Heeeey ! Chapitre du jour, je l'avais oublié celui-là, mais… il se passe des choses… je… moi-même je n'assume pas avoir écrit ça hahah ! Ça reste important pour la suite de l'histoire, alors enjoy !


Finalement, le mois d'octobre arriva. En ce lundi premier octobre, une affiche accrochée sur le panneau du hall du dortoir indiquait que les changements d'uniforme (car nous devions passer à l'uniforme d'hiver) se ferait le lendemain de l'épreuve des Princes. Je me demandais s'il y avait une symbolique à tout ça, mais au moins, voilà un évènement qui me rendait heureuse. Je n'avais vu les uniformes que sur la brochure de l'école, j'avais hâte de voir ce qu'ils donnaient en vrai. Au déjeuner, Lexa et moi n'étant pas réconciliées, nous étions toujours assises à l'opposé, le sujet des uniformes fut abordé.

- Je n'aime pas les uniformes d'hiver ! s'insurgea Octavia.

- Pourquoi ? demandai-je, étonnée.

- Alors que ceux d'été sont strictement identiques, ceux d'hiver comportent quelques différences selon les pavillons, commença Gaïa, et Octavia n'aime pas ce "marquage", car cela lui rappelle qu'elle et Raven, aux yeux des rivalités, ne forment pas un couple légitime.

- Ça fait un peu XVᵉ siècle dit comme ça ! intervint Niylah.

- C'est symbolique, symbolique ! répliqua Octavia. Je n'aime pas cette marque de différence, nous sommes toutes des élèves des Orchidées, pourquoi nous séparer en deux ?

- Et elles consistent en quoi ces différences ? m'informai-je.

- Le costume d'hiver est une robe, assortit d'une veste si besoin est. Le buste de la robe est cousu en trois parties, et celle du milieu, dans le dos, est blanche ou mauve, selon le pavillon. Pour la veste, c'est la même histoire, soit entièrement mauve, soit entièrement blanche. Après, évidemment, nous conservons notre cravate et notre ruban, ce qui fait deux signes distinctifs de plus qu'en été. Donc, quatre signes en hiver, trois dans le cas de Raven et Octavia qui n'ont pas un ruban assorti à leur cravate, expliqua très précisément Gaïa.

- Et, Octavia, ça t'attriste ?

- Oui !

- Si j'en avais le pouvoir, je reformerais ça, lui dis-je en joignant un clin d'œil à ma parole.

- Seul le couple président pourrait en faire une demande à la directrice… chuchota Niylah, consciente qu'elle lançait une bombe dans la conversation.

Évidemment, Lexa et moi deviendrions peut-être le couple président et je serais donc vraiment en pouvoir de changer les uniformes. Cette allusion jeta un froid glacial à notre tablée. Lexa, qui n'avait rien dit depuis le début, se leva brusquement, son plateau à moitié entamé, et sortit de table, le regard perdu dans le vide. Son départ mit un terme à toute conversation pour la journée.

Point de Vue Niylah :

Avant leur dispute, Lexa et Clarke faisaient souvent des matchs de tennis l'une contre l'autre. Depuis un mois, un peu plus, je devais jongler avec les deux. Personnellement cela m'arrangeait, en temps normal, je jouais contre Echo, la représentante du pavillon blanc au Conseil, qui faisait également partie du club de tennis.

Aujourd'hui, en cet après-midi du samedi 6 octobre, et depuis leur dispute, nous alternions des matchs toutes les quatre. Echo contre Lexa, Echo contre Clarke, Echo contre moi, Lexa contre moi, et Clarke contre moi. Évidemment, jamais Clarke contre Lexa. Echo, en bonne aînée, n'avait jamais cherché à savoir le pourquoi de leur mal entente, elle avait sagement accepté ces nouveaux roulements pour nos matchs.

Je n'avais jamais remarqué, mais ce fut grâce à ce système que je pus entrevoir un ruban mauve noué à l'extrémité de ses cheveux. J'avais tout de suite eu envie de prévenir O', histoire de lui montrer qu'il n'y avait pas qu'elle qui avait échangé son ruban avec une fille du pavillon opposé, j'espérais ainsi faire diminuer son impression de trahison. La curiosité m'avait piquée, je voulais savoir avec quelle membre du pavillon mauve Echo avait échangé son ruban, mais ce n'était pas mes affaires et je n'avais pas à m'en mêler. Il ne me restait qu'à faire des hypothèses et je penchais fortement pour Harper, la représentante du pavillon mauve au Conseil. Il me suffirait de regarder la couleur de son ruban la prochaine fois que je croiserai son chemin.

Je jouais contre Echo, Clarke et Lexa en profitaient pour faire une pause. Comme nous ne faisions pas un match très sérieusement, j'engageai la conversation, les balles rythmant nos paroles.

- Dis-moi, Echo, toi et Jurina avez eu votre mot à dire dans l'organisation des épreuves pour l'élection ?

- Un peu, nous avons fait plusieurs réunions avec Ontari et Anya. C'est Harper et moi qui avons proposé les deux premières épreuves, mais sinon, tout le reste, c'est le couple président qui a fait le bouleau.

- Wow, ça leur en fait du boulot ! Et elles ont quand même les meilleurs résultats parmi les troisièmes années !

- Le couple président parfait ! D'ailleurs, en parlant des élections, continua-t-elle en faisant le service, j'espère qu'il ne pleuvra pas demain !

Je ratai la balle puissante qu'elle venait de m'envoyer et en profitai pour lever les yeux vers le ciel, tout en allant récupérer la balle jaune.

- C'est vrai, dis-je en servant à mon tour, qu'aujourd'hui le ciel se gâte. Les nuages derrière moi sont vraiment menaçants.

- Dans dix-trente minutes ça devrait tomber, espérons que ça sera fini avant demain 15 h 00 !

- Un peu avant même, sinon le sol boueux rendra l'épreuve plus difficile.

- C'est juste, mais ça rendrait le spectacle plus intéressant, non ? lança Echo en jetant un coup d'œilà Clarke qui observait notre match un peu plus loin.

Cette phrase mit fin à notre dialogue ainsi qu'à notre échange. J'eus le temps de jouer encore une fois contre Clarke et une contre Lexa avant qu'il ne se mette à pleuvoir à grosses gouttes. Nous dûmes écourter les activités de club et Lexa râla, car sauter à cheval sous la pluie allait être vraiment désagréable, surtout pour leur dernière répétition.

Avec les membres du club, nous restâmes à l'abri dans le local où nous rangions le matériel. Comme la pluie ne cessait pas, nous nous dispersâmes petit à petit en courant. Clarke et Lexa allèrent directement vers l'hippodrome, quant à moi, je fonçai vers le dortoir. Lorsque j'y arrivai, j'y retrouvai Gaïa, Raven et Octavia, dans le hall.

- Niylah ! s'exclama Octavia. On t'attendait, nos activités viennent de finir et vu le temps, on s'était dit qu'on pourrait se réunir dans une chambre pour papoter un peu.

- Super idée ! On va chez qui ? lançai-je en rigolant.

Comme toute réponse, Raven sortit sa clef de sa poche, signifiant que nous irions dans notre chambre. Une fois en haut, Raven et Octavia prirent place sur le lit de Raven, et Gaïa et moi sur le mien qui, ces temps-ci, était plutôt occupé par Clarke.

- Ah ! Octavia ! m'exclamai-je pour attirer l'attention.

- Oui ? répondit l'intéressée.

- Tu vois, Echo ?

- Oui, oui.

- Eh bien, elle a un ruban mauve dans ses cheveux !

- C'est vrai ? s'enthousiasma O' en se levant prestement du lit pour se retrouver debout au milieu de la chambre les bras en l'air. Mais c'est génial !

- Je ne vois rien d'extraordinaire, répondit Gaïa.

- Mais si ! reprit Octavia. Elle fait partie du Conseil des Étudiantes, ça veut dire qu'elle pourrait parler au couple président pour faire valoir notre "différence" !

- Tu mènes ça comme un combat de discrimination, c'est un peu débile… renchérit Gaïa.

- Hé ! s'insurgea Raven en se levant à son tour, venant prendre la main de sa copine dans la sienne. Ne lui parle pas comme ça !

- Ça va, je rigole… Mais je ne comprends pas tes réactions à ce propos… répondit Gaïa en se levant, elle aussi, me laissant seule sur le lit.

- Tu n'y prêtes peut-être pas attention, reprit Raven en haussant le ton, mais entendre chuchoter dans notre dos des propos qu'on n'a pas envie d'entendre, c'est pesant à force. Surtout en période d'élections, les, entres autres, "traîtres", "sympathisantes", ça va cinq minutes ! On se croirait revenu en 1945 en Europe, alors qu'on parle juste d'un bout de tissu, c'est n'importe quoi !

- Arrête de te plaindre bon sang ! Toutes les filles qui soutiennent le couple candidat opposé à leur pavillon reçoivent les mêmes remarques. Et puis, tu sais très bien que ce n'est rien comparé à ce qu'ont vécu Costia et Lexa !

Cette phrase jeta un froid atroce dans la pièce. Raven en eu le souffle coupé. On sentait qu'elle ne voulait pas se disputer avec une de ses meilleures amies et, en même temps, une tristesse naissante s'installait sur son visage. Personne dans cette pièce n'aimait prononcer ou entendre le prénom de notre défunte amie.

- Je… excuse-moi, Raven, je n'aurais pas dû dire ça, je comprends tes problèmes… Pardon.

- Barf ! C'est pas grave va ! répondit Raven en se grattant le haut du crâne.

Toujours assise sur mon lit, voulant détendre l'ambiance, je lançai un autre sujet.

- En parlant de Lexa, à cause de sa dispute avec Clarke, ça fait un bail qu'on n'a pas fait de roulements…

- Je ne veux pas passer pour une nymphomane, mais oui, tu as raisons, et ça me manque fortement, lança Octavia qui était muette depuis un moment.

- Nymphomane, nymphomane, hé ! Tout de suite quand on parle de roulement, vous pensez à ça !

- Hé ! Gaïa a décidé d'emmerder le monde aujourd'hui ! dis-je en rigolant.

J'attrapai le bras de Gaïa et réussis à la faire basculer sur le lit avec moi. Elle s'écroula en travers, la tête en pied de lit, à moitié avachie sur moi, et j'effleurai ses lèvres avec les miennes.

- Ne me dis pas que ça ne te manque pas à toi non plus, mmh ? lui demandai-je en la fixant du regard.

- Euh, je… si… finit-elle par chuchoter.

J'entendis Raven et Octavia rire légèrement, puis j'embrassai Gaïa, vraiment cette fois. Nous échangeâmes un long baiser passionné. Je m'attendais à ce que nos deux autres amies manifestent leur présence, ou nous prient de nous arrêter, mais il n'en fut rien. Je les entendis s'allonger sur le lit et, du coin de l'œil, je les vis s'embrasser elles aussi. Je me décoinçai de sous le corps de Gaïa, me mis sur elle, mes mains posées à côté de son visage. Puis, nos lèvres se retrouvèrent. Pendant ce second baiser, ma main droite chercha sa poitrine sous son t-shirt, mais elle me stoppa.

- Doucement, Niylah, on n'est pas seules…

- Ah, parce que tu crois qu'elles se gênent, elles ?

Je pointai du doigt nos deux amies. En effet, nous pûmes constater que Rav', dans la même position que moi, mais dans l'autre sens du lit, avait une main qui s'évertuait à caresser la poitrine d'O' dont le souffle commençait à s'accélérer.

- On devrait peut-être aller dans ma chambre, proposa-t-elle.

- Qu'à cela ne tienne ! dis-je en emprisonnant ses lèvres violemment pour lui stipuler que je ne bougerais pas d'ici.

Elle n'émit aucune résistance et ma main reprit la place qui lui était due, sur la poitrine de ma petite amie. Je n'avais pas forcément envie de dévoiler nos corps devant O' et Rav', mais de ce que je pouvais apercevoir, elles non plus n'avaient pas décidé de se dénuder devant nous. Nous ferions donc cela assez discrètement. Je baissai le soutien-gorge de Gaïa pour qu'il ne me gêne pas et frottai doucement mes dix doigts sur ses mamelons durcit. En même temps, je remontai un genou pour le caler entre ses jambes et le frotter minutieusement contre sa culotte que je devinais humide. Les gémissements d'Octavia furent bientôt rejoints par ceux de ma partenaire.

- Raven…

Entendis-je susurrer O'. Ce fut comme un duel lancé à mon égard, enfin, je le pris comme ceci et activai ma main droite sur la poitrine de Gaïa. Cette dernière soufflait de plus en plus et, sans que je m'y attende, elle passa sa main glacée sous mon t-shirt et tira sur mon soutien-gorge pour qu'il libère mes seins. Un hoquet de surprise me saisit, mais je repris bien vite de m'amuser avec sa langue, pendant que ces doigts gelés, qui me procuraient un effet de picotement, s'épanouissaient sur mes tétons. Son autre main entreprit le même chemin que mon genou avait pris précédemment. Maintenant, j'étais moi aussi en proie au désir. À ce que j'entendais, Raven aussi. Il semblait que cela ne nous était pas arrivé depuis un bon bout de temps à toutes les quatre.

Je retirai mon genou pour aventurer ma main sur la culotte de Gaïa. Sans plus attendre, j'introduisis ma main à l'intérieur. À ce contact, l'être allongé entre mes bras émit un gémissement plus fort que les autres, qui en entraîna bien plus encore. Mon index jouait avec son sexe pendant que mes lèvres lui suçotaient doucement le cou, les joues, le nez, les lèvres. Gaïa gémissait encore et toujours, sans s'interrompre. Comme pour y répondre, O' se mit, elle aussi, à souffler plus fort. Je jetai un autre coup d'œil au couple à côté de nous et vis Raven et Octavia, toutes deux frémissantes de plaisir, leurs mains tremblantes cachées sous les vêtements de l'autre.

Je ne détachai pas mon regard de mes deux amies, prenant presque un malin plaisir à les observer. Puis, soudain, les yeux de Raven croisèrent les miens. Nos pupilles se fixèrent, aucunes de nous deux ne voulions cesser de nous regarder. Je la voyais gémir, je la voyais prendre du plaisir, alors qu'à ce moment même, Octavia avait, vraisemblablement, pénétré en elle, tout en lui embrassant le cou. Je râlai de plaisir à la même fréquence qu'elle et, toujours, nous nous regardions intensément. J'avais l'impression que le désir augmentait parce que je la regardai, j'aurai presque eu envie d'aller embrasser ses lèvres entrouvertes. J'avais une soudaine envie d'aller lui faire l'amour, alors que c'était ma meilleure amie. À bien y réfléchir, je n'étais bien que dans les bras de GaÏa. D'ailleurs, cette dernière m'arracha au regard de mon amie, en posant une main sur ma joue pour que je tourne ma tête vers elle. Je lâchai Rav' des yeux et replongeai ma bouche sur celle de ma partenaire au moment où elle pénétra ses doigts froids en moi. Nous nous pénétrions maintenant à l'unisson, toutes les quatre à l'unisson. Je ne pensais plus qu'à Gaïa, bien qu'il soit dur d'omettre les gémissements d'à côté.

- Niylah… chuchota ma promise.

J'étais dans une plénitude telle que je ne l'entendis presque pas. À force de persévérance, et à bout de souffle, Gaïa et moi jouîmes au même moment, nos lèvres et nos langues s'entrechoquant sous la violence de nos tremblements. Mes oreilles retrouvant peu à peu leur sensation, je pus entendre mes deux amies, à quelques décimètres de nous, jouir à leur tour, en même temps aussi. Peu à peu, nous reprîmes toutes notre souffle. Chacune, nous nous entendions respirer.

J'étais allongée sur mon amante et je la regardai tendrement, pendant que nos cœurs tambourinaient dans nos poitrines, répondant l'un à l'autre. Au bout de dix minutes, je baisai vivement les lèvres en face de moi et m'assis sur les hanches de Gaïa. En face, je vis Raven m'imiter, puis, lentement, nos deux visages se tournèrent, de telle sorte que nous nous regardions. Je fus de nouveau plongé dans l'océan d'encre de ses yeux. Puis, d'un coup, comme si la situation s'y prêtait, toutes les deux, nous éclatâmes de rire. Un rire ni forcé ni gêné, non, un rire sincère, un de ces rires qui vous coupent la respiration et vous engourdissent les joues. Nous étions juste heureuses, joyeuses et l'étrangeté de la situation nous apparut comme une bonne blague. Bien vite, Octavia et Gaïa se joignirent à notre fou rire.

Point de Vue Clarke :

Samedi 6 octobre fut notre dernier après midi d'entraînement. Nous étions au point, mais nous n'étions pas réconciliées pour autant. Nous avions fait plusieurs courses reproduisant l'épreuve avec notre couple adversaire. Ces essais ne nous permettaient pas de prévoir qui allait gagner, car nos victoires étaient à peu-près équivalentes. Ce soir-là, après notre ultime entraînement - Lexa et moi nous occupions chacune de notre côté de notre cheval - quand Emori et Luna s'approchèrent de nous. La seconde s'approcha de Lexa pour câliner Saya et la première de moi pour chouchouter Somaki.

- Donnez-leur un sucre chacun avant l'épreuve, ça devrait les adoucir, nous dit Luna.

Ce conseil m'étonna, n'aurait-elle pas dû éviter de nous dire cela si elles voulaient gagner ? Son amour pour ce cheval dépassait peut-être tout désir de victoire, c'était beau dans un sens. Après un petit instant, elles se retirèrent en nous souhaitant bonne chance pour le lendemain, nous leur retournâmes leurs encouragements et nous échangeâmes même quelques poignées de mains. J'allais partir en avance pour éviter de rentrer en compagnie de Lexa, quand elle me héla.

- Clarke !

- Oui ? répondis-je en me retournant, espérant qu'il allait se passer quelque chose de bien.

- Pour demain, ça serait mieux qu'on arrive en même temps au stade, pour l'image, tout ça… Rendez-vous dans le hall à 14 h 30, d'accord ?

- D'accord.

Je n'avais pas d'autre choix que d'accepter, une fois ma confirmation faite, je m'en allai en pressant le pas.

Il y avait deux mois de cela, j'avais hâte de faire cette épreuve, aujourd'hui, j'avais peur, je ne voulais pas y être. C'était trop dur pour moi d'être en compagnie de Lexa. Je la haïssais depuis ma conversation avec Raven, mais, surtout, j'étais inexorablement amoureuse d'elle et la situation me faisait souffrir. Je repensais à tout cela quand Raven sortit de la douche.

- Clarke, toi et Lexa, vous m'inquiétez, ça va faire plus d'un mois que tu as changé de chambre. Il n'y a vraiment aucun moyen pour vous réconcilier ? Pas quelque chose que je pourrais faire ?

- Je sais que tu te sens coupable, mais, vraiment, il n'y a que Lexa qui puisse faire quelque chose, ou moi, mais je ne pourrais jamais faire comme si de rien n'était, j'attends qu'elle vienne s'expliquer elle-même.

- Faudrait peut-être lui rappeler qu'elle doit s'expliquer.

- Si elle ne le comprend pas seule, c'est vraiment qu'il y a un problème, et dans ce cas, je n'ai pas besoin d'être amie avec elle.

- Je suppose que tu as raison…

Elle ne trouva plus rien à dire, nous allâmes nous coucher en silence.

Le jour fatidique arriva enfin. Je n'avais nullement envie d'enlacer la taille de Lexa à cheval devant toute l'école et pourtant, j'allais devoir m'y résoudre. La matinée fut assez banale et je n'étais pas si stressée que cela, juste une grande envie de ne pas y aller. À 14 h 30, j'étais bien obligée de me trouver là, devant le dortoir, à attendre Lexa. Lorsqu'elle arriva, je ne dis aucun mot et nous nous dirigeâmes vers l'hippodrome, dans un silence pesant comme jamais il n'y en avait eu entre nous. Nous arrivâmes à destination dix minutes plus tard et nous dirigeâmes directement dans les boxs. Les gradins étaient pleins, on entendait l'impatience de la foule. Nos deux adversaires et le couple président se trouvaient dans l'écurie.

- Bien, il ne vous reste que quelques minutes pour préparer vos chevaux et venir sur la piste, commença Ontari. Je voulais juste vous rappeler que cette épreuve est avant tout un show que les élèves attendent avec impatience depuis un bon moment, essayez de ne pas les décevoir. J'ai confiance en vous.

- Bonne chance, ajouta Anya.

Cette phrase m'avait semblé plus dure que tout ce qu'elles avaient pu nous dire auparavant. Nous les remerciâmes et elles s'en allèrent. Aucun mot ne s'échangea dans ces derniers instants, nous n'entendions que le bourdonnement des spectatrices et les hennissements des chevaux. Une fois Somaki, Saya, Hatsuharu et Mawashi, nos quatre chevaux, prêts, nous nous dirigeâmes ensemble vers la piste.

Dès notre entrée, le public cria. Nos quatre prénoms se mélangeaient à la foule, certaines tenaient des banderoles. Niylah, Gaïa, Raven et Octavia brandissaient toujours la banderole siglée "Clexa". Cela me mit mal à l'aise, mais je n'y prêtai pas attention, elles nous soutenaient de tout leur cœur, c'était ce qui comptait.

L'ovale d'herbe avait été aménagé comme nous l'avions vu lorsque le couple président nous avait fait une démonstration de l'épreuve. Il y avait deux fois le même parcours, composé chacun d'un slalome et d'une course de saut d'obstacle juste à côté. À une extrémité, se trouvait la ligne de départ, qui serait ensuite remplacée par la ligne d'arrivée. À l'autre extrémité, se trouvait l'estrade que j'allais devoir atteindre pour attendre mon "cavalier". Je me demandais ce que Emori et Luna nous avaient réservé comme show, cela ne m'étonnerait guère qu'elles s'embrassent, comme elles savaient si bien le faire en public. Une certaine forme de jalousie me serra la poitrine.

Nous nous alignâmes toutes les quatre devant la ligne de départ, puis Anya, sur l'estrade en compagnie d'Ontari, prit la parole au micro.

- Nous vous présentons la troisième épreuve de cette compétition. La course d'équitation princière. L'épreuve est simple. La princesse va parcourir un slalom pour arriver sur l'estrade où je me trouve en ce moment. Une fois sur celle-ci, elle devra lever les deux bras pour stipuler à son cavalier qu'il peut s'élancer afin d'affronter le saut d'obstacle. Une fois le prince près de sa promise, ils devront faire le parcours de sauts dans l'autre sens. Le premier couple qui aura franchi la ligne blanche d'arrivée, qui nous sert aussi de départ, aura gagné. Je vous rappelle que le couple perdant se verra obligé d'exécuter les tâches ménagères de son pavillon pendant deux semaines. Sur ce, que les meilleures gagnent !

Anya reposa le micro, Ontari se saisit d'une espèce de pistolet, prévu pour l'occasion, et tira un coup, à blanc, en l'air. Aussitôt le bruit ayant retenti qu'Emori et moi nous précipitâmes sur notre cheval. Elle monta plus vite que moi, mais je réussis à la rattraper en début de slalom. Somaki, que j'avais bien entraîné, ne fit aucune faute. Je vis hélas Emori finir avant moi le parcours. Elle arrêta Mawashi juste devant l'estrade et descendit prestement dessus. Au moment où je sortis du slalom, elle guida son cheval derrière l'estrade et revient se placer de son côté pour lever les bras. Luna monta Hatsuharu au moment où je déposai Somaki derrière l'estrade. Tout n'était pas perdu, nous pouvions gagner de précieuses secondes au moment où je monterai sur Saya avec Lexa. J'entendais les filles dans les gradins hurler. C'était assez comique les cris qu'elles poussaient. Puis, je levais les bras, alors que Luna entamait son premier saut, et Lexa sauta sur sa monture.

Je regardais Lexa évoluer sur le parcours, il était assez long et je ne pouvais rien faire pour aider en cette partie du jeu. Soudain, ma vision se flouta, les bruits s'éloignèrent et, comme pour me lancer un quelconque signe, il repassa dans mon esprit, la scène du moment où Raven m'avait appris la vérité sur Costia.


Vous savez ce que ça veut dire… ça veut dire que ce week-end vous saurez tout sur Lexa et Costia ! Alors accrochez-vous !