Bonjour :)
Gigibulle : encore merci à toi de lire cette fic et de la commenter. Effectivement, elle est un peu plus longue que Prisonnier 2049C et désolée de lire que tu es encore frustrée de la fin. Oui lol ils vont s'amuser mais on va commencer à approfondir les choses entre eux. Pour Rey, je le répète mais c'est volontaire cette façon d'être. Dans cette fic, je la vois gérer sa souffrance, sa tristesse et son deuil d'une manière différente. Elle a eu une enfance difficile mais a choisi de se comporter différemment (pour se préserver et se protéger ?). Un début de réponse dans ce long chapitre... mais je comprends que ça puisse troubler ^^ En tout cas, merci de ta fidélité :)
Chapitre 5
« Votre premier vrai week-end en tant qu'étudiants à la fac de Pasaana ! les héla Poe dans le couloir. On doit fêter ça ! Ce soir, on sort. Il y a une fête étudiante dans le bar du coin, on doit en être. C'est vendredi, aucun de vous n'a d'excuses minables à m'opposer cette fois. Pas de carte de bus, de shopping entre filles n'est-ce pas Rey ?
-Je suis allée boire un verre avec vous dès mercredi pour rattraper mes deux premiers jours d'absence et jeudi j'avais promis à ma tante de l'accompagner pour sa sortie. Ce soir, je n'ai rien de prévu so I'm in ! Et n'insinue plus que je suis une lâcheuse ! Dis-moi juste où, quand et je serai prête.
-J'aime cette nouvelle mentalité. Je t'envoie les infos par SMS dans 30 secondes quand le déserteur numéro 2, qui vit pourtant avec moi, me confirmera lui aussi sa venue. »
Finn ayant lui aussi attesté de sa présence, Poe avait consenti à la laisser rentrer chez elle pour qu'elle se prépare, non s'en s'assurer qu'elle avait bien compris où se trouvait le bar. Rey rigola en repensant à la suite de la discussion. Cela s'était finalement terminé que Finn et lui venaient la chercher directement chez Maz sous les jérémiades de Poe, toujours aussi scandalisé qu'elle ne conduise pas mais amusé d'apprendre que l'endroit avait autrefois appartenu à sa tante.
« Je ne me serais pas perdue ! lui avait-elle balancé en partant. Je vis avec la meilleure des guides. A toute ! »
/
En route pour la maison, Rey préféra traverser le campus à pied en passant par le parking pour rejoindre l'arrêt de bus. A cette heure, tout le monde finissait les cours et elle dut donc patienter à chaque passage piéton. A l'un d'eux, elle s'arrêta une nouvelle fois, se baladant dans ses musiques en attendant qu'une personne daigne la laisser passer. Quand elle vit enfin l'une d'entre elle se montrer polie, elle avança et arrivée au milieu leva les yeux vers sa gauche pour adresser un geste de remerciement au conducteur.
Elle se figea en reconnaissant le modèle Condor de la voiture. Elle ouvrit la bouche, clairement surprise et le dévisagea d'un air ahuri avant d'en faire de même avec la femme qui se trouvait sur le siège passager. Heureusement pour cette dernière, elle était trop occupée à fouiller dans son sac pour la voir mais Rey, elle, n'en avait pas raté une miette.
Elle se permit un autre regard vers Ben qui arborait une expression neutre sur le visage, toujours cramponné à son volant comme s'il attendait qu'elle daigne enfin traverser.
« J'y crois pas ! filtra-t-elle entre ses dents. Connard ! »
Elle secoua la tête puis se remit en marche d'un pas furibond.
« Non mais quel fumier ! hurla-t-elle dans la rue. Mon œil que tu ne fréquentes personne depuis 6 mois ! Et c'était qui alors cette pimbêche sur mon siège ? »
Un passant se retourna et elle se moqua de passer pour une folle. Elle aussi il allait l'emmener dans les bois pour se la faire ? fulmina-t-elle. La perspective lui fit plus de mal qu'elle ne l'aurait cru. Elle se sentait affreusement trahie. Certes, ils ne s'étaient rien promis et ils n'étaient pas ensemble mais elle pensait leur relation basée sur la franchise. Elle avait plus que tout horreur du mensonge.
« J'en reviens pas de m'être fait avoir ! »
Elle monta dans le bus et ne dit plus un mot, renfrognée sur son siège et refusant même de céder sa place à une dame âgée.
Etait-elle plus jolie ? se questionna-t-elle. Elle ne l'avait pas si bien vue que cela et regretta d'être reste figée sur Ben. Lui elle le connaissait, du moins elle avait cru le connaître. Plus intelligente alors ? Plus drôle peut-être ? Plus âgée ? Les deux ans d'écart pouvaient-ils être un problème ? C'était peut-être une camarade de classe ?
Elle grogna d'exaspération et s'attira les regards curieux des autres personnes présentes. Pourquoi ? fut sa derrière interrogation.
Elle remonta la pente toujours aussi perturbée, son agacement ayant fait place à une sorte de tristesse mais elle fut vite revigorée en voyant une Condor se garer devant la maison voisine à la sienne. Hors de question de lui montrer qu'elle avait pu être perturbée par cette rencontre impromptue.
Elle ralentit l'allure et soigna sa démarche, se rappelant des conseils entendus à la télé. Croiser les jambes élégamment et imaginer marcher sur une ligne. Elle passa sans dire un mot devant lui mais pas sans le fixer droit dans les yeux. De façon inattendue, il la stoppa en la prenant par le bras. Elle se dégagea.
« A quoi tu joues ? Ne me touche pas en public stp.
-Non, toi à quoi tu joues ? C'était quoi ce regard quand je t'ai laissée passer ? Tu voulais que je te raccompagne ? demanda-t-il avec innocence, inconscient de sa fureur.
-Je ne vois pas comment ! s'énerva-t-elle. Cette pétasse blonde était à ma place à bien s'afficher à tes côtés. »
Elle n'avait finalement pas tenu très longtemps.
« Ma voiture a trois places à l'arrière. »
Elle le fusilla du regard face à cette évidente provocation.
« J'ignorais que c'était ta place et que je ne pouvais plus prendre d'autre personne que toi à l'avant. La prochaine fois que ma coéquipière de basket s'explose la cheville à l'entraînement et que je sais qu'elle n'est pas véhiculée, je veillerais à l'installer autrement pour ne pas te vexer.
-Tu fais du basket ? rebondit-elle avec espièglerie. »
Il pencha sa tête sur le côté pour souligner le fait qu'elle connaissait parfaitement cette information et elle se sentit stupide de s'être emportée.
« On peut savoir ce que tu as cru ?
-Mais rien… c'est la première fois qu'on se croisait sur le campus. Ça m'a surprise c'est tout. A force de se voir sans arrêt ici, j'en avais presque oublié qu'on fréquentait le même établissement.
-Je n'ai pas signé pour une relation monogame. Si tu es jalouse…
-Mais moi non plus ! le coupa-t-elle pour reprendre le lead de cette discussion et éviter cette pente glissante. D'ailleurs ce soir je sors, il y a une grosse fête dans l'ancien bar de Maz. Finn et Poe, deux amis à moi avec lesquels je suis très proche, viennent me récupérer dans à peine une heure, je dois me dépêcher. Je tiens à être particulièrement en beauté même si je compte laisser mon charme naturel agir. »
Il la dévisagea une longue seconde et elle n'aima pas ce qu'elle lut dans ses yeux sombres. Elle se sentit percée à jour comme s'il avait saisi qu'elle venait d'activer l'un de ses boucliers en se retranchant d'ailleurs cette fausse assurance exacerbée.
« Bonne soirée Ben, reprit Rey après cette interlude, je te raconterai ! »
Elle partit avec sa nonchalance retrouvée, faisant virevolter ses cheveux dans son dos et prenant exagérément son temps pour rejoindre la porte. Une fois celle-ci passée, elle lança ses pompes à tout vitesse dans l'entrée avant de se mettre à hurler, son cerveau réfléchissant à toute vitesse.
« Tatie ! SOS, j'ai moins d'une heure pour ressembler à une bombe atomique ! Et je vais avoir besoin de toute l'aide disponible pour ça. J'espère que tu as fait ta sieste et il ne s'agit pas d'un exercice ! Je répète il ne s'agit pas d'un exercice ! »
Elle qui avait espéré se rendre à la soirée dans sa tenue de jour allait devoir redoubler d'efforts pour être prête à temps. Il lui était simplement impossible de sortir de cette maison et de risquer de le croiser sans avoir l'air d'une déesse même s'il se contentait de l'apercevoir par la fenêtre de la cuisine de Leia. Elle allait lui montrer à quoi elle pouvait ressembler. A quoi il avait eu la chance de goûter et à quoi il pouvait potentiellement ne plus avoir accès.
Sa tante déboula dans l'entrée, un torchon et une assiette dans les mains, interrompue dans sa vaisselle.
« J'ai toujours rêvé d'entendre ça. Rendez-vous dans ta salle de bain dans 5 minutes chrono et tu as intérêt à être douchée et parfaitement épilée. On a du boulot !
Rey grimaça. Quoi elle n'était pas mignonne aujourd'hui ?
« Dépêche-toi ! la secoua Maz d'un coup de torchon.
-Oui ! se reprit-elle. »
Elle se jeta dans les escaliers et monta les marches quatre à quatre.
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Elle descendit de l'étage, un sourire éclatant aux lèvres. Si elle jugeait par l'heure qu'affichait l'horloge de l'entrée, elles avaient parfaitement rempli le défi.
« Donne-moi ton téléphone. On doit immortaliser ça ! déclara Maz. Je me suis donnée du mal !
-Tu sais qu'habituellement dans les films on fait une photo le soir du bal de remise de diplômes et pas pour la sortie en boîte, rigola Rey en ouvrant sa pochette pour lui tendre le smartphone.
-Chacun ses traditions et puis tu es sublime. Tu me remercieras quand tu auras mon âge d'avoir une photo de toi qui ressemble à une femme fatale pour te rappeler à quel point tu les mettais tous à tes pieds. Une de profil maintenant !
Rey joua le jeu et se dandina volontiers. Elle avait coiffé ses cheveux dans des boucles dessinées mais faussement désorganisées, un maquillage prononcé et une bouche rouge sulfureuse avec un corps moulé dans une petite robe noire très simple. Il était dessiné à la perfection. Une paire de très hauts talons venait compléter le tableau et elle n'était pas peu fière de leur boulot. Elle se trouvait séduisante sans être vulgaire mais clairement sexy.
Elles arrêtèrent leur séance photo quand elles entendirent le bruit de portières que l'on claquait. Dans un même mouvement, elles se penchèrent vers la fenêtre et poussèrent le rideau pour les observer.
« Bon, tu m'avais dit qu'aucun ne t'intéressait mais je suis obligée de poser la question. Pour lequel des deux on a fait tout ça ? Désolée de le dire mais aucun n'est à la hauteur ! On dirait qu'ils vont dans le troquet du coin pour un match de foot ! Les jeunes ne savent vraiment plus draguer de nos jours.
-Aucun, je ne t'ai pas menti. Rey souffla, gênée de devoir lui avouer la vérité en ces circonstances et regrettant de ne pas l'avoir évoqué avant, trop indécise pour le faire. J'ai peut-être omis de te dire que je connais un troisième mec et que c'est peut-être celui qui m'intéresse et que j'espère impressionner avec ce déballage. Maz se tourna vers elle et siffla un « trahison » entre ses dents qui les firent rire toutes les deux. »
Rey songea qu'elle voulait surtout que Ben continue à s'intéresser à elle malgré son comportement. Il avait insinué un doute en elle lorsqu'elle l'avait aperçu avec cette fille même s'il avait tenté, d'une certaine façon, de la rassurer. Cette simple rencontre avait suffi à faire remonter en elle de vieux démons. Ceux de son manque de confiance en elle qu'elle tentait par tous les moyens de cacher par son extravagance. Depuis des années maintenant, pour lutter contre sa solitude et ses souffrances refoulées, elle préférait être exubérante, n'hésitant pas à franchir les limites. Elle avait toujours voulu les tester, dans chacune des familles où elle avait vécu poussant à chaque fois le vice un peu plus loin.
Puis, elle avait vieilli, elle était devenue une ado, une femme et avait cherché à combler le manque d'une famille à elle, de celui immense de ses parents et d'une solitude grandissante par les garçons, n'hésitant pas à se jeter à leurs cous quitte à vivre de profondes désillusions. Elle s'était fait avoir de nombreuses fois, même avec son soi-disant caractère et pourtant dès qu'elle avait vu Ben, elle avait foncé, croyant naïvement qu'avec lui, qu'avec cette incroyable alchimie entre eux cela serait différent. Elle l'espérait toujours et comptait lui montrer qu'elle valait la peine qu'il regarde toujours dans sa direction.
« Pour leurs tenues, je suis d'accord, je vais avoir l'air de quoi à côté d'eux ? reprit-elle pour effacer les mornes pensées sur son enfance difficile. En les voyant je me demande si on n'en a pas fait un peu trop… s'inquiéta Rey qui allait clairement détonner.
-Tu as dit « bombe atomique », je n'ai fait qu'écouter la commande. Ça m'a coûté une brûlure avec le fer à friser et je suis à moitié aveugle d'avoir étalé ce vernis sur chaque ongle que tu possèdes. »
Rey grimaça mais acquiesça.
« Ils sont très bien dans le fond, c'est moi qui aie exagéré. Et désolée de te l'avouer mais on va dans ton bar. Elle lui adressa un sourire contrit. »
Ils sonnèrent et elle se redressèrent.
« Tu es superbe ! Qui que soit ce type qui a su retenir ton attention, il ne manquera pas de te regarder ce soir. Il risque seulement de ne pas être le seul… reconnut Maz. Mais si le but est de le rendre jaloux, je dois dire que tu as de grandes chances de réussite !
-C'est pas possible… dans quelle galère je me suis fourrée. »
Elle fit un tour sur elle-même en glapissant.
« On ne peut plus reculer, ouvre cette porte tatie. Je serai forte ! »
Maz s'avança et les garçons entrèrent.
« Bonsoir madame, je suis Poe et voici mon ami Finn. Nous venons chercher Rey. Il la regarda enfin et elle lut la surprise sur son visage. Oh ! A Jakku vous ne deviez pas plaisanter avec les sorties ! Elle roula des yeux. Tu es ravissante.
-Comme toujours, baragouina Finn et Rey se sentit encore plus mal à l'aise.
-Je te promets de ne pas rentrer trop tard et ils me redéposeront. Je ne boirai pas outrageusement.
-A d'autres ! s'offusqua Maz. Amuse-toi et montre-leur qui tu es ! Bonne soirée à vous ! »
Rey lui lança un sourire complice avant de suivre Poe et Finn vers l'extérieur. Alors qu'elle marchait en direction de la voiture, la tentation fut trop grande de ne pas jeter un regard vers la maison d'à côté. Elle espérait de tout cœur qu'il l'ait vue. Elle monta bien en évidence à l'avant pour lui prouver qu'elle aussi pouvait se retrouver sur un autre siège passager que le sien.
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Arrivée devant le pub, elle étouffa un rire en s'imaginant Maz tenir cet endroit.
« Rey, tu viens ? On va devoir faire la queue pour entrer, soupira Poe. On aurait dû venir plus tôt. L'afterwork est déjà bien commencé, personne n'a pas perdu de temps pour foncer ici après les cours. La soirée débutera beaucoup plus tard. »
Elle allait s'avancer vers lui quand le videur l'invita à entrer en retirant la petite corde qui marquait le début de la file d'attente.
« Vous êtes bien Rey, la nièce de Maz ? Vous correspondez à la description reçue. »
Elle fut surprise mais charmée de voir qu'elle pouvait gruger en toute impunité et se nota de remercier sa tante dès le lendemain pour son initiative. Elle était amusée, se demandant ce qu'elle avait bien pu dire pour la décrire. D'une démarche lascive, elle s'approcha du videur et se pencha vers lui, un air séducteur sur le visage.
« Mes amis peuvent entrer avec moi ? Elle désigna d'un doigt aguicheur et avec une moue Finn et Poe qui la dévisageaient avec étonnement à quelques mètres.
-Bien sûr, tout ce que tu veux.
-Ma tante est la meilleure… et je me souviendrais de vous ! »
Elle leur fit un signe de la main pour qu'ils la rejoignent.
« Comment vous avez fait pour entrer? Finn m'a texté il n'y a pas une minute pour me dire que vous veniez de vous garer et il y a un monde d'enfer dehors ! s'étonna Rose en les voyant arriver.
-C'était sans compter la beauté de Rey ce soir qui a su se faire remarquer ! rigola Poe en se moquant légèrement. Sa tante tenait le club autrefois, elle a dû garder quelques contacts utiles.
-Carrément ! Et Rose siffla d'admiration. Kaydel va être verte d'avoir raté ça. J'ai aussi mon petit exploit, j'ai réussi à nous réserver une table. »
Rey marcha derrière eux mais n'écouta plus la conversation quand ses yeux furent attirés par une petite plaque en argent au-dessus du bar. Elle était un peu cachée par les bouteilles mais fut certaine de savoir ce qui y était inscrit ou du moins du nom qu'elle y trouverait. Celui de Han Solo. Elle eut un long sourire et partit rejoindre ses amis.
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Le début de la fête se passa de façon fabuleuse. Ils enchaînèrent les cocktails et continuèrent à apprendre à se connaître sans faire attention à l'heure. Rey subit l'insistance de certains garçons mais aidée de ses amis, elle arriva à s'en débarrasser assez vite. Elle revenait avec leurs nouvelles consommations quand Poe roula des yeux.
« On va finir par ne plus t'y envoyer. A chaque fois que c'est ton tour, tu mets 10 ans à revenir avec tous ces types qui te draguent. Tu as du succès ! Même si je dois dire que c'est assez drôle à observer. Ils ont tous la même technique et le scénario se répète inlassablement depuis tout à l'heure. Tu te lèves, ils te repèrent, attendent que tu commandes avant de venir t'aborder et de se faire jeter. Je crois que tu ne leurs adresses pas plus de trois mots à chaque fois. »
Elle sourit, c'était la totale vérité.
« Pourquoi tu les refoules tous ? Personne ne trouve grâce à tes yeux ?
-Trinquons plutôt ! Cul sec ! rigola Rey. »
Ils burent tous un shot et la soirée se poursuivit dans la bonne humeur. Avec Rose, elles allèrent danser plusieurs fois mais réussirent qu'en de rares occasions à entraîner Finn et Poe avec elles. Revenues à leur table, elles éclatèrent de rire.
« Vous n'êtes pas drôles ! Vous restez le cul collé ici. Ce n'est pas avec ça que notre groupe va s'agrandir !
-Oh oh oh, on va se calmer là ! On n'est simplement pas en chasse à toutes les virées non plus ! se justifia Poe. Puis, on est accompagnés de deux nanas, ça ne doit pas attirer les autres. On doit vous pendre pour, au choix, notre sœur ou notre copine.
-Tu rigoles, le coupa Rey, on passe surtout pour votre harem et vous ne savez pas en profiter !
-C'est un défi que tu me lances là ?
-Oui, rebondit Rose. On se défie mutuellement de draguer quelqu'un. Celui qui ira le plus vite paiera les verres pour le reste de la nuit.
-C'est quoi la limite ? A partir de quel moment on juge que l'autre a pécho ? demanda Poe.
-On verra ça le moment venu mais on devra être unanime ! trancha Rose. On est tous ok avec les règles ? Temps illimité, à nous d'être le plus rapide et le plus inventif. Ah ! J'avais presque oublié, les ex ça ne compte pas !
-Et les plans culs ? demanda Rey qui avait le regard rivé face à elle.
-Si, coupa Poe pour éviter que Rose ne les enlève aussi et baisse ses chances.
-Ok, abdiqua-t-elle. »
Rey se leva sous leurs yeux surpris.
« Le jeu a commencé !
-Y en a une qui ne perd pas de temps ! Si tu emballes un des gars qui a essayé de te draguer depuis notre arrivée, ça ne comptera pas ! hurla Poe par-dessus la musique pour se faire entendre.
-Je compte bien draguer par moi-même, murmura-t-elle en avançant vers sa cible d'un pas déterminé. Celui qui trouve grâce à mes yeux est enfin là... »
Arrivée au bar, elle pria pour ne pas être interrompue par l'un des dragueurs intempestifs qu'elle subissait depuis son arrivée. Elle se posa volontairement près de lui, il était inutile de faire croire qu'elle ne l'avait pas vu alors qu'ils s'étaient clairement examinés lorsqu'elle était assise avec ses amis. Elle leva le bras et offrit son plus beau sourire au serveur pour qu'il la remarque. Il vint vite dans sa direction.
« Un Cosmo svp. »
Sans se tourner vers lui, elle débuta la conversation. Elle se savait observée par ses copains mais elle s'en moquait royalement, trop excitée à l'idée de le savoir ici pour s'en soucier. Depuis qu'elle l'avait vu accoudé ici, elle était tel un faucon qui attendait avec délivrance de se jeter sur sa proie. Elle n'en revenait pas qu'il soit venu et aussi séduisant. Elle avait cru suffoquer. Maz ne la contredirait pas. Lui savait s'habiller pour sortir. Cette chemise ne ferait pas long feu si elle décidait de s'en occuper. Il l'avait mise tout chose rien qu'en le voyant arborer un look qu'elle ne lui avait encore jamais connu.
« Je ne m'attendais pas à te voir ici ce soir, nota Rey n'osant croire qu'il se soit décidé suite à leur petite altercation où elle avait pourtant clairement tout fait pour qu'il la rejoigne. Elle pouvait enfin se l'avouer désormais. Elle hasarda un petit regard. Je ne te voyais pas adepte des soirées.
-Tu avais sans doute oublié que je suis moi aussi étudiant.
-C'est vrai, pourtant tu me l'as bien rappelé quand on s'est croisés sur le campus tout à l'heure. »
Elle récupéra sa boisson et se tourna mais ne partit pas. Elle s'accouda au comptoir et se mit de profil pour lui parler.
« Tu en es encore avec ça ?
-Pas du tout, minauda-t-elle, c'est toi qui vient de le remettre sur le tapis.
-Vraiment ? Tu peux parfois faire preuve de tant de mauvaise foi… Pourquoi tes amis ont les yeux rivés sur nous ? demanda Ben.
-Car on s'est lancés le défi de qui emballera le plus vite ce soir. Autant te dire que quand je t'ai vu ici, je me suis dit que la force était avec moi…
-Parce que tu comptes obtenir quelque chose de moi ? Et en public ? Pourtant tu m'as expressément demandé de ne pas te toucher devant témoin. Tu es changeante comme fille. Vous jouez à des défis étranges.
-Non, je trouve ça drôle surtout quand je suis sûre de gagner. Ils sont tellement occupés à nous observer qu'ils en oublient de chasser eux aussi, plaisanta-t-elle.
-Tu es sûre de gagner ? »
Elle souffla, sortit sa langue pour amener la paille en bambou jusqu'à sa bouche avant de la presser doucement entre ses lèvres et d'aspirer pour boire.
« Tu as soif ? demanda-t-elle sans répondre à son interrogation précédente. Je peux t'inviter si tu le désires. Elle croqua dans le petit ananas qui reposait dans son cocktail. Ou bien le renverser sur toi et t'aider à te sécher dans les toilettes ?
-J'ai soif, il se pencha vers elle et elle entrouvrit la bouche de le voir si près à seulement quelques centimètres mais il se contenta de prendre son verre. Il but dedans sans vergogne. Et je tiens à mon pantalon. Si tu veux m'emmener dans ces toilettes, il faudra t'y prendre autrement et certainement pas pour gagner à un jeu stupide avec tes copains.
-C'est mon verre, s'agaça-t-elle.
-Je t'en paierai un autre.
-Qu'est-ce que tu penses de ma tenue ? Il se tourna vers elle et la détailla avec intérêt.
-La même chose que ce que j'ai pensé en te voyant sortir de chez Maz. Tu es très jolie mais je n'en suis pas étonné, simplement un peu surpris d'une telle application pour une simple soirée étudiante.
-Tout dépend de qui je comptais y trouver. J'ai pu sortir le grand jeu pour une personne que je voulais séduire. »
Il lâcha un hoquet dédaigneux.
« Crois-moi, elle l'est déjà mais elle apprécie que tu te donnes tout ce mal, souligna-t-il.
-Parce que tu crois que je parle de toi ?
-Oui et je te rassure, tu as clairement retenu mon attention avec ou sans artifice, avec ou sans provocation et même sans te montrer jalouse. Tu l'as déjà. »
Déstabilisée par cette franchise déroutante, elle prit une seconde pour répondre.
« Je ne sais faire que comme ça, avoua-t-elle consciente qu'il avait compris des choses sur elle.
-Je sais.
-Tu apparais si sûr de toi mais je te rappelle que je suis venue accompagnée ce soir, rebondit Rey en le provoquant à nouveau et il sourit, franchement amusé. Pourquoi croire que tout ça….
-Venons-en aux faits stp, s'agaça Ben. On ne s'est pas revus depuis mardi soir. Tu as mon numéro…
-Toi aussi je te signale ! le coupa-t-elle avec brusquerie. Et tu n'as rien envoyé non plus ! Il a fallu attendre aujourd'hui pour que nous nous reparlions, débita-t-elle avec mesquinerie.
-Nous y voilà enfin. La blonde dans la voiture, ton sujet favori depuis la fin d'après-midi. Je ne compte pas me justifier, bien que je l'ai déjà fait. Tu n'es pas à ta place si tu crois devoir l'exiger.
-Je sais. J'ai entendu ce que tu as dit. J'ai simplement eu une erreur de jugement en vous voyant ensemble. Elle se renfrogna et pivota pour ne plus voir son air suffisant.
-Une erreur de jugement ? C'est mignon cette façon de dire, très politiquement correct. Qu'est-ce qui t'a gêné dans le fait de me voir avec une autre fille ? »
Elle se tourna vers lui, reprit son verre et le termina avant de plonger ses yeux dans les siens.
« J'envisageais simplement de le faire sans capote maintenant que nous étions sûrs de l'un et l'autre mais cette vision m'a refroidie sur l'idée. »
Elle était assez satisfaite de son mensonge, elle le trouvait crédible.
-Et sur le sexe avec moi en général ? osa-t-il.
-Non, reconnut-elle.
-Une fille assise dans le siège avant de ma voiture ne signifie pas que je couche avec elle. Je voudrais que ce soit clair. Je n'aime pas qu'on remette en cause mon intégrité. Tu étais une exception et j'ai aimé baptiser ma Condor avec toi. Elle n'aura pas attendu longtemps, je ne roule avec que depuis un mois. »
Elle le dévisagea, surprise de l'apprendre mais ravie de l'entendre.
« J'ai vu la plaque, elle leva un doigt vers l'arrière. C'est ça n'est-ce pas ?
-Oui et si je puis me permettre mon père aurait été fier de moi.
-A propos ?
-Du baptême de son cadeau. »
Elle rigola et se nota d'aborder le sujet de son géniteur plus en profondeur quand le lieu le permettrait. Elle aimerait bien en apprendre davantage sur leur relation. Elle posa le verre sur le comptoir et s'apprêta à en commander un autre quand il posa la main sur sa taille.
« J'aime cette robe. »
Elle se tourna vers lui, lui sourit avant de passer deux doigts dans son décolleté. Il leva un regard épaté vers elle quand elle en sortit se carte bleue.
« Eh bien quoi ? Je dois bien régler ma consommation. Elle héla le barman. Tu devrais d'ailleurs en payer la moitié.
-Tu as dit que tu m'invitais. Drôle d'endroit pour y ranger ton moyen de paiement.
-Mais ma foi très pratique. Je suis sûre de ne pas la perdre, ni de me la faire voler. Nul n'est censé aller fouiller ici. »
Elle désigna sa poitrine d'un geste vague.
« Pourtant il me semble t'avoir informée de mon désir d'y glisser quelque chose. »
Elle ne répondit pas tout de suite, préférant tendre sa carte pour s'acquitter de son Cosmo et de prendre son temps pour la remettre à sa place. Puis, elle se tourna vers lui avec un air décidé.
« Bien, qu'est-ce que tu attends ? »
A son grand étonnement, il se mit debout, lui qui était jusqu'alors adossé à une des chaises du bar et se saisit de son poignet pour l'emmener à sa suite. Elle le laissa faire, curieuse de voir ce qu'il avait en tête mais en frissonna d'avance. Arrivée au milieu de la piste de danse, éblouie par les lumières et secouée par les danseurs, elle se stoppa en comprenant qu'il voulait rejoindre l'extérieur. Elle se pencha et murmura à son oreille.
« Non, pas par là. Suis-moi. »
Elle inversa les rôles, se retrouvant guide et elle se retourna pour lui adresser un petit sourire tout en continuant à avancer droit devant, sa main fermement entrelacée à la sienne. Elle poussa la porte battante, le relâcha et vint se poser nonchalamment sur le bord des lavabos. Elle croisa les bras et visualisa d'un coup d'œil si les sanitaires face à eux étaient libres.
« On a de la chance, c'est inouï d'être seuls dans les chiottes avec la quantité d'alcool consommée de l'autre côté de cette pièce. En tout cas, prière de noter que j'ai réussi à t'y emmener. »
Il s'approcha d'elle et ne perdit pas une seconde. Il se saisit de sa taille, l'approchant de lui d'un geste sec et colla sa bouche à la sienne. Elle lui répondit avec la même ardeur, ses doigts caressant le tissu léger de sa chemise noire. Elle se laissa embrasser et même portée lorsqu'il la saisit par les hanches pour la déposer sur le meuble.
Il s'éloigna lorsqu'ils entendirent un groupe de filles se rapprocher. Il lui prit le bras, l'extirpa de son piédestal, la poussa dans les premiers sanitaires et ferma la porte derrière eux. Ils se retrouvèrent presque collés en raison de l'étroitesse de l'endroit et sentir son souffle chaud contre sa peau redoubla son excitation. Oserait-il aller plus loin ? Elle était diablement excitée et terriblement prête à le suivre. Il reprit naturellement ses baisers et la plaqua sur la paroi droite des toilettes. Elle se colla à lui, serrant sa tête entre ses mains pour approfondir leur échange.
Elle se moquait autant que lui d'être dans un lieu public, seulement séparés des autres par une pauvre porte épaisse de 1 cm et qui n'était pas complètement hermétique. Ses intentions à son égard furent totalement claires quand il passa ses mains sous sa robe et se saisit de son sous-vêtement pour le lui enlever. Une fois encore, il le rangea dans sa poche avant de la reprendre dans ses bras, de la saisir sous les fesses pour la soulever de terre et enrouler ses jambes autour de sa taille. Calée entre son corps et la paroi, elle le laissa totalement faire. Il se déshabilla, juste le nécessaire, enfoui sa tête dans son cou et poussa en elle.
« Ah, lâcha Rey en le sentant bouger délicieusement. »
C'était différent, plus intense que la première fois. Pas moins excitant mais ne plus sentir la barrière aussi légère soit-elle du préservatif entre eux rendait l'acte encore meilleur. Elle sentait sa chair contre la sienne, les sensations étaient décuplées. Elle leva une main et s'accrocha pour se stabiliser sous ses poussées. Elle aimait les sons presque bestiaux qui filtraient entre ses lèvres à chacun de ses mouvements et la fermeté de ses doigts dans ses cuisses. Il la pilonnait avec saveur et elle se mit à émettre elle aussi des petits cris.
« Encore, chuchota-t-elle à son oreille. Tu peux y aller plus fort. »
Elle entendit quelques gloussements de l'autre côté et jura que ces filles rigolaient de les entendre si distinctement. Elle fut néanmoins déconcentrée quand il s'arrêta brusquement et qu'il la fit redescendre. Leurs yeux se croisèrent brièvement avant qu'il ne la prenne par le bras, la pivote et vienne la plaquer contre la porte du cabinet. Son visage s'écrasa contre cette dernière. Il entrelaça leurs doigts et vint les caler près de sa tête. C'était diablement sexy surtout quand il colla son torse contre son dos et que son souffle ricocha contre sa nuque. Il lâcha ses poignets mais elle n'osa pas bouger et garda donc la position.
Il remonta sa jupe par-dessus son cul, le gratifia d'une caresse avant de s'en saisir des deux mains et de la positionner. Il entra à nouveau en elle et entama des gestes profonds. Il se rapprocha et la pilonna par derrière sans ménagement, son sexe bouillonnant dans le sien. Elle aimait le bruit excitant et sans équivoque de leurs corps qui fusionnaient mais aussi du sien qui claquait avec vigueur contre la porte.
Cette fois, elle ne se retint plus et exprima tout son plaisir librement.
/
Il jouit en elle après de longues minutes à ce rythme. Rey songea un instant qu'elle n'avait jamais fait ça auparavant. Le sexe dans un lieu avec autant de monde aux alentours. Sur cette pensée, elle ferma les yeux et savoura les dernières bribes de son orgasme avant qu'il ne se retire. Elle aimait toujours les quelques secondes où son partenaire se trouvait encore en elle et où tout son corps pulsait des dernières émotions.
Il se courba en arrière et récupéra du papier toilette pour lui tendre. Elle grimaça. Cette partie-là, elle aimait moins. C'était bien l'avantage d'une capote quand tu te retrouvais à faire l'amour dans un endroit incongru. Il s'écarta et elle serra les cuisses. Elle se nettoya et il en fit de même. Puis, il s'approcha, la prit par le cou et lui roula une pelle digne de ce nom.
Alors qu'il allait déverrouiller la porte pour sortir, elle le retint en posant sa paume sur son torse.
« C'était bon mais, il baissa les yeux vers elle, tu n'as pas fait ce que tu avais dit. »
Elle prit ses doigts et les glissa entre ses seins. Il passa sous son soutif et la caressa tendrement.
« Ici, ce n'était pas approprié mais ça ne veut pas dire que j'ai oublié l'idée. J'ai toujours envie de me les faire. »
Il se pencha, l'embrassa puis ouvrit la porte pour sortir. Sans aucun scrupule, elle le suivit. Inutile de se cacher avec le boucan qu'ils avaient fait là-dedans. Une fois encore, ils étaient seuls, peut-être que les clients du bar avaient ébruité leurs ébats et que les toilettes avaient été désertées. Il lui lança une longue œillade avant de partir sur un commun accord que chacun était libre de reprendre sa soirée de son côté. Elle s'observa dans la glace, plongea sa main dans son soutif pour en ressortir son rouge à lèvres. Elle eut un sourire en coin en imaginant sa réaction s'il avait su ce qu'elle planquait d'autre entre ses seins.
Elle retoucha son maquillage. Elle se sentait grisée, étourdie par ce qu'elle avait osé faire mais pleinement comblée. Rassurée aussi en quelque sorte. Elle rangea le gloss et s'occupa ensuite de ses cheveux, y passant ses doigts pour leur redonner une forme respectable bien que ce volume d'après-baise lui sciait parfaitement. Un nouveau groupe de jeunes femmes entra. Elle s'attendait à être dévisagée mais elles ne s'occupèrent pas d'elle. Elle finit de se recoiffer et sortit.
La foule sur la piste de danse s'était densifiée et elle arrivait à peine à mettre un pas devant l'autre sans rentrer dans un corps. Non sans mal, elle arriva jusqu'à leur table. Elle tomba sur un fauteuil et souffla.
« Il me faut un verre ! C'est le parcours du combattant pour revenir jusqu'ici. »
Rey leva les yeux vers eux et constata que Finn et Poe l'observaient. Elle n'aimait pas leurs visages mais ne put rien dire que Rose arriva près d'elle.
« Ah tu es de retour, tu as réussi à l'avoir ? Tu avais l'air d'y croire en tout cas, plaisanta son amie. C'était assez épatant ! Je m'attendais presque à te voir lui rouler une pelle au bout de 30 secondes ! Elle s'arrêta en observant leurs visages graves. Je n'aurais peut-être pas dû aller danser, j'ai loupé quelque chose ?
-Crois-moi, je pense qu'elle s'est très bien occupée de lui, répondit Poe sur un ton qui puait le jugement mais Rey n'avait que faire de sa réputation. Tu m'étonnes que tu veuilles boire, tes exercices ont dû t'assoiffer !
-Je peux savoir en quoi ça te gêne ? Qu'est-ce qui te choque le plus ? Que j'ai pris mon pied à faire une telle chose en étant une femme ou que j'assume à ce point ma sexualité ? Je crois que si les rôles avaient été inversés, moi la proie et lui l'ami alors tu serais sans doute déjà en train de le congratuler.
-Je sais qui c'est. On se connaît lui et moi et il n'est pas recommandable.
-Bien que ça ne te regarde pas, lui et moi aussi on se connaît.
-Vraiment ?
-Oui, ça ne te regarde toujours pas mais c'est mon voisin. On a eu l'occasion de faire connaissance.
-Visiblement, il a une approche très personnelle de la notion de te faire découvrir Pasaana. Et toi d'y prendre tes marques.
-Tu verras vite que je ne suis pas une petite joueuse Poe.
-On a déjà pu le constater.
-De quoi vous parlez ? s'immisça Rose dans la conversation qui visiblement avait loupé un morceau de son petit interlude avec Ben. Finn ? »
Mais ce dernier ne dit rien, ne voulant pas s'intégrer au débat.
« Rey a gagné ton petit jeu Rose. Haut la main. Il est vrai qu'on te connait encore peu, ça fait à peine une semaine que tu es ici mais je ne te pensais pas être le genre de fille à se faire sauter par le premier venu dans les chiottes d'un bar. »
Rose ouvrit la bouche, surprise et la dévisagea.
« Il n'est pas le premier venu, je viens de te dire qu'on se côtoyait. J'avais déjà couché avec lui mais je n'ai pas à me justifier et encore moi à subir ton jugement. Je crois que je ferais mieux de rentrer. »
Elle se saisit de sa pochette et se leva avant de remonter jusqu'à la sortie.
Une fois dehors, elle savoura l'air frais et souffla longuement. Elle serra les jambes. Ben lui avait certes replacé sa robe mais son tanga se trouvait toujours en sa possession. Il faisait froid et elle grelottait sans veste pour se protéger.
Pour qui se prenait Poe à lui faire ces remarques ? Elle était assez grande pour savoir ce qu'elle faisait et assez mâture pour en juger. Elle savait que son comportement pouvait être source de controverse mais elle était jeune et avait eu envie de s'amuser avec un mec qui lui plaisait. Certes, ils avaient fait ça dans les toilettes et elle concevait que cela pouvait choquer mais elle ne s'était pas non plus mise nue devant tout le monde. Elle avait été consentante et elle avait trouvé ça bon, sacrément bon !
« Rey. »
Elle se retourna, ébahie de voir Finn s'avancer dans sa direction. Lui qui avait été si discret osait enfin lui faire part de son avis. Elle espéra qu'il ne dirait pas la même chose que Poe sinon il pouvait déjà faire demi-tour. Elle préféra prendre les devants.
« J'assume ce que j'ai fait sinon je ne l'aurais pas emmené avec moi. J'étais libre de tout arrêter mais j'en avais envie ! Poe n'est pas mon père, ni mon mec, pour qui il se prend pour me manquer de respect de cette façon ? Surtout venant de lui, il est mal placé au vu de ce qu'il nous a raconté.
-Ca nous a surpris c'est tout. Quand tu t'es levée pour aller vers le bar, on pensait que tu allais draguer le premier mec qui y était accoudé. Au vu de ton précédent succès, tu allais torcher ce petit jeu en moins d'une minute. Mais quand il t'a vu approcher Ben avec une telle audace, il s'est renfrogné. Il ne l'apprécie pas beaucoup. Tu as peut-être partagé des moments avec lui, des instants très intimes mais Poe voulait surtout te mettre en garde.
-Parce que j'ai agi comme une salope à ses yeux ?
-Parce qu'il n'est pas un garçon très recommandable, il te l'a dit, mais aussi car on a été très choqués de te voir si, il balbutia, enfin si sûre de toi quoi ! Aux regards que vous vous êtes lancés en traversant la boîte, il était assez évident de ce que vous alliez faire… je ne nierai pas que tu as eu l'air d'une fille facile et que je ne te pensais pas être de ce genre. Honnêtement, et je partage ce sentiment avec Poe, tu mérites mieux. »
Il hésita à continuer.
« Personnellement, je n'aime pas que tu crois qu'un mec puisse se servir de toi comme il l'a fait ce soir, que tu ne vaux pas mieux qu'être prise de cette manière sordide dans un endroit répugnant. On ne te connaît pas beaucoup mais tu as l'air d'être une fille bien, marrante, séductrice et intelligente. Il te doit davantage de respect.
-J'étais consentante Finn et je ne me sens pas rabaissée. Je le voulais autant que lui.
-Rey, si tu as besoin d'affection, qu'on prenne soin de toi, d'être entourée… on connaît un peu ton passé avec ce que tu nous as dit sur tes parents et on a facilement deviné la suite et notamment ce que tu as pu vivre. Je veux simplement dire qu'on est tes amis, on sera là pour toi. Bref, pour Poe, c'était juste sa façon à lui de te protéger. On ignorait votre passif. Comment vous pouvez en avoir un en si peu de temps ? Il habite peut-être à côté mais vous vous êtes rapprochés vite.
-Ca, c'est moi que ça regarde. Elle se radoucit, après tout il essayait clairement d'arrondir les bords mais elle ne le laisserait pas croire une chose fausse pour autant. Il me plaît, avoua-t-elle. Il a cette espèce de charme magnétique incontrôlable sur moi. C'est nouveau, c'est la première fois que ça m'arrive et que j'agis de cette façon. Je me sens étrangement forte et vulnérable près de lui. Elle le regarda. C'est juste arrivé comme ça et ça s'est reproduit ce soir. Il n'a pas profité de moi ou d'une quelconque faiblesse de ma part. Crois-moi, j'ai déjà donné par le passé et je sais quand je mérite mieux. Il me traite bien, nullement de la façon dont tu l'imagines. Il y a une réelle complicité entre nous. C'est quelqu'un de bien. Pourquoi n'est-il pas recommandable ? »
Elle était curieuse depuis le moment où cette raison avait été évoquée. Elle trouvait cela bizarre, si Ben avait des choses à se reprocher, Maz lui en aurait sûrement parlé et si cela était si grave, elle lui aurait interdit de l'approcher.
« Disons qu'il a une réputation, un certain passif qu'il n'a visiblement pas cru bon de te parler. En même temps, pourquoi l'aurait-il fait ? Sa bouche devait être occupée ailleurs… »
Elle ne dit rien et digéra ses paroles. Elle n'aimait pas juger les gens par des ouï-dire mais bien par ses propres moyens et jusqu'à présent, il s'était montré digne de la confiance qu'elle avait placée en lui.
« Je me ferais ma propre opinion. Je n'aime pas juger les gens sur leur passé sinon nous vivrions tous dans une bulle de solitude. J'aime laisser sa chance au présent et au futur. Pour ta gouverne, elle pinça des lèvres, il embrasse très bien peu importe la partie du corps qu'il ait sous la bouche…Maintenant si tu le veux bien, je vais rentrer chez moi.
-Comment ? On devait te ramener.
-Je prendrai un taxi. »
Elle se retourna pour faire face à la route et ainsi clore la conversation. Elle resta à attendre et à réfléchir songeant aux paroles de Finn. Elle souffla quand elle sentit une main sur son épaule. Après plusieurs minutes sans rien dire, elle aurait cru qu'il avait lâché l'affaire. Elle se retourna mais son interlocuteur était tout autre. Ils se regardèrent mais il ne dit rien. Elle fit la moue et se rapprocha de lui.
« J'ai froid. »
Elle leva les yeux innocemment vers les siens. Contre toute-attente, au lieu de lui prêter sa veste, il la tira contre lui pour qu'elle s'y blottisse. Elle ne se fit pas prier et s'exécuta, poussant le vice jusqu'à passer ses bras autour de son corps.
« La sortie s'est terminée plus tôt que prévue ? demanda Ben.
-Oui, marmonna-t-elle le nez dans sa chemise. J'ai l'impression d'avoir été réprimandée par mes parents alors que je ne me souviens même plus de ce que ça peut faire.
-A cause de notre absence ?
-Oui entre autres mais aussi, elle releva son visage vers le sien, à cause de toi.
-Poe t'a dit qu'on se connaissait, je suppose. Il ne me porte pas dans son cœur.
-Non et tu sembles être parfaitement au courant. Je n'ai pas pensé un instant que tu pouvais, à ta façon, connaître mes amis. C'est de ma faute, je ne t'avais jamais parlé d'eux auparavant malgré nos discussions sur la fac. Remarque, toi non plus, songea-t-elle en repensant à la blonde.
-Ca n'a pas d'importance que je sache qui est Poe ou non et puis jusqu'à ce que tu m'en parles tout à l'heure pour me faire comprendre où tu serais ce soir, j'ignorais aussi que vous vous appréciez.
- C'est agréable, chuchota-t-elle en changeant de sujet. »
Elle ne l'avait pas remarqué plus tôt mais collée comme elle l'était à lui en cet instant, elle pouvait clairement percevoir son odeur. Il sentait bon et ses sens répondaient positivement à ce mélange de masculinité et d'un je ne sais quoi plus sucré. L'alcool peut-être.
« Tu es gênée par ce qu'ils peuvent en penser ?
-Non sinon je ne t'aurais pas provoqué, ni conduit dans ces toilettes même si je sais pour qui je suis passée. J'en garde plutôt un bon souvenir, elle sourit contre lui.
-Tu ne me demandes pas pourquoi Poe ne m'aime pas ?
-Il a juste dit que tu n'étais pas très « recommandable » comme garçon. Il ne s'est pas perdu dans les détails.
-Et ça ne t'intrigue pas de savoir pourquoi il a dit ça à mon sujet ?
-Non. Elle le regarda. Ce que je vois de toi maintenant me plaît. On a tous un passif, plus ou moins glorieux, c'est ce qu'on choisit de devenir qui compte pour moi. Je te prends comme tu es. Moi aussi j'en ai un, plutôt chaotique avec ma vie de famille décousue et je n'aimerais pas être jugée sur ce dernier. Au contraire, je suis prête à leur montrer à tous ce que je peux devenir.
-Tu as une sacrée force de caractère.
-Il le fallait bien, avoua-t-elle.
-Tu te sens seule ?
-Pas en ce moment et c'est tout ce qui compte. »
Elle resserra son étreinte contre lui.
« Poe était un assez gros consommateur de drogues au début de nos années de fac. Il déglutit. J'étais son fournisseur. Il m'est arrivé d'en prendre aussi. Il a changé et moi également mais visiblement entre nous deux, je semble être le seul à le voir. »
Elle ne réagit pas.
« Tu ne dis rien ? »
Elle se détacha mais sans quitter totalement ses bras.
« Qu'attends-tu de moi ? demanda Rey. Que je parte en courant ? Que je sois choquée ? Je viens de te le dire, ça n'a pas d'importance. Dealer, consommateur, l'un ne va pas sans l'autre. Vous étiez aussi responsables l'un que l'autre. Ça appartient au passé. Sauf, elle le détailla, si c'est toujours d'actualité ?
-Non, j'ai arrêté depuis un moment.
-Bien, je suis franche si ça avait été encore le cas, ça m'aurait dérangé mais puisque c'est terminé alors je m'en fous et je n'ai rien d'autre à ajouter. Il acquiesça mais parut tout de même destabilisé par sa réaction. Je vais devoir te demander une faveur.
-Laquelle ?
-J'ai perdu mes chauffeurs, accepterais-tu de me raccompagner ? Sauf si tu n'as pas terminé ta soirée, dans ce cas je prendrai un taxi. Tu sais que j'ai de quoi payer. »
Il eut à nouveau ce sourire en coin. Il s'écarta d'elle et se mit à marcher en lui prenant la main.
/
Le trajet se passa dans le silence. Rey s'était placée de façon à observer la ville de nuit par sa fenêtre et elle s'amusa à compter les annonces lumineuses jusqu'au moment où il se gara devant chez elle. Elle se tourna vers lui pour le remercier quand il lui coupa la parole.
« Pourquoi tu n'as pas le permis ? Dans une ville comme Jakku où tout est accessible à pied, je peux comprendre que tu n'en aies pas eu l'utilité, quoique, il roula des yeux avec suffisance, je n'aurais pas attendu pour autant…
-Si tu devais en donner une, laquelle serait-elle selon toi ? »
Il se tourna vers elle avec sérieux.
« Ce n'est pas que tu ne peux pas conduire, c'est plutôt que tu ne veux pas. En raison de ce qui est arrivé à tes parents. Tu ne veux pas être celle qui pourrait causer un accident comme celui qui leur a coûté la vie. Tu préfères la sécurité relative et le confort d'être passager. Tu ne portes pas la responsabilité. »
Elle détourna le regard et se perdit dans ses souvenirs.
« Tu aurais dû faire psy Ben Solo. Tu es drôlement doué pour comprendre les gens.
-Seulement toi. »
Elle eut un bref sourire mais même cette attention ne put empêcher la mélancolie qui s'était emparée d'elle de rester.
« J'y étais ce jour-là. Elle le regarda enfin. Dans la voiture. A l'arrière quand c'est arrivé. Le choc a été brutal, je ne dois ma vie qu'au fait que l'autre voiture nous ait percutés de pleine face. »
Un flash s'insinua dans son esprit mais elle le chassa bien vite.
« Qu'est-ce que tu veux Rey ? finit-il par demander d'une voix grave. »
Elle pivota sur son siège pour qu'il la voit très bien quand elle lui répondrait.
« Cela me semble plutôt évident, toi. »
Sa réponse resta comme suspendue entre eux et elle préféra ne rien ajouter. Elle se saisit de la poignée de la porte et sortit pour regagner son domicile. Une fois dans l'entrée, elle prit son téléphone, chercha le contact « Le voisin » et se mit à pianoter.
Merci de m'avoir ramenée. J'ai apprécié ma première nuit de débauche ici, tu l'as rendue plus palpitante. Ps : j'aimerais bien récupérer ce qui m'appartient. Cette lingerie m'a coûté les yeux de la tête et je ne compte pas t'en faire cadeau.
Satisfaite de sa réponse, elle monta dans sa chambre. Elle se déshabilla mais s'arrêta dans son geste quand elle entendit son smartphone vibrer sur son lit. Avec un sourire, elle le déverrouilla.
Je n'allais pas te laisser sur le bas-côté de la route. Avec cette tenue, tu aurais très rapidement eu de la compagnie. Je ne doute pas qu'ils t'auraient proposé un bon tarif mais j'aime autant te savoir chez toi. Ps : si tu tiens tant à l'avoir, je te suggère de te montrer inventive pour la récupérer… tu devras venir la chercher. Je compte bien la garder, chaque jour, dans ma poche jusqu'au moment où te décideras à venir. Prouve-moi que cette culotte valait vraiment le prix que tu l'as payée. Pss : je te préfère sans…
Elle rigola avant de jeter son portable sur le matelas et de faire demi-tour pour aller se laver.
/
Elle se réveilla le lendemain plus fraîche qu'elle ne l'aurait cru. Elle avait pas mal bu mais avait l'heureuse capacité de très bien tenir l'alcool. Ce qui l'avait sauvée, par le passé, de situations délicates. Ce matin, elle pourrait se montrer devant sa tante sans afficher une gueule de bois. Elle se leva et rejoignit la cuisine en pyjama, s'étirant sans discrétion et bâillant à gorge déployée.
« La soirée a été bonne ?
-Je dois dire que oui. Elle s'est bien terminée, annonça Rey en songeant à sa discussion avec Ben dans la voiture. »
Maz lui lança un sourire complice.
« Et le garçon en question ? A-t-il fait une apparition ? »
Rey sourit, sa tante n'y allait pas par quatre chemins.
« Possible, la taquina-t-elle. Oui, je l'ai vu.
-Et ?
-Il m'a littéralement retournée, une fois encore. »
C'était le cas de le dire, remarqua-t-elle en repensant à la façon sauvage dont il l'avait maintenue contre cette porte.
« Il a l'air de te plaire énormément… constata Maz en faisant semblant de ne pas y prêter beaucoup d'attention. En tout cas, mission accomplie.
-Je suis désolée, sincèrement désolée de n'avoir rien dit plus tôt à son sujet. De t'avoir caché son existence. J'ai toute confiance en toi mais je gardais jalousement pour moi les premiers émois. C'est précieux et je dois encore y voir plus clair pour t'en parler plus sereinement. Mais oui, il m'intéresse.
-Tu as le droit d'avoir ton jardin secret. Je respecte ça mais sache que tu pourras venir m'en parler dès que tu en ressentiras le besoin. Qu'est-ce que tu aimes le plus chez lui ? »
Enfin une question facile et elle sourit.
« Sa franchise. Et sa répartie aussi. Il me fait rire. J'ai la sensation qu'il me connaît, qu'il arrive à lire en moi, à voir mes failles et à les accepter. Qu'il veut de moi comme je suis vraiment. C'est nouveau mais plaisant et je n'ai plus à m'épuiser à me cacher complètement derrière des murs que j'ai mis tant de temps à bâtir… Elle observa la grimace de Maz. Même s'il apprécie aussi cette autre facette de moi, reprit Rey. Il me comprend.
-Je préfère cette réponse à celle très convenue de son physique. Allez ! Va donc chercher le courrier au lieu de rêvasser, je ne sais pas si tu as vu l'heure mais c'est bientôt le déjeuner ! Tu as assez pensé à lui pour le moment. »
Rey se leva sans discuter face à ce brusque revirement, Maz ne souhaitant plus s'étaler sur le sujet visiblement.
« Merci de respecter ma bulle mais, pour info, il m'attire aussi vachement physiquement ! »
Sa tante leva les yeux au ciel et elle se dirigea vers l'entrée. Depuis son arrivée, c'était sa petite tradition d'aller récupérer le courrier. Le soir en semaine et le midi le week-end, bien que pour le moment elle s'était contentée de le faire dimanche dernier. Elle se traîna en chaussons, bâillant une nouvelle fois avant d'ouvrir la porte. Cependant, elle se stoppa net sur le paillasson et n'alla pas plus loin. Une fleur et pas n'importe laquelle avait été déposée devant leur porte. Une pivoine rose* avec un petit mot issu d'un carnet.
Elle se pencha et s'en saisit. Elle en huma son parfum puis posa son regard sur le mot.
Si tu avais réellement observé le jardin la dernière fois, tu aurais pu y trouver une chose qui te plaît.
Pas de signature mais elle savait parfaitement qui lui avait offert ce présent. Il ne pouvait s'agir que de lui. Il était le seul à qui elle avait avoué que sa fleur préférée était la pivoine. Elle sourit, touchée qu'il s'en soit rappelé et par cette attention. Elle relut le mot et son impertinence lui décrocha un autre sourire. Elle fit demi-tour et rentra dans la maison. Elle monta directement les escaliers pour se rendre dans sa chambre.
Elle déposa la fleur sur le rebord de sa fenêtre. Elle la ferait sécher pour pouvoir la conserver. Le mot, elle le déposa dans son meuble de chevet près de la photo de ses parents. Elle se coucha en travers de son lit et prit son téléphone en réfléchissant à sa réponse.
Je n'ai pas eu besoin de chercher… J'y ai bien trouvé quelque chose qui me plaît et elle est directement venue à moi. Et elle s'est rappelée que j'aimais les pivoines. Merci à elle de ce geste.
Elle reposa son téléphone et attendit sa réponse.
« Rey ? Rey, où es-tu ? Il y avait du courrier ? l'interpella Maz visiblement surprise de ne pas la voir revenir.
-Merde ! »
Elle sauta d'un bond sur le sol, avec tout ça, elle en avait oublié sa mission. Elle se précipita en bas, vérifia que sa tante se trouvait toujours dans la cuisine et fonça vers la boîte aux lettres discrètement. Elle revint une minute plus tard, les mains pleines.
« Oh ! s'agaça sa tante. Vire-moi toutes ces pubs ! Le vrai courrier est noyé là-dedans. Qu'aimerais-tu faire cet après-midi ? Tu as peut-être prévu une sortie avec tes amis.
-Ca risque pas, dit-elle dans sa barbe. Non, reprit-elle à voix haute, je suis libre comme l'air ! On pourrait faire un truc ensemble ?
-Tu n'es pas trop fatiguée pour ça ?
-Non, ce n'était pas ma première soirée. Je sais encaisser. Et les 10 heures de sommeil ont aidé à décuver ! plaisanta-t-elle avec légèreté. Tu voudrais m'emmener quelque part ? On est plus obligées d'aller au centre… Donc, je ne sais pas me montrer un lieu spécial pour toi ? J'aimerais bien en apprendre davantage à ton sujet ma chère tante. Et tu me dois toujours le tome 2 de tes amours. Il me semble que nous nous sommes arrêtées quand tu venais d'avoir 17 ans et on avait déjà vu du monde…. mais bon je dis ça, je ne juge pas !
-Va donc t'habiller ensuite on mangera et on verra ce qu'on fera petite impertinente ! »
Elle lui jeta le torchon et Rey courut en jappant pour l'éviter. Elle lui tira la langue mais s'exécuta en remontant à l'étage.
*vous me pardonnerez, je l'espère, de ne pas respecter la vraie période de floraison de la pivoine mais j'en avais besoin pour l'histoire ;)
