Bonjour :)
Gigibulle : j'ai adoré ton commentaire et je suis trop contente de lire que tu as kiffé ce chapitre (il était important) mais surtout je suis heureuse que tu retrouves Rey ;) Oui le Reylo est unique... (étoiles dans les yeux) J'avais ri lorsque tu avais suggéré des pivoines car je savais que ça allait arriver ! Tu ne t'es pas trompée ^^Ouf pour l'humour car c'est relativement nouveau pour moi :)
Montre moi : bienvenue et merci de suivre cette fic ;)
Je vous laisse sur un chapitre de transition qui ouvre la seconde partie de l'histoire et le rapprochement Rey/Ben ensuite...
Chapitre 6
Le retour à la fac, lundi matin, fut particulièrement pesant. Durant l'intégralité du trajet en bus, elle avait songé à ses retrouvailles qui s'annonçaient glaciales avec Finn et Poe. Elle se rappela qu'il manquait aussi l'avis de Rose sur le sujet bien que son expression lors de l'annonce avait été plutôt éloquente. Elle avança cependant la tête haute et la démarche assurée, poussant la porte de l'amphithéâtre comme si de rien n'était. Elle les repéra rapidement et alla s'installer près d'eux. Les conflits entre copains c'était courant et celui-ci ne serait sûrement pas le dernier, se dit Rey alors elle préférait crever l'abcès tout de suite. Le cours ne commençait que dans 15 minutes, ce qui lui laissait assez de temps pour régler le problème, du moins elle l'espérait.
La situation s'améliora encore quand, en déballant ses affaires, elle vit Poe se précipiter dans leur direction. Il la salua brièvement avant de demander un truc à Finn et elle n'écouta que d'une oreille leur conversation.
« Heureux de constater que tu es bien rentrée samedi soir, murmura Poe vers elle. Tu aurais au moins pu envoyer un message. Finn nous a dit pour le taxi mais on s'est tout de même inquiétés. »
Elle se tourna vers lui avec une remarque bien sentie sur le bout de la langue mais préféra se montrer plus intelligente. Après tout, il faisait un pas vers elle et elle était sincèrement touchée d'apprendre qu'ils s'étaient souciés d'elle. Elle éprouva même une pointe de remords.
« Je vous dois des excuses. J'ignorais que ça avait pu vous tracasser. Je suis rentrée sans encombre. Inutile de leur préciser avec qui, pensa Rey. La soirée s'est bien terminée de votre côté ? continua-t-elle sincèrement rassurée de voir qu'ils avaient entamé le dialogue sans ennui. Je n'aurais peut-être pas dû la quitter si précipitamment mais pour les esprits de tous, je crois que c'était le mieux à faire. »
Elle pinça des lèvres. Elle n'aimait pas les disputes encore moins avec des personnes qu'elle appréciait réellement. Elle avait toujours éprouvé des difficultés à s'excuser mais savait qu'elle devait prendre sur elle et faire l'effort pour rétablir la situation. Situation dont elle était responsable.
« Poe, reprit-elle, je sais ce que tu as tenté de faire. Tu as voulu me mettre en garde et me protéger mais je sais à qui j'ai affaire, je n'ignore pas votre petit passé commun. Il m'en a parlé avec transparence. Néanmoins, je te remercie de l'avoir fait. Tu as agi en véritable ami tout comme Finn. Cependant, reprit-elle en revenant sur les protagonistes de départ, vous avez tous les deux changé depuis cette période. Vous ne le faites plus ni l'un, ni l'autre donc disons que vous êtes quittes. Quant à l'aspect plus personnel, ça ne regarde que moi. Je suis encore libre de faire ce que je veux, avec qui je veux qu'il soit recommandable ou non, j'aime à être la seule à en juger.
-Je comprends mais, comme tu l'as souligné, en tant qu'ami je ne te laisserai jamais faire ça avec n'importe qui. Personne ne veut te voir souffrir. En revanche, j'admets que je m'y suis pris comme un manche pour te l'expliquer, reconnut Poe. J'aurais pu être un peu moins incisif et te laisser t'expliquer… Après tout, tu le connais et tu es assez grande pour savoir s'il te veut du bien. Au pire, on sera là pour y veiller si ça tournait mal. Ce que je ne souhaite pas. »
Elle ne pouvait nier qu'elle était touchée de voir que ses amis pouvaient se montrer protecteurs envers elle au bout de si peu de temps. Définitivement, elle était bien entourée à Pasaana et elle savourait sa chance.
« Enfin, Poe lui lança un sourire enjôleur, tu n'avais pas tort concernant l'inversion des rôles. En étant tout à fait franc, si ça avait été lui mon pote, j'aurais applaudi la perf ! Je crois, il rigola, avoir trouvé une adversaire à ma taille à ce petit jeu. Tu vas rendre les soirées nettement plus intéressantes. Je suis content qu'on soit amis, ça risque d'être distrayant. En tout cas, je comprends mieux pourquoi tu les repoussais tous. Tous ces mecs n'avaient aucune chance, tu avais déjà jeté ton dévolu sur un autre. Trouver son plan-cul en moins de 7 jours, ça force le respect ! »
Rey constata qu'avec Poe cela semblait être très facile de se réconcilier. Comme de lui faire accepter « sa relation ».
« Je ne m'attendais pas à autant de compliments de ta part, cher ami. Je ta rassure, loin de moi l'idée d'aller chasser sur tes terres, je me contenterai de Ben Solo pour le moment. Il comble parfaitement mes désirs. »
Nouveau sourire complice de la part de son ami.
« On ne débusque pas au même endroit de toute façon. Je préfère les filles bien que je reconnais que tout comme moi, il a presque une aussi jolie chevelure que vous mesdames. »
Elle ricana et se pencha vers lui d'un air taquin.
« Parce que tu crois que je n'ai jamais essayé les filles ? Il haussa un sourcil. J'ai fait quelques séjours en pensionnats, non-mixtes, il fallait bien s'entraîner…. Et les challenges lancés en soirées pyjamas peuvent se révéler formateurs. Autrement dit, j'ai probablement roulé des patins à plus de gonzesses que tu ne l'imagines.
-Va falloir qu'on parle plus sérieusement toi et moi. Tu as l'air d'avoir une vie passionnante. Dis-moi simplement si les douches étaient collectives. Mon imagination fera le reste, mon esprit est très au point pour combler les trous dans les récits. »
Elle allait répliquer mais Finn l'interrompit.
« Tu comptes passer la journée ici ou aller en cours un jour ? Ça va bientôt commencer.
-Eh bien t'es jaloux ? Si tu voulais être à sa place, c'était à toi de la chauffer. Lui a su saisir sa chance. Il ne faut jamais la laisser passer, termina Poe à l'adresse de son ami avec un clin d'œil.
-Inutile, coupa Rey soudain mal à l'aise avec l'idée suggérée. Je suis peut-être du genre à faire ça dans les chiottes d'un bar avec un mec qui me plaît, testé et approuvé soit dit en passant, mais certainement pas avec un pote. Ce que Finn représente à mes yeux. Je ne mélange pas tout, l'amitié est sacrée et je ne dépasse jamais les limites.
-Il en va de même pour moi, conclut Finn.
-Bref, reprit Poe en la fixant à nouveau, tu es une fille qui a la tête sur les épaules. Je n'aurais pas dû en douter et me montrer plus ouvert d'esprit avant de critiquer. Si tu traînes avec lui, c'est qu'il a dû mûrir comme tu l'as dit donc je lui accorde le bénéfice du doute. On aura peut-être l'occasion de se recroiser dans d'autres conditions pour en décider. Comme l'a si gentiment demandé Finn, je vous laisse à vos études. On se voit au déj ! »
Il partit aussi vite qu'il était arrivé et Finn s'absenta pour aller aux toilettes. Elles se retrouvèrent seules Rose et elle.
« Comment t'as fait ? lui demanda-t-elle aussitôt leur ami suffisamment éloigné. A peine une semaine que t'es là que tu as déjà su l'attirer dans tes filets. Comment tu lui as fait comprendre qu'il te plaisait et t'assurer que c'était réciproque? débita Rose sans respirer.
-Honnêtement, je ne sais pas. Je dirai que les hasards de nos rencontres successives ont suffi à créer une ambiance propice à ce que nous nous plaisions et puis je ne sais pas, je l'ai vu et piouf je me suis dit que j'en ferais bien mon quatre heure ! Visiblement, lui aussi.
-Je suis trop timide pour être aussi directe. Quand j'ai compris, avec votre dispute au bar, ce que tu avais fait avec ce type… c'était étonnant mais courageux ! Ça m'a un peu choqué mais, après tout, on n'a qu'une vie et s'il est bon, pourquoi s'en priver ?
-Quelqu'un te plaît ? demanda franchement Rey. Je ne suis pas vraiment une experte dans ce domaine malgré ce que je viens d'en dire à Poe. Ben m'aurait rejetée, tu n'aurais pas du tout vu la même Rey à la soirée. Au fond, je suis assez pudique et j'ai aussi des émotions sous cette façade. Je suis pleine d'assurance avec lui car j'ai la certitude, au moins d'un point de vue purement physique, que je lui plais. Mais, au tout début, on en est rarement sûr sauf si l'autre se montre très direct dès le départ …
Comme cela s'était passé dans son cas. Elle regarda Rose et attendit que son amie se décide à parler, sentant bien qu'elle n'abordait pas le sujet pour déblatérer sur son comportement du week-end mais bien à titre de conseils.
« Finn, finit-elle par lâcher dans un souffle mais Rey ne percuta pas tout de suite. »
Elle finit par ouvrir la bouche dans des « oh », un peu étonnée par cette annonce incongrue. Elle ne l'avait pas vu venir mais s'en réjouit.
« Je le trouve gentil, impliqué et passionné dans ce qu'il fait. Possible que j'aimerais bien creuser un peu plus que l'amitié avec lui…
-Tu as tenté quelque chose ? Un geste ou bien un sous-entendu ?
-Je crois qu'il t'apprécie, avoua Rose avec une pointe de tristesse.
-Pas de la façon dont tu l'imagines. Je ressens plus un besoin de protection, de bienveillance que de l'attirance dans son attitude. »
Elle avait conscience de mentir. Du moins, un peu. Finn avait tout de même été quelques fois assez transparent sur des compliments ou des regards volés.
« Il n'y a rien de plus. En tout cas, de mon côté, je peux te le certifier, conclut-elle.
-Il parle souvent de toi, c'est ce qui m'a fait penser que…Elle souffla. Puis, il n'a pas vraiment réagi vendredi quand je l'ai embrassé. »
Rey fit un bond sur sa chaise, en lâchant presque son sac dans lequel elle essayait de retrouver son crayon. Rose était finalement bien plus déterminée que ce qu'elle avait imaginé. Pourquoi diable venait-elle lui demander de l'aide si elle était déjà si audacieuse toute seule ?
« C'était rien du tout, continua-t-elle, un petit bisou comme ça sur les lèvres quand il m'a ramenée chez moi. Poe a fini sa nuit autrement, inutile de te dire comment. J'en ai eu envie alors je l'ai fait mais je ne sais pas il est resté comme inerte. Il n'a rien dit, m'a laissé rentrer chez moi avant de repartir et on n'en n'a pas reparlé depuis. Il a dû prendre ça pour un remerciement pour le trajet. Ce qui me fait dire que mon histoire sent moins bon que la tienne.
-As-tu songé qu'il ait pu être surpris ? C'est peut-être juste ça qui l'a bloqué et maintenant il se sent stupide de ne rien avoir fait sur le moment. Après tout, on est amis et ça a pu le perturber de te voir soudainement agir différemment.
-Si je lui plaisais, je crois plutôt qu'il aurait saisi sa chance pour en profiter davantage. Sans aller jusqu'à me déshabiller, il aurait pu approfondir la chose. »
Rey réfléchit un instant et concéda à Rose qu'elle avait très probablement raison.
« Timide ? essaya-t-elle tout de même.
-Rey, je me suis fait friendzoner comme tu l'as fait avec lui i minutes après la suggestion de Poe.
-Pourquoi ne pas lui poser cash la question ? Au moins tu seras fixée. Soit il est ok et vous voyez ce que ça donne, soit vous arrêtez là et au moins tu n'auras pas le temps d'en souffrir trop. Poe a raison quand il dit qu'on a tendance à vite s'attacher, nous, les filles.
-Toi aussi tu fais partie de cette team ? demanda Rose.
-Je le crains, avoua Rey qui était forcée de reconnaître son émotion de plus en plus grande quand un certain jeune homme se manifestait. »
Son amie rigola et retrouva toute sa bonne humeur.
« Cette discussion entre filles était sympa ! Je crois que tu as raison, la meilleure façon de savoir est encore de lui demander. Je vais lui proposer de sortir et voir ce qu'il me répond. Elle sourit mais se figea vite. Je peux me permettre une autre question ? Rey hocha la tête positivement. Tu nous as avoué pour tes parents et les familles successives, je me doutais bien que ça n'avait pas dû être simple mais j'ignorais pour les orphelinats…. Ça a dû être difficile. En entendant ton histoire je me sens chanceuse d'avoir pu avoir une enfance comme la mienne. Je ne crois pas vous en avoir parlé mais j'ai une grande sœur, elle s'appelle Paige.
-Ne t'inquiète pas pour ça. Je suis habituée et tu es libre de me demander ce que tu veux, ne te sens pas gênée d'aborder le sujet. Tu as de la chance Rose et c'est bien d'en être consciente, moi aussi je m'estime chanceuse d'être enfin près de ma tante. Tu devrais la rencontrer, Rey pouffa, elle m'a fait mourir de rire quand elle a vu Finn et Poe dans l'allée de sa maison avec leurs looks de baroudeurs. Elle m'a demandé pour qui je m'étais pomponnée et était clairement déçue de les voir débarquer ! »
Rose éclata de rire à son tour.
« Remarque, tu as finalement trouvé celui que tu étais venue chercher. J'aurais peut-être dû essayer le coup de la petite robe noire moi aussi, la fin de sortie aurait sûrement été plus excitante ! La prochaine fois je passe me préparer chez toi.
-Préviens-moi assez en avance, ma tante a failli faire une attaque de devoir réaliser ce petit miracle en moins d'une heure ! Elle en porte encore les cicatrices ! »
Elles rigolèrent ensemble quand Finn s'approcha en leur demandant ce qui les faisait s'esclaffer et que Rey répondit « des trucs de filles ». La journée se déroula finalement nettement mieux qu'annoncée et elle se régala au déjeuner des récits de Poe toujours aussi exubérant. Néanmoins, à la fin du repas, elle s'arrangea pour se retrouver seule avec lui.
« Je sais déjà ce que tu vas me dire Rey, la coupa-t-il aussitôt. Si tu sais notre petit arrangement à Ben et moi alors tu n'ignores pas ce que j'ai pu consommer par le passé et tu as des questions. Laisse-moi d'abord reconnaître que j'avais un bon dealer. Pas le plus loquace mais efficace et sérieux, du moins vu son domaine de vente. Il était plutôt réglo. Pas du genre intimidant ou menaçant. Il avait ses raisons pour faire ça et moi les miennes.
-Tu n'allais pas bien ?
-C'est pour ça que tu voulais me parler ? Tu t'inquiétais ?
-Je suis forcée d'admettre que oui même si je sais que tu ne consommes plus aujourd'hui. Il me l'a dit et j'espère qu'il n'avait pas tort. Je voulais être sûre que…
-Tout va bien. J'étais mal à cette période et je pensais que ça pouvait m'aider à aller mieux. J'avais des soucis avec la fac, des difficultés à concilier les responsabilités, mon petit boulot, les devoirs demandés et je me suis laissé dépasser. Ça m'aidait à tout réussir. Du moins, je le croyais avant de me rendre compte que c'était faux et que me faire subir ça n'était pas la solution. Avec l'aide de mes parents, j'ai fait le nécessaire pour m'en sortir, je suis parti en désintox tout un été. Ce n'est pas toujours facile et je ne dois plus m'en approcher mais je tiens bon. Je ne lui en tiens pas rigueur non plus, si tu voulais le savoir.
-Pourtant c'était lui qui te fournissait. Il avait sa part de responsabilité. Il entretenait ton addiction.
-C'est vrai mais je te l'ai dit, il avait ses raisons. On était probablement deux à souffrir dans cette histoire. »
Rey fronça les sourcils, prenant conscience qu'elle ignorait ce qui avait poussé Ben à agir de la sorte. Elle s'était refusée à le questionner mais ne pouvait nier, face aux paroles de Poe, s'interroger désormais.
« Je suis tout de même étonné de voir que tu ne cherches pas à prendre sa défense. Tu n'as pas perdu ta lucidité ! plaisanta-t-il. Je ne vous voyais pas ensemble… et pourtant l'alchimie entre vous est évidente. Prouve-moi que j'ai eu tort de te mettre en garde petite Rey. »
Il s'en alla aussi vite qu'elle l'avait retenu, une moue dubitative figée sur le visage. Le passé commun de Ben et Poe ne la gênait pas, pour autant, l'attitude de son ami ne la laissa pas indifférente. Lui qui était habituellement si sûr de lui avait donc aussi ses failles et des faiblesses bien visibles. En réfléchissant, elle comprit que Finn était parfaitement au courant des anciennes addictions de son colocataire. Cette révélation en disait long sur la relation entre les deux hommes.
Elle avait apprécié cet échange qui lui permettait de voir qu'au-delà de l'assurance de ce dernier, il était donc humain, comme tout le monde.
Entre elle, Ben et maintenant Poe, elle comprit qu'ils avaient tous une histoire. Un malheur, un souvenir difficile, une addiction peu importe sous quelle forme cela s'était présenté, ils avaient tous vécu une chose marquante qui les définissait en partie aujourd'hui mais qu'ils avaient réussi à surmonter. Sur cette pensée positive, elle serra son sac contre elle et reprit la direction de sa salle de classe.
/
Le soir venu, comme elle l'avait promis à sa tante, elle se décida, après avoir suffisamment procrastiné depuis deux jours, à sortir la poubelle pour le ramassage. Elle galéra à la porte, la poussant d'un pied pour que cette dernière daigne s'ouvrir tout en lui permettant de passer avec son immense sac. La prochaine fois, elle n'attendrait pas aussi longtemps pour la sortir. Elle était blindée, presque aussi grande et lourde qu'elle. Dans un ultime effort, elle arriva à atteindre le perron non sans un cri de lutte intense. Elle regarda les escaliers et l'allée jusqu'à son objectif d'un air dépité.
5 minutes plus tard, elle lâchait tout et constatait avec tristesse qu'elle crachait ses poumons pour ce simple trajet.
« Besoin d'aide ? »
Sa nonchalance l'obligea à le fusiller du regard surtout quand elle vit ses bras, plus musclés que les siens et qui auraient porté son fardeau sans aucune difficulté.
« Tu arrives un peu tard pour ça.
-C'était plutôt amusant à regarder. L'espace d'un instant, à la troisième marche je crois, j'ai bien cru que la poubelle allait gagner votre confrontation. Mais tu as su rebondir avec brio.
-Tu m'as observée tout ce temps en mangeant ta pomme, sans venir m'aider ? Tu baisses dans mon estime. Tu offres des fleurs aux filles pour te faire passer pour un prince charmant mais comme la plupart quand on a besoin de lui, je constate qu'il n'y a plus personne… On devrait arrêter de bassiner les jeunes filles avec toutes ces salades ! La réalité c'est ce que je viens de vivre. Les moments clés, tu es seule.
-Parce que sortir la poubelle en est un ? s'amusa-t-il en croquant dans son fruit.
-Chacun ses priorités. C'est un critère essentiel pour moi, répliqua-t-elle hautaine.
-Dans quel domaine ?
-Dans celui de me trouver un compagnon bienveillant pour le futur.
-Et quels sont les autres critères ?
-En quoi ça t'intéresse ? Tu veux entrer en course ?
-Je croyais déjà l'être. »
Elle ne sut dire s'il était franc ou arrogant en lui balançant cette réplique. Pour autant, elle aimait cette assurance dont il faisait preuve ainsi que ce que cela supposait. Elle eut un sourire en coin mais ne répondit pas et préféra commencer à partir.
« Il y a d'autres candidats ? »
Elle pivota automatiquement et revint dans sa direction, soudain intéressée. Il jeta, dans une ultime provocation, le trognon de sa pomme en la détaillant.
« Tu aimerais le savoir ? le questionna-t-elle en songeant qu'il avait peut-être imaginé quelque chose en la voyant avec Finn et Poe.
-Je ne te poserai pas la question si ce n'était pas le cas.
-Je crois que tu vas être obligé de rester dans l'ignorance. Je ne vais tout de même pas dévoiler toutes mes cartes aussi facilement. Pour me conquérir, tu vas devoir combattre un minimum.
-Tu n'es pas ne serait-ce qu'un peu conquise ?
-Peut-être. Elle sourit. Ça se pourrait mais le chemin est encore long.
-Je ne suis pas du genre à abandonner facilement et je ne redoute pas les challenges, surtout quand ce dernier en vaut la peine.
-Alors cela signifie que tu me veux. »
Après tout, elle, elle l'avait déjà reconnu.
« J'ai envie que tu m'embrasses, reprit Rey. Je n'en peux plus de voir cette bouche s'agiter devant moi sans pouvoir y goûter. Elle entrouvrit la sienne et laissa passer une seconde. Tu viens visiter mon jardin ?
-Oui mais j'y ai déjà trouvé ce qui m'y intéressait. »
Elle sourit de cette référence à leur dernier échange par SMS. Il la suivit jusqu'à l'arrière de la maison et une fois la première haie passée, la saisit par la taille pour la retourner et l'embrasser. Elle y répondit, posant tendrement sa main sur son torse avant de l'arrêter.
« Attends, pas ici. Maz est à l'intérieur. Je n'aimerais pas qu'elle l'apprenne de cette façon, pas que j'en ai honte, loin de là mais on parle beaucoup elle et moi et je lui ai promis de lui dire quand je me sentirai prête. Je tiens à le respecter. Et puis, pour le moment, j'aime t'avoir rien qu'à moi.
-Tu lui as parlé de moi ?
-Sans te nommer mais oui. Elle sait que..
-Que quoi ? »
Ils se regardèrent mais clairement ils n'étaient pas encore prêts à avoir cette discussion. Ce point n'était pas bien défini entre eux et c'était mieux ainsi. Elle préférait qu'ils se laissent porter et voir où tout cela les conduirait. C'était encore trop tôt pour imaginer une suite sérieuse à tout cela. Elle n'était même pas sûre d'identifier clairement ce qu'elle ressentait pour lui alors le dévoiler à quelqu'un ? Même pour elle, elle évitait cette interrogation.
« Je suis en train d'établir un vrai lien avec elle. Une relation familiale. C'est la première fois que ça m'arrive, que je me sens aussi proche d'un adulte, que je sais qu'elle m'aime comme un parent qui serait prêt à tout me protéger et qui me chérit déjà énormément bien que mon entrée dans sa vie est si récente. C'est aussi troublant que réjouissant.
-Parce que tu as peur de tout perdre du jour au lendemain ? Que tout pourrait s'arrêter et t'être enlevé ? »
Elle songea à ses parents, à la brutalité de leur départ et à son incapacité notoire à s'attacher à toutes les familles qui avaient pu être les siennes au fil des années.
« Oui, sans doute. S'attacher à quelqu'un c'est aussi redouter de le perdre un jour. Elle passa ses bras négligemment derrière son cou, ne souhaitant pas poursuivre dans cette voie tandis qu'il en faisait de même avec ses hanches. Tu ne m'embrasses plus ? »
Il sourit et se pencha pour capturer ses lèvres. Sa langue caressa la sienne longuement puis il recula.
« Je croyais qu'on devait se cacher. »
Elle se détacha et lui prit la main pour qu'il la suive. Avec amusement, elle le poussa dans le cabanon du fond du jardin et ferma la porte derrière eux. Ben paraissait presque trop grand, debout entre les vieux outils et la tondeuse. Il s'accouda sur l'établi en semblant lui dire du regard « qu'attends-tu ? ». Elle saisit les bords de son t-shirt et s'en débarrassa, le tenant à bout de bras avant de le laisser tomber dans un « oups » provocateur. Elle passa ensuite ses mains dans son dos et dégrafa son soutif sans le faire tomber. Puis, elle plaça ses paumes sous celui-ci, pour masquer sa poitrine, et gigota pour qu'il se retire pour de bon.
Elle resta dans cette position à le dévisager d'un air joueur.
« Pourquoi tu les caches ? Tu joues avec alors autant les montrer.
-Enlève ton haut. »
Il s'exécuta et l'approcha. Il la colla contre lui et elle leva les yeux dans sa direction, gardant sagement ses mains sur sa poitrine avec pudeur. Elle les retira petit à petit mais colla ses pointes durcies contre son torse. Il ne pouvait voir mais pouvait très clairement sentir. Il se mit à la caresser du bout des ongles, partant du haut de sa hanche en filant sur ses côtes avant de frôler le renflement délicat de ses seins.
« Ferme les yeux.
-Ok, murmura-t-elle un peu amusée. »
Elle rigola quand ses cheveux vinrent chatouiller son cou et qu'elle comprit où sa bouche descendait de cette façon. Il souffla dessus et les embrassa. Il remonta aussi vite pour approcher ses lèvres de son oreille.
« Je crois qu'il est temps de s'en occuper. »
Elle se sentait déjà devenir humide à cette simple phrase. Ils ne s'étaient pas croisés du week-end, ni parlés depuis leur dernier échange par SMS samedi matin et elle réalisa subitement qu'il lui avait manqué pendant ces deux jours. Elle comptait donc bien rattraper le temps perdu. Il était toujours en train de lui titiller les seins quand elle débuta naturellement la conversation.
« Tu as fait quoi ce week-end ? demanda-t-elle en soupirant sous ses gestes.
-Pas grand-chose. Ma mère m'a trainé acheter des plantes pour son jardin. Ça m'a fait penser à toi. Le soir, je suis resté avec elle au lieu de sortir avec mes coéquipiers du basket et hier, il a bien fallu planter nos achats. En somme, rien de passionnant. Et toi ? demanda-t-il en la léchant et en commençant à déboutonner son propre jean.
-Sans être plus palpitant, je me suis bien amusée avec ma tante. Samedi, on est allées lui trouver une nouvelle paire de chaussures, ensuite on a passé la soirée à s'empiffrer de pop-corn et à critiquer les candidats d'un télé-crochet ridicule. Dimanche, on a fait le tour du quartier. Elle mit ses doigts dans le pantalon de Ben et se faufila sous son caleçon où s'y trouvait déjà les siens qui s'activaient vigoureusement. Elle se cala par-dessus la large main de Ben et adopta son rythme. A cette occasion, j'ai aussi pensé à toi quand on est passées par le petit parc. J'ai bien rigolé quand Maz m'a avoué que certains jeunes y venaient parfois pour se bécoter. »
Elle récupéra un peu du précieux liquide précurseur qui s'échappait du bout de sa verge pour la lubrifier et accentuer l'intensité de leurs mouvements conjugués. Elle le touchait toujours quand il se décida à la soulever pour la placer sur le petit établi.
« Allonge-toi, lui demanda-t-il et elle s'exécuta arrêtant ses caresses sur lui. J'imagine que tu ne lui as pas dit que tu avais déjà pu expérimenter cet aspect du parc.
-Non. »
Il sortit définitivement son membre de son carcan avant de la tirer vers lui pour placer son sexe contre son ventre et s'y frotter délicieusement. Il lâcha un long râle quand il y parvient. Elle baissa les yeux, l'observant en train de se masturber sur elle.
« Il faudrait qu'on gère un peu mieux notre communication, tu ne penses pas ? se lança-t-elle subitement. Tu m'as reproché dans ce bar…
-On ne s'était pas vus de la semaine, pas même le soir à la rambarde. Je trouvais ça simplement, il s'arrêta comme pour chercher le bon mot, différent.
-M'attendais-tu Ben Solo ? demanda-t-elle en lui pinçant les joues tandis qu'il cessait de s'activer contre elle. Ça ferait deux fois. Dois-je m'inquiéter de te voir rôder près de chez moi le soir dans l'espoir de me voir ? Comme la fois où tu as fait le pied de grue en attendant que je finisse mon shopping ?
-J'aime parler avec toi.
-Tu peux aussi le faire par SMS quand tu le souhaites, c'est à ça que ça sert la nouvelle technologie. Ça permet d'échanger même à distance.
-Ce n'est pas pareil.
-Pourtant je serais ravie de recevoir des news de mon contact préféré, bien que je dois admettre que je préfère aussi quand on se retrouve toi et moi.
-J'ai espéré te croiser samedi soir mais je viens d'apprendre que je me suis fait snober pour des pop-corn et une télé-réalité quelconque…
-Pour Maz, pas pour la télé. Si tu voulais me trouver pour faire des câlins pourquoi ne pas l'avoir simplement demandé ? Je me serais arrangée pour me rendre disponible. Tu sais que j'aime particulièrement ça. »
Elle baissa les yeux vers le bas avec évidence.
« Qui a dit que je parlais de galipettes ? Il me semble avoir précisé que ça me plaisait de discuter avec toi. C'est ce qui m'a manqué ce week-end, finit-il par ajouter. »
Elle eut un sourire timide, peu habituée à entendre ces mots. Les garçons avaient plutôt tendance à réclamer sa présence pour tout autre chose que de la parlotte ou alors pour qu'elle utilise sa langue autrement.
« Que voulais-tu me dire ? l'interrogea Rey après réflexion.
-Rien de particulier, juste parler me suffit. »
Elle lui offrit probablement le sourire le plus sincère qu'elle put et se décida à l'embrasser avec une infinie douceur. Il n'avait sans doute pas compris qu'il venait de lui faire le plus beau des compliments ce qui redoubla son désir à son égard.
« Tu aimerais donc me voir pour autre chose que baiser ? murmura-t-elle un peu gênée. »
Elle lui avait posé cette question avec timidité, redoutant sa réponse mais fière d'elle d'avoir réussi à lui demander. Après tout, il avait clairement essayé de lui faire comprendre qu'il voulait la voir davantage. Idée qui lui plaisait et qui provoquait une délicieuse crispation dans son estomac.
« A t'entendre, j'ai presque l'impression que ça te choque, rebondit-il en la fixant. Alors qu'il n'y a rien de plus normal mais dans ta bouche, ça semble presque irréel… Si ça te met mal à l'aise, oublie-ça. C'était juste comme ça.
Elle avait l'étrange sentiment d'avoir « raté le coche » et peut-être même de l'avoir vexé en quelque sorte. Elle allait lui avouer qu'elle était complètement partante mais il lui coupa la parole.
« Tu as plus que ton corps à offrir Rey, débita-t-il soudainement d'une voix grave. »
Il la fixa d'un air soucieux qu'elle ne lui avait encore jamais vu. Il était nu sur elle et elle opta pour se concentrer là-dessus plutôt que sur son visage. Elle décida donc de le reprendre en main et de l'exciter à nouveau afin de fuir cette conversation.
« Si tu crois le contraire, c'est te dévaloriser. Il enleva ses doigts de lui. Est-ce qu'un mec t'a déjà fait quelque chose ou t'a imposé à lui faire quelque chose sans ton consentement ?
-Tu crois que je regrette ce qui s'est passé entre nous vendredi ? s'offusqua Rey. Ou que l'avis de mes potes comptent pour moi vis-à-vis de ce qu'on fait ensemble ? Dans les deux cas, ma réponse est non.
-Je ne remets pas en cause ton envie. J'ai autant apprécié que toi et on savait, tous les deux, ce qu'on faisait. Je crois qu'on l'a désiré autant l'un que l'autre. Je me fous de l'avis de tes amis, seul le tien compte.
-Dans ce cas pourquoi est-ce que tu ne me laisses pas continuer ? »
Elle l'observa et souffla en ayant le sentiment d'abdiquer car elle savait qu'il ne pourrait rester sans réponse de sa part.
« Non, bien qu'avec le recul je changerai certaines choses mais on ne m'a jamais forcée. Elle lui toucha le visage dans un geste tendre, une caresse nouvelle pour elle. Merci de t'en soucier. »
Elle crut lire du soulagement sur ses traits, ses sourcils se défroncèrent et Rey constata que le sentiment de sécurité qu'elle éprouvait à ses côtés venait de se renforcer. Je suis bien avec toi, s'avoua-t-elle. Il était différent des autres, de tous ceux qu'elle avait connus. Il était mieux et ce fait lui arracha un nouveau sourire.
Ils se turent et se reconcentrèrent sur l'aspect physique de leurs retrouvailles. Il se remit à l'embrasser mais les baisers paraissaient avoir une autre saveur pour elle. Plus appuyés, plus doux et un je ne sais quoi qu'elle éprouvait mais sur lequel elle était incapable de mettre le moindre mot. Elle savoura simplement et rigola quand il redevint le Ben salace qu'elle appréciait tout autant que celui très avenant qu'elle venait de rencontrer.
« Tes seins sont encore trop hauts, gémit-il. »
Elle était particulièrement excitée de cette vision qu'il lui offrait bien que frustrée de son constat.
« On peut toujours faire ça à l'ancienne, plaisanta-t-elle. J'aime tout autant quand tu t'actives en moi même si l'autre option ne me dérangeait pas.
-Tu as dit que je serai le premier, lui confia-t-il les yeux clos et la respiration saccadée. Depuis cette idée m'obsède. Je ne suis pas sûr de pouvoir me retenir plus longtemps sans y parvenir... »
Elle l'épiait toujours. C'était plaisant à regarder et à entendre. La voir dans son poing, doucement secouée contre sa peau était réellement enthousiasmant et elle avait bien envie de voir son souhait être exaucé.
« Je crois qu'on va réussir à trouver une solution. Je m'en voudrais de te laisser partir sans avoir assouvi cette idée fixe…. sinon tu passeras encore une mauvaise journée, torturé par cette pensée. Déjà que tu as passé un week-end difficile à cause de moi, je dois me faire pardonner.
-Je peux savoir comment tu comptes faire ?
-En te montrant ma souplesse. Après tout, je crois qu'il est l'heure de te prouver que j'étais plutôt une gymnaste expérimentée. Il rouvrit les yeux. Mon coach avait toujours souligné ma créativité dans mes exercices au sol. J'aimais bien la nouveauté selon lui et puis, j'étais une compétitrice. Aucune figure ne devait me résister. J'étais une vraie championne… »
Elle haussa un sourcil et commença à se contorsionner.
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Assise sur l'établi, pas peu fière de leur réussite, elle l'observa se rhabiller. Il repassa son pantalon, passa une main dans ses cheveux et se tourna vers elle. Avec nonchalance, il sortit un paquet de mouchoirs de sa poche avant d'en saisir un. Elle s'attendit à ce qu'il lui tende mais, contre toute-attente, il la nettoya de lui-même. Il frotta contre ses seins pour effacer les traces de son passage sur eux, s'y appliquant avec onctuosité.
Elle sourit, repue de savoir qu'il était comblé et qu'il agisse ainsi après s'être montré plutôt bestial il y a moins de cinq minutes. Il n'avait pas minimisé la chose quand il avait maintes fois souligné qu'il en avait eu envie. Elle l'avait largement constaté. De son côté, elle ne nierait pas que pour une première elle avait trouvé ça très excitant surtout quand il avait faufilé ses doigts entre ses cuisses pour ne pas qu'elle soit frustrée. Ben était un amant généreux et elle se félicitait de lui avoir fait confiance pour le laisser faire ça sur elle, chose qu'elle avait refusée à d'autres car elle n'avait ressenti que perversion dans cette demande. Lui s'était certes montré impatient mais respectueux.
« Maz va t'avoir trouvée longue pour sortir les poubelles. Il replia le mouchoir et recula pour qu'elle puisse s'habiller non sans lui voler un baiser. »
C'était une habitude qu'elle avait notée chez lui. Il l'embrassait toujours après l'amour. Elle avait pris ça, du moins jusqu'à présent, pour un signe de gratitude pour ce qu'ils venaient de faire mais elle commençait à voir les choses sous un autre angle.
« Je lui dirai que j'étais partie arroser les plantes. J'en aurai profité. »
Elle reluqua ses seins désormais propres puis ramassa son soutif et son t-shirt pour les remettre. Accessoirement, elle remonta aussi la fermeture éclair de son jean. Elle devrait également changer de culotte à son retour à la maison, celle-ci était plus que mouillée.
« Avec cette tête c'est peu crédible. »
Elle fronça des sourcils et essaya de se recoiffer mais sans miroir c'était un peu difficile.
« C'est mieux ? »
A son expression, elle devina que non.
« Et mon maquillage ?
-Lui n'a pas bougé mais je te rassure cet effet ébouriffé te va très bien. Tu lui diras que tu es tombée dans un buisson. Ça serait plus crédible que toi ayant arrosé les fleurs.
-Ce n'est pas drôle ! Mais son sourire masquait mal son propre amusement. »
Elle réfléchit et roula subitement des yeux, une idée originale en tête.
« Tu as ton téléphone sur toi ?
-Tu ne t'en serviras pas pour te recoiffer. Utilise le tien.
-Ce n'était pas mon but et tu te doutes bien que si je l'avais sur moi, excuse-moi de ne pas l'emmener quand je sors juste les poubelles, je l'aurais déjà pris. »
Il fit un pas dans sa direction et le lui tendit après l'avoir sorti de sa poche.
« Viens près de moi. Elle était toujours assise sur l'établi. Mets-toi entre mes jambes, il s'approcha, retourne-toi.
Il pivota. Elle cala sa poitrine contre son dos et mit son visage près du sien, l'obligeant à se courber. Positionnée de cette façon, elle se retrouvait plus grande que lui.
Elle tendit le téléphone devant eux et glissa son doigt sur la partie en bas à droite. Une fois fait, le module d'appareil photo s'ouvrit et elle retourna la caméra en mode selfie. Ils apparurent sur l'écran. Elle le serra contre elle de son bras libre et de l'autre approcha le portable pour cadrer la photo afin de ne garder que leurs visages et le haut de leurs corps.
« Je crois qu'il faut immortaliser cette coiffure post-coïtal. 1, 2, 3 ! »
Elle posa avec un large sourire espiègle. Elle fut satisfaite du résultat, même du très léger retroussement que Ben s'était autorisé. Il quitta ses jambes, se retourna et récupéra son bien.
« Tu as raison à propos, j'ai une tête affreuse. Je crois que l'option du buisson est la plus probable finalement. On dirait une fille sortie de l'asile ! Voilà pourquoi il fallait garder ça en mémoire et puis tu t'en souviendras également comme ta première rencontre personnelle avec ces deux-là. Elle caressa sa poitrine. Fais-en bon usage. »
Elle le tira brutalement par le t-shirt pour approcher son oreille de sa bouche et lui susurrer quelques mots.
« Quand je te manque il te suffira de me regarder… »
Libre à lui de faire ce qu'il voulait avec. Elle laissa son imagination se perdre un instant et se plut à croire qu'il pourrait se toucher en l'ayant sous les yeux. C'était pervers mais cette pensée l'excita plus que de raison.
