Désolée du retaaaard, mais voici enfin le chapitre du week-end ! Vous saurez tout et même un peu plus héhé ! Enjoooooy !


Je n'avais pas spécialement envie de m'en souvenir à ce moment précis, mais rien à faire, ses paroles raisonnèrent dans ma tête, la scène et la fin de soirée qui suivit se rejouèrent littéralement en moi :

- Tu avais une autre question ? demanda Raven.

- Oui… Eum, celle-là est délicate plutôt pour moi.

Je marquai une pause, il y eut un petit silence assez pesant, puis je fourrai ma main dans ma poche pour en sortir le ruban.

- Explique-moi ça, dis-je en lui montrant l'inscription sur le bout de tissu.

- Mais je croyais que…

- Lexa ne sait pas que je l'ai.

Elle ne répondit rien, attrapa le ruban et le caressa entre ses doigts. Sans qu'aucun son ne sorte de sa bouche, ses lèvres formèrent les mots "Costia Woods".

- Pourquoi tu me demandes ça à moi ?

- Parce que je suis sûre que tu me répondras et qu'à ce suje, c'est toi qui m'as déjà révélé les choses. Mais si c'est trop dur pour toi, je ne t'oblige pas, Raven.

- Non, il n'y a pas de soucis, mais vis-à-vis de Lexa, je me demande si c'est à moi de te dire ça…

- Tu sais très bien qu'elle ne me dira rien d'elle-même.

- Tu as raison... Mais promets-moi une chose : ne juge pas trop vite. Il va falloir que tu fasses preuve d'une grande ouverture d'esprit.

Ceci ne me rassurait pas, mais j'acquiesçai.

- Lexa et Costia se sont échangé leurs rubans six mois avant l'accident qui a tué Costia.

Je restai silencieuse et la laissai expliquer.

- Tu sais évidemment ce que représente l'échange de rubans. Lexa et Costia ne partageaient pas que de simples sentiments fraternels, elles n'ont même pas eu besoin de nous le dire, nous l'avions deviné par nous-même. Leur amour semblait si intense, qu'il ne leur était pas possible de le dissimuler. Lorsqu'elles étaient toutes les deux l'une à côté de l'autre, on était presque aveuglé par leur rayonnement de bonheur. Évidemment, elles auraient préféré que cela ne se sache pas. Elles se sont faites beaucoup critiquer, insulter, mais leur Amour était plus fort que n'importe quelle haine. Jamais on ne les avait vues autant souriante. Octavia et moi à côté, c'était de la gnognotte nos sentiments. Au début, nous aussi, ça nous a paru étrange, mais leur Amour paraissait tellement évidant qu'on s'est vite fait à l'idée. On a vécu de très bons moments toutes ensemble à cette époque. Leur rêve était de se présenter à l'élection du Conseil, mais elles savaient qu'elles seraient mal vues et qu'elles n'auraient aucune chance, ça les rendait tristes, mais elles restaient très joyeuses. Le bonheur était à son paroxysme quand l'accident qui a tué Costia est survenu. C'est comme si Lexa s'était fait couper l'herbe sous le pied, ça l'a détruite. Comme si son cœur était mort avec Costia.

Sa voix se bloqua dans sa gorge, elle était gênée. Quant à moi, j'avais les larmes aux yeux.

- La semaine qui a suivi sa mort, reprit Raven, Lexa était inconsolable, on se relayait pour la prendre dans nos bras, la rassurer, mais comme nous souffrions aussi, il était dur pour elle de se sentir bien. Elle a mis plus de quatre mois avant de reprendre la parole. Elle ne prononçait quasiment plus un mot, juste les choses utiles et si un prof l'interrogeait. Puis, peu à peu, elle a recommencé à s'amuser avec nous. Et tu es arrivée. Avec toi, ce fut la première fois qu'elle se remit à sourire. Tu l'as, comment dire, transformée, ou bien guéri, je ne sais pas, mais tu es quelqu'un de spécial pour elle.

- Si j'étais si spéciale, elle m'aurait parlé de Costia, au lieu de se moquer de moi ! criai-je presque en pleurant tout en me jetant dans les bras de Raven.

Elle m'accueillit avec douceur et me caressa gentiment le dos.

- C'est parce qu'il lui était tout simplement impossible de prononcer son nom, rien que d'y penser, elle aurait fondu en larmes, elle voulait t'épargner ça, je pense. C'était pour ton bien, Clarke.

- Plusieurs fois, on a failli s'embrasser, plusieurs fois, elle m'a confondue avec elle ! Elle se fou simplement de moi ! Elle est toujours amoureuse de… sa sœur !

- Oui, elle sera probablement amoureuse d'elle toute sa vie, mais je pense qu'elle peut quand même partager l'amour d'une autre personne.

- J'ai l'impression qu'elle joue avec moi, comme si… comme si j'étais là pour lui faire oublier Costia. Je veux bien l'aider, mais pas comme ça, elle ne peut pas se servir de moi et jouer avec mes sentiments !

Mes larmes continuaient à couler de plus en plus intensément.

- Je ne sais pas ce qui se passe dans le crâne de Lexa, mais je pense qu'elle n'est pas de ce genre, tu devrais essayer de lui parler avant de lui en vouloir, tu ne crois pas ? me dit Raven au creux de l'oreille.

Sa présence était réconfortante. Je la jalousais, elle avait l'air si heureuse quand elle était avec Octavia. Moi aussi, je voulais d'un amour aussi parfait, ou bien aussi beau que celui d'Emori et Luna.

Raven avait raison, il allait bien falloir que je finisse par aller parler à Lexa. J'avais peur de ce qu'elle aurait à me répondre, j'avais peur qu'elle confirme mes angoisses, qu'elle me dise que oui, elle se servait de moi. Je préférais lui faire la tête plutôt que d'apprendre cela. Sauf que je savais très bien que je n'arriverais pas à garder cela pour moi et à faire comme si de rien n'était en embrassant Lexa. Je savais enfin la vérité sur Costia, je ne pouvais pas l'ignorer, je devais en avoir le cœur net et demander à la fille que j'aimais si ses sentiments étaient réciproques.

Raven me garda dans ses bras un bon moment avant que mes larmes ne cessent. Une fois calmée, je me défis de son étreinte.

- En tout cas, merci de m'avoir dit ce que je voulais savoir.

- Tu es quelqu'un de bien, Clarke, je pense vraiment que toi et Lexa pouvaient être heureuses ensemble, sans que traîne l'ombre de Costia dans les parages, je veux t'aider, alors je devais faire ça.

- Tu sais que tu es la seule à savoir que j'aime Lexa ?

- Oui, je sais, d'ailleurs, je pense que les autres ne s'en rendraient même pas compte ! ajouta-t-elle en rigolant. Mais je ne leur dirais rien, même à O', ne t'en fais pas. J'espère qu'elles le sauront en temps voulu, venant de vous deux.

Elle m'offrit un magnifique sourire qui me transperça le cœur, elle était vraiment d'une gentillesse renversante. Quelques larmes me montèrent aux yeux, mais je fis tout pour les retenir.

- Merci… Il va falloir que j'y aille, Lexa m'attend pour l'entraînement…

- Si tu veux mon avis, vu l'état dans lequel tu t'es mis, tu devrais plutôt éviter pour aujourd'hui. Il vous reste plus d'un mois pour vous entraîner, c'est suffisant.

- Ça se voit tant que ça, que j'ai pleuré ?

- Disons que tu as les yeux rouges… répondit-elle une nouvelle fois en souriant et en me caressant la joue.

- Mais je lui ai dit que je la rejoignais, elle va s'inquiéter…

- Je vais la voir si tu veux, je lui dirai que tu ne te sentais pas très bien et que tu avais besoin de t'allonger.

- Ça fait loin d'ici, l'hippodrome, tu ne devais pas passer un peu de temps avec Octavia ? Je ne veux pas te déranger.

- Je peux bien faire ça pour toi quand même ! Tu es mon amie, non ? Octavia comprendra, c'est pas quelques minutes qui vont changer quelque chose. En échange, distrais-moi Octavia en attendant que je revienne, veux-tu ? Je suis sûre que vous n'avez jamais eu de conversation toutes les deux, il est toujours bon de prendre du temps pour faire plus ample connaissance avec ses amies !

Elle souriait toujours autant, vraiment un ange cette fille.

- Merc, Raven, vraiment…

Elle se leva d'un coup et me tendit une main amicale pour m'aider à me remettre sur pied. Sous l'émotion passée qui m'entourait toujours, je chancelai légèrement, mais me remis d'appoint très vite. Juste avant de passer sous le tilleul, Raven m'attrapa par la main, m'arrêta, et déposa un bisou sur ma joue.

- Je crois en toi, Clarke, courage, ne baisse pas les bras, veux-tu ?

- Je vais essayer, je te le promets… Ce soir, je parlerai à Lexa, après le dîner.

- C'est une bonne chose !

Ce fut là que nos chemins se séparèrent, elle se dirigeant vers l'hippodrome, moi allant vers le dortoir, où je finirais bien par trouver Octavia.

Je n'avais pas totalement intégré ce que Raven venait de me dire, je ne comprenais pas encore très bien ce que cela signifiait, j'avais juste l'esprit terriblement embrumé. J'avais cessé de pleurer et tant que je ne croisais pas Lexa, je n'en ressentais pas le besoin.

En entrant dans le dortoir, je croisai Harper, représentante du pavillon mauve au Conseil des Étudiantes, je la saluai et, lorsqu'elle passa à ma hauteur, je remarquai qu'elle avait un ruban blanc noué dans les cheveux. Un violent pincement se fit dans mon cœur, j'apportai mes mains à ma poitrine, mais le mal passa vite et je repris mes esprits.

Je montai à l'étage et allai toquer à la porte de la chambre d'Octavia et Gaïa. Lorsque j'entrai, j'y découvris Niylah et Gaïa en train d'étudier, qui m'indiquèrent qu'Octavia se trouvait dans la chambre de Niylah et Raven, sûrement étudiant, elle aussi, en attendant le retour de sa compagne. Je pris donc la direction de l'autre pavillon et toquai. La voix d'Octavia, étouffée par la porte, m'invita à entrer.

- Salut ! Eum désolée de ne pas être Raven, mais, disons qu'elle me sert d'alibi, car je n'ai pas très envie d'aller m'entraîner aujourd'hui. Elle est allée prévenir Lexa et, en attendant, elle m'a chargée de venir te tenir compagnie !

- Eh béh ! répondit-elle en riant presque. Je t'en prie, entre donc, Clarke !

Je souris à mon tour et refermai la porte avant d'aller m'asseoir sur le sol, à côté d'elle.

- Il y a un bureau, pourquoi tu travailles par terre ?

- J'ai toujours préféré m'asseoir en tailleur que sur une chaise, je trouve ça plus confortable !

- Ma foi, pourquoi pas !

- Si ça te gène, on s'assoit ailleurs !

- Non, non, pas de soucis.

La conversation s'engageait inintéressante, mais je ne savais pas quoi lui dire.

- Pourquoi tu n'avais pas envie de t'entraîner ? Une lubie ?

- Mmh, disons que…

Je ne savais pas si je devais lui dire que j'avais appris la vérité pour Costia.

- Disons que j'ai appris certaines choses et que je n'ai pas très envie de recroiser son chemin pour le moment.

- Certaines choses ? J'ai peur de comprendre…

- Je… excuse-moi, mais je préfèrerai parler d'un autre sujet, j'ai déjà assez pleuré pour l'instant. Mais puisqu'on est toutes les deux, j'aimerais bien en apprendre plus sur toi ! Je ne te connais pas vraiment !

- Oui, pardon. C'est ça, toi aussi, tu pourrais me parler de toi !

Elle marqua une pause et reprit.

- Mmh, par où commencer… Je suis née dans la capitale, donc j'y ai toujours vécu, je connais cette ville comme ma poche ! Depuis que je suis toute petite, je rêve de monter un groupe, de monter sur scène, c'est pour ça que je fais partie du club de musique.

- Tiens, je savais que tu aimais la musique, mais pas au point d'en faire ton métier !

- Mon plus grand rêve est de connaître la célébrité. C'est peut-être un peu prétentieux et ça peut me faire passer pour une égocentrique, d'ailleurs, c'est sûrement un peu le cas, mais c'est surtout parce que je veux quitter cette Terre en y ayant laissé ma trace. J'aimerais ne pas disparaître après ma mort, qu'il reste mon souvenir pendant un temps. Je suis fan d'un groupe de rock, ils me permettent d'affronter la vie, ils m'ont redonnée le sourire dans les parties sombres de ma vie, ils m'ont, par exemple, aidée à me relever lorsque j'ai pris conscience de mon homosexualité. Je veux pouvoir apporter ce genre d'aide aux gens, j'aimerais pouvoir à mon tour aider ceux qui souffrent, en leur apportant ma joie de vivre et ma détermination.

- C'est une noble cause Octavia, je n'y vois vraiment rien d'égocentrique. C'est magnifique ce que tu m'as dit là. J'espère vraiment que tu y arriveras.

- Merci, répondit-elle en souriant, (elle avait un joli rire, mais pas autant que Raven, à mon humble avis), et toi, Clarke ? D'où viens-tu, où veux-tu aller ?

- Je viens d'une ville de bord de mer. Je ne suis pas vraiment une fille de la ville, mais dans cette école, je ne suis pas dépaysée, on se croirait sur une île à part ! Je suis allée dans une école qui faisait de la maternelle au lycée, j'ai fréquenté les mêmes personnes depuis ma naissance, du coup, je redoutais de venir ici, j'avais peur de ne pas réussir à m'intégrer et finalement, j'ai fait de superbes rencontres !

- Et tes amis ne te manquent pas ?

Le souvenir amer de Finn me revint en mémoire.

- Certains plus que d'autres, mais finalement, on se fait à leur absence.

- Et pourquoi tu es venue dans cette école en plein milieu du lycée ? demanda Octavia en se grattant le bout du nez.

- Ma grand-mère rêvait que j'aille à l'école des Orchidées, j'ai refusé la première année, voulant rester avec mes amis, mais lorsqu'elle est morte à l'automne, j'ai décidé d'intégrer l'école pour l'année suivante.

- Oh, pardon, je ne pensais pas…

- Ne t'excuses pas !

Il passa un petit moment sans que nous sachions quoi dire, puis je posai enfin la question qui me taraudait l'esprit.

- Dis-moi, Octavia, comment Raven et toi vous êtes-vous rencontrées ? Je sais que c'est grâce au club de musique, mais je n'ai jamais vraiment su comment tout s'était passé. Enfin, bien sûr, ne répond pas si ça te dérange !

- Non, non, il n'y a pas de soucis ! Eh bien, ni elle ni moi ne nous étions remarqué dans la classe, c'était un pur hasard qu'on se retrouve dans le même club. Le club, appelé aussi le groupe de l'école, ne réunit pas beaucoup de membres, on a donc vite appris à se connaître les unes les autres. Mais à vrai dire, Raven et moi, on se faisait la guerre…

- Non ? Sérieux ?! Je vous ai toujours vu comme un duo soudé !

- Je t'assure, rigola-t-elle, on était rivales, nous nous battions toutes les deux pour avoir la place de guitariste du groupe. C'était soit la basse, soit la guitare, mais évidemment, ni elle ni moi ne voulions la basse. Notre querelle a duré deux mois et demi, en classe, dans les couloirs, on faisait tout pour s'éviter. J'avais déjà fait la connaissance de Lexa et des autres, elles avaient eu l'occasion de lui parler et la trouvaient plutôt sympathique, alors elles me tannaient pour que j'essaye d'être plus cool avec Raven. Mais on était bornées, on voulait pas lâcher l'affaire ! Les autres membres du groupe en avaient marre, avec nos disputes, on ne pouvait pas vraiment commencer nos activités de club. Un soir, elles nous ont plantées toutes les deux dans la salle de répétition pour qu'on s'explique. Ça a vite chauffé, on s'est pas mal engueulé, sortant nos "arguments", essayant, instruments en mains, de prouver à l'autre qu'on était la meilleure. Puis, il a dû se passer quelque chose que je n'ai pas compris moi-même. On criait tellement, le fond sonore était tellement élevé que d'un coup, on s'est arrêté, net. On était toute proche l'une de l'autre. Et Raven a foncé sur mes lèvres. J'ai pas réfléchi, je lui ai rendu son baiser. C'était tellement intense, et le silence contrastait si violemment avec le bruit précédent que nous sommes tombées à la renverse, moi sur elle. Et on a continué à s'embrasser.

- Ahah ! Pas mal comme rencontre ! Tu te sentais attirée par elle ?

- Sans doute, mais j'étais si obnubilée par mon envie d'être guitariste, si emplie de jalousie, que je ne l'avais pas remarqué, et elle non plus. Ça s'est passé comme ça, sur un coup de tête, comme si ça avait fait "tilt" dans nos esprits !

- Comme dans un film, répondis-je en souriant.

La conversation continua un peu, puis Raven finit par revenir de l'hippodrome. Elle m'informa que Lexa avait gobé son mensonge sans sourciller. Je les laissai finalement dans leur chambre et regagnai la mienne, où j'allais devoir réfléchir à la situation, sur ce que je devais faire, dire à Lexa.

Une fois rentrée, je pris une douche glacée pour essayer de me remettre les idées en place. Je ne voyais pas comment j'allais aborder le sujet avec Lexa, peut-être qu'elle ne comprendrait même pas pourquoi je m'énerverais. Elle m'avait sûrement caché la vérité pour une bonne raison. Il fallait simplement que je lui demande des explications, mais mon tempérament était tel que je savais que j'allais m'emporter dès le début.

Une demi-heure plus tard, Lexa poussa la porte de la chambre, j'étais accoudée à la fenêtre, je l'avais d'ailleurs vu passer dehors, mais j'avais gardé ma position.

- Ça va mieux, Clarke ? me demanda-t-elle en entrant et en s'approchant pour m'entourer de ses bras.

Je la repoussai gentiment et me mis face à elle.

- Mmh, pas vraiment.

- Clarke… On va aller manger de toute façon, prendre des forces te fera du bien !

Je lui servis un faux sourire, elle alla se doucher, et une fois prêtes, nous descendîmes manger.

À table, l'atmosphère semblait normale. Raven évitait mon regard et j'essayai de ne rien faire transparaître.

Nous remontâmes dans la chambre, j'allais enfin pouvoir la sermonner à propos de Costia.

- J'aurais besoin d'explications sur certaines choses, dis-je alors que nous venions de pénétrer dans notre chambre.

- Quoi donc ? répondit-elle, s'en se soucier le moins du monde de ce que j'allais dire.

Elle voulut encore une fois m'enlacer, puis m'embrasser, mais je la repoussai de nouveau. Je me postai à moins d'un mètre d'elle et parlai.

- Je suis au courant pour Costia, dis-je simplement.

- Au courant de quoi ? fit-elle après avoir légèrement chancelé.

Elle avait évidemment compris.

- Toi, et Costia, ta jumelle, formiez un couple. Vous vous étiez échangé vos rubans. Et tu portais toujours le sien…

Après avoir lâché cette "bombe", je sortis le ruban de ma poche et le montrai à Lexa, dont le visage devint livide. Elle ne réagissait pas, le regard fixé sur le ruban, le silence dura au moins cinq minutes.

- Je veux juste des explications, repris-je après m'être raclée la gorge, pourquoi ? Pourquoi tu ne m'en as jamais parlé, pourquoi tu me l'as caché ? Est-ce que tu l'aimes toujours ? Est-ce que tu m'aimes ?

Son regard se détacha du ruban pour aller trouver ses pieds, et elle ne répondit pas. Encore quelque cinq minutes, je perdis patience et, comme prévu, je haussai le ton.

- Tu me dégoûtes, Lexa ! Pas seulement parce que t'as couché avec ta sœur, non, ça encore ça pourrait passer, mais surtout parce que tu ne m'as jamais rien dit ! Limite tu ne m'aurais jamais dit que tu avais une jumelle s'il n'y avait pas sa photo dans la chambre. Tu me dégoûtes ! répétai-je. Tu m'as cachée la vérité alors que tu m'as demandé d'être confiante ! Depuis le début, tu te fous de moi, depuis le début, tu joues avec moi. Je ne veux pas servir de substitut ! Soit tu m'aimes, soit tu ne m'aimes pas, il n'y a rien de compliqué ! Dis-le !

Je pensais que mes cris la feraient réagir, mais ses yeux se concentrèrent encore plus à fixer ses chaussures.

- Lexa ! Je veux juste une explication, je ne te demande pas la Lune ! Pourquoi ?

Cette fois, je lui laissai une bonne dizaine de minutes. Cela faisait déjà plus d'un quart d'heure que j'avais commencé à parler et rien n'avait avancé d'un pouce. Je fulminai à l'intérieur. C'en était trop ! Je me rapprochai rapidement d'elle et lui envoyai une gifle monumentale. Sa tête tourna sous le coup, mais elle ne bougea pas, ne porta même pas sa main sur sa joue pour apaiser le choc.

- Sors d'ici ! criai-je.

Je lui balançai le ruban à la figure. Elle l'attrapa et s'en alla avec hâte en claquant la porte. Quant à moi, je m'effondrai en pleure, à même le sol.


On se retrouve mercredi pour un retour au présent et la suite de l'épreuve à cheval !