Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de RobSt que j'effectue avec sa permission n'est en aucune façon utilisée à des fins commerciales. Bêta-Reader: NVJM
Rewiews: STOP! Ne tirez pas! Désolé, mais je suis en pleine écriture de mon mémoire de fin d'études et je n'ai que très peu de temps à consacrer à la traduction! J'ai encore quelques chapitres d'avance, mais je préfère publier, uniquement quand j'en ai fini un autre. Ne vous inquiétez-pas, je n'ai pas et ne vais pas abandonner la traduction de cette histoire, c'est un projet auquel je tiens beaucoup :) Sur ce, bonne lecture à tous et joyeuses Pâques!
Chapitre 27 : Le loup dans la bergerie
C'est une Amélia Bones passionnée qui présenta son cas devant l'assemblée du Magenmagot. Il s'agissait vraiment de quelque chose qui lui tenait à cœur, mais essayer de changer des mentalités qui depuis des centaines d'années continuaient à tolérer ce genre d'abus n'était pas facile.
Quand la première protestation arriva, elle vint de personnes auxquelles elle n'avait pas pensées. Amélia avait espéré le support de toutes les sorcières du Magenmagot, et apparemment elle avait eu tort de compter sur ce fait. Oh, qu'est-ce-qu' elle détestait ces hum-hum et cette voix fausse et haut perchée de petite fille qui ne dupait personne. A part la longue et fine silhouette qui le caractérisait, Dolores Ombrage était un vrai barracuda.
« - J'ai des difficultés à comprendre les inquiétudes de Madame Bones sur cette affaire. N'ai-je pas lu dans la Gazette du Sorcier la semaine dernière qu'en raison de ses liens avec cette créature Crow, sa nièce prend maintenant une concoction gobeline qui est sensée la protéger des sorciers peu scrupuleux ? »
Le sourire de Dolores n'atteignit jamais ses yeux. Elle était le portrait même de la sorcière prête à ensorceler des enfants dans sa maison en pain d'épices afin de les cuisiner dans son chaudron et de les manger. Une fausse façade innocente et sucrée qui cachait sa noirceur d'âme mais ne trompait personne, du moins pas ceux qui savaient qui était réellement Dolores Ombrage. Elle ajouta une autre remarque, toujours avec le sourire, afin d'enfoncer encore le projet d'Amélia.
« - On pourrait se demander en fait quelles sont vos motivations pour ce projet de loi ? Serait-ce pour faire plus de publicité sur ce qui n'est qu'un problème très mineur ? Afin d'autoriser vos amis gobelins à se faire encore plus d'or en vendant cette soi-disante potion miraculeuse à des pères terrifiés voulant protéger leurs jeunes sorcières ? »
Amélia était livide. Ses années passées en tant qu'auror lui avaient appris à ne pas perdre du temps et de l'énergie à se battre contre cette colère, mais de l'utiliser pour son combat. Il n'y avait plus aucun doute, elle venait de se lancer dans la bataille, une bataille qu'elle comptait remporter. Ombrage n'allait pas seulement être enfoncée, elle allait l'enterrer vivante pour avoir rendu cette affaire personnelle et avoir utilisé Susan comme argument. Puisque les règles de la chambre du Magenmagot l'autorisaient maintenant à s'attaquer directement à Dolores pour répondre à ses accusations, la directrice du DJM comptait bien utiliser cet avantage.
« - Même si Susan est ma nièce, je l'ai élevée depuis qu'elle est nourrisson car ses deux parents ont été assassinés par des mangemorts. Je considère Susan comme ma fille et je veux bien sûr la protéger, comme n'importe quel parent. C'est parfaitement compréhensible que Madame Ombrage n'ait pas l'expérience maternelle lui permettant de comprendre cette émotion. »
Cette seule phrase eut le mérite de déclencher des rires discrets et de faire rougir de colère le crapaud. Amélia n'avait toutefois pas fini, elle voulait détruire toutes les allégations de Dolores pièce par pièce.
« - Elle est également mal informée quant à l'élixir gobelin qui protège maintenant la vertu et l'honneur de ma nièce. A aucun moment de l'or n'a été échangé entre les gobelins et moi-même. De plus, il n'a été demandé aucun paiement d'aucune sorte aux sorcières qui utilisent en ce moment cet élixir. Harry est l'une des personnes les plus honorables que j'ai jamais vus et il voulait juste que ses amies soient protégées par cette vile menace, tout à fait réelle d'ailleurs. En ce qui me concerne, je dors mieux depuis que je sais que Susan a cette protection et qu'elle a un si bon ami veillant sur elle. » Prends ça dans ta gueule, connasse, pensa-t-elle. Mais elle avait encore d'autres choses à dire. Sa colère lui avait donné une inspiration qu'elle comptait bien utiliser afin de convaincre le Magenmagot.
Sa voix tremblait peut-être, mais tout le monde pouvait percevoir sa détermination. « Nous avons devant nous une motion pour interdire ces potions, des potions qui ne font pas qu'affecter le contrôler les sorcières. Pendant des générations nous avons entendu parler d'histoires parfois presque comiques sur des sorcières utilisant ce type de potion pour « attirer l'attention d'un sorcier » sur leurs charmes. Ce comportement est presque devenu acceptable dans notre société, mais c'est tout aussi mal qu'un sorcier utilisant ces potions répugnantes pour prendre l'avantage sur un autre. » Cette vérité tira la chambre de son apathie, Amélia venait de rendre cette situation réelle pour eux. Elle appuya encore sur cette corde sensible. « Imaginez que vous vous réveillez à côté d'une personne que vous n'auriez normalement jamais pris dans votre lit. »
Le regard d'Amélia était posé sur Dolores, et pas par accident. « Maintenant, la situation étant déjà mauvaise, ajoutez une bague au doigt ou un enfant conçu sous l'influence de cette potion et vous avez là la recette d'un désastre. »
Le regard d'Amélia avait ramené l'attention de toute la chambre sur Dolores. Cette attention non voulue fit rougir Ombrage de rage, alors que tous les sorciers tiraient la conclusion qu'Amélia avait espérée. La seule manière pour qu'un sorcier finisse dans un lit avec Dolores Ombrage serait sous l'influence d'une quantité astronomique d'alcool ou d'une de ces potions. Même si se réveiller avec une gueule de bois aux côtés de Dolores puisse donner envie de vomir, au moins ils sauraient qu'ils avaient beaucoup trop bu pour avoir couché avec elle. Ces potions étaient un tout autre problème.
La victoire d'Amélia était certaine après cette plaidoirie. S'en suivit après une discussion sur la sévérité à adopter selon les cas. Lorsqu'ils votèrent, la directrice du DJM remporta largement la majorité, ce serait maintenant illégal de brasser, posséder et surtout d'utiliser un filtre d'amour en Grande-Bretagne.
Cornelius buvait un verre de victoire avec la directrice du DJM, ravi de sa victoire, et ne put s'empêcher de se demander pourquoi il n'avait pas écouté davantage ses conseils. La décision du jour permettrait avec certitude de se rapprocher davantage des gobelins et il était certain maintenant qu'Amélia serait une personne importante et de valeur dans son équipe afin que ses plans se réalisent.
« - Je voudrais vous féliciter personnellement pour votre victoire aujourd'hui. Vous avez mené cela brillamment dans une chambre qui était au début apathique. Je me demandais si vous aimeriez un autre challenge de ce type avec un projet sur lequel je travaille ? Cette fois cependant, la chambre risque d'être ouvertement hostile. »
Le ministre vit qu'il avait piqué sa curiosité et essaya de rendra son offre irrésistible.
« - Ce dont j'ai besoin maintenant c'est d'une promesse de garder cela secret jusqu'à ce que je sois prêt à l'introduire devant la chambre. Même si vous vous opposez à l'idée, ce dont je doute, j'aurais quand même besoin de votre promesse. »
Demander à la directrice de la Justice Magique de participer à un projet signifiait qu'il ne s'agissait sans doute pas d'une chose illégale et sa promesse de garder le silence ne la liait que jusqu'à ce que la motion soit introduite. « Ok Cornelius, je suis partante. Que préparez-vous au juste ? »
Le ministre attendit qu'elle lui donne sa promesse de ne rien dire avant de lui transmettre l'information. « Je veux fermer le département d'Arthur Weasley et le faire directeur d'un nouveau qui s'occupera de nos relations entre le ministère, les moldus et les gobelins. »
Alors qu'Amélia pensait aux ramifications d'une telle décision, elle tendit son verre pour qu'il le lui remplisse. Elle but une gorgée en choisissant les questions qui lui venaient spontanément. « Weasley est un choix judicieux. Une vieille famille de sang pur, qui aime les moldus et dont le fils travaille à Gringotts – et est aussi le professeur d'Harry. Je suppose que vous comptez utiliser cette connexion pour sonder les gobelins sur leur avis ? »
« - Leurs réponses semblent être très positives et pour l'instant ils n'ont pas émis l'envie de changer d'avis. Ils nous ont demandé de reconnaître un ambassadeur qui s'occuperait de leurs demandes envers le ministère – Weasley serait notre représentant. »
Cela semblait parfait pour Amélia. Que le ministre accepte un ambassadeur des gobelins montrerait aux sorciers et sorcières de Grande-Bretagne qu'ils étaient une nation souveraine, un grand pas sachant qu'ils étaient considérés jusqu'à maintenant comme des animaux. Certains membres du Magenmagot pensant que les moldus et les gobelins étaient au même niveau, c'est à dire inférieurs à eux, Cornelius avait en fait une chance de le faire passer dans la chambre sans trop de difficulté. « Pouvez-vous m'en dire davantage ? »
« - Le nom de Barchoke est sorti pour être leur premier ambassadeur… »
Amélia commença à rire. « Oh, ça n'a pas de prix ! Avez-vous une date en tête ? »
« - J'espérais en parler fin juin. Une motion qui change les lois et les chartes doit être soumise à la chambre durant quarante jours afin de permettre un temps suffisant pour les discussions et donner le temps à l'opposition d'émettre ses arguments. Durant ces quarante jours, je compte sur la présence d'Harry pour le bal ministériel afin que le public fasse pression et que la motion soit adoptée. »
Terminant son verre, Amélia annonça à Cornelius les mauvaises nouvelles. « Harry ne sera pas en Grande-Bretagne à ce moment, j'ai vu ses plans pour cet été – parce que je le rejoindrais pour une partie de ses vacances. »
Ce fut maintenant au tour de Cornelius de finir son verre. Il y pensa un moment avant de se montrer tout à fait honnête avec sa directrice du DJM. « Amélia, sans Harry à ce bal je ne pense pas obtenir tous les votes nécessaires. Vous possédez clairement des informations que je n'ai pas. Comment pouvons-nous faire en sorte qu'Harry assiste au bal ? »
« - Le problème concernera peut-être ses invités. Harry les a invités avec lui pour les vacances, je ne sais pas s'il les quittera et reviendra en Grande-Bretagne – juste pour assister à un bal ministériel. »
Le ministre décida de penser à voix haute, il fallait que cela se fasse. « Et si nous invitions aussi ses invités ? De qui parlons-nous au juste ? »
« - Je vois déjà quelques problèmes avec ça. Les Bones, Abbot, Londubat et Patil ne devraient pas poser de problèmes politiques, ni Sirius Black et sa compagne. Harry ne voudra sans doute pas assister à ce bal sans Miss Granger, mais ce sont ses parents et Barchoke qui poseront le problème principal. Pouvez-vous faire en sorte qu'un couple de moldus et un gobelin assistent au plus grand événement du ministère ? »
Fudge n'était pas devenu ministre sans considérer toutes les choses sous un angle politique. « Et si nous donnions à ce groupe sa propre table ? Ajoutez à cela les Weasley en tant que représentants du Ministère et vous en tant qu'invitée d'Harry. Pensez-vous que les Granger et Barchoke accepteraient l'opportunité d'assister à l'un des plus grands évènements magiques d'Europe, un bal avec le Survivant en tant qu'invité d'honneur ? Les gobelins l'ont fait centurion pour avoir chassé un fantôme hors de Poudlard, c'est maintenant au tour du ministère d'honorer notre sauveur. Nous pourrions même le tenir le jour de son anniversaire et lui trouver un cadeau ou une médaille pour montrer ce que représente le sacrifice des Potter pour nous. Qu'en pensez-vous ? »
« - Je pense que vous avez le début d'une très bonne idée. Au lieu d'essayer d'honorer Harry, je pense que vous auriez plus de succès si vous honoriez James et Lily. Oui, et donnez à cette occasion une récompense à Harry mais que cela tourne autour de ses parents. »
Le ministre aimait l'aidée. « Nous honorerons James et Lily Potter ainsi que Harry Crow. Cela apaisera certaines familles plus traditionnalistes qui y assistent habituellement. »
Ils savaient tous deux ce que Cornelius voulait dire par « plus traditionnalistes », mais ils devaient maintenant décider quelle sorte de récompense ils allaient donner. Ils avaient encore du temps et décidèrent de demander à Barchoke son avis. C'étaient en effet des jours nouveaux que de demander l'avis d'un gobelin sur un événement ministériel prestigieux. Amélia n'avait pas dit clairement qu'elle participerait à cette aventure, comme d'habitude, elle laisserait ses actions parler pour elle.
…
Severus comptait lui aussi laisser ses actions parler pour lui, ou plutôt ses inactions. Malgré de nombreuses requêtes d'Albus ou Lucius, il ne voulait rien avoir à faire avec Harry Crow. Il ne voulait pas s'approcher du garçon, des choses douloureuses semblaient toujours arriver aux antagonistes qui s'approchaient trop près du jeune Centurion. Le directeur et l'ancien mangemort en étaient les parfaits exemples.
Il comprenait la peur d'Albus, c'était dur de ne pas le faire. Le directeur s'était assuré que Severus connaisse l'histoire de Tom Jedusor, et Crow avait accompli tellement plus de choses que le seigneur des ténèbres au même âge que cela terrifiait le vieil homme. Harry avait une influence politique et une puissance financière que le jeune Tom aurait rêvé avoir, et c'était sans prendre en compte toute cette histoire de champion de Poudlard et de centurion. Si Tom Jedusor avait eu les mêmes avantages en entrant dans le château, Severus n'avait pas le moindre doute que la Grande Bretagne serait en ce moment gouvernée par Lord Voldemort.
La gazette du jour illustra le pouvoir que détenait le jeune homme de onze ans. La loi venait juste d'être changée parce que des personnes avaient envoyé à Harry Crow des chocolats piégés. Il ne les avait jamais mangé ou demandé à ce que les lois soient changées, mais le ministre avait pris l'initiative afin d'apaiser le garçon.
Ce que Severus n'arrivait pas à comprendre, c'était la façon qu'avait Albus de toujours mettre les pieds dans le plat avec Harry, après avoir pourtant été plusieurs fois rejeté. Mais le pire, c'était ses efforts répétés pour que Severus le rejoigne dans sa campagne vouée à l'échec.
Il se demandait si Albus était maintenant incapable de s'adapter quand les choses ne se passaient plus comme elles le devraient, habitué qu'il était à agir à sa manière, sans que l'on s'oppose à lui. Le directeur était indiscutablement un sorcier de premier ordre, et pourtant il semblait être aveugle dès qu'Harry était concerné. Quand ses projets ne fonctionnaient pas, il n'y avait pas de plan B – juste une variante du même mauvais plan qui avait déjà spectaculairement échoué. Même son filleul Draco avait appris qu'il ne fallait pas déranger Crow, et pourtant Albus semblait incapable de retenir cette même leçon qu'un adolescent pré-pubère. Peut-être que le directeur souffrait simplement d'arrogance, Albus Dumbledore savait tout mieux que tout le monde – il devait donc toujours avoir raison. Severus se moquait de ce qu'il se passait exactement, il ne voulait juste pas en faire partie.
Ce que Severus avait cependant vraiment du mal à comprendre c'était pourquoi le choixpeau avait placé le garçon à Serdaigle. Sa mère était la sorcière la plus brillante que Severus ait jamais rencontré. Même s'il considérait que le père du garçon n'était qu'un bâtard arrogant et brutal, stupide n'était pas un terme qu'il pouvait associer à James Potter. Harry, cependant, bien qu'indiscutablement très brillant, était tout bonnement l'enfant le plus Serpentard à venir à Poudlard depuis que Salazar avait ouvert sa maison. Son filleul était supposé être un serpentard, et pourtant Severus tremblait en songeant à l'attitude qu'aurait Draco s'il n'avait qu'un dixième du pouvoir et de la célébrité d'Harry.
Harry, d'un autre côté, faisait tranquillement son bout de chemin, gardant des amis proches et cherchant à détruire ses ennemis avec une ruse aussi efficace que celle de Salazar Serpentard, et dont il aurait été fier. Crow dirigeait les premières années sans même essayer de le faire, le meilleur exemple auquel Severus pouvait penser étant l'ensemble des premières années à le suivre hors de la Grande Salle pendant la fête de Noël.
D'un autre côté, la popularité du directeur était tombée encore plus bas que celle de Rusard. Cette photo dans la Gazette d'un Harry se tenant devant Dumbledore ensanglanté avait porté un coup massif à son image publique. Même si le journal avait clairement écrit que c'était Sirius Black qui avait frappé Albus, tout le monde se souvenait de l'image de Crow brandissant son épée.
Severus était certain que c'était ces maudits jumeaux Weasley qui étaient responsables du spectacle d'Albus durant le petit-déjeuner, comme par hasard le jour où Crow et ses amis étaient revenus au château. N'ayant aucune preuve et le directeur ayant déjà donné son avis sur les farces et les potions, Minerva n'allait certainement pas le laisser enlever des points à sa maison. Il était désormais évident pour tout le monde que le directeur perdait le contrôle de son école et ne serait plus présent au château bien longtemps s'il ne modifiait pas son comportement.
Cela causait un dilemme encore plus grand à Severus, que faire si Albus était jeté hors de Poudlard ? Il y avait en ce moment une sorte d'entente entre lui et Crow, mais cela changerait vite si le garçon découvrait l'implication de Severus Rogue dans la chute des Potter. Le professeur de potions était sûr qu'il serait chassé de Gringotts et ce serait le dernier de ses problèmes, le plus difficile étant de garder la tête sur ses épaules. Albus voulait qu'il reste à Poudlard mais tout cela changerait s'il y avait un nouveau directeur en charge.
Il avait pris sa décision, si Albus était ou plutôt quand il serait chassé du château, Severus s'enfuirait à son tour. Si Crow arrivait à expulser Dumbledore hors du château, alors défaire le seigneur des ténèbres ne serait pas bien difficile pour lui. Après ça, la Grande Bretagne magique serait à ses pieds et lui donnerait tout ce qu'il voudrait.
Il y avait la possibilité que Crow requière la tête de Severus Rogue. Il devait être de l'autre côté de la planète avant que cela se produise. Le monde magique ne savait peut-être pas grand chose des gobelins, mais demander à l'un d'entre eux à qui on a causé du tort de montrer de la pitié était une perte de temps et la dernière chose que cette personne dirait.
Sirius n'avait plus de souffle quand il arriva en haut de la colline. Seules ses bottes en peau de dragon avaient bien résisté à ce voyage dans ce paysage de désolation. Il aurait pu transplaner, mais ne voulait pas rendre la personne qu'il venait voir plus nerveuse qu'elle ne l'était déjà. En grimpant la colline – ou plutôt cette foutue montagne – il savait qu'il serait visible rapidement et reconnaissable.
Il s'approcha de la personne seule prudemment, ne faisant pas de mouvement brusque et montrant ses mains vides. « Tu es une personne difficile à trouver, caché dans cet endroit sauvage. En tout cas, au moins, je sais que tu es toujours un maraudeur. Quelle blague, mettre un loup dans une bergerie. Comment es-tu devenu berger Lupin ? Tu ne ressembles à rien ! »
« - Au moins je suis habillé en conséquence pour le terrain et le temps. Qui diable a choisi tes vêtements ? »
« - Ma belle petite-amie blonde, c'est supposé être à la dernière mode. C'est une vélane suédoise qui a pris pitié d'un vieux chien et ma queue n'a pas cessé de remuer depuis. Si tu crois que je vais dire autre chose que ''Oui chérie'' à ce qu'elle demande, alors tu es encore plus fou que tu n'en as l'air Lunard. »
L'homme répliqua avec un rire sarcastique. « En tout cas j'ai certainement cru être fou quand je t'ai vu trébucher sur la colline. J'étais sûr que cela allait se produire si je passais trop de temps ici tout seul, il semble que j'ai eu raison. Fais rire un vieux loup-garou fou et dis moi comment tu as réussi à faire sortir tes fesses d'Azkaban ? »
« - Harry et son père son intervenus… »
Remus grogna de fureur et sortit sa baguette.
« - Harry a aussi tranché la baguette du dernier sorcier qui en a pointé une sur moi, tu n'as pas idée à quel point je suis fier de dire que c'est Albus Dumbledore qu'il a affronté – j'ai même des photos pour le prouver. »
Il remarqua que cela n'aidait pas son ami à comprendre et redevint sérieux. « Désolé Lunard, j'aurais dû dire le père adoptif d'Harry. Je sais mieux que quiconque que James et Lily sont morts mais je n'étais pas le gardien du secret. Par contre, je me blâme toujours pour leurs morts, c'était idiot de les convaincre de choisir Peter. Ce bâtard de rat a conduit son maitre droit vers eux. Il est toujours quelque part dehors, mais j'ai promis au père d'Harry que je n'irais pas à sa poursuite. On m'a dit qu'Harry avait besoin de son parrain dans sa vie, mais il a aussi besoin de son oncle Lunard… »
« - Maintenant je sais que c'est réel, mon imagination n'aurait jamais sorti une histoire aussi folle que celle-ci. Sirius, si c'est ton idée d'une blague, je te jure que je vais te tuer moi-même.
- Je le jure sur l'honneur des maraudeurs, Lunard. Henrica est vraiment une magnifique vélane suédoise… »
Lunard bondit sur Sirius et ils se serrèrent bientôt dans leurs bras, comme de vieux frères ne s'étant pas vus depuis longtemps – ce qui était le cas.
Pour les enfants de onze et douze ans, toute personne n'étant pas adolescente est considérée comme vieille. Ainsi, pour eux, le professeur McGonagall était ancienne. En utilisant cette même échelle de mesure, la petite sorcière qui se tenait à côté de leur professeur de métamorphose devait être la mère de Mathusalem.
C'est Harry qui annonça l'identité de la sorcière à ses amis quand ils s'installèrent en cours. « C'est Griselda Marchbanks, c'est une vieille amie de ma grand-mère. Elle est aussi la directrice du comité d'examens sorciers. Je me demande ce qu'elle fait ici ? Les BUSES et ASPICS ne commencent pas avant au moins cinq semaines et nous ne sommes que des premières années. »
Hermione s'arrêta net, comme si elle avait été pétrifiée, et ses amis la regardèrent avec inquiétude. « Je n'arrive pas à croire que les examens sont déjà dans cinq semaines, j'avais complètement oublié ! Je n'ai même pas commencé à réviser… »
Sa crise de panique devrait attendre, car McGonagall demanda l'attention de toute la classe. « Bonjour à tout le monde. Comme vous l'avez déjà remarqué, nous avons un visiteur avec nous ce matin. Madame Marchbanks a testé tous les étudiants de Poudlard depuis que le directeur a passé ses ASPICS, et je lui ai demandé de venir ici afin d'avoir son avis d'experte sur votre classe. Nous allons faire des exercices aujourd'hui, nous essaierons tous de transformer le même type d'objet. »
Minerva leva sa baguette et une tasse à thé atterrit devant chaque élève. Ses étudiants sachant quoi faire avec, elle se contenta de les laisser travailler.
Si une personne autre que Minerva McGonagall lui avait demandé la faveur de venir examiner une classe en cours d'année, Griselda lui aurait répondu avec rudesse d'aller se faire voir. Elle pensait que son amie Minnie avait découvert un prodige de la métamorphose, sinon pourquoi donnerait-elle des tasses à thé à un groupe de première année ? Elle n'arrivait pas à se souvenir si la transformation de tasses en tortues avait lieu à la fin de la seconde année ou au début de la troisième, mais ce n'était certainement pas enseigné durant la première.
La vieille sorcière dût se retenir avec sa canne pour ne pas tomber quand elle vit tous les étudiants réussir la métamorphose. Mais ce n'était pas ce qui stupéfiait le plus Griselda, c'était qu'ils n'avaient utilisé aucune formule ni aucun mouvement de baguette. Minerva conjura aussitôt une chaise confortable pour son invitée avant de se retourner devant sa classe. « Bravo à tous. Maintenant, je voudrais que vous passiez le reste de la leçon à utiliser votre imagination pour voir en quoi vous pouvez transformer votre tasse. Madame Marchbanks et moi vous observerons et il vaut mieux que je ne vois pas quelque chose de dangereux sur vos tables. »
Minerva conjura une autre chaise pour elle ainsi qu'une petite table entre elles. Dès que la table apparut, un petit service à thé apparut à son tour. Le professeur leur versa à toutes les deux un thé puisque Griselda n'arrivait à détacher ses yeux des premières années.
« - Je sais exactement comment vous vous sentez », dit la métamorphiste, « cela contredit toutes les règles de la magie que nous connaissions. Je ne pouvais vous en parler avant, vous ne m'auriez pas cru de toute manière. Il s'agit d'une chose qu'il faut voir par soi-même. »
Sa main tremblant plus que d'habitude, Griselda attrapa sa tasse. « Minnie, je le vois et pourtant je n'arrive pas à le croire. Maintenant, avant que mon vieux cœur ne me lâche, je veux que vous m'expliquiez exactement ce dont nous sommes témoins ici. »
Elle écouta l'histoire de la métamorphose gobeline tout en regardant toute une ménagerie de petits animaux courir et bondir sur les tables.
« - … et maintenant j'ai une classe bien plus avancée que leurs pairs, je n'ai pas la moindre idée de ce que je vais faire en deuxième année. Ils n'apprennent pas de sorts et il n'y a aucun livre traitant d'une telle situation. Comme essai, j'ai demandé un papier sur les difficultés à transformer un objet inanimé en une créature vivante. Les essais étaient surprenants. Ils n'ont pas gaspillé de parchemin à m'indiquer de mauvais sorts ou mouvements de baguette, chacun d'entre eux a écrit qu'il s'agissait simplement de concentration – et de leur capacité à imaginer correctement la créature qu'ils voulaient obtenir. »
Madame Griselda Marchbanks n'était pas devenue la directrice du comité d'examens parce qu'elle était stupide. Elle comprit immédiatement. « Si on enlève le sort et les mouvements de baguette, c'est tout ce qui compte. »
« - Exactement ! Mais cela me donne un gros problème. Il s'agit aisément de la meilleure classe que j'ai jamais eue, mais chacun d'entre eux va échouer s'ils passent les BUSES ET ASPICS actuels. Ils excelleront pour la pratique mais échoueront lamentablement pour la théorie – tout simplement parce qu'ils n'en ont pas besoin. Je pourrais leur faire conjurer des objets pendant leur seconde année, puisque nous utilisons leur baguette pendant chaque cours. »
« - Allez-vous appliquer ces leçons avec les autres classes ? »
« - Non, pour plusieurs raisons. Je dois apprendre une nouvelle manière de métamorphoser, cela va me demander un peu de temps avant de maitriser les sortilèges les plus compliqués. Je pense que c'est simplement parce j'ai utilisé une autre méthode pendant la plus grande partie de ma vie. Il est difficile de reconnaître qu'il y a une méthode plus efficace que celle que l'on maitrise à la perfection, mais je ne peux ignorer ce que j'ai devant les yeux. Ils y a des étudiants dans cette classe qui auraient du mal avec les méthodes traditionnelles, vous pouvez voir vous-même avec quelle rapidité ils maitrisent celle-là. »
Griselda n'arrivait pas à réfuter ce qu'elle avait devant les yeux. Mais Minerva n'avait pas fini.
« - J'espère que vous pourrez m'aider pour un autre problème. Si les examens ne peuvent pas être changés, je vais devoir passer six années à enseigner à cette classe des sortilèges qu'ils n'utiliseront jamais. Si ce n'est pas le cas, je n'enseignerai pas cette méthode aux prochains élèves de première année en septembre. »
La réponse de son amie fut immédiate. « Vous devez continuer à enseigner cette méthode, je n'ai jamais vu d'enfants si jeunes si à l'aise avec leur magie. J'amènerai le reste des examinateurs pour observer cette classe en juin. Je ne leur dirais rien avant. Si nous changeons l'examen, avec, disons, soixante-quinze pourcents de pratique et gardons pour le reste quelques questions, ce serait acceptable. Nous pourrions même élever le niveau de métamorphose que nous attendons d'eux. Sinon, ces élèves auront déjà le niveau des BUSES à la fin de leur troisième année. Je suppose que certains de cette classe sont même plus doués que ce que nous voyons déjà ? »
Avec un sourire, Minerva fit léviter un gros morceau de bois dans la direction d'Harry. Elle avait espéré que Griselda pose cette question. « Centurion Crow, pourriez-vous s'il vous plait montrer à Madame Marchbanks ce que vous pouvez faire avec cette méthode de métamorphose ? »
Cela prit un moment avant qu'Harry ne décide ce qu'il voulait faire. Le bloc de bois devint un jeune lionceau, puis se transforma en un splendide aigle doré. Si quelqu'un avait un doute sur les intentions d'Harry, celui-ci se dissipa quand l'aigle se transforma en blaireau. Le large serpent argenté qui apparut fit haleter quelques élèves mais il y eut des cris quand celui-ci se transforma en bébé dragon.
Hermione entendit Harry dire au dragon de bien se comporter et demanda si elle pouvait le toucher. Quand elle vit son hochement de tête, elle le gratta juste derrière les oreilles.
La directrice adjointe de Poudlard et la directrice du comité d'examens étaient tout aussi excitées que le reste de la classe. Elles regardaient avec stupeur une jeune sorcière née de moldue gratter un bébé dragon tout en lui parlant en gobelin.
Minerva retrouva finalement sa voix. « Je comprends les emblèmes des maisons Centurion Crow, mais pourquoi le bébé dragon ? »
« - Le symbole de Gringotts professeur. Je suis peut-être un Serdaigle mais je suis surtout et avant tout un gobelin. »
Hermione enleva sa main, et quand Harry vit que personne ne semblait vouloir caresser la bête, il transforma de nouveau le dragon en bloc de bois.
La cloche annonça la fin de la leçon la plus rapide que Griselda avait jamais vu, le temps semblait avoir volé. Elle regarda les étudiants transformer chacun son tour sa création en tasse de thé et la redonner à la directrice adjointe. Il n'y avait pas de sacs à faire, pas de livres ou de parchemins à ranger. Ils rangèrent simplement leur baguette et partirent, c'est tout ce qu'ils avaient à faire.
Un sentiment d'excitation traversa le corps de la vieille sorcière. Elle racontait parfois qu'elle avait été l'examinatrice d'Albus Dumbledore pour ses ASPICS, mais ce qu'elle ne disait pas c'était que ces examens étaient toujours les mêmes que ceux que passaient les sorciers et sorcières de Grande Bretagne aujourd'hui. Après avoir vu la même chose pendant plus d'un siècle, il était difficile d'être excité. Mais il s'agissait là de quelque chose de nouveau qui la stupéfiait complètement.
« - Minerva, vous devez absolument continuer. Ils ont encore quatre ans avant de passer leurs BUSES, cela nous donnera assez de temps pour créer un nouvel examen. Si Poudlard a pendant quatre ans des étudiants aussi doués et avec la même méthode d'enseignement, le ministère sera forcé de changer l'examen. »
La professeur comprenait cet argument. Elle ne l'aurait pas considéré sans le support de Griselda.
« - Je veux que vous me teniez informé de leurs progrès. Cette classe sera notre groupe-test, et je veux qu'ils soient surveillés de près. Il sera nécessaire de jauger leurs capacités afin de créer un nouvel examen. Si, comme je le suspecte, les métamorphoses qu'ils font pour cette matière sont bien supérieures au niveau des BUSES, alors toutes les protestations seront vite balayées. »
Elle avait hâte de montrer cette classe aux autres examinateurs, cela faisait au moins plusieurs décennies que Griselda avait envie de passer tout le mois de juin à Poudlard.
Les élèves avaient à peine quitté la salle de classe qu'Harry aborda le sujet qui avait inquiété Hermione avant le début du cours. Il avait peur que sa meilleure amie regrette le temps qu'ils avaient passé ensemble et qu'elle préfère maintenant rester seule pour étudier ses examens. Le pire selon Harry, c'était qu'il était sûr qu'ils excelleraient.
« - Tu semblais inquiète pour nos examens, Hermione, tu sais bien que tu vas être la meilleure non ? »
« - Harry, tu es bien plus fort que moi en DCFM, potions et métamorphose. Neville a la main verte et excellera en botanique. Et Padma est la meilleure en astronomie. Je n'aurais les meilleurs résultats qu'en sortilèges et en histoire de la magie. »
« - Ce n'est pas suffisant pour toi ? » demanda Padma.
C'était une question sérieuse, une question à laquelle il voulait qu'elle réponde franchement. Même si la demande venait de Padma, elle voyait bien l'inquiétude dans les yeux d'Harry. Mais s'il pensait qu'elle allait arrêter de trainer avec eux pour se lancer dans une sorte de croisade de révisions, il se trompait lourdement. « C'était plus de la surprise quand Neville a mentionné les examens, parce que je n'avais pas réalisé qu'ils étaient déjà là. Avant Poudlard, j'aurais déjà un planning de révisions sur le mur de ma chambre, et ce depuis avril. »
Neville était confus. « Tu dis ça comme si c'était une mauvaise chose Hermione ? »
« - Oh, ce n'est certainement pas une mauvaise chose, c'était juste une surprise. Avant Poudlard, tout ce que j'avais, c'étaient les examens et mes livres. Je pense que ça m'a frappé de réaliser à quel point j'ai changé, et je suis très heureuse de ça. Je vais quand même essayer de battre Harry pour être la première de notre promotion, mais je survivrais s'il me bat. »
Neville gloussa. « Et puis, ce n'est pas comme si nous n'en avions pas l'habitude. Il nous bat chaque semaine en défense. Mais je sais ce que tu veux dire, ma grand-mère ne me quitte presque jamais des yeux à la maison. Je n'ai jamais eu d'amis avant, donc Poudlard a aussi été incroyable pour moi. »
« - Moi aussi j'ai été contente, » continua Padma. « Être dans une autre maison que celle de ma sœur m'a permis d'être moi-même, au lieu d'avoir tout le monde qui pense toujours que nous sommes la moitié d'une même personne. Je sais que George et Fred jouent beaucoup sur cet aspect mais parfois je pense qu'ils sont vraiment une seule et même personne. Parvati et moi sommes différentes. Il faut d'ailleurs que je la voie avant le déjeuner, à plus tard les amis ! »
Quand leur amie partit, Harry pensa en souriant qu'il avait encore plus changé qu'eux. Mais il ne leur dit pas, ils avaient des choses bien plus importantes à discuter maintenant que Padma était partie. « Ok, maintenant que c'est réglé, qu'allons-nous faire pour l'anniversaire des jumelles ? On peut encore utiliser la salle pour la fête, mais il vaut mieux que je vérifie avec McGonagall cette fois. »
Ils étaient tous les deux d'accord avec cette idée, puis Neville souleva le vrai problème. « Je pense que la façon qu'a utilisé Harry à Noël était la bonne. Donner un cadeau à Parvati car elle est la sœur de Padma. J'aime bien Parvati, je ne veux juste pas qu'elle se fasse de fausses idées et qu'elle me colle tout simplement parce que je lui ai souhaité un joyeux anniversaire. »
Harry et Hermione étaient tout à fait d'accord avec ça. Padma signifiait beaucoup pour eux et sa sœur jumelle devait être prise en considération. Avec l'aide de Poudlard, il serait aisé d'organiser une fête pour Padma et ils pouvaient demander à Sirius ou à Hedwige d'aller chercher les cadeaux.
Puisque Lavande devait être invitée, l'idée d'un anniversaire surprise fut aussitôt abandonnée. La gryffondor blonde l'aurait raconté à tout le château en moins d'une heure et ainsi c'était impossible qu'elle garde le secret.
Tous les élèves de première année étant invités, Minerva n'avait pas de raison de refuser leurs plans pour une fête. Le fait qu'elle, Filius et Henrica étaient invités facilita aussi sa décision. Normalement, les fêtes d'anniversaires se tenaient dans les salles communes. Mais les jumelles étant réparties dans des maisons différentes, cette option n'était pas possible.
Harry et Neville revinrent de la table des professeurs, le Serdaigle souriant alors que le Gryffondor cherchait le courage qui faisait la réputation de sa maison. Les deux garçons s'avancèrent vers deux sorcières indiennes identiques, avec la même idée en tête.
Harry savait que sa partie était facile alors que Neville souhaitait intérieurement avoir été réparti à Serdaigle avec ses amis.
« - Padma, nous savons que c'est ton anniversaire demain et nous voulons faire une soirée dans la salle. McGonagall vient juste de nous donner la permission… »
Un cri de joie retentit dans la Grande Salle, perçant quelques tympans au passage. Tous les yeux se retournèrent sur Parvati serrant Neville dans ses bras tout en sautant et riant en même temps.
« - Tu as laissé Neville l'annoncer à Parvati ? »
« - Hey, c'est lui le Gryffondor. Je ne suis pas suffisamment courageux pour ça. Nous avons invité tous les élèves de première année et nous mangerons ensembles dimanche soir. Certains professeurs seront aussi présents, et Sirius aussi bien sûr. »
Les yeux de la jeune sorcière brillaient de larmes quand elle répondit à ses amis. « Ce sera merveilleux, et merci d'avoir aussi inclu Pav. »
« - Pas de problème, son anniversaire a aussi lieu le deux mai… »
Harry se dit qu'il devenait meilleur pour sortir des blagues, puisque Padma et Hermione éclatèrent de rire. Ce ne fut que lorsqu'il aperçut Parvati du coin de l'œil, courant dans sa direction, qu'il réalisa qu'elles riaient de lui. Quand les filles virent Harry se raidir, leurs rires redoublèrent.
L'excitation d'une fête traversa toute la grande salle et toutes les maisons. Cela posait un problème à Draco. Que faire ? Il avait gardé ses distances d'avec Crow, ne l'embêtant plus mais sans pour autant établir des liens avec lui. Maintenant, il était forcé de prendre une décision. Des récits des supers moments que certaines personnes avaient passé quand ils avaient suivi Crow hors de la Grande Salle à Noël lui étaient parvenus aux oreilles, et Draco avait envie d'y participer. Seulement, sa fierté le bloquait.
Quand il repensa aux instructions de son père, il put contourner sa fierté mal placée. Son père voulait des informations sur Crow, et ainsi il pourrait exécuter sa mission d'espionnage. Bien sûr, il ferait semblant de passer un bon moment – sinon il aurait l'air louche dans le paysage. Un espion ne devait pas soulever de suspicions et se fondre dans le décor. Il comptait bien y arriver.
Ron Weasley n'avait pas un tel dilemme. Il y aurait du gâteau, il était en quelque sorte invité, il irait donc ! Il découvrirait enfin cette salle dont Seamus et Dean parlaient tant – il y aurait même de l'ale gobeline que l'on disait meilleure que la Bièraubeurre. Ron avait finalement hâte d'assister à autre chose qu'à un match de Quidditch.
Albus observait, en fait, il n'était plus qu'un observateur depuis un moment et il perdait de plus en plus de contrôle dans son château. Personne ne demandait son opinion et quand bien même, personne ne l'aurait écouté. Pour Albus Dumbledore, être ignoré était une nouvelle expérience, et pas des plus agréables.
