Disclaimer : HP appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire de RobSt que Sachatouil et moi faisons n'est pas utilisée à des fins commerciales
Reviews : C'est l'heure de notre rendez-vous hebdomadaires… je ne m'attarde pas plus et vous souhaite une bonne lecture ! (PS : nous cherchons toujours un bêta).
Chapitre 52: Ordres de Merlin
Le silence à table pendant le petit déjeuner alerta Sirius que quelque chose n'allait pas, il lui fallut un seul coup d'œil vers la Gazette pour comprendre. "Une autre créature des ténèbres lâchée à Poudlard". Sirius ne lut pas un seul autre mot car il cherchait déjà Lunard autour de lui.
"Où est Remus? Est-ce qu'il a vu ça?"
"Il était là mais est parti dès que le journal est arrivé. Il a dit que cela a ruiné son appétit. Ce n'est pas étonnant, c'est un réquisitoire assassin. Comment quelqu'un pourrait-il croire que Remus Lupin est celui qui est dépeint dans cet article…"
"Je le sais Emma mais il faut que j'aille le trouver." Puis, Sirius sortit de la pièce et se dirigea vers la chambre de Remus - il arriva juste à temps pour voir son ami finir de mettre ses maigres possessions dans un vieux sac de voyage.
"Tu devrais pouvoir récupérer ton argent pour les robes, c'était un très beau cadeau de Noël mais il semble que je n'en aurais pas besoin finalement - et ces moutons se pisseraient sans doute dessus de rire si je revenais travailler déguisé en sorcier. Même un loup a le droit d'avoir un peu de dignité Sirius. Remercie aussi Harry pour les vêtements, ce sont vraiment les plus beaux que j'ai jamais eus. Je sais qu'on ne doit jamais rendre son cadeau à un gobelin - mais est-ce que je peux les laisser là?"
Pas une fois Remus n'avait levé les yeux en terminant de faire son sac. Sirius n'était pas dupe de sa faible tentative d'humour - Lunard était en grande souffrance. Sirius ferma la porte, il était temps de discuter avec son ami. "Tu auras besoin des vêtements qu'Harry t'a offert pour notre soirée de fiançailles de ce soir - car tu seras présent. Oui cela va être compliqué mais je te promets que d'ici la fin de cette histoire Remus Lupin sentira aussi bon qu'un bouquet de roses - ou au moins que tu pueras un petit peu moins."
Cela capta l'attention de Remus. "... et comment comptes-tu obtenir ça? Je suis un loup-garou et je suis considéré comme une créature des ténèbres par le ministère. Quoi que tu aies à redire concernant cet article - il n'empêche que c'est la vérité."
"Je n'ai pas lu cet article, je n'en ai pas besoin. Ce que tu oublies, c'est que tu es Remus Lupin, un sorcier plutôt décent. Tu es mon meilleur ami - et aussi mon témoin à mon mariage et aussi le parrain du futur premier né d'Henrica et Sirius Black. Je ne te permettrais pas de partir, du moins pas comme ça."
"Sirus, quelle autre option ai-je? Je ne pourrais même pas trouver un boulot de plonge à la Tête du Sanglier maintenant après cet article!"
"Lord Black ne pourrait pas non plus trouver ce boulot, ils ne lavent pas leurs verres à la Tête du Sanglier. Nous nous attentions à ce que ces nouvelles sortent Remus, pas de manière aussi dramatique ou si tôt mais cela aurait été su, d'une manière ou d'une autre. La différence cette fois, c'est que tu as de puissants amis qui vont se battre pour toi, mais il faut que tu comprennes que ce n'est pas par charité. Augusta te veut à Poudlard parce qu'elle pense que tu es la meilleure personne pour ce job. Amélia te veut à Poudlard afin que les futurs candidats aurors sachent par quel bout se tient une baguette d'ici la fin de leur scolarité. Fais moi confiance, ce n'est pas une blague!"
Sirius devint ensuite mortellement sérieux. "Nous savons tous deux que Voldemort n'est pas mort et que quand il reviendra, il s'en prendra à Harry. Henrica a déjà attaqué un basilic pour le protéger et je ne peux pas perdre Harry, Hermione ou Henrica. J'ai besoin de toi dans ce château Lunard, j'ai besoin de quelqu'un envers qui j'ai une confiance implicite pour protéger ma femme et mes filleuls. Ils sont ma famille et tu l'es aussi Lunard. Azkaban m'a appris que je ne peux pas vivre seul et toi non plus - et les moutons ne comptent pas comme des personnes."
"Ecoute Sirius, ce n'est pas que j'ai vraiment envie de retrouver les moutons. Contrairement à ce que tu insinues, ce n'était pas une partie de plaisir de jouer les bergers pendant la pleine Lune? Comment pourrais-je enseigner à Poudlard après l'article d'aujourd'hui, les parents ne l'accepteront jamais!" Le sourire sur le visage de Sirius ressemblait à celui qu'il portait juste avant de se lancer dans une blague particulièrement audacieuse. Remus commençait à s'inquiéter.
"Lunard, nous pensions que nous déchirions tout quand nous étions Maraudeurs - et c'était probablement le cas. Mais comparé à Amélia, Augusta et Barchoke, nous n'étions que des amateurs - des bébés même! Tu as déjà le soutien ministériel pour enseigner à Poudlard et Fudge va défendre cette décision. Ils ont également tout un plan en place ce qui signifie qu'on ne parlera pas de toi dans le journal demain. Je parie qu'une réunion urgente du Magenmagot a été demandée et tous tes problèmes seront sans doute déjà réglés d'ici la fête de ce soir. Donne toi au moins du temps jusqu'à la fin des vacances avant de retourner à ta bergerie?"
"Je ne sais pas si nous déchirions tout Sirius, mais en tout cas je te trouve bien arrogant. Il y a plus de chances que Voldemort se rase les jambes et commence la danse du ventre qu'à ce qu'ils permettent à une créature des ténèbres d'enseigner à Poudlard."
Sirius avait maintenant son bras autour des épaules de son ami et il l'éloignait de la chambre - et de son sac. "Lunard, mon vieux pote, t'ai-je déjà montré ma photo préférée? Elle a été prise il y a exactement un an et Henrica m'en a trouvé une copie encadrée. Si un gamin de douze ans peut chasser Dumbledore de Grande-Bretagne, alors te trouver un job de prof à Poudlard sera un jeu d'enfant! Mais bon, ce gamin a un parrain du tonnerre de dieu … et une épée super cool!
-oOoOo-
Personne ne serait surpris d'apprendre que la prévision de Sirius s'avéra correcte car une réunion d'urgence du Magenmagot était prévue pour midi. Les lueurs d'anticipation sur certains visages étaient difficilement manquables car il s'agissait là du point de non retour que certains sangs purs avaient attendu. C'était enfin une cause qui leur permettrait de tracer une ligne dans le sable et dire stop ; mais ils ne savaient pas qu'un véritable raz de marée allait s'abattre sur leur plage de sable - et balayer leur ligne chétive.
Le membre du Magenmagot Duncan Avery alias "j"étais sous l'Imperium" fut le premier debout dès qu'Amos ouvrit la session, exprimant clairement ses intentions. "Puis-je demander si le ministre était conscient que cette créature allait entrer à Poudlard et que compte-t-il faire maintenant que cette répugnante situation a été exposée?"
Cornelius n'en attendait pas moins et avait bien préparé sa réponse. "Il a été demandé au ministère si Remus John Lupin avait le droit d'enseigner la Défense contre les Forces du Mal à Poudlard. Après nous être assurés que des méthodes seraient en place afin de garantir la sécurité de tous les élèves, nous avons donné notre approbation. Ses qualifications et ses références sont excellentes et il est la personne la plus qualifiée depuis de très nombreuses années à postuler à ce poste - et les enfants seraient chanceux de l'avoir comme enseignant."
Le ministre s'assit et commença à compter à voix basse. Amélia avait parié contre lui et Amos qu'il y aurait au moins dix secondes de silence après sa réponse alors que Cornelius était certain que le tollé retentirait avant même qu'il puisse s'asseoir.
Il devait maintenant cinq gallions à Amélia car cela faisait maintenant vingt secondes. Puis le vacarme se déchaîna dans la Chambre et il fallut plusieurs minutes à Amos pour avoir de nouveau le silence dans la pièce. Puis Duncan fut autorisé à répondre au Ministre.
Très énervé, Avery n'arrivait pas à croire ce qu'il avait entendu. "La seule manière de protéger les enfants serait de retirer cette créature de Poudlard ou de lui couper la tête!"
Amélia se leva calmement pour répondre à cette attaque, même si elle bouillonnait au fond d'elle. Il était temps qu'elle fasse ravaler ses paroles à ce sale mangemort. "Au sein de cette Chambre nous décidons de la loi en vigueur dans notre pays. Je ne veux plus jamais entendre quelqu'un parle de décapiter un membre de notre communauté. C'est une situation similaire à celle de ceux qui ont été touchés par l'Imperium pendant la guerre pour exécuter les volontés du Seigneur des Ténèbres. Remus Lupin n'a pas non plus choisi de souffrir de lycanthropie. En fait, il n'était qu'un jeune garçon quand il a été infecté."
Duncan sentit la main glacée de la peur le traverser car ces affirmations concernant l'Imperium n'avaient jamais été débattues dans cette Chambre - il avait suffi qu'un peu d'or change de mains pour s'assurer que cette catastrophe ne se produise pas. Le problème, c'était que ni Bones, ni Diggory, ni Fudge n'avaient été payés. L'atmosphère à l'intérieur de la salle avait brusquement changé, de manière spectaculaire, ils n'étaient pas habitués à voir des membres se faire souffler si brutalement - et Amélia Bones semblait prête à devenir saignante à ce sujet.
"Même s'il a été affecté par cette terrible maladie, Remus Lupin a étudié à Poudlard et pendant ces sept ans il n'a pas seulement obtenu ses BUSES et ASPIC avec distinction mais il a aussi gagné le respect et la confiance nécessaire pour devenir préfet de Gryffondor. C'était avant l'invention de la potion Tue-Loup et pourtant le jeune Remus a réussi à ne poser aucun danger à ses pairs pendant ces sept ans."
C'étaient des nouvelles pour la vaste majorité des membres de la Chambre et cela ne figurait en aucun cas dans la Gazette du Sorcier. "Le ministre, à juste titre, a demandé à ce que nous introduisions des protocoles afin d'assurer la sécurité des enfants avant d'accepter sa nomination à ce poste et ces protocoles ont été examinés avec la plus grande attention possible. Le professeur Lupin sera fourni en potion Tue-Loup pour s'assurer qu'il garde son esprit pendant sa transformation. Il sera aussi escorté par un auror en dehors du Château dans un endroit sûr avant que la lune ne se lève. Les nouvelles protections de Poudlard sont parmi les plus puissantes du monde et ne permettront pas à un loup-garou transformé de s'approcher de l'école."
Amélia assénait ses arguments coups sur coups et n'avait pas encore fini. "Comme vous le savez, en raison des piètres enseignants de cette matière, l'Ambassadeur Adjoint Weasley a dû venir ces dix-huit derniers mois à Poudlard deux fois par semaine pour enseigner la défense à la classe d'Harry Crow - ces leçons étaient payées par le père d'Harry. Le professeur Lupin les as tellement impressionnés avec ses méthodes d'enseignement que ce ne sera plus le cas. Le professeur de défense de Poudlard enseignera maintenant aux sept années de Poudlard, comme c'est prévu par son contrat. Pour les quelques jours où sa condition le rendra inapte à enseigner, un auror le remplacera. Nos protocoles sont consultables par les membres de cette Chambre, vous êtes libres de les examiner aussi consciencieusement que possible. Après tout, tout le monde ici veut s'assurer que nos enfants seront en sécurité à Poudlard."
Un cri retentit avant qu'Amélia ne puisse s'asseoir. "Pourquoi ne demandez-vous pas à ce Weasley d'enseigner la défense - ça nous éviterait tous ses ennuis!"
Avec un sourire, elle leur dit la vérité. "Bill Weasley était un briseur de sorts hautement qualifié avant de devenir l'assistant de l'Ambassadeur. Pour être franche, Poudlard ne pourrait pas se l'offrir - il gagne sans doute même bien plus que moi! La seule raison pour laquelle Poudlard a pu se payer un professeur de la trempe d'Henrica Hobson c'est que quelqu'un d'autre la paye."
"Il doit bien y avoir quelqu'un d'autre pour enseigner la défense?"
"Lockhart est-il vraiment si mauvais?"
Amélia décida de répondre aux deux questions en même temps. "L'an dernier, Dumbledore a employé un sorcier possédé par Voldemort pour assurer les cours de défense, mettant ainsi les enfants bien plus en danger qu'ils ne l'auraient été en ayant Remus Lupin comme enseignant. Lockhart est si inutile qu'Harry Crow a été persuadé par les premières années de leur enseigner cette matière. Si un deuxième année est un meilleur professeur que celui embauché par Poudlard alors il faut en effet faire quelque chose. Madame Londubat et moi-même avons constaté les méthodes d'enseignement de Remus Lupin et nous avons également des personnes dignes de confiance qui sont à Poudlard. Le château sera sûr pour eux, vous avez ma parole."
Tout avait été dit et ceux qui voulaient objecter uniquement sur la base du fait que Remus était un loup-garou restaient à la recherche de soutien. Le fait qu'Amélia ait mentionné la question incroyablement délicate de ceux qui avaient échappé à Azkaban en prétextant avoir été sous l'emprise magique du Seigneur des Ténèbres obligeait ces derniers à éviter d'attirer l'attention sur eux - et ils n'émirent aucune objection.
Cornelius laissa les arguments contre la nomination de Lupin s'estomper avant de se lever de nouveau. "Cette affaire étant réglée et puisque nous sommes tous présents je voudrais présenter quelque chose à cette assemblée. Mais avant tout, je souhaiterais vous montrer le souvenir de l'Auror Tonks à propos de ce qu'il s'est passé dans la Chambre des Secrets" Personne n'objecta là dessus, ni sur le fait qu'ils utilisaient un artefact gobelin pour visionner ce souvenir.
Le souvenir captura et retint l'attention de tout le monde, même de ceux qui l'avaient déjà vus. Cette fois le souvenir dura un peu plus longtemps jusqu'au moment où Tonks donnait son rapport à Amélia pendant que toutes deux regardaient Barchoke agenouillé devant Hermione toujours coincée par le basilic et Harry allongé sur sa civière placé à ses côtés. Le Magenmagot regarda avec fascination les aurors essayer de faire bouger cette bête mais la résistance de cette créature était trop puissante que leur sorts ne faisaient rien. Seuls les gobelins, avec des barres de métal conjurées furent capables de soulever assez la bête pour que la fille soit libérée. Heureusement, entre temps elle s'était évanouie, lui épargnant une douleur supplémentaire.
Cornelius se leva de nouveau et s'adressa à la Chambre. "Je pense que nous pouvons tous être d'accord sur cette une de la Gazette, ils sont tous les six les héros de Poudlard…"
Cela se solda par de nombreux applaudissements puis Cornelius révéla ce qu'il avait prévu. "J'espère que la Chambre sera d'accord avec moi sur le fait que ces héros méritent d'être récompensés. Avec le professeur Hobson qui va se fiancer à Lord Black aujourd'hui et les fiançailles entre les Patil et les Londubat, il est clair que ces héros vont jouer un rôle important dans notre société dans les années à venir. Vu le succès du bal d'été ayant récompensé Harry l'an dernier, je propose que nous adoptions la même méthode pour distribuer ces récompenses."
Jusqu'à maintenant, le ministre n'avait rien dit de trop controversé mais c'était sur le point de changer. "L'affection dont font preuve les gobelins envers Miss Granger était assez difficile à comprendre car elle est après tout une sorcière de première génération. Cette question est restée en suspens jusqu'à ce que nous obtenions d'autres informations - et j'ai reçu l'autorisation de les partager avec vous. C'est bien connu que les gobelins n'utilisent pas de contrats de fiançailles et n'organisent pas de mariages arrangés. En fait, ils insistent pour utiliser une très ancienne forme d'union magique. Durant une cérémonie tenue à Gringotts, le Centurion Crow et Miss Granger se sont liés par le sang et se marieront dès qu'ils auront l'âge approprié. La Nation Gobeline la considère déjà comme la compagne du Centurion et la fille de l'Ambassadeur Barchoke."
Le silence était assourdissant après l'annonce de Cornelius qui put continuer sur sa lancée. "En prenant ces facteurs en considération et ayant vu ces six personnes travailler en équipe et vaincre l'adversité, je souhaite présenter les récompenses suivantes:
Auror Nymphadora Tonks - Ordre de Merlin, Première classe
Professeur Henrica Hobson - Ordre de Merlin, Première classe
Neville Londubat - Ordre de Merlin, Première classe
Padma Patil - Ordre de Merlin, Première classe
Hermione Granger - Ordre de Merlin, Première classe.
Puisque Harry est déjà détenteur de cette prestigieuse récompense et qu'il détient le titre à vie de Champion de Poudlard, j'espère que cette Chambre accordera à Harry Crow le titre de Baron de Kingussie - et la petite parcelle de terre qui vient avec cette baronie. Cela leur permettra à lui et à la Baronne Hermione de vivre à proximité de Poudlard quand leur scolarité sera terminée."
Il y eut un moment de silence avant qu'une question soit prudemment posée: "Monsieur le Ministre, ce garçon ne va-t-il pas déjà devenir un Lord? Qu'est-ce qu'une baronnie à côté de ça?"
Voilà enfin une question qui allait leur retourner l'estomac. "Pour le moment, Harry a le rang d'un Centurion et a un Ordre de Merlin Première Classe. Ces deux rangs font de lui un adulte dans ses deux sociétés mais ils ne viennent pas avec un titre."
Alors qu'ils commençaient à comprendre ce que proposait le ministre, une autre tentative de question fut posée. "N'est-ce pas contre la loi d'autoriser un gobelin à posséder des terres et à vivre ailleurs qu'à Gringotts?"
Ce serait le moment qui allait fortifier son poste de ministre ou le faire renvoyer. "Oui, c'est actuellement vrai. Mais il est vrai aussi que cette chambre a le pouvoir de changer cette loi…"
Des cris de "JAMAIS" retentirent dans toute la Chambre, accompagnés par des "FOLIES". Cornelius les laissa vociférer pendant quelques minutes avant de lever les mains pour obtenir le silence. Il était surpris du calme qu'il ressentait. En analysant ses sentiments plus en profondeur, Cornelius réalisa avec surprise qu'en fait il s'amusait - il ne s'était jamais senti aussi vivant!
Un autre commentaire qui suscita des halètements retentit dans la Chambre et força une réponse instantanée de la part de Cornelius: "Si le garçon a déjà choisi de vivre sa vie en tant que gobelin, alors qu'il pourrisse sous Gringotts!"
"La seule chose qu'Harry a choisi c'est la sorcière qui sera à ses côtés. Même au sein de la société gobeline, leurs actions sont un peu prématurées - c'est extrêmement rare qu'un gobelin exécute ce rite avant d'avoir dix-sept ans. Harry a été élevé comme un gobelin donc il me semble naturel, que lorsqu'il a rencontré la fille qui était faite pour lui, il a utilisé cette méthode pour le montrer - et leur niveau de lien du sang a en effet confirmé qu'ils sont en effet faits l'un pour l'autre. Connaissant bien ce jeune couple, et après que nous ayons tous vu la démonstration de leur dévotion, je n'ai aucune hésitation en tant que personne et Ministre de leur adresser toutes mes félicitations pour leur union."
Le ministre ne leur avait, une fois de plus, pas laissé de marge pour répondre et la question de l'union du Survivant était maintenant close. L'attention de la Chambre bascula alors sur sa demande de changement de la loi et Cornelius avait une fois encore un atout dans sa manche.
"Comme tout le monde ici, j'ai appris l'histoire d'un professeur fantôme dont les leçons prônaient le racisme à l'état pur. Même la mort n'a pas arrêté son désir de vengeance envers la nation qu'il haïssait avec passion, une passion qui l'a même poussé à aider un jeune Voldemort dans l'espoir qu'il extermine toute une société. Ce dont nous avons besoin ici, ce sont des faits, des vérités grâce auxquelles nous pourrons prendre une décision. Pour cela, j'ai demandé à l'Ambassadeur Weasley et à son fils aîné de venir nous apporter ces faits. J'attends votre accord pour les inviter à nous les présenter maintenant."
Personne ne s'y opposa et Cornelius fit un signe pour qu'on aille chercher les Weasley avant d'offrir une dernière remarque à l'assemblée. "Comme vous le savez un changement de la loi d'une telle magnitude nécessite d'y réfléchir pendant quarante jours, il n'y aura donc pas de vote à ce sujet aujourd'hui et nous réexaminerons cette question fin janvier. Je veux absolument éviter une panique telle que celle qu'a provoqué la Gazette ce matin. Que tout le monde écoute les faits et prenne le temps d'y réfléchir - et alors nous pourrons débattre de manière appropriée et voter. C'est ainsi que notre loi fonctionne et tant que je serai ministre, c'est ainsi qu'elle fonctionnera."
Arthur et Bill avancèrent dans la Chambre. Être avec son fils si sûr de lui devant le plus puissant organe législatif de Grande Bretagne était une grande fierté pour le chef de la famille Weasley.
Après avoir vu le hochement de tête de Cornelius, il commença. "En cherchant dans les archives du ministère et avec l'aide de Gringotts, nous avons été capables de confirmer que la dernière guerre entre sorciers et gobelins remonte à 1612…"
Arthur fut rudement interrompu par un cri furieux venant de la chambre. "D'après moi, cela signifie que nos lois actuelles ont préservé la paix pendant presque 380 ans. Pourquoi diable souhaiterions nous changer une loi qui fonctionne si bien!"
Bill comprit aussitôt qu'il s'agissait d'une tentative d'intimidation sur son père. Bill savait que son père était bien trop poli pour résoudre cette situation correctement. Son fils, cependant était habitué à traiter avec les gobelins et il était temps de mériter ce si grand salaire qu'il touchait chaque mois.
"Excusez moi, mais puisque j'étais invité par le ministre de la Magie à venir dans cette chambre, j'imagine que ce n'est pas pour faire figuration. J'ai bien peur d'être en désaccord avec votre déclaration. Si vous considérez les règnes de terreur de Grindelwald et Tom Jedusor - je refuse d'appeler ce criminel Voldemort - comme une période de paix, alors la définition de ce mot a bien changé depuis que vous avez quitté Poudlard."
"Je sais très bien ce que veut dire le mot paix, j'évoquais la situation avec les gobelins…"
"Je vous demande pardon, monsieur. Les gobelins n'évoquent jamais, en fait ils préfèrent dire ce qu'ils pensent - ce que je trouve assez rafraîchissant. Donc, évoquiez vous le fait que les sorciers étaient trop occupés à se combattre pour faire la guerre avec les gobelins?"
Cela fit glousser quelques personnes dans la salle alors qu'il devenait évident que Weasley était capable de museler Nott, verbalement, magiquement et physiquement aussi.
"Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, gamin, de quel côté êtes vous donc?"
Bill se redressa et devint plus sérieux encore. Le reste de la chambre disparut à ses yeux alors qu'il se focalisait sur Nott. "Oh, je ne savais pas qu'il fallait choisir un camp? Je croyais que le vote était dans quarante jours. On nous a demandé aujourd'hui de venir pour présenter certains faits… et monsieur, la seule personne autorisée à m'appeler gamin se trouve à côté de moi - rappelez-vous en à l'avenir…" Bill n'ajouta pas "ou je m'assurerai que vous ne recommenciez pas" mais tout le monde avait compris le message. En quelques minutes, Bill Weasley s'était présenté comme un nouveau joueur dans ce jeu - un joueur très puissant.
Arthur attendit que Nott reconnaisse son erreur avant de continuer. "Nous avons comparé les rapports gobelins et ministériels sur le nombre de morts lors de ce bref conflit et nous les avons trouvé assez semblables. Puis nous les avons comparé avec le nombre de sorcières et sorciers tués durant le conflit avec Grindelwald, plus de sept fois plus des nôtres ont perdu la vie en comparaison avec 1612. Quand nous avons comparé ce nombre avec ceux tués par Jedusor et ses mangemorts, nous avons constaté qu'il était trente fois plus élevé…"
"C'est absurde - et non pertinent!"
Cette fois, Arthur ne céda pas, il était fier et répondit immédiatement. "Nous connaissons juste le nombre de morts en 1612 alors que toutes les victimes des mangemorts sont bien documentées. Nous avons des noms, des dates, des lieux et dans certains cas les noms de ceux qui ont commis ces atrocités. On nous a demandé des faits et c'est ce que nous faisons ici. C'est Antonin Dolohov qui a assassiné mes deux beaux-frères, et les quatre mangemorts qui l'ont aidés n'ont jamais été identifiés. Ce ne sont pas des gobelins qui les ont tués, ce sont des sorciers qui ont torturé à mort Gideon et Fabian Prewett…"
Cela conduisit Amélia à se lever et à faire sa propre déclaration. "Ce n'étaient pas des gobelins qui ont presque anéanti la famille Bones mais plutôt des lâches qui se cachaient derrière des masques. Ce sont des gobelins qui se sont assurés que mon dernier parent vivant, ma nièce, ne pouvait pas être contrôlée par une potion magique. Les gobelins ont aussi érigé des barrières de protection autour de notre maison pour nous assurer que ces mêmes salopards de lâches ne nous brûlent pas pendant que nous dormons."
Augusta se leva lentement, ses émotions résonnèrent clairement dans sa voix. "Ce ne sont pas des gobelins qui ont torturé mon fils et sa femme jusqu'à ce qu'ils en perdent la raison. Mais ce sont des gobelins qui nous les rendent petit à petit. Les gobelins ne pourront jamais remplacer toutes ces années perdues et nous n'avons pas de faux espoirs, Franck et Alice ne se rétabliront jamais complètement, mais avec ce qu'ils nous ont apporté, nous leur en serons à jamais reconnaissants. Notre Manoir est également protégé par les mêmes protections qui assurent la sécurité de nos enfants à Poudlard - et je pourrais facilement obtenir que le Ministère et Sainte Mangouste obtiennent les mêmes protections. Car un salaud prêt à tuer un enfant innocent après avoir tué ses deux parents n'hésiterait sans doute pas à attaquer un hôpital rempli de malades et de blessés."
Augusta espérait que quelqu'un mentionnerait que ces protections empêcheraient ceux qui avaient été forcés de prendre la marque des Ténèbres à cause de l'Imperium à entrer au Ministère mais aucun d'eux ne mordit à l'hameçon. Sa réponse aurait été simple - ils n'avaient qu'à le prouver. Au lieu de cela, elle termina son plaidoyer avant de s'asseoir. "Si je découvrais que Londubat avait des gobelins en guise de voisins, je serais ravie. Si nous en avions besoin, je sais que leur réaction serait comme dans le souvenir de cette courageuse Auror que nous venons de voir. Ils viendraient en courant, prêts à nous prêter assistance - et ne se cacheraient pas au fond leurs lits en espérant que le grand méchant Loup s'en prenne à quelqu'un d'autre."
C'était presque comme si une porte s'était ouverte et tous ceux ayant perdu quelque pendant la guerre se levèrent et récitèrent leur nom avec honneur. Le grand nombre de noms cités était bien efficace que tous les chiffres du monde. Quand on pouvait mettre des noms ou même des visages sur les personnes assassinées, cela montrait alors toute la dévastation que les sorciers pouvaient causer à leur société. Le fait qu'aucun de ces noms n'avaient été tués par un gobelin - et que personne ne pouvait se souvenir d'un ancêtre qui aurait été tué par un gobelin prouvait ce que le ministre voulait leur montrer aujourd'hui. Les gobelins n'avaient pas été leurs ennemis depuis près de 400 ans, n'était-il pas temps d'arrêter de les traiter comme tels?
Bill avait une dernière carte à jouer, ou pour être plus précis, un souvenir.
"La nation gobeline conserve une collection de souvenirs et cela depuis des siècles - celui-ci date de mai 1610." Le souvenir montra une petit ville animée avec des sorciers et des gobelins vaquant à leurs occupations quotidiennes. Ce n'est qu'en repérant quelques étudiants portant la robe traditionnelle de Poudlard qu'ils comprirent où avait été pris ce souvenir.
"Oui, sorcières et sorciers du Magenmagot, c'est Pré-Au-Lard. Comme vous pouvez le voir, à cette époque c'était l'équivalent écossais du Chemin de Traverse. Le village prospérait grâce aux étudiants de Poudlard qui le visitaient pendant l'année scolaire et ce sont ces mêmes étudiants qui faisaient ensuite leurs courses à Londres pendant les vacances. Tout le monde prospérait jusqu'à ce que certains sorciers deviennent jaloux et avides - ils pensaient que les gobelins avaient les meilleurs terres de Pré-Au-Lard et leur avaient ordonnée de déménager. Quand ils ont refusé, ce maudit Binns et sa bande d'apprentis mangemorts ont commencé à brûler vifs les gobelins dans leurs maisons. Ainsi commença le conflit de 1612 et la chute de Pré-Au-Lard."
Personne n'essaya de contester la version historique de Bill, ce n'était pas important car ils ne pouvaient pas contester le fait que Pré-Au-Lard était aujourd'hui une pâle version du souvenir qu'ils venaient de regarder.
"La nation gobeline souhaiterait rouvrir une branche de Gringotts à Pré-Au-Lard mais n'ont pas le droit en raison de la loi actuelle. Et n'oublions pas ce jeune homme formidable qui se trouve au milieu de ce débat. Cette chambre est-elle vraiment prête à laisser Harry être confiné sous Gringotts s'il choisit de vivre sa vie comme un centurion? Le connaissant très bien je peux vous assurer que ce serait une grande perte pour notre société - une perte immense et non nécessaire."
Amos demanda s'il y avait d'autres questions et une fois de plus Sirius passa pour un prophète. Ils avaient tous pratiquement oublié cette histoire de Remus Lupin à la fin de la session, ou le fait qu'un loup-garou allait enseigner à Poudlard dans un peu plus d'une semaine.
La Gazette annoncerait sans doute dès le lendemain que le Survivant avait choisi sa fiancée. Mais les membres du Magenmagot réfléchiraient à cette loi sur les gobelins et cette décision serait prise une nouvelle fois en se basant sur leurs convictions politiques.
Pour ceux de la faction la plus "blanche", la décision n'était pas trop difficile, leur sauveur et champion avait choisi sa future femme. Le fait qu'elle n'était pas d'une grande famille sorcière était un peu décevant mais le fait qu'ils aient choisi de se lier selon les anciennes traditions la faisait remonter dans leur estime. Et ils ne pouvaient pas contester le courage ou la dévotion de ce couple l'un pour l'autre - en tout cas, personne n'ayant vu le souvenir de la Chambre des Secrets ne pourrait le contester.
La possibilité que les gobelins soient autorisés à vivre en dehors de Gringotts n'était pas aussi effrayante que celle où Harry quitterait à jamais leur société, ce qui serait un désastre à leurs yeux. Le fait qu'il avait d'autres options disponibles signifiait qu'ils allaient lui offrir tout ce qui était nécessaire pour le garder parmi eux. Ils voteraient oui pour qu'il soit Baron de Kingussie et pas un de leur membre ne s'opposerait à ce qu'une née de moldus reçoive la plus grande distinction de leur société.
Ceux des factions les plus "sombres" étaient terrifiés par l'influence de la nation gobeline sur leur société et sur leur incapacité à l'arrêter. Contrairement à leurs adversaires "blancs", ils n'avaient pas de leader derrière qui se rallier - même les plus racistes d'entre eux admettaient qu'un garçon ayant réussi à tuer ce basilic était un puissant adversaire.
Et pour ceux qui portaient la marque des ténèbres, les choses semblaient aller de mal en pis. Ces nouveaux enchantements gobelins étaient un véritable cauchemar qu'ils étaient destinés à devoir affronter. Leur marque leur interdisait déjà l'entrée à Poudlard et apparemment maintenant, certaines demeures de certains sangs purs importants. Si ces enchantements étaient placés autour du Ministère de la Magie ou à Sainte Mangouste, ce serait un désastre sans précédent, les privant de leur pouvoir, de leur prestige et même de toute forme de guérison. Leur problème était de savoir comment ils pouvaient s'opposer à des enchantements qui protégeraient la population de ce qui était considéré aujourd'hui comme une organisation criminelle?
Tous avaient repéré le piège que cette chienne de Londubat leur avait posés et aucun n'avait mordu à cet hameçon venimeux. Leurs problèmes avaient cependant augmenté quand Bones avait publiquement mentionné leur condition dans la Chambre, attirant l'attention sur ce qu'ils préfèreraient enfouir bien profond et ne plus jamais évoquer. Par principe, ils s'opposeraient à cette histoire de Baron de Kingussie même s'ils étaient bien plus inquiets par ces enchantements que par le fait d'avoir des voisins gobelins. Et si le ministre décidait de faire installer ces protections ils ne pourraient plus venir voter de toute façon. Ils ne pensèrent même pas au fait qu'une sang-de-bourbe allait devenir un Ordre de Merlin, Première Classe - ou qu'un loup-garou enseignerait maintenant à Poudlard.
Ce serait une nouvelle fois aux neutres de contrôler le vote final. Leur opinion sur le fait que Miss Granger devienne un jour la femme du Survivant était assez similaire à celle des blancs. Même s'ils étaient habituellement en faveur de tout ce qui pouvait améliorer le commerce dans leur communauté - le souvenir de Pré-au-Lard était particulièrement attrayant, ils réalisaient aussi qu'ils risquaient d'avoir de puissants concurrents - les gobelins.
En tant que neutres, ils comprenaient aussi qu'en achetant ces fantastiques nouveaux enchantements que les gobelins proposaient, ils perdraient leur statut de neutre aux yeux de ceux qui ne pourraient plus accéder à leurs propriétés. Chacun devrait réfléchir si la sécurité de leur famille en valait le prix. En clair, ils ne voulaient ni le retour du Seigneur des Ténèbres, ni une trop grande influence gobeline sur leur société. Beaucoup chercheraient à contacter Amélia et Cornelius pour leur promettre de soutenir cette loi en échange de leur assurance qu'il n'y aurait pas d'autres changements sur ces lois avant plusieurs années.
Puisque c'était déjà les plans du ministère, ils n'auraient pas de mal à donner ces assurances.
Gilderoy était assis au fond d'une loge publique bondée, la capuche de sa cape l'empêchait d'être reconnu - sauf s'il le souhaitait. Rien ne s'était passé comme prévu aujourd'hui, loin de là. Qui s'intéressait aux qualifications ou méthodes d'enseignement de ce Lupin - c'était un loup-garou, point final! Au lieu de récupérer son travail, il était forcé de rester assis alors qu'il se faisait humilier et diffamé! C'était ridicule de prétendre qu'un garçon de douze ans était un meilleur enseignant que lui!
En regardant ce souvenir, entouré par les membres du public qui le voyaient pour la première fois, Gilderoy eut la nette impression qu'il était maintenant le seul à trouver cela ridicule. Leur opinion était claire, ils préfèreraient couronner Harry Crow roi plutôt que de le forcer à les quitter pour toujours. Les journalistes prenaient furieusement des notes et semblaient également de cet avis et Gilderoy s'attendait à lire des articles en ce sens dans la Gazette du lendemain. Il était plus facile d'influencer l'opinion du public quand on leur disait des choses avec lesquelles ils étaient d'accord. Gilderoy quitta la chambre en étant déçu. Il n'avait pas récupéré son travail et il n'avait pas non plus reçu de courriers de fans depuis qu'il avait quitté Poudlard. La seule consolation de Gilderoy était que les choses ne pouvaient pas empirer - il n'avait aucune idée d'à quel point il se trompait.
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Hermione avait été nerveuse à propos de leur soirée et c'était avant d'apprendre que le Ministre de la Magie avait annoncé au Magenmagot qu'elle et Harry étaient liés par le sang, demain tout le pays serait au courant. Elle était habillée comme une princesse dans une autre création gobeline qu'Harry lui avait offert pour Noël - elle portait aussi la rançon d'un roi en bijoux même si la bague à son doigt était clairement sa préférée.
Hermione n'avait pas peur de faire de l'ombre à la Dame dont on fêtait les fiançailles, après tout, c'était de Henrica Hobson qu'on parlait. Non, ce qui rendait Hermione nerveuse c'était que les couturiers gobelins avaient pris en considération son corps qui de développait en créant cette robe pour elle, cela lui donnait presque l'illusion qu'elle était "adulte" - et cela la rendait nerveuse d'imaginer comment Harry réagirait.
La robe avait beau la faire paraître plus âgée, Hermione était au fond une petite fille très nerveuse - et elle ne savait pas pourquoi. Ces crises de manque de confiance en soi devenaient de plus en plus rares mais elles conservaient le pouvoir d'obliger Hermione à questionner tout ce qu'il s'était passé ces deux dernières années. C'était presque comme si tout était trop beau et qu'elle s'attendait à ce que tout disparaisse quand sonnerait minuit. Elle serait alors de retour à Crawley et Poudlard et Harry ne seraient que de merveilleux rêves - et Hermione Granger serait de nouveau ce petit rat de bibliothèque sans amis…"
"Hermione, chérie, tu es prête? Oh mon dieu! - notre petite fille a tellement grandi. Tu es si belle!"
"Merci maman, et merci pour tout. J'étais là assise devant mon miroir et j'allais me pincer pour vérifier si tout cela était réel - et pourtant pour toi et papa ça doit être pire encore - et je voulais juste vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi."
"Hermione arrête. Tu vas faire couler mon maquillage - et nous ne pouvons pas aller saluer nos hommes en ressemblant à des pandas…"
"C'est Betsy qui m'a maquillé maman, il ne coulera pas."
"Oui, mais mais aussi merveilleux soit-il, ce n'est pas un des talents de Dobby. Si tu es prête, ton père et Harry sont en bas."
Harry et Dan attendaient les femmes de leur vie en bas des escaliers, leurs réactions en voyant Hermione furent totalement différentes. Harry avait un sourire radieux sur son visage, il s'approcha d'Hermione et lui baisa le dos de la main en guise de salutation. Dan, pendant ce temps, expérimentait ce moment charnière présent dans la vie de tout père, il apparaissait que sa fille était en train de grandir. La jeune lady, jolie et sûre d'elle, en face de lui ne pouvait être l'enfant à qui il lisait des histoires le soir pour s'endormir, n'est ce pas ? - Le temps passait si vite.
Emma pouvait voir son mari luttant avec ses émotions et commença à parler avec Harry pour permettre à Dan de retrouver le contrôle de ses émotions. "Tu sembles très sûr de toi Harry, n'es-tu pas un peu inquiet pour ce soir ? Ce n'est pas juste la famille qui connaîtra votre secret maintenant."
Il hocha la tête, son large sourire ne bougeant pas. "En mai dernier, j'ai parlé avec Sirius de la manière de demander à Hermione de devenir ma petite amie. Je lui ai dit qu'elle était magnifique, intelligente et à quel point c'était merveilleux de passer du temps avec elle - et ce soir, tout le monde pourra voir à quel point j'avais raison. Lui demander de devenir mienne avant que quiconque ne puisse le faire et me la voler est facilement la meilleure décision que je n'ai jamais pris. Que le pays tout entier connaisse maintenant notre lien n'est pas quelque chose qui m'inquiète. La façon dont ils nous traiteront peut affecter notre futur lieu de vie, mais ça ne changera pas le fait que nous serons toujours ensemble."
Toutes les les inquiétudes d'Hermione étaient parties, elle était maintenant au bras d'Harry. Il était une fois encore habillé en mode 'Darcy' et Hermione pensait que lui avoir demandé de partager un compartiment avec elle en ce premier septembre était la meilleure décision de toute sa vie.
Dan était maintenant celui qui hochait la tête. "Dans tous ces entraînements et les leçons que tu as eu, Harry, est ce qu'il y en avait sur comment parler aux filles ? Je ne pense pas avoir jamais été aussi doué que ça - même maintenant je ne suis pas aussi doué! "
"Désolé de te décevoir Dan, mais non. Je n'ai été intéressé que par une seule fille - et maintenant, c'est la mienne ! Si ce n'est pas une raison de sourire, et bien je ne sais pas ce qu'il te faut."
Dan offrit son bras à Emma avant de suivre le couple devant eux, flottant pratiquement jusqu'au bal. "Ce gamin à l'air tellement naturel quand il fait ça - il y a bien quelque chose qu'il ne peut pas faire ?"
Emma savait que Dan faisait des blagues pour essayer de reprendre une contenance, voir Hermione dans cette robe avait été un choc pour elle aussi. Elle avait eu quelques instants pour se remettre de son choc, Emma essaya d'aider son mari à faire de même. "Hermione dit qu'Harry est un chanteur affreux, elle pense que c'est un trait gobelin." Voir Dan sourire à ce qu'elle venait de dire lui fit penser que tout irait bien. Elle gagna un baiser sur la joue - un baiser qui plus tard lui promettait bien plus.
Ils étaient les derniers invités de la maison à arriver au bal, quelque chose que Padma fut rapide à souligner. "Arriver en dernier, où étiez vous ? Perdus ou juste incapable de lâcher le cadeau de Noël que Sirius t'a offert ?"
Rien ne pouvait effacer le sourire d'Hermione ce soir, surtout pas une taquinerie venant de son amie. "Ne sois pas jalouse Padma. Juste parce que j'ai maintenant un livre qui me donne accès à toute la bibliothèque des Black…"
C'est une Hannah bouche bée qui était obligée de parler, il y avait beaucoup de choses importantes qu'elle devrait savoir. "Arrêtons de parler de vieux bouquins, Hermione, comment par l'enfer as tu obtenu une silhouette pareille ?"
Épargnant le rougissement d'Hermione à la question, Padma répondit à la place de son amie. "C'est facile ! Tu as juste à te lever au milieu de la nuit, courir des kilomètres et ensuite croiser ton épée avec celle d'Harry pendant une heure ou deux. Fais ça tous les jours pendant un an et - hey presto ! Je te l'ai dit, c'est facile."
Ils étaient assez proches maintenant et étaient habitués au sens de l'humour de Padma. Hannah semblait se demander si la torture que décrivait Padma était un sacrifice qui en valait la peine pour avoir une silhouette comme celle d'Hermione. Susan avait aussi l'air d'être sur le point de se porter volontaire pour accéder à cette formation.
Hermione tira juste la langue à sa meilleure amie - qui, comme prévu, répliqua.
"Oh, quelle manière de ruiner ton effet, Granger. Te tenir ici comme une princesse de conte de fée, et puis te comporter comme une gamine - quelle pitié."
"Si une princesse de conte de fée t'avait comme meilleure amie, tu serait probablement un crapaud maintenant…"
La réponse espiègle d'Hermione fit craquer Luna. "Une compagne de jeu pour Trevor !" Tout le monde éclata de rire.
Ils arrêtèrent de plaisanter en petit comité quand les invités commencèrent à arriver. Hannah ne pouvait attendre pour présenter ses amis à ses parents tandis que tout le monde était impatient de passer une bonne soirée.
Sirius et Henrica avaient été intransigeant sur le fait que cette soirée était leur nuit. Ils ne le passeraient pas entourés d'invités inconnus - juste pour dire que les 'bonnes personnes' étaient présentes. Ils avaient été hésitants à l'idée d'inviter des personnes détenant le pouvoir au ministère, des personnes considérées comme 'de leur côté' dans la lutte pour changer les choses en Grande Bretagne. Avec la réunion qui s'était tenue aujourd'hui, Amelia avait prévenu que ce n'était plus le cas. Les fonctionnaires en question s'étaient levés et avait tenus leurs position sur le sujet devant le Magenmagot.
C'est pourquoi Cornelius, Amos et Arthur avaient prévenus leurs femmes par cheminette qu'ils étaient invités à la soirée de fiançailles de Lord Black le soir même.
Les Diggory furent les premiers à arriver, avec Cedric ayant Katie Bell à son bras. Ayant été présent quand les jumeaux avaient demandé à Angelina et Alicia, Cedric, en gentleman qu'il était, avait demandé à la troisième poursuiveuse de Gryffondor d'être sa cavalière - à la plus grande joie de Katie.
Un Remus toujours choqué approcha rapidement Amos pour le remercier de son soutien au Magenmagot, remerciement que le Président Sorcier refusa d'accepter.
"Si les objections contre vous avaient porté sur votre incapacité à enseigner à nos enfants, ma réponse aurait été différente. Si le Magenmagot espère de moi que je serais aveugle au racisme et à l'intolérance, alors, ils ont élu la mauvaise personne au poste de Président Sorcier. Cedric m'a raconté à quel point Lockhart était mauvais, et comme il se sentait chanceux de recevoir des leçons supplémentaires. L'éducation ne doit pas être quelque chose de "chanceux", et c'est pourquoi vous en êtes là. Amener les classes de défense de Poudlard au niveau qu'elles devraient avoir est tout le remerciement que nous attendons."
Avec ça, Remus commençait à comprendre que la communauté magique de Grand Bretagne n'était pas seulement capable d'évoluer, mais semblait maintenant capable d'accepter ces changements.
Dan et Emma avaient guetté l'arrivée des Creevey, Colin avait rapidement filé vers l'endroit où étaient rassemblés les étudiants de Poudlard, laissant ses parents à la dérive dans une situation inhabituelle pour eux. Ils remerciaient les Granger d'être pris sous leur aile. Le père de Colin précisa que les laitiers n'étaient pas habituellement invités à des fêtes organisées par des Lords et des Laidies, ce qui fit rire Sirius et Henrica - avec Lukas et Moa promettant également d'aider le couple submergé avec tout ce qu'ils ne comprendraient pas. Quand le couple moldu demanda à Barchoke de remercier Harry pour s'être occupé de Colin à Poudlard, ils s'intégrèrent aussitôt à leurs nouveaux amis.
L'arrivée Weasley vit le contingent de Poudlard augmenter drastiquement, et donna à Harry une idée pour changer les idées de Remus. Un mot rapide à l'attention de Fred et Georges, avec le nom de Lunard mentionné les fit pratiquement harceler le maraudeur.
Leurs autre amis acceptaient tous très bien le lien entre Harry et Hermione, c'était étonnamment facile puisque le couple ne se comportait pas différemment de d'habitude. Ginny était plus inquiète de l'arrivée du Professeur Lupin, qui signifierait la fin des Maraudeurs de Crow. Toutes les personnes impliquées dans l'enseignement dans ce club confirmèrent rapidement qu'ils souhaitaient continuer, rendant Ginny, Luna et Colin très heureux. Ce club était réellement leur moment préféré à Poudlard, et tous les trois portaient leur badge des Maraudeurs de Crow ce soir.
Même Roger se présentant avec Cho Chang comme cavalière n'entama pas la bonne humeur du groupe. Cho s'était fait discrète après ses excuses à Harry et Hermione, ils n'attendaient certainement pas à des ennuis de sa part ce soir.
Tous les étudiants de Poudlard s'assirent naturellement tous ensemble, occupant un côté de la salle de bal. Quand les Greengrass arrivèrent, Daphné n'hésita pas à accompagner sa petite soeur pour rejoindre le large groupe. Draco et Pansy arrivèrent avec Blaise, après avoir remercié leurs hôtes pour leur invitation et avoir remis le cadeau, Draco et Pansy suivirent Blaise pour rejoindre l'attroupement. La nouvelle de ce qui s'était passé à la réunion du Magenmagot aujourd'hui se répandait comme une traînée de poudre, Pansy l'avait entendu de son père et elle en avait bien sûr parlé à Draco. Ce que Pansy n'avait pas évoqué, c'était l'idée que cela avait provoqué dans son esprit. Son objectif ce soir était d'avoir Granger seule pour quelques instants et d'espérer que la fille puisse répondre aux questions que la Serpentard avait. Si cela voulait dire faire de la lèche toute la nuit, Pansy était plus que prête à faire ça.
Cornelius arriva en retard par coquetterie, pas par choix ou pour jouer un rôle, mais juste parce que sa femme avait mis du temps à se préparer. Pourquoi avait-elle essayé 5 tenues différentes, juste pour décider finalement de choisir la première essayée, était un mystère bien au delà de la compréhension du ministre. Il avait appris des années avant à juste dire à sa femme qu'elle était belle, il était avant tout un politicien.
Le ministre de la magie découvrit devant lui le parfait exemple de la manière dont le paysage politique de leur pays changeait dès le moment où ils entrèrent dans la salle de bal. Barchoke dansait avec une Miss Granger tout simplement magnifique autour de la salle de bal, et leurs actions ne faisaient sourciller personne. Il n'y a pas si longtemps, l'accès même à cette maison aurait voulu dire que ni le gobelin, ni la née de moldus ne seraient sortis en vie.
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Une sorcière qui aurait certainement envisagé le meurtre du sale gobelin et de la sang de bourbe, simplement pour être entrés dans une maison appartenant à des Sang Purs, était assise seule, sirotant un whisky pur feu, comportement jugé acceptable. Dolores ne pouvait voir aucune chance que le dernier vote contre leur mode de vie ne passe pas au Magenmagot, il y avait juste trop de personnes puissantes pour la soutenir. Ajouté à ça, un loup garou enseignant à l'intérieur même de Poudlard et leur société entière semblait partir à vau-l'eau. Il y avait maintenant de multiples créatures détenant des postes de professeurs dans la prestigieuse école de sorcellerie du pays, avec une veela, un gobelin et maintenant un loup garou se faisant passer pour des professeurs. Cela finirait sûrement par faire croire aux adultes de demain que ce comportement était parfaitement acceptable et même normal - c'était quelque chose que Dolorès Ombrage devait désespérément arrêter.
Ce dont elle avait besoin était un moyen de comparer directement Poudlard avec d'autres écoles de sorcellerie, une humiliation publique était sa meilleure option pour forcer les gens à faire face à la vérité - et voir les normes appropriées de pureté du sang être rétablies une fois de plus.
Dolores savait qu'il y avait suffisamment d'idées stupides et de règles archaïques qui trainaient au Département des Sports et des Jeux Magiques pour couvrir pratiquement toute éventualité - le truc serait de trouver la bonne.
Ce bon vieux Ludo Verpey se pavanait autour du ministère comme un imbécile parce que la Coupe du Monde de Quidditch revenait en Grande Bretagne, en raison de son travail acharné pour saper toutes les offres adverses pour le tournoi. La simple pensée de réussir son deuxième coup d'état forcerait. son Chef de Département à lui fournir toute l'aide dont elle aurait besoin dans ses recherches pour montrer ce que Poudlard était réellement - un affront et une disgrâce à leur ancien mode de vie.
