Point de vue Clarke

Une fois dans la chambre, je laissai Lexa prendre sa douche la première et, sans un mot quand elle sortit, je m'enfermai dans la salle de bains. Je ne voulais pas pleurer, je ne devais pas pleurer. J'inspectai mon visage dans la glace, puis me déshabillai entièrement. Je me dirigeai vers la douche, mais fis demi-tour pour aller chercher le ruban dans la poche de mon uniforme, afin de vérifier ce que j'avais vu à l'hippodrome. « Costia Woods », c'était bien ce prénom qui était inscrit sur le ruban qui s'était frivolement détaché des cheveux de Lexa. Je le chiffonnai avec rage, le remis dans ma poche et entrai sous la douche, faisant couler de l'eau peut être un peu trop chaude.

Je sortis de la salle de bains, Lexa était assise au bureau et finissait un devoir que nous avions à rendre pour le lendemain. Lorsqu'elle me vit sortir, elle posa son crayon, se leva et vint me prendre dans ses bras. Je ne la repoussai pas. Ses lèvres cherchèrent les miennes, je ne refusai pas non plus son baiser.

Sous la douche, j'avais réfléchi. Tant que je ne serais certaine de rien, je devais faire comme si de rien n'était avec Lexa et cacher "son" ruban le mieux possible. Demain, j'essayerai d'aller questionner Raven, elle me semblait en savoir plus que les autres, ou même si ce n'était pas le cas, je sentais qu'elle serait prête à me parler. De plus, c'était elle qui avait été témoin de l'accident qui avait tué Costia.

Sous la douche, j'avais aussi émis des hypothèses quant à ce ruban. La première idée, saugrenue, qui m'était venue en tête, était que Lexa était Costia, donc que c'était Lexa qui était morte pendant l'accident, mais du coup, tout le monde était complice, et puis je ne voyais pas l'intérêt de se faire passer pour sa jumelle. J'avais donc écarté cette possibilité. M'était ensuite venue l'idée de l'échange de rubans : Costia et Lexa auraient échangé leurs rubans et Lexa n'aurait jamais récupéré le sien, gardant celui de sa sœur noué dans ses cheveux. Cela impliquait qu'elles soient en couple, qu'elles partageaient une relation amoureuse et cela aussi me semblait insensé. Je voulais écarter cette solution, mais je n'en trouvais pas de plus probable. Il y avait bien sûr la simple envie de garder un peu de sa jumelle avec elle, mais cela n'expliquait pas toutes les fois oùLexa m'avait appelée "Costia" alors que nous nous apprêtions à nous embrasser. Seul un souvenir semblable, donc une scène où elle aurait embrassé Costia, aurait pu lui faire dire son nom à la place du mien. Je ne voulais pas que cela soit l'explication, je ne voulais pas que Lexa soit toujours amoureuse de... sa sœur ? Et qu'elle est une relation avec moi en parallèle. En plus de cela, l'inceste me dégoûtait. J'espérais vraiment me tromper.

Ceci étant peut-être la dernière fois que nous nous embrassions, j'intensifiai le baiser. Je n'éprouvais pas encore de sentiments négatifs envers Lexa, mais je savais que ces sentiments arriveraient tôt ou tard, je voulais donc profiter une dernière fois de ses lèvres douces. Presque inconsciemment, mue par le désire, je la poussai sur un lit tout en continuant de l'embrasser. Elle me laissa évidemment faire, elle devait se demander pourquoi j'étais si entreprenante d'un coup, mais elle ne posa aucune question, sûrement par peur que je ne m'arrête dans ma lancée.

J'étais au-dessus d'elle et l'embrassai encore et toujours, Lexa avait ses mains posées sur mes hanches et me les caressait délicatement. Ma main gauche fourragea dans ses cheveux tandis que je me retenais sur l'autre. Puis, je passai des cheveux au visage et du visage à son buste. Avec une habilité sûre, je déboutonnai sa veste et lui enlevai en m'aidant de mon autre main. Dans l'élan, j'enlevai aussi son t-shirt. Je pouvais lire une certaine gêne dans son regard, mais elle me laissa faire, respirant de plus en plus fort.

Lexa était là, en soutif devant moi, je l'avais déjà vu dans cette tenue, lui accrochant moi-même son sous-vêtement au début de l'année, mais je n'arrivai tout de même pas à en croire mes yeux, ou plutôt, je ne réalisais pas vraiment. J'avais juste envie de profiter, pour une fois. Ma langue s'engouffra dans la bouche de Lexa pendant un certain temps, puis j'entrepris de la balader sur son cou et son buste. Mes doigts prirent le relais et se jetèrent sur sa poitrine toujours habillée. Avec mes indexs, je cherchai ses tétons naissant. Ils venaient à peine de se durcir et je pouvais le sentir sous le tissu. Je les caressai longuement avec le bout de mes pouces et continuai à l'embrasser. Ses gémissements se perdaient dans nos baisers, ses mains s'agrippaient de plus en plus à mon buste et elle voulut soudain, elle aussi, ramener ses mains vers ma poitrine. Dès que je sentis ses doigts passer sous mon t-shirt, j'arrêtai leur avancée en saisissant ses poignets.

- Laisse-moi faire… chuchotai-je.

Lexa ne répondit rien, mais replaça ses paumes sur mes hanches. Finalement, je dégrafai son soutien-gorge, ce qui laissa sa poitrine s'extasier librement. J'y aventurai mes doigts, titillant fiévreusement ses tétons et recalai ma bouche sur celle de Lexa pour adoucir ses gémissements. J'avais remis ma main droite sur le lit pour m'en servir d'appui, ce serait avec la main gauche que j'opérerai la suite de mon parcours. Après avoir longuement joué avec les seins de Lexa, mes doigts descendirent lentement sur son corps qui se cambrait faiblement. Ils dansèrent sur son ventre, pour ensuite se glisser sans ménagement sous sa jupe. Je caressai sa culotte humide au niveau de son sexe.

Je ne comprenais pas vraiment pourquoi j'étais en train de faire cela. Je ne voulais absolument pas qu'elle me touche, mais pourtant, je voulais l'entendre gémir sous mes mouvements, j'avais l'impression de me transformer en monstre. Soudain, l'image de Finn se présenta à moi comme une violente gifle. Je me stoppai net et relevai mon visage de celui de Lexa, en la fixant sans la voir, le regard perdu dans le vide, dans mes pensées. J'étais en train de toucher Lexa comme Finn l'aurait fait avec moi. À ceci près que Lexa était consentante, c'était le même schéma. Je me dégoûtai. Je retirai ma main de sous sa jupe et me relevai pour m'asseoir sur son buste.

- Clarke ? dit-elle en reprenant ses esprits. Ça va ?

Je n'entendis presque pas, je fixais le mur en face à présent. Une émotion violente me parcouru, je mis prestement mes deux mains sur mon visage pour retenir un cri, ou comme si j'allais vomir, et fermai les yeux violemment. Des larmes montèrent, mais aucune ne sorti.

- Je… commençai-je sans aller plus loin.

Finalement, je desserrai mes mains de sur mon visage et me levai, allant m'asseoir sur le lit d'à côté, mon lit.

- Pardon, Lexa, je n'aurais pas dû aller si loin, excuse-moi…

Abasourdit, elle se redressa sur les coudes et me regarda. Son corps tremblait encore de désir, mais elle essayait de se contrôler.

- Pourquoi tu t'excuses ? On est ensemble toi et moi, il n'y a rien de mal à cela.

- Je sais, mais… Je n'en ai pas envie, enfin si, mais pas maintenant, pas comme ça, pas dans ces conditions.

- "Ces" conditions ?

Je lui offris un silence pour toute réponse. Je me fourrai sous mes draps et fermai les yeux. J'entendis Lexa se lever, sans doute rassembler ses affaires et aller s'enfermer dans la salle de bains. Aux minces bruits qui s'échappaient de la porte, je compris qu'elle finissait le travail que j'avais commencé. Lorsque ses gémissements cessèrent, elle se mit à pleurer silencieusement, enfin pas assez puisque je l'entendais, et mes larmes imitèrent les siennes, avant que je sombre dans un sommeil dérangé.

Le lendemain matin, comme tous les matins, comme si la veille avait été une soirée ordinaire, j'allais me préparer dans la salle de bains pendant que Lexa se changeait dans la chambre. Lorsque je sortis, elle s'approcha de moi pour nouer ma cravate. Toutes les deux, nous faisions comme d'habitude, nous oubliions les évènements gênants de la veille pour ne pas en parler. L'ambiance était quand même pesante.

- Ce soir, on s'entraîne au saut d'obstacles en étant deux sur le cheval, d'accord ? me proposa Lexa en fixant ma cravate presque nouée.

- Pas de problèmes !

Elle resserra finalement le nœud et m'embrassa vivement en me souriant, je lui rendis son sourire et nous sortîmes de la chambre.

Alors que je fermais la porte à clef, elle partit en avance, et une fois en chemin pour la rattraper, je remarquai qu'elle avait à nouveau un ruban dans les cheveux. Je n'osai pas aborder le sujet. Heureusement, Niylah, que nous croisâmes au petit déjeuner, posa la question à ma place.

- Ah oui, je l'ai retrouvé dans une de mes poches, j'avais juste oublié que je l'avais enlevé pour l'entraînement !

- Vraiment pas douée Lexa, ajouta Raven qui était aussi avec nous.

Joli mensonge, pensai-je, se rendrait-elle compte que je ne l'avais jamais vu retirer son ruban pendant l'entraînement ? En tout cas, je ne lui signalerai pas que j'avais le "sien" en ma possession. En quelque sorte, qu'elle porte le sien, où était écrit "Lexa Woods" était pire, car si ma théorie des rubans était juste, cela voulait dire qu'elle avait dans les cheveux le ruban que Costia portait au moment de sa mort. Il était impératif que je choppe Raven . Par chance, elle était juste devant moi. Au moment où nous déposâmes les plateaux, je m'arrangeai pour être juste après elle. J'approchai ma tête de la sienne et chuchotai :

- J'ai besoin de te parler, après les cours, viens me rejoindre sous le grand cerisier du troisième jardin, s'il te plaît.

Elle se retourna lentement vers moi, ses yeux pétillaient, que pensait-elle ? Elle hocha la tête et fit comme si de rien n'était.

Lorsque la sonnerie retentit à 16 h 00, je dus trouver une excuse pour ne pas accompagner tout de suite Lexa à l'hippodrome.

- Alie m'a demandée d'aller récupérer un livre au 5 ème étage, mais va commencer à t'entraîner, Lexa, je te rejoins dès que j'ai fini !

- D'accord, d'accord, je vais commencer par faire quelques courses, avec Luna et Emori, pourquoi pas !

- Parfait !

Je lui offris un énorme faux sourire et me dirigeai vers un escalier pour monter à l'étage du dessus. J'observai Lexa et quand je fus sûre qu'elle soit sortie du bâtiment, je redescendis l'escalier en courant et me dirigeai vers le troisième jardin. J'avais vu partir Raven sans Octavia, elle serait peut-être arrivée là-bas avant moi. Et en effet, une fois que j'eus poussé les branches du tilleul faisant office d'entrée, je vis Raven, debout, adossée au cerisier, regardant dans ma direction. Elle était belle dans cette position, le vent agréable faisait voler doucement ses cheveux et son regard était intense, comme si elle avait deviné pourquoi je l'avais fait venir ici. Quand je fus à bonne distance, elle retira son dos de l'arbre et s'assit sur le sol en tailleur, je l'imitai. Nous étions seules.

- C'est rare que tu veuilles me parler en privé, Clarke, je suppose donc que ça a un rapport avec Lexa.

- Comment tu… ?

- Ça se voit sur ton visage.

- Je ne savais pas que j'étais si transparente, enfin…

Je me raclai la gorge.

- J'ai deux questions importantes à te poser. La première est peut-être très délicate.

- J'écoute, dit Raven calmement.

- Que s'est-il passé le jour de l'accident qui a tué Costia ? On m'a dit que tu étais restée silencieuse sur ce qui est arrivé dans le bus.

Je posai d'abord cette question, gardant le ruban dans ma poche pour la deuxième partie de mon interrogatoire. Je voulais en premier être sûre et certaine que Costia était bien morte et que la personne que l'on prénommait Lexa était bien la vraie Lexa. Ma deuxième hypothèse ferait l'objet de ma seconde question. Après avoir fini ma phrase, le regard de Raven s'assombrit instantanément, ses prunelles intenses me glacèrent le sang. Il faisait une chaleur presque insupportable, mais un frisson me parcouru des pieds à la tête. Un long silence s'installa.

- Je… Je ne peux pas parler de ça… finit par dire Raven en regardant le sol.

- Pardon, je ne voulais pas te presser…

Puis, sans que je puisse l'anticiper, des larmes roulèrent sur ses joues.

- Zut, Raven, non ! Je ne voulais pas, je suis désolée !

- Non mais c'est pas ta faute…

Je la pris dans mes bras. Ses pleurs redoublèrent. Elle m'avait semblé la plus forte de toutes mes amies et là, je la voyais désemparée, si faible, si fragile, on aurait dit que son cœur allait exploser. Ma gorge se noua sous l'émotion, je ne savais plus quoi faire, j'étais tétanisée. C'était si déchirant de l'entendre sangloter ainsi.

- De toute façon, j'ai besoin d'en parler à quelqu'un, chuchota-t-elle, tu veux bien m'écouter, Clarke ?

- Évidemment ! Et tu peux également compter sur mon silence !

Elle me serra un dernier instant dans ses bras, profitant du réconfort de ma chaleur corporelle, puis elle se remit droite et essuya son visage avec un mouchoir. Elle essaya de contenir ses larmes, même si quelques-unes réussissaient à s'échapper. Sa voix était tremblante.

- Comme tu le sais déjà, ça s'est passé un peu avant Noël. Costia et moi étions dans le bus pour aller faire des courses. Je… m'en rappelle comme si c'était hier. On était debout à l'arrière du bus parce qu'on venait de laisser nos places à un couple âgé. Puis, on a entendu un klaxon et là, on n'a plus rien compris, tout s'est passé si vite ! Le bus a freiné sec et il s'est renversé sur la chaussée. Je crois qu'on s'est fait percuter par plusieurs voitures, c'était à un carrefour, on a donc dû se prendre des voitures dans plusieurs sens. J'ai dû perdre conscience quelques instants, parce que quand j'ai ouvert les yeux, j'étais allongée sur le sol du bus, Costia était juste à côté de moi. C'était affreux, sa tête saignait, mais elle était consciente. Dès qu'elle a vu mon regard, elle a appelé mon nom.

Elle marqua une courte pause pour reprendre son souffle.

- Ça sentait la fumée, j'ai regardé un peu plus loin et j'ai vu des flammes, le moteur avait dû prendre feu. Je me suis levée en titubant, mais son corps était coincé sous, je n'ai même pas compris comment c'était possible, sous une carcasse de voiture qui s'était encastrée dans l'arrière du bus. C'est là que j'ai vu que le conducteur était mort, j'ai failli en vomir, et j'ai remarqué l'étrange silence qui nous entourait. Personne ne gémissait. Ils étaient tous morts sur le coup. C'était d'une violence affreuse, mais j'étais trop préoccupée par le début d'incendie pour m'en soucier. Je devais nous sortir de cette cage au plus vite. Je me rappelle avoir rassuré Costia en lui disant que j'allais la sortir de là à coup sûr, j'essayais même de lui sourire. Elle-même me rassurait, me disant que tout allait bien se passer, qu'il fallait que j'attende les urgences. Mais je ne voulais pas la laisser sous cette merde, je voulais la faire sortir de ce putain de bus qui se transformait en fourneau…

Sa voix se coinça une nouvelle fois dans sa gorge. Ses larmes cessèrent, son regard se perdit dans un vide intense. J'imaginais très bien la scène horrible qu'elles avaient dû vivre.

- Je voulais absolument la sortir de là ! Je ne pensais pas que… Merde, je voulais juste la sauver ! Mais les pompiers, l'ambulance, rien ! Personne n'arrivait ! Et évidemment, personne n'allait s'aventurer dans ce merdier ! reprit Raven en proie à une rage certaine. J'ai réuni toutes les forces que j'étais capable de donner et j'ai poussé le capot de la voiture qui écrasait Costia. Au début, rien, ça ne voulait pas bouger ! Mais à force, avec la pression, j'ai réussi à débloquer les choses et la voiture a glissé toute seule vers l'arrière. Et là… là…

Elle éclata de nouveau en sanglot, j'étais impressionnée par le flot de sentiments qui la submergeaient en cet instant, comme si elle était submergée par elle-même. Raven ne voulut pas de mon réconfort, elle tenait certainement à aller jusqu'au bout de son récit.

- J'ai rien compris ! Ça s'est mis à pisser le sang, il y en avait partout, il sortait de son thorax probablement, mais ça ne voulait plus s'arrêter ! Je l'ai vu mourir sous mes yeux ! Je l'ai vu perdre connaissance petit à petit ! Et le pire, c'est qu'elle était toujours en train de me répéter que ça allait aller, que tout se passerait bien ! Je l'ai prise dans mes bras, j'ai essayé de stopper l'hémorragie, mais rien à faire, ça ne voulait pas s'arrêter ! Puis, elle m'a lâchée. Sa main qui serrait la mienne a perdu toute pression. Plus rien. Rien. Le néant. Ma conscience s'est vidée après ça. Je me rappelle juste avoir crié avant de me faire attraper et sortir du bus par un homme robuste. Ensuite, je me suis réveillée à l'hôpital, avec la jumelle de la fille que je venais de tuer, juste à côté de moi, à me demander si j'allais bien.

- Mais, tu…

- Voilà, et depuis ce jour, je vis avec ça sur la conscience, mais je ne peux pas raconter ça aux autres ! Comment veux-tu que je leur annonce que Costia est morte par ma faute ?! À chaque fois que je vois Lexa, je vois Costia en train de mourir entre mes bras. Si je lui disais, elle me tuerait de ses propres mains ! Je suis un monstre… Merci de m'avoir écoutée, le fait que tu ne l'aies jamais connu me rassure, tu me jugeras peut-être moins…

- Raven !

Ma voix forte la fit réagir, car elle planta ses prunelles sombres et tristes dans les miennes.

- Tu dis n'importe quoi, Raven ! Tu ne l'as pas tuée, même si tu aurais peut-être dû attendre les secours, ils auraient sûrement fait la même chose que toi et elle serait morte quand-même. Et même s'ils avaient réagi autrement, vu la blessure que tu décris, elle n'aurait probablement pas survécu longtemps. Dans tous les cas, sa mort n'aurait jamais été ta faute. Te juger ? Pourquoi je te jugerai ? Tu as juste voulu sauver ton amie, tu n'as absolument rien à te reprocher, Raven ! Tu as fait ce que n'importe qui aurait fait. Et en plus de ça, tu as fait preuve d'une grande force. Même si ce n'est qu'une façade, tu sembles être celle qui a le mieux vécu cette situation, peut-être justement parce que tu sais comment elle est morte. Mais tu ne l'as pas tuée.

- Mais qui te dit que les autres penseront comme toi ? Je suis sûre que Lexa sera remplie de rage !

- Raven… Il faut que tu acceptes que même en passant ta vie à te morfondre, Costia ne reviendra pas. Quoi que tu aurais fait, elle serait sûrement morte. S'il te plaît, arrête de te torturer. Tu es quelqu'un de bien, Raven. Maintenant que tu m'en as parlé, je pense qu'il est tant que tu en parles aux réelles concernées, elles ont besoin de savoir la vérité, tu ne penses pas ? Ou au moins fait le pour Lexa, elle a besoin de savoir ce qui s'est réellement passé. Je t'aiderai si tu veux, je serais là pour te soutenir, mais tu ne peux plus vivre avec ce fardeau, c'est trop lourd pour tes seules épaules.

- Clarke…

Ses larmes redoublèrent encore une fois et cette fois, ce fut moi qui me jetai sur elle pour la prendre dans mes bras. Je la serrai du plus fort que je pus, lui caressant fortement les cheveux pour essayer de l'apaiser. Elle pleura longtemps, moi qui avais promis à Lexa de la rejoindre vite, j'allais être plus longue que prévu, mais tant pis, j'avais besoin de réponses. Finalement, je desserrai mon étreinte et elle se redressa, sortit son mouchoir de sa poche et se moucha. Puis, elle se racla la gorge.

- Merci de m'avoir écoutée et consolée, ça m'a fait un bien fou de… te dire ça…

- Promets-moi de reprendre confiance en toi, par rapport à cette histoire, tu n'y es pour rien, d'accord ?

- Je te le promets, Clarke… Mais, tu avais une autre question ?

- Oui… Eum, celle-là est délicate plutôt pour moi.

Je marquai une pause, il y eut un petit silence assez pesant, puis je fourrai ma main dans ma poche pour en sortir le ruban.

- Explique-moi ça, dis-je en lui montrant l'inscription sur le bout de tissu.

- Mais je croyais que…

- Lexa ne sait pas que je l'ai.

Elle ne répondit rien, attrapa le ruban et le caressa entre ses doigts. Sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche, ses lèvres formèrent les mots "Costia Woods".

- Pourquoi tu me demandes ça à moi ?

- Parce que je suis sûre que tu me répondras et à ce sujet, c'est toi qui m'as déjà révélé les choses. Mais si c'est trop dur pour toi, je ne t'oblige pas.

- Non, il n'y a pas de soucis, mais vis-à-vis de Lexa, je me demande si c'est à moi de te dire ça…

- Tu sais très bien qu'elle ne me dira rien d'elle-même.

- Tu as raison, mais promets-moi une chose : ne juge pas trop vite, il va falloir que tu fasses preuve d'une grande ouverture d'esprit.

Ceci ne me rassurait pas, mais j'acquiesçai.

La suite ce week-end :D