Bonjour ! Après une semaine de pause, voici le chapitre suivant ! Et comme pour la semaine dernière, le chapitre d'après suit dans quelques minutes, enjoy !


Point de Vue Clarke:

Après avoir parlé avec les deux présidentes, je me dépêchai pour essayer de rattraper les autres. Elles avaient filé, je ralentis le pas et profitai de la fraîcheur de l'instant. Les présidentes m'avaient rassurée pour le futur, mais mon stress n'était pas descendu. Si Lexa tenait parole, c'était ce soir qu'elle devait enfin me donner une explication sur son mensonge. En mon for intérieur, j'espérais de grandes révélations, mais après tout, maintenant que je savais qu'elle avait eu une relation incestueuse avec Costia, je ne voyais plus très bien ce qu'elle pourrait me dire. Je voulais juste des excuses bien formulées. J'étais bornée, cependant, avec le temps, je commençais à trouver que j'avais été un peu dure avec elle…

Il était 18 h passées lorsque j'arrivai dans le hall du dortoir. Il était quasi vide, seules quelques élèves s'y trouvaient, chuchotant ensemble et souriant sur mon passage. Je montai les escaliers pour rejoindre ma chambre. Lexa était là, paisiblement allongée sur son lit en train de lire un bouquin, elle releva les yeux pour me regarder entrer, puis replongea dans sa lecture quand je lui fis signe de ne pas s'interrompre. Je ne comptais pas à ce qu'elle parle avant le repas de ce soir. J'espérais qu'elle se souvenait de sa promesse, car je n'avais nullement envie de la lui rappeler. Je décidai moi aussi de lire un peu, je préférai m'asseoir au bureau que sur mon lit. En prenant place, je jetai un œil à la photo de Costia et Lexa qui trônait toujours près de la fenêtre. Elles étaient belles toutes les deux et avaient l'air tellement heureuses. En regardant intensément la photo, j'eus presque l'impression que Costia était morte par ma faute. Une boule me serra la gorge et je détournai aussitôt les yeux pour essayer de me plonger dans ma lecture.

Finalement, il fut l'heure de descendre manger. À table, évidemment, nos amies nous félicitèrent même si nous n'avions pas gagné cette épreuve de natation.

- Elles ont triché ! lança Niylah. Je suis sûre qu'elles ont plombé votre frisbee !

Évidemment, elle rigolait, mais je lui répondis quand même.

- Tu sais, elles ont l'air de deux pimbêches comme ça, mais au fond, elles sont vraiment gentilles.

Lexa se retourna vers la table à laquelle Emori et Luna étaient assises et elles échangèrent un sourire. Faisant face à Lexa, je les voyais directement et leur souris à mon tour.

- M'en fiche, répondit Niylah, c'est à vous de gagner, pas à elles ahah !

- Ah, mais ne t'en fait pas, reprit Lexa, on compte bien gagner la finale !

Tout le monde rigola de bon cœur.

- Mais, continua Lexa, j'aimerais bien vous les présenter une fois que tout sera fini.

- Avec joie ! répondit Gaïa en donnant une tape sur la tête de Niylah.

Regard assassin de Niylah et nouveaux rires dans l'assemblée. J'avais hâte que nous devenions toutes amies, ma troisième année dans cette école s'annonçait merveilleuse ! Si seulement je n'étais pas éperdument amoureuse de Lexa et que ça ne me faisait pas aussi mal…

Nous remontions toutes les escaliers et après nous être séparées, à regret car nous n'avions pas fini notre conversation sur nos futures vacances de Noël, Lexa et moi nous dirigeâmes vers notre chambre. Elle s'arrêta avant d'entrer et se retourna vers moi.

- Clarke, je t'ai fait une promesse et je compte la tenir. Tu attends que je te parle, mmh ?

- Oui, répondis-je, décidée, mais stressée.

- Je préférerais qu'on parle dehors, je me sentirais mieux dans un endroit non clos, je sais qu'il fait un peu froid, mais…

- Pas de soucis, laisse-moi juste prendre ma veste et on y va !

- Ah ! Merci, tu peux prendre la mienne aussi ?

J'entrai dans la chambre le cœur battant, attrapai nos deux vestes et ressortis avant de fermer la porte. Nous descendîmes les escaliers en silence et nous dépêchâmes de sortir avant que quelqu'un nous voie. Nous marchâmes un bout de temps sans rien dire, ne sachant pas trop où nous poser. Finalement, nous arrivâmes devant la Fontaine aux Orchidées. Je ne savais pas si je devais bien ou mal le prendre, c'était là qu'elle pleurait la mort de Costia… Peut-être était-ce important pour elle de parler ici, comme pour tourner la page. Elle s'assit sur le rebord de la fontaine et prit la parole.

- Clarke, je vais te raconter l'histoire depuis le début. Je sais que Raven t'as déjà dit l'essentiel et que tu veux juste savoir pourquoi je t'ai menti, mais j'ai besoin de te raconter l'histoire dans son ensemble.

Je fis un léger mouvement de tête pour lui signifier que j'étais d'accord et je m'assis à ses côtés, dos à elle, je ne pouvais pas regarder son visage pendant qu'elle me parlerait d'une fille qu'elle avait aimée. Puis, elle commença son récit :

- Costia et moi, on a toujours été très proches, normal tu me diras, on était jumelle. Mais en grandissant, je me suis rendue compte que je ne l'aimais pas comme on devait aimer une sœur. Je m'en suis aperçue au collège et ça a été terrible. Je lui racontais tout, on se disait tout, dans les moindres détails, mais là, impossible de lui livrer ce que j'avais sur le cœur, impossible de lui parler des pensées que j'entretenais à son égard. Ça a été affreux, j'ai dû traverser ça toute seule, non seulement le fait que j'aimais ma sœur, mais aussi mon homosexualité naissante. Au fond de moi, j'espérais, comme elle était mon double, qu'elle ressentait les mêmes choses que moi, j'en avais même parfois l'impression, mais je n'osai pas lui dire la vérité. Petit à petit, j'ai appris à vivre avec, elle a eu ses premiers copains, je suis moi-même sortis avec quelques garçons pour donner l'illusion, puis on est entrées dans cette école en première année. Évidemment, on avait demandé à être dans la même chambre et il n'y a eu aucun problème pour que notre vœu soit exhaussé, mais ça a plutôt empiré mon cas. J'étais encore plus proche d'elle que je ne l'étais à la maison, la voyant se changer devant moi et s'endormir tous les soirs.

Elle marqua une longue pause.

- Un soir, j'ai craqué. Costia était malade ce jour-là et était restée clouée au lit toute la journée, elle n'avait même pas pu descendre aux heures de repas. Le soir, je lui avais rapporté quelques trucs à grignoter. Quand j'étais remontée après manger, elle dormait toujours, j'étais alors allée prendre ma douche pour lui laisser plus de temps, mais quand j'étais sorti, elle dormait toujours. L'eau chaude m'était sûrement un peu montée à la tête et à force d'être confinée dans la même chambre qu'elle, je commençai sûrement à tomber malade moi aussi. Je m'étais avancée vers son lit, m'accroupissant devant, pour la regarder dormir, comme j'aimais le faire. Sauf que cette fois-là, mes désirs sont allés trop loin. Elle avait l'habitude de dormir sur le dos, la tête tournée sur le côté lorsqu'elle était malade et il se trouva que, cette fois-là, sa tête fut tournée du bon côté. Je me suis instinctivement abaissée vers elle pour déposer mes lèvres sur les siennes. Heureusement pour ma bêtise, cela ne l'a pas réveillée, elle n'a émergé de son sommeille que dix minutes plus tard et je lui ai servi à manger. Enfin, c'était ce que je croyais. Dès le lendemain, elle allait mieux et nous avions pu retourner en cours, mais le soir, ce fut à mon tour de tomber malade et d'être alité pour deux jours entiers. Ce fut à son tour de s'occuper de moi, de m'apporter à manger et de me résumer les cours du jour une fois le soir venu. Le deuxième soir, alors que j'allais beaucoup mieux, elle s'est brusquement arrêté en pleine explication du cours de maths pour me regarder intensément dans les yeux. Je n'ai rien compris à ce qui se passait, puis elle a de nouveau ouvert la bouche et j'en fus stupéfaite.

Son récit paraissait long, mais j'avais attendu ce moment depuis si longtemps que je buvais les paroles de Lexa, imaginant parfaitement les scènes, avec un certain pincement dans le cœur, mais j'essayai de rester calme. Après un petit silence, elle reprit.

- "J'étais réveillée quand tu m'as embrassée l'autre jour", elle m'a dit ça tellement normalement que ça paraissait tout à fait anodin. Sur le coup, je n'ai presque pas réalisé ce qu'elle avait dit. Et puis le ton qu'elle avait utilisé était tout à fait normal. Je lui ai demandé si ça l'avait gênée et là, elle a fondu en larmes avant de foncer vers mon lit. Elle s'est agenouillée près de moi et a pleuré sur les draps sans dire aucun mot. Je ne comprenais pas se qu'il se passait et, une fois calmée, elle a relevé la tête, m'a regardée droit dans les yeux et s'est doucement avancée avant de me rendre mon baiser de l'avant-veille. Après cet échange interdit, elle a blotti son nez dans mon cou et nous avons dû rester dans cette position un bon moment avant qu'elle ne se lève et que nous ayons une discussion. Nous avons pesé les pour et les contres d'une telle relation, mais nos sentiments étaient bien trop puissants pour les oublier, nous avons donc décidé de vivre cachées.

Une larme coula sur ma joue, mais je me retins pour ne pas attirer l'attention. Je voulais entendre la suite.

- Comme tu le sais ensuite, les filles ont découvert la relation qui nous unissait réellement et l'ont, ma foi, très bien accepté, même si certaines ont eu un peu de mal au début. Nous avions échangé nos rubans ici, près de cette fontaine, après avoir fait l'amour pour la première fois…

Sa voix se bloqua dans sa gorge, je sentais qu'elle aussi était au bord des larmes. Elle eut de plus en plus de mal à avancer dans son récit, mais elle était déterminée à le finir.

- Notre rêve le plus fou était de nous présenter à l'élection pour devenir présidentes du Conseil. Évidemment, on ne pouvait pas, seules les filles ayant échangé leurs rubans le pouvaient et nous n'allions pas nous afficher en couple devant toute l'école, c'était assurément un suicide social. Nous nous étions faites à l'idée, je crois, même si nous avions toujours une part de regret. La suite, tu la connais, les vacances de Noël sont arrivées et avec elles l'accident de bus de Raven et Costia qui lui a coûté la vie…

Oui, je connaissais cette partie et j'en connaissais d'ailleurs plus qu'elle, mais je ne connaissais pas le grand désert qu'avait traversé Lexa. C'était surtout ça qui m'intéressait. Je savais pourtant qu'elle allait aussi me le raconter. Elle prit une grande bouffée d'air, je présumai qu'elle fermât les yeux, puis elle rouvrit la bouche.

- S'en est suivi un long et douloureux épisode. J'ai pleuré, pleuré, pleuré, encore et encore, je n'étais plus là, je n'étais plus moi, présente physiquement, mais absente mentalement, je ne parlais plus à personne. Je me demande comment Niylah, Gaïa, Raven et Octavia l'ont vécu, un jour, je devrais leur fournir des excuses. Je voyais Costia partout et le pire était quand je me regardais dans le miroir. Moi, c'était moi, seulement moi, mais aussi Costia, elle était moi, j'étais elle, mon reflet était aussi le sien, c'était insupportable, je restais fixé sur mon image, espérant qu'elle se mette à bouger et que Costia réapparaisse devant moi. J'étais une torture pour moi-même. J'ai souvent pensé à me suicider pour aller la rejoindre, mais j'étais bien trop lâche pour passer à l'acte. Je savais que je ne m'en remettrais jamais.

Mon visage était humidifié par mes larmes, mais je me retenais d'éclater en sanglot. De plus, Lexa avait craqué et pleurait déjà depuis un certain temps, je n'avais pas besoin d'en rajouter.

- Le temps a passé, mais les blessures sont restées, au bout de trois mois, j'étais toujours dans le même état que le lendemain de sa mort. Puis, tu es arrivée.

Je fixai mon regard dans le vide pour essayer de me remémorer comment elle agissait au moment de mon arrivée.

- Quand on m'a appris que j'allais avoir une nouvelle colocataire, je n'étais pas contente, je ne voulais pas que quelqu'un d'autre prenne sa place, mais je n'ai rien pu faire. Le jour de la rentrée, je suis venue t'accueillir à contre cœur même si j'avais placé ma tristesse de côté pour faire bonne impression. Je ne voulais quand même pas faire un enfer de la future vie dans cette école de ma nouvelle colocataire. Mais quand je t'ai vu, mon moi intérieur a complètement été bouleversé. J'ai tout de suite eu envie de te sourire, d'apprendre à te connaître, de te parler à n'en plus finir, ça n'a pas forcément été un coup de foudre, mais j'avais envie de faire un effort pour toi… (silence). Mais je ne pensais pas que ce serait toi qui deviendrais un enfer pour moi…

Elle marqua un autre long silence. Je fus choquée par sa dernière phrase, je ne comprenais pas, qu'est-ce que j'avais bien pu faire de travers ? Je voulais me retourner pour lui demander la suite, mais elle continua, la voix de plus en plus serrée.

- L'après-midi même de notre rencontre, je t'ai observé de dos, tu ressemblais à Costia. Deux heures plus tôt, j'avais cru que tu m'aiderais à l'oublier, alors qu'en fait, tu ne ferais que me la rappeler encore plus intensément. Mais tu n'étais en rien responsable, alors je ne pouvais pas t'en vouloir. J'ai fait comme si de rien n'était et je t'ai aidé à t'intégrer à mes amies. Petit à petit, on est devenues proches et il y a eu toute cette série d'incidents. Tu me rappelais ma sœur, alors oui, je l'ai projetée sur toi, je voulais être proche de toi comme j'avais été proche d'elle, ce qui explique mon comportement des débuts, pourquoi je m'approchais toujours si près de toi, pourquoi je tentais toujours de t'embrasser. Plusieurs fois, j'ai pensé à te parler de Costia, mais je n'ai jamais trouvé la force… Tu avais beau me faire penser à elle, petit à petit, j'ai appris à te voir comme une personne à part entière. J'avais toujours envie de tes lèvres, mais je te voyais comme Clarke Griffin et plus comme Costia Woods. J'ai compris qu'il ne fallait pas que je te dise la vérité, non seulement parce qu'il m'était quasiment impossible d'aborder le sujet, mais surtout parce que je savais que ça te ferait souffrir, et c'était la dernière chose dont j'avais envie.

Le vent commençait à se lever et je frissonnai. Mon nez qui coulait à cause des larmes devenait froid à cause de la température. Je glissai sur le marbre glacé pour me tourner vers Lexa, elle était toujours dos à moi, mais m'ayant entendu bouger, elle se tourna, elle aussi, dans ma direction. Son visage était rougi par la tristesse, une multitude de larmes s'étaient accumulées aux coins de ses lèvres et d'autres continuaient à tomber sur ses joues et sur ses genoux.

- Si je ne t'ai rien dit, c'était pour te protéger, Clarke, tu n'avais pas besoin de savoir que j'étais détruite de l'intérieur à cause d'une histoire d'amour. J'ai compris très vite que je te troublais et je ne m'étais même pas rendue compte que je jouais de ça. Je suis désolée. Alors, tu n'avais pas besoin de savoir pour Costia et moi, parce que ça t'aurait fait du mal inutilement et, la preuve, tu souffres aujourd'hui d'une histoire qui ne te concernait pas.

- Tu es un peu dure, je trouve, dis-je enfin après l'avoir laissé parler pendant près de vingt minutes, tu dis que ça ne me concerne pas alors qu'au contraire, je suis la première concernée. Tu étais mon amie au même titre que Raven et les autres sont les tiennes, alors tu aurais pu me le dire, te livrer quand ça allait mal, parce que j'aurais été là pour toi. Mais je crois que le pire, c'est que tu ne me l'ais même pas dis pendant que nous étions en couple. Tu m'as laissé croire que j'étais le seul être de tes pensées…

- Mais c'était le cas ! s'étonna-t-elle. Tu ne m'as pas laissé finir !

- Il n'y a rien à finir, Clarke, c'est très clair, dis-je en me levant.

J'étais énervée maintenant que j'avais tout compris. Mes larmes redoublèrent et je me mis à hausser le ton.

- Très clair même, je l'avais déjà compris le jour où j'ai appris que toi et Costia étiez amantes, mais après ton discours d'aujourd'hui c'est encore plus clair. J'ai servi de remplaçante. Tu t'es servi de moi pour oublier Costia ! C'est ça, en fait, tu ne m'as jamais aimé, tu as juste joué avec moi parce que je te la rappelais, tu trouvais en moi un réconfort, un substitut. Au début, je pensais que ça m'allait, mais non, non, je ne peux pas tenir ce rôle Lexa ! Tu as beau dire que tu ne vois maintenant en moi que moi, j'ai du mal à te croire. Tu l'aimes toujours, tu l'as dit "je ne m'en remettrai jamais". Et franchement, c'est assez malsain que tu me prennes pour elle, ce n'est pas comme ça qu'on tourne une page…

- Clakre ! m'appela-t-elle en se levant et en se mettant face à moi. Laisse m…

- Tais-toi ! criai-je. T'en a assez dit, non ?!

- Mais non, je veux être avec TOI !

- Arrête ! Ça fait des mois que je suis tombée amoureuse de toi, ça fait des mois que j'espère qu'il pourra se passer quelque chose entre toi et moi, mais je ne veux pas de ça, Lexa ! Je ne veux pas de toi qui en aime une autre. Je ne peux pas… Tu me dégoûtes ! Tu me dégoûtes ! Merde ! Je t'aime et en plus, tu le savais, comment tu as pu te servir de moi comme ça, c'est dégueulasse ! Tu vois, tu m'aurais dit la vérité, on aurait pu parler, on aurait pu essayer de résoudre le problème, mais non, tu as préféré garder ça pour toi et me traiter comme une marionnette. Mais le pire, c'est que tu y es arrivée ! J'ai répondu à tes désirs comme tu le voulais, j'étais tellement accro à toi que t'as réussi à faire de moi ce que tu voulais. T'es même allé jusqu'à me convaincre de faire cette compétition avec toi, alors que tu rêvais de la faire avec Costia !

Un sanglot plus fort que les autres fit vibrer mon corps violemment. J'étais hors de moi, j'avais envie de m'asseoir lamentablement par terre et de pleurer encore et encore.

- Mais écoute-moi ! cria-t-elle à son tour en prenant ma main dans les siennes.

- Non ! Il n'y a plus rien à dire, dis-je en m'extirpant de sa petite étreinte, oublie-moi, Lexa, tire un trait sur tout, l'élection tu peux oublier, je vais porter ma démission dès demain, je ne peux pas continuer à mentir comme ça. Sors de ma vie ! hurlais-je.

Je me retournai brusquement pour m'enfuir, je ne pouvais plus voir son visage. J'avais cru que ses explications arrangeraient tout entre nous, j'avais cru qu'elle me dirait qu'elle m'avait menti pour une bonne raison. Mais ses dires avaient juste confirmé mes craintes. Je n'étais presque rien pour elle. Juste un objet sur lequel elle avait reporté son amour. Peut-être qu'elle m'appréciait quand même un peu, mais je savais bien que ma présence lui rappellerait toujours sa sœur jumelle, son amante. Elle m'agrippa le bras pour me retenir, mais j'avançai violemment et elle lâcha prise. J'accélérai le pas pour essayer de la semer, elle courut derrière moi. À cause de ma grande tristesse et du surplus de larmes brouillant ma vision, je ne pouvais aller trop vite et elle finit par me rattraper alors que nous entendions toujours l'eau de la fontaine couler. Cette fois-ci, ses deux mains enfermèrent mon bras et j'eus beau me débattre, je n'y parvins pas.

- MAIS TU VAS ME LAISSER FINIR ! s'égosilla-t-elle si fort que mes oreilles sifflèrent.

J'en restai clouée sur place, j'en oubliai même d'essayer de m'enfuir et mon regard resta fixé sur elle.

- Je t'avais dit de me laisser parler jusqu'au bout, Clarke !


Je ne vous laisse pas trop dans le suspense et je poste bientôt la suite, car je ne pourrais pas poster ce week-end !