Disclaimer: HP appartient à JK Rowling et cette traduction de RobSt n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 43 : Bon débarras !

Amélia avait l'habitude des appels de cheminette tardifs, ça faisait malheureusement parti des aléas du métier, mais celui d'Arthur Weasley la surprit certainement. « Qu'est-ce qui a pu mal tourner avec nos amis gobelins pour que vous me contactiez à cette heure de la nuit ? »

« Nous avons un problème Amélia, un très gros problème. Savez-vous qu'une élève de première année a été attaqué à Poudlard à Halloween ? La sorcière et le chat qu'elle portait ont tous deux été pétrifiés. »

« Non, je n'en savais rien ! Que s'est-il passé et quel est le rapport avec les gobelins ? » Amélia discernait bien le désespoir sur les traits d'Arthur.

« Personne ne sait ce qu'il s'est passé et l'étudiante était une bénéficiaire de la bourse Potter, c'était Luna Lovegood. Harry est apparemment devenu dingue quand il est revenu au château et a constaté que personne ne faisait rien. Il a envoyé un message d'urgence à son père et maintenant le château grouille de gobelins. Barchoke veut un rendez-vous dès que possible, soit au Ministère, soit à Gringotts. Luna est maintenant dans un centre médical gobelin car personne ne la traitait à Poudlard. »

Cette dernière phrase perturba Amélia. « Si Poudlard ne pouvait la traiter, pourquoi n'est-elle pas à Sainte Mangouste ? »

« Je n'ai pas été très exact, Poudlard pouvait la soigner – mais pas avant Mai ou Juin. »

« QUOI ! Mais c'est dans sept ou huit mois. »

« Oui je sais. Je pense que c'est là qu'Harry a craqué. Dumbledore voulait garder l'incident secret, son excuse étant que cette information pourrait causer des mouvements de panique. »

Amélia n'y croyait pas. « Ce qu'il voulait dire c'est ce que si ça se savait, ça pourrait lui coûter son travail – et c'est ce qu'il va se passer. Je vais aller à Gringotts et vous y retrouver. Mais avant je ferais mieux d'aller prévenir le Ministre que nous avons un problème. »

Amélia fut escortée dans un des couloirs du centre médical et découvrit qu'Arthur et Bill Weasley étaient arrivés avant elle. Elle comprit aussi immédiatement pourquoi Harry avait craqué : Luna Lovegood était aussi rigide qu'une statue, le chat d'Hermione étant aussi pétrifié sur ses genoux.

Barchoke ne perdit pas une seule seconde et alla droit au but. « Luna et Moonlight ont été découvertes comme ça après le festin d'Halloween. Ils étaient installés sur une alcôve près d'une fenêtre, certainement en train de regarder dehors. »

« Savez-vous ce qu'il leur arrive ? »

Le gobelin concéda que Poudlard avait eu le bon diagnostique, mais Barchoke ne tenta pas de dissimuler sa colère vis à vis de l'inaction du directeur. « Ils ont été pétrifiés, seul un filtre de mandragores peut contrer cette condition. Les serres de Poudlard ont des mandragores – les secondes années travaillent avec ces plantes en ce moment – mais elles ne sauront pas assez matures pour être utilisées avant l'été. Dumbledore estimait que c'était acceptable de laisser Mlle Lovegood dans cet état jusqu'à juin. Moi pas. »

Puis il expliqua ce qu'il avait fait. « Comme son père avait prévu une longue expédition dans plusieurs pays nordiques, il m'a temporairement laissé la responsabilité de Luna. Je suis responsable des enfants Granger, Lovegood et Creevey. Contrairement à Dumbledore, je prends mes responsabilités très au sérieux. Nous avons actuellement des gardes armés dans chaque dortoir et qui patrouillent aussi dans les couloirs de Poudlard. Si nous ne trouvons pas d'accord ce soir, je retirerai mes protégés juste après le petit-déjeuner – et je vous conseille aussi de faire de même avec Susan. »

Arthur remarqua immédiatement la confusion d'Amélia et il réalisa que Barchoke avait omis un détail primordial. « Amélia, ce que l'ambassadeur Barchoke a oublié de mentionner, c'est le message écrit sur le mur du couloir où on a trouvé Luna, un message écrit avec du sang. La chambre des secrets a été ouverte. Ennemis de l'Héritier, prenez garde ! »

« Nous avons vérifié dans les archives de Gringotts pour savoir qui était l'héritier de Serpentard. Son dernier descendant direct est Tom Marvolo Jedusor. » Bill lui laissa quelques secondes pour qu'elle comprenne la gravité de la situation. « Ce qui était écrit signifie donc que les ennemis de Voldemort seront les prochains. »

Amélia ne dit pas « Oh merde ! » mais elle pensa très fort. « Quelle a été la réaction de Dumbledore ? Je suis sûr qu'il ne doit pas approuver la présence des gardes gobelins dans Poudlard. »

La colère du gobelin fut tintée par du dégoût cette fois. « La réponse du vieux fou a été que tout le monde devait se réunir en de grands groupes, accompagnés par des préfets. La dame de Serdaigle a été obligée de signaler que les préfets étaient des étudiants eux aussi et qu'ils ne devraient pas être mis en danger ainsi par le directeur de Poudlard. »

Les implications de cette tactique coupèrent le souffle d'Amélia. « Mais cela pourrait simplement procurer une plus grande cible pour ceux responsables de cette attaque. »

« C'est exactement ce que j'ai dit, et Poudlard était d'accord avec moi. La présence des gobelins, cependant n'est que temporaire, juste pour essayer de limiter les dégâts pour l'instant. »

Amélia comprit aussitôt ce que disait Barchoke. Quand la nouvelle se saurait – et ce serait le cas – que les gobelins protégeaient Poudlard, le ministre se ferait tuer par ses citoyens pour ne pas avoir protégé les enfants du pays.

« Si le ministère pouvait imposer à nos amis gobelins de protéger le château jusqu'au déjeuner, je pourrais obtenir des escadrons d'aurors d'ici là pour reprendre en charge ces fonctions. »

Barchoke accepta rapidement, laissant Amelia lui demander s'ils avaient la moindre idée de ce qui avait causé la pétrification. Il n'avait pas de réponse pour le moment, seulement une théorie. « Il n'y a aucun sort connu de la nation qui peut provoquer cela, nous laissant à la recherche d'autres méthodes. Étant donné que les deux semblent avoir été pétrifiés instantanément, cela exclue l'administration d'une potion. Bonne chance pour essayer de verser une potion dans la gorge d'un fléreur, Moonlight ne serait certainement pas resté couché tranquillement sur les genoux de Luna. La Chambre des secrets se réfère à Salazar Serpentard, nous faisant penser à serpents. Notre meilleure estimation en ce moment est une créature similaire à Méduse. »

Amelia avait compris cette théorie, elle ne voulait certainement même penser à ce qui se serait produit si un groupe d'étudiants avait rencontré quelque chose comme ça.

Barchoke avait plus à offrir. « Nous avons actuellement alerté toutes les branches de Gringotts, indiquant que nous avons besoin de mandragore matures pour la potion. Nous espérons que Miss Lovegood sera rétablie dès la fin de la semaine, elle sera notre meilleure chance pour avoir des informations. »

La réunion arrivait à sa fin mais Arthur avait une dernière question pour Barchoke. « Ambassadeur, j'ai remarqué que vous ne mentionnez pas votre fils parmi ceux que vous retirerez de Poudlard ? »

« Mon fils est un centurion, un des trois actuellement déployés pour protéger Poudlard. Il a des patrouilles jusqu'à minuit avant de recommencer à 06:00. Avec ses connaissances du château et le statut de Champion de Poudlard, il sera très précieux pour les forces que nous avons là-bas. Comprenez s'il vous plait Monsieur Weasley, que son statut de centurion a fait de lui un adulte dans notre société. Mon fils va écouter les conseils de son père mais prendra ses propres décisions. »

Harry était actuellement en train de céder ses fonctions et la carte des maraudeurs à l'un de ses collègues centurion, Splitnose. « La carte montre la position de chacun dans le château, même nous. Si vous avez besoin de moi, parlez à l'un des fantômes ou des portraits, ils transmettront rapidement un message. »

Plutôt que d'être ennuyé par l'âge du centurion qui lui offrait des conseils, Splitnose accepta avec gratitude le magnifique cadeau qu'il venait juste de recevoir. « C'est une œuvre d'art et offre un grand avantage stratégique à celui qui le tient. Qui a fait cela ? »

« Les maraudeurs étaient un groupe d'étudiants dont mon père, mon parrain et Remus Lupin. Mon père travaille sur l'idée d'impliquer les deux maraudeurs restants avec maître Flitwick afin de produire quelque chose de similaire pour Gringotts. Cela verra à travers les capes d'invisibilité, les déguisements et même le Polynectar. »

« Ce serait en effet une amélioration bienvenue à Gringotts en terme de sécurité. Bonne nuit, centurion, je vous verrai à six heures. »

Harry entra dans la salle commune de Serdaigle pour trouver trois sorcières l'attendant encore. Hermione et Padma, il avait prévu qu'elles l'attendraient mais il n'avait prévu la colère de Penny.

La préfète s'excusa immédiatement. « Je suis désolé, Harry. Nous sommes tous tellement habitués à voir Luna avec vous les gars que je n'ai même pas remarqué qu'elle manquait. »

« C'est OK, Penny, au moins tu es inquiète pour elle. Mais l'absence d'inquiétude de Dumbledore est écœurante, pour lui il était acceptable de laisser Luna comme ça jusqu'à l'été. » Harry s'est effondré sur le canapé dans l'espace qu'Hermione et Padma lui avaient laissé.

Cela avait été une longue journée, et Harry avait été en service depuis qu'ils étaient revenus à Poudlard. En le voyant dans sa tunique quand il patrouillait le château avec une escouade de guerriers gobelin pourrait certainement renforcer l'idée qu'il était d'abord un centurion et seulement ensuite un étudiant de Poudlard. Hermione lui laissa un instant avant de poser la question qu'ils mouraient tous de poser.

« Avez-vous découvert plus de choses ? »

» La Chambre des secrets a été apparemment construite par Salazar Serpentard et la rumeur veut qu'elle contient quelque chose qui permettrait de nettoyer l'école. Je ne pense pas que nous parlons ici d'une nouvelle serpillère et d'un seau pour Flitch. »

Penny avait écouté cela avec horreur. « Connaissant les Serpentard, nettoyer reviendrait à se débarrasser de ceux dont le sang est censé être entaché. Mais Luna n'est-elle pas une sang pur ? »

Un clin de œil de Harry lui indiqua qu'elle avait raison, mais que ce n'était pas tout.

« Il paraît que cette chambre a été ouverte avant, curieusement quand Tom Jedusor était un étudiant ici. Mais à l'époque une étudiante était morte, nous la connaissons comme Mimi Geignarde. Elle est morte dans ses toilettes après avoir entendu la voix d'un garçon, elle allait sortir pour se plaindre qu'il ne devrait pas être là et une grosse paire d'yeux d'or a surgi de nulle part et c'est la dernière chose dont elle se souvient. »

Padma avait essayé de comprendre les implications de cette découverte. « Donc le fait que Luna soit une sang pur et encore en vie pourrait signifier que nous pourrions avoir affaire à quelque chose de complètement différent ici ? »

Même si sa question était valide, Harry ne pensait pas qu'elle avait raison. « Voldemort s'est vanté qu'il descendait de Serpentard. Si c'est vrai alors n'importe quel de mes amis pourrait certainement être considéré comme un de ses ennemis. Actuellement, nous pensons que Luna et Moonlight peuvent avoir vu seulement un reflet de ce qui les a pétrifié. J'ai très peur de ce qui pourrait réussir à se faufiler derrière un fléreur sans qu'il ne le remarque. »

Hermione se blottit dans son épaule, essayant de les réconforter tous les deux. « Poudlard ne peut pas te dire où est cette chambre ? »

« C'est comme si la connaissance avait été cachée au château, cela a été fait il y a mille ans. La carte du maraudeur est liée aux protections de Poudlard, et la chambre n'apparaît pas non plus sur la carte. Avec la fête qui battait son plein et tous les fantômes à l'anniversaire de mort de Nick, c'était le moment idéal pour frapper. »

Harry se tourna ensuite vers Hermione. « Il va falloir reporter notre entrainement de demain, je suis de patrouille à six. Heures. Il faut que j'y aille et que je rédige un rapport pour mon père et maître Pitslay apportera certainement les dernières nouvelles avec lui demain. »

Elle ne m'attendait pas qu'ils s'entrainent le lendemain mais Hermione avait une autre question pour lui. « Vas tu suivre le cours de potion demain ? »

» Cela dépend des nouvelles qu'apportera Master Pitslay. Je vais être en service jusqu'à ce que nous soyons remplacés - ou forcés à partir. Si on en arrive là vous ferez tous ce qu'il faut pour sortir du château, j'ai autant en confiance Dumbledore qu'en la possibilité que Colin puisse soulever Hagrid. »

Hermione sentit une décharge de fierté la traverser, alors qu'elle marchait avec Padma et leurs amis vers la Grande salle pour le petit déjeuner. Harry, non – le Centurion Crow conduisait la maison Serdaigle jusqu'à la grande salle. Dame Helena était à ses côtés et l'escouade de six gobelins guerriers sous son commandement semblait prête à tout. Sachant que son compagnon et ses amis comptaient sur lui, Harry semblait n'avoir rien laissé au hasard. Il y avait des guerriers postés à chaque jonction sur le chemin, et les guerriers les rejoignaient dès que les étudiants passaient devant eux.

Harry lui avait également dit que le Centurion Splitnose avait un poste de surveillance près de l'endroit où Luna et Moonlight avaient été découverts. Avec la carte des maraudeurs et dix guerriers gobelins, Splitnose surveillait tout le monde alors qu'ils se dirigeaient pour le petit déjeuner - et ils étaient prêts à intervenir dès les premiers signes de détresse.

Elle voyait enfin Harry dans son milieu naturel, ainsi que le reste de Serdaigle. Il était au moins aussi grand que les Gobelins sous son commandement et probablement le plus large d'épaules. Sa jeunesse tout d'un coup ne semblait pas si importante, et chaque gobelin sous son commandement savait que leur centurion serait largement à la hauteur dans toute bataille qu'ils seraient forcés de mener.

Ils arrivèrent dans la grande salle sans incident et même si l'atmosphère était certainement tendue, chaque élève se sentait plus sûr maintenant que les gobelins étaient parmi eux.

Albus ne semblait pas vouloir le croire et il se plaint bruyamment à son adjointe. « C'est pourquoi je voulais taire cet incident, car des enfants effrayés ne peuvent pas étudier correctement. »

Minerva répliqua immédiatement. « Les enfants pétrifiés non plus, Directeur. Je préfère de loin voir les étudiants sûrs que transformés en statue, leur sécurité est notre responsabilité après tout. »

« Le château est parfaitement sûr, Miss Lovegood aurait été en pleine santé si elle avait assisté à la fête, comme elle était censée le faire. »

Cette fois c'est Filius qui attaqua Albus. « Il s'agit d'une jeune fille de onze ans qui avait probablement le mal de chez elle et dont la plupart de ses amis étaient hors du château. Votre théorie comme quoi les étudiants sont sans danger, parce que vous le dites, est d'une stupidité sans nom ! Étiez-vous au courant que M. Creevey s'était glissé hors de tour de Gryffondor pour rendre visite à son amie à l'infirmerie ? Qu'en est-il des trois couples différents qui ont été trouvés à fréquenter divers placards à balais dans le château ? C'est pourquoi Harry a dû mettre des gardes à chaque entrée des Maisons, aussi bien pour que les élèves ne puissent pas en sortir ou qu'autre chose n'y rentre. »`

« Comme je l'ai dit, s'ils faisaient ce je leur ai demandé, toute cette situation aurait pu être évitée. »

C'était la première fois que quelqu'un énervait Henrica à ce point. « C'est parce qu'ils sont comme vous, monsieur le Directeur. Ils sont sûrs de toujours savoir mieux que les autres et n'ont aucun concept de leur propre mortalité. Heureusement, ils finiront par grandir et gagneront enfin un peu de maturité. Vous êtes cependant un cas désespéré. »

Filius ne put contenir son rire alors leur plus jeune professeur de Poudlard venait de rembarrer avec tant de succès le plus ancien d'entre eux. Harry s'approcha d'Hermione avec une proposition.

» J'ai vraiment besoin de manger avec les guerriers, et ma compagne serait certainement la bienvenue pour se joindre à moi. »

Padma prit la décision pour Hermione. « Vas-y, je veux aller voir comment va Parvati - et prendre le petit déjeuner avec Neville. »

Hermione fut rapidement accrochée au bras de Harry, prenant position à la table que Poudlard avait fourni à ses gardes gobelins. Personne n'en parla à la table des Serdaigles, car ils étaient trop occupés à essayer de comprendre quand Padma avait appris à parler le gobelin. Au bras de son compagnon centurion, Hermione avait été traitée avec le plus grand respect par les guerriers gobelins. Le respect avec lequel ils la traitaient avait encore augmenté lorsque Master Pitslay était arrivé et avait parlé avec eux deux.

Les gardes partirent avant les étudiants pour prendre des positions à des endroits stratégiques prédéterminées dans le château, laissant les professeurs récupérer leurs élèves et les amener à leurs salles de classe.

Toutes les salles de classe des aurors étaient vides, Amelia les avait tous rassemblé pour continuer leur formation. Les yeux et oreilles des apprentis seraient tout aussi utiles que ceux des aurors titulaires avec lesquels ils devraient travailler. C'était plus pour inonder Poudlard d'aurors en uniforme et avoir les renforts nécessaires pour faire face à toute menace. Son plan était simple, protéger les enfants jusqu'à Noël et puis évacuer le château. Barchoke avait promis l'aide des gobelins pour fouiller tout Poudlard et trouver cette fameuse chambre, Amelia espérait qu'elle serait occupée ce Noël à nouveau. La raison pour cela était simple, cela signifierait que tous les enfants étaient en sécurité chez eux- et pas pétrifiés ou à la morgue.

Elle entra dans la Grande Salle avec cinquante aurors à ses côtés au moment du petit-déjeuner, avec un ambassadeur gobelin d'un côté et le ministre de la magie de l'autre. Le trio à l'avant s'approcha de la table des professeurs alors que Dumbledore se levait pour les accueillir.

« Cornelius, est-ce vraiment nécessaire ? »

Amelia le coupa immédiatement « Directeur Dumbledore, avez-vous sciemment omis dans votre devoir d'informer un parent ou un tuteur que leur enfant avait été blessé ? »

« Non. »

Cela désarçonna Amelia pendant une seconde. « Vous n'avez pas informé le père ou le tuteur de Mlle Lovegood qu'elle avait été attaquée ... »

« Techniquement, Mlle Lovegood n'a pas été blessée. Elle aurait fait un rétablissement complet lorsque nous administrerons la potion de mandragores. »

Barchoke prouva ensuite que le sens de l'humour des gobelins était des plus fins. « Techniquement, monsieur le Directeur, si je plongeais mon couteau dans votre cage thoracique, vous subiriez une crise cardiaque et mourrez. Mais quel que soit le terme que vous utiliseriez, vous seriez toujours mort. »

Ceci fut hurler de rire Harry et le reste des gobelins. Hermione quant à elle, leva les yeux au ciel, cherchant une intervention divine- car elle n'arrivait toujours pas à saisir le sens de l'humour gobelin.

Le ministre prouva ensuite qu'il n'était pas ici parce qu'il aimait visiter les highlands écossais en Novembre. « Je pense que le fait est que vous a clairement manqué à votre obligation de protection envers cette jeune fille. Même si vos actions avant l'attaque pouvaient être excusées, votre manque total d'action ensuite frise le comportement criminel. C'est en mon pouvoir de vous suspendre jusqu'à ce que le Conseil administratif se rencontre, et j''ai bien l'intention de le faire. ».

Cette déclaration fit vaciller Albus qui s'assit tandis que le ministre se tourna vers Minerva. « Professeur McGonagall, pouvez vous prendre le contrôle de Poudlard ? Le ministère assumera la responsabilité pour la sécurité du château, et je ne pourrais remercier assez nos amis gobelins pour avoir protégé les étudiants jusqu'à ce que nous puissions arriver. »

Ce commentaire fut récompensé par quelques étudiants qui commencèrent à applaudir leurs protecteurs gobelins, un geste qui se propagea à toutes les tables des quatre Maisons. Amelia demanda à Harry s'il pouvait travailler avec elle jusqu'à l'heure du dîner et la professeur Chourave donnant instantanément son consentement en l'exemptant de son cours d'herbologie. Cela permettrait à la transition d'aller beaucoup plus en douceur et de donner Barchoke plus de temps avec son fils. Il avait une réunion ce soir qui était inévitable, et il savait que cela se transformerait de nouveau en désastre.

L'Ambassadeur gobelin avait utilisé toute sa diplomatie en incluant Sirius lors de sa visite à Crawley, Barchoke avait besoin de toute l'aide qu'il pourrait obtenir. Cela sembla bien vu dès l'instant où Dan leur ouvrit la porte.

« Que s'est-il passé ? Nous les avons vus hier! » L'éclat de Dan attira Emma qui arriva en courant. Barchoke essaya de les rassurer.

« Dan, Emma, je les ai vus juste avant leur dîner. Ils vont tous les deux très bien, mais nous pensons que le danger dont parlait Dobby vient juste d'apparaître. »

Dan avait envie de crier pour savoir pourquoi Hermione était encore dans le château mais il avait appris sa leçon depuis la dernière fois qu'il a fait cela. Sachant que ces deux enfants pourraient faire au diable pour protéger leur famille, il fit son mieux pour tenir sa langue pour l'instant. Il allait écouter ce qui se passait et s'assurerait que son point de vue soit pris en compte quand ils prendraient leur décision.

Les quatre adultes s'installèrent sur le canapé, puis Barchoke tenta d'expliquer ce qui se passait. « Quelque chose a attaqué Luna et Moonlight à Halloween, en le pétrifiant toutes les deux. Il existe une potion qu'elles recevront dans quelques heures à Gringotts et elles seront comme neuves. Les différentes filiales de Gringotts du monde entier sont en train d'obtenir l'ingrédient principal. En apprenant que Dumbledore avait l'intention de ne faire rien au sujet de cette situation, Harry m'a envoyé un message d'urgence. L'escouade de guerriers gobelins que j'ai postée à Poudlard hier soir m'a assuré que rien n'était arrivé depuis. »

Dan sentit son rythme cardiaque revenir à un rythme normal. La main d'Emma serra la sienne et lui confirma qu'elle se sentait pareil. Barchoke avait encore plus de bonnes nouvelles pour les parents inquiets.

« J'ai vu Amélia la nuit dernière et lui ai expliqué ce qui devait arriver, sinon je serais obligé de retirer les élèves dont je suis responsable. Elle est arrivée à Poudlard avec une cinquantaine d'aurors ce midi. Elle est également venue avec le ministre de la magie, qui a pris grand plaisir à suspendre Albus Dumbledore. McGonagall est responsable de l'école et de nombreux aurors s'occuperont de la sécurité du château. Le plan consiste à prévenir tout incident plus et puis retourner le château de parts et d'autres pour trouver le responsable pendant les vacances de décembre. »

Emma avait remarqué que Barchoke avait omis quelque chose et elle doutait de la réponse. « Vous n'avez pas parlé d'Harry, je suppose qu'il va rester dans le château ? »

Sirius n'était pas content s'assura que tous comprennent son mécontentement. « Harry a en fait dirigé des patrouilles dans le château hier soir et, comme les autres gobelins, il sera fortement impliqué dans toutes les recherches de Poudlard à Noël. »

Barchoke compris son agacement, et il ressentait un peu de sympathie pour sa position, mais il connaissait Harry mieux que quiconque – même si Hermione le rattrapait rapidement.

« Harry est un centurion et, comme je l'ai dit plusieurs fois, sa position est méritée. La nuit dernière, il a dirigé une escouade de guerriers pour la première fois et je n'ai entendu que de bonnes choses le concernant, mon fils a exercé ses fonctions admirablement. Vous continuez à le voir comme un garçon de douze ans, mais mon fils n'est pas comme les autres garçons de son âge que vous avez pu rencontrer. Pendant des années, il a entrainé son corps et son esprit pour être semblables à des armes. Harry est ainsi et il faut lui faire confiance, il sait ce qu'il fait.

Emma sentit que la dernière phrase visait tout aussi bien Barchoke qu'eux. Elle essaya de rassurer un peu le gobelin. « Eh bien, je pense que nous savons tous qu'Hermione ne va pas être heureuse si elle doit passer Noël loin d'Harry. Juste pour être clair, il est hors de question que notre fille soit proche de Poudlard quand vous recherchez activement la créature qui a fait ça.»

Son mari hocha la tête pour montrer son approbation, puis il donna son avis. « Même si je ne suis complètement d'accord avec ce que vous avez fait pour assurer leur sécurité, je veux être clair sur une chose : si les attaques recommencent, Hermione quittera Poudlard. »

Cela suscita un soupir de soulagement de Barchoke, soulagement de voir à quel point les deux parents se montraient compréhensifs. « Amélia a déjà reçu des ordres comme quoi, s'il devait y avoir une attaque, alors le château serait évacué et Poudlard fermée jusqu'à ce que le problème soit résolu. Elle n'est pas plus heureuse que nous avec cette situation, Susan est après tout dans le château elle aussi. Ces plans sont susceptibles de changer lorsque nous aurons mis la main sur des mandragores matures et que Luna se sera réveillée. Si la situation s'avère plus dangereuse que prévue, elle fermera l'école immédiatement. »

Même si l'idée qu'Hermione rentre plus tôt chez eux avait un certain attrait pour Dan et Emma, l'idée que leur fille soit en danger était des plus alarmantes.

Leur fille venait juste de terminer son diner et disait à son compagnon ce qu'ils devraient faire ensuite. « Harry, il faut aller à la bibliothèque. » Ce dernier le regarda d'un air vide jusqu'à ce qu'elle élabore. « Il doit y avoir une information qui nous aidera à identifier ce qui est responsable des pétrifications. Et je veux aider à l'arrêter – et venger aussi Luna et Moonlight. »

Roger détesta mettre un frein à son enthousiasme mais il essaya de lui montrer l'ampleur du problème auquel ils étaient confrontés. « Hermione, même si je suis d'accord que la bibliothèque pourrait avoir cette information, ce serait comme chercher une aiguille dans une meule de foin. »

« Bien, nous savons que ce n'était pas un sort ni une potion qui les a pétrifiés. L'explication la plus logique serait que c'est une créature magique ? Et vu qu'il s'agit de Salazar Serpentard, je pencherai pour un serpent. Il nous faut maintenant trouver un serpent aux yeux dorés dont le regard tue ou pétrifie ses victimes selon qu'elles le regarde directement ou non. Je dirais que cette information compare notre recherche à trouver une assez grosse aiguille dans une botte de foin, non ? »

Roger, comme les autres Serdaigles qui étaient à portée de voix, était bouche bée. Elle n'avait donné aucune nouvelle information mais avait tout simplement assemblé toutes les informations connues sur ces attaques et formé une théorie difficile à réfuter.

Harry, très fier d'elle, lui prit la main et ils partirent ensembles à la bibliothèque. Derrière eux, Roger secoua la tête en murmurant à voix basse. « Ces deux là, c'est quelque chose. »

Padma était assise en silence, préoccupée par sa jumelle. Parvati semblait ne pas avoir dormi de la semaine et elle était toute tendue. Puis Padma tourna son regard vers Blaise, se promettant silencieusement d'utiliser les pires malédictions qu'elle connaissait sur ce sorcier s'il était responsable de l'état de Parvati. Le serpentard ne regardait même pas Parvati ou Padma ce qui rendait cette dernière encore plus confuse. Entendant les murmures de Roger, elle lui donna une réponse inattendue.

« Et encore, Roger, tu n'en connais pas la moitié. » Elle se leva pour rejoindre ses amis à la bibliothèque, sachant que Neville ne quitterait pas Colin des yeux. Elle ne servait à rien ici et le projet de recherches à la bibliothèque était exactement ce dont elle avait besoin pour se changer les idées.

Lucius n'avait pas le temps de réfléchir à ses propres ennuis, en effet il n'arrivait déjà pas à gérer Narcissa, absolument furieuse. Sa femme venait juste de lui jeter la Gazette du jour à la figure. Il n'arrivait pas à se réjouir de l'accomplissement d'un de ses buts : faire renvoyer Dumbledore.

« Dis-moi que tu n'as rien à voir là dedans ? » Lucius ne répondit pas à sa femme.

« Notre fils est dans ce château, promets moi qu'il n'est pas en danger ? » Une nouvelle fois, il ne sut pas comment répondre à Narcissa.

« Arrête ça, je te demande de mettre fin à tout ça immédiatement. »

Cette fois, il avait une réponse pour sa femme et malheureusement il savait déjà qu'elle n'allait pas apprécier. « Je ne peux pas, c'est hors de mon contrôle maintenant. Crois moi, j'ai essayé mais c'est impossible. »

Cette fois, c'était Narcissa qui n'avait plus rien à dire. Elle sortit simplement de la pièce. « Où vas tu ? On ne peut rien dire ou faire. Je pourrais finir à Azkaban et les Malfoy n'auraient plus une noise. »

La sorcière, furieuse, se retourna immédiatement. « Je me fous de tout ça Lucius ! La vie de Draco pourrait être en danger ! Comprends bien une chose Lucius, j'ai donné naissance à ce garçon et je le protégerai même au péril de ma vie. Même si ça signifie te faire tomber, je n'hésiterai pas. Veux tu essayer de m'empêcher d'aller à Poudlard ? »

La fureur dans ses yeux ainsi que sa baguette crépitante convainquirent Lucius qu'il valait mieux qu'il s'efface pour l'instant. Il secoua la tête, ce qui était probablement la chose la plus intelligente qu'il ait fait de la matinée.

Minerva se leva après le petit déjeuner pour parler à ses étudiants, c'était sa première fois en tant que Directrice intérimaire. « Bien que nous nous trouvions dans une situation des plus inhabituelles, je pense qu'il est important que Poudlard continue de fonctionner aussi normalement que possible – malgré les nouvelles mesures de sécurité dans nos murs. A cet effet, j'ai décidé que le club de défense des premières années sera maintenu ce soir… »

Minerva fut obligée de s'interrompre alors que tous les jeunes sorciers de première année s'étaient levés en applaudissant vivement cette nouvelle. Elle laissa le bruit s'estomper, puis elle continua. « Même si le professeur Lockhart a généreusement proposé de diriger le club ce soir, garantissant ainsi la sécurité de chacun, j'ai décidé qu'il serait suffisant d'assigner une escorte d'aurors ce soir qui aidera les professeurs Flitwick et Hobson à gérer le club. »

Gilderoy se rengorgea en entendant son nom, manquant totalement le sarcasme de Minerva. Les étudiants, eux, l'avaient remarqué et ricanèrent bruyamment. Tout le monde à Poudlard, à l'exception de Gilderoy, savaient que les Maraudeurs de Crow seraient bien plus en sécurité avec les quatre deuxièmes années qu'avec Lockhart le Menteur.

« Deux aurors viendront chercher les premières années de chaque maison et les mèneront au septième étage. Je ne permettrai à personne de se promener ailleurs – est-ce bien clair M. Creevey ? »

Colin avait peut être la tête baissée mais tout le monde l'entendit dire « Oui Professeur. »

Puis Minerva balaya la Grande Salle de son regard d'acier. « Ce n'est pas un jeu, il est maintenant évident que seule la chance a permis à Luna Lovegood de survivre de façon relativement indemne. Ces aurors sont ici sur l'ordre du Ministre de la Magie. Ils risquent leurs vies pour notre protection, quiconque désobéira à ces ordres se retrouvera chez lui aussi vite que possible. Tout le monde a-t-il compris ? » Un chœur de « Oui professeur » résonna aussitôt et Minerva se rassit.

Son postérieur ne s'était pas encore posé sur sa nouvelle chaise que l'auror aux cheveux roses entra aux côtés de Narcissa Malfoy. Tout le monde remarqua que deux autres aurors s'étaient placés derrière elles, même si Narcissa ne les avaient probablement pas vus. Ses yeux avaient aussitôt balayés la table des Serpentards, tant elle cherchait frénétiquement le visage de Draco. Quand elle l'aperçut, indemne, une grande partie de sa tension la quitta. Puis elle s'avança vers la table des professeurs.

« Mme Malfoy, quel plaisir inattendu. Qu'est-ce que Poudlard peut faire pour vous ? »

Minerva resta polie, mais elle savait déjà que l'intervention d'un ou d'une Malfoy n'était pas de bonne augure pour l'école.

Narcissa voulait qu'elle et Draco sortent au plus vite de ce château, elle n'avait pas de temps à perdre en courtoisie. « Pardonnez moi d'interrompre votre petit-déjeuner, Professeur, mais le mien a été gâché par l'arrivée de la Gazette. Il est peut-être acceptable pour vous de mettre en danger nos enfants, mais je n'ai pas l'intention de laisser mon fils dans ce château alors que de telles attaques ont lieu. J'emmène Draco de suite chez nous. »

« C'est votre droit Madame Malfoy, une fois que vous aurez signé le parchemin approprié. Je n'apprécie pas vos sous-entendus concernant le danger que je fais courir à mes étudiants. Le ministère s'occupe de la sécurité du château et je trouve qu'ils font un excellent travail… » Minerva s'était hérissée d'indignation et cela ne s'arrangea pas quand Narcissa l'interrompit.

« J'ai bien peur de n'avoir aucune confiance en votre ministère et je ne compte pas laisser la sécurité de mon fils à des gens pareils ! » Narcissa fit comprendre à tout le monde qu'elle parlait de l'auror aux cheveux roses qui ne l'avait pas quittée depuis qu'elle était entrée dans le château.

Tonks, cependant, n'avait pas l'intention de rester là sans rien faire et d'accepter docilement ces insultes. Elle sut immédiatement comment répliquer. « Ça alors, Tatie, je ne savais pas que tu m'avais reconnue ! As-tu entendu que Sirius a restauré ma mère dans la famille Black ? Et il en viré ses deux sœurs par contre, il n'a pas aimé les choix qu'elles ont fait. Mais ne t'inquiète pas Tante Cissy, je vais continuer à te parler. »

Narcissa fulminait de voir ses problèmes familiaux exposés devant tant de personnes. Elle se retourna vers Draco. « Viens Draco, il est temps de rentrer… »

« … Mais Mère, le faut-il vraiment ? Et mes affaires ? »

« Oui Draco, il le faut. Dobby récupèrera tes affaires… »

Ce fut comme une explosion dans la tête de Padma alors que son esprit vif réalisa que Dobby était l'elfe de maison des Malfoy. Son halètement de surprise resta cependant bien au fond de sa gorge. Padma était bien plus inquiète à cause de la forte pression qu'une main venait d'exercer sur sa cuisse. Elle baissa le regard et vit que c'était Harry et comprit alors qu'elle avait été sur le point de révéler une information vitale.

Elle hocha légèrement la tête, montrant à Harry qu'elle se contrôlait et il relâcha sa prise. Elle vit aussi que l'autre main d'Harry était également serrée sur la cuisse d'Hermione ce qui la rassura un peu.

Draco commençait aussi à comprendre ce que sa mère ne disait pas et il n'était pas content. « … Et Pansy, peut-elle aussi venir ? »

Narcissa sentit qu'elle révélait plus d'informations qu'elle ne voulait, mais elle ne pouvait rien y faire. « Draco, seuls ses parents peuvent signer le parchemin nécessaire. Maintenant, allons signer ce papier et rentrons. »

Tous les serpentards et une bonne partie de l'école comprirent le message qu'envoyait Draco à Pansy via sa posture. Quand elle hocha la tête légèrement, tous surent que ce ne serait pas surprenant si les Parkinson arrivaient bientôt pour récupérer leur fille – dès que celle-ci pourrait aller à la volière.

Dès que McGonagall emmena les Malfoy dans son nouveau bureau, le reste des étudiants se prépara pour leur premier cours de la journée. Alors le trio de Serdaigles se préparait à suivre leur chef de la maison pour le cours de sortilèges, ils furent rejoints par Neville. « Harry, tu t'intéresses à Padma aussi ? Parvati a certainement repéré ce qui s'est passé, je suis sûr que vous serez bientôt le sujet de discussion de l'école avant midi. »

« Désolé pour ça, j'avais besoin d'un moyen de distraire ces deux là pour ne pas les laisser dire des choses que nous voulons garder tues pour l'instant. Certes, cela a fonctionné et si les gens en parlent, ça détournera leurs esprits des problèmes actuels. »

« Oh, alors maintenant, je suis juste une distraction, Crow ? Je me sens tellement exploitée. Neville, je pense que tu devrais affronter cette canaille en duel, mon honneur est en jeu ici. »

« Euh Padma,… il nous bat tous les deux réunis - avec Hermione aussi - chaque semaine. Je pense que je vais passer mon tour. »

Ses trois amis apprécièrent l'humour et sa détermination à rester positive, même si sa relation avec sa jumelle semblait compromise.

Neville avait une information qui pourrait peut-être les faire un peu rire.

« Maintenant que Malefoy est parti, la théorie de Ron comme quoi Draco était l'héritier de Serpentard – et donc le responsable des attaques – tombe à l'eau. »

Hermione secoua la tête. « Je pense qu'apprendre qu'il a émis une théorie est plus choquant que ce que cette théorie était. »

Cela souleva un rire dans le groupe, mais Neville n'en avait pas encore fini.

« Oh, il avait bien plus qu'une seule théorie. Ron avait élaboré un plan pour prouver qu'il avait raison. »

Neville, remarquant qu'il avait l'attention de tous ses amis, leur révéla ensuite le reste. « Il a en quelque sorte entendu des rumeurs comme quoi Harry possédait une cape d'invisibilité. Je devais te demander si Ron pouvait l'emprunter. Il était sûr de pouvoir entrer dans la salle commune de Serpentard et que Malefoy allait confirmer sa théorie devant lui. »

Hermione exprima son mépris vis à vis de cette idée. « … .et il pensait qu'une cape d'invisibilité allait le protéger contre ce qui s'attaquait aux élèves ? »

« En fait, oui. Ron a déclaré que, si cette chose ne pouvait pas le voir alors ses yeux ne pouvaient pas l'affecter. » Neville présenta cet argument, sans savoir lui-même si c'était possible. Hermione fut immédiatement en hyperventilation.

« C'est... C'est… C'est soit la chose la plus idiote dont j'ai jamais entendu parler – ou du pur génie. » Elle se tourna vers Harry pour avoir de l'aide.

Il haussa seulement ses épaules. « Je vais en parler à mon père en plus des autres nouvelles, on parle toujours un peu de toute façon après le cours de défense. »

« Vous avez des nouvelles ? »

L'espoir dans la voix de Susan leur brisa le cœur puisqu'ils ne pouvaient pas vraiment lui en dire plus.

« Désolée Susan, c'est juste que tout ce que nous entendons est ensuite transmis à mon père. Je suis certain que toutes les informations importantes seront transmises à ta tante. »

Elle hocha la tête. « C'est si difficile, j'ai l'impression d'être inutile. »

Padma suggéra quelque chose à Susan et Hannah.

« Nous voyons les maraudeurs ce soir, mais demain nous serons de retour à la bibliothèque pour nos recherches. Nous essayons de découvrir ce que pourrait être la créature, vous êtes les bienvenues pour nous aider. »

Les deux jeunes filles acceptèrent rapidement cette invitation puis Hannah posa une autre question. A-t-on des nouvelles de Luna ? »

Ils virent tous la colère à peine contenue dans les yeux d'Harry à l'évocation du nom de la jeune fille.

« Nous en saurons plus après le cours de défense. Aux dernières nouvelles, mon père avait toujours l'espoir que Luna nous revienne d'ici ce week-end. »

Hermione glissa son bras autour d'Harry pour essayer de le réconforter, sachant combien l'attaque sur Luna l'avait affecté. Elle-même allait sans doute passer un Noël misérable sans lui. Mais elle ne voulait pas se plaindre, car Harry était ainsi. Padma étant déjà au fond du gouffre et Smita et Ramrao étant déterminés à découvrir ce qui n'allait pas chez leurs filles jumelles, cela pourrait bien être le pire Noël qu'ils allaient tous passer.

Albus Dumbledore se trouvait à l'extérieur du village de Pré-au-Lard et leva son regard vers le château majestueux qu'était Poudlard. Cela faisait exactement cent ans ce mois de septembre qu'Albus alors âgé de onze ans, avait mis les pieds dans cette enceinte sacrée date anniversaire qui avait été marquée par la sortie de ce livre de Skeeter, source de tous ses ennuis. Ce n'était pas strictement vrai si, ses ennuis avaient vraiment commencé l'année précédente, avec l'arrivée de Harry au château.

Maintenant que Albus avait quitté Poudlard, il se trouvait en mesure de réfléchir à cette dernière année et d'identifier les erreurs flagrantes qu'il avait faites. La plus grande était d'avoir sous-estimé la force de ses adversaires, une erreur qu'il n'avait jamais pu réparer.

Albus savait avec certitude que la Conseil de Poudlard allait le renvoyer de force de son poste de proviseur dès que possible, il n'avait pas l'intention d'attendre et de leur donner ce plaisir.

Sa réputation était peut-être en lambeaux, et ses décisions avaient dernièrement été douteuses au mieux. Mais il était encore Albus Dumbledore, l'un des magiciens les plus puissants du monde. Il était temps de se créer un nouvel avenir pour lui-même. Albus comprenait mieux que quiconque que son destin était irrévocablement lié à celui de Poudlard et de son champion, Harry Crow né Potter.

Il faudrait qu'il en tienne compte dans ses projets futurs. Et il ferait tout pour que ses projets lui vaillent un retour triomphant en Grande-Bretagne et à Poudlard.

Avec un dernier regard d'envie vers le château, Albus proclama « Je reviendrai! » Puis il transplana vers ce que le futur avait en réserve pour lui.