Nouvelle tempête de neige sur le Mont Corel. Un froid glacial s'était installé pour la nuit, figeant les constructions floconneuses d'un vent violent. Au milieu de ce paysage en noir et blanc, se dressait une petite maison, dont une douce fumée s'échappait de la cheminée.

A l'intérieur de celle-ci, le silence semblait régner en maitre.

Seul le bruit d'un feu crépitant se faisait parfois entendre, dernier rempart contre l'hiver.

Tous les occupants dormaient profondément.

Au rez-de-chaussée, sur le tapis du salon, était étendu un lion énorme, les quatre pattes en l'air, la gueule ouverte, les yeux fermés, en extase. Il était au plus près du poêle, dont la chaleur brulante ne paraissait pourtant pas l'affecter.

Non loin de lui, sur le canapé, un homme, aux cheveux blonds, dormait, allongé, d'un sommeil profond. Il avait la tête tourné vers le dossier du canapé, et un bras s'échappait de sa couverture, pendant en direction du sol.

A l'étage, un autre homme dormait, seul, dans une chambre. Il semblait profiter de la largeur de son lit pour s'étaler, en étoile, sur le matelas, un sourire bien heureux greffé sur le visage.

La pièce d'à côté rassemblait deux enfants, chacun dans un lit, eux aussi partis dans le monde des rêves. Ils portaient tous deux, un seul et unique gant, sur lequel une pierre rouge était incrustée et dont la lumière brillait par intermittence, telle une alarme.

Et puis, il y avait cette chambre, plus grande que les autres, dans lequel trônait un grand lit défait. Mais vide.

Une silhouette s'engagea dans l'escalier, le plus silencieusement possible, refusant de faire craquer le bois pour ne réveiller personne.

Descendant prudemment jusqu'au rez-de-chaussée, elle ne put s'empêcher d'adresser un regard dans le salon. La lumière du feu illuminait d'une douce lueur la pièce et ses occupants. L'un d'eux attira particulièrement son attention et à la vue de celui-ci, prit dans un sommeil des plus apaisés, son cœur fit quelques bonds d'excitation. C'était étrange comme elle avait l'impression de le découvrir, alors qu'elle le connaissait depuis l'enfance. Et si elle était tombée amoureuse, il y a longtemps, sans jamais se défaire de ce sentiment, malgré les années et les épreuves, ce qu'elle ressentait aujourd'hui, en le regardant, n'était clairement pas de l'amour.

Mais du désir.

Jamais elle n'avait vraiment pensé à lui de cette façon, alors que ses sentiments à son égard étaient forts et sincères. Sans doute qu'avec le temps, leur proximité, leur entente s'était muée en quelque chose d'ambigüe. Peu clair. Un entre-deux inefficace et qui s'était refermé sur eux, comme une prison.

Toutes ces années, ils avaient été, l'un pour l'autre, des amis, des meilleurs amis, presque frère et sœur, ce soutien indéfectible pour l'autre, à la fois sauveteur, protecteur, guide... et confident.

Or, pour la première fois, elle envisageait qu'il puisse être, aussi, son amant.

A cette idée, son corps frissonna et elle sentit la chaleur envahir son visage. Le désir de le toucher devenait plus fort, à mesure que le temps se déroulait, depuis cet instant suspendu, dans la salle de bain. Ce souvenir fit renaitre en elle la douce tension qui avait submergé son intimité, sa respiration se fit moins sure, et ses jambes tremblèrent. Serrant les dents pour ne pas gémir, elle plaqua ses deux mains froides de chaque côté de son visage, pour faire redescendre la température. Il fallait qu'elle se calme.

S'embraser dans le salon n'était pas une bonne idée. Surtout en pleine nuit et en présence de témoin.

Elle fit demi-tour pour se diriger vers la cuisine. Son objectif premier, car, initialement, elle était descendue parce qu'elle avait faim.

Ayant gouté au plat de Cloud dans l'après-midi de la journée d'hier, elle eu envie de manger de nouveau. Même si son cerveau ne savait plus à quoi elle pensait, vraiment. En ouvrant partiellement le frigo, afin de ne pas illuminer la cuisine avec la lumière de celui-ci, elle découvrit qu'un petit pot en verre attendait sa venue. Son prénom, Tifa, était écrit au marqueur. Ecriture pates de mouche qu'elle reconnaitrait entre mille autres. Un sourire, quelque peu idiot, se dessina sur son visage. L'attention était trop mignonne et cela renforça son envie de se jeter sur lui.

Zen. Elle souffla doucement pour faire redescendre encore la pression qui s'accumulait décidemment bien trop vite en elle, et se saisit du plat qui lui était réservé, pour le réchauffer au micro-onde. Afin d'éviter que ce dernier ne fasse trop de bruit, elle ouvrit la porte avant la fin de la minuterie. Une fois fait, elle s'arma d'une fourchette et décampa, telle une ninja, de la cuisine, pour remonter silencieusement les escaliers, et s'enfouir sous la couette, son précieux cadeau entre les mains.


- Je ne sais pas ce que tu lui as dit ou fait, mais on dirait qu'elle va mieux.

La voix de Nanaki s'éleva doucement dans le salon, chuchotante et un fin sourire se dessina sur un visage faussement endormi, les yeux toujours fermés. Elle était finalement descendue et avait récupéré ce qu'il lui avait préparé. Cette simple pensée lui procura un bonheur si grand qu'il du se retenir de lever les bras en signe de victoire, depuis son canapé.

Canapé assez confortable d'ailleurs. Il aurait pu dormir dans la dernière chambre disponible, mais après sa récente colère, il s'était naturellement endormi un soir, sur le canapé, le lion à ses pieds. Et finalement, c'était agréable. Il se sentait bien avec son ami et sa voix l'apaisait.

Il aurait bien voulu qu'elle vienne jusqu'à lui, cette nuit. Même s'il était probable qu'elle n'aurait pas pu repartir. Et c'était peut être pour cela qu'elle s'était abstenue, malgré le regard insistant qu'il avait senti sur lui.

Ouvrant légèrement les yeux, il tourna la tête en direction du feu qui dansait. Ce qui s'était passé hier midi ne quittait pas son esprit, balayant tous ses cauchemars. Tout s'était enchainé si naturellement, qu'il n'arrivait toujours pas à croire ce qu'il avait fait.

Quand il était monté la voir, il n'avait absolument rien calculé.

Tout d'abord, ce fut en passant devant la salle de bain, qu'il avait pensé qu'un bain chaud ferait du bien à la jeune femme. Puis, la découvrant emmitouflée sous sa couverture, ne laissant deviner que les formes de son corps, il avait eu envie de la toucher, la réconforter...

Son regard brillant, surprit, qui dépassait de la couette l'avait autant amusé que charmé. Elle qui lui avait toujours semblé pleine de confiance, réactive, déterminée, lui était apparue fragile et dépassée par les évènements. A aucun moment il n'avait imaginé qu'elle pouvait douter autant, alors que toutes ces années, il avait cru être le seul en proie à un doute permanent.

La suite était partie d'un réel souhait de l'aider. Il n'avait voulu que se montrer présent, à son écoute... Mais ses yeux n'en avaient pas fini de briller d'étonnement et de ravissement devant son comportement. Il avait donc eu juste envie de rester vers elle, tout en respectant la distance qui continuait d'exister entre eux. Distance qu'il n'avait pourtant fait que réduire un peu plus, sans même y réfléchir, grisé par l'instant...

Se remémorant ce doux souvenir, il pouvait encore sentir sous ses doigts la douceur de sa peau... de sa bouche... la courbure de ses seins, les muscles de son ventre et puis...

Il était encore en train de déraper et, s'il continuait, allait se retrouver en fâcheuse posture. Tout se réveillait en lui, à chaque fois plus fort et plus douloureux... Et il n'allait pas terminer systématiquement dans une congère. Hors de question de finir en bonhomme de neige, après avoir entrevu le paradis.

Le problème était qu'avec son geste, il avait rompu l'équilibre précaire existant. Désormais, plus aucun retour en arrière était possible, il le savait. Son amour s'était mué en un désir brulant, avide et même s'il n'avait pas beaucoup d'expérience dans ce domaine, son instinct hurlait. L'envie de sentir sa peau contre la sienne, le submergeait constamment.

Ses yeux se fermèrent et il se retourna, pour faire face au dossier du canapé. La sensation des cuisses de Tifa, refermée sur sa main, de ce gémissement qui n'avait été pour lui qu'un simple bouton d'allumage... Il du faire un effort considérable pour ne pas se lever et se diriger vers la chambre où se trouvait la jeune femme... Ce n'était pas raisonnable et il devait se montrer plus patient.

Après tout ce qu'il lui avait fait subir... C'était à elle de décider, de choisir ce qu'elle voulait et quand elle le voudrait.

Il attendrait.


Erik avait désespérément envie d'un café. Il en buvait surement trop, mais c'était son carburant. Sans ça, il s'écroulait raide mort et son cerveau se liquéfiait. Littéralement.

Ouvrant son ordinateur portable, il découvrit les mails adressés par Elena dans la nuit. La jeune femme copiait son rythme et cela l'inquiétait. Elle ne devrait pas travailler autant, même s'il y avait de la demande. Elle allait s'épuiser et, au final, tout le monde en sortirait perdant.

Un dossier attira son attention. Il contenait des photos et un compte-rendu de médecine légale. Pressentant l'embrouille, il bu une nouvelle gorgée de son précieux nectar.

La première photo sur laquelle il cliqua machinalement s'ouvrit, et son estomac manqua de renvoyer le peu de caféine avalée. Un tronc humain, ni tête ni membres à première vue... Des lacérations épouvantables et une partie des organes absents, manifestement arrachés avec une puissance colossale. Bordel... C'était affreux. Jamais il ne s'habituerait à pareille vision. Diable. Etait-ce bien nécessaire de lui envoyer tout ça? La vraie nouvelle aurait été de ne rien recevoir ou, peut être, qu'un corps entier avait été retrouvé. Histoire de pouvoir enfin faire une identification correcte et de rendre un disparu à sa famille...

D'un geste rapide, il ferma le clapet de son ordinateur, lorsque des bruits de pas se firent entendre dans les escaliers.

- Cloud est pas levé?

Denzel, en pyjama, les yeux à moitié fermés, en chaussons tout de même, débarqua encore endormi. Ses cheveux longs et bouclés se la jouaient rebelles, son pyjama était tout froissé et son visage portait clairement les marques de son oreiller. L'ensemble lui donnait une allure assez comique et arracha un sourire au Doc.

- Non. Il dort. Fais pas trop de bruit, il doit être fatigué.

Le jeune garçon hocha la tête et se dirigea, par habitude, vers le frigo pour se préparer sa boisson préférée.

- Tu travailles déjà?

- Hein? Oh, non, pas vraiment. Je voulais juste vérifier qu'il n'y avait rien d'urgent.

Le Doc regarda avec attention le jeune garçon, se préparer avec assurance, son chocolat chaud. Il remarqua la présence de deux tasses sur la table, signe qu'il avait prévu de servir quelqu'un d'autre.

- Tu crois que... Tu crois que je pourrais devenir comme toi?

Interloqué, l'adulte releva les yeux vers le gamin qui surveillait sa casserole de lait.

- Comment ça? Je ne suis pas sur d'être un modèle en quoi que ce soit, très franchement...

Reprenant une gorgé de son café, il attendit. C'était quoi ces questions dès le matin?

- La médecine... J'aimerai... Tu sais, j'aimerai tellement être utile, soigner les autres... Tu crois que je pourrais, un jour?

Alors, il voulait être médecin? A la bonne heure! Lui qui cherchait justement à recruter. Bon, le candidat ici présent était un peu jeune quand même. Et vu ce qu'il y avait dans son ordinateur ce matin, il n'était pas certain que ce soit une bonne idée.

- Un jour? Si tu commences maintenant tu pourrais en devenir un d'ici quelques années.

Denzel se retourna, le regard surprit.

- Tu...

- J'AI FAIM!

Marlène fit son entrée dans la cuisine, telle un grizzli affamé, une grosse patte sur la porte, prête à massacrer quiconque se mettrait entre elle et son cacao.

- Mais chut la crevette! Tu vas réveiller tout le monde!

- M'en fiche! Faim! Pas crevette!

Le jeune garçon fit signe à Erik de laisser tomber. Tant que Marlène n'avait pas eu son cacao, elle était juste... Carrément chiante, fallait le dire.

- Marlène, si tu ne baisses pas d'un ton, ça va mal se mettre.

La voix grave claqua dans l'air et un vent glacial figea le trio dans la cuisine. Depuis le salon, Dieu avait parlé, emmitouflé dans sa couverture, épuisé par une nuit de rêves inaccessibles. Pour l'instant. Situation toutefois particulièrement frustrante, agaçante, énervante et tout ce qui suit.

La petite fille, qui buvait son chocolat goulument, à en oublier de respirer, ne répondit pas, mais avait les yeux braqués en direction du salon, toujours plongé dans la pénombre.

Cloud semblait de mauvais poil ce matin.

Et en parlant de poil, Nanaki entra dans la cuisine et s'étira, en grand maître Yogi qu'il était, avant de s'approcher des enfants pour une petite séance de papouilles très appréciées de toutes les parties.

- Je vais aller chasser. Soyez sages. Ne l'énervez pas trop, s'il vous plait.

- Pourquoi? Qu'est ce qu'il a encore?

Sous les chuts combinés de Denzel, Erik et Nanaki, à l'attention d'une fillette dont l'instinct de survie tendait méchamment vers le niveau zéro, le "encore" sembla raisonner dans toute la maison, tel un affreux écho précédent un cataclysme épouvantable.

Un soupir, plus fort que d'ordinaire, se fit entendre dans la pièce d'à côté, et le craquement d'un canapé agonisant les fit tous sursauter.

Et dire que la situation semblait s'être apaisée. Erik pensa, bizarrement, que les femelles de cette demeure allaient tous les faire tuer, à force de chatouiller le chef de la meute. D'ailleurs, il devrait prendre des notes. Etudier le comportement était devenue sa nouvelle passion et ce qui se passait dans cette famille enrichissait constamment son savoir.

- Bois ton chocolat chaud au lieu d'essayer de m'énerver. Sinon je me sers de ton doudou comme allume-feu.

Denzel et Marlène ouvrirent grand la bouche sous la menace, effroyable.

- T'oserais pas!

La fillette devint livide, sa tasse en suspension dans l'air, entre des mains tremblantes. Denzel, lui, se souvint brutalement de la fois où la peluche de Marlène s'était retrouvée sous une voiture, entrainant une crise de larmes épouvantables, suivie d'un plan de vengeance machiavélique envers le responsable de ce massacre. A savoir lui. Elle l'avait énervé. Il avait jeté le doudou par la fenêtre. La plus grande erreur de sa jeune vie. Point.

- Je vais me gêner.

- NOOOOOON!

Faisant mine de se diriger vers les escaliers, Cloud se fit devancer par une gamine en panique, qui gravit deux par deux les marches, pour s'enfermer à clé dans sa chambre, protégeant son doudou préféré.

- C'est pas une bonne idée de s'en prendre à son mog.

Le jeune homme s'assit à table, absolument pas réveillé, et se servit une tasse de café, qu'Erik avait fait couler un peu plus tôt.

- Je sais oui.

- Tu vas pas le faire, hein?

Terminant de noyer son café dans le sucre, Cloud leva les yeux pour tomber sur ceux, inquiets, de Denzel.

- Tu me crois vraiment capable de détruire la peluche d'une petite fille?

Erik observait l'échange avec beaucoup d'attention, et contrairement à ce qu'il pensait, le gamin semblait calme et serein. L'inquiétude du garçon ne semblait pas le blesser.

- Hein? Euh... non... Mais... Moi... J'ai bien failli le faire... Alors...

Denzel voulait disparaître dans sa tasse, honteux.

- Oh? Sans rire? Morveux! Qu'est ce que t'as fait subir au doudou de ta sœur?

- Ah, je m'en souviens. Elle l'avait perdu et nous faisait une scène pas possible. On l'a retrouvé dans la rue, mais tout écrasé. Sans doute par une voiture.

La tasse c'était pas suffisant. Il devait se fondre dans le décor. Devenir une partie de la table.

- Affreux.

L'air lui manquant, il décida que devenir un fantôme c'était bien mieux.

- Oui. Épouvantable.

Se préparant à rejoindre son père et sa mère dans l'au delà, il ferma les yeux quand Cloud porta sa main vers lui.

- Ne t'en veux pas autant, Denzel.

Pour la poser sur sa tête, dans une caresse réconfortante. Son cœur venait juste de s'arrêter, attendant les consignes de son cerveau, n'étant absolument pas prêt à ce qui était en train d'arriver.

- Nous faisons tous des erreurs. Il faut en tirer une leçon et ne pas recommencer.

Comme il y avait quelques jours, Cloud vit Erik et Denzel le regarder, les yeux ronds d'étonnement. A croire qu'il ne pouvait plus parler sans provoquer ce type de réaction.

Soudainement, le jeune garçon se mit à pleurer, descendit de sa chaise et vint jusqu'à lui, réclamant un câlin. Mais qu'est ce qu'il avait bien pu dire!?

- Alors, non seulement tu menaces de flamber la peluche d'une petite fille, mais tu fais pleurer son grand frère ?

Cette fois-ci, ce fut un palpitant blond qui se prit une gamelle, s'emmelant les artères pour ne pas se relever. Il était très bien par terre.

- Oh, Tifa! Ravi de te voir de si bon matin!

Figé dans sa position assise, Cloud sentit Denzel se détacher de lui pour se jeter dans les bras de son nouveau fantasme sur pattes.

- Oui, merci Erik. Denzel... Mais qu'est ce qu'il t'arrive?

- C'est... C'est... C'est Cloud... Il...

Il n'avait pas besoin de la regarder pour sentir ses yeux brûlants sur lui.

- Il t'a offert ses encouragements?

- OUIIII...

Erik explosa de rire, une main frappant la table et la secousse fit sursauter les tasses. Il n'en pouvait plus! Famille de cintrés! Mais il fallait qu'il prenne des notes. Oh oui. Il allait faire une thèse sur eux, tiens!

Le blond, quant à lui, reprit ses esprits devant la crise de rire du medecin.

- Arrêtes de rire!

- Hihi... Ouh... Ah ah... J'en peux plus!

- Je crois qu'on l'a perdu.

Cloud se figea de nouveau, le regard baissé sur sa tasse de café qui refroidissait, alors que Tifa venait de passer derrière lui, ses doigts courant sur sa nuque avant de disparaitre, comme si rien ne s'était produit.

- Il reste du lait? J'ai terriblement envie d'un chocolat chaud.

Tifa avait "terriblement envie"...

Denzel pleurnichait.

Marlène le toisait, mécontente.

Erik riait à s'en démonter la mâchoire.

Et Tifa avait "envie"...

Tifa. Envie.

Tifa.

Congère?

Congère.

Entrant littéralement en fusion, Cloud se leva brutalement, sous les yeux toujours étonnés de l'assemblée et se dirigea dans l'entrée.

Il mit ses chaussures et sorti, refermant la porte derrière lui.

Avant de s'écrouler, de toute sa hauteur, dans le premier tas de neige à sa portée.

- Il nous refait le coup d'hier.

Denzel, essuyant ses larmes, Marlène serrant précieusement son doudou, Erik, tentant de retrouver son calme et Tifa, remplissant sa tasse de cacao, s'étaient rapprochés de la fenêtre de la cuisine.

Ils pouvaient ainsi voir la scène que leur jouait un père en mousse, légèrement psychopathe envers les doudous, un patient désespérant mais très amusant et un amant en devenir, si seulement il voulait bien arrêter de faire fondre la neige, plutôt qu'une demoiselle en détresse.

Et dire, qu'il n'avait toujours rien mangé.