Disclaimer : Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de RobSt n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 31 : Gordon le Grognon

Lorsque la Gazette du Sorcier arriva le dimanche matin, un événement rare se produisit dans la grande Salle de Poudlard. Celle-ci plongea dans un silence total et absolu. Même le bruit des couverts et des verres avait disparu. Puis le silence fut brisé par quelques bavardages qui se muèrent en un déluge de commentaires, même à la table des professeurs.

Faisant fi de ce déluge de questions, les quatre amis terminèrent tranquillement leur petit-déjeuner. Bill devait arriver quinze minutes plus tard pour leur leçon de DCFM.

« Un ordre de Merlin, Première classe ? Waouh, Harry, vraiment, waouh ! »

« En fait, Roger, je suis plus excité pour la bourse scolaire, c'est d'ailleurs la seule raison qui m'a poussé à accepter ça. Mes parents ont donné leur vie cette nuit, mais les gens ne parlent que de la façon dont je ne suis pas mort. Oh, tu n'est pas mort hier, faisons-donc la fête ! »

« Je comprends ce que tu veux dire Harry, mais moi, je n'ai pas été touché par le sort de Mort hier… »

« Ah, mais voilà le truc, Roger – comment sais-tu que c'était le cas pour moi, et aucun guérisseur ne m'a vu jusqu'à ce que j'arrive à Gringotts. La baguette de Voldemort n'a également jamais été trouvée, donc qui sait ce qu'il s'est passé cette nuit ? »

Toute la table des Serdaigle était captivée par la discussion et personne n'y avait jamais réfléchi jusque là. « Une histoire est sortie dans la Gazette et tout le monde est parti du principe que c'était ce qu'il s'était passé. Nous avons tous vu à Halloween que ce journal peut avoir tort. J'avais quinze mois et j'ai été évacué de cette maison par Rubeus Hagrid sur les ordres de Dumbledore. Où est passée l'enquête ? Ce que Dumbledore dit n'est pas force de loi. Oui, il est un puissant sorcier mais il peut aussi avoir tort, comme tout le monde. »

Sa petite amie bondit sur ce qu'Harry avait dit. « On en revient encore au Professeur Binns. Personne ne remet en cause ce qu'on leur a dit, et ça devient pour eux la vérité. Des journalistes ont écrit ce qu'ils voulaient cette nuit et personne ne peut dire s'ils ont raison ou tort. » Hermione savait qu'Harry avait des souvenirs de cette nuit, mais elle n'avait pas l'intention de le mentionner.

L'arrivée de Parvati sauva Harry d'autres questions sur ce qu'il s'était passé à Halloween, elle semblait assez agacée par les nouvelles de la Gazette.

« On n'était pas sensé être en vacances pour ton anniversaire ? Est-ce que ça veut dire que les vacances sont changées ? »

« Oui, nous reviendrons un peu plus tôt en Grande Bretagne. Je pensais que tu allais être contente, ton premier bal ? »

Les implications de ce qu'Harry venait de dire étaient renversantes mais Parvati avait besoin de l'entendre de vive voix. « Es-tu en train de dire ce que je crois, Harry ? »

« Je suis l'invité d'honneur et j'aurai ma propre table, toutes les personnes m'accompagnant pour les vacances seront à cette table. »

Elle jeta un regard interrogateur à sa sœur. « Tu savais ? »

« Nous l'avons appris hier, j'ai envoyé un hibou à la maison cette nuit. Maman va être si excitée ! »

« J'ai aussi envoyé un hibou à ma grand-mère hier soir, sinon, je crois qu'elle n'aurait pas cru à cette histoire dans la Gazette aujourd'hui, dit Neville.

Hermione hocha la tête. « Hedwige a aussi emmené ma lettre chez mes parents. »

Harry donna ensuite une autre information. « Madame Bones était l'une des organisatrices du bal, donc Susan va sans doute recevoir une chouette aujourd'hui elle aussi pour leur parler à elle et Hannah des nouveaux arrangements. »

Susan et Hannah arrivèrent en courant à leur table, tenant un morceau de parchemin entre leurs mains. « Oh, je n'arrive pas à croire que nous allons tous nous rendre au bal ! Ca va être génial ! »

L'esprit de Parvati était déjà parti dans une autre direction. « Je comprends maintenant pourquoi j'ai eu un bon d'achat, je vais pouvoir m'acheter une nouvelle robe… »

Harry se leva et secoua la tête. « Désolé Parvati, ce bon était pour ton anniversaire – Ça c'est autre chose. Nous allons organiser une autre session de shopping pour cet événement. »

Parvati avait l'impression d'être au paradis, des vacances, un bal et deux séances de shopping ! « Hermione, il va falloir que tu me pardonnes… » Avec un cri de joie elle se précipita sur Harry et le serra fort entre ses bras. Elle l'embrassa ensuite sur la joue au moment où Bill arriva.

« Harry, j'ai l'impression que mes cours de défense ne te réussissent pas trop. »

« Mes humbles excuses, briseur de sorts Weasley, je crains que rien ne puisse empêcher une jumelle Patil à obtenir un câlin. »

Bill aimait l'attitude détendue qu'ils pouvaient adopter pendant les week-ends, mais il savait qu'il n'arriverait jamais à se faire simplement appeler Bill par Harry. Briseur de sorts était une marque de respect qu'il avait gagné aux yeux d'Harry.

« Et comment arrives-tu à te défendre face aux câlins des filles appelées Granger ? »

« Désole encore une fois, monsieur, je crains avoir Troll dans cette matière. Je n'arrive pas à saisir pourquoi je devrais me défendre contre ce geste. »

Bill éclata de rire. « Bonne réponse Harry, j'espère que tu aussi bon pour éviter les sorts. J'ai préparé pour aujourd'hui des mannequins qui lancent des sorts. Je sens que ça va être intéressant aujourd'hui. »

« Tant qu'ils n'ont pas d'épées ou de haches, ça me va. » Les leçons du week-end étaient celles que Padma préférait, car elle apprenait bien plus en s'amusant. « Les filles, Hermione a quelques idées de robes. Ça vous dit qu'on se retrouve ce midi à la table des Poufsouffles pour en parler pour que Neville et Harry n'aient pas à nous écouter. »

Sa jumelle pensa de nouveau à quelque chose de complètement différent. « Avons-nous besoin de cavaliers pour ce bal ? »

Harry dût annoncer la mauvaise nouvelle. « Désolé les filles, mais je ne peux pas emmener d'autres personnes. »

« Donc on devra vous partager, Neville et toi ? »

Cela ne pourrait jamais marcher et Padma éclaircit rapidement la situation. « Désolé soeurette, Neville m'a déjà demandé d'être sa cavalière. Je suis aussi sûre qu'Hermione n'est le genre de sorcière à partager. Du moins pas Harry. »

Susan et Padma éclatèrent de rire en constatant l'absence de réponses d'Hermione et Harry. Quand Bill s'était avancé vers les quatre amis, les conversations s'étaient arrêtées mais il était certain que ce serait le sujet principal de Poudlard jusqu'au début des examens. Parvati se précipita vers la table des Gryffondors pour tout raconter à Lavande.

Dumbledore, lui n'était certainement pas content des nouvelles de la Gazette, Fudge semblait avoir réussi là où lui avait spectaculairement échoué. Comment cela était-il possible ? Il dirigea toute sa colère sur son adjointe. « Minerva, en tant que directeur, je demande à être au courant de tout ce qui concerne ces bourses. »

Son adjointe ne semblait pas être du même avis. « Désolé monsieur le Directeur, vous n'êtes ni dans le comité d'attribution des bourses et vous n'avez pas non plus besoin de ces informations sur plan éducatif. Pourquoi voulez-vous ces informations ? »

« Bon sang Minerva, je suis le directeur de cette école ! »

« J'en suis bien consciente, mais je ne vois toujours pas ce que ça change. Vous ne vous êtes pas intéressés aux nouveaux élèves de première année depuis presque quarante ans, pourquoi ce soudain intérêt ? »

« Cette bourse pourrait être un puissant outil pour le bien, mais nous devons nous assurer que les bonnes personnes seront choisies… »

« Nous allons nous assurer que les « bonnes » personnes seront choisies. Amélia, Sirius et moi avons peut-être une vision différente de ce qui est bien pour vous, mais je commence à découvrir que ce n'est pas forcément une mauvaise chose. Si vous voulez déposer une plaine officielle, je ne sais pas vraiment à qui vous pourrez vous adresser. Le comité est fait de telle sorte à ce que pour remplacer un des membres, il faut l'accord des deux autres. Si vous arrivez à convaincre Sirius et Amélia à me remplacer avec vous, vous méritez votre place à bord. Lord Black sera dans le château aujourd'hui, je vous suggère de lui en parler. »

Albus fut estomaqué par cette information. « Il n'y a personne d'autre impliqué ? Pas de gobelin ? »

« Non, pourquoi ce serait le cas ? Amélia représente le ministère, moi, Poudlard, tandis que Sirius parle au nom des Potter, jusqu'à ce qu'Harry soit suffisamment âgé pour remplacer son parrain. La seule demande qu'a fait Harry, c'était que l'un des étudiants choisis pour la bourse soit chaque année un né-de-moldu, comme sa mère – nous avons tous accepté. »

Dumbledore n'était pas pour, mais son opinion semblait être inutile. Il décida de se taire pour l'instant et d'attendre une autre opportunité. Pour l'instant, il n'avait aucun argument à donner.

Severus apparut à côté de lui et claqua l'exemplaire de la Gazette sur la table.

Il se pencha de sorte que seul le directeur pouvait l'entendre. « Vous pensez toujours que j'exagère ? Je serais publiquement discrédité et quelques heures plus tard je servirai de déjeuner pour les détraqueurs, et ça, ce ne serait que la réponse du ministère. »

Severus sortit aussitôt de la Grande Salle, emmenant avec lui l'appétit de Dumbledore.

Sirius entra dans la Grande Salle et s'arrêta net. Ses yeux s'étaient immédiatement dirigés vers l'endroit où son filleul s'asseyait normalement et il trouva rapidement Harry. Ce qui avait stoppé net Sirius, c'était le fait qu'Hermione n'était pas là. Il lui fallut un moment pour la trouver à la table des Poufsouffles. Quand il vit qu'elle souriait et parlait avec animation avec ses amies, il fut rassuré. Il ne savait comment ces deux-là gèreraient leurs première dispute, mais il était sûr qu'aucun d'eux ne sourirait.

Il s'approcha d'Harry et Neville, décidant de faire comme si de rien n'était. « Salut vous deux, où sont les filles ? »

« Salut Sirius, elles sont à la tables des Poufsouffles pour parler de leurs tenues pour le bal. Heureusement, elles nous ont épargné à nous deux cette torture. »

Les dernières craintes de Sirius qu'ils se soient disputés s'évanouirent et il en profita pour ajouter quelque chose à ce sujet. « Ton père a proposé ses couturiers gobelins pour vos tenues pour le bal. »

Neville secoua la tête. « C'est moi qui ai dû parler de la soirée d'anniversaire à Parvati, c'est ton tour mon pote. »

« …Et moi qui pensais que Londubat assurait mes arrières. »

« Hé ! S'il n'y avait pas Padma, je serais effrayé par ce bal. Les sorcières peuvent être vraiment effrayantes. Vas-y, tu sais qu'Hermione ne laissera rien arriver à son petit ami. »

« Merci beaucoup Neville. »

Sirius essaya de ne pas rire en regardant Harry avancer vers les cinq filles.

Sa petite amie fut la première à le remarquer. « Sirius veut-il qu'on commence plus tôt ? Je pensais qu'on avait encore dix minutes ? »

« Non Hermione, il m'a apporté des nouvelles de mon père. Il propose que des couturiers gobelins préparent toutes vos robes… »

Pour la seconde fois de la journée, une sorcière criant de joie se précipita sur lui pour le serrer contre elle. Il n'y eut aucune plainte cette fois car c'était Hermione qui se trouvait entre ses bras et qui criait.

Jusqu'à maintenant, ils avaient évité de montrer leur affection en public, se tenant uniquement par la main, le baiser qu'elle lui donna allait donc délier toutes les langues de l'école. Même si ce n'était qu'un simple petit baiser sur la bouche, c'était quand même la première fois que le grand public les voyait s'embrasser.

Mais Hermione était trop excitée pour s'en soucier. « C'est fantastique Harry et ça règle tous nos soucis. » Puis elle se tourna vers ses amies pour essayer de s'expliquer. « Les couturiers gobelins ont fait ma robe pour la cérémonie de centurion d'Harry, ils sont tout simplement formidables. J'ai pu tout choisir et ils étaient si gentils et ma robe m'allait comme une seconde peau. A côté d'eux, Madame Malkin est une amateure. »

Son excitation se répandit aussitôt chez ses amies, même si l'option de serrer Harry dans leurs bras n'était plus disponible. Hermione le serrait encore fort dans ses bras, donnant ainsi raison à Padma. Hermione n'allait pas partager Harry avec les autres.

Les sorciers et sorcières de Grande Bretagne apprirent eux aussi cette nouvelle et ils commencèrent bientôt eux aussi à prévoir comment ils allaient obtenir des billets pour l'évènement de l'année.

L'opinion des sangs purs de ce pays concernant cet énorme évènement dépendait de la faction qu'ils soutenaient. La faction des mages blancs estimait que cette reconnaissance était enfin méritée et avait hâte que leur sauveur reçoive la plus haute récompense du pays.

Ceux de la faction neutre reposaient fortement sur leurs capacités à bien analyser la situation politique et donc ils pouvaient approuver tout en conservant leur neutralité. Puisque le ministre semblait avoir fortement penché dans le clan des mages blancs, ce serait dans cette direction qu'ils iraient – pour l'instant. Personne ne pouvait trouver une raison de ne pas soutenir cet évènement, ils le feraient donc.

Ceux avec une disposition plus sombre avaient été pris de court par le brusque revirement du ministre. L'exposition de Malfoy n'avait pas laissé d'autre choix au ministre que de prendre ses distances de Lucius et ses partisans. Ils avaient été ravis par l'humiliation publique de Dumbledore avant de réaliser que ce fait avait poussé Fudge vers la personne qu'ils redoutaient – droit dans les bras très capables d'Amélia Bones.

La directrice du Département de la Justice Magique était dure, pleine de ressources et très brillante. Le fait qu'elle ait perdue toute sa famille aux mains des mangemorts signifiait qu'il ne fallait pas s'attendre à une once de pitié de sa part. Avec Malfoy et Dumbledore qui exprimaient constamment des idées contradictoires, Cornelius Fudge avait généralement donné l'impression qu'il ne savait pas gérer son ministère – mais plus maintenant. Le ministre semblait avoir un objectif en tête et ce n'était pas en leurs faveurs.

En ce moment, s'opposer publiquement à ce changement de cap serait politiquement et socialement suicidaire. Ils devaient maintenant ronger leurs freins et lentement essayer de rattraper leur retard. La plupart d'entre eux allaient ouvertement soutenir cet évènement et même essayer d'obtenir des billets – mais ils n'allaient pas non plus tout donner.

Minerva essayait de toutes ses forces de comprendre la résistance quant à son choix pour la bourse scolaire Potter. Elle avait passé une partie de la nuit à passer en revue tous les dossiers des nouveaux étudiants et cette élève lui semblait être une candidate méritante. Elle ne savait pas exactement sur quels critères ils devaient se baser mais elle était déterminée à le découvrir.

« Ginevra sera la septième enfant que Molly et Arthur envoie à Poudlard et en Septembre cinq de leurs enfants seront présents ensembles au château. Ils sont aussi une famille de mages blancs reconnus et leur fils ainé a donné des cours de soutien à Harry et ses amis depuis la plus grande partie de ce terme. De toutes nos élèves de première année, je ne vois pas quelle autre élève ne mériterait plus cette bourse qu'elle. Elle est aussi une sang pur qui ira très bien avec l'autre né de moldu que nous avons choisi. Si vous avez une raison pour rejeter cette candidate, alors je pense avoir le droit de le savoir. »

Amélia essaya de calmer les craintes de sa vieille amie. « Nous sommes d'accord avec tout ce que tu as dit Minerva, mais il y a certaines informations que nous ne pouvons pas encore divulguer. Puis-je juste dire que les choses s'annoncent bien pour Arthur au Ministère, choses qui vous certainement alléger les soucis financiers des Weasley. Ces changements pourraient alors remettre en question notre choix de Ginevra pour cette année, chose que nous ne pouvons pas nous permettre, surtout pour cette première année de bourse scolaire. Cette information est très sensible mais sera sans doute devenue publique d'ici le bal estival. Tu comprendras à ce moment que nous avions raison. »

Minerva essaya de deviner quels seraient ces changements, d'autant plus que Sirius était au courant et Minerva ne put que supposer une chose, cela impliquait Harry. Décidant qu'il était inutile de continuer cette discussion, et sachant qu'Amélia ne lui mentirait pas, elle accepta la situation.

« Très bien, dans ce cas, si on omet la situation financière, il n'y a pas d'autres raisons de soutenir cette candidate. La sorcière que vous avez choisie était de toute façon mon second choix donc je suis contente de pouvoir la soutenir avec l'autre étudiant. Je vais également suivre attentivement la presse pour connaitre cette bonne nouvelle à propos d'Arthur Weasley. »

Amélia gloussa. « Crois moi Minerva, tu n'auras pas à éplucher la Gazette, ça figurera en première page. »

Sirius voulut savoir qui allait l'annoncer à Harry, Minerva demandant à avoir cet honneur. « Harry dit qu'il voulait que soit comme une famille agrandie, je voudrais lui en parler et savoir ce qu'il voulait dire par là. Je vais arranger une visite au chemin de Traverse, il voudra peut-être les rencontrer avec la rentrée de Septembre. »

« C'est une très bonne idée Minerva, mais nous serons absents du pays pendant une grande partie des vacances d'été. On pourrait organiser ça vers la fin des vacances, comme ça ils pourront tous acheter ensembles leurs affaires. »

Il voyait bien qu'elle était troublée, ce n'était pas dur à voir. Mâchant nerveusement le bout de sa plume sans tourner les pages de son livre et en ne prenant pas de notes, Hermione avait été profondément plongée dans ses pensées pendant les dix dernières minutes. Puisque les quatre amis étaient dans la bibliothèque pour réviser leurs examens, Harry devait chuchoter.

« Hermione, si tu ne nous dis pas ce qui ne va pas, nous ne pourrons pas t'aider. »

Le fait de se faire prendre sur le vif la fit rougir. C'était aussi effrayant de voir avec quelle acuité Harry pouvait lire en elle par moment. « Désolé les amis, je révisais et mon esprit s'est juste égaré. Pour être honnête, j'ai du mal à croire tout ce qui nous est arrivé. Je veux dire, on n'est qu'en première année ! »

Voyant où ça les menait, Harry essaya de lui faire comprendre quelque chose. « Pourquoi sommes nous là en train de réviser nos examens ? »

La réponse était évidente et Hermione ne le déçut pas. « Afin d'avoir de bonnes notes à nos examens, c'est important d'étudier et de bien réussir. »

Harry avait une autre question. « Donc tu t'attends à ce que nous quatre nous fassions mieux que, disons, Ron Weasley ? »

Cette simple suggestion embrasa Hermione. « Quand on part du principe qu'il fait le strict minimum et qu'on ne l'a jamais vu étudier, alors oui. Il semble être le type de personne à lire ses manuels la veille de l'examen et il aura la chance de tomber sur les bonnes questions le jour même. Mais je m'attends bien sur à ce que nous ayons tous de meilleures notes que lui. Où veux-tu en venir Harry ? »

« Ce que tu dis, c'est que nous serons bien préparés alors que Ron Weasley va devoir espérer avoir une grande chance pour réussir ? »

Puisque cela résumait les pensées d'Hermione, elle hocha la tête. Padma et Neville écoutaient aussi attentivement, curieux de savoir ce qui se passait.

« Et bien, je pense qu'il faut que tu prennes en considération que j'étais bien préparé et que j'ai également eu beaucoup de chance. » C'était impossible qu'Harry dise ça sans s'expliquer davantage. « Je suis venu à Poudlard en tant que guerrier gobelin, un guerrier qui avait été entrainé et briefé pour sa mission depuis des années. Sans compter Maitre Flitwick et maintenant Henrica, Hermione en sait plus sur la nation gobeline que le reste des professeurs réunis… »

« Mais Harry, j'ai à peine gratté à la surface. »

« Je sais, mais aucun d'entre eux ne s'est donné la peine d'apprendre. Prenons la répartition en exemple. Vous me connaissez tous les trois maintenant, qu'est-ce que je ferais dans cette situation ? »

Padma répondit en premier, commençant à comprendre ce que voulait dire Harry. « Tu ne renoncerais jamais à ta nature de gobelin et certainement pas à cause d'une situation dans laquelle te mettrait Dumbledore. »

Neville et Hermione étaient tout à fait d'accord ce qui fit sourire Harry. « Nous avions estimé la chance que Dumbledore essaierait quelque chose comme ça à 20% à peu près, nous avions même peur qu'il ne me laisse pas partir et me garde confiné au château… »

Hermione s'empara aussitôt de sa main pour le réconforter tandis que Neville posa une question. « Qu'aurais-tu fait dans ce cas ? »

« J'ai les moyens d'envoyer un message codé à mon père en cas d'urgence. Gringotts aurait fermé ses portes jusqu'à ma libération, et pendant ce temps, Hermione et moi aurions tout fait pour nous échapper. Une fois en dehors des protections du château, nous serions rentrés en portoloin à Gringotts. »

Elle ne savait pas qu'elle avait été incluse dans les plans d'évasion d'Harry et ça la fit sourire.

« Donc tu vois, j'étais bien préparé mais j'ai eu aussi beaucoup de chance que Poudlard fasse de moi son champion. Il faut aussi penser au duel avec Maitre Sharpshard, nous savons tous qu'il pourrait me vaincre en moins de deux minutes. Au final, mon armure de centurion m'a rendu plus rapide et plus fort et je pouvais jeter des sorts avec mes deux lames. Mais c'est Poudlard qui m'a donné l'avantage. Elle a ralenti Maitre Sharpshard à chaque opportunité tout en me dégageant la voie. »

Padma et Neville étaient certains que ce qui avait avantagé Harry dans le combat, c'est que lorsqu'Hermione avait été vaincue, la rage d'Harry avait atteint des sommets.

Hermione, de son côté, commençait à voir où Harry voulait en venir. « Donc tu dis que c'est ta préparation ainsi qu'une bonne dose chance qui t'ont permis de dominer notre génération ? »

C'était plus ou moins ce que voulait dire Harry. « Le directeur ne s'est pas donné la peine de faire ses devoirs et il s'est retrouvé dos au mur depuis le premier septembre. Nous avons étudié ses moindres mouvements et nous avons un dossier sur Dumbledore qui est mis à jour constamment. Je ne sais pas si c'est son arrogance et sa croyance qu'il ne peut avoir tort ou s'il ne voulait tout simplement pas que les gens sachent que j'étais à Gringotts. Maitre Flitwick a toujours été à ses côtés et aurait été une mine formidable d'informations sur les gobelins, le directeur avait cette chance au bout des doigts et il ne l'a jamais saisi. Il continue à me traiter comme un sorcier, alors que même Rogue commence à comprendre que ça ne marchera pas. Est-ce que ça répond à tes questions ? »

Hermione, rougissante, hocha la tête avant de retourner à ses révisions. Elle entendit Padma ricaner et essaya de l'ignorer. La découverte que Rogue était responsable pour avoir transmis la prophétie à Voldemort avait décuplé, si c'était possible, l'animosité que ressentait Harry envers Dumbledore. Hermione espérait qu'ils réussiraient à tenir jusqu'aux vacances sans une confrontation, mais elle n'osait pas y croire.

Minerva ne pouvait pas vraiment exclure Albus de cette démonstration, pas avec les examinateurs qui venaient au château plus tôt que d'habitude. Avec Harry étant une nouvelle fois à la une de la Gazette, Griselda avait convaincu facilement les autres examinateurs de venir à Poudlard. Tout ce qu'elle avait eu besoin de mentionner c'était que Minerva voulait leur opinion sur la classe du Survivant et ses collègues agréèrent de la suivre.

Harry jouait au parfait petit ami, et essayait de rassurer Hermione. Les Serdaigles plus âgés qu'eux avaient reconnu la plupart des examinateurs et se demandaient ce qu'ils faisaient aussi tôt dans le château, ce qui avait semé la panique chez Hermione.

« Nos examens ne commencent pas avant lundi, Hermione et on ne verra pas ces examinateurs là avant nos BUSES. Le professeur McGonagall nous a dit qu'ils viendraient peut-être voir notre classe, ce sera un peu comme la dernière fois. »

Padma ne put s'empêcher de faire une remarque qui servirait à la fois à changer les idées de son amie et à la taquiner. « Oh, Hermione, je me demande si d'autres filles répondront à la proposition d'Harry de caresser son dragon ? »

Comprenant le double sens de sa phrase, Hermione sut immédiatement comment arrêter cette blague. « Tant qu'elles se souviennent que je connais le mouvement gobelin pour leur couper les mains, je ne vois pas de problèmes, et toi ? »

Elle ne savait pas si c'était le regard d'Hermione ou le ton de sa voix, mais Padma frissonna. « Par Merlin, Hermione tu peux être effrayante quand tu le veux. Es-tu sûre de ne pas être en partie gobelin ?. »

Dire cela à une autre sorcière pourrait être considéré comme une grave insulte mais Padma savait qu'Hermione le prendrait comme elle le voulait, c'est-à-dire, comme un compliment. « Merci beaucoup, c'est la deuxième fois en peu de temps qu'on me le dit. Harry doit m'avoir fait un truc … »

Ce n'est qu'après avoir aperçu les yeux écarquillés d'Harry qu'Hermione réalisa ce qu'elle venait de dire, ça et les ricanements qui retentissaient à la table des Serdaigles.

Padma mit son bras autour des épaules d'Hermione. « Ignore les Hermione, nous savons ce que tu voulais dire. Mais je pense que dire qu'Harry a une influence sur nous tous est une meilleure façon de dire les choses. »

Elle sentit les épaules de son amie tressauter, ce n'est que lorsqu'Hermione éclate en fous rires que Padma réalisa qu'elle n'était pas fâchée. Le fait qu'Hermione riait de son lapsus confirmait juste ce que Padma avait dit : Harry les influençait tous.

La leçon de métamorphose se passa plus ou moins comme la dernière fois, à l'exception de Padma qui avança une main tremblante pour caresser le dragon. Les examinateurs avaient l'air ravis, sauf un – de toute façon il y en avait toujours un.

Les étudiants le remarquèrent aussitôt, il ne pouvait pas passer inaperçu. Le sorcier faisait presque deux mètres mais il était d'une maigreur affolante. De plus son nez semblait droit comme un piquet, et il fronçait les sourcils en permanence. Ainsi, quand il franchit la porte de la classe, il se fit aussitôt remarquer.

Gordon McPhee avait reçu le surnom de Grumpy Gordon (NdT : Gordon le grognon) quand il avait été élève à Poudlard. Moaning McPhee (NdT : Mcphee Geignard) avait aussi été suggéré mais c'était Mimi qui avait la palme des plaintes et avait donc reçu ce surnom de geignarde. Grumpy Gordon était un surnom qui lui collait encore à la peau, probablement parce ça le représentait tellement encore.

« Je ne vois pas pourquoi nous devrions changer des siècles d'histoire parce qu'une classe veut faire les choses différemment. Notre méthode de métamorphose a été durement élaborée par nos ancêtres, et une classe par semaine pendant neuf mois et soudain nous allons tout jeter en l'air ? »

Albus était époustouflé parce qu'il venait de voir dans cette salle de classe. Cette nouvelle forme de métamorphose avait le potentiel de provoquer de grands changements en très peu de temps en Grande Bretagne magique, quelque chose qui devait, selon lui, être évitée à tout prix.

« J'ai peu de devoir agréer avec certains points de Mr McPhee. Je ne vois aucune note de prise par les élèves et encore moins de devoirs à faire ou de manuel de référence utilisé. Quels manuels allez-vous mettre sur la liste pour l'an prochain ? De tels manuels sont-ils même disponibles ? »

Gordon saisit l'opportunité de continuer son argumentation.

« Exactement ce que je voulais dire Monsieur le Directeur. Nous avons des livres écris par des maitres en la matière que nous allons simplement mettre au rebus ? Pas de manuels, pas de notes, pas de devoirs, pourquoi aurions-nous donc besoin d'une maitresse de la métamorphose pour ce cours puisque les compétences qu'elle a mis des années à apprendre sont maintenant inutiles ? »

Minerva était prête à répliquer, mais Griselda interrompit la professeure enragée avant qu'elle ne puisse ouvrir la bouche ou lever sa baguette. « Peut-être pourrions nous demander à Mr Crow si des livres existent sur cette méthode de métamorphose ? »

Toute la classe était attachée ces mots dits entre adultes. Pour la plupart des élèves, c'était leur cours favori. Même Ronald Weasley voterait pour cette nouvelle méthode de métamorphose. Avec aucun cours écrit, aucun livre à lire et pas de devoirs à faire, c'était aisément son cours favori. Le fait qu'il ait terminé tout le curriculum de première année en un semestre ne comptait pas pour Ron. Personne ne voudrait retourner à l'ancienne méthode de métamorphose.

« C'est centurion Crow, M'dame, et désolé mais la seule source écrite fait principalement figure d'introduction. »

La classe se demanda ensuite si Rogue s'était inspiré de l'examinateur pour son comportement abject, il y avait en tout des similarités troublantes entre leurs remarques sarcastiques. « Croyez-vous vraiment qu'ils ont des livres ? Soyons sérieux ! »

Dumbledore étant déjà dans la salle de classe, la dernière chose dont Harry avait besoin c'était que Rogue soit là aussi. Tous les élèves qui connaissaient vraiment Harry grimacèrent à la remarque de Gordon.

« Excusez-moi monsieur, mais les gobelins avaient un langage écrit et s'adonnaient déjà à l'imprimerie alors que les hommes essayaient encore d'allumer une étincelle avec deux pierres. Les gobelins ont l'écriture depuis que les hommes savent faire du feu. » Toute la classe s'arrêta de respirer mais Harry n'en avait pas encore fini. « Je réalise qu'il y a des personnes dans cette pièce qui ont envie de me traiter de menteur, et je comprends. Jusque parce que vous pensez que je ne suis qu'une bouse de dragon ne signifie pas pour autant que vous avez raison. »

Dumbledore essaya ensuite de jouer le médiateur, ce qui était sans doute une très mauvaise idée, étant donné qui il était et à qui il parlait. « Harry, mon garçon, puis-je t'offrir un conseil amical ? Ces personnes devant toi tiennent ton futur entre leurs mains, il serait peut-être bon de ne pas t'en faire des ennemis… »

Harry interrompit le directeur. « … et c'est sans doute pour ça que notre examen d'histoire est la risée de toute l'Europe. Je vais épargner à ces sorciers et sorcières la peine de se souvenir de moi, puisque je ne passerai pas les BUSES. »

Toute la pièce était figée, sauf Hermione qui attrapa la main d'Harry sous le bureau. Il la tint un instant et la serra pour lui faire comprendre que tout allait bien ?

Albus était si choqué que ce fut Griselda qui brisa le silence. « Centurion Crow, si vous n'avez pas l'intention de passer vos BUSES, et donc vos ASPICS, pour quelle raison êtes-vous là ? »

« C'est simple M'dame, je viens à Poudlard pour mon éducation… »

Grumpy Gordon crut voir là une opportunité. « Sans examens, vous n'êtes rien garçon. Le ministère pourra légalement briser votre baguette… »

Harry sortit son couteau et le frappa sur le bureau, ce qui fit sursauter toute la classe, sauf Hermione qui l'avait vu faire. « Je n'ai pas de baguette ! Même le serviteur demi géant de Dumbledore ne pourrait pas le briser, pas sans se couper quelques doigts au passage. Mais ça permettrait peut-être de l'empêcher d'enlever d'autres nourrissons illégalement. »

Le « HARRY ! » de McGonagall combiné à la pression d'Hermione sur sa main le ralentirent un peu. Il n'avait aucunement l'intention de se taire, juste de calmer un peu son tempérament.

« Mr McPhee a laissé sous-entendre que cette classe n'avait pas besoin du professeur McGonagall, je vais dire maintenant que Poudlard n'a pas besoin de Mr McPhee. Le professeur McGonagall connait ses élèves d'ASPICS depuis sept ans et connait mieux que personne sur cette terre les capacités de métamorphose de ses élèves. Pourquoi un étranger devrait-il venir ici, rencontrer un étudiant pendant quinze minutes puis lui donner une note qui affectera cet étudiant jusqu'à la fin de sa vie ? »

Minerva comprenait qu'Harry était en colère en raison de la remarque sur les gobelins mais elle ne comprenait pas pourquoi il ne voulait pas passer les examens. « Nous devons être impartiaux Harry, c'est pourquoi nous avons besoin d'examinateurs du ministère. »

« J'ai confiance en vous Professeur, bien plus qu'en un étranger. Quand Maitre Pitslay pensera que j'ai atteint le niveau d'un apprenti, il me le dira. Puis je déciderai si je continue ma maitrise de potion ou si mon futur se trouve ailleurs. Aucun gobelin n'a besoin d'un bout de papier pour dire jusqu'où ils sont allés dans leurs études , notre système n'a pas de tel examen. Puisque je suis à Poudlard en tant que gobelin, je n'ai pas besoin d'eux. »

Harry frotta son pouce contre le dos de la main d'Hermione, se réconfortant ainsi autant qu'il la réconfortait. Il en avait besoin car Dumbledore intervint de nouveau. Le vieux sorcier ne comprenait jamais quand il devait se la fermer.

« Harry, mon garçon. Tu prends une décision qui va affecter le reste de ta vie, une décision que tu n'as pas besoin de prendre avant encore quatre ans. Je te demande d'y réflechir encore. »

« Pourquoi ? Votre nouveau plan c'est d'envoyer à Tom Jedusor mes résultats de BUSES et d'espérer qu'il mourra de honte en voyant qu'un gobelin a battu son score ? Je dois dire que c'est déjà plus encourageant que votre proposition sur le « pouvoir de l'amour ». Je n'ai envie que d'embrasser Hermione. »

Hermione n'est pas du tout embarrassée, elle regardait à quel point la main d'Harry était proche du couteau sur la table. Elle déplaça leurs mains conjointes sur la table jusqu'à la garde de son épée. Harry fit un petit sourire mais Dumbledore n'en avait pas fini.

« Si tu ne passes pas tes examens, il se pourrait que quand tu voudras rester dans le monde magique, tu ne puisses plus le faire… »

Le grand rire d'Harry coupa Dumbledore dans sa phrase, laissant penser la classe qu'il avait perdu les pédales.

Il fallut plusieurs minutes pour qu'Harry reprenne son souffle. « Désolé Hermione, mais c'était encore plus drôle que ces comédies que tu nous as montrés à Padma et moi pendant les vacances. » Puis il se retourna vers Dumbledore. « SI je décide de rester dans la communauté sorcière, je serai Lord Harry James Potter, Ordre de Merlin première classe. Croyez-vous vraiment que les gens se préoccuperont de savoir si j'ai eu mes BUSES ou non ? »

« Ta mère et ton père voudraient que… » Dumbledore n'eut pas le temps de continuer sa phrase, Harry s'était levé et venait de pointer son couteau entre les deux yeux du directeur.

« Mon père acceptera ma décision, pensant que c'est moi de la prendre. Quant à mon papa et ma maman, je ne les ai jamais connus étant donné qu'ils sont morts. Et j'ai de plus en plus l'impression que vous aviez quelque chose à voir là dedans. Rappelez-vous ma promesse vieil homme, si j'en ai la preuve, je viendrais me venger ! »

Hermione remarqua que l'armure d'Harry avait commencé à se former autour de ses poignets alors qu'il n'avait pas fait le moindre geste de son couteau. Elle ne fut pas la seule soulagée quand la cloche sonna la fin du cours.

Minerva se leva devant Albus avant de parler. « Vous pouvez y aller. Centurion, je voudrais vous parler une seconde à l'extérieur s'il vous plait ? »

Harry hocha la tête avant de se diriger dehors avec le reste de sa classe. Dès que le dernier élève eut quitté la pièce, Minerva se retourna vers Dumbledore. « Vous ne pouviez pas vous taire, n'est-ce pas ? Vous croyez toujours avoir raison et vous essayez de forcer les gens à penser de même. Ce n'est pas une surprise que vous n'ayez pas le droit d'approcher Harry. Vous venez de me faire perdre mes deux meilleurs élèves et je pense à suivre leurs exemples. Je vais vous dire une chose Albus Dumbledore, si vous avez quelque chose à voir dans la mort de James et Lily, je vous tuerai moi-même ! »

Les examinateurs étaient restés figés, choqués. Tous les habitants de la communauté magique de Grande Bretagne avaient vu la photo du Survivant se tenant devant un Dumbledore ensanglanté. Tous les examinateurs avaient cru qu'ils allaient revoir cette scène en direct. Albus avait créé de nouvelles tensions dans l'école, son adjointe venait de soutenir Crow et de menacer de tuer le directeur si les accusations du garçon étaient fondées.

Griselda pensait que si ce crime était prouvé, alors le public sorcier se vengerait bien avant que Minerva ne puisse lever sa baguette sur Dumbledore. Le bal allait célébrer Lily et James Potter en tant que héros nationaux, si Albus était impliqué dans leurs meurtres, l'enfer allait se déclencher dans le pays.

Gordon n'arrivait pas à croire ce dont il avait été témoin. Sa spécialité était la défense, donc il s'était concentré sur les yeux du garçon, ce qu'il avait vu lui avait provoqué une décharge de peur dans tout le corps. Le garçon avait fait face à Albus Dumbledore sans exprimer la moindre peur et ce n'était pas de la fausse bravade. Il y avait une détermination dans ses yeux que Gordon ne s'attendait à trouver que chez quelques élèves d'ASPIC. Il n'avait pas non plus pu s'empêcher de remarquer que trois étudiants avaient été visiblement prêts à se joindre à lui. Que se passait-il dans cette école ?

Albus pensait exactement à la même chose et se demandait comment la situation avait pu en arriver à ce point. Quand Cornelius allait découvrir qu'Harry ne passerait pas ses BUSES, il deviendrait incontrôlable. Quand il saurait qu'Albus Dumbledore était responsable pour cette révélation, et il était sûr que Minerva allait l'en blâmer, Albus se demandait s'il n'allait pas non plus être persono non grata au ministère également.

Les trois amis avaient attendu Harry dans le couloir, et Hermione se précipita sur lui dès que Minerva retourna dans la salle de classe.

« Je vais bien. Désolé à propos de ça, mais est-ce qu'on peut annuler la séance de révision ce soir ? »

Padma répondit aussitôt, « Bien sûr Harry. Tu as une retenue avec McGonagall ? »

« Quoi ? Non. Je veux juste utiliser ce créneau pour vous dire ce qu'il se passe. Je n'ai pas envie que mes amis pensent que je deviens fou, le reste de l'école peut penser par contre ce qu'elle veut. »

Hermione reprit son bras et ils allèrent déjeuner. Elle s'arrêta quelques secondes après.

« Que te voulait McGonagall ? »

« Oh, elle voulait me dire quelque chose à propos d'Hagrid. Elle prétend que c'est une âme très simple qui sauterait dans le lac pour tuer le calamar géant si Dumbledore le lui demandait. Sirius me l'avait déjà dit mais je ne pense pas non plus qu'il ait pardonné Hagrid. Hagrid a peut-être suivi aveuglement les ordres de Dumbledore mais il savait que Sirius était mon parrain, et il aurait dû savoir que c'était avec lui que je devais aller. »

Hermione secoua la tête. « A l'armée si on te donne un ordre illégal, l'excuse « je suivais les ordres » ne fonctionne pas. Je ne sais pas comment ça marche quand un directeur donne des ordres à un gardien des clés ? »

« Oh McGonagall voulait aussi me parler de la bourse Potter, ils ont pris leur décision et voulaient savoir si je voulais rencontrer les deux étudiants avant la rentrée. Elle a suggéré qu'on se rencontre au chemin de Traverse pour acheter notre matériel tous ensembles. Sirius et Amélia connaissent notre agenda de l'été et McGonagall a donc choisi une date qui m'arrangeait. »

« C'est une très bonne idée Harry. J'aurais aimé connaitre quelqu'un dans le train l'année dernière pour parler avec des amis. Le trajet de Noël a été bien mieux que mon trajet solitaire et silencieux de Septembre. » dit Neville

Hermione sourit quand elle y repensa à son tour. « Je suis d'accord que c'est une très bonne idée Neville, mais moi j'ai rencontré Harry dans le train donc je ne peux pas vraiment me plaindre. McGonagall t'a-t-elle déjà parlé d'eux, Harry ? »

Il hocha la tête avant de répondre. « L'un est un né de moldu qui sera le premier de sa famille à venir à Poudlard mais pas le dernier. Il a un frère et une sœur plus jeunes et tous les deux sont magiques. Son nom est Colin Creevay et son père est laitier. Hermione, qu'est-ce qu'un laitier ? »

Elle réfléchit à la meilleure manière de leur expliquer. « Vous savez que chez moi, on peut téléphoner pour qu'on nous apporter de la nourriture ? Et bien, le père de Colin livre du lait. »

Padma luttait toujours avec ce concept de livraison à domicile, même si elle en avait été plusieurs fois témoin. « Donc tu téléphones et son père se précipite chez toi avec du lait ? »

L'ancienne Hermione se serait lancée dans de grands détails sur le fonctionnement, sur les rondes et tous les détails de ce métier, mais elle abrégea. « Quelque chose comme ça Padma. Qui a reçu l'autre bourse, Harry ? »

« Une jeune fille sans frères et sœurs qui a perdu sa mère il y a environ un an. Son nom est Luna Lovegood et j'ai eu l'impression que McGonagall voulait vraiment que je la prenne sous mon aile. »

Padma attrapa Neville par le bras et ils accélèrent leur allure vers la grande salle. « Et bien, qu'ils le sachent ou non, ils viennent de se faire quatre nouveaux amis. Maintenant, allons manger. Ca me donne faim à chaque fois qu'Harry effraye des adultes et nous avons notre cours de DCFM juste après. »

Les quatre amis allèrent manger, et aucun d'eux ne remarqua que ni Dumbledore ni McGonagall n'étaient venus dans la Grande Salle. »