Hey ! Un chapitre un peu plus long pour aujourd'hui. Vous allez voir, ça sent bon pour certaines et mauvais pour d'autres… enjoooooy !
À cause de la malveillance de Lexa, elle et moi nous retrouvions, à la fin des cours, à faire le ménage du pavillon blanc. Ce qui était établi selon un emploi du temps très précis :
- Lundi, nettoyage des fenêtres du fond de couloir.
- Mardi, un coup de balais dans la salle de la représentante du pavillon blanc au Conseil.
- Mercredi, repos pour cause d'activités de club.
- Jeudi, passage de serpillière dans le couloir.
- Vendredi, époussetage des décorations posées dans le couloir.
En temps normal, ces tâches étaient exécutées à tour de rôle par les filles de première année.
Les deux premiers jours de ménage se passèrent sans heurts, Lexa et moi essayant de nous appliquer. Jeudi, nous nous étions accordées pour nettoyer le couloir en partant chacune d'un bout à l'autre pour se rejoindre au milieu au niveau d'une nature morte qui représentait un pot de fleur.
Nous commençâmes à nettoyer chacune de notre côté, quand je vis Lexa accélérer le mouvement. Ayant peur d'être à la traîne, j'accélérai à mon tour et elle repassa à la vitesse supérieure. Je compris enfin qu'elle voulait faire la course, je ne réfléchis pas et me pris au jeu malgré moi. Tout en essayant de bien nettoyer, nous allions le plus vite possible, si bien que vers la fin, nous manquâmes de nous rentrer dedans lorsque nous arrivâmes vers la nature morte. Nos ballais s'entrechoquèrent et quelques rires nous échappèrent.
- Bon, égalité pour cette fois, on verra qui fait mieux la prochaine fois ! lança Lexa comme si de rien n'était.
- C'est cela ! Je vais t'écraser !
Un pincement au cœur m'accabla. C'était comme si rien ne s'était passé entre nous, nous avions gardé notre complicité. J'étais cependant toujours en colère. Je fis disparaître le sourire de mon visage et fis demi-tour pour ranger le matériel. Je lui dis vaguement au revoir et rejoignis Raven dans sa chambre.
Le lendemain, pendant la séance de ménage, il ne se passa rien, j'avais dû la vexer la veille en me braquant. Je lui avais promis de faire un effort… Mais je ne savais pas quoi dire ni quoi faire, je n'avais plus confiance en elle, redevenir son amie allait m'être difficile, il fallait que je lui redonne ma confiance. J'aimais néanmoins sa compagnie, j'avais donc décidé de faire un véritable effort et ce n'était pas des pensées en l'air !
Le samedi, comme prévu, Lexa et moi laissâmes nos amies pour retrouver nos deux adversaires et notre couple président pour la démonstration de l'épreuve aquatique. Nous avions été conviés en uniforme, mais lorsque nous arrivâmes près du bassin, après avoir salué Luna et Emori, nous découvrîmes, pour la première fois, Anya et Ontari dans leur maillot de bain scolaire. Je les voyais comme la représentation de l'autorité, je ne les imaginais pas en maillot ou bien même en train de prendre des notes en cours. Mais après tout, elles étaient des élèves comme les autres et, soit nos adversaires, soit nous, allions devenir comme elles.
- L'épreuve n'est pas compliquée à retenir, commença Anya après nous avoir saluées, elle demande seulement un peu de technique et de stratégie dans le choix des nageuses.
- Nous allons commencer, conclu Ontari.
Sans plus attendre, elles se mirent en position. Anya alla en tête du grand bassin, vers les plongeoirs, Ontari se posta à l'opposé, face à elle. Anya tenait un frisbee que je n'avais jusqu'alors pas remarqué et elle s'empressa de le lancer en face, 25 mètres plus loin. Ontari l'attrapa avec une aisance qui nous bluffa toutes. Elles continuèrent ainsi, faisant les dix passes convenues sans jamais laisser tomber l'objet à l'eau.
Ces filles représentaient aussi la perfection à mes yeux. Ces épreuves, elles les avaient inventées, elles avaient donc dû s'entraîner avant de nous les présenter, et elles trouvaient encore le temps pour réussir à nous donner une représentation parfaite. Vraiment, chaque fois, j'étais émerveillée. C'était ce à quoi je concourrai, je n'avais toujours pas mesuré l'ampleur du rôle qui pouvait m'attendre.
Une fois les dix passes terminées, Anya plongea instantanément dans l'eau, plongeon magnifique évidemment, qui mit ses courbes parfaites en valeur, son corps d'athlète perçant la surface et ses bras épousant l'eau lorsqu'elle avançait. En un rien de temps, elle arriva à l'autre bout et une fois que sa main se fut posée sur le rebord, Ontari s'élança à son tour, avec la même grâce. Elle fit l'aller-retour pour rejoindre Anya où elle l'avait quittée. Quand la deuxième nageuse toucha le mur, elles rejoignirent le point de départ et donc d'arrivée, à deux, à l'unisson. Elles sortirent de l'eau, toujours avec leur sensualité de sirènes, prirent des serviettes blanches pliées que je n'avais pas vu non plus, et s'essuyèrent efficacement le visage avant de s'enrouler dedans.
- Vous avez des questions ?
Nous mîmes toutes un temps avant de reprendre nos esprits.
- Il faut les clefs pour entrer ici, se lança Luna, donc, eum, pour nos entraînements, ça va se passer comment ?
- On vous fera parvenir un double des clefs demain, pas de problèmes, vous pourrez venir les week-ends et en soirée, comme pour l'épreuve précédente, répondit Anya.
- Je pense que vous saurez vous organiser toutes les quatre pour vous entraîner, finit Ontari.
Il y eut ensuite un blanc, j'avais l'impression qu'il manquait quelque chose.
- Vous pouvez venir nous voir si vous avez la moindre question, Ontari et moi sommes à votre disposition.
- On vous souhaite, bien sûr, bonne chance, aux deux équipes !
Évidemment, la courtoisie. Le tableau de la perfection était complet. Allais-je devenir comme ça si nous gagnions ? Je voyais sans problème Emori et Luna devenir des miss parfaites, mais Lexa et moi ? Déjà, je savais que notre relation allait s'améliorer, notre amitié allait se reconstruire. Mais pour ce qui était d'une possible relation de couple, je ne voyais pour le moment aucun espoir.
Je passerai les détails pompeux, mais nous avions décidés de nous entraîner en même temps que nos adversaires. Comme finalement, nous nous entendions plutôt bien, il n'y avait aucun soucis. Cela avait aussi un côté stratégique, de pouvoir comparer ses faiblesses avec celles de l'adversaire.
J'avais l'impression que nous venions tout juste de gagner l'épreuve d'équitation et pourtant, nous avions l'esprit déjà bien occupé avec l'avant-dernière épreuve. Plus l'échéance de la finale arrivait, plus nous stressions et plus les filles de l'école entraient en ébullition. Plus les jours passaient, plus nous, les quatre participantes, nous faisions accoster dans les couloirs pour accepter des cadeaux ou simplement pour répondre à des questions en tout genre. Je n'avais jamais goûté à la popularité et il était vrai que cela avait un côté plaisant. Plus de soucis pour trouver une place dans le réfectoire, nous pouvions nous asseoir où bon nous semblait, parfois même certaines filles nous laissaient leur place dans la fille d'attente. Mais nous n'en abusions pas trop, voulant garder une bonne image de notre maturité.
Le mercredi soir, nous nous entraînions juste après les activités du club de natation et certaines filles restaient pour nous regarder nous échauffer. Je trouvais cela assez bizarre, mais j'étais tellement concentrée que je n'y prêtais pas tant attention.
Les jours passèrent, les entraînements filèrent, Lexa et moi nous étions mis d'accord sur le fait que ce serait elle qui nagerait la première et donc moi qui ferais l'aller-retour. J'avais une meilleure endurance qu'elle. Nos échanges de frisbee s'améliorèrent aussi. Nos maintes et maintes chutes de l'objet nous avez fait parfois beaucoup rire, surtout les premières fois, nous partagions même des moments de rigolades avec Luna et Emori. Comme la fois où Lexa s'était pris leur frisbee mauve en pleine tête. Les échauffements nous rapprochaient, Luna, Emori, Lexa et moi, mais surtout ma binôme et moi. De plus, nous faisions toujours le ménage et passions donc énormément de temps ensemble.
Si bien que le dernier jour de nos corvées, un peu plus d'une semaine avant la quatrième épreuve, je regrettai que cela soit déjà finit. Nous étions en train d'épousseter les divers étranges objets dans notre couloir en ce vendredi 26 octobre, quand je me lançai.
- Lexa ?
- Oui ?
- Écoute, j'ai bien réfléchi, on s'est bien amusées depuis la fin de la troisième épreuve, je dois avouer qu'on a de nouveau passé de bons moments ensemble, que j'ai réussi à passer outre ma haine et que je suis, en quelque sorte, redevenue ton amie. Je ne t'ai toujours pas pardonné tes mensonges et j'attends toujours tes explications, mais pour le moment, je veux bien revenir dans notre chambre. De plus, je sais que Raven, Octavia, Niylah et Gaïa en ont rudement besoin pour leurs roulements (cette dernière pensée me rappela ce que l'absence de roulement les avait amené à faire toutes les quatre). Donc si tu le veux bien, une fois notre dernier jour de corvée fini, j'irai prévenir Raven et Niylah et je préparerai mes affaires pour revenir.
- Bien sûr que je le veux !
Un immense sourire étira son visage. Il me pinça le cœur, mais je devais faire avec cette douleur, je ne devais pas gâcher notre amitié pour une histoire débile. J'allais redevenir son amie et essayer de prendre sur moi côté cœur.
Nous finîmes notre époussetage et une fois que nous eûmes rangé, une bonne fois pour toutes, le matériel dans le local prévu à cet effet, je laissai Lexa pour aller préparer mes affaires.
Quand j'arrivai dans la chambre, Raven était là.
- Je vais retourner dans ma chambre, dis-je tout simplement.
- Ooh ! Vous vous êtes réconciliées ?
- Pas vraiment, enfin, on peut dire ça comme ça, je vais essayer de faire des efforts, même si je suis toujours vexée. Mais je sais que vous avez besoin de retrouver vos chambres et vos roulements.
- C'est gentil de t'inquiéter pour nous. Arf, c'est bête, mais, tu vas me manquer quand même ! lança Raven avec un sourire boudeur et en passant ses bras derrière sa tête.
Je m'approchai d'elle pour lui tapoter le haut du crâne et la prendre dans mes bras.
- Si tu veux parler, si tu as besoin d'un conseil sur quoi que ce soit, tu sauras toujours où me trouver !
Elle me remercia et m'aida à transporter mes affaires jusque dans ma vraie chambre. Une fois arrivée, Lexa nous aida, puis Raven nous salua avant de prendre les affaires de Niylah et d'aller prévenir les autres que cette dernière allait pouvoir revenir dans sa chambre. Je rangeai mes affaires dans le placard et mes cours dans les tiroirs et il n'y eut pas le temps d'avoir un moment de gêne, car nous dûmes descendre aller manger.
- Alors comme ça, Clarke, tu ne fais plus la tête ? me demanda Niylah.
Raven lui lança un regard noir, elle seule savait pourquoi Lexa et moi étions toujours en froid. Niylah ne pouvait pas se douter, du moins c'était ce que je pensais. Après tout, pendant que Niylah dormait avec Lexa, elle lui avait peut-être dit la vérité.
- Je me suis dit que c'était bête de bouder trop longtemps, il y a une bonne ambiance ici, je ne voudrai pas gâcher ça ! Et puis, Niylah, je sais très bien que tu attends avec impatience le retour de vos roulements, qui d'ailleurs pourrons commencer dès demain !
Je lui envoyai un magnifique clin d'œil qui la fit rougir malgré elle. Tout le monde eut un rire un peu gêné. Lexa enchaîna.
- Et puis comme ça, vous allez pouvoir retrouver votre meilleure amie ! Octavia et Gaïa, Raven et Niylah !
- Exactement ! surenchéri-je.
Mais en disant cela, je m'aperçus que le regard de Raven se perdit dans le vide. Je me rappelai soudain ce qu'elle m'avait confié. Quand elles avaient fait l'amour dans la même pièce, Raven avait eu l'impression d'éprouver quelques choses pour Niylah, redoutait-elle la confrontation ? Ou bien de se retrouver seule avec elle ? Zut, j'aurais dû lui en reparler avant de la laisser.
Leur gêne mutuelle s'effaça vite et les conversations habituelles reprirent. Je redoutais quand même l'instant où je me retrouverai seule avec Lexa. J'espérais qu'elle me parlerait enfin, mais il ne fallait pas trop rêver non plus.
Une fois toutes les deux dans la chambre, j'allais prendre une douche et lorsque je ressortis, je trouvais Lexa allongée sur son lit, les yeux humides.
- Clarke, je sais que tu veux entendre de ma bouche les raisons du pourquoi je t'ai caché la vérité. Et je t'ai promis que j'allais te parler, même s'il n'y a quasiment rien à dire, je t'ai promis que j'allais te dire clairement ce qui s'est passé entre Costia et moi et pourquoi je ne t'en ai pas parlé.
Elle s'assit sur son lit.
- Mais j'ai besoin d'un peu de repos encore, je préférerais te parler de tout ça au calme après la quatrième épreuve, quand le stress serra redescendu. Ce sera mieux, pour toi et pour moi. Ça évitera, je pense, les pleurs et l'énervement.
- Après l'épreuve, tu me le promets ?
- Je ne prends pas rendez-vous, mais je te promets que dans la semaine qui suivra je te parlerai.
- Merci. Je te suis reconnaissante, même si je ne te comprends pas vraiment.
Elle répondit vaguement qu'elle avait envie de dormir et se recoucha sans plus de politesse. Je fis de même.
Point de Vue Raven :
Cela faisait quelques semaines que je redoutais de me retrouver seule avec Niylah. Ce que j'avais confié à Clarke était en deçà de mes ressentis. Je n'avais pas juste fixé Niylah pour qu'ensuite cela provoque une pulsion sexuelle incontrôlée en moi, non, j'avais vraiment du désir pour elle, toujours rien de sentimental, mais cela restait une attirance forte. Grâce à la tension qui régnait entre Lexa et Clarke, je ne m'étais jamais trouvée seule à seule avec Niylah puisqu'elle ne dormait plus avec moi, mais ce soir, elle allait redevenir ma colocataire. Et j'avais peur que cette proximité accentue mes désirs.
Jusque-là je faisais avec, je pensais même pouvoir passer à autre chose, mais une Niylah qui allait se changer devant moi, qui allait sûrement me prendre dans ses bras comme nous le faisions souvent avant, allait réenclencher en moi des sentiments que je ne voulais pas ressentir. S'il y avait bien une chose que je ne voulais pas faire, c'était tromper Octavia. De plus, plus les jours passaient, plus il y avait des moments tendus entre Niylah et moi. Quand nous nous frôlions involontairement, c'était comme si un courant électrique nous parcourait et nous nous regardions toutes les deux, cernées par l'incompréhension. Dès que nos regards se croisaient, il se passait quelque chose d'indescriptible. Après tout, peut-être n'avais-je qu'à parler de cela avec Niylah pour qu'elle me rassure, elle restait ma meilleure amie.
Une fois de retour dans sa chambre, elle s'étala sur son lit, encore défait de la veille, car Clarke n'avait pas eu le temps de le refaire.
- Aaaaaah, enfin chez soi ! Enfin, je ne dis pas qu'avec Lexa c'était chiant, hein ! Mais ça fait du bien de te retrouver, mmh ?!
J'acquiesçai timidement, puis je secouai la tête, je devais arrêter de me poser un tas de questions.
- T'as beaucoup parlé avec Lexa ? demandai-je en m'asseyant aux pieds de Niylah.
Ma cuisse toucha, sans le vouloir, la plante de ses pieds nus et je vis son corps entier frémir, mais aucune de nous deux ne le fit remarquer.
- Comme toi avec Clarke, je suppose. J'ai essayé de savoir pourquoi Clarke lui faisait la tête, elle m'a dit que c'était à cause de Costia. Après, on n'en a plus trop parlé, je n'avais pas envie de la mettre mal à l'aise avec ça, donc bon, on a parlé de tout et de rien, de choses banales. Et vous ?
Lexa ne lui avait probablement pas révéler le fait qu'elles étaient en couple, je me tue sur ce point.
- Pareil, le gros de l'histoire, puis des conversations normales.
Sans compter le fait que je lui avais dit qu'on avait couché à quatre dans la même pièce. Évidemment, je ne formulai pas cette phrase à voix haute.
- J'ai hâte de pouvoir recommencer les roulements et de retrouver Gaïa demain ! Pas toi ?
- Évidemment ! O' me manque énormément ! répondis-je avec un vrai sourire.
- Parce que bon, la dernière fois, quand on était toutes les quatre, c'était un peu…
- Bizarre ?
- Oui, et tendu. Enfin, on n'aurait peut-être pas dû faire ça…
- Trop tard…
Je sentis de la gêne dans l'air. Niylah aussi, car elle se releva et changea de sujet avant que celui-ci ne divague trop.
Le lendemain, journée à peu-près normale, rien du traintrain quotidien n'avait changé. Entre Clarke et Lexa, cela semblait aller mieux, elles nous racontèrent le contenu de la prochaine épreuve et leur planning d'entraînement, tout avait l'air parfait. Moi aussi, je me sentais bien, je ne pensais qu'à Octavia que j'allais retrouver le soir. J'avais tellement hâte d'être seule avec elle, rien que de l'entendre respirer, la regarder dans les yeux pendant des heures sans m'en lasser, me rendaient toute chose, je l'aimais incidemment plus que tout. Comment alors pouvais-je penser autant à Niylah…
Ce soir, c'était Octavia qui venait dans ma chambre et Niylah qui partait dans l'autre. En remontant les escaliers, Lexa et Clarke nous avez lancé des sourires espiègles avant d'aller dans leur chambre. Nous avions rougi toutes les quatre, puis avions rigolé avant de nous séparer. Une fois dans la chambre, O' se hâta de fermer la porte et elle passa un bras derrière ma taille pour m'attirer à elle. Elle plongea son regard dans le mien et je me sentis fondre.
- Tu es… tellement magnifique, Octavia, chuchotai-je, j'ai l'impression qu'il n'y a plus rien qui existe quand je suis seule avec toi. Vraiment… Je t'aime.
À mon avis, ces mots lui avaient fait le même effet que son regard intense sur moi, car aussitôt dit qu'elle appuya fortement ses lèvres contre les miennes. Je n'avais plus envie de les lâcher, mais au bout de quelques minutes, je dû m'y résoudre pour reprendre mon souffle.
- Tu sais, Raven, je t'aime aussi, plus que tout. Sérieux, ça peut paraître débile, mais il faut le dire, je veux passer le restant de mes jours à tes côtés.
De faibles larmes incontrôlées coulèrent de mes joues et je me rejetai sur ses lèvres. En même temps, je la poussai et nous basculâmes sur un lit. J'embrassais son nez, son front, son cou, le début de son buste, et quand je m'apprêtai à baisser son haut de robe pour embrasser sa poitrine, elle m'arrêta.
- Désolée Raven, ça tombe mal, mais pas ce soir, j'ai mes règles…
- Aaarg ! Zut, c'est bête ! râlai-je en roulant pour m'allonger à ses côtés, tant pis, du moment qu'on est ensemble, ça me va !
Nous nous relevâmes pour aller nous mettre en pyjama, puis nous retournâmes nous allonger dans mon lit. Je me rappelai soudain ma conversation avec Clarke. Elle m'avait proposée de parler de mes ressentis pour Niylah à Octavia. Devais-je le faire ? Ne risquai-je pas de la perdre ? Après ce qu'elle venait de me dire, elle n'allait pas me quitter pour si peu, non ? Mais je ne voulais pas mettre une mauvaise ambiance alors que nous étions si bien toutes les deux. Je lui en parlerai plus tard. Pour le moment, nous étions dans les bras l'une de l'autre, nous caressant les bras, le visage, les cheveux, s'embrassant. C'était agréable, je profitais de l'instant présent, et nous ne tardâmes pas à nous endormir.
Au réveil, j'eus un mal fou à bouger, je ne voulais pas m'extirper de ses bras, mais je dus finir par me lever, et au moment de sortir de la chambre, je me retournai et me mis face à ma copine :
- Tu sais, moi aussi, je veux vivre toute ma vie avec toi.
Elle éclata d'un rire cristallin, pas un rire moqueur, un rire nerveux de bonheur, puis elle me prit dans ses bras avant de déposer un vif baiser sur mes lèvres. Et nous prîmes la direction du réfectoire.
Le soir, fatalement, je me retrouvai dans la chambre avec Niylah. Dans la journée, presque aucun évènement notable. Juste à midi, au moment de prendre les plateaux. J'étais derrière Niylah et nos mains s'étaient touchées, car nous avions foncé sur le même bout de pain. J'avais senti sa main trembler et la mienne frissonner, mais nous avions fait comme si de rien n'était.
Là, j'étais sur mon lit, lavée, en pyjama, et je lisais pendant que Niylah prenait sa douche. Elle sortit de la salle de bains, faisant pénétrer avec elle l'odeur de notre gel douche. J'inhalai profondément en profitant du parfum sucré tout en restant concentré sur ma lecture. Elle m'interrompit.
- Ce n'est pas que je trouve Clarke sale ou quoi, mais il faudrait peut-être que je change mes draps puisqu'elle dormait dedans avant. Enfin bref, tu veux bien m'aider juste à plier les draps sales ?
- Bien sûr !
Je marquai ma page, posai mon livre sur ma table de chevet et me levai pour arracher les draps du lit et l'aider à les plier correctement. Nous avions fait deux plis quand nous dûmes nous avancer pour rejoindre nos deux bouts et faire un pli au milieu. À ce moment, nos doigts s'effleurèrent et sous la "pression" Niylah lâcha le drap, réduisant notre travail à néant. Elle bredouilla une excuse et nous recommençâmes, en faisant attention cette fois de ne pas nous toucher. Nous fîmes aussi attention pour le drap housse, et une fois tout plié, je l'aidai à refaire son lit. Quelques autres contacts nous firent trembler, mais sans provoquer de dégâts cette fois. Quand son lit fut fait, elle s'allongea dessus, sa tête sur ses bras croisés. Regardant le plafond, comme si elle parlait dans le vide, elle prit la parole :
- Raven, c'est quoi cette putain de tension sexuelle qui règne entre nous ?!
Au moins ç'avait le mérite d'être cash. Elle pensait la même chose que moi et elle n'avait pas eu peur de l'exprimer.
- Tu sais très bien à quoi c'est dû, répondis-je en restant debout.
Elle se releva pour s'asseoir au bord du lit.
- Oui, depuis qu'on a eu la mauvaise idée de coucher avec notre partenaire dans la même chambre. Je n'avais pas vu ça comme un si mauvais plan au début, mais…
- Tu n'avais pas prévu que nos regards se croiseraient, n'est-ce pas ?
- Oui, c'est ça. Sur le coup, j'ai pas compris quoi, c'était, spécial ! J'avais l'impression de te faire l'amour, alors que j'avais bien Gaïa en tête. Ah, désolée si je suis directe et que ça te gêne.
- Non, non, pas de soucis, il vaut mieux en parler de toute façon.
- Bon, qu'est-ce qu'on fait ?
- J'en sais rien, tu crois que ça peut passer ?
- Qu'est-ce qui est censé passer ? Notre tension ? Mais il se passe quoi au juste, mmh ? De mon point de vue, on a envie l'une de l'autre, mais comme on est amoureuse, toi de O', moi de Gaïa, on sait très bien que c'n'est pas correct. Du coup, dès qu'on se touche à peine, ça réveille une espèce d'instinct en nous.
- Eh béh, t'as dû méditer ça un bout de temps ! plaisantai-je pour détendre l'atmosphère.
- Ah ah, très drôle, répondit-elle en souriant, non mais sérieusement. Je ne vois qu'une solution pour que ça s'arrête, et encore, je ne suis même pas sûre que ça n'aggrave pas les choses.
- Et c'est quoi, cette solution ?
- On a cas le faire !
- Pardon ?
- Oh ne fait pas l'innocent, Raven, tu sais comme moi qu'assouvir une passion permet de la limiter. Alors peut-être que si toi et moi, on couche ensemble, eh bien…
- Mais on ne peut pas faire ça ! Tu penses à Gaïa et Octavia ?!
- Je n'ai pas plus envie que toi de tromper ma copine, mais elles ne sont pas obligées de le savoir !
- Ah parce que tu crois que ça ne va pas me ronger ?! De me dire que j'ai trompé la personne que j'aime, avec une de nos amies communes en plus ! dis-je en m'énervant.
- Ah, là, là, calme-toi, s'il te plaît, tempéra Niylah, je ne veux pas me fâcher avec toi, d'accord ?
- Oui, excuse-moi, c'est que, j'essayai de réprimer mes envies et tu me sors ça d'un coup, sans gêne, sur le coup, j'ai eu du mal.
Et elle eut un geste fatal. Voyant que mes yeux s'humidifiaient, elle s'approcha de moi, sûrement pour éviter que je pleure, et posa son bras sur mon épaule. Sauf que sa main toucha la peau nue de mon bras. L'ultime éclair nous parcouru. Sa main se mit instantanément à me caresser le haut du bras et mon visage se tourna vers le sien qui me fixait déjà. Nos lèvres n'étaient qu'à quelques centimètres les unes des autres et je sentais une chaleur presque insupportable monter en moi.
Non mais Raven et Niylah, faut pas déconner comme ça là ! En plus, je ne me souviens plus du chapitre suivant, donc je le découvrirai en le corrigeant pour vous le poster ce week-end xD !
