Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de RobSt avec son autorisation n'est pas utilisée à des fins commerciales

Reviews: Bonjour à tous! Désolé pour mon retard mais ce chapitre m'a demandé un peu plus de travail que d'habitude, mais ouf il est enfin fini :) Je vous souhaite à tous une bonne lecture et à bientôt!

Chapitre 36 : La maison du silence

Les deux pères levèrent la tête quand Emma rentra dans la pièce. « Ils dorment maintenant, mais seulement par intermittence. Que diable s'est-il passé aujourd'hui ? »

« Je pense qu'il vaudrait mieux que je vous le montre. Sharpshard savait que je voudrais ce souvenir, même après la manière dont ça s'était passé. Je vais tout traduire, donc s'il vous plait, gardez vos questions jusqu'à la fin du souvenir. Nous resterons ici toute la nuit si nécessaire, mais je promets que je répondrais à toutes vos questions. »

Ils regardèrent Harry et Hermione rendre visite à Maitre Sharpshard, Barchoke parlant en arrière plan quand il ne traduisait pas directement. Emma dû mettre son poignet dans la bouche pour retenir un cri qui aurait réveillé le jeune couple quand Dragontooth attaqua Hermione. Ils furent captivés par la lueur qui couvrit le couple et ils ne purent contester le fait que c'était comme Harry le disait, une tentative de blesser sérieusement leur fille.

Après la fin du souvenir, Dan eut besoin d'un long moment avant de parler. Certaines choses allaient au delà de sa capacité à comprendre et il ne voulait pas commencer en criant. Il avait l'impression que dès qu'il commencerait à crier il ne pourrait plus s'arrêter. Après avoir vu sa fille se faire presque transpercer par une épée, Dan sentait qu'il avait le droit de crier un peu.

« Barchoke, je vous remercie vous, Harry et toutes les déités existantes pour ce bracelet sur le poignet de ma fille. Mais comprenez quelque chose, une grande part de moi souhaiterait avoir botté les fesses de McGonagall quand elle est venue chez nous pour nous sortir cette connerie de « votre fille est une sorcière. » Hermione semble passer d'un incident mortel à un autre et je ne sais pas combien de temps je pourrai le supporter.

Emma changea de place pour poser son bras autour de son mari et pour le réconforter. Elle avait une question à poser avant que son mari n'explose. « C'était quoi ces mains coupées et cette lueur dorée ? »

« Aux yeux des gobelins, Hermione est considérée comme un être inférieur – un peu comme le pensent certains extrémistes de sangs purs. Malheureusement, notre nation aussi a des idiots. En annonçant qu'Hermione était sa compagne, Harry a immédiatement changé son statut et cette union si publique va stopper toute forme d'harcèlement. » Seul le silence lui répondit et il continua à parler.

« Quand ma compagne et moi nous sommes unis, la lueur s'est étendue à nos bras et à nos torses – et c'était déjà considéré comme une forte union. Ce qu'ont fait ces deux-là, et bien, je n'avais jamais rien vu de tel. »

La voix de Dan était très basse quand il posa une question qui n'aurait pas dû être posée en parlant de jeunes de douze ans. « Êtes-vous en train de me dire qu'ils sont mariés ? »

« Au yeux de la nation, oui. En dehors, non – même si certains elfes désigneront peut-être Hermione en tant que Dame Potter. »

Ce fut le coup de grâce et Dan explosa. « Emma, va chercher Hermione, on rentre chez nous ! »

« Dan, calme toi un moment et réfléchis. Comment va-t-on réussir à rentrer chez nous… »

Mais Dan était incapable de se calmer. « Nous traverserons les murs s'il le faut, tout ce qu'il faudra pour faire sortir notre bébé d'ici… »

Barchoke leva les mains pour essayer d'arrêter Dan. « Ce ne sera pas nécessaire. Mais il faut d'abord que je vous montre quelque chose, puis, si vous voulez encore partir, je vous ramènerai moi-même. Ce que vous avez vu n'était malheureusement que le premier acte, c'est le deuxième acte qui a vraiment perturbé nos enfants. Il faut que vous regardiez afin de mieux comprendre ce qu'il s'est passé. »

Puis, il projeta son souvenir au couple sans voix. Barchoke essaya ensuite d'accentuer les effets positifs de l'incident. « En tant que compagne d'Harry, Hermione peut désormais aller où elle veut à Gringotts en toute impunité. Personne ne défiera Harry maintenant. »

Dan ne voulait pas voir cela ainsi. « Vous avez laissé ma petite fille regarder ça ? Emma, va chercher Hermione – on rentre maintenant chez nous. »

« Dan, attends, parlons-en encore un peu… » Emma ne put que regarder son mari se lever et passer à côté d'elle. Il revint avec une Hermione groggy et choquée, une Hermione, qui comprenant maintenant les intentions de son père, luttait et criait le prénom d'Harry.

Le garçon qui avait été si décisif durant le combat se tenait maintenant dans l'entrebâillement de la pièce, complètement perdu.

« Barchoke, nous sommes prêts à rentrer chez nous. » Les pleurs d'Hermione furent totalement ignorés par son père.

« Harry, je reviens bientôt mon fils. Le père d'Hermione a décidé qu'elle allait rentrer chez elle pour ce soir. Et je ne crois pas que tu sois invité. » Puis Barchoke prit la main d'Emma et attrapa fermement Dan par le bras et les fit disparaître.

Emma entra finalement dans le salon, elle s'assit sur une chaise loin de son mari – ne regarda même pas dans sa direction et n'essaya même pas de lui parler.

« Est-ce qu'elle dort ? »

« Après avoir pleuré pendant trois heures, elle est épuisée – je sais même pas si on pourrait appeler ça dormir. »

« Elle comprendra… »

« Comment pourrait-elle comprendre, je ne comprends pas moi-même ! »

« Elle a vu Harry tuer ce gobelin aujourd'hui ! »

« Daniel Granger, tu es devenu la chose que je déteste le plus au monde – un putain d'hypocrite ! Tu demandes à ta fille d'être honnête et de te parler et quand elle le fait, tu te transformes en homme des cavernes et tu traines Hermione jusqu'à la maison. Ces deux enfants ont eu une journée assez traumatisante et tu n'as pas arrangé les choses avec ton geste. »

« Je n'autoriserai pas ma fille à se marier avant son treizième anniversaire… »

« Ah, voilà donc la vraie raison maintenant. Croyais-tu vraiment que pour eux c'était leur nuit de noces ? » Emma secoua la tête, essayant de rationnaliser la situation. « Nous avons tous les deux vu ce que ce garçon peut faire – il aurait pu t'arrêter cette nuit avec un bras dans le dos. La seule raison de son inaction, c'était par respect, respect que tu as perdu cette nuit. As-tu remarqué tu as été soudainement relégué à « père d'Hermione » par Barchoke ? Tu as perdu leur respect, ainsi que celui d'Hermione – et le mien ! »

« Hermione s'en remettra dès qu'elle aura vu sa nouvelle école – et il n'y aura aucun troll. »

« Tu ne peux pas faire ça, ta fille est une sorcière et nous avons cédé ce droit à Barchoke. Bonne chance pour le récupérer, surtout que ni Hermione ni moi sommes d'accord avec toi. Tu vas également devoir t'occuper de mes patients, je vais rester à la maison avec Hermine jusqu'à son retour à Poudlard. »

Emma remarqua que les photos de leurs vacances étaient toujours emballées, ils avaient prévu de les disposer dans un album de photos. Elle les attrapa et les jeta au visage de son mari.

« Voilà la fille que tu prétends aimer, tu remarqueras qu'elle sourit sur chacune de ces photos. Je te suggère de les encadrer car c'est probablement la dernière fois que tu verras ce sourire. Elle m'a demandé pourquoi son père a brisé son cœur, je n'avais aucune réponse à lui donner. Ce n'est pas la peine de penser à ce que tu lui diras plus tard, Hermione n'a pas l'intention de te reparler un jour. »

Elle avait envie de partir mais elle avait une dernière chose à dire à son mari. « Si tu avais seulement blessé Hermione, tu aurais peut-être pu t'en sortir, mais elle a regardé les yeux d'Harry quand tu l'as trainé hors de là, elle ne te pardonnera jamais la peine que tu lui as causé ce soir. Je vais dormir dans la chambre d'Hermione ce soir, n'essaie pas de nous réveiller demain matin quand tu partiras. »

Dan resta assis seul, submergé par les souvenirs de cet été fantastique – un été qui venait de s'achever d'un coup. Il avait vraiment envie de boire mais il avait des patients le lendemain, plus ceux d'Emma. Il espérait que tout irait mieux quand le jour se lèverait car pour l'instant à deux heures du matin, tout semblait fichu.

Albus détestait se sentir vieux, ses genoux le tuaient. Il avait été agenouillé devant la cheminée toute la matinée, sans résultat à part cette douleur. Tout ce qu'il avait pu découvrir, c'était qu'une compagnie du nom d'Aletheia allait distribuer ces foutus livres dans les magasins et que les commandes passeraient par Gringotts. L'annonce dans la Gazette était suffisamment vague pour générer de l'intérêt sans pour autant donner des indices à Albus sur ce qui allait se passer. Les personnes responsables passaient aussi par Gringotts.

Quelqu'un se montrait très malin ici, sachant qu'Albus n'avait aucun contact avec les gobelins. Il espérait aussi que cette personne n'était pas trop intelligente puisque Aletheia signifiait vérité – quelque chose qu'il détestait particulièrement.

Cinq jours incroyablement longs – les cinq pires jours de sa vie. Ce n'était pas parce que quand il rentrait chez lui, le diner n'était pas fait, il avait compris le message en constatant que ni le café, ni le petit déjeuner n'étaient prêts le matin. Ce n'était pas le fait de devoir repasser ses propres chemises ou de dormir seul. Ça le blessait vraiment quand sa fille quittait la pièce dès qu'il arrivait mais ce n'était pas le pire. C'était le silence qui le tuait à petit feu Dan. Sa femme parlai mais seulement de choses sans importance. Hermione n'avait pas prononcé un seul mot en sa présence depuis cette nuit. Les Granger était une famille qui parlait beaucoup c'était lui qui avait tout changé.

Hermione s'était encore plus plongée dans son entrainement. Dan suspectait que c'était juste pour l'éviter. Elle était dehors en train de courir quand il partait au travail, et c'était la même chose quand il rentrait chez lui. Si tout se passait comme d'habitude ce soir, elle reviendrait de son jogging puis s'entrainerait dans le jardin avec son épée en bois, la vraie étant restée à Gringotts.

Elle entra dans la maison, attrapa une bouteille d'eau et se dirigea aussitôt dans le jardin – tout en ignorant complètement son père. Il la regarda par la fenêtre s'entrainer contre des adversaires imaginaires et Dan se demanda combien d'entre eux portaient son visage. Il était temps d'agir.

« Hermione, Hermione, tu ne peux pas m'ignorer pour toujours. »

Hermione semblait en avoir envie cependant, ce qui fit perdre son calme à Dan. « Hermione, je suis ton père et tu vas arrêter ces idioties… »

Il tendit la main pour toucher son épaule mais sa main fut repoussée par son épée en bois alors qu'elle le faisait volte face. « Ne me touche pas ! »

« Pourquoi tu… »

Alors que Dan s'apprêtait de nouveau à toucher sa fille, il s'aperçut que l'épée en bois d'Hermione était bien plus rapide que lui.

« J'ai – dit – ne – me – touche – pas ! » Chaque mot fut accentué par un coup avec son épée. Hermione commençait à perdre son calme et elle ne s'arrêta pas là. « Dis-moi-pourquoi ? – Pourquoi ? – POURQUOI ? »

A ce moment, Emma était arrivée et avait pris dans ses bras une Hermione en pleurs et l'avait ramenée dans la maison. Dan était stupéfait par les actions de sa fille mais ce qui lui avait fait le plus mal, c'était le regard de haine dans ses yeux. Il était assis sous un arbre quand Emma revint.

« J'ai vraiment merdé cette fois ? »

Sa femme ne pensait pas qu'il voulait vraiment une réponse. A la place, elle lui dit quelque chose que lui avait révélé Hermione. « Avant les incidents de l'autre jour, Barchoke a pu passer un peu de temps avec eux. Il s'est assis avec Hermione et lui a dit que même si les conditions n'étaient pas idéales, il était ravi de l'accueillir dans sa famille. Selon les coutumes gobelines, elle est maintenant considérée comme sa fille, et il voulait agir comme tel avec elle. Compare son comportement avec le tien et réponds à ta propre question. »

Emma voulut également clarifier son opinion. « J'ai porté cette fille pendant neuf mois, Dan, je suis presque morte en lui donnant la vie. Tu es peut-être prêt à laisser ton entêtement ruiner ta relation avec notre fille, mais pas moi. Tu as peut-être des raisons valides pour ce que tu as fait mais tu n'as pas le droit de te comporter ainsi. D'une manière ou d'une autre, tout notre futur est lié à ces personnes. Tu as trainé Hermione hors de là comme si Harry avait une maladie fatalement contagieuse, une maladie que tu ne voulais pas qu'il transmette à ta fille. Je ne sais pas comment ou s'il est possible que tu rattrapes la situation.

Emma rentra dans la maison, laissant Dan seul, souhaitant que le sol s'ouvre sous ses pieds et l'engloutisse.

Albus était installé à la table du petit-déjeuner mais ne mangeait pas. Aujourd'hui, c'était son jour préféré de l'année, le jour où les jeunes sorciers et sorcières de demain arrivaient dans sa sphère d'influence. Le premier septembre de l'année précédente, un certain garçon élevé par les gobelins était arrivé à Poudlard, mais ce n'était rien en comparaison avec ce foutu livre. La une de la Gazette était consacrée au nouveau traité gobelin signé la veille mais il redoutait de voir ce que serait la une du lendemain.

Il se demandait aussi comment mettre la main sur un exemplaire, il pouvait difficilement se rendre dans une librairie et en acheter un. S'il se faisait aussi délivré le livre par chouette, il risquerait d'attirer l'attention des médias sur lui. Tout comme demander à quelqu'un de l'acheter pour lui, il n'y avait qu'Hagrid à qui il pouvait faire confiance. S'il demandait à Hagrid, Albus pourrait tout aussi bien mettre une annonce dans la Gazette, disant qu'il avait lu le livre. Mais il fallait également considérer le fait que ce serait une option intéressante de dire que « puisqu'il n'allait pas lire cette chose, il ne pourrait pas le commenter. »

Mais la connaissance était une drogue puissante pour Albus, il fallait qu'il sache. Son problème fut résolu par la personne la moins probable au monde. Minerva lâcha un livre sur son assiette propre.

« Une amie s'est arrangée pour me trouver une copie avant demain. Faites une faveur à Poudlard et partez avant de nous trainez dans la boue. »

Il n'y eut pas d'autres mots d'échangés ou nécessaires, le livre se retrouva dans la poche d'Albus et il retourna dans son bureau. Il avait besoin de lire ce livre avant l'arrivée de l'express.

La maison des Granger était pleine d'excitation ce jour là, quelque chose qui avait clairement disparu durant les dix jours suivant l'incident à Gringotts. Emma entra dans la chambre de sa fille et vit une Hermione surexcitée avec un grand sourire sur le visage.

« … Et je croyais que tu étais excitée l'an dernier à la même date ? »

Elles sourirent toutes les deux et c'est vrai qu'Hermione était une fille complètement différente de celle qu'elle était l'an dernier en Septembre. Leur problème, c'était que l'un des membres de cette famille ne réalisait pas à quel point elle avait changé.

« Hermione, ton père veut venir avec nous à la gare… »

« Non ! »

« Hermione, je pense qu'il réalise maintenant ce qu'il a fait… »

« Il n'en a pas la moindre idée et il s'en moque de toute façon. Harry venait juste de tuer quelqu'un pour me protéger, tu ne peux pas comprendre ce que ça lui a fait. Nous étions tous les deux au plus bas mais tant que nous étions ensembles, nous aurions pu nous en sortir. Il nous a retiré ce droit et cette chance. »

Emma vit la détermination dans les yeux de sa fille, c'était ce qu'elle craignait. Quiconque blesserait Hermione devrait en répondre à Harry, et inversement aussi. Elle avait eu de longues conversations avec sa fille sur ce que ça signifiait et elle avait été grandement soulagée d'en avoir la réponse. Sur le court terme, pas tellement. Ils n'avaient pas l'intention que quelqu'un se mettre en travers de leur relation. Emma était soulagée d'entendre de sa fille que c'était surement elle qui ferait avancer leur relation. Harry était un trop grand gentleman.

Hermione n'en avait pas encore fini, même si elle essayait de ne pas se laisser emporter par sa colère. « Dans chaque lettre que j'ai envoyée, j'ai dû rassurer Harry que je n'en pensais pas moins de lui et que je le prendrais dans mes bras si je le pouvais. Il nous a aussi enlevé ça. Harry a dû passer sa vie en sachant que ses seuls parents proches ne voulaient pas de lui, et maintenant il a un autre nom à rajouter sur cette liste – celui d'un homme qu'il respectait avant. Tant que je ne pourrais pas être sûre qu'Harry va bien et tout ira bien, je ne lui adresserai pas la parole. »

Emma voyait bien ce qu'il y avait derrière l'attitude belliqueuse d'Hermione. Son père avait délibérément essayé de s'interposer entre elle et Harry, et aucun pardon ne serait possible tant que sa fille n'aurait pas la certitude que sa tentative avait échoué. Et Hermione ne pourrait pas le faire tant qu'elle n'aurait pas parlé à Harry et pris dans ses bras.

« Ton papa insiste quand même pour venir à la gare avec nous. Tu es peut-être capable de magie pour l'empêcher de venir dans ta chambre, mais je ne pense pas que tu en seras capable pour la gare de Kings Cross. A moins que tu ais une autre méthode pour se rendre à la plateforme, je ne pense pas que tu pourras y échapper. »

Le sourire d'Hermione devint presque prédateur. « Betsy ! »

Un petit pop annonça l'arrivée d'une femelle elfe. « Oui maitresse, comment Betsy peut-elle vous aider ? »

Elle s'agenouilla pour être à la même hauteur que sa petite servante. « Betsy, serait-il possible que tu nous emmènes, ma mère et moi à la plateforme neuf trois quart ? »

« Oh, c'est facile maitresse. Appelez Betsy quand vous serez prêtes à partir. »

Avec un autre pop, elle disparut, laissant Hermione parler à sa mère stupéfaite. « Depuis qu'Harry et moi avons fait la cérémonie d'union gobeline, les elfes Potter m'appellent maitresse. Betsy est mon elfe personnelle. A l'origine, elle était terrifiée en me voyant, croyant que je voulais la libérer. Voyant le mal que ça lui faisait, j'ai changé mon opinion sur les elfes. Harry avait raison, c'est juste une question de perspective. Betsy fait parti de notre famille et je vais la traiter comme telle. Elle est plus heureuse quand elle prend soin de moi et quelque fois je fais exprès d'être brouillonne. Je me rendrais ainsi à la gare. Tu es libre de faire de même mais lui ne viendra pas ainsi. »

Emma partit, sachant que ces nouvelles seraient un choc pour Dan. Ce serait douloureux, mais Dan ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même.

Harry commençait à perdre patience. « SIRIUS ! Si c'est ton idée d'une blague, je ne suis vraiment pas d'humeur. »

Son parrain, amusé, passa sa tête dans la pièce. « Que se passe-t-il petit chiot ? Sur l'honneur des Maraudeurs, jamais je n'irais te piéger aujourd'hui. »

« Mes affaires n'arrêtent pas de changer de place dans la chambre dès que j'ai le dos tourné. J'essaie de me préparer mais c'est comme si quelque chose ne voulait pas que je partes… » Puis il réalisa ce qu'il se passait. « … ou quelqu'un ! Elfes des Potter, à moi ! »

De multiples pops éclatèrent dans la chambre d'Harry à Square Grimmaud qui se remplit d'elfes de maison. « Je pense que nous avons un intrus. Je ne veux pas qu'il soit blessé mais juste capturé. »

Quelques secondes plus tard, le trio d'elfes revint avec Dobby qui se débattait. « Reste tranquille Dobby, personne ne veut te blesser – mais il faut que ça s'arrête. »

« Harry Potter ne doit pas retourner à Poudlard. De terribles choses vont se produire, de terribles choses… »

« Hermione sera dans ce train et de terribles choses vont arriver aux personnes qui m'empêcheront de la rejoindre, compris ? »

Dobby était sur le point de dire qu'il était habitué à recevoir des menaces tous les jours mais quand il regarda dans ces grands yeux verts, Dobby sut qu'il n'avait jamais été menacé ainsi. De terribles choses arriveraient en effet à quiconque essaierait d'empêcher Harry de retrouver sa compagne. Il hocha la tête avec compréhension.

« Je comprends que tu essais d'aider Dobby, vraiment. Mais ce n'est pas la bonne manière. Si tu me donnes des indices ou des avertissements spécifiques, j'apprécierai beaucoup. Sinon, restes hors de mon chemin. Laissez le partir. »

Dès que Dobby fut relâché, il disparut, ce qu'Harry devait faire rapidement.

Harry se dirigeait vers la barrière quand la dernière personne au monde qu'il voulait voir s'avança devant lui. « Harry, puis-je te parler rapidement ? »

« Pas pour l'instant Mr Granger, je suis pressé. »

Dan était sur le point d'insister quand son instinct lui cria de ne pas se montrer si stupide. Un regard à Harry fut suffisant pour confirmer que ce ne serait pas juste une erreur mais la dernière erreur qu'il ferait.

« Très bien Harry, passe une bonne année. »

Il serra rapidement Sirius dans ses bras, puis traversa la barrière, laissant Dan avec son parrain qui tremblait de fureur.

« Je vais vous laisser le bénéfice du doute et partir du principe que vous alliez vous excuser auprès de mon filleul. Sinon, vous et moi n'avons rien à nous dire. »

« Je l'espérais, oui. Au moins, Harry était civil, Hermione refuse tout simplement de m'adresser la parole. Elle a même fait une sorte de tour de magie qui m'interdit d'entrer dans sa chambre ! »

Sirius secoua la tête. « Elle contrôle les enchantements de protection de votre maison. Ils doivent être reliés à une personne magique, elle pourrait peut-être même vous interdire d'entrer dans votre propre maison. Vous n'avez pas idée des ennuis que vous avez causé ou même dans la merde dans laquelle vous vous trouvez. Nous devons aller parler ailleurs. »

« Attendons d'abord Emma, c'est moi qui la ramène à la maison. Hermione s'est arrangée pour les faire venir magiquement à la plateforme, j'ai conduit seul jusqu'ici – j'ai été tout seul depuis un moment. »

Hermione était arrivée de bonne heure, c'était prévisible, mais qu'Harry soit en retard ne l'était pas. Son niveau d'anxiété grimpait dès que l'aiguille se rapprochait davantage du onze sur l'horloge. Elle était entourée par ses amis, tous étant conscients de ce qu'il se passait. Hermione leur avait dit que son père s'était mis en colère à propos de quelque chose et qui l'avait séparé brutalement d'Harry. Le fait qu'elle ne l'ait pas vu depuis ce jour au Chemin de Traverse expliquait facilement son anxiété.

Le groupe aurait dû monter dans le train car ils bouchaient un peu le passage mais Hermione s'en moquait. Elle ne voulait pas bouger tant qu'Harry n'était pas là. Etant le plus grand du groupe, ce fut Neville qui l'aperçut le premier.

« Il est là ! »

Hermione se précipita dans la direction que Neville avait indiquée, ne s'arrêtant que lorsqu'elle s'écrasa dans son petit ami. Ils se prirent dans les bras et s'embrassèrent furieusement tout en essayant de parler.

Rien que le fait de l'avoir dans ses bras était rassurant pour Harry, mais il avait besoin de savoir une chose. Il chuchota dans l'oreille d'Hermione. « Tout va bien entre nous ? »

« Non Harry, tout est fantastique entre nous ! »

Leur embrassade fut interrompue par une voix familière. « Il faut que vous montiez dans le train vous deux, vous aurez plusieurs heures de voyage pour vous réhabituer l'un à l'autre. »

« Bonjour Madame Granger… »

Elle se souvint de ce qu'avait fit Hermione et fit de son mieux pour lui montrer qu'elle les soutenait. « C'est Emma, Harry, juste Emma. Peut-être que dans quelques années, nous pourrons essayer autre chose. Mais je ne pense pas qu'on soit prêt pour ça pour l'instant. »

Harry ne pensait pas pouvoir être plus heureux, mais il avait tort. Emma les embrassa tous les deux avant de leur faire signe d'aller rejoindre leurs amis. S'en suivirent d'autres câlins pour se saluer, puis une brève présentation aux parents de Colin et une promesse de garder un œil sur lui. Luna venait avec les Weasley qui apparemment étaient connus pour être souvent en retard.

Ils avaient besoin de deux compartiments, en comptant Luna et peut-être Ginny aussi. Alors que le train était sur le point de partir, les roux arrivèrent.

Sentant que les quatre amis avaient besoin de parler, Susan proposa d'aller chercher Luna. Harry apprécia son offre mais lui demanda de l'aider avec une autre tâche. Il ouvrit sa valise et commença à entasser des livres sur le sol.

« Métamorphose, je croyais que tu avais dit qu'il n'existait pas de manuels de métamorphose gobeline ? »

« Ce n'est pas le cas Susan. Je ne voulais juste pas qu'ils soient confisqués. »

Un livre susceptible d'être confisqué intéressait grandement Parvati. Après un regard sur la couverture, elle commença à danser de joie, elle aurait ainsi suffisamment de potins pour durer jusqu'à Noël. « Oh Harry, puis-je avoir une copie pour Lavande ? »

« Et bien, puisque je veux qu'on en parle dans tous le château, il n'y a pas de meilleures sorcières que vous deux dans tout le château. » Parvati le prit dans ses bras et rempli ses poches de livres sur les méfaits de Dumbledore. Susan et Hannah prirent quelques copies elles aussi, promettant de confier au moins deux d'entre elles aux Serpentards.

Quand ils se retrouvèrent enfin tous les quatre, Padma brisa le silence. « Que diable s'est-il passé pour que Dan réagisse comme ça ? Il vous a surpris dans le même lit ou quelque chose du même genre ? » Padma avait essayé d'alléger l'atmosphère mais elle ne s'était pas préparée à la réponse d'Hermione.

Avec Harry à ses côtés, Hermione se découvrit capable d'une blague qu'hier encore elle n'aurait pas supporté. « Quelque chose du genre, en fait il m'a sorti de force du lit d'Harry ! » Quand elle vit ses deux amis la bouche ouverte, Hermione éclata de rire pour la première fois de la semaine. Il était temps qu'ils racontent leur histoire.

Sirius attendit que leurs commandes soient arrivées avant d'ériger une bulle de silence autour d'eux. « J'ai besoin que vous m'écoutiez en silence. Lors de l'Halloween de l'année 1981, j'ai pris la mauvaise décision et ai blessé mon filleul. J'ai passé dix ans à Azkaban à cause de cette erreur et pourtant Barchoke m'a à peine pardonné. Je ne suis retourné dans la vie mon filleul que parce qu'Harry le voulait et que son père pensait qu'Harry avait besoin de moi. Je sais que je n'aurais pas d'autre chance et je ferais de mon mieux pour m'assurer que je ne merderai plus jamais. »

Il but une gorgée de thé avant de continuer. « Quand j'ai vu le souvenir de cette union, je n'ai pas honte de dire que j'ai pleuré. J'ai trouvé que c'était la plus belle chose que j'ai vue de toute ma vie et pourtant ma petite amie est Henrica Hobson. Je ne connais pas encore très bien Hermione mais même un aveugle verrait qu'elle aime mon filleul – presque autant qu'Harry l'aime. La dernière semaine a été un enfer pour moi et cet adolescent qui remettait toute son existence en question. »

Emma pleurait quand elle répondit à Sirius. « Hermione a été dans le même état, la seule fois où je l'ai vu heureuse c'est quand elle a enfin retrouvé Harry à la gare. Comment pouvons-nous réparer ça Sirius ? »

« Je ne suis pas le problème Emma, mais vous devrez affronter un gobelin très en colère – et son fils bouleversé. Harry pense maintenant que Dan le hait, et qu'il va essayer de lui enlever Hermione – et je lui déconseille de le faire. »

« Qu'est-ce qui te fait dire ça Sirius ? »

« Vous pouvez la perdre Emma, et je suis mortellement sérieux. Hermione appartient maintenant à notre monde, un monde dans lequel vous n'avez pratiquement pas le moindre mot à dire, ni de droits. Empêcher délibérément Hermione de voir son compagnon pourrait vous faire perdre la garde de votre fille, surtout si ce compagnon est mon filleul. Il a un « lien » avec le ministère tel que ce serait presque automatiquement accordé. Vous avez vu suffisamment comment notre système fonctionne pour savoir que c'est vrai. Harry a déjà tué pour protéger Hermione, il fera tout en son pouvoir pour la protéger. Merde, si Harry prenait le titre de Lord Potter, Fudge changerait aussitôt la loi pour qu'ils puissent se marier dès le lendemain. »

Emma était bouleversée mais Dan pleurait aussi. « Que puis-je faire ? Je ferais tout Sirius, je suis désespéré. »

« D'abord, ne vous approchez pas de Barchoke. Vous n'avez pas seulement brisé son fils mais vous avez aussi blessé la fille qu'il peut légalement appeler sa fille. Blesser les enfants d'un gobelin, et bien, ce n'est pas très intelligent. Vous avez vu le souvenir d'Harry dans l'arène, Barchoke y est allé deux fois pour protéger son fils… »

Emma attrapa soudainement le col de chemise de Dan et l'attira vers elle. « Daniel Granger, tu vas régler ça ! Je me moque que tu ais à ramper à Poudlard pour réparer tout ça mais tu vas le faire immédiatement ! Je ne vais pas la perdre, je ne peux pas la perdre… » Puis elle craqua et enfouit sa tête dans la poitrine de Dan, n'étouffant pas complètement les sanglots de la mère désemparée.

Les larmes coulaient aussi maintenant sur les joues de Dan, et Sirius dut jeter un léger charme de confusion autour d'eux car ils commençaient à attirer l'attention, même avec leur bulle de silence. « La clé c'est Harry, et pour atteindre Harry, il faut passer par Hermione. Je les verrais tous les deux ce week-end et je serais heureux de leur transmettre des lettres si vous voulez, mais c'est tout. Je pense que ce que vous avez fait Dan est abyssal, et je ne sais pas ce qui vous a pris. Cela aurait dû être l'un des meilleurs jours de leur vie, mais ça a commencé à déraper quand Harry a dû entrer dans l'arène. Vous devez comprendre qu'Harry pense maintenant être un meurtrier et qu'il n'est plus assez bien pour Hermione. Vous avez fait ça et je pense avoir le droit de savoir pourquoi ? »

Dan fit de son mieux pour expliquer le trouble émotionnel dans lequel il s'était trouvé cette nuit. « J'essayais de trouver une solution pour ne pas perdre Hermione, et j'ai découvert que j'allais la perdre de toute façon. Harry est beau, incroyablement riche, si poli et il parle quotidiennement à des chefs de gouvernement. Ma fille est folle amoureuse de lui – et maintenant ils sont pratiquement mariés. Je n'ai pas su le gérer, et paniqué, j'ai voulu sauver ma fille. »

Dan baissa les yeux sur sa main et vit qu'elles tremblaient. « Je suis dentiste, Sirius, je passe mes journées à regarder dans la bouche des gens. J'ai pensais que m'entrainer à tirer au pistolet était une façon d'explorer mon côté sauvage et d'ajouter une petite dose de piment dans ma vie mais les cibles en papier ne répliquent pas. Je n'ai jamais tiré sur un lapin, et pourtant Harry ne peut pas se rendre à un bal sans que quelqu'un n'essaie de l'attrapa. Je continue à me dire que ça me va mais ce n'est évidemment pas le cas. Hermione a assisté à ce même bal avec une épée accrochée à la hanche, une baguette sur le bras et deux boucliers sur sa ceinture. En tant que père, c'est à moi de protéger mon enfant et pourtant elle me bat avec une épée en bois. J'étais en train de me noyer Sirius. Les dix derniers jours ont été un cauchemar permanent pour nous tous et je ne sais plus quoi faire. »

Emma toujours en pleurs aida son mari. « Que ressens-tu à propos d'Harry ? »

« Merde, ça pourrait nous prendre toute la journée ! D'un côté, il est gentil, aimable, une âme aimante avec des yeux qui ont ensorcelé les deux femmes de ma vie dès qu'elles l'ont rencontré. Il est tellement honorable qu'il pourrait faire honte à des chevaliers. Voir ces deux enfants danser me fait encore sourire et réaliser à quel point ils vont bien ensemble et ma fille est heureuse. Puis dès que quelque chose menace Hermione, il se transforme en centurion Crow. »

Dan secoua la tête en raison des incohérences de son discours. Mais le dentiste n'avait pas encore fini. « Et il y a aussi le garçon qui a été aux côtés de ma fille depuis un an maintenant. Il la rend heureuse rien qu'en étant dans la même pièce qu'elle et il affronterait le diable lui même pour la protéger. En toute honnêteté, si je devais décrire l'homme idéal pour ma fille, ce serait Harry avec une autre coupe de cheveux, car les queue de cheval ça fait trop années soixante. » Dan pleurait davantage le temps qu'il finisse de parler. Et il risquait de craquer émotionnellement. Il fut sauvé de ce destin par un baiser sur la joue de sa femme.

« Ecris tout ça et envoie cette lettre à Hermione, tu sais qu'elle la fera lire à Harry. Mais ne dis rien sur ses cheveux, Hermione et moi les adorons. »

Dan essaya d'essuyer ses larmes avec sa manche. « Je sais, mais je ne veux pas qu'elle pense qu'il est parfait. Il ne faudrait pas que ça leur monte à la tête, n'est-ce pas ? » C'était une faible tentative d'humour mais une tentative au moins.

Puis il posa une question à Sirius dont il connaissait déjà la réponse. « Je suppose qu'il est hors de question qu'Harry passe Noël avec nous ? Notre Noël était tellement bien l'an dernier avec lui et Padma. » Il savait qu'Harry et Hermione voudraient passer ces vacances ensembles. Ne pas voir Hermione à Noël serait très dur pour lui, et il ne savait pas comment Emma allait réagir.

« Je dirais que c'est non pour l'instant, il vous faudra plus de mois pour convaincre Barchoke. Pour l'instant, il ne laissera pas Harry entrer dans votre maison, ni y rester d'ailleurs. Il faudrait déjà qu'Harry et Hermione aient envie de rester et ça ne va pas être facile. Ce sera long et laborieux et il faudra que vous vous souveniez d'une chose à chaque instant. J'ai fait l'erreur de traiter Harry comme un enfant, il m'a brûlé les fesses puis a menacé d'aller voir Bill pour des conseils. Puis le petit garnement m'a demandé quelles étaient mes intentions envers Henrica. Il a peut-être douze mans, mais il a été élevé dans une culture complètement différente, et parfois il est plus mature que moi. »

Emma était totalement d'accord. « Augusta me l'a confirmé près de la Mer Noire. Elle n'arrivait pas à croire à quel point Neville avait changé et elle l'attribue à ses amis. Ils ne sont peut-être que quatre, mais nous savons tous qui est le leader de ce groupe. »

« Oui, et il faut que je m'agenouille devant ce mini Ghengis Khan et que je m'excuse. »

Ils se tenaient encore l'un l'autre en attendant la réaction de leurs amis.

« Vous êtes liés, par le sang en plus ? »

Hermione ne put qu'hocher la tête, inquiète d'entendre l'incrédulité dans la voix de Padma. Hermione n'avait cependant pas besoin de s'inquiéter. Avec un cri de joie, elle traversa le comportement et les serra fort dans ses bras. « Oh, ce que j'aurais aimé voir ça. Avez-vous brillé ? »

« Nous avons revu le souvenir, la lueur argentée a étincelé sur nos bras. Le temps qu'elle nous recouvre entièrement, elle était devenue dorée. »

Padma se redressa brutalement sur son siège, l'incrédulité étant revenue d'un coup. « Dorée ? »

Neville les interrompit. « Okay, je sais que j'ai l'habitude de ne pas tout savoir ici, mais pourriez-vous m'éclairer ? Je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous me parlez. »

« Neville, je sais que ça veut dire pour un gobelin, mais Padma semble avoir une autre explication. »

« J'ai entendu ce que ça voulait dire avant, Harry, plus ton corps brille, plus le lien est fort. J'aurais du me douter que vous deux alliez briller entièrement – mais l'or, c'était sensé être un mythe. »

Hermione était excité, elle pourrait apprendre quelque chose qu'elle ne savait pas – et qui la concernait elle et Harry. « Okay Padma, explique nous ! Que sais-tu et où l'as tu entendu ? »

« Oh, c'est comme ça que les gens se mariaient et ça existe encore dans certaines provinces indiennes. C'est tombé en désuétude parce que toutes les personnes à la cérémonie pouvaient voir à quel point un couple était assorti. Imaginez un grand mariage, des centaines d'invités et les mariés qui ne brillent presque pas. »

Harry l'interrompit. « C'est exactement pourquoi les gobelins l'utilisent. Nous nous lions pour la vie, alors il faut être certain d'être compatibles. Si deux gobelins se liaient alors que leurs mains ne brillent presque pas, le couple pourrait décider de ne pas formaliser leur lien. Si leurs mains ne s'étaient pas guéries, aucun lien n'aurait été crée. »

« Non, Harry, c'est justement là où je voulais en venir. Quand les mariages ne sont devenus que des arrangements et moins des liens uniques, c'est devenu embarrassant de constater à la cérémonie que ces deux personnes n'étaient pas faites l'une pour l'autre. Ils préféraient les arrangements au vrai lien et celui-ci a été vite abandonné. »

Neville posa une question, ce qu'il regretta immédiatement après « Avez-vous formalisé votre lien ? »

Harry et Hermione rougirent soudainement. Padma chuchota l'information à Neville en rigolant. « Un couple formalise son lien en couchant ensembles après la cérémonie, penses-tu qu'ils aient déjà formalisés leur lien ? »

Neville rougit encore plus que ses deux amis et Padma explosa de rire.

« Patil, tu as de la chance que je n'ai pas mon épée… »

« Elle est dans ma valise Hermione, donc ne laisse pas ça s'arrêter. »

Padma cessa subitement de rire quand Hermione se leva pour prendre son épée et elle quitta le compartiment. Parfois, cette fille pouvait être effrayante.

Ils furent interrompus par Susan qui arriva avec des invitations. « Je viens de recevoir la mienne et ils savaient que nous étions amis et m'ont donc demandé de faire passer l'information. Qui est ce professeur Slughorn ? »

Harry examina rapidement le parchemin, puis prit une décision. « Je ne sais pas Susan. S'il pense que je préfèrerai passer du temps avec lui plutôt qu'avec Hermione, il n'est pas très malin. »

Harry coulissa la fenêtre de leur compartiment et jeta l'invitation indésirable. Avant qu'il ne la ferme, Neville l'interrompit.

« Ne sois pas si presse Harry, laisse cette fenêtre ouverte pour que je puisse la jeter aussi. »

Susan haussa les épaules puis fit la même chose avec son invitation. « Je préfère moi aussi passer du temps avec mes amis. »

Quand la vendeuse de nourriture arriva, Harry acheta des bonbons pour tout le monde. Ce fut drôle de regarder Colin, Luna et Ginny jouer à la version sorcière de la Roulette russe, même si cette fois c'était avec des berties crochues et non des balles de révolver.

Une copie du livre de Rita se trouvant dans presque tous les compartiments, ce fut probablement le voyage en train le plus calme de l'histoire du Poudlard Express. C'était simple de voir quel compartiment avait une copie, les étudiants y étaient entassés, d'autres se trouvant devant leurs portes, écoutant un autre qui lisait le précieux ouvrage à haute voix. Dès que le lecteur arrivait à une révélation trop choquante, il arrêtait de lire et un autre prenait le relais. Le temps que l'express arrive à Pré-au-Lard, le linge sale de Dumbledore était connu de tous. Puisque qu'Henrica avait aussi distribué des copies dans le château, les professeurs connaissaient eux aussi bien le livre.

Albus pendait avoir être prêt pour tout, mais il était loin du compte. Son père étant mort à Azkaban après avoir attaqué des moldus. Arian, Abe et même sa brève aventure avec Gellert – tout figurait page après page dans ce livre abominable. L'horreur n'était pas terminée cependant car il parlait aussi de l'histoire de Tom Jedusor et du rôle qu'il y avait joué. Depuis la lettre de Poudlard qu'il lui avait donné dans cet orphelinat jusqu'à son rôle d'enseignant pendant sept ans.

La partie qui fut une dague dans son cœur racontait comment Severus avait entendu la prophétie et ce qui s'était passé après. Les évènements d'Halloween 1981 étaient décrits avec précision, tout était écrit noir sur blanc et le remettait en cause.

Il était celui à avoir suggéré le Fidelius, à avoir envoyé Hagrid pour récupérer Harry, à l'avoir abandonné sur la pas de la porte de ses parents, puis il n'avait rien fait pour empêcher le parrain du garçon d'aller à Azkaban sans procès.

Le fait que les horcruxes étaient mentionnés lui glaça le sang. Et le fait que le livre admettait qu'Harry en avait eu un sous sa cicatrice à cause du sort de mort, un que les gobelins avaient rapidement enlevé était encore un point en moins pour Albus Dumbledore. Ils allaient tous en arriver à la conclusion qu'il avait abandonné le Survivant dans une maison moldue avec un horcruxe dans la tête ;

La nation gobeline avait aussi donné la vraie raison pour laquelle il avait été exclu de Gringotts. Et les gobelins disaient ouvertement qu'ils avaient passé les dix dernières années à chercher ces abominations alors que lui n'avait rien fait.

Le coup final fut quand il vit que toute la débâcle avec Quirrell était exposée avec précision dans le livre. Albus était sûr que le livre allait finir entre les mains du ministre et de la Confédération Internationale de Sorcellerie. Il lui serait très difficile de rester à Poudlard. Avec un peu de chance, il réussirait à se battre et à réfuter la plus grande partie du livre. Malheureusement, comme le nom de la compagnie le suggérait, chacun des mots de ce livre était vrai.

Lucius était plus heureux qu'il ne l'avait été depuis plusieurs mois, c'était presque trop simple. Ils étaient tous restés immobiles, attendant visiblement quelqu'un. Encore plus important pour lui, ils n'avaient pas fait attention à ce qu'il se passait autour d'eux. Il avait pris un énorme risque en attendant le premier septembre mais ça avait payé.

Son humeur changea dès qu'il vit l'expression de sa femme, que diable venait-il de se passer ?

Elle jeta un livre dans ses mains, lui indiquant un chapitre en particulier. Lucius sentit une vague gelée glacer son cœur – le seigneur des ténèbres avait crée des horcruxes.

Lucius se souvint de son sentiment de fierté quand son maitre lui avait remis un objet très précieux qu'il devait garder, mais aussi de sa déception quand il avait découvert que ce n'était qu'un vieux journal intime. Mais son premier examen lui indiqua qu'il s'agissait de la plus vile des magies noires existantes et Lucius l'avait donc caché. Maintenant, le jour où il découvrait que c'était probablement un horcruxe, c'était le jour où il était en possession d'une victime soigneusement choisie et en route vers Poudlard. Poudlard, là où se trouvait son fils et héritier !

Lucius ne savait pas s'il pourrait survivre en étant pauvre pendant les dix huit années qu'il faudrait à un nouvel héritier Malfoy pour avoir dix-sept ans. Il avait déjà du mal à attendre cinq ans avec Drago. Si son maitre revenait alors qu'il était toujours pauvre, Lucius, savait qu'aucun membre de sa famille ne survivrait à leur première réunion. Qu'avait-il fait ?