Edge n'était pas aussi grande que Midgar, mais sa superficie s'étalait tout de même sur des dizaines de kilomètres. Et chaque jour cette surface augmentait, à mesure des travaux, faisant petit à petit le tour de l'ancienne cité.
Dans le quartier nord-ouest de la nouvelle capitale, l'air était porté par le vent marin et froid du continent glacé, rendant les terres plus rudes en hiver, mais également très fraiches en été. Pour ce bienfait majeur, Reeve avait installé sa nouvelle demeure, alias atelier, à cet endroit.
Plutôt cosy, l'habitation intégrait tout le confort et la chaleur d'un doux foyer, que l'ancien cadre appréciait particulièrement. Et une telle ambiance était définitivement plus propice à la réflexion; activité à laquelle il se livrait tous les jours, au travers de l'ingénierie notamment.
Assis devant son ordinateur, une tasse de thé bien chaude entre ses mains, un plaid sur les jambes, il regardait avec attention les images renvoyées par sa dernière création.
Le brun, fut il grand, musclé, et une quarantaine non encore atteinte, ne mettait que très rarement les pieds sur le terrain, sauf pour vérifier les plans d'une nouvelle infrastructure. Combattre n'était pas sa passion, contrairement à un jeune roux. Lui, préférait infiniment plus faire usage de son esprit tactique et envoyer ses marionnettes hightech sur le champs de bataille.
Cait Sith était sa plus grande réussite en la matière et cela le rendait fier d'avoir pu, grâce à elle, aider Avalanche dans sa lutte pour sauver le monde.
Aujourd'hui encore, la mettre à contribution pour aider ceux qui étaient devenus ses amis, insufflait à son cœur solitaire, un profond sentiment de joie.
Mais, ce soir, la joie n'était pas au rendez-vous.
Seul, dans la pénombre, avec pour seules lumières, celles des flammes de sa cheminée et de son ordinateur, l'ambiance se prêtait davantage au visionnage d'un bon film d'horreur.
Sa respiration cessa quelques secondes lorsqu'un visage amoché apparut à l'écran. Puis reprit de plus belle, quand ses cellules grises percutèrent. Se redressant vivement, il jetta presque sa tasse sur le bureau, manquant d'en renverser le contenu, et enclencha le micro.
- Hey...
Secoué quelque peu, Johnny ouvrit péniblement les yeux, pour tomber sur deux grandes pupilles noires, fendues, sur des iris jaunes.
Son cerveau ordonna un cri, mais ce qu'il avait pris pour son affreux colocataire lui colla ses deux patounes sur la figure. Patounes?
- Chut. Je suis un ami.
Sauf que le jeune homme, même s'il adorait les félins, ne connaissait pas de chat parlant la langue des humains et encore moins, un, qui se revendiquerait ouvertement son ami au point de venir à son secours.
- Cela fait un moment que je te cherche là dessous. Tu es tout seul?
Le chat, mais en était-ce seulement un, chuchotait et se montrait très attentionné. Johnny hocha la tête positivement pour répondre à la question.
- Tu n'as pas vu une jeune femme? Petite, les cheveux noirs coupés courts...
- N... Non.
Par contre, un souvenir lui revint.
- J'ai entendu. J'ai entendu une voix féminine... Elle a crié...
Sa mémoire lui fit revivre cet instant comme s'il venait de se produire. Il avait bien entendu le cri d'une femme, il ne savait plus quand. Mais ce qui lui retournait l'estomac, c'était ce qu'elle avait hurlé...
- Tu peux me montrer où?
Et alors qu'il pointait de sa main la direction demandée, son regard croisa celui, flamboyant, d'un tout autre genre d'animal.
- C'est pas possible...
Cloud ne pouvait croire ce qu'il voyait à l'écran. Reeve avait réveillé tout le monde en pleine nuit, après avoir obtenu les images tant attendues. Et ce qu'ils découvraient tous, était pire que ce qu'ils avaient pu imaginer.
Sous leurs yeux, se déployait un monstre, immense, qui semblait doter de protubérances multiples sur le crâne, telles des cornes, particulièrement effrayantes. Le soldat était également certain d'avoir vu des ailes, filantes dans le noir, comme une cape déchirée.
A chaque fois qu'il les voyait s'étendre, son cœur se retournait. Et puis, le corps, musculeux, élancé...
La vidéo s'arrêtait nette au moment où l'entité saisissait Cait Sith, pour lui exploser la tête, d'une seule main... Sous les hurlements désespérés de Johnny.
- Gamin? Ça va?
Erik à ses côtés, il apprécia sa main réconfortante sur son épaule. Le silence qui frappait la pièce où ils se trouvaient signait l'état second, qui les avait tous foudroyé.
- C'est... Chaos...
Reculant de quelques pas, Cloud se saisit d'une chaise pour s'assoir. Il était trois heures du matin et sa fatigue frappait durement dans son crâne.
Incroyable. Ce qui retenait Vincent... n'était nul autre que lui même? Mais cela n'avait aucun sens. Son ami ne perdait jamais, ou presque, le contrôle de cette entité. Et encore, il restait souvent dans un état de semi conscience, l'empêchant de basculer dans l'horreur.
- Alors, le coupable de ce massacre, c'est Valentine?
- Non.
L'héritier porta son regard azur sur l'homme qui venait de le contredire fermement.
- Vincent ne ferait jamais une chose pareille.
- Ouvres les yeux. Ton ami retient un citoyen ordinaire et n'a pas hésité à détruire Cait Sith. Il n'est plus lui-même. Sans parler de toutes les autres victimes...
- Ce n'est pas lui!
- T'es agaçant.
Rufus comprenait l'attitude du Soldat, mais son entêtement à ne pas regarder la réalité en face allait être une difficulté supplémentaire à gérer.
- Chaos ou Valentine, c'est la même...
- Ce n'est pas lui! Jamais Vincent n'a perdu le contrôle à ce point! Et si Johnny est toujours en vie à ses côtés, c'est bien la preuve que la conscience de Vincent persiste! Je refuse de croire qu'il puisse être le coupable d'un quelconque crime!
- Il a quand même détruit Cait Sith, septième du nom. Heureusement que le huitième est presque terminé.
S'il y en avait un, qui était impeccable à trois heures du matin, c'était bien Reeve. Parfaitement peigné, rasé, parfumé, il buvait sagement son café en compagnie du fantôme d'Elena, vautrée sur une table, d'un rouquin tout froissé qui résistait sur un fauteuil, d'un héritier toujours fier et arrogant, même après avoir choisi ses vêtements dans le noir, d'un toubib qui n'en avait plus rien à carrer à une heure pareille, et d'un blond qu'un appel téléphonique avait outrageusement arraché aux bras de sa brune.
- Je suis sur qu'il y a une explication.
Baillant à s'en décrocher la mâchoire, Reno posa enfin une question utile mais dont la réponse effrayait tout le monde.
- Et maintenant, qu'est ce qu'on fait? John est en vie, mais mal en point.
- On a une localisation?
- Bien sûr. Vous me prenez pour qui?
Soupirant, Cloud s'étira sur sa chaise avant de se lever.
- Reeve, envoies moi les coordonnées. Je vais chercher Johnny...
- Tu es sûr...?
Deux regards électriques se percutèrent dans un soudain silence.
- Si tu veux m'accompagner, t'es le bienvenu. Moi je ne pourrais pas me rendormir en le sachant là dessous.
Leur fatigue commune avait sans doute permis d'éviter l'orage. De toute façon, si cela avait explosé, personne ne serait intervenu pour les séparer. Tous étaient bien trop crevés pour ça.
- Boss... Cloud... Vous êtes pas en état...
- Parles pour toi, Elena. Tu devrais allé dormir. OK Strife. On se change et on y va. Autant en finir.
- Je viens avec vous...
Reno étirait ses muscles endoloris par une sieste trop courte sur un fauteuil pas confortable, avant de se diriger vers Elena, à moitié assoupie, pour mettre une couverture sur son dos.
Erik alla, lui, s'allonger sur une banquette, refusant de laisser son apprentie toute seule et pour récupérer un peu, en prévision de la suite.
Tous les deux ne cessaient de tirer un peu plus, chaque jour, sur la corde de leur vie, incontestablement motivés par le désir de racheter des fautes impardonnables.
Le roux savait ce combat impossible, comme celui qui les attendait.
- On ne sera pas trop de trois, surtout si on doit ramener John et Yuffie, tout en se coltinant le vampire.
- Hmm. Alors on se retrouve là bas.
L'horloge du bar marquait quatre heure du matin.
Couchée sur une banquette, une couverture sur le dos, Tifa attendait le retour de Cloud. Un appel téléphonique en pleine nuit était suffisamment rare pour réveiller son inquiétude et même s'il lui avait dit que ce n'était rien, le fait qu'il s'habille rapidement pour filer dans l'obscurité n'avait fait qu'accélérer son cœur.
Sans oublier l'état de Marlène hier soir. A leur arrivée, la petite s'était spontanément réfugiée dans ses bras en lui demandant de promettre de ne pas mourir tout de suite. Sur le coup, la jeune femme avait pensé que l'enfant surréagissait à son passage à la clinique, car elle avait visiblement inquiété tout le monde, et avait donc répondu positivement à cette demande surprenante.
Mais en remettant les événements les uns après les autres, Tifa trouvait que l'affaire était louche.
La situation lui échappait et elle était déterminée à cuisiner du chocobo au retour de ce dernier.
Un tour de clé dans la serrure stoppa nette sa réflexion et elle se redressa légèrement en direction de l'entrée.
- Tu vas attraper froid à rester là... Je t'avais dit de ne pas m'attendre.
Refermant la porte derrière lui, il laissa ses clés dans la serrure. Tifa se leva, la couverture autour d'elle, le regard plus inquiet encore.
- Tu repars?
- Oui. C'est important.
Il caressa son visage avec beaucoup de douceur, comme s'il cherchait à en deviner les contours, dans la pénombre.
Le bar n'avait pas été allumé, pour ne réveiller personne, et celui ci était baigné par la seule lumière du lampadaire à l'extérieur.
- Cloud... Dis moi ce qu'il se passe... S'il te plait...
Retirant sa main, il soupira.
- Non... Plus tard. A mon retour, je te dirais tout ce que tu veux savoir... Mais là, je n'ai pas le temps.
Il était tendu, préoccupé... Depuis hier soir, il était dans cet état. Alors qu'il la dépassait pour se rendre à l'étage, Tifa l'attrapa par le poignet.
- Tifa...
- J'ai compris, mais...
La couverture tomba sur le sol et la jeune femme se rapprocha dangereusement de lui, ses yeux de feu fichés dans ceux, trop sombres, de sa proie.
- Laisses moi quand même te dire quelque chose...
Sa main toujours refermée sur le poignet de Cloud, elle plaqua son autre main sur son torse pour le pousser, doucement, les yeux dans les yeux, jusqu'à un meuble derrière lui. Une table, sur laquelle, le blond posa subitement une main, au contact de celle-ci dans le bas de son dos, surprit.
Hypnotisé par le regard de braise de sa brune, le Soldat était en train d'en oublié complètement sa récente mission.
Alors que son corps se rapprochait du sien, la main de Tifa, sur le cœur battant d'un homme amoureux, se mit à descendre, avec lenteur et sensualité. Malgré un manteau ouvert, Cloud n'avait rien enlevé. Mais même avec son pull, il pouvait sentir cette main brûler chaque centimètre de sa peau, à mesure qu'elle descendait, dans une caresse incendiaire.
Son ventre se tendit brutalement à son contact et sa respiration se fit plus forte, lorsque son cerveau comprit la destination que la jeune femme prenait.
Prisonnier de ses yeux, qui ne le quittaient jamais, il sentit cette main vengeresse se glisser sous le tissu et défaire le bouton de son jean.
- Te rappelles-tu... De ta promesse... ?
Ses doigts fins sur sa peau, caressant son pubis, firent monter sévèrement la température du blond. Et alors que ces petits aventuriers entreprirent quelques pas sur une verge en plein réveil, le jeune homme saisit la nuque de sa brune pour l'embrasser.
Sauf que celle-ci se détourna, un petit sourire malin sur les lèvres, son corps toutefois particulièrement fébrile.
- Réponds moi...
Mais elle n'obtint qu'un gémissement retenu, filant entre des dents serrés, lorsque ses doigts s'emparèrent de leur tout nouveau trophée.
L'or se répandit dans le regard du blond et ce dernier, resserra en retour, sa main sur la nuque de la jeune femme, allant jusqu'à se glisser dans ses cheveux, avant de raffermir sa prise et se faire plus dominant.
Usant d'un peu de force, il tira légèrement en arrière, faisant découvrir cette gorge qu'il désirait mordre.
Hélas, ses dents se desserrèrent, non pas pour dévorer, mais pour laisser s'échapper un gémissement particulièrement érotique. Tifa, le cœur battant devant cette fabuleuse image, caressait du pouce le gland devenu très sensible à l'occasion de cette séance de torture qu'elle lui infligeait.
Haletante, une main retenant fermement le poignet de son amant et l'autre, caressant un membre qui ne cessait de gonfler sous ses doigts, elle insista.
- Cloud...
Le cerveau blond fit un effort considérable pour aligner une réflexion cohérente alors que tout son sang avait déserté la zone du cortex pour en inonder une autre, bien plus bas.
- Oui, je... Je me rappelle...
Le front en sueur, toutes les couches qu'il portait n'arrangeant rien, il relâcha la nuque de Tifa lorsque celle-ci sorti son sexe à l'air libre et entama de lents va et vient. Se tenant à la table, ses yeux embués de plaisir ne purent toutefois se détacher de ceux, écarlates et incroyablement brillants, de la jeune femme.
Elle respirait difficilement mais il était sur qu'elle s'amusait à ses dépens.
- Cloud... Je ne veux plus que tu viennes me sauver...
Ses paroles remuèrent un cœur déjà bien malmené et un cerveau totalement asséché.
- Quoi... Qu'est-ce que...
Mais sa question fut purement et simplement avalée par des lèvres brûlantes de désir. Tifa avait relâché son poignet et sa main était désormais partie dans ses cheveux blonds. Leurs langues bataillèrent, pendant que la jeune femme continuait ses doux mouvements de supplice. De sa main nouvellement libérée, Cloud entreprit de partir lui aussi à l'aventure pour offrir à sa partenaire le même traitement insupportable qu'elle lui donnait.
Contre ses lèvres, elle riposta.
- Non... Retires ta main...
Essoufflé et frustré, il stoppa son geste à sa demande, le regard de nouveau planté dans le sien.
- Pourquoi... Je... Je veux partager... ce moment... avec toi...
- Alors promets moi de revenir...
Le corps de son amant se figea sous ses caresses et elle pu voir, ses yeux dorés s'agrandirent d'étonnement.
- De toujours... me revenir...
Avant qu'il ne fonde sur ses lèvres, l'embrassant avec fougue. Les deux mains puissantes encadrant son visage, elle ne put résister à la vague passionnée qui déferlait sur elle, et répondit à son baiser avec la même ardeur, tout en accélérant ses caresses.
Cloud gémissait de plus en plus contre sa bouche, à mesure que son massage s'intensifiait, et elle sentit l'humidité envahir sa propre intimité, hurlant son besoin de faire basculer l'échange dans une toute autre danse...
Et puis, abandonnant ses lèvres, son amant vint à la rencontre de son épaule dénudée et la mordit, violemment, pour étouffer le cri de jouissance qui le ravageait.
Tifa, focalisée sur le sexe de son amant, qui pulsait sous ses doigts, se libérant de toute la tension accumulée, ne sentit pas la douleur infligée à son épaule.
Essoufflés par cet instant dès plus grisants, l'un contre l'autre, ils laissèrent le silence reprendre ses droits dans la nuit.
Quelques mots le brisèrent, cependant, une dernière fois.
- Je te promet de toujours te revenir... et de revenir même très vite pour te faire payer ça.
- Ah ben enfin. T'en as mis du temps.
Posant le pied à terre, le moteur à l'arrêt, Cloud actionna la béquille automatique de Fenrir et ouvrit les compartiments pour récupérer son arme.
- Pas vous qui vivez dans une maison sans qu'il ne soit possible de mettre un pied sur quelqu'un qui dort, qui pleure ou qui exige des explications.
Car après avoir franchit l'étape d'une bombe incendiaire, il avait fallu qu'il récupère ses affaires dans un bureau reconvertit en dortoir pour hommes crevés qui ronflaient et rouspétaient au moindre bruit, puis traverser un couloir où deux gamins lui avaient tendus une embuscade, pris d'une soudaine angoisse en l'entendant partir. Un môme à chaque jambe, il n'aurait pas pu quitter la maison sans l'intervention de Tifa. Niveau discrétion, il pouvait repasser!
- Tenez. Mettez ça.
Reeve, emmitouflé dans un épais manteau, était venu avec du matériel. Notamment des petites oreillettes.
- Elles sont à hautes portées. Je pourrais rester en contact avec vous jusqu'au troisième sous-sol. Au delà, l'isolation des laboratoires est telle que la communication se rompra à coup sûr. Par contre, vous serez toujours reliés. Tant que vous restés au même niveau, à partir des labos.
Sans discuter, chacun d'entre eux s'équipèrent des oreillettes.
- Et je vous donne ça aussi. Je les ai programmé avec toutes les informations que j'ai sur le secteur et la destination à laquelle vous devez vous rendre. Ne les perdez pas, sans elles, il est très difficile de retrouver son chemin là dessous.
Il s'agissait de petites tablettes pliantes, de la taille d'un téléphone, faciles à glisser dans une poche. Ouvertes, elle présentait une carte en trois dimensions des souterrains et marquaient la position des oreillettes, ainsi que celle de leur objectif.
- Pourquoi il y a des zones incomplètes?
- Parce que le matou n'est pas passé par là. Pourtant je l'ai envoyé plusieurs fois là dans ce secteur, mais il y a sept sous-sols. Et je n'ai cartographié complètement que les trois premiers. Le reste est trop dangereux pour laisser Cait sans surveillance. Et j'ai d'autres choses à faire. Ah, et en parlant de lui, j'aimerai bien que vous le rameniez, si possible.
- Ce n'est qu'un robot, non?
- Un robot dont le moindre composant coûte une fortune.
Détaillant ces co-equipiers d'un soir, Cloud pu voir que le rouquin avait récupéré sa tige infernale, avec laquelle il déployait des coups monstrueux et foudroyant. Au mieux de sa forme, il pouvait atteindre une vitesse redoutable et devenir un adversaire particulièrement dangereux.
Quant à Rufus, armé de son fidèle double-canons et d'une multitude de munitions, il assurerait probablement leurs arrières et les attaques longues distances. L'héritier ne se mouillerait pas les mains en première ligne, il avait toujours su manipuler les autres pour le sale boulot.
Mais le Soldat ferait avec. Ce n'était pas la première fois que la tête des membres de son escouade ne lui revenait absolument pas.
- Et si vous ne revenez pas... Des consignes?
- On reviendra.
Cloud disparu dans l'entrée sombre du souterrain, suivi par un roux excité, un grand sourire aux lèvres et d'un ancien patron à l'attitude nonchalante, qui adressa tout de même un petit salut de la main à son fidèle ami.
Réajustant son écharpe, Reeve soupira devant la détermination mêlée d'inconscience de ces trois jeunes. Levant les yeux vers un ciel sombre, où les étoiles restaient hors de portée, il se mit à espérer.
Ces trois là retournaient en enfer pour en finir avec les démons de la Shinra, mués visiblement par une énergie nouvelle...
Un profond désir de rédemption et de résurrection.
Face au miroir de la salle de bain, Tifa se demanda si elle ne s'était pas faite prendre à son propre jeu. Son mauvais pressentiment ne la quittait pas et elle ne pouvait s'empêcher de penser que son imbécile de meilleur ami avait, encore une fois, choisi de résoudre un problème tout seul.
La prochaine fois qu'elle lui mettait la main dessus, elle lui donnerait une petite leçon sur l'importance de l'égalité dans un couple. Et cette égalité passait, en premier lieu, par les décisions à prendre quand cela concernait leur vie commune.
Quand bien même cela ne la dérangeait absolument pas de jouer les maîtresses de maison, de s'occuper des gosses en larmes et des papis râleurs, en échange, au minimum, de tout plein de câlins, elle revendiquait le droit de savoir et de donner son avis! Hors de question de n'être là que pour faire jolie et pour choisir la couleur des murs!
Mettant un peu de crème sur son épaule, la jeune femme pria intérieurement pour que son blond n'ait pas volontairement choisi de lui cacher un événement grave et qu'il ne prenait pas de risques inconsidérés. Même si son cerveau lui hurlait que c'était plus que probable.
Elle n'a jamais pu envisager de vivre sans lui, et maintenant qu'ils étaient tous les deux, maintenant qu'ils partageaient des sentiments terriblement plus fort que l'amitié et la perspective d'un avenir commun, la simple idée de le perdre... Déchirait son âme.
S'il ne devait pas revenir...
Alors elle le rejoindrait.
- Imbécile...
Le souvenir très frais que lui rappelait sa dernière marque, réchauffa ses joues. Son sourire, diablement déterminé, lorsqu'il lui avait promis de revenir, lui donnait encore des vapeurs, la rendant totalement prête à subir ses assauts.
Désormais elle savait que, face à cet homme, son instinct de combattante l'abandonnait complètement.
- Tifa...?
Frappant violemment son cœur, un coup de poing en pleine poitrine, Tifa se redressa subitement à l'entente de cette petite voix, faisant du même coup redescendre sa température interne.
- Oui Denzel?
- Marlène n'arrête pas de pleurer depuis que Cloud est parti... Et elle dit plein de choses bizarres...
Allons bon. Cinq heures du matin et les voilà quatre sur six à être réveillés dans cette fichue famille. Un jour, ils feraient tous la grâce mâtinée, elle en faisait le serment!
Retrouvant le jeune garçon en pyjama dans le couloir, ils se dirigèrent ensemble vers la chambre des enfants, où des pleurs contenus passaient au travers de la porte fermée .
- Marlène? Que t'arrive t'il...?
A son chevet, Tifa vit la petite fille se recroquevillée sur son doudou, tremblante... Elle était terrorisée.
- Tifa... Il... Il...
Devant tant de peur et de souffrance, la jeune femme n'écouta que son cœur, et prit dans ses bras, avec une douceur maternelle, cette enfant qu'elle considérait comme la sienne.
- Marlène...
Mais aucun mot supplémentaire ne sortit de la bouche enfantine. Elle pleurait tellement qu'elle avait du mal à reprendre son souffle.
La serrant précieusement contre sa poitrine, Tifa abandonna l'idée de la laisser dormir seule.
- Denzel, termines ta nuit tranquillement, d'accord? Erik compte sur toi tout à l'heure, il faut que tu te reposes.
- Mais...
Affichant son meilleur sourire en stock à cinq heures du matin, la combattante qui se retrouvait mère sans l'avoir cherché, se voulu rassurante.
- Ne t'inquiètes pas. S'il te plait, retournes dormir.
La mine contrite, le petit garçon se mit à trembler à son tour. Cette situation devenait de plus en plus compliquée à gérer seule.
- D'accord. Prends ton oreiller et une couverture, on va se serrer tous les trois dans mon lit. Ça vous va?
Tandis qu'une petite tête s'agitait positivement contre elle, Denzel, heureux, attrapa ses affaires et suivit la jeune femme jusque dans sa chambre.
Là, il mit son oreiller entre les deux existants et Tifa installa Marlène au centre, avant de la rejoindre. Le jeune garçon l'imita, à son opposé, et ils tirèrent ensemble les couvertures pour que personne n'ait froid.
Les enfants ainsi rassurés, se rendormirent assez vite, sous des yeux carmins protecteur, pourtant, très fatigués et inquiets.
Retour du bureau des plaintes
Barret : Roooon... Pchhhhh... Rooooon... Pchhhhhh... Rooonnn...
Cid : Hoï. Chut. *siffle*
Barret : Hein...? Raaa... *se retourne* zzzzzzz...
Cid : *absolument ravi, refermes ses mirettes* zzzzz...
Barret : Rrrrrchoooon... Pssssss... Rrrrrchoooon... Pssssss...
Cid : je vais te tuer dans ton sommeil.
Barret : Rrrrrchoooon... Essayes... Pssssss... Pour voir... Rrrrchoooon...
Je vous souhaite un merveilleux réveillon ou au minimum, une belle soirée!
A très vite pour la suite!
