- Marlène! Où est ta valise?!

- J'ARRRIVEUH!

La petite fille entendit son papa blond psychopathe s'énerver au rez-de-chaussée, comme quoi elle mettait étrangement beaucoup trop de temps pour le peu d'affaires qu'elle avait. Pas sa faute à elle, si son autre père lui avait rapporté quasiment toute sa penderie, persuadé qu'elle allait, sinon, attraper la mort par ce temps. Et comme elle n'avait qu'une seule valise... Ben ça ne rentrait pas!

Elle dû se faire une raison, et ficeler son mog par dessus, tout en l'ayant précautionneusement habillé avec l'un de ses manteaux.

Faisant un rapide tour de la chambre, et vérifiant sous les lits, elle s'assura que rien n'avait été oublié. Oh, elle n'était pas inquiète. C'était la maison de son papa. Rien n'était perdu ici. Mais elle ne savait pas quand ils reviendraient.

A la venue de Cid et de son aéronef, il avait été décidé que tout le monde devait quitter Corel. Les tempêtes de neige n'en finissaient pas et leur violence devenait inquiétante. La demeure n'avait pas fait l'objet de travaux particulier depuis son achat par son papa et son isolation était chaque jour, plus inefficace que le précédent.

De plus, l'heure était pour le Doc de rentrer aussi. Apparemment, beaucoup de travail l'attendait. Et son papa blond avait encore besoin de lui. Les choses allaient mieux depuis qu'il lui parlait, sous hypnose et Marlène ne voulait pas revivre les heures sombres qu'ils avaient traversé.

Il n'y eut donc, pas vraiment d'opposition, quand cette proposition avait été formulée à la fois par le pilote et le médecin.

Sauf, bien entendu, par le dit papa blond.

Visiblement, il n'avait pas du tout envie de rentrer, et Marlène ne comprenait pas pourquoi. Quelque chose lui échappait et cela l'énervait prodigieusement. Elle aimait tout comprendre. Et elle aimait beaucoup Cloud, même s'il lui faisait peur parfois. Surtout son côté psychopathe vis à vis des doudous.

- Bon. Marlène. Qu'est ce que tu fais?

- Je suis prête!

Le blond en question venait de rentrer dans la chambre, un brin agacé. En fait, il était d'une humeur presque massacrante depuis que tout le monde avait voté pour le retour à Edge. Habillé d'un épais manteau, il vit la petite fille trainer péniblement une valise dont les coutures manquaient d'exploser, jusqu'à lui.

- Et ton doudou ficelé dessus, c'est normal?

- J'ai pu de place!

La petite fille, les mains sur les hanches, lui faisait front, comme à son habitude.

- D'accord. Files mettre tes chaussures. Tout le monde t'attend.

Pendant que Marlène descendait en trombe les escaliers, Cloud attrapa la valise pour la suivre. Toutefois, il refit un tour rapide des pièces de l'étage. Son cœur était lourd à l'idée de quitter cet endroit. Isolé de tout, il avait pu se libérer un peu et se rapprocher de qu'il avait toujours eu envie d'être.

Retourner à Edge le terrifiait. Il espérait que les choses changeraient, mais il avait peur de retomber dans ses travers, et de décevoir encore les gens autour de lui. Il ne voulait plus être un livreur en permanence sur les routes... Alors qu'il avait découvert le plaisir de prendre soin d'une maison, couper du bois, cuisiner... Discuter avec ses amis... Plonger dans le regard de Tifa comme jamais auparavant...

S'il devait échouer de nouveau... Son cœur ne le supporterait pas.

Resserrant sa prise sur la poignée de la valise, il soupira et se fit une raison. La majorité avait décidé et il avait entendu leurs arguments. Une grande partie de leurs amis se trouvaient à Edge, leur maison était sommaire mais bien mieux isolée avec un chauffage plus efficace, Erik pourrait continuer de le suivre, Denzel pourrait apprendre la médecine à ses côtés... Tifa adorait son bar... Et Marlène voulait retourner à l'école de Mme Folia.

De son côté, il n'avait pas pu leur dire que tout ce qu'il voulait, c'était de monter une tente dans la chambre principale pour séquestrer Tifa, lui faire subir les pires tortures, tout en lui cuisinant des petits plats et en s'assurant qu'elle n'ait jamais froid.

C'était, il le savait, un doux rêve totalement égoïste. Même la jeune femme, qui apprécierait sans doute son plan au début, finirait immanquablement par s'ennuyer, sans les enfants, leurs amis et ses cocktails.

Il était donc temps de dire au revoir à cet endroit, qui lui avait offert, pour la première fois, une vraie pause dans sa vie.


- Allez les mouflets! Attachez vous! On déconne pas avec la sécurité sur le Shera Express!

- Mais? On voulait rester là, nous! Pour regarder par les vitres!

Cid, une paille entre les dents, fixait les enfants d'un œil attentif. Ils étaient excités comme de fichus pampas depuis qu'ils étaient montés à bord du vaisseau, le visitant comme si c'était leur première fois, sautillant partout. Il fallait reconnaitre que quelques modifications avaient été faites, afin de pouvoir accueillir plus de passagers, dans des conditions optimales. Il avait fait le choix d'investir dans la qualité, souhaitant promouvoir un transport presque luxueux. Il y avait donc plus de sièges qu'avant, mais pas autant que le Shera pouvait en accueillir.

L'attrait principal de l'aéronef restait sa cale, immense. Cid voulait profiter de ses déplacements pour transporter des passagers, mais il appréciait sa mission première. Celle d'amener à bon port, des vivres et du matériel, là où les routes demeuraient périlleuses.

Nanaki rejoignit les enfants qui jouaient dans le cockpit, et ces derniers se précipitèrent vers lui pour échanger des câlins. Le lion adorait définitivement les papouilles.

Laissant les mômes entre les pattes de son ami, le pilote décida de descendre pour voir où en était le chargement. Il avait prévu des caisses énormes pour placer, en toute sécurité, les valises des passagers. Lors de son premier trajet, il n'avait pas pensé au fait qu'une petite valise pas attachée dans une gigantesque cale, pouvait devenir un projectile particulièrement dangereux. Sa tête s'en souvenait.

- T'as terminé?

Voyant le soldat fixer les dernières attaches de sécurité des caisses, il ne pu s'empêcher de remarquer toute la tension présente sur son visage, alors que celui-ci restait silencieux.

Une main sur son épaule le retint toutefois de poser la question fâcheuse. Erik lui intimait, discrètement, de laisser tomber. Tandis que le médecin s'éloignait en direction des voix infantiles, son sac sur le dos, il vit Cloud quitter le vaisseau, puis Tifa arriver, un sourire aux lèvres.

- Il ne digère toujours pas de partir d'ici, on dirait.

La jeune femme ne lui répondit pas, se contentant d'un regard devenu mystérieux, presque triste. Cid n'avait rien demandé sur ce qu'il s'était passé depuis sa dernière visite. Et il lui était difficile de dire si la situation avait évoluée favorablement. Toutefois, il ne se montra pas inquiet plus que ça, en raison d'un excellent baromètre rouge et plein de poils. Nanaki était parfaitement incapable de mentir, même concernant ses propres émotions. Et, de ce qu'il avait vu, ce dernier était totalement détendu et joyeux. Si l'ambiance avait été lourde, mauvaise, le lion serait probablement resté aux côtés du blond ou de sa brune, ou se serait carrément installé dans un coin du vaisseau, les oreilles baissées et la queue éteinte.

- Bon. Je suppose qu'il arrivera dans un jour ou deux. Ce serait bien qu'il fasse une halte en chemin. La neige est tombée partout sur le continent et les routes sont vraiment très glissantes. Ca risque d'être épuisant. Même pour lui.

Le pilote se détourna et appuya sur le bouton de fermeture de la cale. Il était temps de décoller, maintenant que tout le monde était à bord, le blond ayant formulé le souhait de rentrer à moto, tranquillement.

Il se dirigea vers le cockpit, quand une main l'attrapa par le bras.


Cloud vérifiait que l'eau avait bien été coupée, afin de ne pas geler, quand la maison vibra au décollage du Shera. Les enfants et Tifa arriveraient avant lui, et seraient accueillis par Barret, à qui la jeune femme avait laissé les clés du Heaven. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas roulé avec Fenrir et il avait besoin de se retrouver seul. La moto avait été sortie de la neige par les enfants, qui s'étaient employés à la nettoyer complétement, avant de la ranger dans le garage, avec l'aide d'Erik. Le geste l'avait touché, voire quelque peu bouleversé. Ces gosses n'en finissaient pas de le surprendre, par leur gentillesse à son égard.

Le bruit d'une porte se refermant lui fit rater un battement. Elle était peut être mal fermée et le vent l'avait fait claquer. Pensant au plein d'essence qu'il devrait faire sur le chemin, il retourna dans l'entrée de la maison.

- Qu'est ce que...

Pour se retrouver face à Tifa.

La jeune femme avait ce regard carmin qu'il connaissait bien. Un regard déterminé qu'elle posait sur ses ennemis, au moment de combattre. Et alors qu'il se demandait pourquoi elle était là, et non dans le vaisseau qui venait de partir, il vit ses mains bougées doucement.

Elle saisit le haut du manteau qu'elle portait, et la fermeture éclaire, qu'elle descendit lentement, avant de laisser le vêtement tomber au sol, à ses pieds.

S'approchant de lui, sans jamais le quitter des yeux, elle attrapa le bas de son pull, pour le retirer d'un geste terriblement sensuel, dévoilant sa poitrine contenue dans une ravissante lingerie.

Le cœur de Cloud continuait sa course de plus en plus erratique, quand Tifa s'arrêtant à un mètre de lui, déboutonna son jean. Se débarrassant de ses chaussures sans cérémonie, elle fit descendre le long de ses jambes infinies, son pantalon, qu'elle jeta un peu plus loin.

Il pouvait voir ses mains trembler légèrement, et ses joues rougir doucement, sans pour autant chercher à cacher la moindre parcelle de sa peau.

Son corps, à lui, refusait de bouger, totalement statufié devant cette vision qu'il prit pour une merveilleuse hallucination. Une alarme s'alluma toutefois dans son cerveau, quand la jeune femme franchit la distance qui les séparait, pour l'attraper par le col de son manteau et poser délicatement ses lèvres sur les siennes.

A partir de cet instant, tout bascula.

Le baiser, entrecoupé de respirations gémissantes, devint rapidement plus urgent. Sans se défaire des lèvres de l'autre, plusieurs mains s'activèrent sur les vêtements du jeune homme. Le manteau rejoignit son homologue sur le sol, suivi d'une écharpe et de gants. Alors qu'ils durent se séparer quelques secondes pour permettre à Cloud de se débarrasser de son pull, Tifa posa les mains sur lui, caressant toute cette peau qui lui était restée inaccessible jusqu'à maintenant. De ses doigts fins, elle suivit chacune de ses cicatrices, qui cartographiaient une partie de sa vie et se perdit dans les souvenirs qu'elles lui rappelaient.

Le vêtement à terre, elle ne remarqua pas immédiatement que ce corps meurtit sous ses mains, s'était brutalement tendu. Le blond avait presque cessé de respirer, la laissant le découvrir et redoutant son verdict. La mako l'avait toujours soigné, mais n'avait jamais rien effacé.

- Je suis désolé... Ce n'est pas...

- Ce n'est pas?

Tifa leva des yeux emplis d'une douceur infinie vers les siens, en proie à un doute effrayant, et il su déjà qu'il avait tort, avant même d'avoir répondu.

Détournant son regard, il s'aventura malgré tout sur ce terrain, car son coeur avait besoin de l'entendre.

- Beau...

Un frisson le traversa, et sa poitrine reprit sa course effrénée, lorsque des lèvres pulpeuses déposèrent un doux baiser, au niveau de sa clavicule, là où une lame maudite l'avait transpercé de part en part. Et son état empira lorsqu'il comprit qu'elle allait procéder ainsi pour toutes ses horribles marques. Les unes après les autres, chacune reçue un baiser d'une bouche merveilleuse, et il eut l'étrange sensation que la douleur disparaissait, à mesure qu'elle progressait.

- Cloud... A mes yeux, tu es l'être le plus merveilleux et le plus rayonnant de tout l'univers...

Ne pouvant croire ce qu'il entendait, car cela voudrait dire qu'il s'était effectivement trompé, pendant si longtemps, il tenta un hochement de tête négatif.

- Tu es beau... De tes orteils que j'adore voir nus sur le carrelage, jusqu'à la pointe de tes cheveux dorés dans lesquels le soleil aime se cacher...

Elle posa ses doigts sur ses mains, remontant doucement le long de ses bras.

- En passant par tes mains aussi habiles pour les caresses, que pour réduire une forêt en poudre, par tes bras si puissants que les petites filles comme les plus grandes aiment se blottir dedans, se sentant profondément en sécurité...

Ses mains fines remontèrent jusqu'à son visage, l'encadrant avec amour, et le regardant sans faillir.

- Et sans oublier ton sourire, dont l'éclat illumine toute âme qui le découvre, ton rire, dont la musique a été écrite par Minerve en personne... De ta voix, chaude et sensuelle à mes oreilles, mais aussi capable de faire vibrer de terreur tous tes ennemis...

Chacun de ses mots était prononcé avec fluidité et assurance, sans aucune hésitation et le percuta de plein fouet, détruisant avec implacabilité tous les murs qu'il avait soigneusement érigé toutes ces années...

- Tes yeux, maelström d'un océan déchaîné, unique porte sur tous tes secrets, qui ne s'ouvrent vraiment qu'à l'entente d'un mot de passe, que je suis la seule à détenir...

Il ne pu retenir un petit sourire à l'entente de ces paroles enchanteresses, tout en se disant qu'elle avait raison.

- Toutes ces cicatrices qui font de toi l'homme que tu es, sont belles, car elles font simplement parties de toi...

Ses deux mains caressèrent doucement son torse, qui n'en finissait pas de se soulever de bonheur, et descendirent prudemment sur son ventre.

- Et tout le reste, que tu n'as jamais voulu me montrer, mais que j'aime déjà, peu importe ce que tu caches...

A cet instant, il fit un effort colossal pour ne pas s'effondrer, sentant les émotions déferler en lui, tsunami faisant voler en éclat les dernières briques et les ultimes barreaux de sa vie.

Encadrant avec tendresse le visage de sa brune rien qu'à lui, il vint déposer ses lèvres sur les siennes, noyant ses larmes dans un baiser au souffle inégal, dans un besoin puissant de la sentir contre lui et de disparaitre dans son étreinte.

Tifa se laissa complètement faire, sentant des mains pressées descendrent le long de ses bras, puis de son dos, jusque dans le creux de ses reins... avant de les poser sur le galbe de ses fesses et la soulever, sans effort.

Au contact soudain de leur bassin, ils furent tous deux ravagés par un courant foidroyant, qui leur arracha un gémissement de bien être. Peau à peau, Tifa reprit le combat avec ces lèvres tentatrices, qui ne cessaient de devenir plus rouges, sous ses attaques, léchant ses larmes pour les faire disparaître. Ses mains se perdirent dans cette chevelure blonde et douce comme de la soie, dont elle défit, aisément, l'élastique qui les retenait.

Sous les mouvements de la jeune femme, Cloud manqua plusieurs fois de s'écrouler. Des barrières vestimentaires étaient toujours en place, et rendaient chaque frottement plus brulant que le précédent. Submergé par les sensations, il se dirigea tout de même, avec son très précieux colis, vers cette chambre qu'ils n'auraient jamais du quitter. Mais la jeune femme avait délaissé ses lèvres pour s'en prendre au lobe d'une de des oreilles, contre laquelle elle gémissait doucement, alors qu'il gravissait péniblement les escaliers.

N'arrivant plus à aligner une seule pensée cohérente, il plaqua Tifa contre la porte fermée de la chambre, et avala son cri lorsqu'il se pressa plus fortement contre son intimité. Malgré les tissus en présence, la jeune femme pouvait sentir tout le désir qui pulsait contre elle, et cela était tout simplement insupportable, car totalement insuffisant.

D'une main libre, le blond ouvrit la porte, qui claqua contre le mur, sous la force de leurs échanges, et il rattrapa la jeune femme avant qu'elle ne tombe. S'avançant vers le lit, cette dernière réclama toutefois à descendre.

- Attends...

La regardant s'éloigner un peu de lui, qui avait désormais si froid, il la vit passer ses mains dans son dos pour se défaire de son soutien gorge, dont les bretelles avaient été honteusement distendues, et le laisser tomber au sol. Toujours les yeux plongés dans les siens, elle passa ses mains sous les bords sa petite culotte, et se plia légèrement pour la faire descendre, dans un mouvement qui manqua de l'embraser à la vitesse d'une allumette.

Cette scène allait l'achever.

Les yeux de Cloud changèrent brutalement de couleur, passant d'un bleu électrique à de l'or massif. Son torse se soulevait difficilement et elle le vit se pincer une lèvre entre les dents, alors que son regard de la quittait pas.

Désormais intégralement nue, elle se rapprocha doucement de la cause de sa folie, et les yeux éternellement emprisonnés dans ceux incandescents du jeune homme, elle posa ses mains sur le bouton de son jean. Elle pu sentir, sous ses doigts, les muscles de ses abdominaux si parfaitement dessinés, se tendre à son contact. Le bouton sauta sans opposé la moindre résistance, et ses mains purent se glisser plus facilement sous le tissu.

La respiration de Cloud n'en finissait pas d'accélérer alors qu'il se retenait de la plaquer sur le lit. Même si son cerveau avait planté le piquet de grève, son esprit restait attentif, curieux et avide des moindres gestes de la jeune femme à son égard. A aucun moment il ne voulait rater une miette de ce qu'il se passait, souhaitant graver au plus profond de sa mémoire meurtrit, tout ce qu'il vivait à cet instant.

Tifa, les deux mains sur les hanches de son amant, sous le tissu de son jean, fit descendre ce dernier le long de ses jambes, sans jamais le lâcher des yeux. Elle agissait sans réfléchir, totalement désinhibée, et en pleine confiance avec cet homme qui semblait vouloir la laisser tout contrôler. Elle pouvait voir qu'il se retenait et toute la patience dont il faisait preuve avec elle.

Le pantalon au bas des jambes, Cloud s'en débarrassa rapidement, en même temps que ses chaussures. Ne restait qu'une seule barrière, qui paru alors totalement dépassée parce qu'elle tentait de retenir. Et Tifa ne put s'empêcher de rougir plus fort devant ce désir flagrant. Le doute revint, malgré son envie de continuer. La peur d'avoir mal, et surtout, la peur de mal faire, de ne lui procurer aucun plaisir, lui firent tourner la tête, le regard tremblant.

Sentant son trouble, le jeune homme s'approcha doucement d'elle et posa une main sur son visage, cachée derrière ses longues mèches brunes.

- Si... Si tu ne veux plus... On peut arrêter...

Ses mots, prononcés d'une voix grave, avec une infinie douceur, ramenèrent les yeux de Tifa dans ceux toujours dorés de son amour. Ils secouèrent son cœur comme jamais, lui insufflant tout le courage qui lui manquait, car, après tout... Si elle ne franchissait pas ce pas avec lui, elle était sure de ne le faire avec personne d'autre. C'était lui qu'elle avait choisi enfant. Ce serait lui maintenant et à jamais.

Levant les mains vers son visage, pour les plonger dans ses cheveux, elle se rapprocha de cet homme qu'elle aimait plus que tout, pour se coller tout contre lui.

- Sois doux... S'il te plait... Je n'ai jamais...

Les yeux dorés s'agrandirent lorsque l'information atteignit un cerveau en vacances. Enfin presque. La petite note circula en direction de son cœur, puis de son entrejambe et se répercuta ensuite à travers tout son corps, telle une balle de flipper. Un doux sourire se dessina sur son visage alors que l'éclat de son regard se fit plus intense.

- Embrasses moi...

Il avait prononcé ses mots, d'une voix basse et incroyablement calme. Tifa, d'abord surprise, obtempéra un sourire aux lèvres.

Alors qu'ils s'embrassèrent, avec tendresse et lenteur, Cloud en profita pour se débarrasser du dernier vêtement qui les séparait. Autant que possible, il maintint l'attention de la jeune femme sur ses lèvres, alors qu'il la rapprochait de lui. Debout, l'un contre l'autre, les mains de Tifa perdues dans ses cheveux, le jeune homme recula de quelques pas, les mains sur les reins de sa partenaire, l'obligeant à le suivre dans cette nouvelle danse.

Derrière lui, le lit se manifesta, percutant mollement ses jambes. Il décida de s'assoir, une main sur le matelas, l'autre dans le bas du dos de la jeune femme, l'incitant à rester au plus près de lui.

Tifa se laissa mener et, toujours plongée dans un regard amoureux, elle s'assit sur des cuisses musclées, une main sur son épaule quand l'autre remettait l'une de ses mèches brunes derrière son oreille.

Un gémissement leur échappa lorsque leurs intimités se rencontrèrent, la virilité de Cloud se dressant entre eux. Dans un baiser volant, sans que leurs lèvres ne se touchent, ils restèrent à une proximité telle que leur souffle allait et venait d'une bouche à l'autre, vibrant de plaisir, sous les mouvements de leur bassin.

Tifa avait les jambes pliées, de chaque côté des siennes, qu'il écarta légèrement, amenant, sans s'en rendre compte, la jeune femme à faire de même. Il se redressa pour libérer sa main, initialement posée sur le matelas, pour la placer sur le corps bouillant contre lui, dans le creux des reins qui tremblaient. Ses doigts descendirent, suivant la rondeur des muscles fessiers de cette femme qui le rendait fou, pour se rapprocher lentement et immanquablement de ce qu'elle avait de plus intime.

De son autre main, il vint chercher la nuque de Tifa, et capta ses lèvres au moment où l'un de ses doigts pénétrait en elle avec douceur. Les gémissements contre sa bouche l'encouragèrent à continuer et, accentuant encore la proximité entre eux, un deuxième doigt rejoignit le premier. Les deux soldats se promenèrent, avec précaution, en quête de quelque chose... Qu'ils trouvèrent.

Tifa se tendit brutalement sous la caresse, surprise, et ne put retenir un nouveau gémissement. Elle sentait l'invasion et ces nouvelles pressions à l'entrée de son intimité. Reprenant brièvement ses esprits, ses yeux tombèrent de nouveau dans le regard flamboyant et attentif de son adorable tortionnaire. La sueur perlait sur leur corps, alors que la température extérieure ne cessait de descendre. L'image de ces petites gouttes d'eau qui glissaient le long des muscles de Cloud lui donna envie de les lécher une par une pour les faire disparaître, un brin jalouse.

Se serrant davantage contre lui, elle attrapa la main puissante sur sa nuque et croisa ses doigts avec les siens, avant de l'embrasser.

- Viens... S'il te plait...

A sa demande, Cloud retira ses doigts et s'écarta légèrement du corps contre lui, plaçant de nouveau sa main libérée sur le matelas, pour maintenir son équilibre.

De son autre main jointe à celle de Tifa, il la dirigea jusqu'à son membre tendu à l'extrême, douloureux.

- Guides moi...

Comprenant l'intention, la jeune femme lâcha sa main pour la poser sur un membre qu'elle ne pouvait plus ignorer. Son cœur augmenta sa cadence en prenant conscience de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Mais ce n'était pas de la peur. Elle ressentait un vide immense qu'il lui fallait impérativement combler. Son cœur battait d'empressement. Et les yeux d'or qui ne la quittaient jamais, gonflaient autant son désir que son courage.

La main sur son épaule se ressera, et Cloud vit ce corps magnifique s'élever légèrement au dessus de lui. Il du faire un effort colossale pour garder son calme, lorsqu'il sentit Tifa le toucher à cet endroit, et ce fut pire lorsqu'elle le guida jusqu'à son entrée.

- Regardes moi...

Tifa écouta et releva les yeux vers lui. Il craignait qu'elle se contracte brusquement, ce qui provoquerait alors une grande douleur. Et il ne voulait plus lui faire le moindre mal... Plus jamais.

Sa main libre retourna sur sa nuque et il se jeta sur sa gorge, tel un loup affamé, au moment où il se glissa en elle.

Les cuisses de la jeune femme tremblèrent sous l'effort à fournir, surtout en raison de la lenteur qu'elle s'imposait, au contact de ce membre qui écartait ses chairs sur son passage. Contre sa gorge, elle pouvait sentir la voix grave de son amant, vibrer de plaisir.

Cloud ne put retenir un coup de rein et, voulant à tout prix éviter l'orgasme qui le menaçait, mordit la base du cou, sur lequel il avait posé les lèvres. S'enfonçant toujours plus loin, son ouïe capta un murmure.

- Aides... Aides moi...

La supplique réveilla chez lui une énergie nouvelle, et, ouvrant les yeux, il inversa leur position.

Fiévreuse, Tifa ne résista pas, se retrouvant allongée sur le dos, les cheveux éparpillés et les jambes fermement arrimer aux hanches de son amant. Ce dernier se pencha vers elle, rejoignant ses mains qu'elle avait posé au dessus de sa tête, croisant les doigts avec les siens et, alors qu'il ne l'avait jamais quitté, s'enfonça jusqu'à la garde.

Tifa cria de plaisir, au plus près de son oreille, ravagée par un orgasme particulièrement foudroyant, et ce fut la tension de trop pour Cloud. Sans même faire le moindre geste supplémentaire, son corps tout entier trembla et se libera violemment, dans un cri salvateur.

Toujours l'un dans l'autre, les yeux de Tifa reprirent contact avec la réalité et son cerveau, embrumé, tenta d'analyser brièvement ce qu'il venait de se passer.

Sa respiration et son rythme cardiaque étaient élevés et elle eut plaisir à sentir le corps puissant contre le sien, protecteur.

Cloud semblait aussi épuisé qu'elle, alors qu'ils s'étaient sans doute tous les deux effondrés un peu vite.

Malgré tout, elle se sentait infiniment bien.

- Ça va...?

La voix de son amant fit accélérer son cœur. Sa tête était juste à côté de la sienne, le visage enfouit dans sa nuque.

- Oui... Mieux que jamais...

Ses mots eurent le mérite de lui arracher un petit rire, délicieuse musique à ses oreilles. S'il fallait en passer par là pour le faire rire, Tifa était prête à se sacrifier, encore et encore, sans aucun regret.

Se redressant sur ses avants-bras, Cloud plongea son regard dans celui brillant de sa douce. Et ce qu'il vit, l'hypnotisa totalement.

La sueur perlant le long de son cou, faisait briller sa peau... ses cheveux en pagaille s'étalant tout autour de sa tête, la couronnaient, tel un soleil... Ses yeux éclatant d'un bonheur immense, qui le fixaient, tel un trésor... sa bouche entrouverte, cherchant l'oxygène, était un appel pour des baisers passionnés...

- Tu es magnifique...

Les rougeurs sur ses joues, et le sourire incroyable qu'elle lui offrit, à cet instant, furent sources d'un regain d'activité presque inattendu.

La jeune femme, aux premières loges, le ressentit nettement et, sa sensibilité s'étant accrue, retint un gémissement en se mordant la lèvre.

Alors, les yeux dans les yeux, ils reprirent leur danse sensuelle, là où l'extase les avait bien vite fauché.


*Autrice en surchauffe sous un tas de neige carbonique*

A très vite pour la suite!