Point de Vue Lexa :

Le néant. C'est ce que j'avais ressenti pendant ce mois de vacances d'été. La rentrée était dans trois jours, cela faisait vingt-trois jours que Clarke et moi nous étions… embrassées ? Disputées ? Que nous avions… avancées ? Reculées ? Je ne savais même plus comment définir ce qu'il s'était déroulé. Je passais mes vacances chez moi, mais de toute façon, je n'aimais plus ma maison depuis que Costia avait disparu. J'avais horreur de venir ici, mais j'étais bien obligée, je ne voulais pas déranger les autres… Heureusement, mes parents n'étaient pas là, je disposais donc de tout l'espace et de la liberté que je souhaitais. J'étais restée enfermée à l'intérieur tout l'été. Paradoxale, cette maison me faisait horreur, mais je ne voulais pas quitter ses murs. J'avais ruminé tous mes mauvais sentiments, me demandant encore et encore pourquoi Clarke me repoussait toujours alors que j'avais fait attention, que je veillais qu'elle soit « partante ». Ou bien peut-être étais-je nulle pour détecter ce genre de chose ?

J'avais l'impression d'avoir le cœur brisé une deuxième fois. Je n'étais pourtant pas encore tout à fait sûre de mes sentiments envers elle. Je l'aimais, c'était sûr, mais de quelle façon, je ne le savais pas encore. J'avais envie de la protéger et de l'avoir à mes côtés, mais cela ne ressemblait pas encore à ce que j'avais déjà ressenti dans le passé.

Pendant tout ce mois, j'avais ruminé. Une part de moi semblait détruite et plongée dans le noir total, comme si Clarke m'avait anéantie. J'avais détesté qu'elle me repousse. Je devrais aller m'excuser à la rentrée, mais j'avais terriblement peur de sa réaction. Et si elle demandait à changer de chambre ?! Il fallait que je me prépare à l'affronter. Réfléchir quand vous êtes détruit de l'intérieur n'est pas chose facile. Finalement, j'avais décidé d'improviser, à quoi bon préparer des excuses vaseuses alors que quand je serais en face d'elle, je perdrais tous mes moyens. Je trouverais bien quelque chose et, avec un peu de chance, ce serait elle qui me parlerait en premier.

Malheureusement, je passais aussi la moitié de mes vacances à penser à Costia. J'errais dans cette maison en l'imaginant dans telle ou telle pièce, je me remémorai encore et encore le jour de sa disparition, j'essayai de comprendre pourquoi Raven n'avait jamais voulu nous raconter ce qu'il s'était passé dans le bus. J'essayai de me rappeler son dernier sourire, de la dernière fois que j'avais vu son visage. Plus le temps passait, plus je l'oubliais. Je me détestais, je détestais oublier une chose aussi importante, dès que j'essayais de m'en souvenir, les larmes montaient automatiquement. J'avais pensé plusieurs fois au suicide, à quoi bon vivre dans un monde où Costia n'existait plus ? J'avais cependant des amies extraordinaires qui m'avaient maintenue en vie. Depuis que Clarke était arrivée, je me sentais bien mieux, sauf que j'avais l'impression de tout gâcher, pourquoi l'amour était-il si compliqué ?

Point de Vue Clarke :

Mon mois de vacances se passa relativement bien, j'avais essayé de mettre de côté la mauvaise aventure que m'avait fait vivre Finn et j'avais essayé de profiter au maximum des sorties entre amies, de la plage et de toutes les autres activités estivales. J'en avais même oublié Lexa, jusqu'à ce que je m'installe dans le train du retour. Notre dispute avait eu lieu un mois auparavant et nous ne nous étions pas reparlées depuis. Je me demandais vraiment ce qui allait se passer à mon retour. C'était à moi de m'excuser, non ? Je m'étais enfuie… Oui, enfin, c'était quand même elle qui… Non, je ne lui avais jamais demandé d'arrêter, c'était donc bien à moi de m'excuser.

Nous étions dimanche soir et j'arrivai à l'école vers 20 h. En me dirigeant vers le dortoir tout en traînant ma valise, je rattrapai Niylah et Gaïa.

- Hey, Clarke ! me lança Gaïa. Alors, ces vacances ?

- Géniale, mentis-je, et vous ? Niylah, et le rattrapage ?

- J'ai eu 70 sur 100 ! m'apprit-elle, un énorme sourire aux lèvres.

- Eh bien ! Félicitations ! répondis-je tout en continuant d'avancer à leurs côtés.

- Qu'est-ce que t'as fait pendant ce mois d'été, Clarke ? demanda Gaïa.

- J'ai profité de mes parents et de mes amis de collège ! On est allées à la plage, au parc d'attraction, des trucs banals quoi ! Et vous deux ?

- Finalement, Gaïa a pu venir chez moi, alors bo,n disons qu'on a aussi fait des trucs banals, mais à deux !

Je rigolai doucement et nous continuâmes à parler de nos vacances, quand nous arrivâmes dans le hall du dortoir. Nos yeux se dirigèrent machinalement vers le panneau d'affichage, mais il n'y avait rien de nouveau.

- Vous savez si Lexa est rentrée ? demandai-je, un peu stupidement.

- Mmh non, répondit Niylah, mais en général, elle rentre entre 19 h et 21 h.

- D'accord, merci !

Nous montâmes et, en haut de l'escalier, les deux tourterelles se quittèrent dans une ribambelle de bisous chaleureux qui me fit sourire et me serra le cœur en même temps. Je me stoppai devant la porte de notre chambre. Si Lexa était déjà là… Ah ! Il allait falloir que j'apprenne à prendre mon courage à deux mains. Je ne pouvais plus éviter la discussion de toute façon. Je poussais lentement la porte et découvris la valise de Lexa à moitié défaite sur son lit. Un bruit d'eau provenait de la salle de bains. Je bénéficiais donc encore de quelques minutes pour réfléchir. Je posai moi aussi ma valise sur mon lit et l'ouvris, afin de commencer à ranger mes affaires. J'en fus au quart quand la porte de la salle d'eau s'ouvrit, laissant apparaître Lexa probablement nue sous sa serviette.

- Oh, Clarke ! Je ne t'ai pas entendu rentrer… Eum, je…

Son visage vira instantanément au rouge et j'évitai de la regarder.

- Je crois qu'on a besoin de parler, toi et moi.

- En effet, mais si avant tu pouvais t'habiller… ça m'arrangerait !

Un rire nerveux lui échappa, elle attrapa son uniforme et des sous-vêtements avant de retourner dans la salle de bains et d'en ressortir quelques minutes plus tard. Une fois correctement vêtue, elle attrapa sa valise qu'elle posa au pied de son lit, je fis de même, puis nous nous assîmes sur nos couchages respectifs.

- Je veux bien parler, dis-je, gênée, mais je ne vois pas pour où commencer.

- À vrai dire, moi non plus, peut-être devrais-je commencer avec des excuses ? Si tu m'as repoussée à chaque fois, c'était bien que tu avais des raisons et moi, je n'en ai fait qu'à ma tête. À chaque fois, je suis retournée « à la charge » sans te demander ton avis.

- Je pense que c'est plutôt à moi de m'excuser. À chaque fois, je t'ai fait espérer. À chaque fois, je me suis laissé faire, je t'ai laissée me guider sans me rendre compte qu'on allait sûrement trop loin à mon goût. J'aurais dû être plus claire, mais c'était un peu comme si je ne me contrôlais plus dans ces moments-là. Comme si mon corps était irrémédiablement attiré vers le tien, guidé par mes sentiments, mais réveillé juste à temps, avant que je ne fasse une bêtise, comme s'il voulait me dire de faire attention. Je conçois que ce que je te dis là est un peu confus.

- Alors, tu penses que ce qu'on a fait est mal, mauvais ?

- Non ! Je sais que ça peut paraître ainsi, mais j'ai aimé chaque baiser partagé avec toi. C'est juste que je ne sais pas si je suis prête à… être avec toi.

- Tu as besoin de temps pour réfléchir ?

- J'ai assez réfléchi pendant ces vacances ! Je crois qu'il va falloir avancer à un moment ou à un autre, Lexa.

- Qu'est-ce que tu ressens pour moi ? Car, après tout, c'est ça le plus important, non ?

- En effet… Je crois que je ne suis jamais tombée amoureuse. Jusqu'à ce que je fasse ta rencontre. J'ai eu quelques relations avant - je déglutis en repensant à Finn - mais rien de sérieux. Alors que toi, quand je te vois, quand je sens ta présence, c'est comme, un peu cliché mais, comme si des milliers de papillons virevoltaient dans mon estomac. Plus simplement, je crois que j'ai des sentiments pour toi. Et toi ?

Elle marqua une courte pause avant de me répondre.

- J'ai moi-même mis du temps à comprendre. Avant toi, j'ai aimé quelqu'un, plus que tout au monde, plus que moi-même. Alors, quand ça s'est fini, j'ai pensé que jamais plus je ne pourrais aimer. Et tu es arrivée. Tout de suite, j'ai compris qu'il allait se passer quelque chose entre toi et moi, je ne pensais pas que ce serait si compliqué ! dit-elle en souriant. J'ai appris à te connaître, tu m'as aidé à aller mieux, rien que ta présence remplissait mon esprit de bonheur. Alors oui, après avoir longuement cherché à comprendre ce qu'il se passait, j'ai compris que, outre le fait que je désirais tes lèvres, j'avais de forts sentiments à ton égard.

- Tout est dit…

- Qu'est-ce qu'on est censé faire ?

Un long silence s'installa cette fois. Je regardais mes pieds en cherchant une réponse. Nous nous étions avouées nos sentiments partagés, n'était-ce pas censé être le moment où nous nous sautions dessus pour nous embrasser ? Me coupant dans mes pensées, Lexa se leva et vint s'asseoir tout près de moi. Elle pausa sa main sur la mienne et regarda mes pieds avec moi.

- Qu'est-ce qu'on fait ? répéta-t-elle.

Mon cœur battait la chamade. Je n'avais pas envie de formuler une réponse, cela m'aurait paru trop bête. J'enlaçai mes doigts avec les siens et relevai les yeux pour l'admirer. Elle sentit mon mouvement et pausa son regard sur le mien. Un petit sourire étirait ses lèvres et quelque chose brillait dans son regard. Sans pouvoir m'en empêcher, j'avançai doucement mon visage et déposai délicatement mes lèvres sur les siennes. Elle répondit automatiquement et, de sa main libre, me caressa la joue. Je fis de même, puis glissai mes doigts dans ses cheveux soyeux. Notre baiser s'éternisa, nos lèvres ne se décollant jamais. Petit à petit, je sentais sa main descendre pour épouser mes courbes. Je frissonnais, mais j'avais bien peur que cela ne soit pas dut au plaisir. Cette sensation fut confirmée lorsqu'elle pausa sa main sur mon ventre après avoir légèrement soulever mon t-shirt. Mes yeux forcèrent sur eux même et l'image de Finn me revint en tête. Sans éveiller de soupçons, il ne fallait pas qu'elle croit que je m'enfuyais encore une fois, je lâchais doucement ses lèvres et repris la parole.

- Il faudrait peut-être qu'on finisse de ranger nos valises !

Elle parut déçue, mais ne dit rien et confirma mes dires. Nous nous mîmes à la tâche. J'étais extrêmement gênée, ça avait forcément dû la vexer, mais comment lui expliquer pour qu'elle me croie ? Enfin, je chassais vite ces pensées de ma tête pour finir de ranger le plus vite possible.

- Tu as dîné, Clarke ?

- Euh, non.

- On ferait bien d'aller à la cantine alors, ça va bientôt fermer, répondit-elle avec un immense sourire qui me rassura.

Nous descendîmes dans un silence paisible et ce fut à l'intérieur du réfectoire que nous aperçûmes Raven et Octavia. Nous les rejoignîmes évidemment à leur table.

- Niylah et Gaïa ne sont pas avec vous ? demanda Lexa.

- Je les ai croisées en arrivant, elles m'ont dit qu'elles avaient déjà mangé, lui appris-je.

- Vous avez passé de bonnes vacances ? nous questionna Octavia.

Ce fut ainsi qu'une longue discussion sur nos activités estivales débuta. Les cantiniers durent nous virer du self tellement nous prenions notre temps. Ce fut hilares que nous remontâmes dans nos chambres avant de saluer le couple qui, à l'instar de l'autre que j'avais quitté au même endroit plus tôt dans la soirée, s'embrassa passionnément. Lexa me jeta un regard complice qui me fit rougir. Une fois dans notre chambre, j'allai à mon tour me doucher et me mis en pyjama avant de sortir de la salle de bains. Lexa ne m'entendit pas ouvrir la porte et je pus l'observer quelques instants avant de signaler ma présence. Elle était devant la fenêtre, en nuisette, fixant l'horizon rendue pourpre par le soleil couchant. Elle n'avait pas encore allumé la lumière, la pièce était donc plongée dans une lueur orangée qui rappelait plus l'automne que l'été. Je me raclai la gorge et elle se retourna, comme si je l'avais coupée dans ses pensées, me servant un magnifique sourire. Elle s'approcha de moi et me prit dans ses bras.

- Merci, Clarke.

Cette simple phrase me fit sourire à mon tour et je passai mes mains dans ses cheveux pour goûter à leur douceur. Lexa se décolla et vint poser son front sur le mien. Une larme roula sur sa joue. Une nouvelle fois, je m'emparai de sa bouche, comme si je voulais la protéger. Répétant presque la scène qui s'était déroulée avant les vacances, elle me fit reculer et me colla contre le mur opposé. Une boule se forma dans ma gorge. Sa langue se fit insistante contre la mienne, mais je lui rendais ses caresses. Elle quitta ma bouche pour aller m'embrasser le cou tout en emprisonnant une de mes mains contre le mur. Une bouffée de panique monta en moi, pourquoi cette scène devait-elle ressembler autant à celle, affreuse, que m'avait fait vivre Finn ? Sa bouche descendit lentement juste à l'encolure de mes seins pour rapidement remonter m'embrasser. J'étais déjà moins réactive, mais l'embrassais tout de même. Sa main commença à se balader sur mes épaules, mes bras, mon bassin. Mon rythme cardiaque s'accéléra, mais pas de la bonne manière. Je voulu essayer d'opposer une résistance, j'attrapais sa main et l'éloignais de son but, mais elle revenait toujours à la charge. J'essayais de décoller mes lèvres de sa bouche, mais elle les capturait aussitôt, sûrement pour éviter que je ne m'enfuie une nouvelle fois. Je ne pouvais pas lui en vouloir.

- Lexa… réussis-je à chuchoter sur un ton de reproche.

Je l'éloignai un peu de moi, son visage montra une expression d'incompréhension et elle se jeta de nouveau sur ma bouche. Je gémis pour lui montrer mon désaccord, rien n'y fit. J'essayai même de la repousser, mais elle immobilisa mes deux mains.

- Lexaaa ! criai-je, les larmes aux yeux lorsqu'elle lâcha enfin ma bouche pour aller embrasser mon ventre. Je t'en prie, Lexa…

Je m'effondrai sur le sol, en pleure. Elle n'eut pas l'air fâché, mais plutôt interloqué.

- Qu… Qu'est-ce qui se passe, Clarke ? Je t'ai fait mal ?

- Non, ce n'est pas ça… Ce n'est pas toi...

- Clarke…

Elle s'assit à mes côtés et me prit dans ses bras. Mes larmes redoublèrent quand elle pausa ma tête contre son épaule et me tapota le haut de crâne en signe de réconfort.

- Là, là… Je suis là, explique-moi, s'il te plaît…

Je mis quelque temps à me ressaisir, mais ce fut sans refus que je lui contai ce qu'il s'était passé cet été avec Finn. Ce fut extrêmement libérateur. Elle m'écouta jusqu'au bout sans m'interrompre et quand j'eus fini, elle me reprit dans ses bras, me serrant fort contre elle. Je m'y sentais bien, comme intouchable, en sécurité.

- Merci… murmurai-je à son oreille.

- Pour quoi ?

- Juste merci…

Une fois que je fus vraiment consolée, nous nous levâmes et elle m'invita à m'allonger dans mon lit.

- Tu peux dormir avec moi ? S'il te plaît… demandai-je une fois que je fus enfouie sous mes draps.

- Bien-sûr, répondit-elle en m'adressant encore une fois un sourire rayonnant.

Lexa prit place à mes côtés et joignit simplement ses doigts aux miens, me rappelant la première fois que nous avions dormi ensemble.

- Impression de déjà-vu, non ? me questionna-t-elle en rigolant.

Mon rire se joignit au sien. Bientôt, nous nous calmâmes pour finir par nous endormir avant un dernier baiser partagé rapidement.

Le lendemain, ce fut le réveil qui nous tira de notre sommeil. Lexa, la plus proche, l'éteignit et enfouit sa tête dans mon cou, refusant de se lever. Je profitai quelques instants de ce moment agréable avant de lui administrer quelques chatouilles pour la faire bouger. Elle se plia en deux et sauta du lit, retombant droit sur ses jambes.

- Ah non ! Pas les chatouilles ! C'est trop dur ! Le pire moyen de torture selon moi !

J'explosai de rire et ses joues virèrent au rouge. Je me levai moi aussi et lui déposai un léger baiser sur le front. Nous allâmes nous habiller.

- Ah, tu ne sais toujours pas nouer ta cravate ! dit Lexa lorsque je sortis de la salle de bains.

- Par contre, je vois que toi, tu as appris à fermer ton soutien-gorge !

- Écoute, je ne réussirai jamais dans la vie si je ne sais même pas m'habiller ! Bon, alors qu'une cravate, toi, tu peux te permettre, c'est pas vraiment indispensable !

Elle s'approcha de moi pour renouer ma cravate. Tout en finesse, elle refit le nœud et tira assez violemment pour le resserrer et ainsi m'approcher d'elle.

- Notre premier baiser, mmh ? demanda-t-elle.

Effectivement, ce fut de cette manière que tout avait commencé. Sans plus attendre, elle s'empara de mes lèvres. Nous échangeâmes un baiser fin et délicat. Ce fut avec regret qu'elle me lâcha.

- Dis, Clarke, pour toi et moi, on le dit aux autres ou non ?

- J'ai envie de garder ça secret pour le moment, ça met un peu de piquant, mmh ?

- J'aime bien l'idée !

Nous nous sourîmes et elle passa un bras derrière moi pour m'amener à elle, afin de m'embrasser une nouvelle fois. Puis, nous descendîmes main dans la main, nous lâchant au moment où nous découvrîmes le monde agglutiné en bas, devant le panneau d'affichage.

- Tu penses à la même chose que moi ? me demanda Lexa.

- La troisième épreuve ?

Elle hocha la tête et nous nous précipitâmes pour nous frayer un chemin dans la foule. Les filles nous laissèrent passer tout en nous souhaitant, pour la plupart, une bonne journée. Alors, c'était cela devenir populaire ?

Voilà ce que disait l'affiche :

Élections au Conseil des Étudiantes

Troisième épreuve.

Type de l'épreuve : Course d'équitation « princière »

Lieu : Hippodrome des Orchidées

Date et heure : Dimanche 7 octobre à 15 h 00

Déroulement : Le principe est simple. Une princesse et un prince dans chaque binôme. Les deux princesses attendent patiemment que leur prince à cheval vienne les secourir. Le trajet à parcourir à cheval contiendra évidemment quelques difficultés.

Perdantes : Le couple perdant, cette épreuve n'étant pas une éliminatoire, se verra obligé de faire les tâches ménagères de son pavillon pendant deux semaines.

Les deux couples restant sont invités à se présenter au Conseil des Étudiantes, samedi 5 août à 14 h 00.

Le Conseil des Étudiantes.

- Cette école a un hippodrome ? demandai-je, choquée.

- Je te l'ai dit, ce jardin est immense ! répondit Lexa en rigolant. De l'équitation… mmh, j'en ai fait en primaire, mais c'est tout, heureusement qu'on a quand même plus d'un mois pour s'entraîner…

- Moi et le cheval ça fait deux…

La masse commençait à régresser quand Luna et Emori arrivèrent. Elles nous saluèrent et lurent l'affiche en silence. Quelques secondes plus tard, Luna partit dans un rire mince et presque moqueur.

- Une épreuve à cheval, mmh ? Un jeu d'enfant Emori, n'est-ce pas ?

- Oh que oui !

Et sans même nous jeter un regard, elles se dirigèrent vers le réfectoire, main dans la main.

- Raaah qu'est-ce qu'elles peuvent m'énerver quand elles agissent comme ça ! râgea Lexa.

- En même temps, elles ont de quoi, intervint Gaïa qui venait d'arriver aux côtés des trois autres, vos deux adversaires sont dans le club d'équitation…

- Quoi ?! m'insurgeai-je.

- Mais c'est du favoritisme ! s'écria Lexa.

- Allez, avec un peu de chance, la quatrième épreuve sera un match de tennis en double ! dit Niylah en nous poussant vers le réfectoire. En attendant, non pas que je sois pressée de reprendre les cours, mais j'ai faim !

La tension descendit quelque peu et nous allâmes prendre notre petit déjeuner de rentrée toutes ensemble.