D'un pas hésitant, un jeune homme blond se dirigeait vers l'hôpital de St Mangouste, la tête basse, il tentait de se cacher sous son chapeau et de ne surtout pas se faire remarquer malgré le bouquet de pivoine qu'il avait en main. Il avait hâte d'arriver, s'inquiétant pour la personne qu'il voulait visiter et en même temps, il se disait qu'il n'avait clairement pas envie d'être là, si ça n'avait tenu qu'à lui, il ne serait pas venu. Soudain il s'arrêta, il vit quelqu'un arriver devant l'entrée, une personne qu'il n'avait absolument pas envie de croiser, il décida stratégiquement de faire demi-tour mais ne put aller bien loin.

-Malefoy ?

Le dénommé s'arrêta et pesta tout bas avant de se tourner vers la personne l'ayant appelé, ne sachant pas vraiment où se mettre, il vit Harry Potter, leur grand sauveur, venir vers lui en souriant de manière, qu'il fut ravi de constater, gêné.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda Drago.

-Je viens chercher Remus, il passe tout son temps ici depuis que Rogue y est, et toi ?

Le blond se mordit la lèvre pendant qu'ensemble, ils passaient l'entrée de l'hôpital.

-Je viens voir Rogue justement…

-C'est pour lui les fleurs ? Demanda perplexe le brun.

-C'est ma mère qui a insisté.

-Oh, je ne savais pas que ta mère le connaissait.

Le Serpentard ne rajouta rien. Il était occupé à maudire intérieurement sa génitrice et la stupide promesse qu'il lui avait faite. Finalement, au détour d'un couloir, il se lança.

-Merci Potter. Son interlocuteur le regarda interloquer. D'avoir sauvé ma famille. Ajouta-t-il avec agacement en serrant les dents.

Les mots avaient été peu agréables à prononcer, mais il devait bien reconnaître que malgré tout, son ancien ennemi lui avait apporté une aide salvatrice. Sans le témoignage du sauveur, sa mère ne serait pas seulement assignée à domicile pour quelque mois et son père serait allé à Azkaban au lieux de la petite exile forcé en France qu'il avait dû se résigner à accepter pour les trois prochaines années. Ils avaient été les Mangemorts les moins sévèrement punie de la guerre, tous les autres avaient été des exemples particulièrement drastiques pour asseoir l'autorité du nouveau gouvernement quelque peu instable. De son côté, le héros de sa génération était plus qu'agréablement surpris, si on lui avait dit un jour que Drago Malefoy le remercierait pour quoi que ce soit.

-C'est normal Malefoy, je t'en devais une !

Le blond lui lança un regard perplexe, réfléchissant quelque instant, il se dit qu'il devait faire référence au moment où il avait lancé sa baguette au Gryffondor lors de la bataille avant de s'enfuir avec ses parents durant la bataille.

-Lancer une baguette contre permettre à mes parents de ne pas finir leur jour dans un cachot ? Ça ne se vaut pas trop Potter. Le blond vit son homologue se gratter l'arrière de la tête gêné.

-Je ne parle pas de…

-Bonjour messieurs !

Les deux jeunes hommes se retournèrent vers Remus Lupin, toujours égale à lui-même dans ses vêtements usés, il semblait particulièrement fatigué et il était presque évident que sa principale nourriture des derniers jours avait été le café qu'il tenait dans sa main. Cependant il leur servit à tous deux un magnifique sourire qui ravit l'un et mitigea l'autre.

-Si on m'avait dit un jour que vous auriez une conversation normale. J'aurais perdu toute mes économies. Il but une gorgée de son breuvage pendant que sa remarque arracha un sourire à Harry.

-Comment va-t-il ? Demanda Drago.

-Oh rien n'a changé.

-Ca fait qu'en même trois semaines !

Harry lança un regard surpris à son ancien camarade, devinant sa question, Remus expliqua innocemment.

-Ne t'inquiète pas Drago, les médecins disent qu'au vu de ses blessures il s'en sort bien, ton parrain devrait bientôt se réveiller.

Harry se tourna d'un coup vers le Serpentard qui lançait un regard de reproche à Lupin qui l'ignora allégrement.

-Mais depuis…

Harry ne put achever sa question qu'un énorme bruit se fit entendre, les faisant tous trois se tourner vers la chambre vers laquelle ils se dirigeaient. Plusieurs infirmières et médecins en sortaient et entraient en criant. Remus se précipita presque vers elle mais un soignant l'arrêta.

-Vous ne pouvez pas entrer. Il ferma la porte.

-Que se passe-t-il ? Demanda Lupin, tentant de retenir la panique qui grandissait dans son ventre.

Mais il n'eut aucune réponse, à part la consigne d'attendre. Et c'est ce qu'ils firent. De longues minutes s'écoulèrent où le loup resta agité sur sa chaise totalement perdu dans ses pensées et observait à son insu par les deux plus jeunes qui commencèrent à discuter à voix basse.

-Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Drago.

-J'en sais rien.

-Je ne savais pas qu'ils étaient proches avec Rogue.

-Je pense qu'il se sent juste responsable de lui, après tout sans Remus il serait...mort…

-Une sorte de complexe du sauveur, ça ne te rappelle pas quelqu'un Potter ?

Le porteur de lunette fit une grimace de dédain à l'autre garçon qui lui tira la langue, cependant Drago rajouta plus sérieux.

-T'es vraiment bête de croire que c'est juste ça Potter.

-C'est quoi alors petit génie ?

Le blond n'eut le temps d'exprimer sa pensé qu'un médecin vient à leur rencontre, Remus se leva.

-Alors ? Demanda-t-il impatient.

-Est-ce que vous savez si monsieur Rogue a de la famille ?

-Euh, non, pas que je sache pourquoi ?

Le soignant eut l'air d'être très embêté, il déclara mal à l'aise.

-Je ne suis pas censé vous communiquer ces informations...mais puisque vous avez été là pour lui durant tout ce temps, je pense que ça ne pose pas de problème, par contre…

-Je suis son filleule, déclara Drago, et lui là c'est le sauveur donc arrêtait de tourner autour du pot et dites nous ce qu'il se passe !

Harry lui donna un coup de coude dans les côtes, et rajouta un « s'il vous plaît » en souriant. Le médecin resta confus, reconnaissant enfin le grand Harry Potter, il ne chercha pas plus loin. Modérant toutefois ses mots, il déclara.

-Eh bien...l'infirmière en charge de monsieur Rogue a constaté sur son moniteur magique que les signes vitaux du patient s'étaient améliorés et elle est donc venu vérifier s'il se réveillait...malheureusement elle a dû arrêter monsieur Rogue il… Le médecin lança une œillade au plus jeune, puis revint vers le plus vieux. Il a tenté de se jeter par la fenêtre.

Les trois visiteurs en restèrent sans voix, incitant le soignant à poursuivre.

-Nous l'avons arrêté et avons dû lui injecter un calmant...il va bien, mais après que nous lui avons brièvement expliqué sa situation...il ne veut voir personne...surtout pas vous.

Il avait regardé Remus sur la dernière précision. Le dénommé eut une grimace, s'y attendant quelque part, il ne put s'empêcher d'être horriblement déçu. Voyant clairement son trouble Harry prit les devants.

-Vient Lunard, je te raccompagne à la maison, tu as besoin d'une douche.

La plaisanterie eut le mérite d'arracher un sourire au plus vieux. Avant de partir, le porteur de lunettes souffla à Malefoy.

-Est-ce que tu pourrais essayer de lui parler... s'il te plaît ?

Le blond hésita quelques secondes mais finit par acquiescer. Il se retrouva ensuite devant cette porte, il n'était venue qu'une fois avant aujourd'hui, c'était durant la délibération du procès de ses parents, y assister avait été trop dure pour lui et il était venu chercher du réconfort ici. Certes, son parrain n'avait jamais été l'homme le plus affectueux, mais ça avait toujours été lui qui le gardait lorsqu'il était enfant et que ses parents partaient pour des galas, sa mère refusant que n'importe qui s'occupe de lui. Le maître des potions avait toujours fait en sorte de passer du temps avec lui dans ses moment là, le réconforter parfois, mais la plupart du temps ils s'amusaient à créer des potions et mixture étrange, chose qu'avec regret, Drago avait l'impression d'avoir perdu, ce lien avait quasiment disparu aujourd'hui. La faute au dernier événement.

Le blond prit une inspiration profonde et entra. La première chose qu'il vit fut le cadenas sur la fenêtre. Il passa devant avec une grimace et se dirigea vers la table près du lit où était déjà posé un vase. Le jeune héritier y mit les fleurs et s'assit sur la chaise, n'osant pas vraiment regarder son ancien professeur qui ne disait rien. Quelques minutes passèrent avant que les premières paroles ne s'échangèrent.

-Ta mère a toujours le sens de l'élégance.

Le sang-pure releva la tête et du retenir le choque qu'il eut en redécouvrant l'état du malade. Il était maigre, l'air maladif, ses cheveux avaient poussé et lui descendait en dessous des épaules, presque ébouriffés, et une perfusion sublimait l'horrible tableau. Déglutissant, il répondit.

-Elle aurait voulu venir en personne...le regard que lui lança l'homme l'incita à poursuivre. Elle est assigné à résidence, père est exilé à l'étranger pour trois ans, ils vont bien, Potter nous a permis de nous en sortir...même si c'est plutôt déshonorant.

-L'honneur est quelque chose de variable qui peut facilement se regagnait. Comment vas-tu ?

-Je tiens le coup...j'ai l'impression que tout s'effondre, plus de titre, mon père a dû partir en France, il ne répond pas à mes lettres...heureusement on n'est pas ruiné.

Se point si était malheureusement le dernier de ses soucis, plus la préoccupation de son paternelle. Le blond lui, y voyait surtout son échec social et maudissait le destin qui fit qu'ils ne furent pas dans le bon camp. Mais par-dessus tout il avait l'horrible impression d'avoir déçu sa famille. Il n'avait pas réussi à les protéger et avait même prit parti contre eux à un moment. Severus comprenait le désarroi de son filleul, le connaissant depuis enfant il le savait beaucoup trop couvé sur certain point et absolument pas préparé à une situation aussi compliquée. Il soupira doucement et lui prit la main.

-Ne t'inquiète pas, c'est l'occasion de construire quelque chose de meilleur... qui te ressemble plus.

Cette tentative de réconfort eut le mérite d'alléger un peu le cœur du jeune homme, mais il s'en voulu de s'apitoyer alors que son parrain était dans cette état. Une horrible question trotta dans sa tête, il hésita et finalement la posa doucement.

-Pourquoi...tu as fait ça ? Il jeta un œil à la fenêtre et grimaça.

Comprenant de quoi il parlait, le maître des potions maudit le médecin pour son manque de professionnalisme. Le souvenir de son réveil lui revient. Ça avait été douloureux, son corps était en miette et son genoux gauche le lançait particulièrement. Il s'était réveillé d'un coup et avait été horrifié. Il ne devait pas être en vie, il devait mourir, c'était le plan. C'était la fin qu'il devait avoir pour sa rédemption, pour arrêter tout ça. Ses erreurs. Ça douleur. Il ne s'était même pas rendu compte qu'il était au bord du gouffre avant que l'infirmière ne hurle et ne lui lance un sort à la va vite pour l'immobiliser. Il soupira.

-J'ai voulu me lever, la fenêtre était ouverte et l'infirmière s'est fait des idées.

Le jeune homme accepta l'excuse, trouvant ce scénario beaucoup plus plausible et réconfortant que le premier. Cependant, repensant à Potter il demanda.

-Pourquoi tu ne veux pas voir monsieur Lupin ?

Le plus âgé lui lança un regard de dédain, c'était une évidence, il lui en voulait d'avoir interférer dans son destin, cette enfoiré l'avait privé d'un repos bien mérité. Mais il pensait surtout que son homologue savait sa relation avec l'ancien professeur contre les forces du mal moins que cordiale. Comprenant cette réflexion, le jeune Serpentard expliqua.

-Il était là tous les jours, du début à la fin des visites, je pense qu'il mérite de te voir vivant...il t'a sauvé qu'en même…

Et Drago lui en était reconnaissant bien qu'il ne le dira jamais à voix haute. Le discours eut le mérite de tirer une grimace mitigée au plus vieux. Il ne savait pas quoi faire de cette information à part être déçu de lui-même à ne pas avoir réussi à faire en sorte que le loup se désintéresse de lui, se qu'il trouva étrange d'ailleurs, l'autre n'avait aucune raison d'agir comme ça.

Jusqu'à son jugement, Severus n'accepta aucune visite. Il espérait pouvoir être libéré de toute obligation et finir ses jours dans une longue agonie solitaire. Se sentant particulièrement vide et lasse, le temps lui apparut infini jusqu'à ce fameux jour. Il avait transplanet au ministère de la justice, il avança aussi vite que possible au lieu de son rendez-vous, quelque regard curieux et chuchotement accompagnèrent sa longue marche. Les médecins n'avaient pu guérir complètement sa jambe gauche, Nagini s'était faite un plaisir à presque la dévorer et sa reconstitution ne s'était faite que partiellement, on lui avait servi pour excuse que c'était à cause d'une barrière psychologique. Rogue pesta contre les excuses de ces incompétents et bien que finalement cette handicape soit le dernier de ses soucis, il ne supportait pas qu'on puisse le constater et maudissait sa canne qui lui était malgré tout indispensable pour ne pas trébucher. Il passa à l'accueil et se fit guider dans une salle avec une juge qui l'attendait assise à une table, elle se leva à son entrée et lui proposa le siège en face d'elle, Severus ne se fit pas prier pour prendre place. Souriante, la jeune juge énuméra.

-Monsieur Rogue, le jugement sur votre situation a déjà été rendu en présence des autres témoins et en vue de votre précédent état. Je tiens d'ailleurs à vous féliciter pour votre rétablissement. Un regard froid et impatient lui répondit alors, mal à l'aise, elle poursuivit. D-donc, suite au témoignage de Harry Potter, vous avez été innocenté de toute association avec...vous-savez-qui et avait été déclaré héro de guerre en tant qu'espions, vous pourriez prétendre à une pension lorsque le ministère sera remis correctement en fonction. Toute charge sur le meurtre de Dumbledore ont été abandonner suite à une lettre signer de sa main affirmant qu'il l'avait prévu, que son phœnix nous a apporter à la fin de la bataille de Poudlard.

L'homme soupira de lassitude, la justice était si simple et stupide, il avait qu'en même tuer quelqu'un mais se n'était « pas grave ». Cynique, il demanda s'il pouvait y aller et commença à se lever.

-Oui mais une minute s'il vous plaît. Le juge était gêné, intrigué, Rogue se rassit. Suite au déclaration des médecins et à votre tentative de suicide. Nous vous avons assigné une psychologue. Elle est très compétente... vous avez rendez-vous avec elle toutes les semaines, le lundi, pendant au moins six mois.

Un regard meurtrier suivit l'annonce, il ne manquait plus que ça, c'était ridicule. Soupirant, le maître des potions ne répondit rien et prit congé.

Il rentra chez lui en transplanant. Il retourna à l'impasse du Tisseur où il habitait la dernière maison, en la voyant un sentiment lourd tomba dans sa gorge, il avait espéré ne plus jamais revoir cet endroit. Après un moment de latence il se décida à entrer. Se retrouvant directement dans son minuscule salon lugubre. La dernière fois qu'il était venu, il avait recouvert de bâche ses meubles et entreposé toute ses affaires dans des cartons éparpillés un peu partout. Il avait tout mis en ordre et la note sommant de tout brûler trônait encore fièrement sur la table branlante, il n'avait pu se résoudre à le faire lui-même, c'était tout ses souvenirs dans ses boîtes, il y avait plein de photos, des notes, des objets. Ses livres, eux, trônaient encore sur ses étagères avec, collé sur une d'entre elle, la note « servez-vous ». Il se sentait épuisé et déçu. Il partit derrière l'un des mûres de livre où se trouvait une petite porte qui donnait sur l'escalier menant à sa chambre qui était composé de son lit et d'une petite commode miteuse, il s'allongea sur les draps, il comptait bien rester là, il n'avait pas envie de bouger en tout cas. Plusieurs heures s'écoulèrent, ou peut-être des jours, ses fenêtres étaient trop exiguës pour laisser la lumière entrer. Il s'endormit plusieurs fois, perdu dans ses pensées monotones et accusatrice le reste du temps.

Quand soudain un bruit sourd résonna à son oreille. Il crut d'abord à une hallucination auditive, mais le bruit persista, alors il se redressa et tendit l'oreille. Quelqu'un frappait bien à sa porte. Severus se recoucha, la personne allait bien finir par partir. Mais le bruit continua et commença très sérieusement à l'agacer. Il se leva finalement, tituba sur ses jambes tremblantes. Il prit sa baguette, traversa sa demeure et ouvrit d'un coup la porte avant qu'un autre coup ne s'abatte sur elle en pointant son arme vers l'abruti qui venait le déranger. Il fut troublé de voir Remus devant lui mais n'en montra rien, beaucoup trop énerver contre lui. Le loup le regardait en souriant et en levant les mains en l'air, signe qu'il se rendait.

-Bonjour à toi aussi Severus.

Le dénommé rangea sa baguette et demanda énerver.

-Qu'est-ce que tu me veux Lupin ?!

Le châtain le regarda avec curiosité et incompréhension. Il se gratta l'arrière de la tête et déclara.

-Ils ne t'ont pas prévenu pour les séances de psy ?

-Si et ?

-Beh je suis venu pour t'y emmener.

Rogue lui claqua la porte au nez, qu'est-ce qu'il ne fallait pas entendre ? Mais la symphonie insupportable recommença à se rabattre sur sa porte.

-Fou moi la paix !

-Pas temps que tu ne viendras pas avec moi !

Le Serpentard ré-ouvra sa porte et lui lança un regard de défi. Mais la détermination qu'il lu dans les iris grises le découragea. Il n'aura jamais la patience de supporter ce manège encore longtemps. Alors en soupirant, il abdiqua et sortit de chez lui.

-C'est ridicule.

-Effectivement tu l'es.

Le Gryffondor se fit écraser le pied. Ils transplanèrent et se retrouvèrent dans un hall de passage qui donnait sur un rue peu fréquenté de Londres moldu. Rogue suivit l'autre homme jusqu'à une porte donnant sur l'extérieur. Il vit le loup hésitait mais finalement il l'ouvrit et le conduisit vers le bâtiment en face.

-C'est une cracmolle qui n'a que le globale sur ce qu'il s'est passé durant la guerre, elle sera neutre comme ça.

Il n'eut qu'une réponse vague et attendit que le porteur de noir ne soit rentré avant de se précipité vers la zone de transplanage. Sous les regards curieux des autres sorciers, il respira un bon coup et s'assit sur un banc. Il était fière de lui, vraiment très fière. Il faudra qu'il dise à Harry et Tonks qu'il avait réussi à aller du côté moldu plus de trente secondes. Le souvenir de ses parents lui interdisant formellement d'y aller dansait dans son esprit. Il regarda le téléphone que Harry lui avait acheté, et reçut un message de la psychologue lui confirmant que son patient était bien avec elle. Le brun pu alors se détendre. Ça avait été plus facile que prévu finalement, il n'avait eu que le pied écrasé, rien de plus. Cependant, il ne put s'empêcher de repenser à l'état de l'autre homme qui l'inquiétait. Il se rassura en se disant que ça allait aller, ça allait forcément s'améliorer. Il attendit une heure et alla chercher le Serpentard pour le raccompagner chez lui sous l'indignation de celui-ci.

La semaine qui suivit, Rogue fut horriblement surpris de constater que Remus était de retour devant chez lui.

-Je n'ai pas besoin d'une baby-sitter Lupin.

Lui avait-il asséné. Mais il n'avait reçu qu'un sourire, qu'il eut envie d'arracher pour réponse. A la troisième fois il se résigna, bien que la perspective que cela dure encore six mois lui donnait clairement envie d'abréger ses souffrances. Cependant, cette fois-ci l'attitude de Remus était beaucoup moins enjouée, celui-ci ayant finalement remarqué que l'autre homme portait toujours les mêmes vêtements et que son état physique empirait, mais Rogue ne s'en formalisa pas. Il alla encore devant la psy et cette fois encore il passa la séance à ne rien dire. Il espérait que la praticienne aller se lasser et le dispenser, même si vu s'en attitude posé et absolument pas contrarié, se serait étonnant. Au retour, l'attitude de son accompagnant resta silencieuse. Lupin réfléchissait à la meilleure manière d'agir. Devant sa porte il sembla hésitant et finalement Rogue se retrouva de nouveau seul. Il se ré allongea sur son lit. Tout ça était vraiment inutile, il soupira de lassitude, il se sentait vide, creux, et il se demanda brièvement s'il n'avait pas de quoi mettre fin à ce supplice. Après tout il était expert en potions alors…

Des coups résonnèrent dans l'habitacle, le réveillant. Surpris, il se leva.

-Bonjour ! Remus entra avec un sac, passant devant le porteur de noir sans lui laisser le temps de comprendre se qu'il se passait.

-On est lundi ? Demanda le maître des lieux étonner.

Lupin lui lança un regard perplexe et triste. Ces doutes se confirmèrent. Hier il était finalement allé voir Tonks et lui avait exposé l'attitude du porteur de noir et ses propres inquiétude. La jeune Auror lui avait alors expliqué ce qu'était la dépression, ayant fait des études complémentaires en psychologie, ce qui lui était aujourd'hui indispensable dans son travail. Remus avait compris que l'état du Serpentard était finalement bien plus inquiétant qu'il le pensait et cette perte de notion du temps la réaffirma ainsi que la constatation de l'état de son salon, les meubles étant toujours recouvert de draps. Il finit par lui répondre qu'ils étaient mardi et se mit en quête de la cuisine qui se trouvait derrière une petite porte au fond du salon.

-Qu'est-ce que tu fais ?

-Je cuisine.

Rogue leva les yeux au ciel, oui ça il le voyait bien.

-Mais pourquoi ?

Remus le toisa de haut en bas.

-Tu as vu ton état ? Un haussement d'épaule lui répondit. Va te laver et te changer ! Ça fait un mois que tu portes la même chose!

Un soupir d'exaspération lui répondit.

-Tu veux être mon assistante sociale maintenant ? Tu n'as pas autre chose à foutre que venir m'emmerder ?

Le loup s'arrêta dans son activité et lui fit face. Toute cette situation était terriblement frustrante et anxiogène pour lui, et il ne comptait pas ménager son homologue, surtout en vu de son comportement alarmant.

-Oui j'ai que ça à foutre comme tu dis, et si tu ne veux pas que je te foute moi même dans ta baignoire, je te conseille de faire ce que je te dis Rogue.

Ils se défièrent du regard durant un bon moment, avant que Severus ne cède lorsque le loup fit un geste dans sa direction, comprenant qu'il serait capable de mettre sa menace à exécution.

Alors il partit à tâtant dans le couloir adjacent son salon, son regard s'égara brièvement sur la porte de la deuxième chambre de la maison et partit rapidement se réfugier dans sa salle de bain, lentement il fit sa toilette, se qui se révéla beaucoup plus compliqué que prévu, il avait très peu d'énergie et ne supporter qu'à peine d'aller aussi lentement. Voulant rapidement quitter cet endroit qui ne lui évoquait aucun bon souvenir. Il insulta d'ailleurs plusieurs fois Remus. Il finit par sortir plus d'une heur plus tard une serviette sur la tête, n'arrivant pas à essuyer ses cheveux devenu bien long. Il fut assailli par une odeur de nourriture qui lui donna la nausée, il alla dans la cuisine où plusieurs chose trônait sur la table et Severus n'eut envie d'aucune d'elle. Lupin l'attendait et s'attendait à ce que l'autre s'assoit en le scrutant de son regard insistant. Mal à l'aise, Rogue prit la corbeille de fruit et partit dans le salon. Curieux le loup le suivit et se nota que l'autre homme préférait manger ici en le constatant installer dans l'un des fauteuils, soit, il s'en rappellerait pour la prochaine fois. Il retira le drap puis entrepris de scruter la bibliothèque. Rogue le regardait du coin de l'œil, se résignant à l'idée que le loup ne partirait pas sans gain de cause, il entreprit de manger deux mandarines, ce qui lui parut incroyablement difficile, le fruit n'ayant pas de goût. Au bout d'une heure, à demi-mot, il déclara qu'il n'avait plus faim. Lupin ne dit rien et rangea ce qu'il restait puis il lui tendit un livre venant de sa sacoche. Il précisa que ça venait de la bibliothèque de Dumbledore, que celui-ci lui avait laissé une bonne partie de sa collection. Il n'eut aucune réponse ni un geste, juste un regard froid qui voulait seulement dire « Qu'est-ce que tu fous encore là ? » et si Remus avait bien retenu une chose dans sa vie, c'était qu'il fallait y aller petit à petit avec son ancien camarade.

Ainsi il repartit à regret, mais revint tous les jours à la même heure pour faire le petit déjeuner et imposer une toilette à l'autre homme, ensuite il le questionnait sur le livre qu'il lui avait prêté. Il fut d'ailleurs heureux de constater que le goût pour la lecture de Rogue n'avait pas changé et que celle-ci lui permettait de faire quelque chose. Si il l'avait fini, Lupin lui en laissait un autre. Au bout d'un moment, Rogue l'autorisa à emprunter certains de ses propres ouvrages, avançant le fait qu'il détestait le voir lorgné ainsi sur sa bibliothèque, lui faisant pitié. Et au bout de deux mois, Remus fut ravi de ses efforts.

D'abord, Severus ne l'insultait plus, même à voix basse lorsqu'il arrivait, il avait d'ailleurs arrêté de tenter de le chasser absolument et lui avait même donné pour consigne d'entrer sans l'attendre, que de toute façon il ne fermait jamais sa porte. Second point, avec satisfaction il avait vu l'alimentation du Serpentard s'améliorer, les deux pauvres mandarines c'étaient transformé en un vrai petit déjeuner, il avait même arrêté de se plaindre de l'odeur de nourriture et semblait avoir retrouver le goût. Et finalement il avait commencé à parler à sa psy, certes pour l'insulter dans son dos et prétendre qu'il l'importunait mais c'était déjà un beau progrès. Et cerise sur le gâteau, Remus devait bien admettre qu'il profitait allègrement de la situation pour passer du temps avec l'autre homme. Il n'avait jamais été aussi heureux qu'en veillant sur lui, même lorsqu'il était épuisé avant et après la pleine lune. Il s'était d'ailleurs permis petit à petit une certaine familiarité, la plus fréquente était qu'il s'amusait à coiffer l'autre homme. Tout avait commencer car l'autre se plaignait de leur longueur et à quel point s'était épuisant de les démêlé, mais avait refuser que Remus les lui coupe, alors le loup avait profité d'un moment de lecture pour prendre un élastique et les lui avait attaché sous l'indignation de celui-ci.

-Tu vois que c'est mieux ? Lui avait rétorqué Lupin.

Et Rogue dans sa fierté n'avait rien dit. Aujourd'hui d'ailleurs, Remus s'amusait à sécher les cheveux du porteur de noir. Celui-ci ne le faisait jamais bien longtemps, les laissant humides pendant qu'il continuait à lire, alors Remus avait pris les choses en mains. Il était parti dans le petit couloir et avait ouvert la première porte, il l'avait refermé aussitôt en découvrant une chambre, ce qui l'avait surpris mais il ne s'était pas posé plus de question. Ayant trouvait la salle de bain, il avait pris une serviette et était retourné dans le salon. Rogue était installé sur son fauteuil attitré, celui étant le plus proche de sa bibliothèque et de l'entrée. Remus c'était laissé à l'admirer quelque minutes, il adorait son air concentré et serein, ses iris noirs parcourant rapidement les pages, ses mimiques n'étaient pas aussi expressives qu'à l'époque mais le loup arrivait encore à comprendre lorsque quelque chose l'intéresser ou l'indigner dans ses lectures. Ses cheveux lui arrivaient aujourd'hui en dessous de ses omoplates et bouclés légèrement lorsqu'ils séchaient. Lupin trouva que ça lui allait plutôt bien. Les vêtements de Rogue étaient uniquement composé de noir, il semblait n'avoir qu'un seul modèle de robe se qui l'amusait autant que ça l'attristait. Sortant de sa rêverie, il s'était déplacé derrière Severus et avait entrepris de sécher la chevelure d'ébène. Ça fit tendrement sourire le châtain, il apprécia se moment et Rogue aussi, trouvant la sensation salvatrice, le détendant, des petits frissons lui parcoururent la nuque. Et soudain il se figea, s'arrêtant dans sa lecture en réalisant. Il était bien. Cette constatation le fit lourdement culpabiliser. Mais qu'est-ce qu'il faisait ? Ça n'allait pas, ce n'était pas normal, il voulait rester seul et mourir de la même manière. Il ne méritait pas ce sentiment de plénitude que lui procurait le loup. D'ailleurs pourquoi faisait-il cela ? Lupin sentit le corps de Severus se tendre.

-Ça ne va pas ?

L'autre homme ferma son livre et se leva, ignorant la douleur a sa jambe qui se faisait en l'état assassine. Il répondit.

-Non ! Il lui lança un regard de reproche. Je ne comprends pas ce que tu fous encore ici ?!

-J'ai rien d'autre à faire.

-Je ne suis pas ta bonne action Lupin ! Il y a des œuvres de charité pour ça !

Remus fronça les sourcilles, il ne comprenait pas la saute d'humeur du Serpentard mais garda son calme. Il savait qu'il devait être honnête et ne rien dire de travers. Posément il énonça.

-J'ai envie d'être ici Severus, avec toi.

Un regard d'incompréhension lui répondit.

-Mais pourquoi ? Pourquoi Remus !? Tu as une vie là dehors ! Avec Tonks par exemple ! Va la vivre bordel au lieu de rester ici à moisir avec moi !

Le brun contourna le siège et fit face à Rogue, il le regarda dans les yeux et il put enfin re décrypter se regard qu'il adorait temps. Il avait fallu que l'autre soit à bout, qu'il oublie ses défenses pour que ces iris noirs lui parlent de nouveau. Et il fut attristé de toute cette détresse et cette incompréhension qu'il y vit. Il murmura.

-Viens la vivre avec moi…

Severus en resta stoïque, la proposition lui semblait irréelle, impossible, il fit non de la tête.

-Je ne peux pas…

Et Lupin perdit son calme, une colère sourde s'installa en lui, il tenta de la maîtriser mais son ton se fit plus dur.

-Si tu peux ! La vie ce n'est pas juste rester chez soi à se laisser mourir à petit feu Sev ! Il y a plein de choses là-bas ! Oui il y a la tristesse, la peur, la colère et la souffrance...mais il y a surtout la joie, le bonheur ! Être bien ! Tu n'as pas envie de vivre ça ?!

Rogue baissa les yeux, il ne comprenait pas, tout ce qu'il décrivait n'avait jamais existé dans son univers, ou en tout cas il l'avait oublié. Seul Lily avait été une lumière dans l'abîme sombre de sa vie, aujourd'hui il n'y avait plus rien. Il défia Lupin du regard.

-Laisse tomber.

-Jamais.

-Mais laisse tomber bordel !

Et il le poussa, tenta même de le frapper de ses maigres forces. Il n'arrivait plus à réfléchir. Ça faisait mal, cet acharnement était douloureux, cette dévotion qu'il lisait dans les iris grises le terrifiait. Lupin le paraît sans grand mal. Mais alors Severus déclara à bout.

-La seule personne qui me donnait envie de vivre est morte !

Et ce fut un grand coup pour Remus, une horrible fracture dans son cœur. Cela signifié que lui n'avait aucune valeur ? Il savait que Rogue avait été amoureux de Lily, ça avait été évident. Mais c'était toujours le cas ? Blesser, le loup lança un dernière regard douloureux au porteur de noir avant de prendre la porte et la claqué. Le bruit sec résonna dans le crâne de Severus pendant que sa colère se dissipait. Il fut fier quelque part, il avait gagné. Mais lorsqu'il regarda autour de lui, seul dans cette maison sombre, il ne se sentit pas glorieux. Il sentit plutôt l'espace se rétrécir autour de lui et sa respiration ne se calma pas. Le bien être avait pris la porte avec Remus ainsi que la colère et la frustration. Ne restait que le vide qui l'engloutissait, et pour la première fois de sa vie il le constata. Il se sentit étouffer sous son poids. Il s'assit près du mure et tenta de reprendre le contrôle de lui-même.

-Ce n'est rien, ça va...passer…

Il ne se souvenait plus avoir fait une telle crise depuis sa jeunesse. Mais il en avait eu l'habitude, ses crises avaient accompagné une bonne partie de sa vie alors il arriverait encore à la maîtriser n'est-ce pas ? Il tentait de se réconforter mais d'autre voix, des pensées intrusives, prenait la place. « Tu n'es rien » « sale monstre » « tu mérites la mort » « si tu n'avais pas été là... ». Les voix familières devinrent la sienne. Oui, s'il n'avait pas existé, Lily serait vivante, sa mère n'aurait pas eu cette vie et serai encore là, et il a bien fait d'éloigner Remus, sinon il serait aussi mort. Tout le monde meurt. Et lui il reste ici. Ils ne méritaient pas ça. Lui si. C'était horrible, la sensation de s'effondrer, les larmes coincées dans sa gorge qui ne pouvait sortir. Et soudain quelqu'un lui prit le bras.

Severus sentit quelqu'un le prendre contre lui, il reconnut cette odeur de pin et de chocolat qui hantait ses souvenirs. Il ne le méritait pas ! Il devait l'éloigner ! Il tenta de le repousser, paniquer, mais l'étreinte ne faiblit pas, que devait-il faire dans ce cas ? Pourquoi ne le lâchait-il pas ? Et la fatigue prit le dessus, il ne put s'empêcher finalement de s'agripper de toutes ses forces à Remus qui était totalement démunie et déboussolée. Il n'était pas partit, il avait prit l'air, pour se calmé, ça lui avait prit à peine dix minutes pour se dire que se n'était pas grave, que Rogue tout comme lui devait faire son deuil et que même si il aimait plus Lily que quiconque, sa jalousie soudaine était stupide. C'est lui qui avait des sentiments pour lui, pas l'inverse, et Severus ne lui devait rien. S'il voulait l'aider se n'était pas parce qu'il voulait quelque chose en retour. Alors il était rentré pour s'excuser et avait été estomaqué de constater la crise d'angoisse du Serpentard.

-Je suis désolé.

Il lui murmura doucement et longuement ses excuses et des paroles réconfortantes. Lorsqu'il constata que la crise se calmait, que l'ancien professeur se détendit dans son étreinte, il l'aida doucement à se relever et s'asseoir sur le canapé.

-Ça va mieux ?

Il n'eut aucune réponse, beaucoup trop honteux, le maître des potions n'osait pas regarder l'autre. Ne s'en formalisant pas, hésitant quelque minutes à le reprendre contre lui, Remus se résigna, il tendit un carré de chocolat noir au Serpentard, le geste eut le mérite de lui soutiré un début de sourire.

-Tu en as toujours sur toi ? Questionna doucement le porteur de noir en acceptant la friandise.

Le loup ne répondit pas et alla plutôt dans la cuisine chercher un verre d'eau.

-Je vais rester. Affirma-t-il.

-Tu n'es pas obligé.

Lupin se tourna vers son homologue, lorsqu'enfin Severus releva la tête vers lui pour savoir ce qu'il faisait, leur regard se croisèrent et Lupin, à la fois amusé et attendri par ce regard hésitant et espérant, répondit.

-Je sais.