Disclaimer : Traduction de l'histoire de RobSt par HermesPotters et SachaTouill / HP appartient à JK Rowling.

Bonne lecture à tous cette semaine !

Chapitre 53: S'il vous plaît, pas l'elfe de maison

Les yeux d'Astoria Greengrass étaient encore plus écarquillés que ceux de Luna avec tout ce qui se passait ce soir. Normalement, durant de telles occasions, elle et Daphné resteraient assises à côté de leurs parents, ne parlant que lorsqu'on leur adressait directement la parole. Mais ce soir, elles étaient assises avec des personnes de leurs âges, discutant de ce qui les intéressait et passant du bon temps.

En apprenant qu'elle commencerait à Poudlard en septembre, Ginny, Luna et Colin promirent de prendre soin d'elle. Avec tous les autres étudiants qui dirent la même chose, elle était sûre d'avoir des amis dans chaque maison avant même de mettre un pied dans le château. Ce n'était pas ce à quoi elle s'attendait et Astoria avait maintenant vraiment hâte d'être en septembre.

Pansy commençait à croire que le seul moyen de pouvoir parler en privé avec Granger serait de l'inviter à danser car la née de moldue n'avait pas une fois quitté la piste de danse. Finalement, alors qu'elle et la Patil de Serdaigle se dirigeaient vers les toilettes, elle décida qu'elle ne devait pas rater cette opportunité. Elle quitta Draco et se dépêcha de leur courir après.

Blaise avait remarqué son départ mais le haussement d'épaule de Draco quand il lui posa la question ne l'aida pas. Mais Parvati avait aussi vu Pansy partir et voulait avoir des réponses. "Sais tu pourquoi Parkinson s'est précipitée pour parler à ma sœur et à Hermione?"

"Non, désolé, mais je ne pense pas que tu doives t'inquiéter. Elles vont toutes les deux recevoir un Ordre de Merlin, je pense qu'elles s'en sortiront si Pansy est suffisamment stupide pour essayer quelque chose. Garde aussi à l'esprit que nous sommes dans le Manoir de Lord Black et que les parents des deux filles sont assis là-bas et c'est sans parler de Harry et Neville. Il faudrait être un idiot de toute façon pour essayer de s'en prendre à ces filles mais le fait ce soir serait une pure folie."

Ecouter Blaise rassura Parvati, mais pas autant de voir qu'Harry avait aussi remarqué le départ de Pansy. Même en dansant avec Luna, il ne manquait rien de ce qu'il se passait dans la salle de bal.

Les deux filles remarquèrent rapidement que Pansy les suivait, c'était trop délibéré pour être autre chose que cela. En entrant dans la grande salle de bain attenante à la salle de bal, Hermione et Padma laissèrent leurs leçons prendre le dessus. Padma s'approcha du miroir pour faire semblait de retoucher à son maquillage tandis qu'Hermione se dirigea vers l'autre côté de la pièce, s'assurant ainsi que Pansy serait incapable d'essayer d'utiliser sa baguette sur les deux en même temps

La jeune sorcière de Serpentard entra dans la salle de bain et réalisa immédiatement dans quelle situation elle se trouvait. Sachant que ces deux sorcières n'avaient pas de raison de lui faire confiance, elle montra aussitôt ses deux mains vides à Padma et Hermione.

"J'espérais te parler en privé Hermione. C'est une affaire assez délicate."

"Tu peux faire confiance à Padma pour tout ce que tu veux me dire. Elle ne parlera pas et si je ne me trompe pas, Padma aura plus d'informations à te donner concernant la question que tu veux me poser."

Décidant de se lancer, Pansy posa la question qu'elle se posait désespérément. "Je voulais savoir comme faire un lien de sang? J'espérais que ce soit un moyen pour empêcher mon père d'annuler mes fiançailles avec Draco?"

Hermione voyait bien que Pansy devait être désespérée pour en arriver à lui demander de l'aide mais malheureusement, elle devait la décevoir. "Je suis désolée Pansy mais je ne pense pas que cela pourra t'aider. Même si tu étais liée par le sang à Draco, ton père pourrait quand même te fiancer à quelqu'un d'autre. Le lien ne devient légal que lorsqu'on le finalise."

Pansy, intriguée demanda ce qu'elle estimait être une question évidente. "Pourquoi ne voudrions-nous pas finaliser le lien?"

Ce fut Padma qui lui répondit. "Le lien n'est finalisé que lorsque tu auras des rapports sexuels après la cérémonie."

"Oh, mais je ne pourrais pas - je suis loin d'être prête pour cette étape."

Pansy se fit offrir un mouchoir par Hermione, elle n'avait même pas réalisé qu'elle pleurait.

"Ne t'inquiète pas Pansy, nous ne le sommes pas non plus. C'est quelque chose qu'Harry et moi ne ferons pas avant quelques années, nous sommes justes chanceux que nos parents veuillent bien qu'on soit ensemble. La cérémonie du lien de sang montre à un couple à quel point ils sont compatibles, mais au yeux du ministère ce lien, tant qu'il n'est pas finalisé, n'est pas légalement reconnu. Il est en fait bien plus reconnu au yeux de la nation gobeline qui nous considère déjà comme des compagnons de vie. Si Harry et moi finalisions cette étape finale, alors nous serons considéré comme mari et femme dans deux de nos mondes. Ma mère et mon père espèrent quand même que je me marierai à l'église et nous espérons finaliser notre lien juste après cette cérémonie - ainsi nous serons légalement unis dans nos trois mondes."

Ayant mis tous ces espoirs dans cette solution, Pansy était maintenant désemparée de voir que ça ne lui serait d'aucune aide. Peu importe si ces filles n'étaient pas vraiment ses amies, elle devait parler à quelqu'un de tout ça. "C'est seulement l'invitation pour le bal de Lord Black qui a stoppé l'intention de mon père de briser nos fiançailles pour Noël. Il cherche toujours à qui il pourrait m'offrir. Draco et moi avons été fiancés depuis l'âge de deux ans, nous avons grandi en sachant qu'un jour, nous serions mariés - comment peut-il nous enlever ça ?"

C'est un côté des fiançailles qu'Hermione n'avait pas envisagé. Être fiancés depuis l'enfance les avaient fait grandir ensemble, sachant ce qui les attendait dans le futur. Pas étonnant que Pansy soit si bouleversée, Draco n'était pas uniquement son fiancé, mais aussi son meilleur ami. Hermione se souvint comment elle se sentait le jour où son père l'avait retirée des bras d'Harry, c'était suffisant pour proposer son aide à Pansy.

"Si venir ici ce soir vous a aidé à rester fiancés, nous devons réfléchir ensemble et voir ce qui peut être fait pour empêcher ton père d'envisager de rompre cet accord. Nous aurons probablement besoin de dire à quelques autres personnes ce qui se passe exactement."

"Si ça me fait rester avec Draco, je me fiche de savoir si nous faisons la première page de la Gazette ! Je dois cependant demander, pourquoi m'aidez vous ?"

Hermione sourit à la Serpentard alors qu'elle donnait à Pansy une réponse à laquelle la sorcière ne s'attendait pas. "Nous venons toutes les trois de milieux totalement différents, et nous avons certainement différentes visions de la vie, mais il y a une chose que nous avons en commun. Chacune d'entre nous a déjà trouvé la personne avec qui elle compte passer le reste de sa vie. Quiconque essayant de séparer Harry et moi, ou Padma et Neville, déclenchera un combat - comment ne pouvons nous pas t'aider ?"

Pansy n'eut le temps de rien dire que Parvati jailli dans la pièce, suivie de près par Henrica. Les signes que Pansy venait de pleurer étaient flagrants, de même, aucun signe d'une altercation entre elles n'était visible. Quoiqu'il se passait ici, elles n'étaient pas en train de se battre. "Tout va bien ici ?"

"Nous allons bien, Pav, nous discutions avec Pansy. Merci de t'en être assurée, c'est bon de savoir que tu surveilles nos arrières."

"Pas de problèmes frangine, maintenant, je ferai mieux d'y retourner et de prévenir les garçons que tout va bien - avant qu'ils ne se précipitent ici également !"

Parvati retournant dans la salle de bal, Henrica resta pour aider à régler le problème qu'elles rencontraient.

C'est un Draco soulagé qui vit ensuite Pansy revenir dans la salle de bal, elle le traîna pratiquement sur la piste de danse - évidemment pour parler.

"Jusqu'où es tu prêt à aller pour garder nos fiançailles ?"

"Pansy, tu sais que je ne peux accéder aux demandes de ton père - il aurait de suite d'autres demandes pour moi si je le faisait."

"Je ne parle pas de donner quoi que ce soit à mon père, tu sais que je suis d'accord avec toi sur ce point. Si nous étions invités au mariage de Lord Black et que nous passions une partie de l'été avec Crow, penses tu honnêtement que mon père risquerait de rejeter ça ? Qui pourrait-il trouver pour moi avec de telles connections ?"

"Qu'est ce que tu dû as promettre pour obtenir ça ? Je ne passerai pas d'un manipulateur à un autre, je veux que nous puissions être libre de vivre nos vies en suivant le chemin que nous avons choisi…"

"...et moi aussi Draco, moi aussi. Ce que nous devons faire, c'est de montrer que nous sommes prêts à changer, tu as déjà dit que nous devions le faire. Nous avons été promis l'un à l'autre pendant pratiquement toutes nos vies - je ne vais pas rester sans rien faire et laisser mon père revenir sur ses paroles maintenant. Mon idée n'a pas eu de succès, mais on m'a offert une autre chance, nous savons tous les deux que se rapprocher de Crow arrêterait mon père."

"Est ce que cela veut dire que je dois faire de la lèche à Crow ?"

"Regarde Blaise, ou même Londubat, il n'agissent pas comme ça. Crow n'est pas intéressé par quiconque lui ferait de la lèche. Si nous voulons que le nom des Malfoy retrouve sa place d'autrefois, c'est le seul moyen. Tu l'as dit toi-même, si Crow sort vainqueur de son combat contre le Seigneur des Ténèbres, les britanniques du monde sorcier l'élèveront au rang de roi. Si cela devait arriver, nous serions pas des princes ou princesses mais nous pourrions faire partie de sa cour royale. C'est ainsi qu'un Serpentard devrait agir, et ainsi nous resterons ensemble et aurons quelques amis influents - et peut-être que nous pourrons aussi nous amuser."

Elle voyait bien que Draco réfléchissait à cette option, avoir la paix avec son père sans avoir à faire de concessions, ou aucune de douloureuses en tout cas.

"Si nous devions le faire, que veulent-ils de nous?"

"Ils veulent une démonstration publique que nous sommes prêts à changer. Le nom des Malfoy a encore une certaine importance dans certains cercles et ils ont besoin d'envoyer un message à ces cercles là. Si tu invites Granger à danser cela enverra un message clair et fort, puis Crow m'invitera à danser. Si cela ne pousse pas mon père à nous laisser en paix pendant quelques mois, alors rien d'autre ne marchera."

"Donc, tout ce que j'ai à faire c'est de danser avec Granger?" Pansy hocha la tête mais Draco vit clairement que ce serait un très mauvais moment pour la taquiner, il la serra brièvement contre elle alors qu'ils valsaient et reçut en échange un sourire nerveux.

"Est-ce que tu le feras - pour nous?"

Draco avait en effet tout perdu et pourtant Pansy était restée accrochée à lui, comme de la glue. Elle était même en train de comploter contre son père pour s'assurer qu'elle reste à ses côtés dans les années à venir. "Si danser à Granger nous permettra de rester ensemble, alors je le ferai. Je danserai même avec sa mère moldue si cela signifie que nous pouvons rester ensemble."

"Sa mère est une très belle femme, Draco, ce ne serait pas vraiment un sacrifice de le faire. Mais garde cette idée dans un coin de ta tête car je ne sais pas jusqu'où nous devrons aller."

Tonks était debout en train de regarder Hermione danser avec son cousin quand Henrica approcha. "Voulez-vous bien me pincer Professeur, je n'arrive pas à croire ce que je vois."

"Auror, vous entre tous devriez savoir ce que ce groupe peut obtenir quand il réfléchit un peu."

" Vous ne plaisantiez pas là-bas, j'ai maintenant un solde sur mon compte en banque que j'ai encore du mal à réaliser - et aujourd'hui on m'a nominé pour un Ordre de Merlin, Première Classe. Je ne peux pas parler au nom de tout le pays, mais ils ont certainement changé toute ma vie. Et le fait que ma mère danse avec mon père dans la salle de bal des Black est aussi une très belle occasion pour notre famille. J'aimerai vous remercier."

"Nous allons faire partie de la même famille, appelez moi Henrica."

"Merci Henrica, mais je veux quand même être appelée Tonks, certains parents ne devraient pas avoir l'autorisation de nommer leurs enfants. Que pouvez-vous me dire sur Remus Lupin?"

"Pourquoi Tonks? Vous êtes intéressée ?"

"Oui, je veux savoir dans quoi je m'embarque surtout. Je vais être l'auror qui l'escortera hors de Poudlard pour sa transformation, puis j'assurerai ses cours pendant un jour ou deux. Je sais comment fonctionne le Château et après l'annonce de ce matin, Madame Bones est certaine que lorsque les parents apprendront qu'une Auror détentrice de l'Ordre de Merlin Première Classe s'assurera que le loup-garou est hors du château, alors ils arrêteront de s'inquiéter."

"Vous n'avez pas à vous inquiéter Tonks, Remus est vraiment un chouette gars. Sirius sera là aussi, il prévoit de rester avec Remus pour l'aider avec sa transformation." Henrica vit les yeux de l'auror s'écarquiller et se dépêcha et lui donner plus de détails. "Sirius un animagus chien donc il se transformera aussi - et sera en sécurité."

Tonks regarda la belle vélane avant de poser une question. " Notre famille est vraiment folle, de l'auror à la sorcière psychopathe qui mourra à Azkaban, en passant maintenant par le Chef de famille qui est un chien! Êtes vous sûre de vouloir l'épouser?"

Henrica n'eut qu'à regarder la piste de danse où son futur mari valsait avec sa mère " Par l'enfer, oui!"

Pour une fois, Cornelius s'amusait réellement. Il n'y avait pas d'affaires ministérielles ce soir, il était traité comme un autre invité - un changement rafraîchissement. Celui lui permettait de passer son temps libre à observer les électeurs de demain - et à reconnaître qu'Amélia avait raison sur deux de ses principaux points. Le simple fait de regarder ces jeunes sorciers et sorcières ensemble confirmait le fait qu'ils devaient être traités de manière égale et que perdre Harry au profit des gobelins ou des moldus serait un désastre absolu.

Voir le fils de Lucius être cordial avec une sorcière née de moldus mais aussi danser avec elle était certainement quelque chose que Cornelius n'aurait pas cru s'il ne l'avait pas vu. Harry faisait clairement de son mieux pour s'assurer que sa génération soit sensible aux changements qu'il voulait voir se produire et c'était maintenant au ministre d'essayer de façonner leur société en une société qui accepterait également ces changements. Cornelius savait qu'il aurait un combat entre ses mains, la faction sombre n'allait pas céder son pouvoir à la légère, mais il savourait ce défi. C'est pourquoi il s'était lancé en politique à la base, avant qu'il ne commence à jouer avec le système-ou était-ce le système qui se jouait de lui ?

Alors qu'Amos regardait le même groupe, il se concentrait sur un autre garçon aux cheveux noirs. Cédric semblait être parfaitement intégré au milieu de ce mélange très éclectique de sorciers et sorcières - il serait cependant difficile ne pas s'y intégrer. Il s'agissait d'un groupe où tout le monde était écouté et aucune opinion était rejetée mais simplement considérée comme différente. Cédric le lui avait dit, mais le voir de ses propres yeux était certainement une révélation.

Dans n'importe quelle situation de commandement, Harry prendrait clairement le leadership du groupe. Comme ils en avaient été témoins avec l'incident de la Chambre, Harry écoutait et estimait les opinions de ceux autour de lui. Son pouvoir de commandement était si fort qu'un auror et un professeur de Poudlard avaient également suivi ses ordres.

Amos était ravi que son fils fasse parti de ce groupe mais plus encore après avoir vu la façon dont Cédric interagissait entre eux.

La fête avait été considérée comme un succès par tous les invités. Alors qu'un certain jeune couple était sur le point de partir, leur hôte pour la soirée utilisa la même tactique que Pansy et demanda à leur parler en privé.

"Monsieur Malfoy, je comprends ce que fait mon filleul et je pense qu'il a tort. Harry a rétorqué que je vieillis et deviens cynique. Vous venez juste de vous devenir notre sujet d'expérience pour trancher entre nous deux et voir qui a raison"

Pansy tremblait en tenant le bras de Draco car, comme son fiancé, elle n'avait pas la moindre idée de ce que leur voulait Lord Black. Ils n'eurent pas à attendre longtemps pour savoir à quelle sauce ils allaient être mangés.

"La veille du Nouvel An, plusieurs personnes présentes ici ce soir vont faire la fête sur un bateau moldu sur la Tamise à Londres. Il y aura un dîner et une soirée dansante et je vous invite avec la personne de votre choix à nous rejoindre. Le dress code sera moldu mais nous aurons ici des vêtements pour vous deux. Vos baguettes devront aussi rester là jusqu'à votre retour. C'est une fête privée mais l'équipage et le groupe seront bien sûr moldus. Envoyez moi un hibou quand vous aurez pris votre décision."

Draco réussit à marmonner un "merci pour l'invitation" avant qu'ils ne rentrent dans la cheminée.

Sirius sentit deux bras l'encercler par derrière et Henrica l'embrassa sur la joue. "C'est très gentil ce que tu viens de faire…"

"Je suis désolée ma chérie, mais non ça ne l'était pas."

"Que veux tu dire par là?"

Son futur mari essaya de s'expliquer. "Ce n'est pas parce que je ne crois pas en la doctrine sang pur que je ne sais pas comment l'utiliser à notre avantage."

Sachant que c'était un concept étranger pour sa belle fiancée, Sirius expliqua à Henrica ce qu'elle venait juste de voir. "Le jeune Draco a un choix très dur à faire que lui ai délibérément demandé de faire. S'il doit faire parti de notre groupe et être proche de notre famille nous devons savoir ce qu'il est prêt à faire. S'il vient à notre fête du Nouvel An, Draco saura qu'il sera impossible d'être accepté par les cercles que fréquentait son père. Cela nous dira aussi jusqu'où Parkinson sera prêt à aller pour que sa fille fréquente ceux et celles qu'elle a vu ce soir - tout cela nous donnera pleins d'informations. S'ils trouvent une excuse, cela nous dira également qu'ils ne font que semblant d'approuver les changements que veulent nos enfants."

"Et qu'espère-tu qu'il fasse?"

"Oh, j'espère que Draco sera là…"

Cela lui valut un autre baiser d'Henrica, même si elle avait mal interprété les motifs de Sirius.

"Juste le fait de savoir que son fils était présent à une soirée moldue poussera le vieux Lucius à se suicider. Je ne verserai pas de larmes si cela devait se produire."

-oOoOo-

La Gazette du Sorcier qui arriva le lendemain matin pendant le petit déjeuner contenait la une qu'ils s'attendaient tous à voir. C'était prévisible qu'ils utilisent une photo d'Harry et Hermione lors du bal estival du ministère mais le titre de l'article fut une surprise pour eux.

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Le journaliste avait visiblement fait recherches sur les liens de sang et avait ajouté sa petite touche de sensationnalisme. Quand il prétendait que c'était une ancienne cérémonie magique qui précédait les fiançailles, il avait raison, mais ce n'était pas exactement vrai de prétendre que le lien était plus puissant que des fiançailles - même si personne à Grimmault allait réfuter ce fait. L'article était vraiment positif et soutenait leur lien et les récompenses proposées par le ministre.

Padma et Hermione étaient contentes d'avoir expliqué la situation à Pansy la veille car sinon elle aurait pu penser que la cérémonie du lien du sang les protégerait des manipulations de son père.

Remus était ravi que l'article assez positif sur le fait qu'il allait, en effet, occuper un poste d'enseignant à Poudlard soit relégué aux autres pages. Les Ordres de Merlin et les nouveaux Barons étaient bien plus importants pour la communauté britannique sorcière - ou il s'agissait plutôt de ceux qui allaient être nominés.

Dan était assez confus par le fait qu'Harry allait être Baron. "Je croyais que seule la monarchie pouvait annoblir quelqu'un?"

Sirius gloussa "Penses-tu que la Reine est donné à Tom Jedusor un titre de Lord? Le terme "Lord" désigne à l'origine quelqu'un ayant du pouvoir sur les autres. Et puisque Voldemort était responsable de la vie et de la mort de ses partisans, il était logique que certains illuminés fassent de lui un Lord. Les Black sont une ancienne famille et le chef de leur famille a toujours été un "Lord" - et cela n'a rien à voir avec le système des pairs moldus.

"Sirius a raison même si cette histoire de titre est un peu différente. Faire de moi un baron n'a rien à voir avec la monarchie, va de paire avec la terre." Harry eut un sourire assez insolent quand il fit une autre suggestion. "Hermione, peut-être que nous pourrions leur acheter un truc du genre à Noël prochain? J'imagine tout à fait ton père en tant que Laird écossais et ce n'est pas si cher en plus! Nous pourrions leur acheter un titre chacun avec l'argent que nous avons eu du basilic."

"Donc, tu dis que c'est à propos des terres et pas du titre?"

Personne ne manqua la lueur d'excitation dans les yeux d'Harry quand il répondit. "Cela a toujours été à propos des terres Dan, pas à propos du titre. En accordant ces terres à un gobelin, le ministère devra changer la loi. Le dernier changement était minime, mais là ce sera une grande étape. Je pourrais avoir des gobelins qui construiront leurs demeures sur mes terres et y vivront - légalement en plus! Ce serait la plus grande avancée pour la nation Gobeline depuis presque quatre siècles. Les gobelins sont devenus des maîtres en enchantement de protection, pas seulement pour protéger Gringotts et les coffres mais aussi dans l'espoir que nous pourrions vivre de nouveau à la surface. Aucune maison gobeline ne sera jamais plus attaquée par des sorciers, pas sans que des escadrons de guerriers n'arrivent avant que ces mêmes sorciers n'aient réussi à détruire les protections."

Emma regarda Amélia et Augusta en posant sa question: "Quelles sont les chances que cela soit approuvé par le Magenmagot?"

"Je suis assez optimiste maintenant, plus en tout cas qu'avant la réunion."

Amélia acquiesça mais ajouta aussi son opinion sur la question. "De nombreux membres m'ont approché en privé. Ils sont plus inquiets par la vitesse et la fréquence de ces changements que par la nature de ces changements. Si j'arrive à les rassurer sur le fait que nous attendrons plusieurs années avant de procéder à d'autres changements, alors ils voteront pour nous. Je pense à titre personnel que nous devrions laisser à tout le monde le temps de s'adapter à ces changements avant d'en ajouter d'autres."

Barchoke leur donna le point de vue de la nation. "Si cela est accepté, nous comptons demander l'autorisation d'ouvrir une autre branche de Gringotts à Pré-au-Lard mais ne ferons pas d'autres demandes d'intégration. Nous demanderons au nouveau Baron de Kingussie la permission pour construire des maisons sur ses terres, utilisant cette étape pour que des sorciers et des gobelins vivent de nouveau côte à côte."

Ce fut Hermione qui ramena un peu de légèreté autour de la table - trainer autant avec Padma commençait à avoir un certain effet sur elle. "Et bien, je connais personnellement ce Baron et je pense qu'il n'y aura pas de problème. Je pense aussi que nous devrions passer une partie de cet été en Kingussie, juste avant le retour à Poudlard serait idéal. Quand pourrons-nous commencer à planifier l'été?"

Tous les yeux se tournèrent ver le couple dont le mariage allait déterminant tant de leurs plans pour cet été. Après s'être interrogés du regard, ce fut Henrica qui répondit.

"Nous n'avons pas encore trouvé de date et je ne veux pas nous porter la poisse en préjugeant du résultat du vote. Tout le monde a cette table espère un "oui" ce qui signifie que nous aurons un autre bal ministériel pour recevoir ces récompenses. Le vote n'aura pas lieu avant le 5 février, que diriez-vous de nous réunir le week-end suivant et d'élaborer alors notre calendrier?"

Parvati fut la première à signaler quelque chose qui aurait pu être oublié. "C'est le week-end de la Saint-Valentin!"

"Oh, je suis sûr que nous pourrons trouver quelque chose à faire pour ça." Le sourire de Sirius disait à tout le monde qu'ils en étaient bien conscients avant de proposer cette date.

Neville avait cependant une autre raison d'accepter instantanément cette proposition. "Si nous ne sommes pas à Poudlard alors je pourrais rendre visite à maman et papa."

L'accord fut unanime après ça, tout le monde avait déjà rendu visite à Franck et Alice pendant les vacances même si pour certains cela avait été à travers la vitre d'observation. Même si les guérisseurs gobelins avaient été ravis que les nouveaux scans donnent des informations détaillées sur la façon dont leur traitement progressait, les médecins moldus étaient stupéfaits. Ce n'était qu'en prétendant qu'il s'agissait d'un nouveau traitement radical essayé sur des patients n'ayant rien à perdre que les médecins moldus s'étaient montrés satisfaits - pour l'instant. Quel que soit ce traitement, les médecins moldus avaient maintenant la preuve évidente que les terminaisons nerveuses du cerveau étaient en train de se réparer à une vitesse jugée impossible.

Même si l'état d'Alice s'améliorait lentement, Franck affichait des symptômes similaires à ceux de patients ayant souffert d'un AVC. Un côté de son corps était plus faible et il avait encore du mal à articuler. Augusta et Neville considéraient toujours cela comme une merveilleuse amélioration mais ce n'était qu'en le comparant à Alice qu'une petite déception allait faire surface. Les guérisseurs gobelins avaient désormais de nouveaux scans pour les aider à affiner leur traitement et un guérisseur de sainte Mangouste allait rejoindre leur équipe sur ce cas dès la nouvelle année.

Le traitement de ses parents avait certainement dépassé toutes les attentes originales de Neville. A mesure que leur état s'améliorait, les attentes de Neville grandissaient aussi. Il espérait en fait que ses parents pourraient les rejoindre en vacances sur l'île privée de Harry, ce serait un rêve devenu réalité pour Neville. Les guérisseurs connaissaient ces rêves et ne les avaient pas encore exclus pour cet été, bien qu'ils soient assez certains que ce ne serait pas un problème pour l'année suivante. Le simple fait de savoir que cela arriverait un jour était suffisant pour Neville.

Avec ces décisions prises, Sirius révéla alors ce qu'il avait prévu pour aujourd'hui, un autre jour de folles vacances pour cette famille élargie.

C'était un Lukas souriant qui pensait que le vieux dicton certifiant qu'il allait perdre sa fille ne s'appliquait pas vraiment ici. Il semblait en fait que les Hobson ne gagnaient pas seulement un fils mais toute une tribu. Lui et Moa étaient extrêmement satisfaits de cet arrangement et ils avaient déjà été invités à Londres en février pour les discussions sur le mariage.

-oOoOo-

Edmund Parkinson souriait également en regardant sa fille et son fiancé saluer leurs nouveaux "amis" avant de monter à bord du Poudlard Express. Il avait tenté sa chance en permettant à Pansy d'accompagner Draco à l'évènement moldu que Lord Black avait organisé, mais le mot important pour Edmund était "accompagner". Draco serait celui dont la réputation serait vraiment entachée par cela, Pansy était juste au bras de son fiancé - du moins c'est ce qu'Edmund prétenderait s'il était forcé de négocier un autre contrat pour sa fille.

Ce qui avait été décisif pour Edmund c'était que c'était la société dans laquelle il voulait que ses petits-enfants grandissent - parmi les Potter, les Londubat, les Black et les Bones. Il avait pensé que le fait de fiancer Pansy à Draco garantissait son inclusion dans les hautes sphères de la société - jusqu'à ce que tout lui explose au visage. Draco l'avait cependant surpris par la maturité avec laquelle il avait géré la situation, certainement de façon plus mature que Lucius l'aurait fait.

Il voyait bien la main du jeune Crow dans cette approche, car avoir l'héritier Malfoy de son côté renforçait sa crédibilité dans ce qu'il essayait d'accomplir à Poudlard - et au Ministère aussi.

C'était aussi une autre raison pour laquelle Edmund avait décidé de venir sur le quai 9 ¾ aujourd'hui. il voulait non seulement voir ce qu'il se passait mais aussi s'assurer qu'il y était vu publiquement. Il avait entendu des rumeurs selon lesquelles des mesures directes seraient prises pour garantir que cette nouvelle initiative gobeline serait étouffée dans l'oeuf.

Edmund pensait qu'une telle action pourrait fonctionner dans les deux sens, soit obtenir le résultat escompté, soit forcer le ministre à régler le problème des mangemorts une bonne fois pour toute. Avec l'opinion publiquement tellement tournée vers la lumière en ce moment, Edmund craignait que ce soit la deuxième option qui se produise. Si c'était le cas, alors les nouveaux amis de sa fille devraient être suffisants pour la protéger de tout problème. Il était bien plus difficile de savoir si les amis de Pansy sauveraient également toute sa famille de toute perte financière - ils s'étaient en tout cas assurés que Lucius reçoive le châtiment approprié.

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Barchoke était assez satisfait par la façon dont s'était déroulée sa réunion avec Arthur. Ils avaient remplacés leurs rendez-vous mensuels par des réunions hebdomadaires jusqu'à nouvel ordre. Le ministère et la nation travaillaient très dur pour s'assurer que leur proposition soit acceptée par le Magenmagot le 5 février, et des réunions hebdomadaires leur permettait d'essayer d'envisager et de résoudre tout type de problèmes.

Les lieux de réunions alternaient entre Gringotts et le Ministère de la magie - aujourd'hui c'était au tour d'Arthur et de son assistant de les recevoir. Le trio traversait l'atrium du Ministère quand les poils du gobelin se hérissèrent, c'était un avertissement de danger qui lui avait déjà sauvé la vie par le passé et immédiatement Barchoke regarda autour de lui. Ce fut une sorcière d'âge moyen qui se dirigeait de manière assez mécanique vers eux qui fit pleinement sonner l'alarme intérieure de Barchoke.

Les gobelins pensaient que les yeux d'une personne étaient la fenêtre de leur âme, et ceux de la sorcière disaient à Barchoke que les lumières étaient peut-être allumées mais que personne n'y résidait. Tout cela prit une fraction de seconde, une seconde qui permit à la sorcière de commencer à lever sa baguette. Il cria "Attaque" avant de pousser Arthur au moment où une malédiction meurtrière passait là où le chef de la famille Weasley s'était tenu quelques secondes plus tôt.

L'avertissement et les actions de Barchoke firent réagir qui Bill qui mit fin au combat de cette sorcière avec un sortilège coupant bien placé sur son bras armé mais d'autres rafales de sortilèges commencèrent à jaillir depuis deux autres endroits. L'atrium plongea dans le chaos avec Bill et Arthur qui essayait de forcer leurs attaquants à se protéger et Barchoke qui essayait de cacher le plus de personnes possibles derrière la Fontaine des Créatures Magiques. Il aidait une sorcière avec un enfant en bas-âge, utilisant son bouclier les protéger de son mieux quand un impact soudain l'envoya au sol.

L'attaque fut bientôt finie, ne durant pas plus de 90 secondes,mais les cris continuèrent bien après. L'atrium était maintenant rempli d'aurors et la situation était de nouveau sous contrôle avec quatre attaquants actuellement ligotés et des guérisseurs de Sainte Mangouste qui s'occupaient des blessés.

Amélia trouva Barchoke, le visage face au sol avec Arthur et Bill Weasley qui le protégeaient en attendant qu'un guérisseur ne vienne. Elle savait que Barchoke avait renoncé à emmener ses gardes pour montrer un visage plus amical de la nation et Amélia se maudit mentalement pour ne pas avoir remplacé ces gardes avec des aurors.

"Barchoke, tu peux m'entendre?"

"Je suis blessé Amélia, pas sourd, bien sûr que je t'entends. Qu'est-ce qui m'a frappé? Je n'arrive pas voir dans cette position et aucun des Weasley n'accepte que je bouge."

"Tu as un morceau doré d'une statue dans ton épaule, c'est pour cela qu'ils ne te laissent pas bouger."

"Amélia, dis moi s'il te plaît que c'est pas un morceau de la statue d'elfe de maison. Je ne m'en remettrai jamais si c'est un foutu elfe de maison qui a réussi à me mettre à terre…"

Cornelius se précipita dans l'atrium, et ses visions de sang et de meurtres qui se produisaient pendant son mandat le faisaient courir encore plus vite. Il ne s'attendait pas à trouver Barchoke, blessé, entouré par Amélia et les deux Weasley, tous en train de rire aux éclats. Car en ce qui concernait Cornelius, il n'y avait vraiment pas de quoi rire.

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Ron Weasley lui ne riait pas, même s'il était probablement le seul dans le train à ne pas rire. Ses vacances avaient été absolument misérables, les leçons de morale constantes avec ses parents avaient gâché cette période de Noël - et ensuite la Gazette avait révélé ce qu'avaient préparé Bill et son père.

Trois autres étudiants de Poudlard et une professeur allaient avoir un Ordre de Merlin et Crow deviendrait Baron - le monde devenait fou et il semblait être le seul de sa famille à s'en rendre compte. La plus grosse inquiétude de sa soeur avait été de savoir l'effet qu'aurait le nouveau professeur de défense de Poudlard sur son club et Ginny avait été soulagée d'apprendre que son club des maraudeurs allait continuer. Les jumeaux étaient enchantés d'avoir un de leur héros en guise de professeur tandis que Percy était trop occupé à s'extasier sur Pénélope pour s'intéresser au reste.

C'était comme si chaque membre de sa famille s'était détourné de lui et Ron savait très bien qui il devait blâmer pour cela - Crow. Champion de Poudlard, Centurion Gobelin, Ordre de Merlin Première Classe et maintenant cet idiot allait devenir Baron d'une terre écossaise. Comment quelqu'un de normal pouvait-il rivaliser avec tout ça? Et comme si ça ne suffisait pas, il ne rendait pas seulement ses amis riches, mais il les faisait se faire nominer pour des récompenses. Ron était resté assis dans son compartiment et regardait le flux constant d'étudiants qui passaient devant sa porte pour aller parler à Crow et pas un ne s'était arrêté ne serait-ce que pour lui jeter un regard.

Il ne devrait pas être surpris, sa famille ferait sans doute de même. Son père et Bill travaillaient tous deux avec le père gobelin de Crow et en ce qui concernait Ginny, Crow ne pouvait rien faire de mal. Les jumeaux prenaient des cours supplémentaires avec Crow et pensaient qu'il était génial, prouvant sans nul doute possible qu'ils étaient fous. Pénélope était proche de ses protégés de Serdaigle ce qui signifiait que Percy allait sans doute aussi penser qu'ils étaient meilleurs que les autres.

Après avoir passé tout le voyage depuis Londres à ressasser, Ron était d'une humeur massacrante quand l'Express arriva à Pré-au-Lard, encore gelée. Quand il se retrouva juste derrière Crow et sa clique qui faisaient la queue pour un attelage jusqu'au château, son humeur se dégrada encore. Puis Madame Bones et Lord Black apparurent, et Ron était assez proche pour entendre ce qu'ils leur dirent ce qui le fit craquer.

"Il y a eu une attaque au ministère aujourd'hui. Ton père, Arthur et Bill Weasley étaient les cibles…"

En entendant que son père et son frère avaient été attaqués, encore une fois à cause de Crow, un voile rouge s'abattit sur Ron. Alors que tout le monde s'était figé en entendant ce qu'avait à dire Lord Black, Ron réagit.

"Sale bâtard, ma famille…" Il se lança sur Crow mais se retrouva à voler dans les airs. Ce fut un vol très rapide avant d'atterrir lourdement dans le sol dur et froid. Le souffle coupé, Ron était incapable de parler, sans parler du couteau mortel qui se trouvait à quelques centimètres de son visage. La colère qui irradiait de la personne qui tenait ce couteau était telle que Ron n'aurait sans doute pas pu parler s'il avait pu respirer, il n'avait jamais été aussi terrifié de toute sa vie. Quand Crow parla, Ron comprit qu'il pensait chacun de ses mots.

"Tu as déjà attaqué Hermione et et c'est la deuxième fois que tu t'en prends à moi. Cela s'arrête ici et maintenant. Plus d'excuses, plus de pardons, plus d'exception juste parce que tu es un Weasley - une famille que j'aime beaucoup. Tu me refais un coup pareil à moi ou aux miens et je te coupe un membre - est-ce assez clair pour que tu comprennes? J'ai besoin de t'entendre dire oui parce que je pense que tu es trop stupide pour prendre cet avertissement au sérieux et je veux que des témoins t'entendent dire clairement que tu as compris ce que tes idioties te coûteront maintenant."

Si Ron avait le moindre doute, les yeux de Crow lui firent comprendre que le bâtard lui ferait exactement ce qu'il avait promis. Puisqu'il était attaché à toutes ses parties du corps et qu'il voulait que cela reste ainsi pour le reste de sa vie, il réussit à croasser un "oui" et le couteau disparut.

Les ennuis de Ron étaient loin d'être terminés cependant car Percy le leva avec colère avant que Madame Bones ne s'adresse à lui. "Ton père va bien uniquement parce que Barchoke a crié un avertissement puis poussé Arthur hors du chemin d'un sortilège de mort."

Hermione entoura Harry de son bras et puisait ainsi du réconfort tout en en donnant à son tour. "Amélia, comment vont notre père et Bill?"

"Ils vont bien tous les deux. Votre père a été touché par un éclat de statue quand les maléfices fusaient dans l'atrium du Ministère, il est actuellement soigné à Sainte Mangouste mais ne court aucun danger. Bill a quelques bleus et égratignures, et c'est son blouson qui l'a probablement sauvé de plus de dégâts."

Percy pensa à son propre blouson en peau de Dracon qu'il portait sous ses robes, un cadeau de Noël de Bill. Il savait que son frère ainé et leur père allait devenir fous quand il leur écrirait à propos de la dernière escapade de Ron, il était sûr maintenant que Ron allait suivre l'école à la maison.

Sirius s'assura que leur famille disposait de toutes les informations. "Barchoke était allongé dans son lit d'hôpital et essayait de raconter des blagues quand je suis parti pour venir pour prévenir. Amélia dit que c'est un miracle que personne n'ait été tué dans l'atrium, le ministère a capturé tous les attaquants et ils sont en train de réfléchir à quoi faire maintenant. C'était clairement une tentative pour saboter le vote du mois prochain car si l'Ambassadeur Gobelin avait été assassiné au milieu du Ministre de la Magie, cela aurait démarré une autre guerre entre nous. Je ne voulais pas que vous l'appreniez par la Gazette demain matin et je voulais aussi vous donner la chance à tous les deux de rendre visite vous-mêmes à Barchoke…"

Deux "oui" furent immédiatement répondus, et ils dirent rapidement au revoir à leurs amis. Ils furent rapidement prêts mais attendaient Amélia.

La directrice du département de la justice magique aperçut le deuxième année avec lequel elle voulait parler et s'approcha de lui en jetant un sortilège d'intimité. Tout le pays le saurait d'ici le lendemain mais elle ne voulait pas que d'autres l'apprennent pour l'instant.

"M. Nott, votre père a orchestré cette attaque et y a participé. Il a utilisé le sortilège de l'Imperium sur trois personnes et a jeté d'autres maléfices pendant cette attaque. Nous n'êtes en rien impliqués dans cette attaque mais je ne voulais pas que vous l'appreniez dans la Gazette de demain - et je voudrais aussi vous offrir l'opportunité de rentrer chez vous si vous le souhaitez."

La tête de Théo lui tourna en entendant ces nouvelles - comment son père avait-il pu être aussi stupide? Si Bones était si sûre de ces faits, c'était que son père partait pour Azkaban, faisant de lui le chef de facto de la famille Nott. L'offre de rentrer était très tentante mais Théo ne pouvait pas l'accepter. S'il rentrait chez lui, les autres allaient le suspecter d'être coupable et il ne pouvait pas le permettre. Il avait aussi eu l'exemple d'un de ses camarades de classe sur la façon dont il devait gérer cela. Il donna la réponse qu'exigeait son statut de sang pur.

"Merci pour votre temps et pour m'avoir offert cette courtoisie Madame Bones. Je crois que je vais rester, mais pourrais-je avoir un mot avec le Centurion Crow avant?"

Quand ils s'approchèrent, Théo comprit ce qui était attendu de lui. Draco faisait un remarquable travail pour s'assurer que le nom des Malfoy ne soit pas entaché par tout ce scandale, et il devrait faire de même pour les Notts. Il avait deux plus jeunes soeurs qui dépendaient de lui maintenant et Théo avait juré de ne pas les laisser tomber.

Théo s'inclina devant Harry puis parla. "Centurion Crow, je viens d'être informé que mon père avait été impliqué dans l'attaque contre le vôtre. Je veux vous assurer que c'est la première fois dont j'en entends parler et que je ne soutiens absolument pas les actions de mon père."

Les leçons de Sirius permirent à Harry de répondre comme il fallait, et comme la tradition l'exigeait. "Monsieur Nott, je pense que j'ai déjà été très clair à ce sujet, seuls les coupables doivent être punis. Si cela s'avère nécessaire, je répèterai mon point de vue publiquement."

Son honneur étant satisfait, Théo se dirigea vers le château tandis qu'Amélia leur tendit le portoloin qui les emmènerait à Sainte Mangouste.

-oOoOo-

Harry fut rassuré en apercevant les gardes gobelins devant la porte de sa chambre mais encore plus quand il le vit assis dans son lit en train de parler avec ses invités. Il avait tellement envie de se jeter dans ses bras et de le serrer contre lui mais ce serait embarrassant pour eux deux - il était un centurion après tout. "Content de vous voir, Père…"

Harry ne put continuer sa phrase car Hermione ne se préoccupait pas des rangs ou de l'embarras. Elle quitta son bras et, tout en faisant attention aux blessures du gobelin, elle serra fort leur père dans ses bras. Elle ne cacha pas non plus ses larmes "Content de vous voir Père, nous étions tellement inquiets…"

"Ne t'inquiète pas ma fille, je vais bien. Je ne suis confiné dans ce lit que jusqu'à ce que ces guérisseurs soient sûrs que je ne suis pas en train de voler leur précieuse fontaine en or - ils veulent s'assurer qu'ils ont retiré chaque éclat de ma vieille carcasse…"

Le rire de Maître Sharpshard fut rejoint par celui d'Harry alors qu'une jeune sorcière exaspérée posa une question très sérieuse. "Père, je comprends le langage de la nation et j'apprends lentement à connaître votre culture - mais pensez-vous que je maitriserai un jour le sens de l'humour des gobelins?"

Le fait que les trois gobelins considèrent sa question comme hilarante donna sa réponse à Hermione - probablement pas.

Le ministre de la Magie se tenait en retrait, il avait immédiatement cessé sa discussion avec l'ambassadeur quand la famille du gobelin était arrivée. En voyant la réaction de cette jeune née-moldue avec Barchoke, cela ne fit que consolider la résolution de Cornelius de réagir de manière décisive à l'attaque d'aujourd'hui. Le ministre frissonna en imaginant à quel point la situation aurait pu être grave et était extrêmement soulagé qu'il n'y ait pas eu de morts ou de grands blessés.

Ce qui frappa aussi Cornelius c'était aussi l'affection évidente de cette jeune sorcière envers le gobelin. Il pensait juste de dire que les deux plus grandes forces influentes dans la vie d'Harry étaient assises sur ce lit et aucunes des deux ne provenaient de la communauté magique.

Le ministre allait considérer cet incident pour ce qu'il était, une tentative d'assassinat par un membre du Magenmagot sur l'ambassadeur d'une nation amie avec leur gouvernement. Il pensait marcher sur des oeufs avant, mais maintenant ils seraient engagés dans une bataille qu'il avait espéré ne voir - une bataille qu'il devait gagner. Si la tentative d'aujourd'hui avait réussie, le ministère aurait été engagé dans une bataille bien plus sanglante - contre de l'acier gobelin. Le ministre avait des cauchemars en imaginant en plus que ce serait le Centurion Crow, dans son armure d'or, qui serait en ce moment en train de mener cette armée de gobelins.

Même si la Chambre du Magenmagot pouvait être brutale, il n'y pas eu de membres tués en son sein depuis des générations. Cornelius demanderait à Amélia de renforcer la sécurité pour la session d'urgence qu'ils allaient devoir organiser, il avait le sentiment qu'il en aurait bien besoin.