Le trajet entre le dortoir et le bâtiment scolaire me parut long, nous n'étions que le matin, mais il faisait déjà une chaleur écrasante. Avoir cours en août me paraissait fou, nous n'avions toutes qu'une envie, de retourner se la couler douce à la plage. Je dois dire que cette semaine de rentrée fut assez dure, reprendre après un mois de vacances les cours là où on les avait laissés était assez éprouvant. Mais bon, l'école avait aussi ses bons côtés. Elle me permettait d'oublier Finn, je l'avais d'ailleurs presque définitivement effacé.
Avec Lexa, cela se passait très bien. Très douce et câline avec moi, elle n'allait jamais trop loin et, lorsque je lui disais d'arrêter, elle s'exécutait. Nous vivions tous doucement notre amour, n'osant pas trop nous regarder réellement dans les yeux, hésitant à chaque fois que nous nous embrassions. La gêne était au centre de notre relation, mais je ne pouvais blâmer que moi, cette distance venait uniquement de moi. Bien sûr, il y avait une part due à mon agression, mais j'étais distante surtout parce que je n'avais toujours pas élucidé le mystère « Costia ». Je ne savais toujours pas qu'elle avait été leur relation et à quel point elle avait compté pour Lexa.
Cela aurait dû être évident, deux sœurs jumelles sont toujours très proches. Pourtant, il me semblait que ce n'était pas que cela, qu'il y avait autre chose, je devais creuser sous la surface, mais j'avais du mal. Je n'osais pas aborder le sujet avec Lexa et je me retrouvais rarement seule avec une des autres filles. Faire mon enquête de mon côté ne me menait à rien, j'essayai donc de me faire à l'idée, mais je ressentais au fond de moi comme une violente jalousie. Lexa n'avait plus jamais prononcé son nom à la place du mien, mais j'éprouvais toujours ce sentiment de haine.
Je repensais à tout ça, assise sur mon lit en attendant que Lexa sorte de la douche. Nous étions vendredi, le lendemain, nous avions rendez-vous avec le Conseil pour parler de l'épreuve. Lorsque Lexa sortit de la salle de bains, elle vint s'asseoir à mes côtés.
- T'as l'air pensive, Clarke, ça va ?
- Ah, euh, oui, je pensais à l'épreuve. L'équitation, on n'est pas avantagées…
- C'est sans doute pour cela qu'on a deux mois pour nous entraîner. T'en fais pas, ça va aller, quand on veut, on peut ! me répondit-elle avec un immense sourire.
J'aurais dû l'embrasser, mais c'était plus fort que moi, je ne voulais pas. Après avoir repensé à l'existence de Costia, j'étais comme repoussée par Lexa. Comme si je voyais Costia en elle, cela en devenait complètement loufoque et débile. Ce fut donc elle qui approcha son visage du mien pour y déposer délicatement ses lèvres sur les miennes. Je ne refusai évidemment pas le baiser, j'avais des sentiments pour elle, je ne voulais pas me séparer d'elle, je mettais juste une distance imaginaire entre nous et j'allais devoir apprendre vite à y remédier ou la situation allait devenir impossible. En attendant, ses lèvres venaient de me distraite quelque peu et je décidai d'oublier mes tracas. Je prolongeais notre baiser et elle m'allongea sur le lit, se mettant sur moi tout en me caressant les cheveux. J'avais les mains plaquées sur son dos que je caressai lentement et nous nous embrassions encore et encore, tendrement. J'adorais malgré tout ces moments, je me sentais un peu illogique.
- Tu as les lèvres tellement douces… chuchota-t-elle au creux de mon oreille.
Pour toute réponse, je m'emparai à nouveau de sa bouche, je sentis la sienne sourire et la mienne l'imita. Sa main commença, comme chaque fois, à devenir baladeuse. Je la laissai faire au début, mais la repoussai bien vite. Elle se releva et nous nous retrouvâmes dans notre position initiale, assises sur le lit.
- Lexa, je suis désolée, dis-je comme à chaque fois depuis le début de notre relation, soit une petite semaine.
- Arrête de t'excuser, c'est moi… J'ai compris que tu ne voulais pas et pourtant, j'essaye à chaque fois. Pardon, Clarke, vraiment, pardon.
Je posai ma main sur sa joue et lui donnai un dernier baiser avant que nous allâmes nous coucher.
Le lendemain, à 14 h 00, comme prévu, nous étions, accompagnées de Luna et Emori, devant la porte du Conseil, attendant que le couple président vienne nous accueillirent. D'habitude très ponctuelles, Ontari et Anya arrivèrent avec quelque dix minutes de retard, presque essoufflées alors qu'elles venaient de l'étage et n'avaient donc pas prit les escaliers. Nous les regardâmes avec étonnement, mais changeâmes vite d'attitude lorsqu'elles nous firent entrer dans la salle que nous commencions à connaître par cœur. Anya nous invita à nous asseoir, les deux couples face à face, et Ontari alla chercher un service à thé pour nous en servir. Ce fut en sirotant ce thé vert qu'Anya commença à parler.
- En premier lieu, je voulais vous dire que cette épreuve n'a été choisi sans aucun favoritisme. Ontari et moi savons que le couple du pavillon mauve fait partie du club d'équitation, mais cette épreuve a été décidée bien avant que la compétition ne commence. De toute façon, vous disposez de deux mois pour vous entraîner, cette épreuve est stratégique, plus que physique, à vous de vous entraîner comme il le faudra. Ce sera aussi, peut-être, un tout nouveau type d'entraînement pour Emori et Luna, donc vous partez presque sur un pied d'égalité.
Lexa n'était pas de cet avis, je la voyais ronchonner discrètement.
- Pour ce qui est de l'entraînement, reprit Ontari, vous disposerez de l'hippodrome les mercredis et samedis après les activités de club et les dimanches, ainsi que tous les soirs entre la fin des cours et le couvre-feu. Vous serez bien évidemment obligées de vous entraîner ensemble, à moins que vous n'établissiez un emploi du temps entre vous.
- Et on doit s'entraîner comment exactement ? demanda Lexa, anxieuse.
- J'y arrive justement, continua Anya.
Elles parlaient toujours toutes les deux comme une seule et même personne, comme si au lieu de nous livrer deux discours, elles se livraient à un monologue d'une seule voix, se complétant mutuellement. Je les enviais. Elles avaient incontestablement trouvé leur moitié, la personne qui partagerait leur vie entière.
- L'épreuve va se dérouler ainsi, continua Anya, chaque binôme se choisira une princesse et un cavalier. Il y aura deux étapes, un peu comme un relais. En premier lieu, les deux princesses devront parcourir un slalom pour arriver à l'estrade au bout du parcours. Une fois sur l'estrade, elles devront lever leurs deux mains pour faire signe à leur cavalier. Une fois le signe aperçu, le cavalier, à terre, devra monter son cheval et exécuter une course d'obstacles qui le guidera jusqu'à l'estrade. Une fois arrivé, il devra stationner, ni trop peu ni trop longtemps, le temps d'inviter sa princesse à s'installer sur sa monture, et tous deux devront faire demi-tour pour exécuter une nouvelle fois la course d'obstacles. Le premier duo qui franchira la ligne d'arrivée aura gagné.
- Cela peut paraître un peu compliqué dit comme cela, compléta Ontari, mais nous vous ferons une présentation demain. Venez à 15 h 00 à l'hippodrome.
- Prince et princesse ? s'interrogea Emori en nous lançant un regard étrange. Je croyais que cette année la compétition n'était pas sous le signe de l'amour, étant donné que l'on pouvait y participer sans avoir échangé nos rubans.
- Tu as tout à fait raison, mais gardez en tête que ce n'est que du spectacle. L'échange de ruban est l'essence de cette école, cette mise en scène ravira toutes les élèves. Nous allions juste l'utilitaire, la compétition, à l'esthétique, au spectacle, lui répondit Anya.
- Je suppose qu'Emori et Luna ont leurs chevaux attitrés, commença Lexa, et pour Clarke et moi ?
- J'y viens, reprit Ontari, Emori et Luna, étant donné qu'elles partent quand même avec un avantage sur vous, se verront attribuer des chevaux qu'elles n'ont jamais montés. Quant à vous, vous prendrez les leurs.
Le visage de Luna se renfrogna, mais elle n'émit aucune objection, tandis que celui de Lexa s'illumina, elle voyait sûrement une lueur d'espoir pour cette épreuve. Même si elle n'était pas éliminatoire, Lexa se battait pour l'honneur. Je nous voyais quand même mal gagner contre un couple du club d'équitation, ce n'était pas avec nos bases en tennis que nous allions arriver à quelque chose… Mais Anya me tira de mes pensées en nous apprenant que la réunion était terminée. Ontari nous rappela le rendez-vous de demain après-midi et nous sortîmes toutes les six de la pièce.
Le couple président descendit les escaliers devant et alla frapper à la porte de la représentante du pavillon mauve au Conseil des Étudiantes, Harper McIntyre. Quant à Emori et Luna, nous les invitâmes, par politesse, mais aussi par envie, à se joindre à nous. Vu l'heure, il ne servait plus à rien de rejoindre nos clubs respectifs. Lexa leur proposa une petite balade dans le jardin.
Nous étions sorties depuis à peine une minute du dortoir que Luna émit une proposition.
- Je ne veux pas faire une quelconque provocation, mais ça vous dit de venir voir nos chevaux ? Puisque ce sont ceux que vous monterez, autant que cela soit nous qui vous les présentions, mmh ?
Il n'y avait aucun sous-entendu dans sa phrase, Luna avait perdu tout air narquois ou compétitif, elle était simplement gentille et serviable.
- Pourquoi pas ! répondis-je.
- Mais il y a les membres de votre club qui doivent s'entraîner en ce moment, ça ne fait rien ?
- Ça ira, répondit Emori, on est plutôt populaires dans le club, et puis la présidente sait très bien que nous ne pouvions pas venir aujourd'hui, elle sera sûrement ravie de nous voir quand même !
Elle finit sa phrase sur un sourire magnifique qui nous obligea à l'imiter toutes les trois.
- C'est parti alors ! lança Lexa enjouée, le poing en avant.
Elles nous conduisirent à l'hippodrome. Je découvrais un nouveau chemin, de nouveaux paysages, comme si nous avions quitté l'école. C'était vraiment un monde à part, j'aimais bien cette idée, nous étions en quelque sorte enfermées dans notre monde, notre école, je regrettai une nouvelle fois de ne pas y être entrée dès la première année.
L'hippodrome n'était pas gigantesque, contrairement à ce à quoi je m'attendais. Il était plus petit qu'un hippodrome classique et ressemblait plus à un stade. Il y avait une grande pelouse ovale, séparées en deux par une ligne blanche au sol. Chaque côté formait un parcours de saut d'obstacles. Les obstacles semblaient pouvoir être changé de position comme bon vous semblait. Une fille de chaque côté de la ligne blanche s'entraînait au saut, celle de la partie droite me semblait plus habile que l'autre. Une grande piste, qui pouvait accueillir quatre chevaux alignés, entourait la verdure, là, quelques filles s'entraînaient à la course de vitesse. Une fille sur le bord du terrain nous salua, le couple du pavillon mauve nous accompagnant lui rendit ce salut.
- Le stade est séparé en deux, expliqua Luna, la partie gauche est pour les débutantes et l'autre pour les plus confirmées. Les écuries sont sur la droite, vous venez ?
Nous les suivîmes en silence. Nous sortîmes par une petite entrée à droite de celle par laquelle nous étions passées quelques minutes plus tôt et nous arrivâmes directement devant un grand bâtiment en bois brun. Une tête de cheval, une orchidée blanche au-dessus de son oreille gauche, une orchidée mauve au-dessus de son oreille droite, était peint sur le haut de la double porte ouverte. Nous nous introduisîmes à l'intérieur. Il y avait une dizaine de boxs de chaque côté du bâtiment. En passant devant l'un d'entre eux, j'aperçus une fille brosser le dos de sa monture, elle nous sourit sans rien dire.
- Nous y sommes ! s'exclama Emori en ouvrant avec hâte la porte d'un box qui contenait deux magnifiques chevaux. Lui, c'est Somaki, nous apprit l'intéressée en câlinant la tête du cheval arborant une robe d'un noir si intense que je failli m'y perdre.
- Et elle, c'est Saya ! nous informa à son tour Luna en passant sa main dans la crinière de la jument d'un blanc immaculé. Comme le Ying et le Yang, ils se complètent !
À les voir tous les quatre, on aurait dit une photo de famille ! J'eus presque envie de rire devant tant de sucrerie, mais me retins, car leur lien semblait vraiment fort.
- Vous avez de la chance, ce ne sont pas des bêtes dures d'oreilles, ils vous obéiront sans doute facilement.
- Je suppose que, Emori, tu montes Somaki et toi, Luna, tu montes Saya ?
Elles se regardèrent, amusées, et rigolèrent brièvement.
- Tout le monde s'y trompe, commença Luna, mais non, c'est bien Emori qui monte notre jument et moi qui monte notre étalon noir. C'est juste qu'au sol, on a une préférence pour le cheval de l'autre !
« Notre » ? J'avais l'impression d'avoir atterri dans une autre dimension. Vraiment, je ne comprendrai jamais la passion que pouvaient avoir les gens pour les chevaux, les aimer ok, mais là cela en devenait presque flippant, comme si… c'était leur propre enfant ou je ne sais pas, une partie d'elles-mêmes. Cette sensation était renforcée par le fait qu'elle ne montait pas le cheval qu'elle préférait… J'arrivais même à en faire une extrapolation sexuelle. Je secouai la tête pour me remettre les idées en place et posai une question :
- Vous faite de l'équitation depuis quand ?
- Depuis la moitié du collège environ, ça va faire bientôt quatre ans, ce n'est pas énorme, vous avez toutes vos chances, répondit Emori avec un clin d'œil lourd de sens.
Finalement, après avoir un peu parlé chevaux, mais aussi des cours, de la compétition et d'autres choses banales, Lexa et moi décidâmes de les laisser chouchouter leurs montures et de nous en aller. Ce ne fut qu'une fois que nous fûmes dans une allée entourée de cerisiers que Lexa me prit la main et parla :
- Un peu flippantes avec leurs bestioles, mais elles sont sympas ! On pourra peut-être envisager de devenir amies avec elles après leur défaite ?
La tournure de sa phrase me fit rire.
- Oui, c'est exactement ce que je pensais !
- On est sur la même longueur d'ondes, dit-elle en m'offrant un clin d'œil malicieux.
Puis, elle se stoppa et se posta devant moi. D'abord, sa main attrapa une de mes mèches et elle l'entortilla autour de son doigt, puis elle me caressa doucement la joue gauche. Je rougis et elle s'empara de mes lèvres pour m'embrasser doucement. Notre baiser s'intensifia, mais j'y mis fin par peur que quelqu'un nous aperçoive.
- Je trouve ça mignon cette épreuve, dis-je une fois que nous nous remîmes en chemin.
- Le prince charmant sauvant sa princesse, oui pas mal effectivement ! Anya veut du spectacle ? Ce serait peut-être l'occasion de montrer à tout le monde qu'on est ensemble toi et moi, mmh ?
- Je sais pas trop… L'idée est tentante, il est vrai…
- Dis oui !
- Je vais réfléchir, Lexa.
Pour ne pas la décevoir, je l'embrassai à mon tour.
Toujours le même problème, en l'annonçant à nos amies, nous rendions cela un peu plus « concret », mais je n'avais pas envie de « concret » tant que je n'en saurai pas plus sur Costia. C'était vraiment égoïste de ma part…
Le lendemain, nous nous retrouvâmes, comme prévu, à l'hippodrome avec le couple du pavillon mauve et le couple président. Anya et Ontari étaient en tenue d'équitation, casques déjà sur leur tête. Les deux chevaux qui allaient les accompagner pour la démonstration étaient là, eux aussi, chacun à côté de sa cavalière.
- C'est simple, commença Anya, je pense que vous n'aurez besoin que d'une seule démonstration.
L'hippodrome n'était pas arrangé comme la veille. La pelouse était toujours séparée en deux, mais dans l'autre sens, de chaque côté d'une barrière, se tenait une série d'obstacles, que les cavaliers devraient parcourir, au bout de laquelle se trouvait une estrade. De chaque côté des parcours se trouvait un slalom, que les princesses devraient exécuter. Rien qu'avec cette disposition, je comprenais déjà comment l'épreuve allait se dérouler.
Elles menèrent leurs chevaux au début de la piste. À la vue de leurs positions, Ontari serait la princesse et Anya le prince, en fait, le contraire m'aurait paru stupéfiant. Elles nous firent une démonstration copie conforme de ce qu'elles nous avaient expliqué en réunion. Ontari emprunta le slalom avec une grâce qui paraissait naturelle, puis, debout sur l'estrade, elle attendit qu'Anya affronte la course d'obstacles, avec une certaine aisance. Une fois proche de l'estrade, Ontari sauta sur l'arrière du cheval et, d'un coup de rennes, il repartit en sens inverse pour refaire le parcours d'obstacles. Toute cette mise en scène nous impressionna. Lexa et Emori applaudirent même la prestation. Je me voyais déjà me ridiculiser en face d'Emori et Luna qui, faisant partie du club d'équitation, donneraient un spectacle bien mieux que le nôtre. M'enfin, j'essayais de ne pas trop y penser. Après tout, nous avions deux mois pour nous entraîner et nous ne pouvions pas reculer !
- Si vous avez besoin de conseil ou d'aide, vous savez où nous trouver, lança Ontari en descendant de cheval.
- Nous comptons également sur votre discrétion. Pour plus de surprise lors de l'épreuve, essayez d'en raconter le moins possible à propos du déroulement de l'épreuve à vos camarades, conclut Anya.
Finalement, une heure après cette démonstration, il était alors 16 h 00, Lexa et moi allâmes retrouver nos amies qui nous attendaient sur des bancs entourés de cerisiers et de néfliers. Luna et Emori voulurent rester à l'hippodrome pour chouchouter leurs chevaux.
- Alors cette démonstration ? nous demanda Niylah juste au moment où nous arrivions vers leurs bancs.
- On est tenues au secret professionnel, donna Lexa pour toute réponse.
- Professionnel, mmh ? souffla Gaïa. Elles tiennent vraiment à ce que cette élection soit du spectacle pur et dur.
- Je trouve ça bien, commença Octavia, pour une fois, on s'amuse ! Voter tout bêtement, c'était un peu lassant, enfin, il n'y avait rien d'intéressant, alors que là !
- On a l'impression de regarder une série ou de lire un livre, termina Raven.
- J'aime plutôt cette idée moi aussi, ajoutai-je, et d'ailleurs, je remercie Lexa de m'avoir embarquée là-dedans, on passe de vraiment bons moments !
Je lançai un sourire enjôleur à ma coéquipière que me le rendit.
- Mais Luna et Emori sont des adversaires redoutables, répondit Lexa, elles font partie du club d'équitation et, en plus de ça, la rumeur dit qu'elles se sont échangé leurs rubans dès leur première semaine en tant que premières années dans cette école. Certes pour la compétition de cette année l'échange de rubans n'a aucune importance, mais pour les deuxièmes et troisièmes années ça reste un signe très fort. Elles sont devenues très populaires au pavillon mauve et sont donc un adversaire de taille, car elles bénéficient d'un grand soutien de la part de leurs fans. Je dois dire que je suis un peu effrayée.
- Vous êtes aussi devenues populaires toutes les deux, continua Gaïa, regarde la deuxième épreuve, vous avez aussi été acclamées comme des stars.
- Je partage l'avis de Lexa, objectai-je, je ne pense pas que cela soit suffisant.
- Eh bien ! Où est passé votre optimisme ?! s'écria Niylah en se levant et en venant se poster devant Lexa.
- Ah, mais ne t'en fais pas Niylah ! répondit Lexa en se levant pour lui faire face, on va se battre pour remporter, non seulement cette épreuve, mais aussi la compétition dans son ensemble !
Puis, comme si Lexa avait changé d'attitude, elle se jeta sur Niylah pour la chatouiller. Cette dernière se retrouva à terre, les larmes aux yeux, se tortillant dans tous les sens. Nous, spectatrices, observions attentivement la scène en rigolant tout autant que les deux protagonistes. C'était dans ces moments que je me rendais compte du bonheur que j'approuvais depuis que j'étais ici. Je passais les meilleurs moments de ma vie. J'avais hâte de continuer cette compétition aux côtés de Lexa. Sans crier gare, j'attaquai Octavia qui se trouvait à mes côtés et l'après-midi finit en batailles et revanches.
