Disclaimer: Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction que je fais de l'histoire de RobSt n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Review: Bonne lecture à tous avec ce nouveau chapitre!

Chapitre 40 : Un invité surprise

Si quelqu'un avait fermé les yeux dans la Grande Salle de Poudlard ce jour là, il aurait été impossible de deviner que soixante-dix pourcents des étudiants étaient en train de déjeuner à Pré-au-Lard. Les premières et secondes années qui n'avaient pas eu d'autres choix que de rester au château faisaient suffisamment de bruit pour remplacer ceux qui étaient absents. Ils avaient tous reçu de nouvelles tenues ce matin et ils étaient occupés à les décrire à ceux qui voulaient bien les écouter.

Les yeux d'Hermione étaient justement fermés, ou en tout cas, les mains d'Henrica sur ses yeux l'empêchaient de voir quoi que ce soit. Les « oh » et « ah » des occupants de la Grande Salle l'avertirent que quelque chose se passait, puis elle eut un autre indice quand ils se mirent tous à lui chanter « Joyeux Anniversaire ».

Henrica retira ses mains et Hermione vit un énorme gâteau avec treize bougies allumées. Sirius le faisait léviter vers la table devant elle. Elle rougit de toute cette attention mais elle était tellement heureuse. Quand elle souffla, tout le monde applaudit et une pile d'assiettes apparut à côté du gigantesque gâteau. Hermione coupa quelques morceaux pour ses amis et elle avant de permettre aux autres étudiants de se servir. Rapidement, tout le monde eut une part devant soi.

Puisque la table des Serdaigles était occupée par la quasi-totalité des premières et secondes années, Sirius et Henrica les rejoignirent. Le maraudeur était bien trop heureux, faisant comprendre à ceux qui le connaissaient bien que Sirius préparait quelque chose. Ils n'eurent pas à attendre bien longtemps.

« Et bien, Miss Granger, j'ai aussi quelques cadeaux pour vous. J'ai eu l'obligation de ne pas vous les remettre à moins que vous n'obteniez un optimal au devoir que nous avons donné la semaine dernière. »

Hermione ne fut pas la seule à ne pas comprendre. « Un devoir ? »

« Oh, je m'attendais à mieux de vous quatre. Qu'allons nous faire pour remédier à cette situation Professeur Hobson ? »

« Et bien, Lord Black, ils ne me laissent pas d'autres choix. Vous me décevez tellement vous quatre, je pense qu'il va falloir revoir votre comportement. Nous le ferons quand vous serez tous les quatre en détention avec moi ce soir. Ne vous préoccupez pas du diner et oh, mettez vos plus beaux vêtements. »

Hannah commença à glousser, suivie des autres étudiants qui venaient de comprendre ce qu'il se passait. Tous ces rires attirèrent l'attention d'un visiteur indésirable, le directeur.

« Je n'ai pas pu m'empêcher d'entendre que vous aviez donné une détention à ces quatre élèves ce soir, Professeur. J'espère que vous avez l'intention de leur faire faire un travail constructif? »

Henrica avait une réponse toute prête. « Vous voulez dire comme le Professeur Lockhart qui demande aux étudiants de répondre aux courriers de son fan club ? Ces quatre jeunes gens vont avoir des leçons supplémentaires en étiquette sorcière. Lord Black et moi-même avons l'intention de nous assurer qu'ils ne nous embarrasseront pas au bal de Merlin de dimanche prochain. Nous allons travailler sur leurs pas de danse ce soir. »

« Excusez-moi, professeur, mais ça ressemble à une fête pour moi. Une fête que j'ai annulée comme vous le savez bien. »

« Pour que ce soit une fête, il faudrait qu'il y ait des invités, monsieur le directeur, ce n'est donc pas une fête. Ces quatre jeunes vont avoir une détention avec nous, une détention qui consistera à leur apprendre à bien se comporter lors d'une fête. Bien sûr, ce ne sera qu'une simulation. »

Les ricanements de certains élèves n'améliorèrent pas l'humeur d'Albus. « Il semblerait que vous essayiez de miner mon autorité en tant que directeur, ce que je ne peux pas autoriser… »

Sirius le coupa et Lord Black regarda de toute sa hauteur Dumbledore. « J'ai avec moi les documents appropriés et signés par leurs parents pour les faire quitter Poudlard dès maintenant. Je voudrais aussi ajouter que ce parchemin ne contient pas de date de retour.

Albus eut des sueurs froides. « Puis-je voir ce papier ? »

« Si je dois sortir ce parchemin de ma poche, alors ce sera définitif et ces quatre sorciers partiront avec nous. C'est à vous de voir, directeur, que voulez-vous ? »

Les étudiants ne purent s'empêcher de remarquer que Dumbledore se trouvait maintenant dans la situation dans laquelle il avait essayé de mettre Hermione, sauf qu'elle n'était pas là pour l'aider.

Albus était très tenté d'accuser Black de mentir mais il n'était pas sûr à cent pour cent qu'il bluffait. Le gobelin avait très certainement signé des papiers de sortie pour Harry et Miss Granger, et les autres parents avaient passé leur été avec Black. Il ne pouvait pas se permettre de perdre Harry pour quelque chose d'aussi trivial.

« Continuez, Professeur Hobson. » Puis Albus retourna à son bureau.

Une Hermione ravie se pencha vers Harry qui remercia la personne qui avait rendu çà possible. « Sirius, t'ai-je déjà dit que tu étais le meilleur parrain du monde ! »

Sirius s'excusa auprès des autres filles pour ne pas pouvoir leur donner une « détention » à elles-aussi, d'où le gros gâteau d'anniversaire.

Padma était ravie pour son amie puis elle sentit quelqu'un lui tirer la manche. Parvati était à sa droite.

« Tu allais vraiment quitter Poudlard avec eux ? Je compte pour rien alors ? »

« Pav, si je connais bien Sirius, alors il n'a pas un tel papier dans la poche. »

Ca n'atténua pas le regard de Parvati ou sa colère. « J'ai remarqué que tu n'as répondu à aucunes de mes questions. Je suppose que j'ai là ma réponse ! »

Padma regarda sa sœur jumelle partir en trombe, puis Lavande lui parla.

« Je vais essayer de la calmer mais elle s'était donné beaucoup de mal pour trouver un cavalier pour l'anniversaire d'Hermione. Apprendre qu'il était annulé était déjà horrible. Mais maintenant qu'il est de nouveau d'actualité et qu'elle ne peut pas y aller… » Lavande ne termina pas sa phrase, les deux filles savaient ce qu'elle voulait dire. Parvati ne pouvait pas y aller, mais Padma si. Elle sentit un bras agréable autour de ses épaules et elle entendit la voix rassurante de Neville.

« Ce n'est pas ta faute, Padma, ni celle de Parvati d'ailleurs. Dumbledore nous a ruiné cette chance. Nous savons tous les deux que Sirius aurait invité tout le monde s'il avait pu. Au fond, Parvati le sait aussi. Quand elle se sera calmée, elle sera désolée pour ce qu'elle a dit. »

Padma embrassa Neville pour la seconde fois de la journée. « Qu'ai-je fait pour te mériter ? »

« Tu es juste toi. Et garde ton bras sur mes épaules. Si je dois te protéger des autres sorcières, alors tu peux commença à me rendre la pareille en décourageant des premières années bien amoureux – surtout ceux avec des appareils photos.

Hermione passait un moment formidable. Elle avait mangé un très bon repas et maintenant il était temps de danser. Poudlard avait créé une pièce bien plus intime que les dernières fois, le bal de la semaine prochaine serait un événement bien plus grand.

Harry regarda la sorcière dans ses bras et sourit. « J'avais des plans de rechange, tu sais. C'était impossible qu'on ne danse pas pour ton anniversaire. »

Alors qu'ils valsaient sur la petite piste de danse, la curiosité d'Hermione fut piquée. « Oh, et qu'avais-tu prévu ? »

« Un diner pour deux, suivi d'une danse – dans ma chambre. J'avais déjà vu avec Poudlard pour que mon lit soit déplacé et j'avais mis la main sur une radio sorcière. »

« Ça a l'air charmant, mais je suis sûre que Dumbledore aurait trouvé un moyen de se plaindre. Pas de chaperon ? – Je vois déjà Slughorn se porter volontaire… »

« Oh, j'avais déjà un chaperon – et le directeur n'aurait rien pu dire – Lady Helena. »

Les yeux d'Hermione brillèrent encore plus quand elle rappela de son cadeau. « Ça m'aurait donné l'opportunité de la remercier en privé. Si je dis à table de Serdaigle que j'ai l'un des journaux de sa mère, il va y avoir une émeute. Tu t'entends vraiment bien avec elle, n'est-ce pas ? »

« C'est une dame très gentille, j'arrive à comprendre comment elle devait se sentir. Il faut que vive avec toutes ces histoires de survivant / gobelin, imagine ce que ça devait être d'être la fille de Rowena Serdaigle ? Sa culpabilité s'est apaisée quand on a récupéré le diadème, tu as dû remarquer qu'elle sourit plus qu'avant. »

Hermione hocha la tête. « L'autre matin, je l'ai vu discuter avec Luna, elles avaient toutes deux l'air heureuses… »

« Je suis désolé que Luna ne puisse pas être là ce soir, elle avait tellement hâte de venir à cette fête… »

Hermione avait une autre raison d'être désolée que la fête ait été annulée. « J'espère que Parvati n'est pas trop méchante avec Padma pour ne pas avoir pu venir ce soir. Sirius l'a expliqué à tout le monde… »

Harry espérait que son dernier cadeau pour Hermione serait aussi bien que le reste de son anniversaire. Il ne pouvait qu'espérer et attendre qu'Hedwige arrive le lendemain.

Dan prit Emma dans ses bras. Ils étaient assis sur leur canapé, et regardaient le message d'Hermione. Leur fille leur manquait beaucoup, surtout aujourd'hui, et ainsi, ils avaient presque l'impression qu'Hermione était là pour son anniversaire.

« Je n'arrive pas à croire à quel point elle a grandi, ou qu'elle n'a pas écrit ce message, mot pour mot. »

« Si elle avait lu un message écrit à l'avance, ça n'aurait pas eu le même impact du tout. C'est notre Hermione, elle porte son cœur en bandoulière. « Ce n'était pas la première fois qu'Emma avait un désaccord avec son mari concernant leur fille, mais il était temps qu'elle fasse face à ses propres erreurs de cette nuit là.

« Dan, je suis si désolée. Tu avais des doutes légitimes quant à la sécurité de notre fille et je les ai juste ignorés, et toi aussi. J'ai vu qu'Hermione avait le cœur brisé et je t'ai immédiatement traité comme si tu étais le méchant de l'histoire. C'est juste qu'en voyant la réaction des enfants, j'ai paniqué aussi… »

Dan serra sa femme plus fort contre lui, la réconfortant alors qu'elle pleurait. « Sirius n'est pas le seul à avoir remarqué que tu maternes ces deux garçons. Je sais que nous avons toujours voulu avoir d'autres enfants, nous avons abandonné nos projets d'adoption après les premiers incidents de magie accidentelle d'Hermione – j'aurais aimé que l'on sache ce dont il s'agissait à cette époque. »

Emma se souvenait bien de leur terreur quand ils s'étaient demandé ce qui n'allait pas avec leur fille, les bébés n'étaient pas sensé être capables de faire flotter leurs livres illustrés dans les airs.

Les bras de son mari lui apportèrent du confort alors qu'il essayait de comprendre ce qui s'était vraiment mal passé cette nuit. « Nos réactions étaient tellement prévisibles et ça fait encore plus mal de le réaliser. J'ai vu Hermione en danger et j'ai essayé de l'éloigner de cette menace. Hermione m'a vu en train d'essayer de la séparer d'Harry et c'était logique qu'elle ait réagi ainsi. Tu as vu une fille bouleversée et maman ours a aussi agi pour protéger ses petits. Nous avions tous raison, et pourtant torts à la fois. »

Alors qu'ils repensaient à leurs comportements de cette nuit, ils furent interrompus par un coup à la porte de derrière, celle généralement utilisée par ceux qui transplanaient dans leur jardin.

Leurs regards d'interrogation furent aussitôt remplacés par de l'excitation quand Emma pensa à quelque chose. « Sirius ? Il a peut-être ramené les enfants à la maison… »

Ils se précipitèrent à la porte, ne réalisant pas qu'Hermione n'aurait pas frappé à la porte de sa propre maison. Leur visiteur était pour le moins inattendu.

Remarquant qu'Emma avait les yeux rouges d'avoir pleuré, il demanda s'il arrivait à un mauvais moment. Toute la situation était déjà suffisamment gênante pour en rajouter et ils rassurèrent rapidement leur invité en disant que ce n'était pas le cas. Puis ils invitèrent le gobelin dans leur salon – où le message d'Hermione était toujours en marche.

Barchoke s'arrêta net, il était incapable de ne pas regarder Hermione suppliant sa famille de se réunir enfin. Quand l'enregistrement s'arrêta, Dan s'avança pour l'empêcher de se répéter. Lui et sa femme se demandaient ce que le gobelin faisait à Crawley quand Barchoke parla.

« Les enfants sont une immense bénédiction et parfois il nous faut regarder les choses selon leurs perspectives. Nous avons Sirius qui leur donne des leçons sur la culture sorcière tandis que vous faites de votre mieux pour les aider à survivre dans le monde moldu – comme je le fais pour notre culture. Nous avons fait là une terrible erreur car personne n'enseigne ces cultures aux parents – cultures qui nous sont totalement étrangères. Nos enfants espèrent être capable de vivre dans ces trois cultures et pourtant nous ignorons complètement deux d'entre elles. Je crois que notre incompréhension vient de ça et j'espère que nous pourrons changer çà. »

Emma et Dan étaient estomaqués. Et Barchoke n'avait pas encore fini. « J'ai cru comprendre par mon fils que ne pas demander la main d'une fille à son père est une sérieuse erreur de protocole ? De la part mon fils et de moi-même, je vous présente nos excuses les plus sincères. Harry m'a assuré qu'il comptait réparer ce tort et il vous demander votre permission quand ils se fianceront. Je crois que le dix-septième anniversaire d'Hermione a été mentionné. »

Dan avait réfléchi à ce qu'il allait dire à Barchoke mais le fait que le gobelin soit venu jusqu'ici lui avait fait oublier ce qu'il avait préparé. « Si Harry vient me poser cette question, ma réponse sera oui, bien sûr. C'est peu probable que je puisse l'empêcher de mener ses projets. »

Emma retint sa respiration à cause de la tentative d'humour de Dan, surtout à un moment comme celui-ci. Mais en voyant le petit sourire de Barchoke, elle comprit que son mari avait bien fait.

« Vous savez très bien que la raison pour laquelle je dirais oui, est que je crois réellement ce qu'Hermione a dit dans son message, leur lien montre que même s'ils cherchaient dans tout le pays, ils ne pourraient pas trouver une personne leur correspondant davantage. Ils sont heureux ensembles et que pourrais-je demander de plus ? J'aurais dû prendre le temps de voir ça au lieu de réagir comme je l'ai fait. Pour ça, moi aussi je suis désolé. »

Le gobelin hocha la tête pour accepter ses excuses. « Harry m'a aussi envoyé une message, me disant qu'un ambassadeur devrait être capable de comprendre les arguments des deux côtés, puis négocier un accord juste pour tout le monde. »

« Est-ce pour ça que vous êtes là ? » demanda Emma.

« Les mots de mon fils m'ont fait réfléchir, mais c'est autre chose qui m'amène ce soir. J'ai demandé à Harry ce que pourrais offrir à ma fille pour son anniversaire, il m'a répondu que réunir toute notre famille ensemble serait le plus beau cadeau pour Hermione. D'après ce j'ai vu du message d'Hermione, mon fils avait raison. »

Le silence choqué qui suivit ses paroles fit croire à Barchoke qu'il avait franchi une limite. « Je suis désolé si vous avez mal pris le fait que je parle d'Hermione en tant que ma fille… »

La main d'Emma sur son bras l'arrêta aussitôt. « Tant que vous nous permettez de considérer Harry comme notre fils, je n'ai aucun problème. » Le hochement de tête de Dan dissipa toute la tension dans l'atmosphère.

« Restez et fêtez l'anniversaire de notre fille avec nous. Il faut que nous parlions de tellement de choses, il y a encore tellement de choses que nous ignorons les uns sur les autres. Asseyons-nous et parlons et faisons en sorte qu'une telle chose ne se reproduise jamais. » Les mots de Dan posèrent la première fondation de la reconstruction de leur famille. Cette fois-ci cette famille allait renaitre de ses cendres comme un phoénix, plus forte qu'avant.

Hermione voyait bien qu'Harry était nerveux à propos de quelque chose alors qu'ils descendaient prendre leur petit-déjeuner elle se demandait bien pourquoi et était décidée à lui poser la question quand ils seraient enfin seuls. L'arrivée d'Hedwige décupla momentanément l'anxiété d'Harry, puis il s'illumina. Elle ne put contenir sa curiosité plus longtemps. « Harry, tu veux me dire quelque chose ? »

Passant dans sa langue natale, Harry donna à l'élue de son cœur son dernier cadeau d'anniversaire. « Mon père m'a demandé ce qu'il pouvait offrir à sa fille pour son anniversaire, je lui ai dit que recoller les morceaux de notre famille serait un cadeau formidable. Il vient juste de célébrer la nuit dernière ton anniversaire avec tes parents. »

Hermione avait été touchée par le cadeau de Barchoke que Sirius lui avait passé, mais son « vrai » cadeau venait de la laisser pantoise. Heureusement, elle n'avait pas besoin de mots pour montrer ce que ça représentait pour elle. Elle se pencha en avant et transmit tout son amour en embrassant Harry.

Certaines sorcières de Serdaigle avaient toujours l'espoir de pouvoir un jour sortir avec le Survivant mais quand elles virent le baiser, leur rêve se dissipa aussitôt. Ce n'était pas un baiser de cinéma ou même passionnel. Mais ce simple acte exprimait tout l'amour et la tendresse qu'il y avait entre les deux adolescents et il aurait été stupide de leurs parts d'essayer de s'immiscer entre eux. Et puisqu'elles portaient les couleurs bleues et bronzes de Serdaigle, elles étaient tout, sauf stupide.

Padma n'avait pas remarqué la nervosité d'Harry, mais la conversation en langage gobelin entre Hermione et Harry ne lui avait pas échappé. Ses peurs furent immédiatement étouffées quand elle vit la réaction d'Hermione. Il était temps pour elle de la taquiner un peu. « Okay, maintenant que vous vous êtes embrassés, peut-on connaître la bonne nouvelle ? »

Les yeux d'Hermione ne quittèrent jamais ceux d'Harry quand elle répondit à son amie. « Le père d'Harry a fêté mon anniversaire avec mes parents la nuit dernière. »

Padma rayonna et les prit dans ses bras, sachant ce que ça signifiait pour ses amis. Roger fit ensuite un commentaire. « Tu veux partager quelque chose avec nous, Harry ? »

« Juste que je suis un garçon chanceux, Roger. »

« En te voyant prendre ton petit-déjeuner dans les bras de deux jolies filles, je ne peut être que d'accord avec toi. »

Quelques élèves ricanèrent autour d'eux et Harry répondit à sa blague. « Les câlins de Patil ne sont surpassés que par ceux de Granger, même si je ne pense pas que Neville soit d'accord avec moi ! » Padma rougit aussitôt et promit alors de se venger d'eux. L'arrivée de Bill signala enfin qu'il était temps de se remettre au travail.

Il était également temps pour les Maraudeurs de Crow de se mettre au travail le jeudi soir suivant. Ayant tous des activités les autres soirs de la semaine, ils ne pouvaient s'entrainer que ce soir là. Ils furent divisés en équipes de quatre, et dans la mesure du possible, ils s'assurèrent que chaque équipe comprenait au moins un membre de chaque maison et de chaque sexe. Ils se lancèrent ensuite dans un tournoi de duel jusqu'à l'obtention de quatre équipes restantes. Puis, il y eut la demi-finale et la finale.

L'équipe de Luna atteignit la finale et elle fut pendant un moment la dernière membre restante encore debout. Malheureusement, deux duellistes l'affrontaient encore et elle fut assommée par leur duo. Des applaudissements retentirent alors et les gagnants reçurent une tablette du meilleur chocolat de Honeyduke. Les quatre amis terminèrent ensuite la soirée en remettant des badges du club à tous les nouveaux adhérents, qui, extrêmement heureux retournèrent se coucher dans leurs dortoirs.

Henrica les accompagna jusqu'à leurs quartiers, et sur le chemin, ils discutèrent de ce qui avait fonctionné, de leurs erreurs et de ceux qui avaient excellés.

Neville secoua la tête en repensant à Colin. « Il a vraiment adhéré à toute cette histoire du brave gryffondor, c'est pourquoi il continue à charger directement. Ses sorts sont jetés avec précision, mais contre quatre adversaires, il est logique qu'il soit toujours touche. Je pense qu'il faut que nous commencions à utiliser des maléfices cuisants, ça découragera ce genre de comportements bien mieux que des simples tâches de couleur. Dans un vrai combat, sa tactique le ferait tomber dans les premiers. »

Hermione hocha la tête. « Il est suffisamment agile pour éviter les sorts, mais il ne semble pas en avoir envie. Il y en a d'autres qui faisaient comme lui. »

Harry connaissait bien ce phénomène à cause de son propre entrainement. « Quand tu t'entraines avec amusement, on a souvent tendance à vouloir jouer. Les gobelins s'entrainent avec des épées en bois mais se battent avec de vraies épées en métal dès qu'ils ont maitrisé les bases. Je suis d'accord avec Neville, il n'y a rien de tel pour se concentrer que de savoir qu'un adversaire est en train d'essayer d'utiliser son arme pour te blesser. Je pense aussi qu'il faudrait les répartir en duo, car laisser huit élèves de premières années se jeter en même temps des maléfices cuisants est la recette d'un désastre couru d'avance. »

Les trois serdaigles entrèrent dans la salle commune et entendirent les premières années se vanter de leur leçon et affichant fièrement leurs badges. Harry eut besoin d'utiliser tous ses réflexes quand un maléfice vola soudainement vers eux, il le dévia aussitôt vers le plafond tandis qu'Hermione et Padma assommèrent leur attaquant avec deux stupéfix bien précis.

Roger se réveilla, sur le dos, l'épée de Gryffondor sous son menton. « Je veux une explication Davies, et je la veux maintenant. »

Son explication n'aida pas vraiment le trio. « … Et ceci, Mesdames et Messieurs est la raison pour laquelle nous avons besoin qu'ils nous aident en défense. Je suis en quatrième année, presque le meilleur de mon année aussi, et pourtant trois secondes années ont facilement géré mon attaque surprise – avant de me botter le cul. Vous avez peut-être aussi remarqué que toutes les baguettes des premières et deuxièmes années sont pointées sur moi… »

Harry sentit une main douce se poser sur son épaule. C'était Penny. « Je m'occupe de ça Harry. Professeur Flitwick a rejeté leur demande de cours supplémentaires de Défense. Il a dit que ça poserait problème avec les autres maisons si ces leçons n'étaient disponibles que pour les Serdaigles, et qu'il n'a pas le temps en gros de faire le job pour lequel Lockhart est payé. Roger ici présent, cependant, essayait de prouver – bêtement si je puis dire – que tu étais notre prochaine meilleure option. »

« Je m'attendais à me faire battre, mais pas aussi facilement. Qu'ai-je fait de mal ? »

Harry rangea son épée avant d'aider son ami à se lever. « Ton maléfice était puissant mais ta précision laissait à désirer. Tu avais visé mon épaule, ce qui était ainsi facile à éviter, mais je savais que Padma était derrière moi. C'est pourquoi il était plus sécurisé de l'envoyer en haut. »

Padma continua la critique. « Tu as jeté un maléfice, puis tu es resté sur place, attendant de voir ce qui allait ensuite se passer. Contre plusieurs adversaires, il est conseillé de continuer à lancer des sorts et d'être toujours en mouvement. »

Il s'agissait d'une procédure normale pour le trio de Serdaigles, ils le faisaient après tout après chaque combat. Le reste de la maison cependant regarda avec incrédulité comment Hermione continua à réduire en miettes la technique de Roger. Comme il était le seul à avoir fini par terre, ils n'y voyaient rien à redire. « Tu n'as pas non plus utilisé les avantages du lieu choisi pour l'embuscade. Il y avait de gros meubles et des portes pour te couvrir et tu ne les as pas utilisés. »

« Okay, je suis plus convaincu que jamais que j'ai besoin de cours de votre part. Quand vous voulez et où vous voulez, dites juste un mot et j'y serais. »

La plaidoirie de Roger finit par convaincre Harry. « Nous avons le bal dimanche, d'ici là, faites une liste de ceux qui veulent participer et nous verrons ce que nous pouvons faire la semaine prochaine. »

Le sorcier plus âgé mit un bras autour des épaules d'Harry. « Merci Harry, je savais que je pouvais compter sur toi… » Une expression stupéfaite apparut alors le visage de Roger, qui retira son bras, puis donna un petit coup sur le torse d'Harry. « Par Merlin, Harry, tu es sacrément costaud ! Qu'est-ce que tu manges pour être si fort ? »

« Monsieur Davies, voudriez-vous bien me faire le plaisir de toucher mon petit-ami ? Ce n'est pas en mangeant qu'il est devenu comme ça mais à cause d'années et d'années d'entrainement. Et moi j'aime beaucoup ça ! » Elle entoura ses bras autour d'Harry, Roger rougissant d'embarras.

Puis Penny entraina ce dernier à l'écart pour lui expliquer en des termes très explicites ce qu'il lui arriverait la prochaine fois qu'il jetterait un sort en salle commune. Le trio de deuxième année ramassa ses livres puis rejoignit le reste de leurs camarades pour étudier avant d'aller se coucher. Ils commençaient demain par potions et personne ne voulait arriver sans préparation.

Gilderoy avait un dilemme sur les mains. Il avait tellement envie d'assister au bal de Merlin, il avait même la tenue parfaite en tête. Le problème était, qu'en invité d'honneur, il serait obligé de porter un Ordre de Merlin. Il s'était inquiété du problème comme un chien rongeait son os avant de finalement arriver au nœud du problème. Il avait deux options, chacune d'entre elles n'étant pas sans risque.

La première était en de prétexter la maladie. C'était risqué dans la mesure où Poudlard avait sa propre infirmière et que son absence au bal serait certainement manquée. Et en plus, Gilderoy avait très envie d'aller au bal.

Son autre option était d'être présent et de faire semblant durant toute la soirée. C'était son option préférée pour deux raisons. La première était évidente, il pouvait assister au bal. Et la seconde coulait de source. La population sorcière avait gobé ses salades pendant des années, pourquoi cela se passerait-il différemment le dimanche soir ?

Harry se sentait différemment de d'habitude quand il descendit prendre son petit-déjeuner, et il n'était pas dur de comprendre pourquoi. Il portait sa tunique habituelle du week-end, son épée était à sa hanche, ses épaulettes bien visibles sur ses épaules, ses bracelets de centurion, sur le bras. La seule différence était la récompense sur sa poitrine et pourtant elle semblait tout changer.

Hermione l'avait embrassé ce matin, puis avait dit à quel point il était beau. Lui-même se sentait comme un guerrier sur le point de défiler, attendant l'inspection du Directeur. Harry avait cru que laisser Henrica montrer sa médaille en cours aurait réduit l'effet que ça aurait pu avoir sur le gens, mais pourtant les élèves le traitaient différemment, presque avec révérence. Il se demanda si c'était ainsi que Dumbledore s'était autant détaché de la réalité. Harry subissait ce traitement de faveur depuis moins d'une heure et il savait déjà qu'il n'aimait pas. Dumbledore, lui se faisait traiter ainsi depuis des décennies.

Harry avait cependant des amis qui n'allaient pas le laisser prendre la grosse tête. Padma était prête à le remettre à sa place si besoin et il n'osait penser à ce que ferait Hermione s'il devenait soudainement trop arrogant.

En entrant dans la Grande Salle, la tradition exigea qu'Harry se dirige vers la table des professeurs. Harry fit à un salut de centurion à Dumbledore, puis s'inclina un peu devant le détenteur, lui aussi, d'un Ordre de Merlin. Sa médaille brillait sur les robes pourpres de Dumbledore.

Malgré les disputes d'Harry avec le directeur, il était irréfutable que Dumbledore avait gagné son Ordre de Merlin Première Classe en travaillant durement. Il avait été un jour un grand guerrier de la lumière, même s'il semblait avoir perdu son chemin en vieillissant.

« Bonjour, Directeur. »

« Bonjour à vous aussi Centurion, » dit Albus en se levant et en s'inclinant à son tour. « Il semblerait que le troisième membre de notre groupe exclusif ne soit pas encore arrivé pour le petit-déjeuner. Puisque je sais que vous avez des cours pour toute la journée, je suis sûr que l'on peut laisser les formalités de côté jusqu'au bal de ce soir. » Harry et Albus sourirent tous les deux, puis Harry regagna la table de Serdaigle. Ceci, en soi était déjà une grande réussite.

Quand Bill arriva pour leur leçon, Harry prit une décision rapide. « Roger, tu viens avec nous. SI tu veux tellement apprendre que tu es prêt à nous tendre une embuscade en salle commune, je pense qu'il est temps que tu apprennes ce pourquoi tu t'engages. »

Roger se leva aussitôt et les suivit hors de la Grande Salle. Lockhart, lui ne vint jamais.

Le professeur de défense se fit remarquer par son absence durant le déjeuner, comme Roger Davies d'ailleurs. Ce fut Cho qui réussit à avoir le courage de demander où il était. Quatre sourires lui répondirent.

« Il est dans sa chambre, probablement en train de dormir. Quelqu'un pourra-t-il penser à le réveiller pour le bal de ce soir ? Oh, et faites le suffisamment tôt pour qu'il ait le temps de prendre un bon bain chaud, histoire de soulager ses muscles endoloris. »

« Que lui avez-vous fait ? »

Padma fut un peu vexée par la question. Elle n'avait pas vu qui avait posé la question, mais ça n'avait pas d'importance. « Nous ne lui avons rien fait, il voulait juste participer à la même leçon qu nous. Roger a passé la dernière demi-heure de notre leçon, allongé par terre tant il était épuisé. Nous le faisons pendant six heures tous les week-ends, Roger a pensé qu'il pouvait nous suivre et faire de même. Il est physiquement et magique épuisé, mais il devrait se sentir mieux après quelques heures de sommeil. Nous avons d'autres leçons après le repas – puis le bal ! »

Les autres élèves ne posèrent plus d'autres questions, même s'il était certain que Roger Davies devrait répondre à plusieurs d'entre elles quand il reviendrait.

Quand Hermione descendit l'escalier pour le rejoindre, Harry se demanda un instant si sa vue lui jouait un tour, il savait que sa compagne était belle, mais cette fois-ci, c'était presque trop. Sa robe bleue le faisait fondre. Quand elle l'embrassa délicatement sur la bouche, son cerveau se figea complètement, même s'il réussit à lever son bras pour le lui offrir.

Puis Harry, proposa son autre bras à Padma. « Miss Patil, puis-je vous escorter à votre rendez-vous ? Je ne voudrais que quelqu'un se méprenne et ne pense que vous n'êtes pas accompagnée. Neville en serait des plus mécontents. »

Le trio mena les étudiants de Serdaigle vers le septième étage où une petite foule s'était déjà rassemblée. Le directeur, et la plupart des professeurs les attendaient aussi – ainsi que Dame Héléna.

Harry s'inclina profondément devant le fantôme. « Ma Dame, remerciez s'il vous plait Poudlard pour nous prêter cette salle ce soir. »

La voix d'Helena fut presque puissante quand elle répondit. « Poudlard est ravie des changements amenés par son champion et se réjouit que l'école entière célèbre ce jour particulier. Je voudrais proposer que tous les derniers dimanches de Septembre soient maintenant consacrés à cet événement si spécial. Nous n'avons jamais vu les étudiants si heureux et je pense qu'il faudrait que cela continue. »

Albus intervint aussitôt pour essayer des gagner des points auprès des étudiants. « Je pense que c'est une excellente idée et je l'ajouterai à l'agenda scolaire des prochaines années. »

La soirée avait déjà très bien commencé et Harry n'avait pas encore ouvert la salle. Quand il le fit, de nombreuses mâchoires se décrochèrent. La salle surpassait tout ce qu'ils avaient pu voir jusqu'à maintenant.

Elle n'était certes que légèrement plus grande que la Grande Salle, mais Poudlard avait réglé le problème de places en utilisant une méthode différente. Il y avait une scène pour le groupe de musique dans un coin de la salle et des tables près des murs qui pouvaient contenir jusqu'à douze personnes. Au dessus de ces tables se trouvaient des balcons en plus. La pièce était d'une grandeur telle qu'elle égalait facilement les salles de réception de la période baroque et rappelait même celles que l'on pouvait voir dans les palais royaux. Harry ne put s'empêcher de penser que c'était très approprié puisque la fille à son bras était comme une princesse pour lui. Cela signifiait aussi que les tenues de soirée des premières et deuxièmes années ne seraient pas décalées.

Une très belle fontaine gravée occupait le centre de l'espace de danse et resplendissait grâce aux vingt magnifiques chandeliers en cristal.

Le fantôme de Serdaigle fit preuve d'un subtil sens de l'humour en demandant si la pièce ferait l'affaire et la réponse d'Harry montra qu'il avait bien retenu les leçons de Sirius.

« Ma Dame, j'apprécie la tentative de Poudlard d'égaler la beauté de ma cavalière, c'était une belle tentative. » Aucune personne encore vivante n'avait entendu la Dame Grise rire et le beau rire presque musicale leur donna envie de changer le surnom du fantôme de Serdaigle. Quand Helena souriait il n'y avait rien de gris chez elle, et il était évident qu'elle avait dû être d'une grande beauté quand elle était en vie.

« Nous avons pensé que les premières, secondes et troisièmes années apprécieraient les balcons, leur permettant ainsi de voir tout ce qu'il se passe – sans se sentir obligés de danser s'ils n'en ont pas envie. »

Cela s'avéra être une suggestion très appréciée quand les élèves mentionnés se dirigèrent vers les escaliers.

Dumbledore n'était pas le seul à être surpris du pouvoir que détenait ce deuxième année sur le château ni du changement opéré chez Dame Helena.

Hannah et Susan avaient invité Ernie et Justin comme cavaliers pour l'anniversaire annulé d'Hermione et avaient renouvelé leurs invitations pour ce bal. Parvati les surprit en arrivant au bras de Blaise Zabini, même si Padma s'étaient assurées de garder deux places à côté d'elle pour sa jumelle et son éventuel cavalier.

Colin se montra assez chevaleresque en se levant pour laisser sa place à la table d'Harry pour permettre à Ginny et Luna de les rejoindre, mais Poudlard le prit de court en augmentant la taille de la table. Il y avait non seulement assez de place pour Colin mais deux autres sièges étaient apparus. Et ils comprirent pourquoi en voyant Henrica arriver avec Sirius.

« Cela vous dérangerait-il que nous nous installions avec vous pour la soirée ? En bas, c'est juste… par Merlin ! Qu'est-ce donc ?! »

L'exclamation de son parrain les fit tous se retourner pour voir ce qui avait causé sa surprise. Tous les yeux étaient – comme il l'avait espéré – tourné vers lui. Si Gilderoy savait bien faire une chose, c'était faire une entrée – et quelle entrée !

Il l'avait prévu à la perfection, tout le monde était déjà arrivé mais le repas n'avait pas encore été servi. Il se tenait dans ce qu'il pensait être une posture héroïque, permettant ainsi à tous de bien le voir. Ses bottes en cuir noir lui montaient jusqu'au genou, ses talons lui ajoutant même un ou deux centimètres. Ces mêmes bottes se fondaient avec une paire de chausses rouges vives et rayées qui redonnaient un sens nouveau au mot serré.

Sa veste d'un bleu royal avait plus de boutons d'or que douze amiraux et il portait même un fourreau en cuir, pour sa baguette et non une épée. Son ensemble déjà bien ridicule était complété par une petite cape en fourrure jaune qu'il portait sur une seule de ses épaules. Seules ses « célèbres » boucles blondes étaient dénuées d'accessoire, il s'agissait après tout ce qui faisait sa renommée.

Harry lâcha un grognement, sachant ce qu'il était maintenant exigé de lui. Il se leva, constatant avec surprise qu'Hermione s'était levée à son tour pour l'accompagner.

« S'il essaie encore une fois de toucher mon petit-ami, je vais lui présenter à ma chère épée. » Tout le monde sourit autour de la table car ils savaient tous qu'Hermione l'accompagnait vraiment pour cette éventualité.

Le couple découvrit que le directeur les attendait en bas des escaliers, ils se dirigèrent tous les trois vers le professeur, toujours en train de poser. « Excusez-moi, Professeur Lockhart, je n'ai pas l'impression d'avoir vu votre Ordre de Merlin au milieu de tout cet or que vous portez actuellement. »

Hermione avait une meilleure place que tous les autres pour voir mais elle était sûre que toutes les personnes présentes en étaient venues à la même conclusion qu'elle. Dumbledore portait fièrement sa médaille et projetait sans peine l'image d'un vénérable chef d'état. Harry, d'un autre côté ressemblait à un jeune guerrier, même en s'avançant vers Lockhart, on pouvait voir qu'il était prêt à agir au moindre soucis.

Lockhart, lui avait délibérément opté pour une tenue au style militaire alors qu'il n'en avait pas le droit. Il voulait ressembler à un hussard mais avait juste l'air bizarre. Il ressemblait à quelqu'un qui aurait été éjecté des Village People et elle se demanda même un instant si elle pourrait convaincre le groupe de jouer Y.M.C.A.

Gilderoy se lança ainsi dans son plan de maitre et dévoila sa « médaille. « Ah, Monsieur le Directeur, j'étais sûr que vous alliez le remarquer. Vous voyez, quand la commission débattait de ma médaille, il a été mentionné que mon plus grand souhait était un monde en paix. Ils ont alors eu l'idée de créer une médaille spécialement pour moi. »

Le professeur de défense montra alors un ruban pourpre avec un symbole de paix en or, un symbole que tout le monde connaissait, même les gobelins. Hermione aperçut même une phrase qu'il avait essayé d'effacer « J'Aime New York ». Si Harry et même Dumbledore étaient frappés par l'audace du sorcier, l'esprit d'Hermione, lui fonctionnait à toute vitesse. Elle sortit son propre médaillon et l'accrocha au dessus de son cœur d'un coup de baguette.

« Oh, comme je suis idiote, j'ai oublié de porter mon Ordre d'Avis, Première Classe. Le comité des récompenses savait que mon plus grand souhait était un corbeau en or reposant sur mon cœur. La médaille de deuxième classe est bien sûr en argent et représente une épée. Dois-je comprendre que le comité connaissait aussi votre allergie au bronze et vous a fait une médaille en or pour votre Ordre de troisième classe ? »

Albus s'amusait à regarder ces deux élèves s'en prendre à quelqu'un d'autre pour une fois, jusqu'à ce qu'il aperçoit des reflets argentés au dessus de lui. Les actions de Miss Granger avaient déclenché une réaction en chaine parmi les premières années qui, tous, un par un, sortirent leur badge et le mirent, au même endroit que Miss Granger.

Une telle dévotion rappelait à Albus celle qu'avait inspirée un autre jeune homme dès sa quatrième année, Tom. Harry inspirait, lui déjà tous les premières années, ainsi que la majorité des secondes. Grâce aux jumeaux Weasley et au jeune Davies, il recrutait aussi chez les quatrièmes années ! Albus n'avait pas pu s'empêcher d'écouter le jeune Serdaigle raconter sa leçon de défense du matin et le fait qu'il avait plus appris en trois heures avec eux qu'en trois ans à Poudlard.

Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose avant de finalement décider de laisser Lockhart se débrouiller. Celui-ci, ne se rendant pas compte du sarcasme de Miss Granger avait rapidement confirmé le fait qu'il était en effet allergie au bronze.

Les trois sorciers le quittèrent alors, lui laissant l'illusion qu'il avait réussi à tromper tout le monde. Mais grâce aux leçons d'Henrica, toute la population étudiante savait maintenant qu'il mentait comme un arracheur de dents. Le fait que ni Harry, ni le directeur ne s'inclinèrent devant lui le leur indiqua aussi. La seule personne à y croire vraiment n'était nulle autre que lui-même, Gilderoy Lockhart.