ?
- Moins bonne qu'Alie, c'est sûr ! Je suis certaine que je serai une meilleure prof que toi, répondit Niylah sur un air de conflit avec un sourire en coin.
Lexa et moi levâmes nos yeux de nos cahiers pour observer la suite, Gaïa fit de même. Raven se leva, se posta derrière sa camarade et lui souffla au creux de l'oreille :
- N'empêche que sans moi, tu ne réussiras jamais ton épreuve de maths…
Niylah bondit de sa chaise pour faire face à Raven.
- Tu insinues que je suis une incapable ?
- Mais pas du tout, dit l'autre en se regardant les ongles d'un air nonchalant, je dis juste que tu as besoin de mon savoir, je suis quand même la meilleure en maths, enfin, je dis ça !
- Attention, tu prends la grosse tête là !
- Gaïa nous apprend les sciences, Clarke aide Lexa, j'aide en maths, tu aides quelqu'un toi ?
- Hé ! C'est vilain ça ! Lexa non plus n'aide personne ! Oh et ta copine non plus ! Alors, si je suis nulle, elles aussi !
Raven rigola d'un rire forcé, mais ironique, et se rua sur Niylah, quasiment morte de rire, qu'elle plaqua contre la fenêtre.
- On ne touche pas à Octavia ! dit Raven en approchant son visage tout près de celui de Niylah.
Une fois que leurs nez se touchèrent, celle en position de force entama une attaque de chatouilles. Niylah se tordit dans tous les sens et finit à terre, les larmes aux yeux, sans défense.
- C'est… bon… stop, Rav… j'abandonne ! Tu es… la meilleure prof… DU MOOOOOOOOOONDE ! Aaaaaaah ! Pitié, mon dieu, j'ai mal au ventre, aux joues, aaaaaah !
Nous explosâmes toutes de rire et, finalement, Raven arrêta sa torture et aida son adversaire à se relever. Octavia s'approcha de sa copine pour lui sauter dans les bras et la féliciter pour sa victoire. Elles retournaient à leur place, quand Niylah sauta sur le dos de Raven en criant « la vengeance est un plat qui se mange chaud, très chaud ! ». Elles tombèrent à terre et Niylah s'allongea de tout son long sur elle. De ce que j'avais déjà vu, ces deux-là se chamaillaient souvent et Niylah avait l'air de bien aimer immobiliser ses adversaires de cette façon !
- Kiiiiiiiiiiiss ! cria Niylah avant d'écraser ses lèvres sur celles de Raven.
Octavia eut un mouvement de recul tandis que Gaïa se leva de sa chaise. Lexa et moi étions pliées de rire. Une fois que leurs lèvres se décolèrent, Niylah s'assit sur le bassin de son ex-bourreau.
- Victoire de Niylah par intimidation ! Wouhou !
Puis, elle se leva et tendit la main à la vaincue pour l'aider à se remettre sur pied.
- Espèce de folle va ! lança Raven en se réfugiant dans les bras d'Octavia.
Gaïa se précipita sur Niylah et la plaqua contre une fenêtre, décidément.
- Tes lèvres n'ont le droit de toucher que les miennes ! chuchota Gaïa avant d'embrasser doucement sa nouvelle petite amie qui rougit instantanément.
Leur baiser s'éternisa, j'aperçus même quelques mains baladeuses, avant que Raven ne se racle la gorge pour leur faire prendre conscience du public présent. Après quelques excuses et de nouveaux rires, tout le monde se remit au travail.
Nos séances de révisions se déroulaient toujours dans cette bonne ambiance et, malgré les distractions, nous avancions vraiment.
Les deux semaines passèrent bien vite et nous étions déjà le week-end précédant la semaine d'examen. C'était aussi le dernier week-end avant la deuxième épreuve. J'avais presque arrêté mes choix sur l'objet et le lieu. Il ne me restait plus qu'à trouver l'indice à écrire.
Ce samedi soir, j'aidais Lexa en espagnol en révisions de dernières minutes. Elle essayait de faire de son mieux et était réellement concentrée, j'aimais la voir aussi sérieuse dans son travail, on sentait qu'elle voulait réussir. Je lui donnais quelques phrases à conjuguer et la regardai travailler. Elle était sublime quand elle était concentrée, ses lèvres étaient pincées sous l'effet d'une réflexion intense, j'avais envie de les embrasser. Mon regard se posa sur sa cravate et j'eus comme un flash. C'était l'objet idéal ! C'était cette cravate qui nous avait rapproché, bien sûr, je ne pourrais pas prendre la sienne, mais je pouvais me servir de la mienne, nous avions deux cravates chacune, c'était donc un objet parfait. Mais oserai-je ? C'était vraiment un symbole fort, je savais qu'elle comprendrait tout de suite qu'il s'agissait du bon objet et je savais par conséquent quel indice lui donner, mais n'était-ce pas l'inviter à m'embrasser de nouveau ? N'était-ce pas ambiguë ? Oui, je voulais l'embrasser, oui, j'étais sûrement amoureuse d'elle, mais c'était encore trop flou dans mon esprit pour que je m'autorise tout écart. Je devais rester son amie, surtout en pleine compétition, nous n'avions pas besoin de nous prendre la tête. Cependant, la cravate était assurément un objet qui nous ferait gagner.
- J'ai fini ! souffla Lexa en me tirant de mes pensées.
- Fais-moi voir ça, dis-je en me penchant sur sa feuille. Pas mal, pas mal, juste une faute.
Toujours en regardant la feuille, je tâtonnais la table à la recherche d'un stylo, quand ma main rencontra celle de Lexa qui voulait me tendre ledit stylo. Ses mains froides, mais douces, m'électrifièrent. Nous restâmes dans cette position, je fixais nos mains tandis que je sentis son regard se tourner vers mon visage. Le silence était pesant, stressant, mon cœur s'accéléra. J'aurais dû me l'interdire, mais je tournai moi aussi mon visage vers Lexa. Nos regards s'ancrèrent l'un dans l'autre et nos souffles s'accélèrent, rompant le silence. Elle lâcha le stylo et ses doigts glissèrent entre les miens, je la laissais faire, je ne devrais pas… Je déglutis plusieurs fois avant de me rendre compte qu'elle avait posé son autre main sur ma cuisse. Sa main remonta dangereusement, je ne bougeais pas. Ma conscience voulait lui dire d'arrêter, mais mon être désirait Lexa, je ne voulais pas reculer. Sa main se déplaçait lentement et se posa finalement sur ma hanche. À parti de cet instant, son buste bougea et son visage se rapprocha du mien. Comme aimanté, le mien se dirigea vers le sien. Nous étions toutes proches, je sentais son souffle s'engouffrer dans ma bouche, son parfum chatouillait mes narines, mes yeux avaient envie de se fermer. Ma conscience dut reprendre le dessus, car je reculai vivement en me raclant la gorge.
- Je crois que tu es prête pour lundi, on devrait aller se coucher maintenant, il se fait tard, bredouillais-je en me levant brusquement pour m'éloigner encore plus.
Elle ne fit aucune remarque sur ce qui venait de se passer et acquiesça avant de ranger ses affaires, non sans jeter un petit regard à la photo d'elle et de sa jumelle, ce qui m'irrita et me fit serrer un poing. Au final, nous nous couchâmes sans un mot.
Point de Vue Octavia :
Encore un samedi soir. J'attendais toujours les samedis et mercredis avec impatience, trouvant toujours que le temps ralentissait vers la fin. C'était LE moment où nous nous retrouvions toutes les deux. Certes, nous nous voyions toute la journée, mais ces soirs-là, il n'y avait que nous. Raven et Octavia. Enfin, malheureusement, ce soir, j'avais une fièvre d'enfer, je grelottais alors qu'il faisait plus de vingt-cinq degrés à l'intérieur. Autant dire que je n'étais pas apte à passer une nuit d'amour, je m'en voulais d'être malade justement un samedi soir.
J'avais pris péniblement ma douche et j'étais maintenant allongée dans mon lit, blottis dans les draps, en attendant que Raven sorte de la salle de bains. Je somnolais lorsque j'entendis la porte s'ouvrir doucement laissant apparaître ma copine en nuisette, les cheveux enroulés dans une serviette qu'elle retira et posa sur le dos de ma chaise, nous étions dans le pavillon mauve cette fois.
- Ça va mieux, O' ? me demanda Raven en s'asseyant sur le rebord de mon lit.
- Je sais pas trop, j'ai un de ses mal de tête… Et merde ! J'ai froid !
Elle sourit, étouffa un petit rire et souleva les draps pour se glisser à mes côtés. Son corps était chaud, elle passa un bras autour de mes épaules et je me sentis tout de suite mieux. Elle chercha ma bouche avec la sienne, mais je tournai la tête.
- Ce serait bête que tu tombes malade, lui dis-je.
- Eh bien comme ça on restera au lit toutes les deux ! répliqua-t-elle en tenant mon visage pour que, cette fois, je n'échappe pas à son baiser. J'ai un remède pour ce que tu as, ajouta-t-elle.
- Ah ?
- Il parait que faire l'amour réduit le mal de tête.
- Sauf que je ne me vois pas bouger là !
- Mais qui a dit que tu avais à bouger ? dit-elle avec un regard taquin.
Elle plongea de nouveau sur mes lèvres et, pendant qu'elle m'embrassait - j'avais du mal à suivre le mouvement - une de ses mains descendit sur ma poitrine. J'étais allongée sur le dos et elle sur le côté, j'étais donc une proie parfaite. Elle lâcha ma bouche pour me laisser remettre ma tête à plat, il était vrai que je commençais à avoir mal au cou, puis elle plaqua son front contre ma joue. Sa main caressait doucement ma poitrine, mais je sentais déjà l'excitation monter. Mon souffle s'accéléra et elle décida de passer sa main sous mon haut de pyjama, que j'avais revêtu, car il me tenait plus chaud que ma nuisette. Elle décolla son front de ma joue pour venir me mordiller le lobe de l'oreille, ce qui me tira un petit cri aigu.
Longtemps après, alors que je devais être rouge de plaisir, que mes mains agrippaient le drap et que j'avais complètement oublié ma fièvre, elle abandonna ma poitrine pour descendre sa main entre mes jambes. Au moment où ses doigts chauds entrèrent en contact avec mon sexe, je tournai la tête, cherchant son regard. Je ne pus pas plonger longuement mes yeux dans les siens, car un désir grandissant entraîna mes lèvres sur les siennes. Raven me mordillait les lèvres tandis qu'en bas, sa main s'amusait. La fièvre me faisait perdre la notion de l'espace, j'étais là, dans les bras de la femme de ma vie, mais je n'avais pas l'impression d'être consciente, mon désir était grand, peut-être renforcé par ma sensation de non-présence, mais lorsque j'arrivai au septième ciel, ce fut magnifique. J'aurais même presque eu envie d'être malade plus souvent. Elle remonta sa main pour la poser sur mon ventre et enfoui son nez dans mon épaule.
- Je t'aime, Raven, réussis-je à chuchoter avant de fermer les yeux.
- Mon amour…
Je m'endormis assez rapidement, presque coupable de la laisser en plan. Elle avait eu raison, je n'avais plus mal à la tête.
Point de Vue Clarke :
La semaine d'examen commença par l'épreuve d'espagnol. Ce n'était pas vraiment dur pour moi étant donné mon assez bon niveau, mais je jetais parfois des coups d'œil à Lexa et je voyais qu'elle avait l'air de galérer un maximum. Pourtant, à la fin de l'épreuve, elle m'annonça qu'elle était fière d'elle et qu'elle aurait sûrement une bonne notre grâce à moi. C'était définitivement une battante.
Nos révisions communes m'avaient semblé avoir porté leurs fruits, car cette semaine d'examen se passa pour le mieux. Je n'eus pas l'impression de tomber sur des questions trop dures ou incompréhensibles.
La semaine passa extrêmement vite, nous étions déjà jeudi soir, en train de dîner, à la veille de la dernière épreuve, épreuve de maths.
- Aaaaaah le plus dur est passé ! cria presque Lexa en s'étirant.
- Parles pour toi ! répondit Niylah.
- Ah oui, excuse-moi, j'avais oublié que tu étais nulle en maths !
- Hé oh, tu es aussi nulle en espagnol que moi en maths ! Et puis je ne suis pas la seule à redouter cette épreuve, hein, Octavia ? Soutiens-moi !
- Mais oui ! Mais demain, je vais mourir, c'est pas possible ! Déjà qu'une heure de maths, je ne supporte pas, mais alors là, 3 h 00 d'épreuve, je ne vais jamais y arriver ! Je suis trop nulle ! répondit Octavia sur un ton désespéré.
- Mais Raven vous a donné des cours, dit Gaïa, ça devrait aller quand même.
- Contrairement à ce que dit Niylah, je ne suis pas une mauvaise prof, renchérit Raven, donc oui, ça devrait aller, je pense que vous obtiendrez au moins la moyenne.
- Les cours de Clarke m'ont bien aidée pour l'espagnol, alors ça devrait aller pour vous aussi ! Puis, au pire, vous irez au rattrapage, c'est pas la mort !
- Ah non ! Je ne veux pas passer une semaine en moins aux côtés des Raven, lança Octavia en s'agrippant à sa petite amie.
- Hé ! Moi non plus, je ne veux pas perdre mon temps à tes côtés, Octavia ! Je te signale que je dois aussi passer cet été avec ma copine, mmh ! Moi, Niylah Murphy, jure de réussir l'épreuve de maths ! Pour honorer mon professeur Raven Rayes, qui, je dois bien l'avouer, m'a quand même vachement aidée, mine de rien…
- Mine de rien ? la coupa Raven.
- Et je jure même d'avoir plus que la moyenne et ainsi pouvoir profiter de toutes mes vacances ! reprit Niylah en balayant la remarque de Raven d'un geste de main.
- Arrête Niylah, réussis-je à placer entre deux rires, Gaïa va finir par s'évanouir !
En effet, cette dernière était rouge de honte, à la fois gênée et heureuse, sans doute, d'entendre ces paroles sortir de la bouche de la fille qu'elle aimait. Toute la tablée s'esclaffa.
- De plus, après les examens, ce sera la deuxième épreuve ! lança Raven après un petit moment.
- Oh oui ! J'ai hâte de savoir quel objet tu as choisi, Clarke ! s'enthousiasma Niylah.
J'avais finalement arrêté mon choix sur une de mes cravates. Cela mettrait peut-être un peu de doute dans notre relation, mais j'étais sûre que c'était le bon objet. Pour le lieu, je m'étais aussi décidé, je savais qu'elle le trouverait rapidement, nous étions ainsi sûres d'être qualifiées pour la troisième épreuve. J'avais pris goût à cette compétition.
- Vous verrez bien dimanche ! répondis-je en lançant un regard à Lexa.
- Je ferais de mon mieux ! dit ma coéquipière.
- Vous êtes les meilleures de toute façon !
- N'en soit pas si sûre, Gaïa. Luna et Emori sont coriaces ! lui appris-je.
- Non, moi, je suis d'accord avec Gaïa ! On va toutes les doubler ! lança Lexa triomphalement en passant un bras sur les épaules de Gaïa, placée à côté d'elle.
Nous finîmes le repas dans cette bonne ambiance.
Pendant que Lexa prenait sa douche, je décidais d'écrire l'indice sur le papier prévu à cet effet. Je le glisserai ensuite dans la poche intérieure de mon sac et le garderai précieusement jusqu'à dimanche. Je voulais l'écrire maintenant pour être sûre de ne pas l'oublier.
Ce fut donc ravie et satisfaite que j'allai me coucher. J'étais enfin prête pour l'épreuve de dimanche et demain était enfin le dernier jour des examens, annonçant avec lui les merveilleuses vacances d'été. Vacances pendant lesquelles j'allais enfin revoir ma famille et mes anciens amis.
