Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette histoire de RObSt que je traduis n'est pas utilisée à des fins commerciales. Bêta reader: NVJM
Rewiews: bjr à tous! Désolé pour toute cette attente mais mon mémoire est enfin fini ce qui signifie que je vais pouvoir me remettre à cette traduction! Sur ce, bonne lecture :)
Chapitre 29 : Rends-toi ou meurs !
Harry comprit immédiatement pourquoi son père lui avait conseillé de mettre un terme à ce combat au plus tôt, car Maitre Sharpshard ne semblait pas simplement d'humeur à s'entrainer ce matin là. L'objet de la leçon du jour semblait être pour Harry de montrer qu'il avait encore des choses à apprendre, et le gobelin voulait lui enseigner cette leçon en aussi peu de temps que possible. Sans magie, Harry doutait qu'il aurait réussi à tenir une minute.
Mais il avait sa magie, et il était temps de s'en servir. Le fait qu'il n'avait pas son couteau dans les mains rendait son adversaire moins méfiant et plus en sécurité, et Harry comptait bien le détromper.
Après qu'Harry ait paré ses deux premières attaques, Maitre Sharpshard s'aperçut soudainement qu'il n'avait plus d'épée entre les mains mais un tournesol d'un jaune éclatant. Quand une toile d'araignée jaillit de l'épée d'Harry, le large gobelin se retrouva suspendu à quelques mètres, incapable de bouger.
Harry se retourna et vit son père mort de rire, son stoïcisme gobelin s'étant brisé en un million de morceaux. Padma et Neville applaudissaient bruyamment sa victoire, mais Harry n'en vit pas plus car sa vision fut soudainement bloquée par une masse de cheveux bruns. Hermione arriva et le percuta comme un train lancé à pleine vitesse, son cri de terreur aussi fort que le bruit d'une locomotive à vapeur.
Harry se tourna pour voir son mentor couper facilement sa toile et utiliser les fils pour descendre, un peu comme Spiderman. Le gobelin surprit tout le monde en utilisant le piège d'Harry pour retourner rapidement dans le combat. Maitre Sharpshard avait une hache de combat entre les mains et ses yeux brillaient d'envie meurtrière. Harry eut à peine le temps de pousser Hermione sur le côté avant que le gobelin n'attaque son élève avec une férocité qu'il n'avait jamais vue avant.
Hermione n'était pas allée bien loin cependant et quand elle vit son petit ami en grand danger, elle ne réfléchit pas. Sortant son épée, elle chargea le large gobelin.
Maitre Sharpshard n'allait cependant pas se faire stopper, l'attaque d'Hermione était à peine une distraction. Sa lame fut facilement envoyée en l'air et un violent coup dans la poitrine la mis hors d'état de nuire.
En voyant Hermione voler dans la pièce, quelque chose se brisa en Harry, il ne remarqua presque pas la hache qui coupa sa tunique en peau de dragon et sa peau.
Le cri de triomphe que le gobelin s'apprêtait à lancer mourut instantanément quand son adversaire ignora sa blessure et qu'il réalisa qu'il n'allait pas arrêter le combat alors que le premier sang venait d'être versé. Maitre Sharpshard se retrouva immédiatement confronté à un Centurion Crow en armure de combat et surtout complètement enragé.
Si Neville et Padma avaient besoin qu'on leur rappelle que le père d'Harry n'était pas humain, ils en eurent la démonstration. Barchoke attaqua la barrière magique qui venait d'apparaître devant eux comme un animal sauvage, un animal sauvage qui avait une longue dague à la main. Il grognait, griffait, crachait et tapait, sans résultat cependant, la barrière tenait bon. Barchoke s'arrêta quand il fut témoin de l'impossible, le bracelet d'Hermione commença à recouvrir tout son corps d'une armure dorée. L'armure en or portait le symbole de son clan mais cela aurait dû être impossible. Puisque qu'Hermione était inconsciente après ce coup dans les côtes, elle ne pouvait pas en être responsable, et Harry non plus puisqu'il était déjà bien occupé.
Bill avait essayé tout ce qu'il connaissait pour traverser le bouclier, mais il avait aussi peu de succès avec sa baguette que Barchoke avec sa dague. Le problème était que quels que soient ses dons et son expérience, ses connaissances n'étaient rien en comparaison de celles de Poudlard. Le château avait toujours deux ou trois tours d'avance sur lui. Voyant cependant que Poudlard aidait son champion, Bill baissa sa baguette.
Maitre Sharpshard n'avait jamais affronté un adversaire si rapide ou si fort que ce centurion. Le fait que les deux lames qu'il combattait jetaient aussi des sorts qui transperçaient ses défenses et qu'il était obligé de se concentrer pour éviter de se faire empaler sur ces lames, indiquait que le guerrier expérimenté était en mauvaise posture.
Quand le terrain commença littéralement à se transformer sous ses pieds, lui mettant des bâtons dans les roues pour le forcer à s'éloigner de ce maelstrom d'or enragé, le gobelin comprit qu'il était en très mauvaise posture.
Mais quand son pied gauche se posa soudainement dans un trou, un trou qui n'était pas là une seconde plus tôt, il comprit qu'il n'était pas seulement en mauvaise posture, il venait de mettre les pieds dans une grande bouse de dragon.
Quand ce même trou se referma soudainement, emprisonnant son pied, le maitre guerrier fut certain qu'il s'agissait de son dernier combat.
Crow se battait comme un démon possédé et le vétéran gobelin commençait à sentir la perte de sang provoquée par les multiples coupures qu'il avait reçues. Il sentit en tout cas le coup de pied qui l'envoya au sol, libérant son pied gauche, mais sans sa botte au passage. Quand il atterrit sur le dos, des lianes jaillirent du sol et l'emprisonnèrent. Il n'eut même pas le temps de s'en inquiéter car un centurion enragé venait de poser un pied doré sur sa poitrine et une épée sur sa gorge.
« - Rends-toi ou meurs ! Je me moque de ton choix, fais le juste rapidement ! »
Le combat étant terminé, la barrière tomba et Barchoke se précipita vers son fils. « Harry, non, pas comme ça. Hermione a besoin de toi, personne d'autre ne pourra l'atteindre à travers son armure. » Barchoke pensa que c'était la seule chose qui sauva la vie du gobelin déchu, car dès qu'Harry se souvint qu'Hermione était blessée, il rengaina aussitôt son épée.
Tandis que son fils se dirigeait vers Hermione, Barchoke s'agenouilla auprès de son ami de longue date. « Dis-moi pourquoi je ne devrais pas simplement t'achever ? Peut-être que je ne devrais même pas me donner cette peine, mon fils t'a tailladé à tant d'endroits que tu pourrais saigner jusqu'à la mort en une heure tout au plus. Cela te donnera peut-être assez de temps pour réaliser à quel point tu as merdé. Même toi, tu dois réaliser que le tuer provoquerait une guerre, une guerre que notre nation ne pourrait pas remporter… »
« - Je n'aurais jamais tué ton fils… »
« - Une fois que tu as attaqué Hermione, personne d'autre n'aurait pu l'arrêter. Je suis surpris qu'il t'ait laissé en vie. »
Barchoke le laissa réfléchir à ses mots quelques instants, puis continua, il devait agir au plus vite. Le sang qui coulait des plaies profondes qu'Harry lui avait infligées finirait réellement par tuer cet idiot.
« - Personne d'autre ne peut trouver cette pièce et pourtant Poudlard a ouvert ses portes pour Harry et changé cette pièce selon ses désirs. Tu as choisi de combattre le champion de Poudlard dans cette pièce, un champion qui est aussi un centurion, je suis surpris qu'un éclair n'ait pas surgi du plafond pour te réduire à néant. Et ce n'est même pas là ta plus grosse erreur, tu as commis une erreur fatale en attaquant sa compagne ! Es-tu vraiment si stupide ou as-tu juste un complexe à la Dumbledore ? Tu es Maitre Sharpshard et ne peux donc pas être vaincu… Devine quoi, vieux fou sans cervelle, mon fils vient juste de te réduire en charpie. »
Harry s'agenouilla à côté d'Hermione, son armure avait disparu et ses mains nues touchèrent alors l'armure dorée qui protégeait son amie. Leurs amis étaient aussi là et l'armure qui disparaissait permit à Bill de jeter quelques sorts de diagnostique sur la jeune sorcière.
« - Il y a quelques côtes cassées et quelques blessures internes, rien de très grave, même si marcher risque d'être douloureux tant que tu ne seras pas soignée… » Bill s'arrêta de parler quand il devint évident qu'aucun des enfants ne l'écoutaient, étant trop concentrés l'un sur l'autre.
Hermione n'avait jamais été frappée aussi fort dans sa vie, le coup l'avait vidée de son souffle. Tout en étant allongée sur le sol, cherchant à respirer, Hermione avait entendu les bruits de la bataille et les cris venant de ses amis. Elle avait eu l'impression que son cœur s'était arrêté de battre et qu'il n'avait redémarré que quand Harry s'était agenouillé à côté d'elle. Quand elle vit son petit ami, Hermione oublia ses blessures, car Harry semblait être passé dans un mixer géant. Sa tunique n'était plus noire, des traits sanglants la jalonnaient.
« - N'essaie pas de te lever Hermione, tes blessures…
- … ne sont rien comparées aux tiennes. Il faut que tu voies un guérisseur.
- Enlève cette tunique, Harry, je ne peux pas fermer tes plaies avec cette peau de dragon. »
Hermione se mit debout et aida Harry à enlever sa tunique, elle ne pouvait pas empêcher ses larmes de couler alors que Bill lui administrait l'équivalent sorcier des premiers soins. Il avait une plaie qui allait de son épaule droite jusqu'à sa hanche gauche.
Neville lui tendit ses robes de duel puisqu'Harry n'était plus vêtu que de son caleçon.
Le fait qu'Hermione lui tienne la main ramena Harry à la réalité et lui fit réaliser qu'il devait encore faire quelque chose. Son honneur l'exigeait. « Hermione, je dois d'abord faire quelque chose, je ne serai pas long. »
La pièce avait relâché le guerrier gobelin et Barchoke avait réussi à faire asseoir Maitre Sharpshard. Barchoke était en train d'appliquer de l'essence de ditanie sur les plaies les plus profondes quand Harry arriva et s'agenouilla, tête baissée.
« - Maitre Sharpshard, j'attends ma punition pour le manque de respect dont j'ai fait preuve envers mon mentor. J'ai utilisé la magie pour me moquer de vous et j'attends donc mon châtiment. »
Padma avait récupéré son épée et Hermione sortait la sienne quand cette dernière entendit et comprit chacun des mots d'Harry. Se souvenant qu'Harry avait dit que les gobelins ne faisaient pas de farces mais qu'ils les considéraient comme des attaques, Hermione réalisa l'énorme erreur qu'ils venaient de faire. Le proverbe de Gringotts était de ne « jamais chatouiller le dragon qui dort, » Harry venait pratiquement de le frapper en pleine figure. Maitre Sharpshard ne crachait peut-être pas de feu, mais Hermione n'avait aucun mal à le considérer comme aussi dangereux que l'emblème de Gringotts. Elle aussi devait maintenant faire quelque chose.
S'agenouillant à côté d'Harry, et parlant en gobelin, Hermione lui parla. « Je dois aussi m'excuser Maitre Sharpshard. Je n'avais aucune raison d'intervenir durant votre entrainement et j'accepterai ma punition aux côtés d'Harry. »
« - Ne parlons plus de punition, qu'elle soit méritée ou non. Crow, vous vous êtes battus comme un démon et vous faites honneur aux Centurions. Miss Granger, je me souviens vous avoir dit que vous aviez le cœur d'un gobelin. Aujourd'hui, vous l'avez prouvé à bien des niveaux. Je pense que nous devrions tous aller voir les guérisseurs puis fêter cela avec un bon grog. Et puisque vous êtes bien trop jeunes pour en boire, je boirais volontiers vos propres choppes ! »
Le large gobelin commença à rire, mais cela se changea rapidement en grognement quand Barchoke le remit debout.
« - Crow, vous me devez aussi une nouvelle paire de bottes. J'enverrai la facture à votre père, ce n'est pas comme si vous ne pouviez pas vous le permettre. » Le rire fut une nouvelle fois interrompu quand ils se dirigèrent vers la porte.
Albus avait appris par Minerva que le père d'Harry allait être présent à Poudlard ce jour-là, ce qui expliquait pourquoi il attendait près de l'entrée principale. Après avoir regardé de nombreuses fois leur dernier entretien dans sa pensive, il avait été forcé d'admettre que Filius avait raison quant à la façon dont s'était déroulée cette entrevue. Barchoke était venu à Poudlard dans l'espoir qu'ils travaillent ensemble, mais Albus l'avait acculé dans un coin. Aujourd'hui, il voulait savoir s'il était possible qu'ils s'assoient tranquillement autour d'une table pour discuter.
Le directeur n'aimait pas employer le terme désespéré, mais c'était le seul applicable à sa situation, il avait été complètement isolé de la vie d'Harry et voulait désespérément réussir à y jouer un rôle aussi minime soit-il. Albus était préparé à toutes les concessions possibles pour retourner dans le jeu. Son problème, selon lui, c'était qu'il ne voyait pas ce qu'ils pourraient vouloir pour lui permettre d'être actif.
Ses pensées furent interrompues par le groupe sans dessus dessous qui descendait les escaliers. Le père d'Harry et William Weasley soutenaient ou plutôt portaient le large gobelin clairement blessé. Mais ce n'est pas ce qui attira le regard d'Albus, Harry et la fille Granger étaient aussi clairement blessés. Ils se soutenaient l'un l'autre, le jeune Londubat et leur amie Patil montrant leur inquiétude en les suivant de très près.
« - Que s'est-il passé ?
- Un accident durant l'entrainement, que nos guérisseurs vont bientôt réparer. Nous n'avons pas le temps de parler, directeur, donc si vous voulez bien nous excuser… » Barchoke était poli mais tout le monde put percevoir le ton d'acier de sa voix.
Mais Albus ne voulait pas être si facilement écarté, surtout qu'il avait là une opportunité de gagner quelques points positifs. « Nous avons une infirmerie complètement équipée ici, et Madame Pomfresh est une médicomage hautement qualifiée et respectée.
- Même si ce que vous dites est vrai, vous avez oublié la partie sur les trolls de montagne qui s'y rendent aussi. Nous allons à Gringotts et je vous enverrai un hibou si mon fils et Miss Granger doivent aussi y passer la nuit. »
- Vous avez tout à fait le droit d'emmener votre fils avec vous, mais je dois objecter quant à Miss Granger. L'école a besoin d'une autorisation afin de la laisser dans les mains de quelque d'autre…
- C'est correct, directeur, même si vous faites là une erreur. Les Granger sont clairement en désavantage du fait de leur condition moldue. Puisque leur fille est une amie de la nation, ils me font confiance pour agir en leur nom concernant tous les problèmes survenant dans la communauté sorcière. Le professeur McGonagall a toutes les informations en question dans le dossier de Miss Granger. »
Albus s'aperçut que son argument avait encore une fois échoué. C'est une nouvelle fois par désespoir qu'il se tourna vers la jeune sorcière blessée. « Miss Granger, vos parents savent-ils pour cet entrainement et sur ses dangers ? »
Malheureusement pour Albus, ce fut une autre jeune sorcière qui réduit son argument à néant.
Padma avait regardé sans pouvoir intervenir quand Hermione avait été jetée au sol, blessée, et quand Harry s'était battu pour sa vie. Elle avait pleuré tout en serrant Neville contre elle. Si c'était là un entrainement gobelin, alors Padma Patil n'en voulait pas. Quand ses deux amis s'étaient ensuite inclinés sur le monstre qui les avait attaqués, elle avait été complètement perdue. Elle en parlerait plus tard avec eux, mais il n'y avait aucun doute possible quant à sa position. Ses deux amis avaient besoin d'être soignés et si le directeur se tenait sur leur chemin, elle devait intervenir.
« - Dan et Emma nous ont en fait regardé nous entrainer, ils savent ce que nous faisons pendant ces leçons, ainsi que mes parents. Mes amis ont vraiment besoin de voir un guérisseur, Directeur. »
Alors Albus fit un pas de côté pour les laisser passer, il essaya un dernier coup. « Barchoke, quand vous retournerez à Poudlard avec les enfants, pourrais-je vous parler un moment ? »
Barchoke hocha à peine la tête tout en menant les enfants hors du château, Neville et Padma les accompagnant jusqu'au portail, avant de repartir en courant pour trouver le professeur Hobson dès que le groupe eut pris le portoloin.
…
Le portoloin fit atterrir le groupe dans une partie de Gringotts que le public sorcier ne voyait jamais, mais qui n'était pas pour autant vide. Maitre Sharpshard était un personnage bien connu et inratable dans la nation, et quand il fut aperçu, en direction de l'infirmerie, toutes les langues se délièrent. La rumeur allait atteindre les recoins les plus éloignés de la nation gobeline d'ici la fin de la journée.
Ils en eurent la confirmation quand, à peine arrivés devant l'infirmerie, le directeur fit son apparition. Barchoke refusa de partir tant qu'Harry et Hermione n'étaient pas traités, puis il accompagna Ragnok dans le bureau du directeur.
Sirius sifflotait un air joyeux en approchant Poudlard, il s'arrêta net quand il aperçut Henrica, Padma et Neville qui semblaient l'attendre. Son bras fut autour d'Henrica avant même qu'il ne parle. « Que s'est-il passé ? »
Les deux amis racontèrent alors l'histoire.
« - Harry a joué une farce à Maitre Sharpshard alors qu'ils s'affrontaient…
- … Il ne l'a vraiment pas bien pris et a attaqué Harry…
- … la barrière de sécurité s'est activée…
- … Mais Hermione était dedans puisqu'elle avait couru vers Harry…
- … Harry l'a poussée sur le côté pour sa sécurité, mais Hermione a sorti son épée…
- … Maitre Sharpshard s'en moquait et lui a juste donné un coup pour s'en débarrasser… »
Ce fut Neville qui dût terminer l'histoire car Padma était encore trop bouleversée.
« - Harry était furieux, il a activé son armure et a réellement attaqué Maitre Sharpshard. Il a fait abstraction de ses propres blessures et l'a tailladé sévèrement, et finalement il lui a fait mordre la poussière et était prêt à le tuer. Ce n'est que lorsque la barrière s'est envolée et que son père lui a parlé qu'il s'est arrêté. »
L'inquiétude était transparente dans la voix de Padma quand elle termina le récit.
« - Hermione a quelques côtes de cassées et tout le torse d'Harry était ouvert. S'ils ne reviennent pas cette nuit, pourrais-tu leur demander de nous envoyer un hibou afin qu'on sache s'ils vont bien ? »
Sirius accepta aussitôt avant de se précipiter à Gringotts avec Henrica.
Son appréhension dégringola instantanément dès qu'ils furent introduits dans l'infirmerie gobeline. Sirius pensa que s'il était possible de mettre en bouteille le soulagement qu'il ressentit en voyant son filleul, assis sur le lit de sa petite amie, alors il pourrait aisément doubler la fortune Black. Ce n'était pas juste du soulagement qu'il ressentait, il était aussi assailli par une multitude d'émotions confuses.
Il voulait prendre son filleul dans ses bras, retenir ses larmes et en même temps il avait envie de lui crier dessus pour avoir eu des ennuis. Il y avait aussi une certaine dose de fierté, fierté car son filleul avait vaincu la personne qui avait osé blesser Hermione. Sirius était certain qu'il était impossible de ressentir autant d'émotions d'un coup, il craignait que sa tête n'explose.
Les deux adultes prirent quelques instants pour se rassurer qu'Harry et Hermione allaient bien avant de poser quelques questions.
« - Hermione pense que je passe bien trop de temps avec mon parrain, elle dit que j'ai oublié que les gobelins ne jouaient pas de farces aux autres. »
Bien que ravi qu'Harry puisse en rire, Sirius voulait lui enlever cette idée de la tête. « Oh, alors on blâme le pauvre Sirius cette fois, Miss Granger ? Je dirais que c'était une réaction extrême pour une blague sans danger. »
Comprenant qu'Harry et Sirius faisaient ça pour lui changer les idées, Hermione se prit au jeu. C'était bien mieux que de regarder Harry vomir dans des toilettes. « Je ne dirais pas que transformer l'épée favorite de quelqu'un en jonquille avant d'accrocher son propriétaire au plafond comme une vulgaire décoration de Noël, constitue une blague sans danger. Oh, et tout ça en se battant durant un duel. »
Cachant son plaisir de voir comment ses deux amis géraient l'incident, Sirius continua lui aussi. « Pourquoi une jonquille, Harry ? Je ne pensais pas que tu avais du sang gallois, à moins que cela ne soit une chose gobeline ?
- Et bien, je ne pensais pas que le chardon était approprié et puisque les trèfles sont utilisés principalement dans les potions de fertilité gobeline, tendre un trèfle à un gobelin mâle est une insulte mortelle. Puisque j'offre à Hermione des roses, il ne restait plus que les jonquilles. »
C'en était trop pour Henrica, elle ne put retenir son rire plus longtemps. Elle n'était pas seule car les quatre autres rirent à leur tour, peut-être cette journée n'était-elle pas si horrible après tout.
Il y avait quelque chose qu'Harry voulait ajouter, et il tenait là son opportunité. « Sirius, je ne sais pas ce que mon père a prévu, mais pourrions-nous passer voir les parents d'Hermione avant de rentrer à Poudlard ? Nous devons dire quelque chose à ses parents et je préfèrerai ne pas le faire dans une lettre. »
Quand il était entré dans l'infirmerie, Sirius avait vu les deux enfants se tenir par la main et n'avait donc pas besoin de demander pourquoi ils voulaient voir les Granger. Sirius avait une suggestion pour son filleul. « Pourquoi ne venez-vous pas chez moi ? Un endroit neutre pourrait vous aider à mieux faire passer la nouvelle – et Dan ne pourra pas te virer de ma maison pour être sorti avec sa fille… »
Hermione glapit d'indignation, mais elle pensait elle aussi que ce n'était pas une si mauvaise idée.
Caché derrière des paravents, un large gobelin était allongé dans son lit. Les potions dans son organisme avaient peut-être guéri ses blessures, mais les rires avaient guéri son âme. Maitre Sharpshard s'endormit alors, le sourire aux lèvres.
Le directeur ne souriait pas quand il regarda le souvenir de Barchoke de l'incident du matin. « Pensez-vous qu'il l'aurait fait ?
« - Je n'en ai pas le moindre doute, comme nous savons tous les deux que Sharpshard l'aurait laissé faire, jamais il ne se serait rendu.
- Pouvez-vous honnêtement dire que Miss Granger est sa compagne ? Ils sont tous deux si jeunes et biologiquement, ni l'un ni l'autre n'est gobelin.
- Biologiquement, mon fils n'est pas un gobelin. Dans sa tête et dans son cœur, Harry est un gobelin comme vous et moi. Nous définissons certains actes comme étant « gobelins » par nature, quand avez-vous déjà vu quelque chose de plus gobelin qu'Hermione sortant son épée et courant au secours d'Harry ? Elle n'a ni hésité ni pensé à utiliser sa baguette, Hermione a pris son épée et a chargé Sharpshard. Je ne sais pas si c'est Harry, Hermione ou Poudlard qui a créé son armure, mais c'était d'origine gobeline. »
Le directeur ne pouvait pas le nier, il était toujours choqué que Sharpshard ait été vaincu. Il ne savait pas qu'il n'avait pas fini d'être choqué car Barchoke était loin d'avoir fini.
« - En tant que père d'Harry, je peux voir qu'il a pris sa décision – et j'en suis ravi. Je suis cependant réellement confus par la votre. Pourquoi avez-vous ordonné à Sharpshard d'attaquer mon fils ? »
Il avait peut-être dépassé les limites mais Barchoke s'en moquait, il avait besoin de savoir ce qu'il se passait. Des vies en dépendaient.
« - J'ai été ami avec Sharpshard depuis plus longtemps que je ne voudrais l'admettre. L'ami que je connais aurait ri de cette farce, et non pas attaqué un étudiant. J'ai regardé dans ses yeux alors que mon fils se préparait à l'achever et j'y ai vu votre marque. Il n'y avait pas dans ses yeux de la colère mais de la fierté, de la fierté pour la réussite de son élève. Sharpshard ne pourrait accepter un tel ordre que d'une seule personne et elle se trouve dans cette pièce. »
Tombant dans sa chaise, Ragnok décida de s'expliquer.
« - Je suis presque en train d'aligner la nation derrière votre fils, j'avais besoin de savoir s'il avait ce qu'il faut pour ce que nous sommes en train de mettre en place. Harry étant si jeune, il était impératif de découvrir comment il réagirait face à une pression extrême. S'il avait craqué aujourd'hui, alors j'aurais reconsidéré nos options. Cette pièce a certainement fourni à votre fils tous les avantages possibles, mais il a quand même battu Sharpshard, ce que je n'aurais jamais cru possible. »
Barchoke n'était pas un gobelin naïf, il s'attendait à une réponse de cet acabit.
Le directeur continua à justifier ses réponses auprès du père empli de doutes. « Fudge a peut-être besoin du bal estival pour que la loi passe au sein de son ministère, ceci m'aidera à accomplir la même chose avec la nation. Le fait que votre centurion de fils ait vaincu Maitre Sharpshard sera sur toutes les lèvres d'ici la fin de la journée, je me souviens clairement avoir dit qu'il pourrait devenir un héros gobelin. Les ordres de Sharpshard étaient de provoquer votre fils et de voir s'il avait ce qu'il faut ou s'il allait craquer – mais c'est plus que tout ce que j'avais espéré. »
Comprenant qu'il risquait de se faire décapiter, Barchoke ne capitula pas, il avait besoin de dire ce qu'il avait sur le cœur. Si nécessaire, il était préparé à en mourir.
« - Je comprends, directeur, mais je n'apprécie pas ne pas avoir été consulté. Après ce manque de confiance, je sens que je n'ai pas d'autre choix de dire ce que je m'apprête à dire. Si mon fils et moi devions de nouveau être piégé ainsi, je connais déjà le choix que je ferais. J'utiliserai ma propre dague pour me suicider devant vous, rendant la liberté à mon fils. Je donnerai tout pour la nation et lutterai côte à côte avec mon fils, mais je ne me battrai jamais ni ne conspirerai contre lui. »
Le directeur essaya de ne pas trop montrer son choc après cette déclaration. Ce n'était pas le moment de s'enrager. Son esprit additionna rapidement les conséquences d'une telle action, ce serait absolument catastrophique. Quand un gobelin prenait sa vie d'une telle manière, le lieu où cela se faisait indiquait généralement qui en était responsable. Harry était autant dévoué envers Barchoke que celui-ci l'était pour son fils, ce qui signifiait que les actions du fils en deuil étaient tout à fait prévisibles. Crow possédait le pouvoir de se déclarer sorcier et avait entre les mains toutes les informations nécessaires pour faire tomber celui qu'il jugerait responsable de la mort de son père. Ragnok dut se retenir car il n'était pas temps d'agir sous l'emprise de la colère mais d'avoir une discussion franche et sincère.
« - Si vos suspicions sur votre fils sont correctes, un jour prochain, je m'attends à ce qu'il soit lié à Miss Granger. Ce mariage pourrait réunir des moldus, des sorciers et des gobelins, se tenant tous derrière eux, entre égaux. Ceci, mon ami, serait une scène digne de faire parti de la Fresque des Héros. En tant que directeur, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu'une telle chose devienne banale. En tant que votre directeur, et j'espère, encore votre ami, je dirais en toute honnêteté que je n'envisage pas de pire scénario que celui où vous pousseriez votre fils à ne plus aider la nation. »
Les muscles de Barchoke s'étaient tendus, s'attendant à ce qu'une lame ne lui tranche la tête. Quand il entendit les mots de Ragnok, il se calma un peu, il respirait peut-être encore, mais il n'était pas encore garanti qu'il quitterait le bureau en vie. Les prochains mots de directeur lui donnèrent l'espoir de revoir Harry.
Sachant que Barchoke et son fils étaient vitaux pour ses plans pour la nation, Ragnok décida de calmer davantage le jeu. « Vous êtes devenus votre fils et vous des gens respectés et révérés parmi la nation, cela nous aidera à poursuivre nos buts. Quelle sera la réaction du Centurion Crow face à ces nouvelles ? »
Ayant complètement oublié pour quelle raison il s'était à l'origine rendu à Poudlard, Barchoke répondit à son directeur. « Mon fils était très enthousiaste, même s'il a suggéré un changement. Il voudrait devenir assistant d'ambassadeur et servir avec son père… »
Le directeur ne put s'empêcher de sourire. « Exactement ce que je disais, vous êtes tous deux un couple qui changera tout notre pays, et cette suggestion a mon entière approbation. J'ai toujours eu l'intention de vous assigner votre fils en tant qu'assistant, afin que vous lui donniez tous les conseils possibles. C'est plus que ce que j'osais espérer. La nation vous verra prendre les rênes de ce poste et le ministère sera empressé d'accepter, sachant qu'un jour, leur garçon-qui-a-survécu prendra la place de son père. Informez le jeune briseur de sorts Weasley que la proposition du ministère est acceptable. Nous ne pouvons pas être trop gourmands au début, il est plus important que nous soyons déjà invités, puis nous aviserons. »
Le directeur lui proposa de boire un grog pour fêter cela, mais Barchoke déclina respectueusement l'invitation, disant qu'il devait retourner à l'infirmerie.
Ragnok resta donc seul, sirotant sa boisson, et songeant au problème ancestral auquel étaient confrontés tous les leaders. Il était extrêmement difficile de trouver des subordonnés capables d'assister leur leader pour construire la nation, sans qu'ils soient trop ambitieux et veuillent prendre leur place. Le directeur était certain que cela n'était jamais venu à l'esprit de Barchoke. Le manager en chef de Gringotts était suffisamment capable, mais son fils ne pourrait jamais devenir directeur après lui – donc quel était l'intérêt ? Le directeur devait admettre qu'il avait trouvé la limite de fierté du gobelin, une limite qu'il serait extrêmement stupide de franchir. Et Ragnok était tout sauf stupide.
…
Tous les regards furent braqués sur Hedwige quand elle arriva dans la Grande Salle durant le diner. Le temps que Padma prenne le message, elle fut entourée par tous leurs amis des autres maisons – chacun voulant désespérément savoir comment allaient Hermione et Harry.
« - Hermione dit qu'ils vont bien et qu'ils restent avec Sirius cette nuit, Harry n'aura même pas une cicatrice. Apparemment, les gobelins sont très expérimentés pour soigner ce genre de blessures, même si Maitre Sharpshard va devoir passer toute la nuit à l'infirmerie. Ils devraient être de retour après le petit-déjeuner, si le père d'Hermione ne tue pas Harry quand ils lui annonceront qu'ils sortent ensembles. Je pense que cette dernière partie est une blague, mais c'est dur à deviner avec ces deux-là. »
L'histoire de ce qu'il leur était arrivé s'était propagée dans tout le château, Padma et Neville s'étaient assurés que l'histoire était la plus exacte possible – Harry ne voulait juste pas que l'on sache que son épée était magique. Quand les autres élèves apprirent qu'il avait jeté ces sorts en utilisant son couteau, ils se contentèrent de cette histoire.
« - Je n'arrive pas à croire qu'Hermione ait chargé ce gobelin massif avec son épée…
- Je n'arrive pas à croire qu'Harry l'ait envoyé à l'infirmerie… »
Ce fut Neville qui clarifia la situation. « Les gars, il attaquait Harry. Que croyez-vous qu'Hermione allait faire – juste rester les bras croisés et regarder ? »
Padma connaissait Hermione et Harry mieux que les autres – la réaction de ses amis ne l'avait pas du tout surpris. Peut-être effrayé, oui, mais surpris, non.
« - Quand Maitre Sharpshard a frappé Hermione, Harry s'est de suite mis en colère. Croyez-moi, vous n'avez aucune envie qu'Harry se mette en colère contre vous. » Padma était en train de prêcher des convertis, mais ses mots eurent encore plus d'impact qu'elle ne le pensait.
Il y avait encore des sorcières dans le château qui pensaient que le Survivant était un bon parti. Le côté petit ami/petite amie ne signifiait rien pour eux, ce n'était pas comme une cour dans les règles. Mais les mots de Padma leur rappelèrent qu'elles s'attaquaient à un trop gros morceau. Elles devraient être prudentes, et les sorcières les plus intelligentes devraient attendre et voir si elles avaient une chance. La partie n'était pas finie tant que le Survivant n'était pas marié.
Albus n'avait pas à attendre, une certaine sorcière l'attendait. Minerva avait aussi reçu un hibou et, suivant sa demande, elle avait fait passer un message au directeur. « Barchoke ramènera les deux étudiants demain matin et a confirmé qu'il vous parlera. Que préparez-vous ,Dumbledore ? »
C'était la première bonne nouvelle qu'il venait d'avoir en plusieurs mois. Albus ignora le manque de respect de Minerva et lui répondit honnêtement. « Rien de plus qu'une petite discussion. Notre dernier entretien ne s'est pas bien terminé, je voulais juste savoir comment nos relations peuvent s'améliorer. Voulez-vous participer à notre entrevue ?
- J'ai des cours toute la matinée, mais sinon oui, je serais venue. »
Le directeur hocha simplement la tête, le sachant déjà avant de faire l'annonce. Les choses commençaient à bien s'annoncer, et Albus Dumbledore était probablement en train de retourner dans le jeu.
Ni Dan, ni Emma ne prêtèrent attention à l'élégance de la vieille maison dans laquelle ils se trouvaient. Bill avait dit que les enfants avaient été blessés et ils ne se calmeraient pas tant qu'ils ne seraient pas certains qu'ils allaient bien.
Hermione se retrouva bercée dans les bras de sa mère, puis de son père. Harry prit ensuite la place d'Hermione dans les bras d'Emma, il pourrait finir par s'y habituer.
Dan fut le premier à se remettre de leur choc et demanda quelques réponses. « Hermione, tu as dit que tu allais être prudente avec cette épée. Charger avec elle ne me semble pas être très prudent. Que s'est-il passé ?
- La situation est devenue rapidement hors de contrôle. Je voulais juste aider Harry et de toute façon, on va bien. »
Puis, ils eurent une question d'Emma, une question qu'ils s'attendaient à entendre. « Pourquoi n'êtes-vous pas venu chez nous ? On a cru que quelque de grave s'était passé. »
Il était temps qu'Harry intervienne. « Et bien, ainsi, Dan ne pourra pas me jeter hors de la maison quand il entendra nos nouvelles. Pendant la fête d'anniversaire de Padma, j'ai demandé à Hermione d'être ma petite amie…
- … et j'ai dit oui ! »
Les deux parents auraient facilement pu deviner la réponse de leur fille, la réponse d'Hermione n'était donc pas nécessairement utile. Quand Emma poussa un cri de joie et les prit tous deux dans ses bras, Dan dû choisir ses mots avec précaution.
«- Sirius, pourriez-vous m'indiquer un endroit où je pourrais parler tranquillement avec votre filleul ? »
Le maraudeur essaya de garder un visage neutre. « En haut des escaliers, il y a une bibliothèque sur la gauche… » Sirius avait maintenant une excuse pour rire car les deux Serdaigle montrèrent aussitôt leur vrai visage.
« - Tu as une bibliothèque ? » demandèrent-ils à l'unisson.
« - Viens avec moi Harry, on va voir si on peut la trouver. »
Le baiser d'Hermione sur sa joue pour lui porter chance n'aida pas à apaiser le tempérament de son père, mais aida Harry à suivre Dan avec un grand sourire sur le visage. Il avait commencé la journée avec un Maitre Sharpshard enragé, comparé à ça, et bien… Dan n'avait même pas d'arme sur lui.
Quand Dan vit qu'Harry était attiré par les livres, il dû se souvenir qu'il n'avait pas à faire avec un simple jeune garçon. Le garçon était un centurion gobelin. Harry avait déjà vaincu un troll et son maitre d'armes pour défendre Hermione. Il ne serait certainement pas intimidé par son dentiste de père, surtout qu'Harry ne savait même pas ce qu'était un dentiste. Dan voulait cependant se faire comprendre.
« - J'avais cru que tu ne cherchais pas une petite amie, du moins pas tant qu'un certain Seigneur des Ténèbres n'était pas défait. Peux-tu me dire ce qui a changé ? Je vais te dire quelque chose, jeune homme : je crois que tu es bien trop jeune pour penser à être autre chose qu'un meilleur ami pour Hermione.
- Hermione et moi sommes toujours meilleurs amis, Dan, nous voulions juste nous dire à nous et au reste du monde qu'il y aura davantage entre nous quand nous serons plus vieux. »
Les inquiétudes de Dan s'apaisèrent un peu, mais il voulait en savoir plus. « Pourquoi maintenant, Harry ? Pourquoi ne pas avoir attendu un an ou deux ?
- Votre fille est magnifique, incroyablement intelligente et de très bonne compagnie. Pour être honnête avec vous, Dan, j'étais terrifié qu'un autre garçon ne ravisse le cœur d'Hermione. Comme je l'ai dit à Sirius, je ne crois pas que je m'en serais remis. »
Pour la première fois de la journée, Dan vit un côté vulnérable d'Harry. Il ne pensait qu'il y était possible que sa fille s'intéresse à un autre garçon. Mais, il se mit à la place d'Harry, et il comprit pourquoi il avait pris cette décision, et qu'il était tout à fait logique que sa fille ait accepté d'être sa petite amie.
Harry n'en avait cependant pas fini. « Il y a des choses qui se préparent qui vont nous propulser, elle et moi, sur les premières pages de la Gazette du Sorcier. Je ne peux en dire plus pour l'instant, mais ce ne sera pas dangereux et nous espérons que vous et Emma serez à nos côtés à ce moment. Quand certains sauront qu'elle est ma petite amie, peut-être que certaines remarques qu'elle doit subir disparaitront.
- Cela signifie-t-il que tu lui fais maintenant la cour ? Je pensais que le père devait d'abord être consulté ? »
- Je ne pouvais pas me baser sur l'étiquette gobeline ou sorcière, car cela aurait signifié que j'ai pris ma décision. C'est pour cela que nous ne sommes que des petits-amis pour l'instant. A part ça, peu de choses ont changé entre nous deux. »
Le père était soulagé et comprit la position d'Harry. Mais quelque chose l'ennuyait toujours. « Nous étions là quand Sirius a expliqué la façon dont les sorciers se faisaient la cour, je suppose que chez les gobelins, c'est différent ? »
Harry rougit mais croisa le regard de Dan et il lui dit la vérité. « Je vous ai dit que les gobelins n'avaient qu'une compagne pour le reste de leur vie, mais ils savent aussi quand ils l'ont rencontrée. Mon père m'a dit que le male et la femme deviennent très proches très rapidement et qu'ils ne veulent plus être séparés. A cause de ça, ils se lient l'un à l'autre après un an de relation. S'ils ne le font pas, cela voudrait dire qu'ils n'ont pas rencontré leur véritable âme sœur. »
Les implications abasourdirent Dan. « Cela signifierait… »
Il n'arrivait pas à finir sa phrase et Harry la termina pour lui. « … cela signifierait qu'Hermione et moi devrions nous marier en Août, et ni elle ni moi ne sommes prêts à franchir ce pas maintenant. »
Une nouvelle fois, Dan réfléchit à cette dernière phrase. Finalement, le fait qu'Hermione ait un petit-ami à douze ans n'était rien à côté de l'idée qu'elle soit déjà mariée. Il se souvint aussi de ce qu'avait dit Hermione à propos des différences culturelles entre ses amis. Gardant son calme, Dan lui posa une question qu'il estimait pertinente. Ce qu'il voulait vraiment, c'était savoir comment une culture pouvait permettre à ses enfants de se marier si jeunes.
« Les gobelins trouvent-ils d'ordinaire leur âme-sœur si jeunes ?
- Les gobelins mûrissent plus tard que les sorciers, ce qui m'a aidé à l'école. Il est inhabituel pour un gobelin de trouver son âme-sœur avant ses seize ans. »
Dan se demanda une nouvelle fois comment ces quatre jeunes pouvaient être aussi amis avec de telles différences culturelles. Dan était aussi content d'avoir suivi le conseil d'Hermione et ne pas heurter ses valeurs et principes avec ceux d'Harry.
« - Donc, juste pour m'assurer que j'ai bien compris, toi et Hermione êtes seulement des petits-amis normaux – je parle de la normalité selon Emma et moi.
- J'espère qu'Hermione sera ma petite amie pendant encore plusieurs années, si cela vous convient ? »
Dan songea aux autres options, puis se leva et lui tendit la main. Il allait maintenant devoir attendre et voir comment tout cela évoluerait.
Une voix familière les interrompit depuis derrière la porte. « Papaaaa, tu as fini ? Tu bloques l'accès à la bibliothèque ! »
Il n'essaya même pas de comprendre comment il se faisait que sa fille s'inquiète plus de l'accès à la bibliothèque que de la discussion qu'il venait d'avoir avec son petit ami.
« - Nous ferions mieux d'y aller, Harry, personne ne devrait se mettre entre Hermione et des livres.
- Padma et moi sommes exactement comme elle, je nous imagine bien passer pas mal de temps ici pendant les vacances. »
Hermione se précipita à l'intérieur, prit la main d'Harry et le tira vers les étagères pleines de livres. Dan se rendit auprès de sa femme, espérant qu'elle serait mieux capable que lui de gérer cette situation. Il n'avait pas l'intention de parler un jour de la méthode gobeline pour faire la cour – non jamais !
