Drago se réveille avec de la fièvre. Le jour s'est levé depuis plus d'une heure et Ron dort encore. Mais la douleur à sa cheville et son corps bouillant l'ont sorti de son sommeil. Il se redresse en se tenant le front plein de sueur. Il regarde vers Ron qu'il voit à peine dans l'obscurité de leur cachette. Il se met debout et passe au dessus de lui. Mais quand il pose le pied au sol, la douleur est si grande qu'il trébuche et il s'étale. Il s'écrase devant la porte de la chambre en gémissant.
Il entend l'auror venir vers lui à quatre pattes.
« Malfoy ! »
Il le laisse l'aider à s'asseoir alors qu'il voit flou. Il sent une grande main sur son front et il entend Weasley annoncer avec inquiétude :
« T'es brûlant ! Ah ! Et ta cheville ! Elle est horrible !
-Merci de me rassurer, parvient à gémir Drago. Donne moi... un médicament... pour la fièvre. Et ensuite j'ai... j'ai besoin d'aller à la rivière... pour mettre de l'eau... de l'eau froide sur ma cheville.
-ok. »
Il sent Ron se lever et il l'entend fouiller dans le sac. Sa main est prise et on pose dedans un cachet. Il parvient à peine à lever sa main pour le mettre dans sa bouche. Une bouteille est posée à ses lèvres. Il sent que Ron lui lève et l'aide à boire. Il avale difficilement. Il a soudain comme un blanc et il reprend ses esprits alors que le gryffondor est en train de le porter. C'est le mouvement des pas qui le sort de son sommeil. Il sursaute quand son pied est plongé dans l'eau froide. Il frissonne, sentant enfin le vent froid sur son corps transpirant et brûlant.
« Ron... »
Il voit flou. Son esprit est complètement dans le vague. Mais ses réflèxes de médecin sont toujours présents. Il sait ce qu'il faut faire.
« Ron... faut... ainteni...
-Ainteni ? Malfoy, parles plus clairement, je comprends rien ! »
Il entend enfin la panique dans la voix de Ron. Comment on peut ne pas paniquer face à un monstre, mais le faire pour une blessure. Weasley est un mystère.
« Drago ? »
Il se rend compte qu'il avait perdu connaissance. Il recommence alors ses explications :
« Maintenir... la cheville... Bandage.
-Ah faut un bandage ! Et je dois la mettre un peu en hauteur, c'est ça ? C'est ce qu'on m'a fait en troisième année. »
Il entend Ron attirer avec la magie la trousse de secours. Il lui ajoute alors, avec beaucoup de difficulté, comme chaque mot et chaque respiration lui semblent difficile :
« faut baisser la fièvre... Weasley...
-Ouais, je m'en occupe. Laisse moi en premier faire un bandage. »
Sa jambe est sortie de l'eau. On lui sèche. Les bruits que Ron fait en fouillant dans la trousse le tiennent éveillés. Il lui met de la crème sur la cheville. C'est froid. Le bandage est enroulé autour de son pied. C'est maladroit. Puis on le porte à nouveau. Il entend Ron grogner quand il doit monter les escaliers. Il est allongé sur quelque chose de moelleux. Le sac de couchage. On lui pose ensuite quelque chose de frais sur le front. Un t-shirt mouillé. La grande main tapote son front avec le tissu.
Il gémit de douleur quand son pied est relevé. Il se détend ensuite alors qu'il se remet à frissonner.
Quelques mots sont dits à son oreille :
« Dors. Je m'occupe de tout. »
Et il s'endort.
Quand il se réveille, il ne sait pas du tout l'heure qu'il est. Mais il a l'impression d'avoir dormi pendant plusieurs jours. Son corps est engourdi. Il se regarde comme il a été changé. Il est en t-shirt et en short. Il fronce les sourcils et sort la couverture pour regarder sa cheville. Elle va beaucoup mieux. Elle a bien dégonflé. Il n'ose pas trop la bouger alors il se met debout avec difficulté. Il regarde le rideau que Ron a installé pour séparer la chambre de l'autre pièce. Il passe le rideau et hausse les sourcils. Le gryffondor a bien aménagé la pièce à vivre. Il a installé deux petits coussins autour de la table, des coffres (grossièrement taillés), quelque chose qui ressemble à un four ou à une cheminée, des étagères et une corde où les plantes que Drago avait ramassées sont en train de sécher. La carte est accrochée contre un mur. Il a également fait une petite fenêtre où il a installé un rideau et un volet.
Il soulève un peu le rideau pour regarder dehors. Il voit Weasley au bord de l'eau. Il lui tourne le dos. Il va alors se prendre une bouteille. Il boit puis descend. Les marches sont difficiles. Une fois en bas, il s'aide aussi du mur pour avancer. Il traverse ensuite le pont. Il voit enfin ce que fait l'auror : il est en train de laver leur linge.
« Weasley ? »
Il ne devait pas s'y attendre parce qu'il se retourne en sursautant, la baguette dégainée. Quand il voit Drago, il se détend et laisse ce qu'il faisait pour venir vers lui.
« Comment tu te sens ? Demande le gryffondor en venant poser une main sur son front.
-Beaucoup mieux. »
Il a fermé les yeux sous le geste de l'auror. Il ne s'y attendait pas. Pourtant il a l'impression de bien connaître cette main.
« J'ai dormi longtemps ?
-Ca fait trois jours, lui répond Ron, je commençais à flipper que tu te réveilles jamais.
-trois jours ? »
Ça le choc. Il ne s'attendait pas à cette réponse. Pour le coup il demande inquiet :
« Mais qu'est ce que j'ai eu ?
-T'as eu de la fièvre. Tu as déliré, c'était vraiment impressionnant. Et ton front était tellement chaud que j'étais obligé de changer la compresse toutes les trente minutes. Sérieusement, fais plus jamais ça. »
Il continue de parler tout en revenant vers le point d'eau.
« Je peux me battre contre des monstres mais soigner des gens, c'est pas mon domaine. »
Drago reste sans voix. Il fixe le dos de Ron, sa nuque et ses oreilles rouges. Il avance vers lui et il s'assit à ses côtés. Il ne dit rien pendant quelques secondes puis il l'appelle en rougissant aussi :
« Weas... Ron. »
Comme Ron ne dit rien et ne le regarde même pas, il pose une main sur le bras de son soignant. Ça fonctionne. Leurs yeux se croisent. Il lui sourit un peu. Il ne sait pas trop quoi dire. On n'a jamais vraiment agit comme ça avec lui. Il se doute que Weasley n'avait pas trop le choix. Mais ça le touche tout de même. Alors il dit ce qu'il pense vraiment. Il est sincère :
« Merci beaucoup. Vraiment. Ça faisait longtemps qu'on avait pas veillé sur moi comme ça.
-... Je t'en prie. Je pouvais pas te laisser mourir. Et tu... tu t'es blessé pour moi. »
Ils se regardent encore longuement avant de se sourire un peu tous les deux. C'est étrange. C'est une situation nouvelle. Mais ils peuvent maintenant commencer leur survie plus tranquillement. Ils peuvent compter l'un sur l'autre.
