J'étais assise dans le train côté fenêtre et je regardais les près défiler. Plus on s'éloignait de la capitale, plus les buildings se faisaient rares, laissant place à la verdure. Mes parents m'avaient averti qu'ils ne seraient pas là le jour de mon arrivée et que je ne les verrais que le jeudi. Tant pis, un jour de plus ou de moins, cela ne changerait pas grand-chose.
Une fois arrivée à la gare, il ne me restait plus qu'à prendre un bus jusqu'à ma ville natale en bord de mer. Je fus chez moi en un rien de temps. Contente de retrouver mon chez moi, je m'affalai sur le canapé du salon. Ma maison était assez grande, deux étages, salon, cuisine et terrasse en bas, chambres et salles de bain à l'étage. Mon ventre gargouillant me leva du canapé et j'allais préparer à manger. J'en avais perdu l'habitude, mais c'était comme le vélo, cela ne s'oubliait pas. Je me fis quelque chose de relativement simple, un curry déjà à moitié préparé, que je mangeais en vitesse avant de monter ma valise et d'aller me laver. Une fois propre, je me jetai sur mon lit, il faisait trop chaud pour sortir aujourd'hui et puis je n'en avais pas vraiment envie. Ce fut seule, dans la chaleur presque étouffante, que je me remémorai la scène de la veille au soir.
Je décidais de ne pas bouger, je ne voulais pas lui dire, lui montrer, ce que je ressentais, je voulais encore garder ma carapace. La distance qui nous séparait s'amoindrit encore et bientôt, je sentis son souffle chatouiller mes narines. Je n'attendais qu'une chose, qu'elle dépose ses lèvres contre les miennes, pour que je goûte à son haleine sucrée. Une fois que son nez frôla le mien, je fermai les yeux en attente d'un baiser. Comme je l'espérai, je sentis sa bouche se coller délicatement sur la mienne. Elle recula de quelques millimètres pour mieux emprisonner mes lèvres et passa un de ses bras autour de ma taille. Nos langues commençaient à peine à se rencontrer quand, brusquement, elle emprisonna mes mains, les fit passer au-dessus de ma tête et me poussa contre le mur deux mètres derrière moi. Mon dos heurta presque violemment la paroi, mais je ne fis aucune remarque, trop occupée à jouer avec sa bouche. Je caressais son dos quand elle passa sa main droite sous mon haut de pyjama pour caresser mon ventre. Son autre main, toujours enlacée dans la mienne, se dénoua pour venir caresser mes fesses.
Mon esprit était dans un état de bonheur total, je ne voulais pas la repousser, enfin, je n'étais pas assez consciente pour le faire, même si je savais que nous allions trop loin, je ne pouvais pas, psychiquement, la repousser. Lexa voulut retirer mon t-shirt et je la laissai faire. Je me retrouvai donc en soutien-gorge devant elle, mais de mon côté, je n'osai pas la toucher. Son corps était trop précieux à mes yeux pour que je m'y aventure comme cela, si facilement, si aisément. Sa langue quitta à regret ma bouche et elle descendit léchouiller mon menton, mon cou, puis finit par atterrir tout près de ma poitrine. Ses mains filèrent dans mon dos et dégrafèrent mon soutien-gorge. Il glissa lentement tandis qu'elle entreprit de lécher aussi cette partie de mon corps. Je commençais à gémir quand j'eus un déclic. Qu'étais-je en train de faire ? J'étais en train de me laisser faire, même si je rêvais de son corps, je ne voulais pas que cela se passe comme cela, nous étions amies, pas en couple, même si Niylah et Gaïa avaient commencé de cette manière, je ne le voulais pas. J'arrêtai immédiatement de gémir et essayai de m'extirper des mains de Lexa. Je me laissai glisser sur le sol et, pendant que Lexa essayait de comprendre ce qu'il se passait, je me faufilai sur le côté et récupérai au passage mon haut de pyjama que j'enfilai prestement.
- Pardon, Lexa, je… je n'aurais pas dû te laisser aller si loin… Je ne t'ai pas repoussée à temps, pardonne-moi, bafouillai-je pendant qu'elle reprenait ses esprits.
- On n'est pas obligées d'aller jusque-là si tu n'en as pas envie.
Je n'avais pas bien compris le sens de cette phrase. Pendant que j'essayai de la décrypter, elle avança vers moi et m'offrit un nouveau baiser que je m'empressai de refuser en la repoussant assez violemment.
- Tu n'as pas compris, je n'ai pas envie de ça non plus !
- Mais alors pourquoi tu te laisses faire à chaque fois ?! répondit-elle en s'énervant. Y en a marre à la fin, il faudrait savoir ce que tu veux ! Si tu ne veux pas de moi, alors arrête de me chauffer ! Repousse-moi tout de suite au lieu d'accepter mes baisers ! En faisant cela, tu me laisses espérer inutilement !
Justement, j'avais vraiment envie de ses baisers, mais je ne voulais pas être avec elle maintenant, pas comme cela, pas tout de suite, pas tant que je ne serais pas assurée de la véracité de ses sentiments, et encore fallait-il qu'il y en ait des sentiments. Je voulais savoir exactement quelles étaient les relations qu'entretenaient Costia et Lexa avant de me laisser faire comme une cruche. Maintenant voilà qu'elle criait sur moi, me faisant des reproches alors que c'était elle qui m'embrassait. Je ne pus retenir mes larmes et me précipitai hors de la chambre en claquant la porte. Je l'entendis crier mon prénom, sans doute pour me rattraper, mais je n'en fis rien. Il était près de minuit et les couloirs étaient d'une noirceur épouvantable. Je dévalai les escaliers et sortis du bâtiment toujours en courant. Je courrais sans vraiment de but précis et, lorsque je m'arrêtai et que je me rendis compte où j'avais atterri, j'eus envie de hurler.
Oui, la Fontaine aux Orchidées, où d'autre ? Où d'autre mon subconscient aurait-il pu me mener ?! Épuisée, je décidai quand même de m'asseoir sur le rebord en marbre au bord de l'eau. Heureusement, il faisait chaud en cette époque de l'année, sinon j'aurai vite pris froid. J'avais bien l'intention de rester ici un bon moment, hors de question que je recroise Lexa de sitôt, heureusement, je partais en vacances le lendemain. Il allait quand même bien falloir que je repasse dans la chambre, enfin ce n'était pas le problème pour l'instant. Mon esprit s'embruma soudainement et la scène qui venait de se passer défila devant mes yeux à toute vitesse. Nous étions allées si loin ? Elle… Elle m'avait… Je ne voulais même pas y penser. Je m'étais laissé faire, bêtement laissé faire, parce que je me sentais bien entre ses doigts. Ça n'allait pas du tout, je ne devais pas être comme ça, un peu de force bon sang ! Je ne devais pas me laisser faire si facilement ! En tout cas, cette situation m'avait confirmée une chose, j'étais définitivement amoureuse d'elle. Je ne pouvais plus le nier à présent. Moi qui avais toujours pensé que l'Amour rendait heureux, depuis le début, je n'arrêtai pas de souffrir. Ma vie n'avait jamais été aussi triste que depuis que j'avais rencontré Lexa. Enfin non, je ne m'étais jamais autant amusé, mais lorsque je pensais à Lexa, mon cœur souffrait. Tous ces sentiments contradictoires, j'avais envie de la serrer dans mes bras et pourtant je la repoussais à chaque fois. Il devrait vraiment y avoir quelque chose qui clochait chez moi… Mes larmes commencèrent à couler et eurent un mal fou à s'arrêter.
Je m'endormis et ne me réveillai que lorsque le soleil pointa le bout de son nez. La nuit n'avait pas été si chaude que cela, je frissonnai et mes vêtements étaient froids. Je me secouai pour me remettre les idées en place, ma montre indiquait 5 h 00 du matin. Je me dirigeai d'un pas lent vers le dortoir, j'espérais qu'à cette heure-là, Lexa dormirait encore, je pourrais ainsi partir sans lui dire au revoir. Ma valise était déjà faite depuis deux jours, il ne me restait plus qu'à me laver, m'habiller et partir. Lorsque je pénétrai dans notre chambre, lexa dormait à poings fermés, assise sur le sol, la tête enfouie dans ses bras croisés sur mon lit. Je ne me posai pas plus de questions et filai sous la douche. Je fis au plus vite, empoignai ma valise et sortis aussi vite de la chambre que j'y étais entrée.
Une fois hors du dortoir, j'avais foncé vers la sortie et pris le premier bus qui m'avait conduit directement à la gare.
Le soir se passa normalement, je me refis à manger et me couchai tôt pour rattraper ma nuit de sommeil ratée de la veille. Le lendemain matin, mes parents arrivèrent et nous nous retrouvâmes dans une ribambelle de câlins et salutations. Comme pour les dernières vacances, ma mère avait préparé mon plat préféré pour le dîner, qui m'aida à oublier toutes ses pensées qui m'envahissaient l'esprit : Lexa et la compétition. Je voulais mettre tout ça de côté pour passer des vacances calmes et tranquilles.
Le jour suivant, j'avais rendez-vous près de la plage avec mon ancienne bande d'amis. À cause des décalages de vacances, je n'avais pas pu les voir la dernière fois, cela faisait donc presque six mois que je ne les avais pas vus, ce fut avec une boule au ventre que je partis, à vélo, en direction du littoral. Aujourd'hui, il devait y avoir mes deux meilleures amies, celles avec qui j'avais passé toute mon enfance, Diana Sydney et Callie Cadogan, et mon ex petit ami, Finn Collins. J'appréhendais surtout de le voir lui, nous ne nous étions pas vraiment quittés, il m'avait simplement paru logique et raisonnable que notre relation soit finit étant donné que je quittais la campagne pour la capitale. Je me demandais s'il pensait la même chose. Comment allait se passer notre rencontre ? Enfin, tant que Callie et Diana seraient dans le coin, tout devrait aller.
Quand j'arrivai à la plage, Callie était déjà là, elle me sauta au cou et me serra longuement dans ses bras.
- Claaaarke ! Ça fait un bail ! Tes cheveux ont poussé ! T'es magnifique comme ça ! Heureuse de te voir !
- Toi, par contre, tu les as coupés, c'est pas mal aussi ! Je vois que Diana est fidèle à elle-même, toujours en retard.
Nous rigolâmes et, quelques minutes plus tard, Diana et Finn arrivèrent ensemble. Les salutations furent plus brèves qu'avec Callie, puis nous allâmes nous installer en terrasse d'un café du bord de mer. L'ambiance me paraissait tendue, surtout entre Finn et moi. Nous ne nous parlions pas vraiment et nos regards ne se croisaient presque jamais. Alors que nous nous apprêtions à nous lever pour aller nous installer sur la plage, je pris la direction des toilettes, seule, enfin, j'avais cru. En sortant de la cabine pour me laver les mains, j'aperçus Finn dans l'entrebâillement de la porte. Quand nos regards se croisèrent dans le miroir, il entra et ferma la porte derrière lui.
- Ça va, Clarke ? demanda-t-il le plus naturellement du monde.
- B-Bah oui !
- Je ne sais pas, tu ne me parles pas, ne me regarde pas, il y a un problème ?
- Aucun ! Je n'en vois aucun ! C'est juste que toi et moi, avec la distance, ben, tu vois quoi, on s'est éloignés, c'est plus pareil…
- Tu penses ? Tu crois qu'on aurait une deuxième chance ?
- Non…
Je voulu sortir des toilettes en le contournant, mais il me barra le passage, m'attrapa le bras et me plaqua contre le mur opposé.
- Allez, on était bien ensemble, non ? On a vécu de bons moments, on rigolait bien tous les deux, on s'aimait bien ! dit-il en approchant dangereusement son visage du mien.
J'avais clairement compris qu'il allait m'embrasser, mais je n'en avais nullement envie. J'étais déjà en bataille avec mes sentiments envers Lexa, je n'avais pas la tête à la gérer lui aussi.
- Eh bien, toute bonne chose à une fin, lançai-je en essayant de m'extirper de son emprise.
Il resserra la prise qu'il avait sur moi et posa durement ses lèvres contre les miennes. J'essayai de le repousser, mais en vain, il était bien plus fort que moi. Il s'était emparé de mes lèvres et je ne pouvais rien y faire. Cela ne me rappelait pas les moments que nous avions passés ensemble, je l'avais connu doux et charmant, là, il était juste brut et macho. Soudain, il plaqua son corps tout entier contre le mien et je pus sentir son membre en érection à travers son pantalon. J'essayais de crier, mais avec lui contre moi, on ne m'entendait pas. Les larmes me montaient aux yeux, j'avais envie de hurler, de le frapper, mais j'étais immobilisée, impossible de faire quoique ce soit. Me rendant compte que j'étais à sa merci, je me mis à pleurer à chaudes larmes, rien ne semblait l'arrêter. Une de ses mains se posa sans précaution sur ma poitrine, mes yeux se fermèrent sous le dégoût. Je ne voulais pas qu'il me touche ainsi, mais impossible de lui dire stop. Il allait passer sa main sous mon t-shirt quand la porte des toilettes s'ouvrit. Lui ne dut pas l'entendre, alors que je m'en rendis compte tout de suite. Diana venait d'entrer dans les toilettes. Elle se précipita sur Finn en lui criant de me lâcher et lui envoya une gifle monumentale qui le fit tituber. Je me jetai dans ses bras pour pleurer.
- Je me disais bien que vous mettiez du temps tous les deux. Finn, tu veux bien m'expliquer ce que tu essayais de faire au juste ? Tu sais quoi, ne prends pas la peine de me répondre, je croyais que toi et moi, on sortait ensemble, que tu avais tiré un trait sur Clarke, et là je vois quoi ? Que tu essayes de violer ma meilleure amie dans les toilettes ! Oublie-moi, oublie-nous, Finn, et ne t'avises plus jamais de croiser nos chemins !
Finn resta cloué sur place en se frottant la joue et Diana m'emmena hors du bar. Elle expliqua brièvement la situation à Callie tout en essayant de me consoler.
Nous nous baladâmes sur les bords de la plage pour me calmer un peu et, au bout d'une heure, j'avais arrêté de pleurer. Finalement, elles décidèrent de me raccompagner chez moi et je restai le reste de l'après-midi dans ma chambre, allongée sur mon lit à regarder le plafond. Comment, comment jusque-là, j'avais pu aimer les hommes ? Rien que cet incident me prouvait que ce n'était pas ce que je recherchais. D'accord, ils n'étaient pas tous comme cela, mais je recherchais beaucoup plus de tendresse que ce qu'un homme pouvait m'en fournir, me semblait-il. Alors, Lexa, avais-je une chance avec elle ? Devrais-je tenter quelque chose et arrêter de fuir à chaque instant ? La prochaine fois qu'elle m'embrassera, je devrais plutôt aller jusqu'au bout à la place de fuir. M'embrasserait-elle à nouveau après l'incident de la dernière fois ?
Je m'endormis en me posant de plus en plus de questions, devenant de plus en plus troubles.
Point de Vue Niylah :
Nous étions la veille des rattrapages. Cette semaine, malgré les révisions, avait été la plus belle de toute mon existence. J'avais passé tout mon temps avec Gaïa. Octavia et Raven étant parties, nous avions pu dormir dans la même chambre toutes les nuits. En cette veille d'examens, j'étais allongée nue dans ses bras après avoir fait l'amour, nous parlions :
- Merci de m'avoir aidé à réviser, Gaïa, je suis sûre que je vais réussir mes rattrapages !
- Mais de rien ! Et tu as intérêt ! dit-elle en me décoiffant le haut du crâne.
- Aaah… Je me demande encore comment j'ai fait pour ne pas me rendre compte plus tôt que j'étais amoureuse de toi. Maintenant, c'est une évidence ! Je t'aime ! Tout ce temps qu'on a perdu…
Un joli rire émana de ses lèvres et elle plongea son regard dans mes yeux avant de m'embrasser tendrement.
- Ne t'en fais pas, on va pouvoir rattraper le temps perdu, j'ai appelé mes parents, ils sont d'accord pour que je passe le mois de vacances chez toi dans ta famille, m'apprit-elle, son nez collé contre le mien.
- C'est vrai ?! C'est super ! Aaah ! On va pouvoir passer tout notre temps ensemble, comme un vrai couple ! J'ai hâte, j'ai hâte, vite, les examens doivent passer vite ! Avec cette bonne nouvelle, je suis sûre de réussir !
Je ne pus pas résister et me mis à califourchon sur elle pour l'embrasser fougueusement.
Le lendemain, mes examens se passèrent merveilleusement bien, nous devions avoir les résultats dans la soirée et ce fut avec joie que Gaïa et moi découvrîmes que j'avais passé les rattrapages avec succès, 70 sur 100, je ne pouvais pas espérer mieux. Ce fut le cœur remplit de joie et main dans la main avec Gaïa que je partis profiter de mes vacances d'été de ma deuxième année de lycée.
Point de Vue Raven :
Comme mes parents étaient en voyage d'affaires, entre autre la raison pour laquelle ils m'avaient envoyée à l'internat, Octavia et moi passions nos vacances dans ma maison en bordure de la ville. Nous étions déjà le lundi 17 août, il ne nous restait qu'une semaine de vacances. Nous avions fait toutes les activités possibles et imaginables à faire en couple : parcs d'attractions, plages, piscines, restaurants, sorties en ville, traîner à la maison toute la journée. Nos trois dernières semaines s'étaient magnifiquement bien passées et la dernière s'annonçait tout aussi merveilleuse. Je n'avais jamais été aussi bien avec Octavia qu'à cet instant. Je l'aimais de toute mon âme et, pourtant, j'avais l'impression de ne pas le lui faire ressentir assez. Nous nous prélassions au soleil sur deux transats sur ma terrasse quand je lui posai cette question :
- Octavia ? Parfois, est-ce que tu n'as pas l'impression que je t'aime moins que tu m'aimes toi ?
- Qu'est-ce que tu racontes ? réagit-elle en baissant ses lunettes de soleil pour me regarder par-dessus.
- Je veux dire, moi, j'ai bien conscience que tu m'aimes, tu arrives à me le faire ressentir, mais de mon côté, j'ai l'impression de ne pas y arriver, comme si je n'arrivais pas à extérioriser à fond, et j'ai peur que tu ne te sentes pas assez aimé…
Cette fois-ci, elle enleva carrément ses lunettes qu'elle pausa sur la petite table entre nos deux transats, se leva et vint s'asseoir au bout du mien. Elle posa sa main sur mon pied tout en parlant.
- Écoute, jamais, non jamais, je n'ai pensé que tu ne m'aimais pas. Chaque moment passé avec toi est du pur bonheur, jamais je n'ai eu l'impression de t'aimer plus, ou si c'était le cas, ça ne m'aurait pas gênée. Je sais que tu m'aimes et j'aime te rendre ces sentiments en retour. Ne te tourmente pas la tête avec ça mon amour, je sais ce que tu ressens pour moi, car je ressens exactement la même chose pour toi, alors oublie ces pensées stupides et contente-toi d'être toi-même, veux-tu ?
Son discours m'avait serré les entrailles, comme si ses mots m'avaient transpercée. Je fus secouée d'un spasme et me jetai en avant pour l'embrasser. Sous la surprise, le bras avec lequel elle tenait en équilibre céda et elle manqua de tomber au sol. Par chance, je pus la rattraper, nous nous fixâmes et éclatâmes de rire tout en nous levant. Nos rires s'arrêtèrent sec et nous plongeâmes notre regard dans celui de l'autre. Nos bouches se rencontrèrent de nouveau fougueusement et nos quelques habits finirent bien vite au sol.
- On va faire ça ici, sur ta terrasse ? me demanda Octavia tout en lorgnant mes seins avec envie.
- J'ai déjà vérifié par le passé, aucun voisin ne peut voir ma terrasse, ni les passants dans la rue.
- Tu as vérifié ?
- Mmh, disons que je me suis déjà adonnée à des plaisirs solitaires en plein été lorsque mes parents n'étaient pas là…
- Dans le jardin ?!
- Hé chacune ses envies ! répondis-je en rougissant.
- Ne sois pas gênée ma puce ! Tu veux qu'on soit à égalité ? Je l'ai déjà fait dans des toilettes publiques parce que je ne pouvais plus me retenir…
- Je ne sais pas pourquoi, mais cela ne m'étonne même pas !
Nous rigolâmes une nouvelle fois, puis elle fonça sur ma poitrine qu'elle attendait avec impatience. Doucement, nous nous allongeâmes par terre, Octavia sur moi. La dalle était brûlante, mais c'était plutôt agréable. Elle s'occupait de mes seins pendant que j'essayais de lui caresser les cuisses et les fesses. Sans doute la chaleur, mais nous gémissions plus fort que d'habitude. J'avais vérifié notre visibilité, mais pas notre isolement sonore. Oh et puis zut, je n'avais pas la tête à penser à cela.
Pendant qu'elle me mordillait les tétons, elle descendit sa main entre nos deux corps. D'abord, elle caressa doucement mon entre jambes, puis y alla franchement et m'introduisit deux doigts. Avec son pouce, elle essayait de titiller mon clitoris, mais elle avait un peu de mal. Je n'aimais pas trop ce système du « chacune son tour », alors j'essayai moi aussi d'imposer une main entre nous deux. L'accès y était assez compliqué. Nos bouches se décolèrent et elle me regarda en souriant. Nous avions dû penser à la même chose en même temps, car elle se releva, m'aida à m'asseoir et cala ses jambes entre les miennes. Nos deux sexes entrèrent en contact et un souffle suivit d'un magnifique gémissement lui échappa, je me précipitais pour m'emparer de ses lèvres comme pour avaler ses plaintes. Nos corps bougeaient doucement à l'unisson, j'avais envie que ce moment dure à jamais, nos deux corps soudés ensemble, parfaitement ancrés l'un dans l'autre, nos deux bouches en harmonie l'une avec l'autre. Nous restâmes dans cette position longuement, ce qui me parut une éternité, mais en même temps trop court, avant d'atteindre la jouissance avec quelques secondes d'intervalle. Pour reprendre nos souffles, nous nous allongeâmes côte à côte sur le sol bouillant, main dans la main. Nous regardions le ciel.
- Tu pensais à quoi au juste, ce jour dans les toilettes ? demandai-je par curiosité.
- Tu connais la réponse non ? À toi…
Je pensais qu'elle dut rougir. Nous ne décollâmes pas nos regards du ciel et nos mains se dirigèrent vers le sexe de l'autre. Nous nous caressions doucement tout en admirant le bleu du ciel aveuglant.
- Et toi, dans ton jardin ? me demanda ma moitié entre deux gémissements.
- C'était bien avant de te rencontrer… Mais j'avais déjà des penchants homosexuels, j'imaginais une jolie fille, grande, brune avec des yeux d'un noir intense, qui s'approchait de moi… Je te laisse imaginer la suite.
- J'imagine très bien, répondit-elle en gémissant et en rigolant.
Nos mouvements respectifs se firent plus pressant. En accélérant, c'était comme si nous voulions que l'autre accélère, en somme, pas vraiment une scène d'amour, mais plutôt de masturbation, toujours était-il que cela restait très agréable. Cette fois, ce fut Octavia qui atteignit le septième ciel avant moi. Je continuai de la caresser tendrement tandis qu'elle activa les mouvements à mon égard. Je dus griffer le sol lorsque je jouis, mais ni mes doigts ni le sol brûlant ne s'en souvinrent.
