- T'es sur qu'elle est par là?
- Oui! Allez! Creuses!
Denzel regardait, un brin suspicieux, sa petite sœur donner des coups de mini pelle dans un tas de neige bien plus grand qu'eux deux réunis.
D'ailleurs, si quelqu'un les cherchait, il lui faudrait du temps pour les trouver. Amusés par l'ampleur des chutes de neige cette année, les enfants avaient creusé plein de tranchées qui serpentaient désormais tout autour de la maison, tel un labyrinthe.
- Il y a quelque chose!
Le garçon n'en croyait pas ses yeux. Comment Marlène avait-elle pu se souvenir, à ce point, de l'emplacement de la moto? Le paysage avait tellement changé depuis le retour de Cloud...
- Bon. Dis. Tu m'aides? Ou je raconte à tout le monde que tu laisses une fille faire le sale boulot?
Denzel se statufia sous le regard machiavélique de sa sœur. Sa personnalité diabolique était de sortie. Et elle avait ce sourire qui lui fichait une frousse pas possible!
Refusant, toutefois, de se soumettre complètement, il entreprit de l'aider, sans lui donner de réponse. Il connaissait trop bien son niveau de répartie pour ne pas se lancer dans un combat perdu d'avance.
Un petit bruit métallique se fit entendre, sous le coup de la mini pelle de Marlène.
- J'avais raison!
- Ouais. Hélas. Bon, il est temps de la sortir de là.
Depuis la dernière colère de Cloud, la situation avait évolué positivement. Ce dernier avait accepté la proposition du jeune garçon, à condition que cela ne le mette pas en danger. Et la thérapie avait pu commencer.
Cela faisait maintenant deux jours que le blond se soumettait à l'exercice, avec l'aide de Mogta qui le plongeait en hypnose et Erik qui le faisait parler.
Comme promis, Denzel avait fermé la porte de la cuisine pour laisser un peu d'intimité à son père adoptif.
Il n'avait donc rien entendu, jusqu'à présent, de ces échanges. Échanges qui duraient à peine plus d'une demi heure, car c'était très épuisant pour Cloud, mais aussi pour l'invocateur.
- Si ça se trouve, elle marche plus! Il y a de la neige partout!
- Fonctionne. Ou roule. Mais marcher, c'est pas son truc.
Marlène ne manqua pas de tirer la langue à son frère pour cet énième reprise de son vocabulaire.
- Nous faudrait les clés. Pour l'allumer. La chaleur du moteur nous aiderait. Si elle "fonctionne".
Le garçon n'avait pas raté le regard perçant que sa sœur lui avait envoyé, au dernier mot prononcé. Faisant de même, les bras croisés, il mit au défi la fillette de le supplier d'aller chercher les clés en question.
- Raaah! T'exagères! S'il te...
- Nan stop. Laisses tomber, je viens de penser à un truc.
Ils allaient avoir un problème.
Marlène se rapprocha de lui, les mains sur les hanches, à l'écoute. Elle avait comprit que son frère allait avoir besoin d'aide pour cette mission.
- Il est dans la cuisine. Et j'ai vu son manteau sur une chaise. Les clés sont dans une de ses poches, c'est sur...
- Hmm... on ne pourra pas les lui prendre sans qu'il ne le voit...
Le frère et la sœur se mirent à réfléchir à plein régime. Hors de question que Cloud ne les surprenne. Ca compromettrait tout le plan.
- Il faut le distraire.
- Une sacré distraction alors. Il a des yeux derrière la tête je te rappelle!
Denzel se demanda alors, comme toujours, s'il ne devait pas arrêter sa sœur dès maintenant.
Le sourire inquiétant qu'elle arborait, les yeux plissés en direction de la maison, ne présageait vraiment rien de bon.
Les mains posées de part et d'autre d'un livre, sur le plan de travail de la cuisine, Cloud relisait avec attention la recette qu'il était en train de suivre scrupuleusement.
Depuis sa dernière altercation, s'il pouvait la nommer ainsi, avec Tifa, cette dernière ne sortait plus de la chambre, en proie à une profonde déprime.
Erik lui avait fait un point sur l'état de santé de la jeune femme et, comme lui, les blessures physiques n'étaient pas les plus inquiétantes. Il n'avait pas remarqué son affaiblissement général et sa perte de poids. Visiblement, elle mangeait peu, voire pas depuis qu'il était revenu.
Et comme il se sentait carrément responsable... il avait décidé de se mettre aux fourneaux.
Après tout, c'était Tifa qui cuisinait jusqu'à présent, alors que rien ne l'y obligeait. Et sans son sang froid, ils seraient peut être déjà tous morts soit de faim, soit de froid, soit de peur...
Il lui devait beaucoup. Il le savait.
- Elena! Qu'est ce que je t'ai dit avec la pénicilline!? Avoues que tu le fais exprès!
La voix d'Érik portait depuis le salon où ce dernier faisait les cents pas, pendant sa conversation quotidienne avec son étudiante et remplaçante auto proclamée.
D'après ce que le médecin lui avait dit, son apprentie s'en sortait plutôt bien. Et elle était assistée par cet agaçant rouquin et son si placide partenaire. Apparemment, elle avait beaucoup de plaisir à les tyranniser.
Cloud avait tout de même quelques réserves à l'idée de voir la clinique entre les mains exclusives d'anciens Turks.
- Comment ça "il y a plus de morphine"? Tu déconnes là? On va les calmer comment les patients? A coup de battes?!
Quoi que... Les Turks savaient parfaitement comment plonger les gens dans le sommeil. C'était peut être pas si mal, tout compte fait.
Retournant à la cocotte, en mode cuisson à feux doux, il souleva le couvercle pour remuer un peu.
L'odeur était alléchante et, en soit, c'était déjà une victoire pour un soldat qui n'avait, de toute sa vie, jamais vraiment cuisiné.
Bon. Il était temps d'ajouter les haricots rouges et les pâtes, avant de laisser mijoter jusqu'à l'heure du repas.
Sur une grande assiette, trônaient plusieurs morceaux de viandes rouges, fraîchement sortis du frigo. Cloud avait prévu de quoi nourrir le lion, mais celui-ci avait un appétit dès plus féroces. Heureusement que son ami était un excellent chasseur, et qu'il pourvoyait en partie à ses besoins. Même si le gibier restait rare en cette période.
La lumière de la hotte s'éteignit, ainsi que la plaque, et un bruit caractéristique attira soudainement son attention, suivis de nombreux autres à travers la maison.
- Euh... ?
Le médecin, toujours au téléphone, était rentré dans la cuisine, visiblement à sa recherche et le regard inquiet en direction des plaques de cuisson.
- Fais gaffe à ce que tu essayes d'insinuer.
- J'ai rien dit! Quoi? Non, désolé Elena. Les plombs ont sauté dans la maison et comme Cloud cuisine, je suis allé voir... Bah oui, voilà!
La blasitude pour seul visage, le blond décida de ne pas relever et quitta la cuisine pour trouver le disjoncteur. L'emplacement de ce dernier lui était totalement inconnu, mais il se dirigea vers l'entrée. Cela devait forcément être par là.
Il ne vit, toutefois, rien de ressemblant.
Et ça ne pouvait pas être à l'extérieur en raison du climat froid de Corel.
- C'est pas vrai...
Son plat allait refroidir et cette situation commençait doucement à lui taper sur le système. Où donc, l'architecte de cette satanée maison, avait-il bien pu installer le tableau électrique ?!
Réfléchissant, il se souvint de la présence d'un chauffe-eau, pour la salle de bain. Dans la remise. Sa vieille ennemie. Il fit demi-tour pour se rendre dans cette petite pièce où il n'avait pas encore vraiment mis les pieds jusqu'à présent, non sans remarquer les deux ombres qui venaient de se faufiler dans la cuisine. Maintenant, il savait pourquoi les plombs avaient sauté.
Le tableau était effectivement là, juste à côté du cumul, la porte entrouverte et le disjoncteur baissé. Il décida d'attendre une minute supplémentaire, avant de relancer l'électricité.
La lumière revint enfin. Seule Marlène avait pu penser à ce stratagème. Après tout, c'était la maison de son père et elle la connaissait mieux que quiconque, ici. Fichue gamine.
En retournant dans la cuisine, il vit, assit à table, Erik, en train de prendre des notes sur son ordinateur. Celui-ci était concentré sur ce qu'il voyait. Certainement des documents que lui avaient envoyé Elena.
Cloud ralluma la plaque de cuisson et s'assura que son plat ne s'était pas transformé en une mixture infame.
- Cloud? Il faut que j'aille chasser ou tu as quelque chose pour moi?
Nanaki s'était silencieusement approché de lui, pour s'assoir et attendre, la queue impatiente.
- Oui. Mais les stocks commencent à sérieusement manquer.
- D'accord. J'ira chasser tout à l'heure. Si je trouve un animal assez gros, je te le rapporterais.
Les tempêtes successives empêchaient tout réapprovisionnement extérieur. Tout du moins, via véhicule terrestre. Mais le lion allait leur permettre de tenir encore un jour ou deux, avant de pouvoir profiter de la venue de Cid.
Sans détacher son regard de son plat, le blond interpella une dernière fois son ami.
- Elle a mangé?
L'inquiétude le submergeait et lui rappela la présence de son cœur lourd, dans sa poitrine.
- Non. Elle a juste bu son café. Je crois qu'elle a un peu froid aussi.
- Merci...
Au loin, ils entendirent le bruit d'un moteur accompagné de cris de joie d'enfants. C'était donc ça, leur projet?
- C'est pas dangereux? Qu'est ce qu'ils fabriquent ces deux là?
Erik s'était levé pour regarder par la fenêtre. De la vapeur s'élevait au milieu des énormes congères qui entouraient la maison, mais impossible de voir quoi que ce soit d'autre.
- Pas vraiment non. Ils sont trop petits pour la guider et il y a une sécurité.
- T'es vraiment confiant. La petite à l'air d'avoir de la ressource, quand même.
C'était assurément vrai. Cloud était certain que Marlène allait toucher tous les boutons de la moto jusqu'à obtenir ce qu'elle voulait. Mais en admettant qu'elle trouve la bonne combinaison, la quantité de neige présente les empêcheraient d'avancer.
- Nanaki... Tu peux...
- Oui. Je vais aller voir ce qu'ils font.
Il adressa un petit sourire au lion, qui quitta la pièce, d'un pas serein. Replaçant le couvercle sur la cocotte, il s'assura une dernière fois que le feux était bien au minimum, avant de quitter la cuisine à son tour, laissant le médecin travailler. Ce dernier n'avait rien dit, quand leur ami avait parlé de la jeune femme. Mais il savait ce qu'il pensait.
C'était à lui d'aller la voir. La situation ne s'arrangerait pas autrement.
S'armant de courage, Cloud se rendit donc à l'étage...
Un bruit, d'eau qui coulait, réveilla doucement Tifa. Elle s'était rendormie, après son petit déjeuner, qu'elle n'avait pas touché. Erik lui avait apporté un plateau, et en avait profité pour prendre sa tension et sa température. Mais, hormis un petit sourire triste, il n'avait fait aucun commentaire, l'encourageant juste à se reposer.
Le froid s'installait sérieusement dans la demeure, malgré le poêle qui semblait donner son maximum. D'après les informations de Nanaki, Cloud s'était occupé de réapprovisionner la maison en bois de chauffage et s'assurait personnellement de la température de celle-ci. Elle avait aussi appris que c'était lui qui gérait les repas, car Erik s'était tout simplement déclaré incompétent. Sans parler du lion qui s'était bien sûr proposé, serviable comme il était. Mais le gibier sanglant au petit matin, n'était le délire d'aucun humain dans cette famille.
Ah. Les enfants avaient aussi proposé leurs services. Mais Cloud avait estimé que nourrir tout le monde uniquement avec du chocolat chaud, n'était pas une solution viable dans la durée.
Sachant tout cela, Tifa aurait pu faire un effort, et manger ce dont le jeune homme s'employait à lui préparer. Simplement... Elle n'avait pas faim. Pour être exacte, elle n'aurait pas faim tant que ce n'était pas le blond qui lui apporterait son repas. Et depuis qu'elle se morfondait dans sa chambre, à aucun moment il n'était venu la voir.
Cette pensée la fit se rouler un peu plus en boule sous la couverture, souhaitant disparaitre. Elle n'aurait pas du lui montrer ses marques... Il n'allait plus jamais vouloir la toucher maintenant...
La porte s'ouvrit, mais elle resta cachée sous la couette. C'était certainement le Doc, qui venait s'assurer de son état.
Sauf que, pour la première fois, celui-ci s'assit sur le lit, alors qu'habituellement, il utilisait le fauteuil à proximité. Ce fut au moment où elle sentit une main caresser doucement son épaule, puis son bras, par dessus la couverture, qu'un doute énorme la saisit.
Ce n'était clairement pas Erik. Jamais il ne se serait permis une telle familiarité.
Osant sortir la tête de la couverture, ses yeux furent immédiatement captés par un regard azur, totalement hypnotisant. Il avait un doux sourire, presque triste toutefois, et ses cheveux longs étaient attachés bas sur sa nuque. Cette vision lui rappela le petit garçon qu'il avait été et dont elle était tombée follement amoureuse...
Etait-ce seulement possible d'être aussi beau, ou la faim lui provoquait elle des hallucinations? Ou alors, c'était la mort qui venait la chercher. Oui. C'était surement ça.
Sentant son visage s'enflammé sous ce regard trop bleu, Tifa remonta la couverture jusque sous ses yeux, pour tenter de cacher le trouble qui l'envahissait. C'était n'importe quoi. Elle qui était déprimée, il y a encore quelques minutes, se retrouvait désormais en proie à une excitation de petite fille devant une idole trop longtemps fantasmée.
S'il restait là, elle allait faire un malaise. Mais maintenant qu'il était là... Voulait-elle seulement qu'il parte?
Constatant que Tifa semblait être en plein débat avec elle-même, Cloud décida de se rapprocher un peu, pivotant davantage dans la direction de la jeune femme et plaçant ses deux mains de chaque côté de ce corps bien caché sous la couverture.
Nanaki avait dit qu'elle avait froid. Mais le front rouge qu'elle laissait entrevoir, faisait presque penser à de la fièvre. Pourtant, Erik avait dit qu'elle allait bien, après sa visite ce matin.
- J'ai préparé un bain chaud, pour toi.
Tifa était sidérée. Les yeux de cet homme, qu'elle n'espérait plus, ne tremblaient pas en la regardant. Désarçonnée, son cerveau ne semblait plus faire aucun raccordement.
- A défaut de manger, accepterais tu d'en profiter, s'il te plait?
Cloud vit nettement le regard de la jeune femme s'agrandir à sa question. La situation était presque amusante. Jamais il ne l'avait vu réagir ainsi. Son état la rendait visiblement... Très faible, face à lui. Et, en toute honnêteté, cette vision ne lui déplaisait absolument pas.
Son cœur battait un peu plus vite, à mesure qu'il la regardait, toujours emmitouflée dans la couverture qui les séparait. Bien maigre rempart, soit dit en passant.
- Alors?
Bon. Le cœur de Tifa allait exploser et son cerveau faire ses valises. A l'occasion, il faudrait qu'elle dise à Cloud de ne pas agir de la sorte avec elle, son petit palpitant n'était pas prêt pour une telle danse! Sauf que, en toute franchise... C'était bien tout ce dont elle avait rêvé! Minerve. Aies pitié de cette pauvre âme, qui viendra à toi sous peu.
Comprenant que l'objet de ses pensées les plus folles ne partirait pas sans une réponse de sa part, elle hocha, mécaniquement, la tête, de haut en bas. Un bain lui ferait assurément le plus grand bien.
- Qu'est ce que...
D'un geste rapide et sûr, Cloud arracha la couverture à la jeune femme, parce qu'elle s'y accrochait un peu trop fermement, et se leva, avant de se repencher vers elle.
- Je n'ai pas envie que tu perdes conscience en te levant. Tu n'as rien mangé, après tout...
Tifa ne rata pas une miette du petit sourire, presque diabolique, d'un fantasme bien trop près de son corps en proie à une grande fragilité. Et, sans comprendre, fut soulevée sans effort, par des bras puissants, avant d'être soigneusement calée contre le blond, dans une position protectrice.
Ce dernier quitta la chambre avec son précieux chargement, les bras de Tifa autour de son cou et sa tête posée sur son épaule. Il l'a trouvait plus légère qu'avant, mais ne fit aucune remarque. Son poids n'avait aucune importance à ses yeux, et il serait, à jamais, assez fort pour la porter. Seule sa santé le préoccupait, et il était bien décidé à la sortir de cette impasse.
La salle de bain baignait dans une température bien plus agréable que le reste de la maison, grâce au radiateur électrique, qui tournait activement.
Tifa découvrit qu'un bain moussant l'attendait et eu du mal à intégrer l'idée que Cloud ait pu avoir autant d'attention à son égard. Le regard toujours perdu sur cette scène, son cerveau ne calcula pas vraiment que le jeune homme l'avait déposé sur la chaise à côté de la baignoire.
Une pensée saugrenue l'envahit. Et si Cloud avait été hypnotisé par Erik pour faire tout ça? Comment pouvait il ne pas rougir devant pareille situation? Pourquoi etait-elle la seule à ressentir un tel embrasement intérieur? Pourquoi?! Déesse! Pourquoi?!
Sans compter que chaque minute semblait pire que la précédente.
Son blond, rien qu'à elle, toujours un fin sourire, presque moqueur, sur les lèvres, se détourna subitement. Mais ne quitta pas la pièce, dont il ferma la porte.
- As tu la force de te déshabiller et de rentrer dans ce bain?
Il tourna légèrement la tête vers elle, juste assez pour qu'elle puisse discerner ses lèvres, étirées en un sourire, cette fois-ci... Prédateur.
- Ou dois-je m'en occuper moi-même?
Lorsque l'information arriva à un cerveau en plein déménagement, le cœur, voisin, fut prit d'un sérieux malaise, sous la déflagration qui ravageait tout le corps de sa propriétaire. Un frisson inégalé traversa Tifa. Etait-ce une proposition pour... Pour... Même son cerveau ne retrouvait pas les mots correspondant, certainement perdus dans les cartons.
Par contre son cœur hurlait que oui! Oui, oui oui! Grand oui! Et sautillait dans sa poitrine.
Dilemme, toutefois. Son cerveau avait peut être perdu les mots, mais pas l'esprit. Elle était fatiguée et ne comprenait rien au petit jeu que Cloud était en train de lui faire. Jamais elle ne l'avait vu comme ça. Non pas que cela lui déplaisait. Loin de là. Pas du tout. Par Junon! Mais ces dernières minutes vécues en sa compagnie, après deux jours à s'éviter, allaient déjà être très difficiles à assimiler.
Faisant non de la tête, et voyant qu'il reportait son regard devant lui, sur le mur, ne lui montrant que son dos, elle entreprit de rapidement se défaire de son pyjama, pour entrer dans l'eau chaude qui lui avait été réservée, avant de disparaitre sous la mousse.
- Je... C'est bon... Merci...
Cloud se retourna, un sourire plus doux sur le visage. Ca aussi, elle n'allait pas s'en remettre. Jamais elle ne l'avait vu sourire autant. Et elle le vit s'approcher d'elle, jusqu'à s'assoir sur le bord de la baignoire.
- C'est assez chaud?
Surprise, encore, elle répondit.
- Euh... Oui. C'est parfait.
Menteuse! Hurla son cœur. En effet. Son corps était tellement bouillant que la température de l'eau lui sembla être celle d'un lac en hiver. Malgré la vapeur qui se dégageait, au dessus du bain. D'ailleurs, elle se demanda comment son bourreau personnel pouvait bien supporter la température de la salle de bain, avec tout ce qu'il avait sur le dos.
Elle laissa tomber cette question quand son cerveau, traitre, lui envoya quelques images brulantes, qui firent tout simplement augmenter son thermomètre corporel. C'était pas le moment d'entrer en fusion.
De son côté, Cloud posa délicatement une main sur la tête de la jeune femme, avant de la laisser glisser dans ses cheveux si sombres. Il était certain que sa chevelure était plus longue qu'avant, et une grande partie était plongée dans l'eau. Quelques mèches s'étaient toutefois aventurée à l'avant de son visage, sur ses épaules et sa poitrine, immergée. Presque rêveur, il ramena ces cheveux rebelles vers l'arrière, les passant doucement derrière les oreilles de Tifa.
Cette dernière n'était absolument pas détendue sous ses caresses indirectes, et il aurait bien voulu que ce soit tout le contraire.
De sa main libre, l'autre étant posée sur le carrelage dans le dos de Tifa, pour l'empêcher de tomber, il posa délicatement quelques uns de ses doigts sur la tempe de la jeune femme et commença à descendre, avec la plus grande délicatesse dont il était capable. Il effleura la joue, puis ses lèvres abimées, le menton... Cette gorge qu'il avait marqué de la pire manière, alors qu'il connaissait des façons infiniment plus douces de procéder...
Il du se rapprocher un peu, de cette nuque tentatrice, lorsque ses doigts franchirent le sternum, pour disparaitre sous l'eau. Il sentit, avec une curiosité presque scientifique, la rondeur de ses seins, dont la poitrine se soulevait de plus en plus fortement et qu'il ne faisait qu'effleurer, continuant toujours sa descente.
S'approchant encore de la jeune femme, son souffle au plus près de son oreille, il la vit se tendre et chercher un appui sur le rebord, quand ses doigts atteignirent son ventre, puis son nombril, son bas ventre... Et enfin...
Un gémissement, à peine retenu, échappa à Tifa et dans un réflexe étrange, ses jambes se refermèrent sur cette main qui venait d'atteindre une zone interdite. En l'espace de quelques secondes, tout avait basculé, et elle ne su plus comment ou quoi penser. Aucune phrase ne s'alignait correctement dans son esprit.
Mais au niveau de cette main... De ces doigts qui bougeaient pourtant à peine, son corps hurlait qu'il en voulait plus. Il hurlait tellement que cela en devint insupportable, presque douloureux. Et alors qu'elle croyait avoir atteint le summum de l'embrasement, un souffle un peu plus fort, vint caresser sa peau, au niveau de sa clavicule. Ses jambes réagirent encore, se resserrant davantage sur l'envahisseur, rapprochant pourtant ce dernier dangereusement de son intimité, alors qu'elle ne savait plus ce qu'elle voulait. Dans un ultime moment de lucidité, elle entendit la respiration de Cloud se faire plus rapide, comme un écho à la sienne.
Il se retenait. C'était clair dans son esprit, contrairement à tout le reste. Sa main ne bougeait plus, emprisonnée entre ses cuisses, attendant visiblement qu'elle décide quelque chose. Mais elle n'arrivait à rien. Ses jambes ne lui répondaient plus et cette extrême proximité lui faisait perdre toute raison.
- Libères moi... S'il te plait...
L'intonation grave de sa voix lui procura un nouveau frisson ravageur et elle fit tout l'inverse, ne comprenant même plus ce qu'il voulait dire. Retenant péniblement un gémissement, lorsque des doigts touchèrent une peau dès plus sensible, elle l'entendit préciser...
- Ma main...
Alors, faisant preuve d'un effort considérable, luttant contre son propre corps qui l'avait totalement trahit, elle desserra légèrement les cuisses. Il avait trempé son bras dans l'eau jusqu'au dessus du coude, alors qu'il n'avait pas relevé la manche de son pull. Sans prendre la peine de s'essuyer, il se leva, silencieusement, et se dirigea vers la porte de la salle de bain.
Avant de s'arrêter et de poser de nouveau les yeux sur elle.
Dans son regard, semblait couler de l'or en fusion.
- Guéris... Vite.
Tifa ne vit pas son doux tortionnaire disparaitre. Elle resta immobile, les yeux sur la porte fermée, sentant une fraicheur dévastatrice l'envahir. Que s'était-il passé? Sous le choc, elle se laissa glisser lentement dans l'eau, jusqu'à s'immerger complétement.
Elle n'avait rien compris, mais une chose était sure.
Cloud allait devoir lui donner bien plus que ça.
- Bon. Ils nous font quoi la haut? On a faim, nous!
Erik, qui avait mis la table avec les enfants, attendait patiemment dans la cuisine. Il était accompagné de Denzel et Marlène, effondrés sur leur assiette, en train de mourir de faim, et de Nanaki, dont la gueule bavait de façon éhontée à la vision des steaks préparés à son attention.
Le bruit dans les escaliers leur firent, à tous, tourner la tête.
- Ah! Enfin!
Sauf que, tout ce qu'ils virent, c'était un blond passé devant la cuisine, sans même les regarder, un doigt toutefois levé vers eux, leur faisant signe qu'il avait visiblement besoin d'une minute. Ou de plusieurs.
Ils entendirent la porte d'entrée s'ouvrir et se refermer aussitôt.
Inquiète, la petite équipe affamée se rua sur la fenêtre pour voir ce que Cloud faisait.
- Hmm.
- Qu'est-ce qu'il fait ? Je comprends rien.
- Pourquoi il a traversé tout droit la neige, plutôt que de prendre le chemin?
Aux questions des enfants, Erik se contenta de sourire mystérieusement, et choisit de se détourner de cette scène aussi amusante qu'émouvante, pour s'intéresser au plat qu'avait préparé son patient préféré.
- Je crois qu'il est grand temps pour moi, de rentrer dans mon village.
- Quoi?! Non?! Pourquoi tu dis ça?!
Nanaki, dont les émotions trop fortes étaient constamment trahies par une queue enflammée, souriait bêtement, et se mit à manger goulument son déjeuner.
- A table, les morveux. Laissez le tranquille.
- Mais!
Le regard du Doc se fit plus autoritaire et les enfants revinrent s'assoir, alors qu'il plaçait au centre de la table, un minestrone encore fumant...
Dont le feu avait été soigneusement éteint.
Mot de l'auteur: Mouhihihi!
