Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de RobSt n'est pas utilisée à des fins commerciales

Reviews: Bonjour à tous! Voilà un des plus grands chapitres de cette histoire! Il m'a demandé bien du courage mais je suis content de pouvoir vous le présenter! Bonne lecture à tous!

Chapitre 33 : Bal première classe

Albus, installé au buffet de départ annuel n'arrivait pas à se souvenir s'il avait déjà passé une aussi mauvaise année à Poudlard de toute sa vie La raison pour son horrible année était assise à la table de Serdaigle avec deux Gryffondors et quelques Poufsouffles. Même s'ils étaient restés assis à leurs tables respectives pendant la remise de la Coupe des Quatre Maisons à Serpentard, les élèves avaient vite rejoints la table des Serdaigle dès que le festin avait commencé.

Il avait entre temps appris que ce groupe partirait non seulement en vacances ensembles mais aussi qu'ils se verraient au bal ministériel, en tant qu'invités d'Harry. Harry aurait des moldus, un gobelin, une vélane et une famille sorcière d'Inde comme invités à sa table. C'était un groupe très provocateur et pourtant, c'était Albus Dumbledore qui était interdit de venir. Contrairement à Cendrillon, Albus n'avait pas besoin d'une marraine fée – étant parfaitement capable de conjurer son propre cheval et carrosse. Des souliers de verre ou une robe de soirée ne serait difficile non plus. Par contre, alors que Cendrillon, elle était invitée au bal, Albus Dumbledore ne l'était pas !

Albus fut aussi profondément choqué quand il alla rendre visite au couple Weasley. Après avoir appris la nouvelle position potentielle d'Arthur au Ministère, Albus avait cru que cela allait lui donner une ouverture pour savoir ce qu'il se passait avec les gobelins, et plus important encore, avec Harry. Dire que son séjour au Terrier fut bref était un euphémisme.

La Beuglante de Molly lui perça les tympans, il avait pourtant espéré que l'incident avec Quirell avait été oublié. Arthur avait ensuite rejoints Molly et l'avait jeté hors du Terrier, il semblait que mettre en danger quatre de leurs enfants puis essayer de faire du chantage à leur fils ainé n'était pas apprécié au sein de la famille Weasley.

La date limite du gobelin était également problématique puisque le gobelin allait être hors du pays pendant la majorité de l'été et aussi parce que se rencontrer durant le bal n'était plus une option. Albus n'avait pas eu d'autres choix que de faire passer son message par Sirius et la réponse l'avait un peu soulagé. Le gobelin était prêt à attendre jusqu'au début de la prochaine année, laissant le reste de l'été à Albus pour trouver une solution.

Mais Albus était quand même déchiré, il avait absolument besoin d'une ouverture pour se rapprocher du garçon puisque chaque porte qu'il ouvrait se refermait brutalement sur lui. Avec les remous provoqués par le bal estival et le projet de loi sur les gobelins, il ne voyait pas comment Severus pourrait survivre s'il était révélé qu'il était celui à avoir donné la prophétie à Voldemort. – et indirectement à avoir tué les Potter. Son professeur de potions tirerait un peu de réconfort en voyant la Grande Salle décorée de vert et d'argent si c'était sa dernière année en tant qu'homme libre.

Mais la directrice adjointe avait des points de vue différents de ceux du directeur. Mis à part le fait que la Maison Serpentard avait gagné les deux trophées, Minerva pensait que cela avait été une année formidable. Sa méthode de discipline étant assez rude, plusieurs élèves avaient été mis sous probation durant l'année mais cela avait considérablement amélioré le comportement général des étudiants. Avec une limite de conduite aussi franchement établie, Poudlard avait connu des jours tranquilles depuis les fêtes de Noël.

Puis il fallait prendre en compte le nouveau cours d'histoire et son professeur, et la méthode d'enseignement de la métamorphose qui avait changé pour les premières années. Il était également difficile d'oublier l'impact qu'avaient eu les tuteurs d'Harry sur l'école. Bill Weasley n'enseignait pas uniquement aux premières années, non, ses classes de révisions des BUSES et ASPICS avaient eu un grand succès. Les jumeaux Weasley étaient venus la voir avec un mot de Maitre Pitslay annonçant qu'ils avaient plus d'un an d'avance en potions et qu'ils pouvaient passer leurs BUSES un an plus tôt s'ils le désiraient. Et les deux élèves avaient en plus confirmé à leur directrice de maison qu'Harry les dépassait largement dans ce domaine.

Minerva remarqua que Serpentard n'était pas la seule Maison à faire la fête. Il semblait que le groupe de premières années assis à la table des Serdaigle était prêt aussi à faire la fête et leur bonne humeur se propageait dans le reste de la Grande Salle. Albus était peut-être déçu qu'Harry Potter ne soit pas venu à Poudlard mais Minerva pensait, elle, qu'Harry Crow avait été le catalyseur de toutes les bonnes choses qui s'étaient produites durant cette année.

Minerva ne pouvait s'empêcher de sourire en pensant qu'elle allait revoir ce groupe durant l'été, non seulement au bal mais aussi quand ils se rencontreraient pour les étudiants boursiers. La femme ayant la réputation d'être la plus stricte de Poudlard était probablement celle à avoir le plus souri cette année.

Il n'y avait pas trop de sourires à Kings Cross quand le train arriva. Mais ce n'était pas exactement vrai. Emma, Dan et Sirius pensaient tous que c'était drôle de voir la façon dont Hemione et Harry se tenaient – comme s'ils n'allaient plus jamais se revoir. Le visage stoïque de Harry avait disparu et Hermione pleurait à l'idée de ne plus le voir. Après quelques minutes, Emma se pencha vers Sirius.

« Dan et moi allons travailler la semaine prochaine, nous terminons les préparatifs pour les vacances, vendredi. Et si nous les prenions à la maison pour le week-end et Harry pourra utiliser son portoloin lundi matin ? »

« L'alternative serait que ces deux âmes en peine errent seules dans leurs maisons respectives et qu'Hedwige se tue à la tâche en faisant des allers-retours jours et nuits. Je pense que c'est une très bonne idée. Je dirais à son père qu'il ne reviendra que lundi matin. Est-ce que ça ira s'ils passent quelques jours chez moi ? Henrica va être très occupée à Gringotts pour la première moitié des vacances. »

Dan essaya d'avoir l'air fâché par cet arrangement et échoua lamentablement. Emma ne fit pas de tentative pour cacher son excitation de les avoir à la maison, même si elle pouvait toujours taquiner l'homme qui était rapidement devenu à un bon ami de leur famille. « Tu as une bibliothèque, Sirius, nous risquons de ne plus jamais les revoir. Pars et nous verrons combien de temps ces deux-là vont prendre pour remarquer que tu es parti. »

L'éducation gobeline d'Harry lui disait que c'était totalement irrationnel mais il ne pouvait s'en empêcher. Il savait aussi qu'ils allaient se revoir la semaine d'après pour les préparatifs du bal et il se sentait encore pire. Sa tête lui disait que tout irait bien mais le cœur d'Harry lui criait qu'il ne pourrait pas tenir une semaine sans les câlins d'Hermione. Elle l'avait rendu accro dès le premier jour de leur rencontre, et c'était une dépendance qu'il refusait de combattre. Hermione semblait ressentir exactement la même chose que lui ce qui expliquait pourquoi ils se tenaient tous les deux sur la plateforme alors que tout le monde était déjà parti. Il ne savait pas depuis combien de temps ils étaient là mais tout était silencieux, chose impossible quand Sirius était dans le coin.

Harry se détacha d'Hermione pour regarder autour de lui, et il vit deux parents ricanant. Ne voyant pas son parrain, il fut forcé de poser une question évidente. « Savez-vous où est Sirius ? »

Cela attira l'attention de sa petite-amie et elle reconnut l'air sur le visage de ses parents. Ils préparaient quelque chose.

Dan ne les fit pas attendre. « Oh, il en avait marre de vous attendre, - ton parrain est parti il y a un moment. Je pense que ça veut dire qu'on va devoir t'héberger pour le week-end mais seulement si tu emmènes Hermione avec toi à Gringotts lundi ? »

Dan fit aussitôt l'expérience tant aimée des câlins d'Hermione. Il ne savait si c'était à cause de son entrainement à l'épée ou avec Harry mais Hermione fit craquer ses côtes tant son embrassade était féroce. Elle se tourna rapidement vers sa mère, toute pensée négative ayant disparue maintenant qu'Harry venait avec elle à la maison.

Le garçon en question avait un grand sourire sur le visage et il se rappela finalement qu'il fallait répondre à Dan. « Ca sera euh… sacrément bien ! »

Lucius avait tout regardé depuis les ombres. Il avait aisément découvert où habitaient les Patil mais cette information s'était révélée inutile. Durant une nuit sans lune, il avait essayé de s'approcher de la maison – simplement pour repérer les lieux. Le bras qu'avait marqué Voldemort toutes ces années auparavant avait brûlé comme s'il allait s'embraser de flammes réelles. Et c'était bien avant qu'il ne se rapproche de la maison en elle-même. Lucius avait été forcé de sortir de là aussi vite que possible juste au cas où sa présence avait déclenché une alarme.

Si la demeure Patil avait de telles protections, Lucius était content de ne pas connaitre l'adresse de la Sang de Bourbe. La petite garce était celle à posséder le pouvoir de détruire complètement le garçon, malheureusement elle était également celle à être le mieux protégée. Même lui glisser le livre au chemin de Traverse ne pourrait pas aider puisque les enchantements protégeant sa maison détecteraient sans nul doute le journal de Tom. Les Patil étant tout autant protégés, cela posait un gros problème au patriarche Malfoy.

Devait-il passer le livre à une personne sans importance comme cette chinsoise – ou même à cette traitresse à son sang de Weasley – ou devait-il attendre la dernière minute et essayer de toucher le gros lot. Il savait qu'ils seraient tous là le premier septembre à Kings Cross et que le monde lui permettrait de glisser le journal sans se faire remarquer. Lucius savait aussi que c'était un gros risque que d'attendre aussi longtemps. Il savait aussi qu'il lui faudrait beaucoup de chance pour obtenir le résultat escompté.

Lucius se consolait cependant avec le fait que même s'il ne touchait pas à quelqu'un de proche du garçon, il pourrait toujours s'assurer pour qu'il atterrisse dans les proches d'un pauvre enfant sans se faire démasquer.

Harry essayait d'être là pour son ami alors qu'ils remontaient les couloirs de Sainte Mangouste, c'était comme si Neville passait par toutes les émotions possibles à chaque pas qu'il faisait et qui le rapprochait de la chambre de ses parents. Il y avait de la joie, teintée pourtant de tristesse et d'excitation et d'impatience. C'était clairement quelque chose qu'il attendait avec joie et redoutait en même temps.

« Harry, ne t'attends pas à trop… »

« Neville, je vais rencontrer ma marraine et ton père, c'est plus que suffisant pour moi. »

Augusta marchait derrière les deux adolescents, n'ayant pas assez de mots pour exprimer la fierté qu'elle ressentait envers son petit-fils. Il avait changé plus qu'elle ne l'aurait cru possible depuis septembre et Augusta savait qui était responsable pour ce changement drastique – ses amis.

Vu la façon dont ils avaient organisé leurs vacances d'été, cela avait été une semaine chargée suivi de sept jours de repos. A cause de son âge, Augusta n'avait pas eu envie d'être un poids pour les jeunes. Elle ne les avait pas accompagné durant leur première semaine en Floride et ne les avait rejoints que dans la Villa Turque près de la Mer Noire. Elle venait d'y passer une des meilleures semaines de sa vie, écoutant son petit-fils qui essayait de lui expliquer le monde étrange qu'ils avaient visité en Floride.

Elle l'avait aussi regardé avec l'œil aiguisé d'un faucon, ravie de ce qu'elle constatait. Les quatre amis étaient encore plus proches que dans ses souvenirs, Padma et Neville étant toujours fourrés ensembles. L'affection qu'ils avaient l'un envers l'autre était clairement visible, donnant l'espoir à la vieille dame qu'elle le verrait marié avec une bonne épouse et famille avant qu'elle ne quitte définitivement ce monde. Les Londubat étaient des sangs purs fiers de leur héritage. La famille ne laissait pas ce fait les définir, mais elle serait extatique si son petit-fils se portait sur l'une de ces filles.

Elle avait passé la semaine en l'excellente compagnie des Granger, avec Barchoke et Sirius partageant leur temps entre eux – ils avaient tous les deux des affaires à régler à Gringotts qui prenaient beaucoup de temps. Voir ce couple aimant prendre soin des enfants contredisait toutes les rumeurs des sangs purs et les résultats académiques de Poudlard le soulignaient.

Minerva lui avait confié que Neville n'était pas seulement dans le top cinq des meilleurs élèves de Gryffondor mais qu'il était aussi classé septième sur l'ensemble des élèves de son année. Augusta s'était attendue à ce que ses trois amis de Serdaigle terminent plus haut dans le classement et c'était bien. Mais le fait qu'il y ait neuf Serdaigles en première année signifiait que son petit-fils avait surpassé trois des élèves de la maison la plus intelligente de Poudlard, ce qui était un accomplissement totalement inattendu et phénoménal de sa part.

Quand les jeunes furent épuisés après avoir passé leurs journées à nager et à jouer entre eux, les adultes passèrent quelques soirées entre eux à boire et à apprécier la compagnie des uns et des autres. Ils étaient tous fascinés par leurs compagnons et les sujets étaient divers et variés. Neville lui avait parlé de l'offre pour aider Frank et Alice, et Augusta était tout à fait intéressée. Après les avoir regardé dépérir pendant dix ans, elle était prête à tout, y compris à passer un marché avec le Diable pour avoir une once d'espoir.

Barchoke était arrivé ce jour là avec un peu d'ale gobelin pour les plus jeunes et c'était aussi ce qu'il but alors que les jeunes regardaient le soleil se coucher. Il était temps pour une conversation sérieuse. « Augusta, la dernière chose que je veuille c'est vous donner à vous ou à Neville de faux espoirs. Notre expérience nous a appris que qu'il n'y a rien de certain quand on s'occupe de tels victimes et que personne ne réagit de la même façon à ce maléfice. Je vais être honnête et dire que parfois il n'y a aucune réaction et en fait nous n'avons jamais essayé de soigner des victimes après autant de temps après les faits. »

Dan demanda une explication du traitement.

« Ce maléfice est vicieux, Dan, le plus vicieux de tous les maléfices jamais inventés. Même si le Avada Kedavra tue ses victimes, c'est instantané et donc presque sans douleur. Le maléfice de Douleur touche tous les nerfs d'un corps et envoie des messages de grande douleur dans le cerveau. »

En tant que dentistes, Dan et Emma savaient ce qu'était la douleur. Aucun des deux n'arrivait pourtant à imaginer qu'un corps puisse subir une telle agonie.

« La théorie sorcière est qu'un corps ne peut supporter qu'une certaine dose de douleur avant de plonger dans la folie. Pardonnez-moi mesdames, mais c'est de la merde de dragon. Une des différences entre les sorciers et les gobelins est que nous questionnons absolument tout et que nous essayons toujours de trouver une solution à nos problèmes. Il en va de la fierté des gobelins car la simple idée que la douleur puisse nous rendre fou est répugnante aux yeux de la Nation. Beaucoup de recherches ont été faites pour découvrir que Mère Nature est en effet fabuleuse. »

Barchoke savait avoir toute l'attention des autres mais il n'était pas guérisseur et il offrit donc l'explication la plus logique à ses yeux. « Le traitement repose principalement sur des potins. Ne possédant pas de connaissances spécifiques sur le fonctionnement de l'esprit, voilà comment je vois les choses. Quand on vit sous terre, le feu est essentiel – mais c'est aussi une chose dangereuse. Quand un feu éclate, c'est généralement un incident mineur que l'on peut vite contrôler. Si un feu arrivait pendant que nous dormons, prenant vie avant que nous puissions le contrôler, nous avons des procédures d'évacuation et des lieux sûrs pour contenir le feu. Nous avons découvert que nos corps fonctionnement de la même façon, fermant les routes vers le cerveau afin de survivre. »

Constatant que les autres suivaient son explication, il continua. « Le fait qu'un patient soit toujours en vie montre que le corps à réussi à maintenir ses fonctions les plus basiques, même si nous ne pouvons pas mesurer tous les dommages. Notre traitement est comme une équipe de nettoyeurs qui arriverait après que le feu se soit éteint. Il répare les dommages et reconstruit tout, s'assurant que la section traitée soit de nouveau habitable. Comme vous l'imaginez, les feux ne sont pas tous similaires et parfois il faut des années avant que la section soit de nouveau saine. »

« Emma et moi sommes conscients des mesures que peut prendre le corps pour se protéger même si aucun de nous n'est expert en la matière. Ce que nous pouvons proposer c'est un moyen de mesurer les dommages et les progrès. Il y a des cliniques privées avec des machines qui peuvent mesurer l'activité cérébrale et scanner l'intérieur du cerveau. »

Voyant la réaction de leurs compagnons après la révélation de son mari, Emma ressentit le besoin de clarifier quelque chose. « Ces procédures ne sont pas dangereuses et sans douleur. Parfois il est nécessaire d'injecter un produit au patient pour avoir de meilleures images mais c'est tout. La plupart du temps, la personne reste allongée dans un lit pendant les tests. Nous pourrions faire une batterie de test avant le traitement puis recommencer, disons, six mois après pour voir si le traitement est efficace. »

Barchoke ne s'y attendait pas et il demanda aussitôt à Dan s'il pourrait transmettre plus d'informations sur ces machines à leurs guérisseurs. Barchoke se tourna ensuite vers Augusta. « Dans certains cas, le traitement a opéré à 100%. Mais je pense que nous devons être réalistes et dire qu'il est peu probable que cela arrive pour des patients ayant subis ce maléfice il y a si longtemps. Malheureusement il y a ceux aussi qui ne montrent aucune amélioration et nous espérons que ce ne sera pas le cas pour Frank et Alice. Entre ces deux extrêmes, beaucoup de choses sont possible. Si une mère reconnaît son fils ou inversement, est-ce une réussite. Seuls vous et Neville pouvez répondre à cette question. »

Augusta avait été contente d'avoir eu un verre de porto entre les mains, cela lui avait permis de prendre tout son temps pour répondre à une seule question – leur faisait-elle confiance ? Dès que cette question fut répondue, le reste fut simple. Les Granger avaient passé quelques appels et Sirius avait récupéré les brochures qui avaient été livrés chez eux. Augusta n'avait pas pu comprendre tout ce qu'il y avait dedans, mais cela lui avait paru « sûr ». Barchoke avait ensuite emmené ces brochures à Gringotts pour que les guérisseurs puissent réfléchir aux possibilités que cela leur ouvrait

A la fin de leur semaine, Augusta avait quitté leur groupe. Ils s'étaient rendus à Rome et le reste de la famille Patil était allé les rejoindre pour une semaine. Elle avait été occupée de son côté pour prendre des arrangements qui allaient tous se réaliser ce jour. Le bal du ministère aurait lieu le lendemain, puis tout le groupe allait terminer la semaine en douceur aux Maldives. Etant donné qu'ils allaient être dix sept au total, Augusta se demandait en quoi la fin de semaine pourrait se passer « en douceur ».

Elle entra dans la pièce et trouva ce à quoi elle s'attendait. Son fils et sa femme dans le même état depuis dix ans. Ce n'était plus acceptable pour la Matriarche Londubat, même s'il n'y avait pas d'autres alternatives. Sainte Mangouste allait bientôt découvrir que la réputation d'Augusta d'être une sorcière formidable était bien méritée et elle allait même ajouter quelques chapitres à cette réputation aujourd'hui.

Le portoloin avait à peine déposé père et fils dans le jardin des Granger qu'Harry courrait vers la porte. Vu comment il se sentait, seule une chose pourrait aider. Hermione l'attendait les bras ouverts et ils profitèrent tous deux de ce câlin si désiré.

« Comment ça s'est passé ? »

Barchoke regarda un instant son fils qui semblait se sentir mieux avant de répondre. « Augusta a dit que ça s'est passé comme prévu, Frank et Alice se rendent dans une ambulance privée à la clinique. Après quelques tests, ils vont y passer la nuit et d'autres tests auront lieu demain matin, puis ils retourneront à Londres. Les infirmières qu'Augusta a trouvé vont faire des rondes puis, elles ramèneront les parents de Neville par portoloin à Gringotts. Neville semblait être aussi bouleversé qu'Harry, il aurait bien eu besoin de Padma. »

Etre dans les bras de sa petite amie avait apaisé suffisamment Harry pour qu'il puisse parler. « Elle sera là demain pour l'anniversaire de Neville Padma est comme Hermione et semble toujours savoir ce qu'il faut faire. Je ne suis là que depuis cinq minutes mais je vais déjà mieux. »

Il embrassa sa petite amie sur la joue avant de continuer. « C'est facile de comprendre pourquoi le Choixpeau a placé Neville à Gryffondor car il faut du vrai courage pour entrer dans cette pièce en sachant ce qui nous attend. Nous devons les aider, père, d'une manière ou d'une autre ! »

« Nous le ferons, fils, nous ferons tout ce qui est possible. Ces tests nous dirons aussi si les médecins moldus ont une solution pour traiter ce genre de blessures, nos guérisseurs sont très impressionnés par ces machines. »

Emma était maintenant penchée sur Harry pour vérifier qu'il se sentait mieux et c'est Dan qui continua la conversation. « Nos docteurs essaient constamment d'augmenter leurs connaissances sur le fonctionnement du cerveau, ils pourront peut-être vous aider d'une manière ou d'une autre. »

« Nous trouvons cela étrange bien que rafraichissant de voir vos guérisseurs qui sont tellement prêts à partager leurs informations entre eux, peut-être que ça facilite aussi les choses ? »

« Nous avons des magazines sur la dentisterie qui arrivent périodiquement dans notre cabinet, c'est ainsi pour presque tous les dentistes de notre pays. Non seulement nous sommes tenus informés des nouvelles procédures et technologies en la matière mais aussi il y a des informations sur tout ce qu'il se passe d'intéressant dans le monde. Pendant au moins cent cinquante ans, le Lancet a eu la même fonction pour les docteurs du monde entier. Le partage d'informations dans cette publication a permis quelques percées médicales. »

Plus Barchoke passait du temps avec ces gens, plus sa vision du monde changeait. Voyant qu'Harry allait maintenant mieux, Hermione étant à ses côtés, Barchoke se souvint qu'il voulait parler d'une autre chose avec les Granger. Il faudrait cependant utiliser le projecteur de souvenirs.

Seul Barchoke en avait été témoin pour l'instant et il put aisément comprendre le choc et la peur et la colère aussi qu'ils ressentirent. Le souvenir se termina avec Harry qui s'approchait d'Hermione, sa protection dorée disparaissant dans son bracelet. Harry et Hermione étaient bien entendu dans les bras de l'autre, mais Emma les serrait fort elle aussi et elle ne semblait pas prête à les lâcher de si tôt. Dan était très en colère qu'Hermione ait été blessée mais aussi incroyablement touché de voir qu'Harry avait lutté comme un démon pour la venger.

Il avait commencé à connaître Barchoke maintenant et il comprenait qu'ils n'avaient dû regarder cette scène sans raison. « J'imagine qu'il y a une bonne raison pour nous terrifier ainsi ? »

Le gobelin fit un mince sourire. « Je ne pense pas me tromper en disant que la sécurité d'Hermione est une priorité importante pour toutes les personnes ici présentes et c'est la raison pour laquelle vous avez regardé mon souvenir. La sécurité de votre fille était une telle priorité que son bracelet a plus de runes de protection qu'un joyau n'en a jamais eu pour un sorcier ou une sorcière. Notre problème, c'est qu'il n'aurait pas dû la protéger ainsi – ce n'est jamais arrivé avant. »

Emma était perdue. « Harry le fait tout le temps, n'est-ce pas une bonne chose ? »

« En tant que centurion, ses bracelets sont spécifiquement conçus pour ça. Ils sont aussi liés à son sang et son désir de la voir apparaître. Nous essayons toujours de déterminer comment sa magie permet à l'armure d'accélérer sa vitesse et sa force et voilà qu'Hermione nous donne un autre problème. Le fait que son bracelet se transforme en armure corporelle n'est une bonne chose, c'est une chose formidable – mais seulement si elle arrive à reproduire ce fait. »

Le fait que sa fille est la capacité d'être soudainement recouverte d'une armure était une sacrée bonne chose, selon Dan. « Comment faire ? »

« Nous voulons lier le bracelet au sang d'Hermione et voir si ça fonctionne. Le directeur a promis de penser à utiliser les enchantements de centurion si nécessaire. Demain, Harry sera encore plus projeté à la lumière des projecteurs et nous savons tous qui sera à ses côtés. En tant qu'amie de la nation gobeline, nous voulons tout faire en notre pouvoir pour garantir la protection d'Hermione. »

Les parents voulurent immédiatement savoir ce qu'était ce lien de sang et quels étaient les effets secondaires.

« Elle doit simplement s'entailler le bout du doigts et frotter son sang là où les runes sont gravées, puis il faudra que je fasse quelques enchantements. Le côté négatif, c'est qu'Hermione ne pourra jamais plus enlever son bracelet après ça. »

Dan réalisa que cela voulait dire que sa fille garderait à vie un bracelet sur lequel était inscrit Harry – Hermione – Amis pour la vie, mais il réalisa que le monde d'Hermione était un lieu dangereux. Il considéra brièvement la mince possibilité que les deux enfants ne restent pas meilleurs amis, obligeant ainsi Hermione à vivre avec ce rappel constant de leur ancienne amitié, un petit prix à payer pour la protection que cela lui offrirait. Il jeta un coup d'œil à Emma qui hocha la tête pour approuver.

Barchoke regarda les plus jeunes. « Il faudra un peu de travail, Hermione, mais Harry t'aidera. Je pense aussi qu'il faut que ça reste secret et j'espère que tu n'en auras jamais besoin. Si nous gardons le secret dans le groupe qui sait déjà qu'Harry peut jeter des sorts avec son épée, cela devra te permettre de t'entrainer sans alerter quiconque. Mais tu devrais sans doute attendre de retourner à Poudlard car d'autres amis seront avec toi pour le reste des vacances. »

Hermione n'avait qu'une question. « Ce bouclier s'est formé sur mes vêtements, se formera-t-il sous eux si le bracelet est lié à mon sang ? »

« C'est tellement inhabituel que je ne peux que deviner et je dirais que oui. »

La jeune sorcière rougit, Harry n'avait peut-être pas de problèmes à montrer sa poitrine mais Hermione n'avait pas envie que ça lui arrive à elle. Du moins pas avant quelques années et seulement quand elle et Harry seraient prêts.

Malgré les protestations répétée d'Harry sur le fait que c'était le jour spécial de Neville, ses protestations furent ignorées – surtout par Neville – et la fête au Manoir Londubat fut maintenue pour l'anniversaire des deux garçons. Neville réussit presque à faire changer d'avis Harry quand dans la soirée, il lui avoua que c'était la meilleure fête d'anniversaire qu'il ait eue. C'est l'esprit joyeux que le groupe réuni dans l'antichambre du ministère attendait que l'événement commence. En tant qu'invités d'honneur, il n'entreraient dans la pièce que quand tout le monde serait assis.

Un homme arriva pour leur dire que le ministre venait juste de s'asseoir. Il était temps de faire leur entrée.

Arthur Weasley était au bout de la procession avec Molly à un bras et une Ginny aux yeux écarquillés à l'autre. Ginny était vêtue de la plus belle robe de sa vie, même si elle ne se sentait pas à sa place. Mais elle était présente, ce qu'aucun de ses frères n'avaient réussi. Elle n'avait même pas besoin de se consoler, être ici était déjà magique en soi. Elle fut tirée de ses pensées par une forte fanfare de trompettes.

« Qu'est ce que c'est papa ? »

« Oh, ça doit être Harry… »

« Oh, waouh ! Il sait aussi jouer de la trompette ? »

Le grognement de Molly fut ignoré, de la même façon que son opinion l'avait été par son mari durant la soirée. Bill n'ayant plus à passer ses week-ends à Poudlard, il passait ce temps au Terrier. Mais il continuer à enseigner, essayant de les préparer à ce qui allait se passer ce soir. Trois choses étaient rapidement devenues très claires pour Molly – c'était vraiment une grande nuit pour la famille Weasley, ils étaient loin d'être prêts et il avaient laissé le plus grand atout de la famille chez eux.

Arthur avait ignoré son conseil d'emmener Bill, préférant offrir le plus beau cadeau possible à sa fille adorée. Cette soirée allait soit les propulser au sommet soit les briser, les Weasley étaient les représentants du Ministère à cette table. Au lieu d'avoir un expert sur les gobelins - Bill en savait même probablement plus sur les moldus que son père ! – ils avaient avec eux une petite fille de bientôt onze ans avec des étoiles plein les yeux.

Son mari espérait visiblement de faire franchir un cap à Ginny, voulant éviter une autre situation comme Ron à Poudlard. Molly ne pouvait pas le blâmer pas elle savait déjà que cette tentative était vouée à l'échec. C'étaient de gentils enfants mais ils parlaient d'une fête qu'ils avaient eu la nuit précédente, de leur achats à Rome et de leur impatience à partir en vacances directement après le bal. De quoi Ginny était-elle supposée leur parler ?

Quand Ginny serait à Poudlard, ils auraient des choses en commun mais ce soir était une erreur. Molly avait commencé à se demander si les gobelins n'étaient pas bien plus intelligents qu'on ne le croyait. On pensait que Bill était devenu l'assistant de Barchoke pour empêcher les gobelins de faire des erreurs mais Molly pensait maintenant que le vrai travail de leur fils serait d'empêcher Arthur d'en faire. Si cette soirée se retournait contre eux, Molly jura silencieusement qu'Arthur passerait la nuit dans son atelier jusqu'à Noël au moins.

Hermione était au bras d'Hermione au devant de la procession, elle étincelait – littéralement. Les gobelins savaient que leur travail serait dans tous les journaux de la presse magique européenne et avaient donc fait de leur mieux. Ils seraient contents de savoir que les photographes se battaient presque entre eux pour prendre la meilleure photo.

Ils avaient choisi des couleurs de pastel pour la base de leurs créations, celle d'Hermione étant d'un vert pâle. Les gobelins avaient pris les modèles qu'on leur avait montrés et avaient utilisé leur propre marque de fabrique. La robe d'Hermione montait sur son cou et des pierres précieuses avaient été brodées délicatement sur le reste de la robe et réfléchissaient la moindre lumière. Toutes les autres robes comportaient des rubans autour de la taille – et qui se terminaient en boucle dans le dos sauf la sienne qui servait de ceinture, une belle ceinture d'un vert sombre recouverte de joyaux et qui lui permettait de porter son épée, dans son fourreau.

La robe tombait presque jusqu'au sol et les motifs sur le bas de la robe donnaient l'impression que de l'or liquide mouvait sur la robe verte. Si on ajoutait à cela les bijoux que Barchoke avait donné à Hermione, elle était à couper le souffle. Les tailleurs gobelins avaient réussi cette tâche incroyablement difficile. Au lieu d'essayer d'habiller ces jeunes filles comme des femmes, leurs créations permettaient de montrer quelles belles femmes ces jeunes sorcières seraient un jour. Le costume d'Harry était parfaitement en accord avec la tenue de sa cavalière, et sa cape était d'un vert forêt pour accentuer les nuances de la robe d'Hermione. Bien sûr le jeune couple portait des épées assorties.

Dan, Emma et Barchoke suivaient les enfants dans la salle de bal. Dan trouvait que sa femme était la plus belle femme de la salle car sa robe d'un ton crème rehaussait le bronzage naturel de son épouse. Contrairement aux robes des filles, Emma avait opté pour un style plus traditionnel. Le décolleté, bien que plus profond que celui de sa fille était décoré de perles et son sac à main d'un brun foncé complétait parfaitement le costume de Dan.

Le fait qu'Emma était la plus belle femme de la soirée n'était pas partagé par tout le monde car ils étaient suivis par Sirius et une Henrica tout simplement stupéfiante. Tout comme les autres tenues des gobelins, le gilet rose sombre de Sirius était accordé à la robe de sa cavalière. Celle-ci était d'un marron foncé. Sirius tenait à son autre bras Minerva mais toute l'attention était ailleurs. Les photographes qui s'étaient presque battus pour prendre en photo Harry et Hermione avaient commencé une ruée pour s'approcher d'Henrica.

Neville arrivait après, Padma à l'un de ses bras, sa grand-mère de l'autre. Comme les sorcières plus âgées, Augusta avait choisi de porter une tenue traditionnelle. Mais elle trouvait que son petit-fils était incroyablement séduisant dans cette tenue. Ils étaient suivis à leur tour par les trois autres Patil. Même si Patil était vêtue d'une façon similaire à sa sœur, Smita et Ramrao avaient choisi des tenues indiennes.

Amélia se tenait derrière ce défilé de couleur, même si Hannah et Susan étincelaient aussi dans leurs robes gobelines. Les Weasley terminèrent la marche alors que les invités d'honneur étaient escortés à leur table.

Il y avait une petite estrade devant la table des invités d'honneur et le ministre se leva pour s'y rendre. La table d'Harry était au centre de la pièce, les tables les plus proches étant occupées par des hauts responsables du Ministère ou des personnes ayant payé le prix fort pour se rapprocher du Survivant. Cornelius s'éclaircit la gorge avant de commencer son discours préparé.

« Bonsoir tout le monde. Je suis très heureux de vous souhaiter la bienvenue à cet événement très spécial. Notre invité d'honneur a fait quelques requêtes que je suis heureux d'accepter. D'abord, le jeune Harry a demandé que cet événement soit moins formel ce soir car c'est son anniversaire – comment aurais-je pu dire non ? » Il y eut quelques rires et applaudissements et quelques « Joyeux Anniversaire ! » Cornelius ne mentait pas, il était juste un politicien et il déformait un petit peu la vérité. Harry avait demandé qu'on remette simplement la médaille à Harry tout court – mettant ainsi fin à toute formalité.

« Il y avait aussi une requête que l'on fasse la présentation et décoration avant le diner pour en finir avec tous les discours et permettre ainsi à tout le monde de profiter de la soirée. »

Oui, une requête avait été faite, mais le ministre n'avait pas l'intention de dire qu'elle venait de lui. La présentation étant terminée, il espérait que la presse resterait pour la nourriture gratuite – peut-être même pour la première danse – puis partir. Cornelius était bien conscient de l'animosité qui jaillissait en ce moment de certaines parties des invités. Un coup d'œil vers la table d'Harry suffisait à comprendre où serait dirigée cette animosité – surtout lorsque les gens auront commencé à boire. Le ministre voulait que la presse soit partie si des incidents venaient à survenir.

« La nuit de 1981 à Halloween, le seigneur des Ténèbres s'est rendu à Godric's Hollow, ce soir, ce pays veut reconnaître la dette qu'il a auprès de la famille Potter qui s'est bravement sacrifié pour nous. Le ministère voulait exprimer cette gratitude d'une façon ou d'une autre et c'est ainsi que la bourse scolaire James et Lily Potter est née. Un comité constitué de Madame Bones, du Professeur McGonagall et du parrain d'Harry, Lord Black est chargé d'administrer cette bourse. En septembre, un jeune sorcier de première génération et une sorcière de sang pur, ayant tragiquement perdu sa mère dans un accident seront les premières bénéficiaires de cette bourse. Le jeune Harry a voulu s'impliquer davantage encore car lui et ses amis rencontreront ces jeunes sorciers au Chemin de Traverse et s'assureront que leur transition à Poudlard se fera sans peine. »

Plusieurs applaudissements éclatèrent, personne ne pouvait publiquement s'opposer à aider des enfants à Poudlard.

« Maintenant, intéressons-nous à la raison de votre venue ce soir. Au lieu de m'entendre parler du Survivant, je suis sûr que vous préfèreriez voir Harry recevoir son Ordre de Merlin Première Classe – puis l'entendre parler. »

Harry se leva sous les applaudissements et s'avança vers le Ministre. Il avait préparé son discours avec son père et Hermione et était prêt. Si les discours des sorciers tendaient à être longs et fleuris, les gobelins étaient plus directs et ne laissaient pas de place à un manque d'interprétation. « Tuez le bâtard avant qu'il ne le fasse » aurait pu être approprié ce soir mais ça ferait mauvais effet ce soir.

Le ministre accrocha la médaille d'Harry sur son gilet et c'est sa table qui commença à applaudir la première. Puis il fut invité à dire quelques mots et toute la salle se tut.

« Je voudrais d'abord remercier le ministre et son ministère pour cette récompense prestigieuse. J'espère que vous me pardonnerez tous si je dis que le fait que cet événement ce soir honore ma mère et mon père me touche plus que cette médaille. Oui, ils ont donné leurs vies en luttant contre le mal, comme les parents de nombreux sorciers et sorcières dans cette pièce. Je vois cette bourse scolaire comme quelque chose qui honore ceux qui ont lutté dans le camp du bien – c'est leur honneur à eux aussi – leur souvenir ! »

Les applaudissements commencèrent lentement, des visages choqués et en larmes regardaient maintenant Harry. Ils étaient venus pour voir et entendre un garçon et à la place ils se trouvaient captivés par ce jeune homme charismatique. Les applaudissements prirent de plus en plus d'ampleur comme si une puissante vague se levait dans la salle de bal. Quand ils se turent, Harry commença la partie de son discours qu'il savait être controversée.

« Oui, ma maman et mon papa sont morts en combattant le mal, mais ce mal n'était pas Voldemort. » Harry profita du choc des sorciers en entendant ce nom si effrayant pour eux pour sortir une petite fiole en verre d'une poche de son gilet. « Non, Tom Jedusor n'était rien d'autre qu'un puissant sorcier qui a utilisé des préjudices déjà existants pour mettre ce pays à genoux. J'ai ici une fiole de sang, quelqu'un peut-il me dire à quel point il est pur ? »

Un silence profond retentit, comme si quelqu'un avait demandé à la reine elle-même de quel droit elle portait une couronne. Ne s'attendant pas à obtenir une réponse, Harry continua. « Mes trois meilleurs amis et moi sommes un groupe assez étrange. Une fille venant d'une ancienne lignée pure Indienne, le scion de l'une des plus vieilles familles de sang pur de Grande Bretagne, une sorcière de première génération et moi – un sorcier élevé par des gobelins. Pensez-vous que cette fiole permet de révéler ces faits ? Des préjudices en 1981 ont dicté que ma mère devait être massacrée comme un animale raison de sa naissance, et pourtant, ce soir, nous sommes tous là pour lui rendre hommage. »

Harry se tourna vers un ministre qui devenait de plus en plus pâle à chaque seconde. « La prise de position courageuse du Ministre Fudge en la matière devrait être applaudie, et il a tout mon soutien. Il faut bien du courage pour dire que ces bêtises ne doivent plus être tolérées en Grande-Bretagne, ni dans le reste du monde. Il ne faut pas oublier ses tentatives récentes d'établir une relation de confiance avec la nation gobeline. » Le ministre venait de retrouver ses couleurs et cela ne fit que s'améliorer maintenant que l'attention d'Harry était de nouveau sur les invités.

« Comme vous le savez probablement, j'ai passé la plus grande partie de ma vie à vivre comme un gobelin et je peux dire en toute honnêteté qu'il y a de nombreuses similitudes entre nos deux cultures. Mon père est un gobelin brave et honorable et ce sont des traits qui comptent beaucoup pour nos cultures. Il est aussi un chef de famille, un chef, qui comme tous les autres chefs de famille, espère qu'un jour, son fils ainé suivra ses traces. Je ne vois pas vraiment devenir banquier mais j'aimerai pouvoir aspirer à la position d'ambassadeur. »

Harry avait essayé d'être aussi clair que possible et il était maintenant temps de finir. « Il y a quelques jours, mes amis et moi étions à Rome, nous avons pris le temps de visiter l'ancien colisée de cette ville. J'ai trouvé ça triste que la civilisation ayant créée cette structure magnifique ait été décimée, simplement parce qu'ils ne pouvaient pas s'adapter aux progrès de leur monde. Les efforts répétés du gouvernement du Ministre Fudge devrait permettre à ce qu'un tel destin n'arrive jamais à cette société et que notre pays ne fasse que se renforcer encore et encore. J'aimerais vous remercier tous pour cette récompense, pour m'avoir écouté et j'espère qu'ils serviront bientôt à manger. Je suis un adolescent et j'ai vraiment très faim ! »

Cornelius mena les applaudissements et secoua la main d'Harry pour permettre au garçon de retourner à sa table. Le survivant venait de lui offrir à lui et à son ministère un soutien que tout l'or du monde ne pouvait acheter, il avait aussi laissé sous-entendre que ce soutien se ferait sous quelques conditions. Si le ministère continuait à agir pour le bien de tous, il pourrait compter sur le soutien d'Harry. Puisque c'était ce qu'il comptait faire, cela ne devrait pas être un problème.

Cornelius s'était presque fait dessus quand le garçon avait sorti la fiole de sang, c'était un sujet qu'il ne voulait pas aborder en telle compagnie. Il ne pensait pas non plus que quelqu'un aurait pu répondre publiquement à cette question. Tout ce qu'il voulait maintenant c'était que le vote soit en sa faveur lundi, et enfin il pourrait se reposer un peu.

Harry retourna à sa table et reçu baiser de félicitation par sa petite amie.

Molly avait écouté plusieurs fois Bill parler du jeune homme mais le voir « en action » lui avait pratiquement coupé le souffle. Il avait posé les yeux sur l'élite des sangs purs de Grande Bretagne et d'Europe aussi et leur avait dit qu'ils avaient torts. Ce n'était pas un simple commentaire d'enfant, il s'était tenu comme un guerrier et avait oralement dénigré leur ancien leader – avant de considérer leurs croyances de supériorité comme des idioties. Elle se demanda combien d'entre eux allait maintenant profiter de leur repas, puisqu'il leur avait rappelé qu'ils étaient là pour rendre hommage à une née de moldue et son fils « gobelin ». Cependant, quelque chose la dérangeait, et quand sa table se calma, elle lui posa la question.

« Harry, j'espère que tu ne m'en voudras pas de te poser la question, mais à qui appartenait ce sang ? » Elle sentit toute la puissance de ses yeux verts et de son sourire ravageur et de ses longs cheveux d'un noir corbeau. Molly réalisa soudainement que ce garçon avait le charme, le charisme et la confiance nécessaire pour faire ce qu'il voudrait.

« C'était justement là où je voulais en venir, Mme Weasley, on se moque de savoir à qui appartient ce sang. En fait, ce n'est même pas du vrai sang. C'est du faux sang acheté dans une boutique de farces et attrapes à Crawley, il peut même être mangé et a un goût de fraise – si quelqu'un veut essayer ? »

Sirius, Dan et Ramrao se retrouvèrent soudainement avec leurs femme et copine respectives qui posèrent leur tête sur leur épaule pour essayer d'étouffer leur rire, une conséquence d'avoir rit en essayant de manger de la soupe.

N'étant pas sûre d'avoir bien entendu, Molly demanda confirmation. « Tu as fait face à toute cette foule avec quelque chose que tu as acheté dans une boutique de farces et attrapes ? »

Le sourire d'Harry allait d'une oreille à l'autre, puis Arthur eut un horrible impression sur ce qu'allait être son nouveau travail. « Bill nous a dit que tu étais ami avec Fred et George ? »

« Oh oui, monsieur, ils sont géniaux, surtout après qu'on ait conclu un accord pour qu'ils ne nous jouent pas de tour ! »

Bien sûr, c'était une histoire que toute la table voulait entendre. Molly eut son doute confirmé, ils avaient vraiment sous-estimés les gobelins. Arthur pensa que sa femme avait également raison, il n'était pas du tout préparé pour ce travail.

Dolores ne s'était pas préparée pour un tel discours, au moins elle n'était pas la seule dans ce cas, ça lui avait coupé l'appétit. Elle avait travaillé discrètement en coulisse ces dernières semaines pour que cette ignoble loi sur les gobelins ne soit pas passée. Le discours du Survivant venait de détruire tout son travail. Ce n'était pas la seule raison qui lui coupait l'appétit. Il lui suffisait de jeter un coup d'œil à la table des invités d'honneur.

Comment pouvait-elle profiter de son repas alors que des sangs de bourbe, des moldus et même des créatures se tenaient au milieu de la pièce. Pourquoi n'avaient-ils pas invité des centaures pour achever le tableau ? Elle était sûre qu'on leur aurait même amené des arbustes et de l'herbe fraiche pour qu'ils puissent brouter en paix. Un elfe de maison aurait été ordonné de suivre le centaure pour ramasser ses excréments, ça aurait fait le plus bel effet !

Il était temps pour Dolores d'arrêter ses rêveries et de faire face à la réalité. Si quelque chose n'était pas fait ce soir pour montrer comment le garçon était, la proposition gobeline allait être approuvée par le Magenmagot. Elle était persuadée qu'elle était la seule qui agirait. Tout ce que Dolorès devait faire maintenant, c'est trouver LA bonne idée.