Le petit chapitre du mercredi est là ! Et comme je ne pourrais pas poster ce week-end à cause des fêtes, le chapitre suivant arrive dans quelques minutes ;) ! Enjoy !


Mon cerveau se bloqua. QUOI ?! Pensai-je tout de suite après. Puis, je méditai l'information un bon bout de temps avant de trouver quoi lui dire.

- Mais, c'est pas possible ! finis-je par dire. Comment tu… Comment vous ? Et Octavia ? Et Gaïa ?

- Justement ! C'est pour ça que j'ai besoin de me confier à quelqu'un ! Je suis tellement mal depuis qu'on a fait ça !

- Attends, attends, mais, toi et Niylah, c'est…?

- Je t'arrête tout de suite, il n'y a rien entre nous. C'était juste une pulsion, juste du cul, pour que cesse cette atmosphère sexuelle qui régnait entre nous. Oui, c'était une erreur, mais c'était plutôt incontrôlé, et puis, de toute façon, ce qui est fait est fait, je pense que ça ne sert plus à rien de me sermonner sur mes actes, ça ne les effacera pas. Je ne recommencerai pas, si c'est pour me sentir aussi mal après, ce n'est pas la peine !

- Je ne comptais pas t'engueuler, Raven, j'aurais bien voulu comprendre, mais je pense que vous-même, vous n'avez pas très bien compris. Tu te sens mal vis-à-vis d'Octavia, n'est-ce pas ?

- Oui, c'est affreux, dès que je la vois, j'ai l'impression qu'elle est au courant et qu'elle va m'engueuler. Et puis, je trouve ça dégueulasse, elle me fait confiance et je lui fais ça ! J'ai l'impression d'être un monstre ! Elle ne me ferait jamais une chose pareille !

- Toi non plus, tu ne pensais pas que ça t'arriverait un jour, mais les évènements s'enchaînent et sont ce qu'ils sont. Ne te mortifie pas, il ne faut pas que tu te détestes. Oui, vous avez fait quelque chose de mal, mais, comme tu l'as si bien dit, ce qui est fait est fait, soit tu passes à autre chose, soit tu lui en parles.

- Je ne peux pas faire ça ! Elle va me tuer ! Ou pire, elle va me quitter, ne plus m'adresser la parole !

- Tu t'es promis d'être honnête avec elle, non ?

- Oui, j'en ai envie, mais déjà, c'est super dur à avouer ce genre de trucs, puis Niylah préfère qu'on n'en parle pas. Que ça ne reste qu'entre nous. C'est fait, on oublie.

- Mais tu ne peux pas oublier.

- Voilà.

- Mmmh, je n'ai jamais été dans cette situation donc je ne peux pas trop t'aider…

- Ah ! Je ne t'en demandais pas tant. Je cherchais juste une oreille attentive et tu es tombée à pic ! Merci, Clarke !

- De rien, c'est normal. Ça ne fait pas très longtemps qu'on se connaît, mais je te considère comme une personne importante, tu es mon amie, je veux t'aider et te protéger.

- Ça me touche ce que tu dis ! Je suis bien avec toi, pas de prise de tête, je peux tout te dire, je me sens moi-même avec toi ! La dernière personne avec qui j'ai ressenti ça, c'était Costia !

Cette phrase jeta un froid. Elle se rendit compte de sa bourde et se tue en s'enfonçant dans le banc. Évoquer Costia était dur pour elle. Et encore une fois, j'avais l'impression de servir de remplaçante. D'abord auprès de Lexa et maintenant auprès de Raven… Mais je ne pouvais pas lui en vouloir, elle avait le droit de le penser. Je savais qu'au fond, elle m'appréciait parce que j'étais moi et pas parce que je ressemblais ou non à Costia. Finalement, je me levai et me plantai devant Raven.

- On y va ? Je commence à avoir froid.

- Oui, moi aussi !

Nous marchâmes un petit moment en direction du dortoir, mais en rallongeant le chemin, en silence.

- Je t'ai vexée ? me demanda-t-elle alors que nous entamions notre dernière ligne droite.

- Non, non, c'est juste qu'avec Lexa, j'ai eu longtemps l'impression de remplacer Costia. Le fait que tu me compares à elle, ça m'a rappelé que je suis arrivée dans votre bande au mauvais moment, qu'il y a plein de trucs que je ne pourrais jamais comprendre, car je n'ai pas connu Costia.

- Tu te sens exclue ?

- Pas vraiment, je vois bien que vous m'appréciez toutes, mais c'est simplement que je ne serai jamais comme vous, je serai toujours à part. Et même si vous faites tout pour, je ne me sentirai jamais à 100%... légitime dans votre groupe.

Il y eut un nouveau silence.

- Mais je vous adore et je me sens bien avec vous, ne t'en fais pas !

- J'essayerai d'atténuer cette pensée le plus possible, je te le promets !

- Merci, répondis-je en lui souriant, mais ne t'empêches surtout pas de me parler de Costia si tu en as envie !

Finalement, nous arrivâmes au dortoir et nous nous séparâmes devant ma porte.

- Ça va aller avec Lexa ? chuchota-t-elle en se retournant alors que j'avais la main sur la poignée.

- Oui, ne t'en fais pas, répondis-je sur le même ton, merci pour ce soir !

- C'est à moi de te remercier !

Nous nous fîmes un signe de la main et je rentrai dans ma chambre.

Lexa dormait paisiblement. Je filai dans la salle de bains et me changeai pour revenir me coucher sans bruit. Il était près d'une heure du matin, je ne tardai pas à sombrer dans un sommeil plutôt agité.

Je rêvai notamment que je me réconciliais définitivement avec Lexa et que nous vivions un amour passionné. Je cru même apercevoir des enfants dans la scène. Le délire total ! En me réveillant, j'avais le sourire aux lèvres, mais il s'évanouit bien vite quand je fus confrontée à la dure réalité : je n'étais pas en couple avec Lexa.

J-2 avant la quatrième épreuve. Lexa me rendait toujours aussi folle. Les cours commençaient à m'ennuyer. La seule chose qui me faisait déstresser était de penser que les vacances de Noël arrivaient à grands pas.

- Vous avez prévu quelque chose pour les deux semaines de Noël et du nouvel an ? demandai-je à ma table en plein déjeuner.

- Justement, tu fais bien d'aborder le sujet, commença Niylah, je m'étais dit qu'on pourrait se faire un truc toutes les six. Je sais que la dernière fois ça s'est plutôt mal passé (elle faisait évidemment référence à Costia), mais il faut savoir aller de l'avant ! (elle choisit ce moment pour lancer un regard lourd de sens à Raven). Donc, ça vous dit ?

Toutes les têtes autour de la table acquiescèrent.

- Vous me facilitez la tâche, j'avais prévu des arguments pour celles qui refuseraient, mais je vois qu'ils ne sont pas utiles ! Alors ! Je pensais qu'on pourrait louer un chalet à la montagne, histoire de profiter de la neige, de faire du ski, des raquettes et de la luge pourquoi pas !

- Niylah, future oratrice, ironisa Gaïa. En tout cas, je trouve que c'est une super idée !

- On passerait les deux semaines ensemble ? demanda Lexa.

- J'avais prévu ça comme ça, mais si l'une d'entre vous veut voir sa famille une semaine, il n'y a pas de soucis !

- Je devais passer le nouvel an avec mes parents, enfin, c'est surtout pour… commémorer, rendre hommage, comme vous voulez, à la mort de…

Elle eut un mal fou à le dire, mais le prénom de sa jumelle réussit à franchir en un chuchotis le bord de ses lèvres. Elle se racla la gorge puis reprit.

- Ce n'est pas que ça m'emballe d'être avec eux pour cette raison, mais bon… Je verrais bien !

- Il nous reste un mois de toute façon, intervient Octavia.

- Certes, mais il va falloir s'y prendre à l'avance si on veut réserver un truc, dit Raven.

- L'affaire est réglée ! m'exclamai-je en posant mes mains à plat sur la table. Mes parents ont un chalet en France en résidence secondaire. Et cette année, ils ne pourront pas y mettre les pieds, mon père a signé un contrat de deux ans pour travailler aux Émirat-Arabes-Unis. Deuxième fait, avec la mort de ma grand-mère, qui m'a poussée à aller en internat, bref, ce chalet est libre pour les deux hivers à venir !

Après que j'eus fini, ma tirade enjouée, toutes mes amies restèrent bouches bées, les yeux écarquillés.

- En France ! s'exclama Gaïa. Je ne pensais pas que tes parents étaient…

- Riches ! compléta Niylah.

- Ce n'est pas le genre de chose que j'aime étaler. En primaire, les parents poussaient leurs enfants à devenir mon amie juste parce que ma famille comptait la plus grosse fortune de la ville. Petit à petit, j'ai appris à me faire accepter pour ce que je suis réellement… Mais passons, ce chalet, ça vous tente ?!

Nouveaux regards ébahis. Lexa finit par reprendre ses esprits.

- Bon, si on est dans cette école, c'est qu'on a les moyens, et que donc, je pense que nos parents payeront volontiers les billets d'avion, mais la France, c'est pas un peu loin ?

- Tu rigoles ! lança Raven. Oui, c'est loin, mais c'est méga génial de pouvoir aller là-bas ! La France, pays de l'amour et du romantisme, ça ne te donne pas envie ?

- Si bien sûr ! Mais on ne maîtrise pas vraiment la langue, ça va pas être un peu compliqué ?

- Rah ! Rabat-joie, pourquoi tu ne penses qu'au négatif ?! lança Raven.

- Si je peux te rassurer, Lexa, le chalet est paumé en montagne, je pense qu'il y a assez de matériel pour tout le monde. On aura donc besoin de communiquer uniquement à l'aéroport et pour les taxis. Sinon, j'appellerai notre femme de ménage pour qu'elle fasse les courses avant qu'on arrive !

Pour ne pas changer, mes cinq amies furent de nouveau scotchées.

- Ne pas sous-estimer la fortune des Griffin s'il vous plaît ! envoya Niylah en se tordant de rire.

Tout le monde se joignit à la bonne humeur.

- Et puis à force d'y avoir passé de nombreux hivers, je maîtrise quelques mots de français… Mais je vous en supplie, arrêtez avec vos airs étonnés, j'ai l'impression d'avoir découvert le vaccin contre le VIH avec les regards que vous me lancez !

Un nouveau rire fit trembler notre table et nous conclûmes que notre projet de vacances était validé et approuvé par toutes.

Le soir, en allant à la piscine, Lexa et moi ne parlâmes pas de l'évènement de la veille. Comme à notre habitude, nous préférions taire les problèmes plutôt que de les expliquer ou de les résoudre. Toujours était-il que l'entraînement se passa plutôt bien.

Plus les jours passaient, plus nous apprenions à connaître Emori et Luna. J'avais même envie de les inviter cet hiver, mais en pleine compétition, cela me paraissait plutôt osé. Évidemment, leur parfaite idylle me rendait toujours autant jalouse. J'avais cependant appris à faire avec, après tout, elles avaient bien le droit d'être heureuses.

- Vous êtes prêtes pour dimanche ? nous demanda Emori alors que nous prenions nos douches dans les vestiaires.

- Normalement oui, répondit Lexa.

- Vous avez besoin de vous entraîner demain ? demanda à son tour Luna. Parce qu'on s'était dit qu'au lieu de s'entraîner une énième fois, on pourrait aller faire un tour en ville toutes les quatre, histoire de décompresser un peu avant l'épreuve du lendemain.

Lexa et moi nous regardâmes, surprises.

- Qu'est-ce que vous en pensez ? insista Emori.

- Mais on n'a pas le droit de sortir de l'école, non ? fis-je remarquer.

- Exacte, dit Luna, mais je suis sûre qu'on pourrait demander une faveur à Ontari et Anya. Une petite exception pour nous détendre avant l'épreuve.

- Oui, ça peut marcher, dis-je, j'aime l'idée ! Lexa ?

Visiblement tout aussi déroutée que moi, elle approuva mes propos.

- Super, s'enthousiasma Luna, alors on se dit rendez-vous à 14 h devant les grilles de l'école ? Ça vous va ? D'ici là, Emori et moi, on essayera de convaincre les présidentes.

- C'est parfait ! m'exclamai-je.

Nous finîmes de nous changer et nous rentrâmes au dortoir.

Après le dîner, une fois dans notre chambre, Lexa brisa la gêne qui s'était installée entre nous en engageant une discussion sur nos deux adversaires.

- Je les avais toujours vues comme deux pimbêches égocentriques qui ne pensaient qu'à gagner, je ne pensais pas qu'elles pouvaient faire preuve de…

- D'humanité ?

- C'est ça !

- Je suis complètement d'accord avec toi ! Enfin, je savais qu'elles avaient un bon fond, depuis que Emori m'a écoutée me plaindre au bord de la fontaine (Lexa n'était pas au courant de cet évènement, mais elle fit comme si de rien n'était) et depuis qu'elles nous ont pardonnées pour avoir lâchement remporté la troisième épreuve. Mais c'est vrai que je ne m'attendais pas à ce revirement radical !

- Tu crois que c'est un piège ?

- Ahah ! N'exagère pas. Je pense tout simplement qu'elles savent faire preuve de gentillesse. Et puis, tu as vu, elles sont toujours seules toutes les deux, elles doivent vouloir changer ça et elles prennent les choses en mains !

- C'est vrai ! Les mains de Luna tremblaient énormément quand elle nous a proposées de sortir !

- Oui ! Et t'as vu leur sourire d'enfant heureux quand on a accepté ?

- Ouiiii ! J'espère qu'on deviendra de grandes amies quand toute cette compétition sera terminée !

J'acquiesçai à ce souhait et nous allâmes nous coucher. J'avais envie que la nuit passe vite, je voulais être à demain et faire plus ample connaissance avec ces deux filles qui m'intriguaient. Je m'endormis rapidement, ayant oublié mes soucis pour cette nuit.

Comme chaque samedi matin, j'attendis que Lexa se réveille pour que nous descendions déjeuner ensemble. Nous tombâmes sur Octavia et Gaïa qui remontaient. Hier soir, au dîner, Gaïa avait éprouvé une certaine jalousie en vue de notre projet de sortie de cet après-midi. En effet, les samedis après-midi étaient réservés aux activités de club, or Lexa et moi en étions dispensées à cause de nos entraînements. Elle trouvait donc que nous profitions de la situation vu que nous comptions sortir pour nous amuser. Mais non rancunière, Gaïa nous sourit aimablement ce matin.

Nous déjeunâmes toutes ensemble à 12 h 30 et lorsque Lexa et moi partîmes, nos amies nous souhaitèrent toutes de passer une bonne journée. À 14 h 00, comme prévu, nous étions devant les grilles de l'entrée. Nos deux compères arrivèrent avec quelques minutes de retard.

- Les présidentes ont accepté avec joie notre demande de sortie, nous apprit Luna. Elles étaient ravies que nous souhaitions souder notre relation. Je me suis renseignée, il y a une séance de cinéma dans le centre à 15 h 30. Si on prend le bus de 14 h 20 on y sera à l'heure. Ça vous tente ? À moins que vous ne préfériez faire les boutiques ou autre chose ?

- Ça me va très bien, répondit Lexa.

- Pareil, ça fait un bail que je ne suis pas allée au cinéma, ça me fera le plus grand bien !

Le trajet en bus fut un peu gênant, elles ne savaient pas vraiment quoi nous dire et Lexa et moi nous étions mis la pression inutilement. Je regardais par la fenêtre pour que le temps me semble passer plus vite, puis nous arrivâmes finalement à notre station. La conversation se débloqua un peu, nous arrivâmes au cinéma, prîmes nos places. Avant d'entrer dans la salle, Emori et moi allâmes aux toilettes.

- Merci d'avoir accepté pour aujourd'hui, me dit Emori alors que nous nous lavions les mains.

- Mais de rien ! Je ne vois pas pourquoi on aurait refusé ! À part le fait que nous sommes en compétition, ironisai-je.

- Vous avez vraiment l'air sympas, Lexa, toi et votre petite bande. Je suis contente d'avoir pu faire votre connaissance. Si ça se trouve, sans cette épreuve, on ne se serait pas rencontrées. Alors même si Lu' et moi, on perd, je serai quand même contente d'avoir pu vous connaître !

Un sourire lumineux fit étinceler son visage. Elle avait l'air tellement sincère, cela me faisait chaud au cœur de voir que ces deux filles avaient finalement un grand cœur.

- Enfin, je dis ça, mais je sais qu'on va vous écraser !

Elle ponctua sa phrase d'un clin d'œil et j'éclatai de rire.

- Toujours aussi égocentrique à ce que je vois !

- C'est un jeu entre nous, on n'est pas vraiment comme ça en vrai.

- Je me doute bien, va ! En tout cas, je suis contente moi aussi d'avoir croisé votre chemin. Après ces épreuves, je compte bien à ce qu'on devienne amies !

Je ne compris pas comment c'était possible, mais son sourire s'agrandit encore plus, entraînant forcément le mien. Je lui donnai une petite tape sur l'épaule et nous retournâmes dans la salle.

Nous étions assises au milieu, Luna, Emori, moi, puis Lexa. Pendant la séance, j'aperçus d'un coin de l'œil Luna et Emori se caresser doucement les mains. J'avais tellement envie de poser la mienne sur celle de Lexa. Elle était si proche que j'en devenais presque malade, perdant quasiment le fil du film à me demander si c'était bien ou mal que je pose ma main sur la sienne. Mes tergiversations furent bientôt résolues, Lexa, qui elle n'avait pas dû se poser quinze mille fois la question, posa délicatement sa main par-dessus la mienne, la couvrant totalement. J'eus un petit sursaut, mais fis comme si de rien n'était et essayai de me concentrer sur le film. Nous restâmes dans cette position jusqu'à la fin, je profitais ainsi de la simple chaleur de son corps, de la douceur de sa paume. Deux amies pouvaient bien faire ce genre de choses, non ?

Le générique de fin s'annonça et Lexa ôta sa main avant que les lumières ne se rallument. Je savais que cet évènement passerait inaperçu, mais cela ne me gênait pas, j'en avais profité, je ne pouvais pas me plaindre. Nous sortîmes du cinéma, entraînées par la musique du générique et, une fois dehors, nous décidâmes de nous diriger vers le centre commercial à côté pour faire un peu de lèche-vitrine.

- Le film vous a plu ? demanda Luna sur le chemin.

- Bof, répondu Lexa, je me suis un peu ennuyée.

- Sérieux ?! réagit Emori subitement, mais ce film était un chef-d'œuvre !

J'esquissai un sourire, je ne pouvais pas argumenter, j'avais manqué la moitié du film avec mes tergiversations.

- Ah ouais ? questionna Lexa. Bah j'ai pas vu ça comme ça !

- Mais la fin est juste magnifique ! Il est vrai qu'au milieu du film, on peut se demander "mais qu'est-ce que je fais là", mais la fin est tellement puissante ! La larme qui coule sur sa joue, ça veut dire qu'elle l'a entendu, donc qu'elle peut se réveiller, donc que ça va encore plus foutre le bordel dans leurs vies, je trouve ça… fascinant !

- La tristesse de la vie te fascine ? interrogeai-je.

- Emori a toujours détesté les happy end ! plaisanta Luna.

- Bon, soit, dans la vraie vie, je préfère que ça se passe bien, mais dans les films, c'est trop cliché !

La discussion continua ainsi durant la fin d'après-midi, passant du Cinéma à la musique, de la musique à nos passions, déroulant ainsi tout un cheminement de pensées et de délires. Ce fut vraiment une formidable journée.

- Vous voulez manger à notre table ce soir ? proposai-je alors que nous passions les grilles de l'école.

- Eum, non merci, me répondit Luna.

- C'est gentil, mais on ne veut pas vous déranger, et puis pendant la compétition, ça me semble un peu bizarre, ajouta Emori.

- Oui, vous avez sans doute raison.

Ma question jeta un froid et nous arrivâmes au dortoir sans dire un mot. Il y avait déjà la queue pour le réfectoire, j'aperçus nos amies au milieu, mais Luna et Emori voulurent remonter dans leur chambre avant d'aller manger. Nous les saluâmes donc en bas de l'escalier.

- Bonne chance pour demain ! héla Lexa alors qu'elles étaient à la moitié de la montée.

- Vous aussi, répondit Luna en se retournant et en souriant.

Cette scène me fit chaud au cœur, les deux filles les plus sûres d'elles de chaque équipe avaient fait preuve de loyauté et de gentillesse, je trouvais cela fabuleux. Les filles qui faisaient la queue avaient aussi tout vu de ce spectacle et on pouvait les sentir bouillir d'excitation.

Nous allâmes rejoindre nos amies dans la file et la fin de soirée se déroula habituellement. À ceci près que, comme déjà trois fois auparavant, j'eus un mal fou à m'endormir, trop stressée par l'épreuve du lendemain et par la future explication que Lexa avait promis de me donner après cette épreuve.


J'aime trop la relation entre ces deux duos, de rivales à best friends ! On se retrouve dans quelques minutes pour la suite :D