Disclaimer : Harry Potter appartient à JK Rowling et cette traduction de l'histoire que SachaTouill et moi faisons n'est pas utilisée à des fins commerciales.

Chapitre 60: L'évasion du bal d'anniversaire

Bill monta à l'étage voir vérifier si sa soeur allait bien par rapport à ce qui se passait ce soir. Il la trouva allongée sur son lit et lisant tranquillement un livre moldu. Sa chambre était décorée avec les photos et les souvenirs qu'elle avait accumulés pendant l'été. Bill trouvait cela tellement plus sain que son obsession pour le Survivant des livres de fiction qu'elle avait lus. Il fut tiré de ses pensée par un sifflement.

"Tu as l'air très sexy Bill, tu es sûr de ne pas avoir un rendez-vous galant ce soir?

"... à la même table que Maman?"

Ginny éclata de rire. "Maman serait en train de prévoir le mariage avant même la fin de la première danse, bien pensé Bill. Donc pourquoi n'es-tu pas déjà en bas pour y aller?"

"Je voulais voir si ma petite soeur préférée n'était pas contrarié de ne pas aller au bal cette année? Mais apparemment, je n'avais pas besoin de venir vérifier."

"Oh, je le sais depuis des semaines que je ne pourrais pas venir, toutes les places avaient déjà été distribuées quand nous étions en Floride. Je suis un peu déçue mais qui ne l'aurait pas été après y être allé l'an dernier. J'ai une invitation pour une fête d'anniversaire demain en Kingussie puis pour un autre bal de Merlin fin septembre. C'était d'ailleurs la meilleure soirée de ma vie jusqu'à ce que Ron crie sur Parvarti parce qu'elle sortait avec un Serpentard. J'ai pleins d'amis à Serpentard donc je ne vois pas quel est son problème!"

Le coeur de Bill se gonfla de fierté en voyant comme Ginny gérait la situation. "Quand es-tu devenue si futée?"

"Je traîne avec des gens futés Bill. Harry et les autres sont d'un tempérament assez doux jusqu'à ce qu'on parle de racisme, ils ne le supportent pas. Plus j'y pense et plus je me dis qu'ils ont bien raison d'être comme ça. Tout le monde se moque de la maison ou du sang des autres chez les maraudeurs de Crow, ça serait une insulte vers le fondateur du club après tout."

"Ron ne t'embête pas trop à propos de tes amis Serpentards?"

"Oh, il a explosé quand il a appris que je partais en vacances avec certains d'entre eux. Puis Fred et George lui joué une tonne de farces et soudainement Ron se moquait de savoir avec qui je partais en vacances. Ces deux-là sont devenus très bons car même maman n'arrivait pas à inverser ce qu'ils avaient fait à Ron. Elle a été obligée de les menacer de ne pas aller en Egypte pour qu'ils annulent leur blague."

Bill savait que Maître Pitslay s'attendait à ce que les jumeaux obtiennent brillamment leurs BUSES de potion - et avec un an d'avance! Il avait le sentiment que leurs parents allaient avoir un choc avec la nouvelle attitude des jumeaux, ils jouaient toujours des blagues mais étaient aussi devenus bien plus méthodiques.

Il serra sa soeur contre lui puis alla accompagner ses parents au bal des récompenses.

-oOoOo-

Alors que les invités d'honneur attendaient d'être appelés dans la salle de bal, Molly essayait de remercier tout le monde d'avoir emmené Ginny en Floride - tout en leur demandant s'ils étaient vraiment sûrs de vouloir emmener les jumeaux en Egypte. Elle leur décrit avec beaucoup de précision ce que Fred et George avaient fait à Ron au début de l'été, ne sachant pas que cela lierait encore plus les jumeaux au groupe. Les soeurs Patil en particulier eurent du mal à contenir leurs rires.

Molly ne riait pas quand elle aperçut Draco Malfoy en leur compagnie, et seul la main ferme de Bill sur son bras évita un scandale. Il la prit rapidement à l'écart et son fils aîné eut une discussion ferme mais à voix basse avec elle.

"Lucius Malfoy a libéré un basilic à Poudlard, pas son fils. Il est à Azkaban pour payer pour ses crimes et le fait que Draco est en leur compagnie permet de dire à tout le pays que les personnes innocentes ne devraient pas payer pour les coupables. Trois de ces filles ont été attaqué par le basilic et Parvati a été possédée par le journal intime. Si elles peuvent accepter la présence de Draco alors tu n'as rien à dire. Il y a en d'autres qui pourraient essayer et tu verras alors comment cette famille répondra. Ils sont comme nous, maman, que ferons-nous si quelqu'un attaque un Weasley?"

Molly resta à court de mots, ce qui était inhabituel pour elle. Elle devait aussi se fier à la connaissance de Bill concernant ces gens, c'était lui l'expert ici. Arthur n'avait pas pu inviter Ginny cette année, ils n'avaient reçu que deux invitations pour eux et Bill venait car il était Assistant Ambassadeur. Elle allait essayer de fermer sa bouche tout en gardant ses yeux et ses oreilles bien ouverts. Cette famille élargie avait un tel effet sur les Weasley que Molly ne pouvait pas se permettre de se les aliéner en les insultant ou en faisant un scandale. En plus des vacances et de l'éducation de ses enfants, l'Ambassadeur Barchoke avait sauvé la vie d'Arthur puis enchanté le Terrier. Cela leur donnait bien le droit d'être laissés tranquilles par Molly.

-oOoOo-

Le groupe avait trois tables ce soir, simplement parce qu'il aurait fallu une table de Poudlard pour tous les accueillir. Les tables pour dix personnes étaient à côté l'une de l'autre et ils devaient garder une place spécifique pour le repas, puis cela deviendrait superflu quand le bal commencerait.

Neville et Padma menaient le groupe cette année et une fois de plus, les couturiers gobelins avaient de quoi être fiers. Mais cette année, ils étaient tous les deux Amis de la Nation et portaient fièrement leur épée. Le plus grand choc de la nuit fut réservé au couple qui les suivait dans la salle de bal.

Frank et Alice étaient officiellement retraités du Corps des Aurors mais ils avaient le droit de porter leur uniformes officiels pour des cérémonies formelles et il n'y avait d'occasion plus formelle que celle-là. Un impressionnant nombre de médailles était épinglé sur leurs robes, la dernière en date étant celle qu'Amélia leur avait récemment présentée, celle pour les aurors blessés dans le cadre de leur travail.

C'est Amélia, assise à la table du Ministère qui brisa le silence époustouflé en se levant et en commençant à applaudir - et les applaudissement devinrent rapidement tonitruants. Les Londubat étaient une des plus vieilles familles de sang pur de Grande Bretagne et les voir presque revenus d'entre les morts était quelque chose digne d'être applaudi.

Smita et Ramrao suivaient les Londubat, et le couple avait de nouveau choisi de porter une tenue traditionnelle indienne qui ajoutait de la couleur au groupe. Parvati et Blaise portaient des vêtements créés par les gobelins, tout comme Luna qui se tenait à côté d'Augusta dans ses robes britanniques traditionnelles et toutes les deux terminaient la marche pour ceux de la première table.

La nouvelle Lady Black était au bras de son mari quand elle emmena les membres de leur table dans la salle de bal. Ils étaient suivis par l'autre invitée d'honneur de leur table, Tonks, au bras de Remus. Les parents Hobson et Tonks précédaient Draco et Pansy pour la table familiale des Black.

Quelques sourcils se haussèrent devant ce dernier couple même si la grande majorité de ces personnes approuvaient leur inclusion. Crow avait décrété que seuls les coupables devaient être punis et il s'agissait là de la preuve qu'il faisait exactement ce qu'il prêchait. Si ce groupe était capable d'accepter le fils de Lucius Malfoy alors il y avait aussi de l'espoir pour leur société.

Harry et Hermione menaient le groupe de leur table, avec Dan et Emma juste derrière eux. L'Ambassadeur Gobelin et son assistant venaient après, avec Arthur et Molly qui leur emboitèrent le pas. Enfin, Susan et Hannah complétaient la table, le nombre restreint imposé les avaient empêchés d'inviter un cavalier pour la soirée. Mais les deux filles trouvaient que c'était un petit prix à payer pour être là ce soir.

Quand tout le monde fut installé, le ministre Fudge se leva et se dirigea vers la petite estrade. Il resta là un instant, regardant simplement les personnes qui étaient présentes pour être témoin de cette remise de récompenses. "L'an dernier, nous avons décidé de briser la tradition et de rendre cet événement moins formel en commençant par les discours. Puisque nous sommes dans une situation similaire ce soir, il semblerait que nous ayons commencé notre propre nouvelle tradition."

Ses yeux trouvèrent ceux d'Harry alors qu'il commençait son discours soigneusement préparé. "Je me tenais ici il y a un an pour louer les qualités d'une famille qui avait combattu contre les forces des ténèbres qui menaçaient notre pays il y a quelques années. Il semblerait que certaines des personnes présentes ont écouté ce que j'ai dit et ont puisé de l'inspiration dans mes paroles de sagesse, ou alors c'est qu'ils ont juste suivi Harry!"

Le fait que le ministre faisait une blague à ses dépends fit rire plusieurs personnes et c'était un bon début pour cette soirée. "Les six personnes que nous allons honorer ce soir ont affronté des menaces si sombres et mortelles que leur courage défie toute description. Comme si ce n'était pas suffisant d'avoir vaincu le plus grand basilic jamais vu de tous les temps, ils ont aussi empêché le retour du Seigneur des Ténèbres auto-proclamé, Lord Voldemort."

Quelques personnes crièrent quand il utilisa ce nom, et pas seulement des sorcières.

"Je pense que vous êtes tous d'accord avec moi, ces récompenses sont tout à fait méritées. Je vous prierais donc montrer votre reconnaissance quand ils viendront récupérer leurs Ordres de Merlin Première Classe."

Amélia s'approcha alors de l'estrade en tenant un plateau en argent sur lequel reposaient leurs médailles et le ministre appela les invités d'honneurs.

"Neville Londubat, Padma Patil, Hermione Granger, Lady Henrica Black et Auror Tonks."

Une nouvelle fois, toute le monde se mit debout pour les applaudir avec force et il y avait peu d'yeux sec aux tables des invités d'honneur. Ils avaient bien sûr parlé du discours entre eux et Neville avait été choisi pour les représenter, simplement par élimination. Ils avaient tous participé à l'écriture du discours mais ils pensaient que cela aurait un plus grand impact s'il était prononcé par le fils d'une ancienne famille de sangs purs respectée.

Neville détestait ce raisonnement, surtout parce qu'il savait qu'ils avaient raison. Ce qui était important c'étaient les mots et pas le statut de sang ou la personne qui les prononçait. Il savait cependant qu'ils auraient moins d'impact si c'était une vélane suédoise, une née de moldue britannique ou une sorcière indienne qui les prononçait. Tonks était une employée du ministère et ne pouvait pas lancer de controverse avec son métier d'Auror et il ne restait donc plus que Neville.

Il regarda ses parents et sa grand-mère, tous rayonnant de fierté et Neville Londubat se redressa. "Nous avons combattu et survécu en équipe ce jour-là et c'est dans ce même esprit d'équipe que je parlerai pour nous tous ce soir. Ces quatre femmes se sont alliées et ont décidé que c'était moi qui parlerai. Après m'être souvenu que ces quatres femmes étaient également des Ordres de Merlin Première classe, j'ai fait la seule chose possible, et j'ai accepté." Quelques rires retentirent dans l'assemblée ce qui lui redonna du courage.

"Harry l'a dit en premier à Poudlard, nous sommes tous les quatre si différents que notre amitié ne devrait pouvoir exister. Mais c'est le cas et pas malgré ces différences, mais parce que nous les embrassons. Nous les embrassons tant qu'Harry et moi épouserons un jour nos meilleures amies!"

De nouveaux rires et quolibets amicaux retentirent.

"Les sept personnes qui sont entrées dans cette chambre étaient tous différents et sans ces différences, je doute qu'aucun de nous aurait survécu. Je dis nous sept car la Dame de Serdaigle nous a accompagné et aussi joué un rôle vital. Nous avons deux très bons amis avec nous ce soir qui seraient morts dans les couloirs de Poudlard sans la protection délibérée des fantômes."

Plus d'une personne pâlit autant qu'un fantôme en y repensant. Neville sentit une main se poser sur son épaule et la serrer pour l'encourager. Il tourna sa tête vers Amélia qui reconnaissait que ce qu'il disait était une terrible vérité.

"Sans Lady Black qui a réussi à aveugler le basilic, nous aurions été vaincu dès le début. Sans l'Auror Tonks et la Dame de Serdaigle qui surveillaient l'esprit de Tom Jedusor, nous n'aurions pas pu nous concentrer pleinement pour nous occuper du basilic. Sans les lames gobelines d'Harry et Hermione nous n'aurions pas été capables de tuer cette bête - et sans nos baguettes à Padma et moi qui ont éloigné ce basilic d'eux, ils n'auraient pas pu éviter les mâchoires mortelles de cette bête. Je pense que le père d'Hermione l'a le mieux résumé. Si nous n'étions pas tous descendu dans cette Chambre nous n'aurions pas pu tous survivre. Il a fallu l'union de toutes nos différences pour obtenir un résultat que je trouve toujours incroyable."

Toute l'assemblée était captivée par son discours mais c'est ses parents qu'il regarda. "Je me tiens devant vous ce soir et je peux vous parler de ce que l'on obtient en embrassant toutes nos différences et en travaillant ensemble, et j'en vois un autre merveilleux exemple devant moi. En utilisant toutes les connaissances des parents de mes amis, mes propres parents ont pu être là pour mon treizième anniversaire et voir leur fils recevoir cet honneur. J'espère que vous me pardonnerez si je vous dis que c'est tellement plus important pour moi que cette médaille."

Le fait que toute la salle se leva et l'applaudit lui montra clairement qu'ils le pardonnaient mais aussi qu'ils le comprenaient.

Cornelius regarda Neville reculer puis retourner auprès de ses amis qui le félicitèrent et le prirent dans leurs bras. Le ministère les laissa applaudir pendant un moment avant de s'avancer à son tour. "Je suis entièrement d'accord avec tout ce que ce très courageux jeune homme vient de dire et je souhaiterais aussi souhaiter la bienvenue à Alice et Frank Londubat qui sont enfin parmi nous. Nous remercions aussi nos amis gobelins pour avoir rendu ça possible et pour avoir invité des guérisseurs de Sainte Mangouste à travailler au sein de leur centre médical à Gringotts afin que cette remarquable réussite puisse bénéficier à d'autres personnes."

Cette dernière partie n'était connue que de quelques personnes mais tout le monde était ravi de l'apprendre. "Maintenant, puisque Dame Serdaigle ne peut pas quitter Poudlard, il nous reste une personne de l'équipe qui a risqué à sa vie à remercier - Harry Crow."

Même si le ministre était bien conscient qu'il accordait des terres et à un titre à un gobelin, Cornelius ne voulait pas remuer le couteau dans la plaie de certains invités en le nommant Centurion Crow. Harry avait déjà accepté ce compromis et c'était pour lui un petit prix à payer pour ce que la Nation recevait en échange.

"Puisque vous étiez presque tous là l'an dernier, vous êtes déjà conscients que ce jeune homme est déjà un Ordre de Merlin Première Classe - sa médaille est fièrement accrochée à sa veste ce soir. Étant le leader reconnu de leur groupe de sauveteurs et le plus gravement blessé après que le basilic ait attaqué sa compagne liée par le sang, nous, au ministère avons décidé de montrer notre reconnaissance pour son courage d'une manière différente. Veuillez venir à mes côtés Harry Crow, Baron de Kingussie."

Harry se leva en même temps que les applaudissements et se dirigea vers l'estrade où le Ministre de la Magie lui présenta ce rouleau de parchemin si précieux. Il y aurait des constructeurs gobelins en Kingussie avant qu'ils ne retournent à Poudlard en Septembre.

Ne voulant pas éclipser le discours de Neville, Harry resta bref et simple. Il laissa seulement ses émotions amener de la puissance à chacun de ses mots. "Je pense avoir déjà dit l'année dernière que cette famille signifie tout pour moi. Grâce à cet esprit de coopération dont parlait Neville un peu plus tôt, j'ai ce soir avec moi mon parrain et ma marraine. Le fait que des membres de ma famille considèrent déjà Kingussie comme leur maison devrait vous donner une idée de ce que cette récompense signifie pour moi, et je ne pourrais donc jamais vous remercier assez."

Il y eut de bruyants applaudissement mais Harry avait encore quelque chose à dire. "Mon père m'a appris à faire ce qui était juste et pas ce qui était facile, ce qu'il a fait en risquant sa vie pour sauver une jeune sorcière et sa fille dans ce même bâtiment il y a quelques semaines. Je voudrais lui dédier cette récompense car c'est mon héros."

Harry avait ajouté cette dernière phrase lui-même, seule Hermione était au courant. C'était dur de savoir ce que les personnes présentes à ce bal en pensaient car les trois tables de devant et ceux qui étaient sur l'estrade faisaient tellement de bruit qu'il était impossible d'entendre les applaudissement des autres.

Puis, ils durent poser pour les photographies officielles, le ministre leur serra tous la main avant de les laisser quitter l'estrade.

Les six héros reçurent des félicitations quand ils retournèrent à leurs tables auprès de leurs familles. Barchoke brisa la tradition en embrassant son fils et sa fille. "Vous passez tant de tant à abaisser des barrières que j'ai pensé qu'il étant de le faire aussi - mais seulement pour des occasions spéciales!"

Hermione fut obligée d'essuyer les larmes dans ses yeux car elle savait ce que ce geste représentait pour eux.

Quand ils furent installés pour manger, Molly essaya de plaisanter. "Pas de fiole de faux sang ce soir Harry?"

"Mrs Weasley, dans la chambre, nous avons vu assez de sang pour toute une vie."

-oOoOo-

Sur une île désolée au milieu de la mer du Nord, le sang était aussi à l'esprit d'Augustus Rookwood. Il était temps de voir si tous ces mois d'efforts, de douleur et de sacrifices en valaient la peine. Ayant terminé son médaillon de protection plus tôt que prévu, il avait alors fait quelques modifications. Sa dernière incisive avait été sacrifiée pour creuser un trou dans le médaillon et il avait arraché d'autres longs cheveux de sa tête pour pouvoir porter sa précieuse protection autour du cou. Du sang avait été aussi ajouté à ce collier de cheveux tressés car toute protection supplémentaire serait la bienvenue. Il était temps de voir maintenant si sa baguette de paille fonctionnait aussi bien que prévu.

Il lança un alohomora et entendit un clic qui permit au mangemort d'ouvrir la porte et de sortir dans le couloir lugubre. Les détraqueurs préféraient le noir et le ministère refusait de dépenser une seule noise pour le confort de ses prisonniers. Mais heureusement pour lui, ses yeux étaient tellement habitués à cette pénombre qu'il arrivait à voir. Il serra son médaillon contre sa poitrine quand un détraqueur approcha. Il espérait avoir assez de temps pour fermer la porte de sa cellule si la créature réagissait à sa présence. Le coeur d'Augustus battait à toute vitesse mais la créature des ténèbres glissa sereinement à côté de lui, absolument pas intéressée par lui. Après avoir découvert que ses deux créations étaient un succès, il était maintenant temps pour lui de mettre le reste de son plan à exécution.

Il ne savait pas à 100% où se trouvait la cellule de Bellatrix mais il trouva facilement, du même côté que la sienne, trois cellules plus loin. Il regarda à travers la petite ouverture sur sa porte et le faible rayon de lune filtré par la fenêtre lourdement barrée permit à Augustus de contempler sa première femme depuis une décennie.

"Bellatrix!"

Elle se redressa instantanément sur son matelas car cette voix sortant de nulle part avait attiré son attention. Elle était peut-être folle mais personne n'avait jamais dit qu'elle était stupide. Bella était surprise mais pourtant sa voix resta aussi silencieuse que le chuchotement que son visiteur inattendu avait utilisé. "Rookwood? Bordel, que fais -tu dehors?"

Il prononça les mots qui lui garantirent toute son attention et son soutien. "Je compte m'évader et aider notre maître à revenir. Mais j'ai besoin de ton aide…"

C'était tout ce que Bella avait besoin d'entendre car elle se leva et pressa son visage contre les barreaux. "Tout ce que tu voudras Rookwood, tu sais que je ferais tout pour lui!"

"Je pense que notre maître a fait plusieurs horcruxes et je pense aussi qu'il t'a confié l'un d'entre eux. Si tu me dis où il est je ferai le serment de l'utiliser pour ramener notre maître."

Même si leurs visages n'étaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre, son grognement de déception fut à peine audible. Augusta réalisa clairement la détresse de Bella. "Je ne peux pas, il est dans notre coffre à Gringotts et seul un Lestrange peut y entrer…"

Même s'il s'y attendait, il réussit à avoir l'air aussi déçu qu'elle. Tout son plan reposait sur le fait que Bella parvienne à ses propres conclusions et le chemin qu'il espérait lui faire prendre devait avoir l'air d'être l'idée de Bella.

"Tu es sorti de ta cellule, tu ne peux pas me faire sortir aussi? Deux personnes auraient bien plus de chance de pouvoir sortir de cet enfer ensemble."

"Je peux te faire sortir de ta cellule, mais pas te faire passer devant les détraqueurs. Ils ne me laissent tranquilles qu'à cause de ça, il a fallu des mois pour le fabriquer et le lier à mon sang. Je ne pourrais pas en faire un autre même si je le voulais car il ne me reste plus assez de dents ni de temps car alors il ferait bien trop froid pour que nous survivions dans l'eau."

Bella regardait le médaillon comme un enfant affamé regarderait la vitrine d'une boulangerie, c'était là quelque chose de bien plus précieux que n'importe quel Ordre de Merlin. "Je suis plus que prête à saigner pour sortir d'ici. Et si j'arrachais plusieurs de mes doigts? Tu pourrais les utiliser dans ta cellule pour y ajouter mon sang, est-ce que cela marcherait plus vite?"

"Honnêtement je ne sais mais je crois que non. Le médaillon est lié à moi par le sang et ne pourrait pas accepter quelqu'un d'autre…" Son silence fit aussitôt revenir Bella, comme il l'avait prévu.

"Quoi? Tu as pensé à quelque chose n'est-ce pas?"

"J'ai eu une idée mais elle est folle…"

"Si tu veux de la folie alors tu es venu au bon endroit. Je peux faire des choses folles alors dis moi."

C'était là la partie que redoutait le plus Augustus. "La pierre est liée à moi par le sang, elle offrirait donc la même protection à toute personne liée aussi à moi par le sang…"

Augusta laissa sa phrase en suspens, et Bellatrix saisit la balle au vol. "Que dois-je faire?"

"Se couper la paume de la main, réciter quelques mots et son consommer le lien…"

"Tu veux dire que je vais aussi me faire baiser?" La main de Bella passa aussitôt à travers les barreaux.

Augustus avait volontairement aiguisé son médaillon à cette fin, il coupa leurs deux paumes avant de les serrer l'une et l'autre. "Je suis tien et tu es mienne."

Bella répéta les mots et une lueur apparut autour de leurs mains jointes. Cette lueur remonta jusqu'à leurs poignets ce qui surprit Augustus, il s'attendait à ce que leur désir de sortir de là et de rejoindre leur maître serait au moins suffisant pour guérir leurs mains - il ne s'attendait pas à plus. Bella retira sa main guérie et c'était maintenant le moment de vérité pour Augustus.

Les runes du médaillon étaient là pour protéger deux personnes, si l'une de ces personnes était lui. Son plus grand désir était d'avoir une relation sexuelle avec une femme consentante, sans utilisation de potion ou sans l'influence de l'Imperium, et il était prêt à risquer sa vie pour que cette femme soit Bellatrix Lestrange. Il savait aussi qu'il remettait sa vie entre ses mains s'il ouvrait cette porte mais ça pouvait tellement en valoir le coup.

Il entra dans la cellule et y découvrit Bellatrix déjà allongée sur son matelas de paille et sans sa robe en lambeaux - ni sous-vêtements non plus.

"Oh, mon petit bébé est timide? Viens et laisse Bella s'occuper de toi. Mais ne traîne pas, nous avons des choses à faires, et ailleurs qu'ici."

Augustus n'eut pas besoin d'autre invitation.

-oOoOo-

"Si l'Auror Tonks est libre demain soir, j'ai une invitation à deux anniversaires et aucune cavalière."

Tonks aimait plaisanter avec Remus, leur semaine en Floride avait permis à leur relation de se développer jusqu'au point où ils étaient très l'aise en blaguant l'un avec l'autre. Aucun ne voulait coller une étiquette à leur relation mais ils étaient heureux de ce qu'ils avaient pour l'instant.

"Puisque j'ai déjà été invitée par les jeunes filles organisant cet évènement, j'imagine qu'il serait possible que je vienne au bras du Professeur Lupin. Tu es en plus un très bon danseur…"

Remus sourit quand un vieux souvenir remonta à la surface. "La grand-mère d'Harry disait que tous les jeunes sorciers devaient savoir comment danser. Elle nous a appris à James, Sirius et moi."

"Vous étiez vraiment très proches, n'est-ce pas?"

"Nous étions comme des frères. C'est pour ça que Sirius et moi comprenons l'envie d'Harry d'avoir une famille, j'ai pensé avoir perdu la mienne cette nuit-là."

"Tout est toujours ramené à cette nuit et personne ne sait ce qu'il s'y est vraiment passé."

Remus surprit alors l'auror. "Harry le sait, il se souvient mot pour mot de ce qui s'est passé cette nuit. Sirius me l'a dit un soir autour d'une bouteille de whisky pur feu, il a dit que c'était la chose plus déchirante qu'il n'ait jamais entendu. Ce soir là nous avons beaucoup pleuré, nous avons mis ça sur le dos du whisky pur feu mais nous mentions tous les deux."

Tonks le serra contre lui alors qu'ils dansaient, pensant qu'elle tenait là un homme bon.

-oOoOo-

Quiconque aurait regardé ces deux condamnés forniquer comme des bêtes en rut dans la cellule de Bellatrix aurait été écoeuré. Mais chaque membre de ce couple profitait cette cette fornication et se serait moqué de l'avis d'untel sur leurs activités sexuelles.

Alors qu'Augustus savourait ce moment de bien-être, Bella roucoulait doucement dans son oreille et passait sa main avec amour dans ses cheveux clairsemés. "Oh, c'est toi mon grand sorcier si fort, Bella va prendre de soin maintenant. Maintenant que tu m'a donné l'une de tes baguettes, il faut me donner l'autre."

Cela choqua Augustus mais Bella continua ses caresses. "Comme nous sommes maintenant liés par le sang, cette baguette devait aussi me reconnaître. Toi mon chéri si malin tu es le cerveau mais en ce qui concerne les baguettes, je pense que tu conviendras que c'est moi l'experte."

Dans tous ses calculs, Augustus n'avait jamais pensé à ce détail. "Oh mon pauvre bébé, n'inquiète pas ta jolie petite tête - Bella prendra bien soin de tes deux baguettes. Je viens d'avoir la meilleure baise depuis une décennie, je détesterais devoir tuer la personne qui m'a donné ce plaisir."

Augustus sentit soudain le bord aiguisé de son médaillon caresser sa gorge et il fut immédiatement d'accord avec sa nouvelle compagne. Cela lui valut un baiser choquant, car aucune femme ne l'avait jamais embrassé volontairement avant. "Je savais bien que tu étais intelligent, maintenant, passons à ce qui doit être fait."

La regardant passer sa robe au dessus de sa tête, il l'avertit. "Je ne sais pas quelle quantité de magie cette baguette pourra supporter…" Il fut de nouveau coupé par un baiser sur sa bouche ravagée.

"Tu as fait du très bon travail, cette baguette est meilleure que tu ne le crois, alors fais moi confiance."

Voir cette sorcière changer de caractère d'une seconde à l'autre était à la fois terrifiant et électrisant mais voir Bella avec une baguette à la main était tout simplement effrayant.

Ils s'accrochèrent au médaillon accroché au collier de cheveux tressés et se glissèrent dans le couloir. Bella se dirigea directement vers une cellule spécifique et Augustus n'eut pas d'autre choix que de la suivre.

"Roddie, tu es là mon bébé?

"Où diable serait-je espèce de salope! Comment es-tu sortie de ta cellule?"

Alors que Rodolphus pressait son visage contre les barreaux pour voir ce qu'il se passait, la nouvelle baguette de Bella lui lança un sort de découpe à faible puissance. Bien que le mauvais sort était de faible puissance, elle l'avait jeté à bout portant avec la précision d'un chirurgien. La jugulaire de Rodolphus Lestrange fut ouverte et malgré sa gorge serrée avec ses deux mains, son sang jaillissait entre ses doigts et éclaboussait toute sa cellule.

"Considère ceci comme la fin de notre mariage sale bâtard! Tu ne me tromperas plus jamais avec ton prétentieux de frère. Je veux que dernières pensées soient que j'ai trouvé un meilleur homme pour te remplacer et que ton précieux frère est le prochain sur ma liste."

Bella passa à la prochaine cellule, mettant presque au défi Augustus de dire quelque chose - mais il se se tut sagement. Elle ouvrit la porte de la cellule pour y découvrir Rabastan, recroquevillé dans un coin, pleurant et tremblant de peur. "Tu ne vaux même pas un sort, sale merde!"

Rabastan tremblait maintenant de soulagement après avoir entendu ces mots et après le départ de cette illuminée mais c'était jusqu'à ce qu'il remarque qu'elle avait laissé la porte grande ouverte. La mort qui arriva alors était grande et ténébreuse mais en aucun cas on n'aurait pu qualifier ce détraqueur de beau.

"Foutu mariage arrangé, tout ça pour cacher le fait qu'ils baisaient l'un avec l'autre depuis Poudlard! Et ensuite les gens ont eu le culot de m'accuser de pas lui avoir donné d'héritier! Je voulais torturer ces deux bâtards à mort mais notre maître avait besoin d'eux! Trop tard maintenant! Je suis prête à souffrir de la main de notre seigneur pour avoir tué ces deux petites merdes quand nous l'aurons ramené à la vie. Il faut encore que je finisse un autre mariage avant de quitter ce trou pour de bon…"

En entendant la porte s'ouvrir, le sorcier endormit eut un choc, mais ce choc n'était en rien en comparaison de la terreur cauchemardesque qu'il ressentit quand il reconnut la personne qui venait d'entrer dans la cellule.

"Salut Lucius, surpris de me voir? Je t'avais dit que je te ferais payer pour avoir détruit la plus précieuse possession de notre Maître. Je suis là pour faire de ma soeur une veuve!"

Il se retrouva traîné de son matelas par les cheveux et sa dernière pensée fut "comment diable Bella a-t-elle mis la main sur une baguette?". Alors que le sang de Malfoy ruisselait de sa jugulaire, Bella trempa ses doigts dans le liquide encore chaud et commença à écrire un message sur le mur.

Augustus venait de voir sa nouvelle compagne tuer son mari et ses deux beaux-frères en moins de quelques minutes. Il ne pensait pas que cette sorcière aurait pu plus l'exciter qu'elle ne le faisait maintenant. Alors qu'ils étaient maintenant à trois dans cette minuscule cellule, même si l'un d'eux était mort, et qu'il devait rester proche de Bellatrix à cause du médaillon, quand celle-ci se pencha pour ramasser plus de sang elle ne put s'empêcher de remarquer à quel point il était excité.

"Ooooh, mon homme grand et fort aime que sa petite femme s'occupe de régler ses comptes. On s'occupera de ça plus tard et après nous aurons un petit bain de minuit, tu as vu à quel point je suis romantique pour notre première nuit ensemble!"

"Bella, que fais-tu?"

"Je montre que le sang de cet idiot est bon à quelque chose. Je compte laisser un message pour que le ministre se chie dessus. Potter va mourir des mains de notre maître!"

"Nous n'avons pas beaucoup de temps et ce ne serait pas une très bonne idée de leur dire exactement ce que l'on va faire." L'éclair de colère qui passa dans ses yeux fit craindre Augustus qu'il allait partager le même destin que Malfoy mais elle se calma et pressa son corps contre lui tout en se penchant pour ramasser davantage de sang.

"C'est pour ça que tu es le cerveau mon chéri et moi je m'occupe de tes baguettes. Encore quelques secondes et j'aurai fini."

Ils quittèrent la cellule main dans la main, le médaillon de protection serré entre ces mains jointes. Ils laissèrent derrière eux le cadavre de Lucius Malfoy encore chaud et dont le sang avait été utilisé pour laisser un message sur le mur.

POTTER VA MOURIR!

-oOoOo-

Harry pensait qu'Hermione allait le tuer alors il s'échappa en demandant à Emma de danser. Leur danse avait à peine commencé qu'Harry demandait déjà des conseils. "Je ne comprends pas pourquoi elle est si en colère…"

"C'est votre toute première soirée officielle en Kingussie, Harry, Hermione veut juste que cela soit spécial."

"Je n'ai besoin que d'Hermione à mes côtés, ce sera suffisamment spécial pour moi. Elle panique à propos de cette fête depuis des jours, c'est tout ce dont elle parle. Je pensais qu'elle aimerait que j'invite le ministre de la magie à cette soirée."

Emma ne put s'empêcher de sourire devant sa naïveté, elle aimait bien lorsque de temps en temps Harry ressemblait plus à un jeune homme qu'à un centurion. "Et quand elle se calmera ce sera le cas. Pour l'instant, Hermione va vérifier tous les détails dans sa tête pour s'assurer que demain sera parfait. Ce n'était pas toi qui dit tout le temps que l'anniversaire de quelqu'un doit toujours être un jour très spécial ?"

"Donc demander au ministre de venir était une mauvaise chose?"

"Non Harry, tu as bien fait. Cela donne juste une autre dimension à cet événement et Hermione va se mettre plus de pression pour que tout soit parfait. Imagine si ton Directeur venait…"

"... mais il vient!"

C'était nouveau pour Emma. "Oh mince! Est-ce qu'elle le sait?"

Sa question fit réfléchir Harry pendant un instant, puis il donna sa réponse à Emma. "Je ne suis pas sûr, père ne me l'a dit qu'un peu plus tôt dans la soirée. C'est un grand honneur pour moi que le Directeur assiste à ma fête d'anniversaire… Hermione va se mettre encore plus la pression ! Je suis un idiot, j'aurais dû lui dire immédiatement et j'aurais dû lui demander aussi pour le Ministre. À chaque fois que je pense avoir tout compris, quelque chose se passe et me montre que ce n'est pas le cas."

Emma pensait qu'Harry s'en voulait pour rien et essaya de le lui montrer. "Hermione connaît-elle tous les tenants et aboutissants de la culture gobeline Harry?

"Elle ne l'étudie que depuis 2 ans, même Hermione ne pourrait pas tout savoir en ce laps de temps…"

Elle vit qu'Harry avait compris et Emma continua dans cette lancée. "Tu dis que les gobelins sont un peu plus simple mais il va falloir beaucoup de temps à Hermione pour maîtriser votre culture, et c'est parfaitement logique. Pourquoi penses-tu devoir être capable de maîtriser à la fois la culture moldue et la culture magique dans ce même intervalle de temps?"

Le temps que leur danse se termine, Harry avait trouvé un plan d'action. "Je vais demander à père s'il faut organiser quelque chose de spécial pour la venue du Directeur puis je donnerai toutes ces informations à Hermione. Merci maman!" Il l'embrassa sur la joue et la ramena à son siège.

Toutes les personnes qui virent cette démonstration d'affection ne dirent rien. Même s'ils n'avaient pas vu la chute de Dolores Ombrage l'année passée, ils avaient au moins entendu ce qu'il s'était passé et ils avaient aussi entendu Harry dire que sa famille était tout pour lui. Personne ne dirait un mot contre la moldue qu'il venait d'appeler maman et seul un idiot complet penserait à attaquer cette femme.

La "maman" en question était juste ravie de pouvoir remplir ce rôle pour ses enfants, elle n'était peut-être pas très conventionnelle mais cela ne la dérangeait pas. Ses deux adolescents avait peut-être des problèmes de relations peu communs - comme organiser une fête d'anniversaire avec deux dirigeants de nations alliées - mais Emma savait qu'au final ils auraient un mariage heureux. Tout ce qu'elle devait faire, c'était les guider et les aider avec la myriade d'obstacles qui continuaient à apparaître sur leur chemin. Mais le chemin vers le grand amour n'était pas simple de toute façon et Emma était certaine qu'ils finiraient par arriver à leur destination un jour ou l'autre.

-oOoOo-

Augustus luttait pour détourner Bella de son chemin idéal et il réussit à la convaincre qu'attaquer les gardes avec uniquement une baguette en paille était un risque non nécessaire et inacceptable. Tous les deux connaissaient bien depuis des années la routine des gardes du quartier de haute sécurité. Avec tout juste six gardes pour surveiller toute la prison la nuit et aucun d'eux ne faisant de patrouilles, ils savaient que leur évasion ne serait découverte que le lendemain matin. Augustus finit par faire entendre raison à Bella sur le fait qu'ils avaient besoin de ces précieuses heures pour partir de l'île sans se faire détecter au lieu de prendre le risque qu'un garde ne déclenche l'alarme avant qu'ils n'arrivent à tous les tuer.

Ils pouvaient tous les deux entendre les gardes à l'intérieur d'une petite guérite près des grandes portes de la prison. Il semblait que les gardes étaient en train de jouer à un jeu de cartes et que de l'argent passait d'une main à l'autre. Plus important encore, il semblait qu'ils ne prêtaient pas attention à ce qu'il se passait en dehors de cette pièce. Bella calma ses nerfs alors qu'ils attendait une diversion dans l'ombre et un échange bruyant qui signalait une fin de partie avec des gagnants et des perdants leur donna l'opportunité de jeter un alohomora sur la porte. Il y avait maintenant tant de jurons dans la guérite que le duo aurait pu danser en gagnant leur liberté et ne pas se faire remarquer.

Ils se dirigèrent vers le seul chemin qui menait à la baie, n'osant pas jeter un lumos pour éclairer leur chemin. Les derniers détails du plan d'Augustus consistaient à chercher des détritus sur la baie susceptibles de flotter puis espérer que la baguette soit capable de les couvrir un sortilège réchauffant avant d'entrer dans l'eau, mais Bella avait une autre idée.

Après avoir rassemblé plusieurs morceaux de bois flotté, elle ordonna à Augustus de les placer d'une certaine manière. Puis il eut l'occasion de voir en effet une experte à l'oeuvre car elle cajola la baguette qu'il avait si tendrement créée pour qu'elle utilise ses toutes dernières particules de magie. Avant qu'elle ne tombe en morceaux, Bella avait réussi à métamorphoser le bois flotté en un canoé très rudimentaire.

"Si j'avais utilisé le tranchant de ce médaillon pour tuer Malfoy, j'aurais pu conjurer aussi des pagaies. Mais ne t'inquiète pas bébé, nous aurons quand même notre nage romantique car je ne pouvais pas mettre assez de magie dans ce canoë pour le rendre permanent. Maintenant il nous faut juste trouver quoi utiliser comme pagaie."

Même dans ses rêves les plus fous, Augustus n'aurait pas imaginé quitter Azkaban dans un bateau avec Bellatrix assise entre ses jambes. Puisqu'ils préféraient pagayer plutôt que nager, ils ramaient de toutes leurs forces dans l'eau plus ou moins vers l'ouest. Aucun d'eux n'était en bonne forme physique mais ils avaient une volonté de fer qui leur permit d'ignorer la douleur que leur envoyaient leurs muscles si peu utilisés depuis toutes ces années. Les grandes bouffées d'air frais que le corps d'Augustus lui réclamait avaient si bon goût. Il y avait un soupçon de liberté dans l'air avec en plus de l'arôme de Bella et tout cela mélangé avec l'air salé de la mer donnait une concoction intoxicante. Bien sûr Bella sentait sa réaction car elle se devait se frotter continuellement à lui pour pagayer.

"Je sais que c'est dur mon pauvre bébé, mais il faut que tu tiennes. Nous ne ferions pas que faire tanguer le bateau, on le renverserait ! Avec le Seigneur des Ténèbres en guise de maitre et avec toi comme compagnon, les choses s'arrangent enfin pour la petite Bella."

En ce qui concernait Augustus, c'était un euphémisme, sa vie avait pris un tournant spectaculaire. Non seulement il était libre, mais Bellatrix Lestrange était aussi sa partenaire consentante. Il ne lui restait plus qu'une chose à accomplir cette nuit et cela se produirait quand leur canoë se désagrègerait.

Le médaillon de protection était de nouveau autour de son cou et quand ils entreraient dans l'eau, le collier de cheveux se dissoudrait et enverrai le médaillon en sécurité sous la mer. Puisqu'il ne fonctionnait que contre les détraqueurs dans la prison ou s'il avait été au ministère, Augustus n'en avait plus l'utilité. Cela aurait été un chouette souvenir à garder à propos de sa plus grande réussite, mais c'était aussi une preuve contre lui et il fallait qu'elle reste consignée au fond de la mer. Il ne savait pas si Bella connaissait suffisamment les runes pour réaliser qu'elle avait été dupée afin qu'elle se lie à lui, mais c'était le cas de leur maître. Après avoir vu ce qu'elle avait fait à trois des membres de sa famille ce soir, sans même une once de regrets, il ne voulait pas que la colère de Bellatrix soit dirigée vers lui.

Chaque heure passée à bord de leur petite embarcation augmentait leurs chances d'atteindre le rivage. Leurs bras étaient certes épuisés mais ils seraient capables de s'accrocher à un reste de leur canoë et utiliser leurs jambes pour rejoindre la terre ferme. Avant d'essayer sa baguette et son médaillon, Augustus ne savait pas s'il allait vivre un autre jour. Maintenant il commençait à s'autoriser à espérer - et ces pensées l'aidaient à continuer à ramer avec sa pagaie de fortune.

-oOoOo-

Hermione avait hâte d'être au lendemain. Elle se faufila dans la chambre d'Harry et le découvrir sur le lit, allongé, mais réveillé.

"Hermione, que fais-tu là? Nos parents vont devenir dingues s'ils te trouvent dans ma chambre à cette heure." Il se leva du lit juste au cas où quelqu'un les aurait découvert car il serait plus dur de se justifier s'ils étaient tous deux sur le lit.

"Je voulais m'excuser pour tout à l'heure. Je suis parfois tellement obnubilée par des détails que j'oublie ce qui est important - toi!" Elle mit ses bras autour de lui pour l'embrasser tendrement.

Harry était bien conscient qu'Hermione ne portait qu'un fin pyjama d'été sans soutien-gorge quand elle se serra contre elle. "Je voulais aussi être la première à te souhaiter un joyeux anniversaire - Joyeux Anniversaire Harry!"

Et sa déclaration fut suivie par une autre session de baiser qui les laissèrent à bout de souffle.

"Whaou, Hermione, c'est vraiment mon meilleur anniversaire!"

"Donc je suis pardonnée?"

Harry l'embrassa doucement et la serra contre lui, parcourant de ses mains les cheveux d'Hermione - il était terrifié de poser ses mains ailleurs. "Je t'ai dit que nous allions nous disputer car nous sommes tous les deux très têtus et avons chacun une grande volonté. Mais tant que nous nous rappelerons que tu es mienne et que je suis tien - à jamais - alors tout ira bien. Mais j'aime beaucoup ta façon de t'excuser, j'espère juste que tu gardes cette méthode juste pour moi…"

Sa compagne gloussa à voix basse. "Et maintenant, sors d'ici avant que ces pyjamas ne me rendent dingues. J'ai déjà vu ton père avec un pistolet et je n'ai pas envie de servir de cible!"

Elle ne put pas le laisser sans lui administrer un dernier baiser d'anniversaire, et c'est un Harry très heureux qui retourna se coucher, ayant hâte d'être au lendemain.