Chapitre à l'heure ! Beaucoup de point de vue au programme et un peu de lemon… Enjoy héhé
Vendredi, après les cours. Lexa et moi nous dirigions vers le gymnase doté du mur d'escalade. Avant ça, nous étions passées au Conseil pour récupérer les clefs du local à équipement. J'ouvris la porte métallique du local et nous y entrâmes. Tout était rangé dans l'ordre alphabétique, nous n'eûmes pas de mal à trouver l'étagère "Escalade".
- T'en as déjà fait sans un prof ? me demanda Lexa.
- Jamais... Et je n'en avais jamais fait avant d'entrer aux Orchidées, j'ai à peine un an d'expérience... Et toi ?
- Moi non plus... J'espère qu'Emori non plus...
- Challenge accepted ! On va y arriver, Lexa, tu as entendu Niylah, on doit gagner !
Elle se mit à rire et s'approcha de moi pour m'enlacer et m'embrasser. Je la tirai hors du local et nous enfilâmes l'équipement.
- On commence avec ou sans le bout de corde d'un mètre qui est censé nous relier ? demandai-je bêtement.
- On va s'échauffer déjà, genre monter quelques prises et on verra près !
- Ça marche !
Je n'étais pas très à l'aise, l'escalade ne m'avait jamais vraiment plu, mais j'étais bien obligée de m'y mettre. Lexa, qui semblait plus douée que moi, agrippa sa première prise, puis la deuxième et posa son pied sur une troisième. Doucement, mais sûrement, elle gravit environ deux mètres.
- Bah alors, Clarke, tu restes au sol ? me héla-t-elle en riant.
- Pardon, pardon, je t'observais !
Je pris ma respiration et commençai à mon tour à gravir quelques décimètres. Lexa poursuivit son avancée, me laissant loin derrière. Elle finit par arriver au sommet au bout de quelque temps, elle s'assit en haut du mur et fit mine de m'attendre en sifflotant. Lorsque j'arrivai, elle me tendit la main et m'aida à me hisser.
- Tu crois que ce sera autorisé ça, le jour de l'épreuve ? demandai-je.
- Clarke, on sera reliées par un mètre de corde pour montrer à quel point on doit être soudé, alors bien sûr qu'on aura le droit de s'entraider au sommet !
- Effectivement.
- Allez, on redescend !
Elle déposa un baiser sur ma joue et se retourna pour entamer sa descente. C'était la partie que je préférais le moins, mais d'un coup, je m'imaginai ce que ça serait si j'avais le vertige, ce que Luna devait probablement avoir, et je relativisai avant de m'élancer à mon tour.
Point de Vue Gaïa :
Ce soir était jour d'alternance, en effet, j'allais dormir dans la chambre de Niylah, et Raven et O' dormiraient dans ma chambre. C'était la première fois que nous reprenions les roulements depuis la rentrée, je stressais. J'avais toujours du désir pour Niylah, mais j'avais vraiment du mal à faire l'amour avec elle. Je ne pouvais m'empêcher de l'imaginer avec Raven et ça me rebutait réellement. Il allait peut-être falloir que je lui en parle ce soir justement.
Pour le moment, O' et moi faisions nos devoirs en attendant d'aller dîner.
- Dis-moi, Octavia, de ton côté, ça va mieux avec Raven ?
- Ça s'est un peu arrangé, on en a parlé et ça va beaucoup mieux, même s'il nous reste un peu de chemin à faire. Et toi, avec Niylah, ça va ?
- Bof bof, on en a parlé aussi hein, mais tu sais, je t'avais dit, j'ai toujours du mal à la désirer. Mais bon, comme ce soir, on va dormir ensemble, je vais essayer de prendre mon courage à deux mains pour lui parler !
- Sage décision Gaïa ! Et toi et Raven, ça va ?
- On a brièvement parlé, mais on n'est pas fâché l'une envers l'autre, j'ai pardonné Niylah donc je peux pardonner Raven ! Tu penses la même chose pour Niylah, non ?
- Oui, oui, c'est vrai, elles sont toutes les deux responsables, alors pourquoi en haïr une plus que l'autre !
- Il me semble que Raven et Clarke ont un peu de mal par contre...
- C'est vrai, mais ça vient surtout de Raven, elle m'a dit qu'elle avait du mal à lui pardonner, mais elles ont parlé l'autre soir, donc je pense que ça va finir par s'arranger.
- J'espère en tout cas... J'ai eu du mal aussi avec Clarke, mais je l'apprécie et elle fait énormément de bien à Lexa, c'est vraiment réjouissant de la revoir sourire !
- C'est vrai... Moi-même, je me sens mieux vis-à-vis de la mort de Costia depuis que Lexa a retrouvé le sourire !
L'heure du dîner arriva et comme chaque fois, nous nous retrouvâmes toutes ensemble, dans la queue, plutôt vers la fin que vers le début pour cette fois. En effet, nous avions attendu Lexa et Clarke qui s'entraînaient.
- Je viens de penser ! lança soudainement O' alors que nous parlions déjà.
- Ah parce que ça t'arrive de penser toi ? la taquina Niylah.
- Oooooh, je t'embête toi ! Donc, je disais, je viens de capter que dans deux mois et demi, c'est la fin de l'année...
- Et forte en maths en plus de ça ! renchérit Niylah.
O' grogna et attrapa Niylah pour lui tirer légèrement sur les joues. Nous ricanâmes toutes, puis Lexa reprit l'idée d'Octavia.
- Non mais elle a raison, le temps a passé super vite, il ne nous reste plus qu'une année de lycée après ça, c'est triste dans un sens, parce qu'on ne va sûrement pas aller dans la même université.
- Merci, Lexa, dit O' en lâchant les joues de la blonde.
- C'est bien d'avancer aussi, intervint Clarke, oui, c'est triste de quitter ses anciens établissements, j'étais vraiment triste de quitter ma petite ville natale pour venir étudier dans la capitale, triste de quitter mes amies, mais regardez au final, j'ai fait de merveilleuses rencontres. Il y a toujours du positif à partir !
- Elle marque un point, intervins-je.
- Oui, tu as entièrement raison, répondit O', mais ça fait toujours mal de partir, on a toujours peur de perdre contacts.
- Oui, c'est vrai, mais au final, on s'en remet vite ! Je suis quand-même d'accord avec toi, vous allez me manquer !
- Ooooh, c'est-t'y pas mignon ! s'exclama Niylah en caressant les cheveux de Clarke.
Nous arrivâmes dans le réfectoire, mais continuâmes notre discussion tout en nous servant et en allant nous asseoir.
- D'ailleurs, vous savez dans quelle université ou école vous voulez aller après le diplôme ? demanda Clarke.
- J'aimerais faire du droit, répondit Lexa la première, j'essaierai de viser les meilleures écoles, mais je ne sais pas trop encore lesquelles me plaisent le plus.
- Pour ma part, j'aimerais faire des études de commerce international, dit Niylah, mais je ne me suis pas encore renseignée assez, il reste un an pour ça !
- Comme Octavia et moi on voudrait monter un groupe, on pense tenter le concours pour entrer à l'Université de Musique, lui apprit Raven.
- L'université de musique, s'exclama Niylah, elle n'est pas ici...
- T'en fais pas, dit Octavia, on se verra le week-end et pendant les vacances, crois-moi, je vais pas te lâcher de si tôt Niylah !
Ça faisait plaisir de les voir encore plaisanter ensemble, la situation avait vraiment l'air d'aller mieux.
- Et toi Gaïa ? me demanda Clarke, me tirant de mes pensées.
- Alors là, aucune idée, vraiment, je ne sais pas trop ce qui me plaît... Et toi ?
- Je pense à des études de langues, j'aimerais bien devenir traductrice, mais j'n'ai pour l'instant aucune idée des études qu'il faut faire ah ah !
- On va partir aux quatre coins de pays quoi, s'exclama O'. Pffffff, on a intérêt à bien profiter de notre troisième année !
- Compte sur nous, s'exclamèrent Lexa et Raven à l'unisson.
Une vague de chaleur m'envahit, c'était vrai, dans un peu plus d'un an, tous ces beaux moments seraient finis, mais mieux valait en profiter à fond plutôt que de se lamenter.
Finalement, Niylah et moi nous retrouvâmes seules dans la chambre. J'étais presque gênée à force d'y avoir pensé toute la journée et je ne savais plus très bien comment agir avec elle. Niylah s'approcha de moi et m'enlaça.
- Il y a quelque chose qui ne va pas, Gaïa ?
- Eum... je, non, non rien !
Je n'arriverai jamais à lui parler... Je lui embrassai le front et allai me laver les dents, elle me rejoignit. Elle se nettoya le visage et retourna dans la chambre, sûrement pour se changer. De mon côté, je fis exprès de prendre mon temps dans la salle de bains, je voulais repousser le moment où je me retrouverai seule avec elle. Je n'eus plus de raisons de traîner donc je pris mon courage à deux mains et ouvris la porte pour retourner dans la chambre. J'eus la stupéfaction de découvrir Niylah, debout en plein milieu de la pièce, les cheveux noués en une haute queue de cheval, en sous-vêtements sexy... Non, après avoir regardé plus attentivement, je remarquai qu'il s'agissait d'un maillot de bain. Quoi qu'il en soit, je ne l'avais jamais vu porter ça.
- N-Niylah ?
- Je sais que je ne peux pas t'acheter avec des tenues sexy, mais je sais aussi que tu as du mal avec moi depuis que tu as appris pour moi et Raven. Je le vois, Gaïa, je vois que tu me désires moins qu'avant. Je sais que tu m'aimes et je t'aime. Je veux essayer de faire quelques trucs pour faire en sorte de rallumer la flamme. Et je sais que pour toi, il n'y a rien de plus beau qu'une belle femme en maillot de bain... Alors, je me suis dit que...
- Niylah… murmurai-je en la coupant.
Oui, elle était réellement magnifique en cet instant, la plus belle femme du monde. La morale voulait qu'on s'explique à voix haute lorsqu'il y avait un problème, non ? Pourtant, j'aimais sa façon de vouloir aborder le sujet, sa façon de vouloir se faire sexy pour me séduire, et c'était effectivement ce dont j'avais besoin. J'hésitai néanmoins, ça semblait trop facile. Elle était tellement belle, j'avais envie de la serrer contre moi et de l'embrasser, une boule de chaleur traversa tout mon être. Je la fixai avec envie. Elle regardait le sol d'un air timide, ce n'était pas son genre et je savais qu'elle était gênée. D'un coup, elle releva ses yeux vers les miens, elle passa sa main derrière sa tête et défit sa queue de cheval, pour laisser ses cheveux s'épanouir sur ses épaules. Un frisson aigu me parcouru et je me jetai dans sa direction. Mes mains se posèrent sur son bassin et je l'attirai à moi, écrasant presque ma bouche contre la sienne, possédant rapidement sa langue.
- T'es tellement sexy, lui murmurai-je entre deux baisers.
Je sentais mes joues brûler sous le désir. Je finis par lâcher sa bouche et attrapai sa main pour l'entraîner sur le lit. Elle y tomba sur le dos et je me posai à califourchon sur elle tout en enlevant ma nuisette. Je me retrouvai en sous-vêtements, nous étions à égalité.
Son haut de maillot était noué derrière sa nuque, la forme que je préférais, et le bas était un short très court qu'on portait habituellement avec un bas de bikini en dessous, j'avais très bien compris qu'ici, elle n'en avait pas. J'avais grande envie de lui retirer tout ça, mais à quoi bon, avant, il fallait que j'en profite. Ce que j'aimais avec les maillots de bain, c'était surtout leur matière. Du tissu élastique, pas comme les sous-vêtements en coton. Qui plus est, celui-là n'était pas rembourré, autrement dit, si j'effleurais à peine son sein, elle ressentirait un tas de choses. Je mis en pratique mes théories. Je me stoppai de l'embrasser pour pouvoir observer toutes ses réactions. Nous nous regardions dans les yeux. Ma main caressa sa joue avant de descendre sur sa clavicule, puis pour arriver au creux de ses seins. Elle pivota ensuite pour aller caresser son mamelon qui se durcit instantanément. En même temps, un léger soupire s'échappa de ses lèvres, elle tourna son visage pour ne plus croiser mon regard et ses joues rosirent. La perfection.
Je jouais un petit moment avec sa poitrine, regardant attentivement ses réactions toutes plus sensuelles les unes que les autres. Plus j'insistais, plus son corps vibrait. Je sentais son bassin remuer légèrement sous mes fesses. Je savais qu'elle était en proie à un désir immense. Parce que son désir était un mélange d'amour et de pulsion sexuelle, Raven n'avait pu lui fournir que le deuxième ingrédient. Ce désire immense qui l'envahissait, il m'envahissait aussi. Je n'avais quasiment jamais eu autant envie d'elle.
Je finis par abandonner ses seins pour remonter, tout en la caressant, et passai doucement mes doigts derrière son cou, afin de défaire le nœud formé par les deux brides du maillot de bain. Une fois le nœud défait, je passai mes mains dans son dos pour le dégrafer. Je fis glisser son haut lentement sur son corps et finis par l'envoyer voler à l'autre bout de la pièce. Aussitôt torse nu, je fonçai pour l'embrasser de nouveau. Ma bouche déposa quelques autres baisers avant d'arriver sur sa poitrine. Ma langue lécha ses mamelons et un soupir immense lui échappa. Je sentis même sa main s'agripper au drap. Je continuai ma ligne de baisers, en m'attardant autour de son nombril, puis je l'embrassai juste au-dessus de son short avant de le faire glisser sur ses jambes et de l'envoyer rejoindre son haut. Je déposai un tendre baiser sur son sexe et entrepris des mouvements de langues sur ce dernier. Cette fois, un son plus fort s'échappa de sa bouche, elle gémit vraiment et appela mon nom. Je restais dans cette position un certain temps et l'emmenai jusqu'à la jouissance. Je ne pensais pas néanmoins que ça irait si vite. Une fois qu'elle eut crié, je l'embrassai une dernière fois ici et elle vint d'elle-même me tirer vers elle pour m'embrasser.
- Je t'aime tellement Gaïa, je suis désolée... réussit-elle à dire entre deux baisers.
Je n'eus pas le temps de répondre, car, et je ne compris pas comment, elle me retourna et se retrouva à ma place, à quatre pattes sur moi. Elle fut bien plus rapide que moi à me retirer mes sous-vêtements, et heureusement, j'avais terriblement envie d'elle. Sa bouche refusait presque de lâcher la mienne. Sa main caressa ma poitrine, mais ne s'y attarda pas vraiment et fonça directement vers mon intimité. La surprise de ce désir intense me fit gémir de bonheur, heureusement qu'elle avait sa bouche collée contre la mienne, mon cri aurait été capable de réveiller le dortoir entier.
Sa main glissait très facilement sur mon sexe et ça en rendait la manœuvre encore plus agréable. Mon corps se cambrait fortement, mais la pression du sien contre le mien nous empêchait de trop bouger. Elle finit par pénétrer deux doigts en moi et ma bouche devint de plus en plus pressante contre la sienne. Avec son pouce, elle titillait mon clitoris, j'étais vraiment au paradis. J'avais envie que cette sensation ne s'arrête jamais. Mon cœur battait tellement fort, je ressentais toute une sensation de bonheur dans mon corps, l'Amour m'avait fait prisonnière, cela ressemblait à de la douleur, mais c'était tellement bon, je me sentais vivante.
- Je t'aime, Niylah... réussis-je à dire entre quelques gémissements.
Elle m'embrassa alors comme elle ne l'avait jamais fait auparavant. Elle retira brusquement ses doigts, m'agrippa par les épaules et m'attira à elle de manière que nous nous retrouvions assises. Puis, elle se positionna de telle façon que nos deux sexes entrèrent en contact. La sensation fut si agréable que j'eus peur de défaillir. Instinctivement, ma bouche rejoignit la sienne et nos bras s'enroulèrent autour de l'autre. Nos deux corps s'agitaient en parfaite harmonie, ils s'emboîtaient si bien que ça en devenait quasiment naturel. D'ailleurs, je sentais que Niylah avait perdu toute gêne. Je sentis la jouissance arriver et je ressentais celle de ma partenaire venir aussi. Je me retins du mieux que je pus pour essayer de jouir en même temps qu'elle. Ce fut presque un succès, nos gémissements mutuels se confondirent.
Je basculai en arrière pour replonger sur le lit et je l'entraînais dans ma chute. Elle se blottit contre mon corps, entièrement allongée sur moi, sa tête reposant sur mon épaule droite. Nous restâmes comme cela, en silence, à profiter de l'instant présent, écoutant nos respirations saccadées se mélanger. Je lui caressais tranquillement les cheveux et elle baladait son doigt sur mon épaule nue.
- Il n'y a que dans tes bras que je veux être Gaïa, je te le jure.
- Je sais Niylah, ne t'en fais pas, je t'ai déjà pardonné tes actes.
- Merci... Je... je t'aime...
La fin de sa phrase se perdit dans un sanglot et je sentis des larmes couler sur mon buste. Je lui caressai plus intensément les cheveux pour essayer de la calmer, je l'entourai avec mon autre bras et je déposai plusieurs baisers sur son front.
- Ce n'est rien mon amour, chuchotai-je, je t'aime aussi.
Elle se sera encore plus sur moi, renifla un grand coup et se releva pour m'embrasser avec un amour non dissimulé. Elle finit par s'allonger à mes côtés. Nous entrelaçâmes nos mains avant de fermer les yeux et de nous endormir quasiment nez contre nez.
Point de Vue Emori :
La fin de la semaine arriva tellement vite, je n'étais pas encore préparée pour aider Luna à vaincre sa peur du vide. Dimanche, nous commencions notre première séance d'entraînement au gymnase. Nous aurions dû commencer jeudi, mais vu l'effet que l'idée procurait à Luna, je lui avais proposé de seulement commencer dimanche. Je savais qu'elle ne serait tout de même pas prête.
Après le déjeuner, nous nous dirigions vers le gymnase. Elle était silencieuse et regardait anxieusement ses pieds. Ç'avait toujours été elle la plus forte d'entre nous, mais j'aimais bien la voire faible de temps en temps. Elle était si adorable. J'avais rarement l'impression d'être en mesure de la protéger. Là, je savais que je devais faire de mon mieux pour la réconforter et j'aimais le sentiment de lui être utile.
Je m'équipai et m'accrochai au cran de sûreté, puis j'aidai Luna à s'équiper. Elle tremblait déjà.
- Ça va aller Lu, je te le promets, dis-je en l'accrochant à son tour à l'armature.
- Je... Tu sais très bien qu'à chaque fois qu'on avait escalade en sport, je trouvais une excuse pour ne pas y aller... Je ne suis montée qu'une seule fois sur un mur comme ça...
- Eh bien, si tu l'as déjà fait, c'est donc que tu en es capable, n'est-ce pas ?
- Mmh... bouda-t-elle.
- Hé, regarde-moi Lu, dis-je sur un ton tendre en prenant son menton entre mon pouce et mon index pour tourner son visage vers le mien, je suis avec toi, regarde.
Je pris le mètre de corde qui était à notre disposition pour nous entraîner en étant dans les conditions de l'épreuve réelle et la nouai entre nous deux, au niveau de la boucle du harnais qui se trouvait sur la poitrine.
- On est reliées, toi et moi, il ne peut rien t'arriver.
- Oui...
Sa bouille triste ne la rendait que plus mignonne. Je m'approchai de son nez pour y coller le mien et fini par l'embrasser.
- C'est parti ? demandai-je.
- C'est parti...
Elle s'approcha lentement du mur, j'agrippai la première prise pour lui montrer l'exemple. Elle réussit à me suivre au début, deux mètres nous séparaient du sol et elle ne semblait pas trop déroutée. Comme si quelque chose fut déclenché en elle, elle s'arrêta net, je m'en rendis compte, car le bout de corde qui nous reliait se tendait.
- Ça va, Luna ?
- Je... je n'arrive plus à avancer...
Il ne fallait surtout pas que je lui dise de ne pas regarder en bas, tout le monde savait très bien que c'était la meilleure façon de faire en sorte que la personne regarde justement en bas.
- Tu veux qu'on redescende pour l'instant ? Tu sais, on n'est pas obligées d'aller en haut tout de suite, on a le temps pour s'entraîner, on fera ça par étapes.
- Mais Clarke et Lexa vont prendre de l'avance...
- Il ne faut pas penser comme ça ! C'est en allant doucement qu'on y arrive, la tortue arrive avant le lièvre, mmh ?
- Je... Je veux bien descendre alors...
Je lui souris et redescendis à sa hauteur. Je lui donnais la main, fis une légère pression et la lui relâchai avant de lui faire signe de redescendre.
- Tu es quand même allée haut pour une quasi-première fois, lui dis-je une fois à terre, tu peux être fière de toi.
- M-merci...
- Allons ! Où est passée la Luna conquérante que je connais, hein ?
Elle sourit un peu gênée, vint se réfugier dans mes bras un instant, puis elle me lâcha, fit mine de reprendre ses esprits en secouant la tête et prit la parole :
- Mais on va la gagner cette compétition Mori !
- Ahah, là, je te reconnais, mon amour !
Nous rîmes de bon cœur avant de nous remettre au travail.
Au final, nous ne dépassâmes pas les trois mètres pour cette fois, mais je sentais qu'elle allait déjà mieux. Je savais qu'on pouvait y arriver, même avec cette faiblesse. Luna pouvait tout surmonter, c'était la femme de ma vie après tout, elle pouvait décrocher la lune si elle le souhaitait.
Point de Vue Anya :
En ce dimanche après-midi, Ontari et moi avions décidé de sortir nous promener dans un coin tranquille de la capitale. Un des avantages à être présidentes : nous avions beaucoup de droits. Notre promenade devait nous amener dans un parc où nous comptions nous poser pour manger un morceau. Vers 15 h 30, il ne nous restait que quelques centaines de mètres avant de pouvoir fouler l'herbe du parc, nous avions marché déjà deux bonnes heures et en particulier parlé de l'élection et de notre année en tant que présidentes.
- Et dire que tout ça, c'est presque finit, soupira Ontari.
- C'est vrai, mais voyons le bon côté, on a vécu la meilleure année de notre vie.
- Je regrette que le temps passe si vite, j'ai l'impression qu'on n'a pas eu assez de temps pour nous occuper de cette école, de ces élèves, et pas assez de temps pour nous...
- Mmh, je pense qu'on a dirigé cette école à merveille, sans vouloir me lancer des fleurs. Soit, on ne sera jamais autant populaires que Lindsey et Marie, mais on a fait notre devoir et les élèves qu'on a connues sous notre présidence se souviendront de nous.
- C'est vrai, même moi, je sais qu'on a été meilleures que les deux couples de présidentes qu'on a connu en première et deuxième année.
- Tu vois ! Par contre, j'ai bien l'impression que le prochain sera encore mieux, ces quatre filles dégagent quelque chose de tellement fort ! On a bien fait de changer les règles cette année, je suis sûre qu'elles auraient fini exæquo avec des votes !
- Tu n'as pas tort, d'ailleurs, les filles supportent un couple parce qu'elles l'adorent et non pas parce qu'elles appartiennent au même pavillon qu'elles, et je trouve ça beau, elles ont réussi à effacer les barrières. Même si cette compétition entre les deux pavillons mettait un peu de piment, j'aime bien cette vision-là.
- Magnifique, je te le dis !
Nous rîmes un instant avant de nous asseoir sur un banc, presque collées l'une à l'autre pour nous tenir chaud.
- Ah, j'espère vraiment qu'on se reverra elles et nous après cette fin d'année, soupirai-je.
- Oui, ce serait super... Mais je n'ai pas envie que ça arrive...
- Bah ?
- La fin d'année, je veux dire... Je... Je ne veux pas te perdre...
- Ontari, tu ne me perdras pas...
- Je te rappelle que tu es fiancée !
Aïe aïe aïe encore ce suspense ! Faut vraiment que j'essaie de poster mercredi cette fois...
