C'est le gros bordel dans ce chapitre, je vous préviens ! Mais il reste tout de même un peu d'amour… enjoy...
Je me réveillai les paupières engourdies et la gorge sèche. Lexa n'était plus à mes côtés. Je tournai la tête vers le réveil, 13 h 00. J'allais boire au robinet dans la salle de bains, Lexa n'y était pas. Elle devait être en bas. Je pris une rapide douche, m'habillai et descendis, le ventre noué, ne sachant pas ce qui allait se passer en bas si les autres étaient levées. Raven dormait toujours paisiblement sur le canapé, on aurait dit que son sommeil l'avait calmée. Pourtant, j'étais sûre qu'en se réveillant, son visage triste et tordue par la désolation reviendrait. Je me fis la plus silencieuse possible et cherchai Lexa, elle n'était pas en bas non plus. J'enfilai un manteau et des chaussures pour faire un rapide tour du terrain, je ne la vis pas. J'essayai de ne pas m'inquiéter et retournai à l'intérieur.
- Clarke ? Pourquoi t'es allée dehors ? demanda Raven, toujours allongée sur le canapé.
- Je ne sais pas où Lexa est allée donc je vérifiais…
- Ah…
Un silence pesant s'installa.
- Tu veux qu'on parle de ce que j'ai dit hier ? demandai-je à contre cœur.
- Un peu, oui…
Son ton était neutre, chose assez rare. Elle m'en voulait vraiment, mais en même temps, il y avait de quoi. Je m'assis sur la portion de canapé en face d'elle.
- Tu m'avais promis, dit-elle tout simplement.
- Je n'ai pas supporté comment Niylah a traité Lexa et, malheureusement, je n'ai trouvé que ça pour me défendre… pour l'agresser et lui faire regretter ses paroles.
- Tu m'avais promis ! répéta-t-elle en haussant le ton.
- T'aurais fait la même chose si on avait insulté ta copine !
- Tu m'avais promis ! Merde, Clarke ! Tu te rends compte de ce que tu as lâché ?! T'as détruit nos deux couples !
- Ne dis pas n'importe quoi ! Je sais très bien qu'Octavia est folle de toi ! Et puis assumez vos actes putain ! Vous n'aviez qu'à pas coucher ensemble ! Ça va être de ma faute après ! C'est pas moi qui ai couché avec ma meilleure amie !
- La question n'est pas ce que j'ai fait, mais ce que tu as dit. Oui, je n'aurais pas dû faire ça, tu me l'as déjà dit et je n'avais d'ailleurs pas besoin de toi pour le savoir, mais ça mit de côté, tu n'avais pas à trahir ta parole !
Il y eut un silence.
- J'avais confiance en toi ! finit-elle par dire en pleurant légèrement. Mince, Clarke ! Je t'aime, tu es mon amie, ça faisait longtemps que je n'avais pas trouvé ce genre de relation avec une amie et… t'as tout gâché !
Elle se leva et commença à tourner en rond dans la pièce. Ses mots m'avaient poignardée. Je ne savais pas qu'elle tenait autant à moi. Je la coïnciderai presque comme ma meilleure amie et elle avait raison, j'avais tout gâché. Les larmes montèrent également à mes yeux.
- Je suis désolée, dis-je en reniflant.
- Il va falloir plus que ça, j'en ai bien peur…
- Tu me pardonneras un jour ?
- Je ne te promets rien.
Elle voulut rajouter quelque chose, mais des bruits de pas se firent entendre dans l'escalier, nous séchâmes nos larmes en vitesse. C'était Gaïa. Je me sentis mal à l'aise, Gaïa devait sûrement en vouloir à Raven.
- B-bonjour, Gaïa, hasardai-je.
- Bonjour, Raven, répondit Gaïa en m'ignorant.
Je ne réagis pas. Raven, aussi surprise que moi, lui renvoya ses politesses, puis le calme revint. Gaïa alla se servir un truc à grignoter dans la cuisine et demanda à Raven, et seulement à Raven, si elle voulait quelque chose. L'intéressée déclina la demande gentiment avec un sourire timide. Puis, Niylah arriva dans l'escalier. En nous voyant, elle eut un temps d'hésitation, marmonna entre ses lèvres et finit sa descente. Elle ne salua personne, alla ouvrir la porte du frigo, se servit un verre de jus de pomme, le bus rapidement et remonta à l'étage sans nous accorder aucun geste. Tout ça sous nos regards inquisiteurs. Octavia ne descendit jamais.
Gaïa regardait lascivement la télé, Raven était assise à l'autre bout du canapé et regardait la neige tomber, Octavia devait toujours être enfermée dans sa chambre, Niylah avait fini par redescendre et s'était installée dans un coin, et j'étais assise sur une chaise du salon, essayant de lire un magazine. Mais à vrai dire, l'absence de Lexa me rongeait les sangs. Cela faisait maintenant quatre heures que j'étais levée et elle n'était toujours pas là. Il commençait à neiger fortement et c'était le jour anniversaire de la mort de Costia. Je voulais en parler aux autres, mais elles avaient l'air de toutes me faire la gueule, ce n'était pas très engageant. Il en allait de la sécurité de Lexa, alors je me forçai.
- Lexa a disparu, dis-je simplement…
- Disparu ? demanda Niylah après un petit silence de l'audience.
- Je ne l'ai pas vue dans la chambre ce matin et visiblement, elle n'est ni dans la maison ni dans ses alentours… ça fait au moins quatre heures qu'elle est dehors et la neige commence sérieusement à s'épaissir…
- Bon, dit finalement Gaïa, la plus terre à terre d'entre nous, pas la peine de dramatiser, on va sortir et partir par équipe de deux, au cas où. Raven et moi, on va aller en direction de la ville, on connaît le chemin pour l'avoir emprunté y'a pas longtemps, et toi, Clarke (elle eut du mal à dire mon nom), tu iras dans des lieux possibles que tu connais, où elle pourrait être, avec Niylah. Je vais monter prévenir Octavia, elle restera ici au cas où Lexa revienne.
Nous fûmes toutes d'accord et Gaïa alla prévenir Octavia, comme elle l'avait dit. Je ne sus jamais ce qu'il se passa quand elle monta lui parler, mais elle redescendit comme si de rien n'était. Niylah et moi partîmes d'un côté, Gaïa et Raven de l'autre. Je me demandais pourquoi Gaïa avait constitué ces équipes. Pour qu'elle s'explique avec Raven sûrement, ça me permettrait aussi de m'excuser auprès de Niylah.
Point de Vue Gaïa :
Raven et moi partîmes en direction de la ville. Certes, je voulais retrouver Lexa, je savais quel jour nous étions et je n'avais pas envie qu'elle fasse de bêtises, mais je voulais aussi m'entretenir seule à seule avec Raven.
- C'était ton idée ou la sienne ? demandai-je après avoir retourné la question dans ma tête encore et encore.
- Euh de … Ah ça… C'est important, tu penses ? Que ce soit venu d'elle ou de moi, ça ne change pas ce que nous avons fait…
- C'était TON idée ou la SIENNE ?
- Écoute, pendant qu'on faisait l'amour toutes les quatre dans la même pièce, nos regards se sont croisé à l'unisson, après, c'est elle qui est venue m'embrasser, mais j'ai répondu à son baiser. C'est aussi elle qui a proposé qu'on couche ensemble pour calmer le désir qu'on avait l'une envers l'autre et j'ai accepté. Donc c'était notre idée.
Elle la protégeait, Niylah m'avait racontée le même scénario, mais en se mettant plus en avant. Elles étaient meilleures amies, c'était normal.
- Je… Pourquoi vous ne nous en avez pas parlé ? demandai-je. Je veux dire, si vous aviez une attirance l'une envers l'autre, on aurait peut-être pu en parler toutes les quatre.
- On avait peur de vous blesser.
- Donc, vous vous êtes dit qu'en passant à l'acte ça aurait l'effet inverse ! m'énervai-je.
Silence.
- Pardon, Raven, je ne voulais pas te crier dessus. J'essaye juste de comprendre.
- À mon avis, si on vous en avait parlé, déjà ça aurait pu causer un drame, et puis, ça ne nous aurait peut-être pas empêché de passer à l'acte. Dans la mesure où on pensait que vous ne le sauriez jamais, on l'a fait sans en parler.
- Ça me parait logique comme raisonnement. Même si à mon humble avis, ce genre de chose finit toujours par ressortir, d'autant plus si on compte passer toute notre vie avec la personne.
- Je sais garder un secret pour protéger les gens. Contrairement à Clarke…
J'avais l'impression que tout le monde était fâché contre elle. À part sans doute Lexa, mais nous étions justement en train de la chercher. Pauvre fille, Clarke avait débarqué dans notre bande d'amies il y avait moins d'un an de cela, et aujourd'hui, elle devait subir la colère de tout le monde, plus le funeste anniversaire de la disparition de Costia. Ce n'était pas le moment de m'apitoyer sur son sort, je lui en voulais énormément, je n'aurais pas dû apprendre tout ça de sa bouche.
- On aurait pu réussir à vous enlever ce désir de la tête, j'en suis sûre, insistai-je en revenant dans la conversation.
- Je ne veux pas te vexer Gaïa, ou appuyer quoi que ce soit, mais je ne pense pas que, ni toi ni Octavia, auriez pu changer quelque chose. C'était un désir si… Enfin, tu ne veux sûrement pas entendre ça…
- Si, je veux comprendre, j'écoute tout ce que tu as à me dire, Raven.
Elle sourit tendrement et reprit ses explications.
- Donc, c'était un désir tellement puissant. Bien sûr, pas comparable à ceux que j'ai pour O', mais d'une certaine puissance tout de même. C'était presque incontrôlable, j'avais envie de son corps, j'avais envie de mordre ses lèvres sous l'emprise du désir, j'avais envie de l'entendre gémir sous mes gestes… Pardon d'être aussi crue, mais si on s'était retenues, ça nous aurait sûrement hanté toute notre vie et on aurait fini par détruire toutes les amitiés que nous avons liées les unes entre les autres. On devait assouvir cette envie pour que tout rentre dans l'ordre. Je voulais juste goûter son corps et aujourd'hui, je n'en ai plus envie et je sais qu'elle non plus. Maintenant que j'ai répondu à cette pulsion, je ne veux plus que me réfugier dans les bras de ma petite amie. Je l'aime et Niylah t'aime. Je le répète, ce n'était qu'une pulsion. Ni sentiments ni désir de vous faire du mal. Nous sommes meilleures amies, elle et moi. Je ne vais pas non plus dire qu'on l'a fait pour votre bien, mais il fallait le faire. Vraiment.
Les mots qu'elle avait employés pour décrire le désir qu'elle avait eu à l'égard de Niylah me transpercèrent. Il m'était dur d'admettre que quelqu'un d'autre pouvait désirer ce corps qui m'appartenait presque et encore plus dur de faire le parallèle avec le désir qu'avait ressenti Niylah pour sa meilleure amie. Elle avait désiré, pendant l'ombre d'un instant, le corps, la bouche d'une autre femme, une femme que je connaissais, une femme que j'adorais. C'était dur à admettre, mais cela s'était produit, je n'y pouvais plus rien. Elles avaient partagé un moment sensuel ensemble, semblable à ceux que je vivais avec Niylah, sans doute semblables à ceux que Raven et O' vivaient ensemble. J'avais envie de pleurer, mais je devais me retenir. Je savais qu'elle avait envie de pleurer également, parce qu'elle savait ce que je ressentais, elle savait ce qu'Octavia ressentait, et elle devait être terriblement mal. Je voulais l'aider à déculpabiliser, mais je devais d'abord lui pardonner ses actes. Plusieurs idées m'avaient traversée l'esprit durant cette nuit agitée, comme le fait de coucher avec Octavia pour être quitte, mais après mûre réflexion, cela me semblait débile et ne pouvait qu'aggraver les choses.
- En fait, commençai-je après m'être éclairci la gorge, pour moi le fait que vous ne nous en ayez pas parlé, ça passe comme de la trahison. J'ai l'impression que vous pensiez qu'on était trop connes pour comprendre, trop nulles pour vous aider ou bien trop jalouses pour réagir gentiment.
- Mais pas du tout…
- Mais c'est comme ça que je l'ai ressenti, après, il faudrait que je parle avec Octavia, elle arriverait peut-être à me rassurer.
- À mon avis, c'est plutôt elle qui a besoin d'être rassuré…
Elle me répondit au bord des larmes. Quand j'étais monté lui dire que nous partions à la recherche de Lexa, O' était emmitouflée sous les couvertures, j'avais posé ma main sur cette bosse sans forme et elle avait à peine gémi en guise de signe de compréhension.
- J'irais lui parler, je te le promets, dis-je en posant ma main sur son épaule.
- Merci…
Il y eut un silence, puis Raven reprit la parole.
- Je suis désolée, Gaïa. Vraiment. On n'aurait pas dû faire ça. Je suis désolée…
- Je t'ai déjà pardonné, Raven…
Son visage triste se retourna vers moi et elle me sauta dans les bras en pleure. L'émotion étant trop forte, je versais quelques larmes à mon tour. J'avais tellement eu peur que Niylah me largue pour Raven. Lorsque j'avais compris que cela n'arriverait pas, j'avais tellement eu peur que nos amitiés éclatent. Je n'avais pas pleuré de la nuit, je n'aimais pas montrer ma faiblesse aux autres, c'était le moment de me lâcher.
Nous nous consolâmes mutuellement avant de reprendre nos esprits, Lexa était peut-être en danger et plus nous perdions du temps, plus elle s'éloignait de nous.
Point de Vue Niylah :
Je n'avais aucune envie de parler avec Clarke, je ne comprenais pas pourquoi Gaïa avait voulu que nous cherchions Lexa ensemble. Elle était sûrement la dernière personne à qui je voulais parler. Elle avait brisé quelque chose dans notre bande, dans mon couple, elle qui avait débarqué de nulle part dans notre amitié. Les mots sortirent d'eux même de ma bouche.
- Non mais tu te prends pour qui putain !
Clarke ne comprit pas pourquoi je m'énervais d'un coup.
- Tu débarques dans nos vies comme ça, tu fais resurgir l'abscence de Costia à Lexa, tu la détruits et en plus, tu te permets de détruire nos couples et nos amitiés !
- Je te demande pardon ? dit-elle sur un ton faussement choqué.
- T'as foutu la merde là, t'es aveugle ou quoi !
- Tu te fous de ma gueule ? C'est toi qui as commencé à nous accuser de trahison et de vous mentir. Je t'ai juste montré que tu ne valais pas mieux ! Et puis merde, on va pas réavoir cette conversation ! T'avais qu'à pas coucher avec ta meilleure amie, point barre.
- Je te déteste !
- Hé bah déteste-moi ! Mais tu devrais te détester aussi alors, parce que tu as commis des actes pires que les miens.
Son raisonnement me cloua le bec. Je commençai doucement à pleurer. Elle avait peut-être raison. Si j'aimais Gaïa, je n'aurais pas dû la tromper.
- Arf, pleure pas Niylah, je ne voulais pas…
- Non, c'est moi, je t'ai agressée…
Un silence pesant s'installa pendant que nous avancions sous la neige épaisse qui tombait en rafale. J'avais les mains gelées sous mes gants. Je suivais Clarke dans des sentiers qui me paraissaient tous se ressembler, j'avais peur qu'on ne retrouve jamais le chemin du Chalet.
- Niylah… Tu connais Lexa mieux que moi, tu n'aurais pas une idée de ce qu'elle pourrait faire ?
- Je pense que tu la connais autant que nous, tu sais… Je ne sais pas trop, elle a toujours eu ses petits secrets… En plus, on est dans un lieu étranger donc je ne vois pas comment je pourrais anticiper ses mouvements… Ce serait plutôt à toi de penser aux coins sympas qu'il y a par ici.
- Mmh, un endroit isolé du monde… comme la fontaine…
- La fontaine ?
- Laisse tomber… J'ai peut-être une idée !
Elle m'empoigna la main et accéléra le pas.
Point de Vue Octavia :
Le vide. Le néant. Voilà ce qui remplissait mon esprit. Ou bien alors était-ce l'inverse ? Le plein, le trop-plein d'émotion. J'étais dingue de cette fille, l'imaginer avec une autre me donnait la nausée. Comment ? Comment tout cela avait-il pu arriver ? Elle m'aimait, alors pourquoi ? Je croyais qu'elle était bien avec moi, qu'elle aimait faire l'amour avec moi, alors pourquoi avait-elle eu le besoin d'aller chercher un autre corps ailleurs ? Jamais, jamais je n'aurais fait ça… C'était d'ailleurs ce que je lui avais expliqué la veille devant tout le monde, puis je l'avais obligé à dormir sur le canapé en bas. Je voulais pleurer seule, roulée en boule sous la couette, position dans laquelle j'étais toujours actuellement. Mon cœur voulait crier, mon cœur voulait saigner. J'avais l'impression d'avoir été trahi, doublé, roulé dans la farine. Et puis pourquoi avec une de nos amies…
J'avais le sentiment que je ne pourrais jamais oublier, que je ne pourrais jamais lui pardonner. Pourtant, il allait bien falloir que je le fasse, je l'aimais.
J'avais faim. Je devais descendre. Il n'y avait personne normalement, de ce que j'avais compris, elles étaient sorties chercher Lexa. Aucun risque de croiser quelqu'un. Je me levai difficilement pour descendre.
J'ouvris le frigo, pris la brique de lait entamée, m'en versai dans un bol et y fourrai presque la moitié du paquet de céréales avant d'attraper une cuillère et de remonter manger sur le lit. Les draps étaient imprégnés de l'odeur de Raven, mais j'essayai de ne pas y penser. J'engloutis le contenu du bol sans faire attention au goût, mon nez étant bouché pour avoir trop pleuré, et je le reposai au sol avant de me recoucher. Les larmes revinrent instantanément. Je n'avais eu que le déjeuner comme répit. J'avais mal au crâne, mais je ne pouvais m'empêcher de pleurer. J'avais l'impression qu'on avait pris mon cœur, qu'on l'avait brisé en mille morceaux, puis qu'on s'était amusé à écrabouiller chaque petit morceau avant de passer le tout au mixeur.
J'étais folle d'elle, j'étais amoureuse d'elle depuis le premier jour. Raven était tout ce que j'avais au monde, c'était la seule chose vraiment importante. Pendant l'ombre d'un instant, elle m'avait oubliée, elle s'était oubliée dans les bras d'une autre. Ou bien, devrais-je dire, dans le sexe d'une autre. J'attrapai un des deux oreillers et le balançai violemment contre le mur en face de moi en criant de rage, cris qui se confondit avec mes sanglots désespérés. Peut-être en faisais-je un peu trop ?
J'eus une soudaine envie de prendre ma basse pour jouer un morceau et oublier, mais aussitôt y avais-je pensé que le souvenir de notre rencontre refit surface. Nous nous étions disputées, car nous voulions toutes les deux avoir le rôle de guitariste dans le groupe de l'école, c'était comme ça que nous étions tombées amoureuses. Au final, elle avait gagné et aujourd'hui, je ne pouvais plus me passer de mon instrument. J'eus de nouveaux sanglots. Il fallait que j'arrête de penser, tout me ramenait à Raven et me donnait envie de fondre. Je décidai d'aller prendre une douche pour penser à autre chose. Mauvaise idée. Rien de mieux que l'eau chaude pour vous faire pleurer. Je sortis assez vite, m'habillai et fini par redescendre.
En bas, je me calai devant la télévision, bien que je regardais plus la baie vitrée que l'écran. Je commençais à m'endormir quand la porte s'ouvrit, laissant passer un filet d'air glacial. Je tournai la tête par réflexe, alors que je ne voulais pas montrer mon visage boursouflé par les pleures.
- Lexa ?! m'étonnai-je.
Lexa qui revient alors que les quatre autres sont perdues dans le blizzard… ça va être le bordel encore plus !
