Bonjour !
Merci à Gigibulle et Nympha d'être de retour pour la reprise de cette histoire :) J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira.
Gigibulle : contente moi aussi de te retrouver et de te mettre de bonne humeur ! Ca fait plaisir à lire. Oui lol c'était un grand moment cette leçon et je me suis bien amusée à le rédiger. Mdr je dois bien avouer qu'on entendra reparler de la dite petite culotte mais pas tout de suite ;)
Nympha : :) merci pour ton commentaire et moi aussi je suis contente d'être de retour. Merci de ta fidélité. La relation évolue effectivement et ça va continuer. Je te laisse lire ça dans le chapitre qui suit ;)
Chapitre 8
Avachie dans le canapé à regarder la télé, Rey zappait sous l'œil attentif de sa tante. Elle souffla, lasse de voir les débilités qui pouvaient être diffusées un samedi soir.
« Tu n'avais pas une sortie ? la questionna Maz tout à coup.
-Si…. Reconnut Rey en s'étirant.
-Tu ne devrais pas aller te préparer ?
-Poe et Finn ne viennent pas me chercher avant 22h. J'ai encore du temps. J'en profite pour reprendre des forces. Je me sens lessivée. »
Elle retomba de tout son long dans le sofa, appréciant la sensation de confort qui s'en dégageait. Après les vives émotions de la journée suite à leur tour de presque toutes les auto-écoles de la ville, elle était rincée. Son cerveau semblait noyé par toutes les notions qu'elle avait déjà essayé de retenir aujourd'hui. Elle avait déjà programmé sa première leçon de code sous l'œil brillant de sa tante qui n'avait pas pu contenir son émotion de la voir s'inscrire. Maz avait été tellement fière de la voir franchir ce cap que Rey n'avait eu d'autre choix que d'abdiquer pour la laisser lui offrir son permis de conduire. Elle avait bien tenté de négocier mais cette dernière n'avait rien voulu savoir, arguant avec hargne qu'elle devait « garder son argent et accepter son présent ».
Bien qu'embarrassée, elle avait fini par céder devant son insistance et son évidente joie à faire ce geste. Avec le décès prématuré de ses parents, Rey avait hérité à sa majorité d'une coquette somme d'argent laissée par sa famille. Elle n'en faisait que très rarement usage, uniquement en cas de force majeure. Jusqu'à présent, elle n'y avait touché que pour payer ses frais de scolarité et mettre en œuvre quelques projets. Le reste de ses achats était financé par les différents petits boulots qu'elle s'était retrouvée à faire car elle se refusait à gâcher cette cagnotte dans des choses futiles. A ses yeux, il s'agissait toujours de l'argent de ses parents et elle comptait en faire bon usage. Elle avait été prête à débourser la somme nécessaire pour son permis mais c'était sans compter le refus farouche de sa tante.
« On ne sort pas le grand jeu cette fois ? la taquina gentiment cette dernière. »
Rey grimaça face à cette réplique faussement anodine car elle devinait parfaitement où Maz voulait en venir. Elle ne s'était pas montrée très curieuse depuis qu'elle lui avait révélé l'info qu'un bel inconnu avait chamboulé son existence bien que Rey ait noté çà et là quelques questions.
« Si tu veux me demander si le garçon sera présent, sens-toi libre de m'interroger librement, sans tourner autour du pot. Tu peux, tu sais. Ça ne me dérange pas que tu m'en parles. Pour te répondre, il est fort probable qu'il soit là mais je n'en suis pas sûre à 100%.
-Et tu ne veux tout de même pas tout donner dans l'espoir de le voir ?
-Je ne sais pas comment je dois le prendre, plaisanta Rey. Oserais-tu supposer que ma beauté naturelle n'est pas suffisante ? Maz ouvrit la bouche face à sa minauderie mais elle la stoppa. Ma tenue est déjà préparée sur mon lit. Elle lui fit un clin d'œil complice. J'ai opté pour quelque chose de moins tape à l'œil que la dernière fois. Ça lui avait plu mais il a l'air d'apprécier quand j'adopte un look certes sexy mais qui me correspond plus. Comme mon petit manteau bleu, ajouta Rey avec un air rêveur.
-Au moins il a du goût et sait reconnaître la beauté à sa juste valeur. Tu étais à croquer là-dedans, je dois lui accorder. Maz afficha un petit air de conspirateur en l'épiant d'un œil amusé. J'en déduis que vous vous êtes vus hier. »
Rey se tourna vers sa tante qui lui lança un regard éloquent.
« A la retraite ne veut pas dire ramollie du cerveau. J'ai eu ton âge ma chérie. Les trucs je les connais tous. Surtout ce sourire qui ne quitte pas les lèvres quand on a vu l'être qui fait s'envoler les papillons dans l'estomac. Pour ta gouverne, il ne t'a pas quitté depuis la veille. »
Elle préféra se taire et baissa les yeux d'un air coupable. Maz l'avait bien grillée, elle était plus observatrice qu'elle ne l'aurait cru.
« Et cette soirée ? Dis m'en plus !
-Ça se passe chez un mec connu de toute la fac, c'est bien pour ça que même si on n'est pas dans la même classe, on a des chances de s'y trouver et que je compte avoir un style plus adapté.
-Vous n'êtes pas dans la même classe ? »
Rey réalisa qu'elle venait de lâcher cette info sans s'en rendre compte. Décidément, elle les enchaînait ce soir, elle devait vraiment être fatiguée.
« Non.
-Alors comment vous vous êtes rencontrés ?
-Une histoire de, elle rigola, pistache.
-Intéressant. Un heureux hasard vraisemblablement. Vous vous voyez souvent ? continua Maz.
-Régulièrement, reconnut Rey. Et notamment hier mais ça tu le savais déjà.
-En effet, c'est aussi le fameux jour où tu as subitement décidé de passer le permis.
-Je dois d'abord avoir mon code. La femme de l'agence que l'on a finalement retenue a clairement dit que je ne l'aurais pas en claquant des doigts. Cette chose prend du temps et demande du travail.
-Ne fais pas l'innocente et ne détourne pas le sujet. Il y est pour quelque chose dans ce brusque revirement ?
-Peut-être… mais ne sois pas jalouse. Je sais que, depuis mon arrivée, tu as essayé de m'y pousser. Sans réussite.
-Qu'est-ce que tu racontes ! Elle fit un geste de la main pour balayer cette idée stupide. Au contraire, je suis contente qu'il ait réussi à te faire changer d'avis. Je me demande juste comment il s'y est pris.
-En réalité, je ne lui ai rien dit sur ma petite visite à l'auto-école. Je pense même qu'il s'est dit après notre virée qu'il m'avait sans doute dégoûtée à vie de la conduite même si je lui ai assuré du contraire.
-Votre petite virée ? Es-tu en train de me dire que tu as conduit sans avoir le permis ? l'accusa Maz d'un regard perçant.
-Possible, avoua Rey, mais c'est moi qui lui en avait fait la demande. Il m'avait donné envie d'essayer et puis ici une voiture, c'est indispensable. Je me devais de passer une bonne fois pour toute au-dessus de mon traumatisme.
-Et comment s'est passée cette première expérience ? Je comprends mieux maintenant pourquoi tu avais l'air si stressée au petit-déj hier matin ! »
Rey rigola. Elle avait naïvement cru avoir réussi à cacher son angoisse. Lamentable échec visiblement.
« J'ai le regret de t'annoncer que je suis la coupable du meurtre d'une poubelle innocente, annonça-t-elle sur un ton solennel.
-Comment as-tu fait pour ne pas la voir ? Ce n'est pas petit.
-J'avais la tête ailleurs. Pour être tout à fait franche, j'étais en train de… elle se coupa, ne voulant pas en dire plus pour le moment, pas très fière de son emportement.
-En train de quoi ? la questionna Maz suspicieuse. Rassure-moi tu n'étais tout de même pas occupée à autre chose en conduisant ? s'offusqua subitement sa tante. »
Rey se tourna vers elle avec des yeux exorbités face à cette allusion sexuelle à peine voilée.
« Ça va pas ! Même en étant une conductrice chevronnée je ne ferais jamais ça ! En étant passagère pourquoi pas… ajouta Rey sur un ton joueur. Franchement tatie, tu as les idées mal placées ! Et puis qu'est-ce qui te dit qu'on en est déjà arrivés à ce niveau d'intimité ? Il ne me semble pas t'avoir confessé qu'on avait couché.
-Bien, c'est ce que je voulais entendre. Un garçon doit te mériter. Tu n'es pas du genre à te jeter dans les bras du premier qui passe. »
Elle baissa les yeux pour que sa tante ne voit pas son expression mais les redressa soudainement en sentant sa main dans la sienne.
« Tu n'imagines pas à quel point je suis fière de toi, ma Rey. »
Rey la dévisagea dans une moue timide, touchée par cette confession.
« Je sais que tu as vécu des choses difficiles. Que tu as dû te construire seule mais tu as réussi et je le répète mais je suis fière de voir la jeune femme forte et sûre d'elle que tu es devenue. Celle qui surpasse son passé pour aller de l'avant et qui monte dans une voiture prête à abatte une poubelle pour se montrer qu'elle en est capable et que rien ne l'arrêtera ! J'aurais tellement aimé être près de toi tout ce temps.
-Tu l'as été. Tu crois que j'ai oublié ton combat face au juge ? Tous les recours que tu as demandé ? Que tu étais prête à tout quitter pour moi ? A vendre ta superbe maison, ton bar, à abandonner toute ton existence ? »
Elle fut soudainement gagnée par l'émotion, une larme s'échappa et roula contre sa joue. Depuis son arrivée, le sujet n'avait pas été abordé entre elles et elle était soulagée de voir que cette dernière porte s'ouvrait enfin.
« Je le savais et je ne l'ai jamais ignoré, reprit Rey d'une voix chevrotante. J'ai gardé toutes les lettres, tous les cadeaux que tu m'as fait pour mes anniversaires et Noël. J'ai une photo de toi à côté de celle de mes parents. Tu as toujours été ma famille. Je ne l'ai jamais oublié. »
Maz la tira contre elle et la serra très fort.
« Maman et papa me manquent mais depuis que je vis ici c'est moins difficile à supporter au quotidien car tu es là et de savoir que tu les as connus, que tu m'aimes comme une mère, ça me chamboule. Je ne me suis jamais sentie aussi bien qu'en ce moment.
-C'est partagé ma chérie. J'allais virer vieille conne si tu n'étais pas venue mettre de la lumière dans ma vie ! J'aurais fini en mamie acariâtre ! »
Rey éclata de rire et se redressa.
« Est-ce que tu as des souvenirs d'eux ? Je n'ai que des photos et je me disais que toi tu avais peut-être autre chose qui ait pu leur appartenir. »
Depuis l'histoire de Ben avec sa Condor, cette demande l'obsédait et elle était reconnaissante de pouvoir enfin en parler.
« Trop peu de choses. Comme toi, beaucoup de photos mais moi je connais les histoires derrières et j'ai aussi quelques souvenirs ados de ta mère et moi. Demain, on pourra y passer la soirée si tu veux. Je serais heureuse de partager ça avec toi ! »
Rey acquiesça et lui sourit en laissant une autre larme s'échapper.
« Voilà que l'on tombe dans le sentimentalisme ! plaisanta Maz. On doit se reprendre, tu vas ruiner ton maquillage ! Tu es comme moi, plutôt pudique sur tes sentiments, te servant de ta répartie, elle pinça sa joue, et de ta jolie frimousse pour détourner l'attention sur ce que tu voudrais cacher et ne pas dévoiler à l'autre. Tu provoques, tu joues au lieu de montrer ton affection. Exactement comme moi. Ça te rend charmante alors maintenant monte là-haut et montre à ce type qui tu es et pourquoi il ne doit voir que toi. Si tu le veux, ne lui laisse pas le choix !
-Bon si tu insistes, je vais aller me pomponner. »
Elle sauta du canapé et rejoignit sa chambre. Elle s'assit devant son miroir et s'observa. Pas de fanfreluches cette fois. Elle garderait ses cheveux au naturel mais accentuerait un peu son maquillage de journée et rattraperait les dégâts causés par ses larmes. Elle s'appliqua donc à choisir les couleurs et les pinceaux avant de se mettre au boulot. Elle dessina, structura et à la fin fut plutôt contente du résultat. Côté tenue, elle resta simple : un haut bleu à reflets et une jupe orange et blanche à motif, le tout agrémenté d'une paire de chaussures à talons marrons. Une veste en jean compléterait très bien le tout.
« Maz ? demanda Rey en descendant, un peu étonnée qu'elle ne soit pas déjà couchée.
-Dehors ma chérie ! »
Rey eut un sourire en coin en comprenant qu'elle se trouvait sur la terrasse et le conserva en la découvrant assise dans la balancelle, doucement bercée par la fraîcheur du soir et par les lumières disposées autour du jardin. Sa tante reprit une gorgée de son thé, la regarda et valida ses choix. Rey sourit mais se figea un instant en relevant les yeux. Elle venait d'en croiser d'autres qui la scrutaient depuis le jardin d'en face.
Maz nota aussi la présence de Ben et lui fit un geste amical auquel il répondit. Rey en profita pour se saisir de son smartphone et taper avec empressement dessus.
Tu m'emmènes ?
Elle le rangea aussitôt mais l'observa pour le voir réceptionner sa demande. Il eut un léger mouvement avant de le sortir de la poche arrière de son pantalon. Le sien vibra et elle y jeta un coup d'œil bref tout en écoutant sa tante.
Tu n'as pas déjà d'autres chauffeurs ?
Elle tapota rapidement et lui envoya le message.
Tu m'emmènes.
Cette fois, plus de doute possible, elle venait de l'affirmer et prit un risque en envoyant un SMS à Poe pour lui indiquer qu'elle se rendrait à la fête par ses propres moyens. Du coin de l'œil, elle le vit quitter la rambarde et elle sourit doucement, persuadée de l'avoir convaincu.
« Tu avais raison, approuva Maz. Je trouve la balancelle bien mieux de ce côté. On est plus à l'abri du vent et puis je préfère la perspective de croiser Ben ou Leia plutôt que cette cinglée de Mme Plumbech ! Rey rigola ayant pris connaissance de l'inimitié de sa tante avec l'autre voisine. Tes amis arrivent bientôt ? Tu ne m'en veux pas si je n'ai pas la force d'attendre à tes côtés ? J'ai déjà explosé mon record ! Je te fais confiance, je sais que je peux aller me coucher l'esprit tranquille.
-Va te coucher, Rey l'embrassa sur la joue, je te promets de ne pas faire trop de bruits quand je rentrerai.
-Bien, amuse-toi ! »
Maz se leva, passa tendrement une main sur sa tête avant de rentrer dans la maison. Rey attendit, profitant de la relative douceur de la soirée pendant un bon quart d'heure. Elle finit par se mettre en route, ferma la porte, prit son petit sac et quitta la demeure.
Elle ne fut qu'à moitié étonnée de le trouver au bout de la rue, négligemment accoudé à sa voiture. Il s'était changé et elle le trouvait très séduisant surtout avec cette nonchalance naturelle qu'il arborait en la scrutant de ses yeux sombres. Elle avait envie de l'embrasser mais se retint se contentant de monter dans la Condor. Elle s'étonna qu'une fois assis à ses côtés, il ne bougea pas.
« Tu ne démarres pas ? Tu as oublié quelque chose ? Tu peux y retourner, on n'est pas en retard, dit-elle avec douceur trop heureuse d'être avec lui pour être contrariée.
-Non, je me disais juste que tu voulais peut-être conduire. »
Elle rigola de bon cœur face à son ton si sérieux et à la moquerie évidente.
« Je crois que ta chère Condor ne le supporterait pas. Elle n'est pas encore remise de sa première expérience avec moi. Je le sens, elle a paniqué en me voyant arriver et pour tout avouer, elle était soulagée de me voir regagner mon siège. Puis, il y a des avantages non négligeables à être de ce côté du véhicule.
-Lesquels ?
-Déconcentrer le conducteur par exemple.
-Comment comptes-tu t'y prendre ?
-J'y réfléchis encore bien qu'une suggestion intéressante ait été émise tout à l'heure. Roule l'inspiration finira par venir et me donner la meilleure des options. »
Il la dévisagea avec curiosité mais s'exécuta sans un mot. Durant le trajet, elle se permit donc quelques familiarités. Elle lui caressa les cheveux à plusieurs reprises, effleura ses doigts quand il changea de vitesse ou lui lança des regards appuyés s'imaginant très bien glisser sa tête vers son entrejambe. Décidément, avec les idées cochonnes de sa tante, elle savait de qui tenir.
« Ce n'est pas drôle, tu es imperturbable, minauda Rey après de longues minutes à ce rythme.
-Je ne me laisse pas déconcentrer si facilement. Pour autant, tu n'as pas songé une seconde que je pouvais me faire violence et que j'ai simplement fait semblant d'être insensible à tes appels du pied ?
-Serais-tu en train d'admettre que ça fonctionne ?
-Ca se pourrait…
-Après tout tu aurais bien mérité des remerciements, chuchota-t-elle en se penchant avec lascivité vers lui. Ma requête était quelque peu imprévue mais tu y as répondu au pied levé. »
Ils échangèrent un regard complice mais Rey resta bien tranquille à sa place.
/
Ce fut en arrivant vers le lieu de la fête qu'elle se rendit compte qu'ils allaient arriver ensemble et qu'elle n'avait pas pris en compte cette perspective en lui demandant de la conduire. Il ne sembla pas s'en formaliser car il se gara de manière bien visible et une fois dehors, il l'attendit. Elle s'approcha de lui, prête à le suivre quand elle reconnut Poe et Finn au loin. Si elle les avait vus, ce n'était pas leur cas.
« Mes amis sont là-bas. »
En même temps qu'elle avait prononcé cette phrase, elle avait cru voir la main de Ben se tendre vers la sienne mais se rétracter à ses paroles. Avait-il voulu la lui prendre pour entrer dans la maison ? se questionna-t-elle tout à coup.
« Tu devrais les rejoindre. J'ai terminé mon job de chauffeur. Passe une bonne soirée. »
Il partit avant même qu'elle n'ait le temps de répliquer. Elle avait juste balbutié son prénom mais pas suffisamment fort pour qu'il l'entende.
« Mais quelle conne ! cria-t-elle à voix haute. »
Elle se prit la tête d'avoir agi si stupidement. Elle avait dit ça innocemment, seulement pour signaler leur présence mais n'aurait pas cru le vexer. Ben devait croire qu'elle l'avait vulgairement utilisé pour qu'il l'emmène. Elle se lâcha le crâne et réalisa que lui avait imaginé bien plus s'il était prêt à s'afficher avec elle de cette façon. Avait-il pris sa demande pour un rencard ? Un vrai rendez-vous ? Et comme la dernière des idiotes, elle venait de tout gâcher !
« Je vais me buter !
-Pas aussi jeune, ça serait dommage ! Et sûrement pas avant d'avoir participé à cette soirée, l'interpella Poe. Comment tu es venue ici ?
-Par le bus, lui répondit-elle laconique trop occupée à songer à la façon dont elle pourrait rattraper le coup.
-On y va ? les encouragea Finn avec impatience.
-Oui ! s'exclama Poe en claquant des mains. »
Ils entrèrent dans la luxueuse demeure et aussitôt elle se mit à le chercher du regard. Elle se sentait ridicule et s'en voulait énormément du malentendu. Et la question de savoir s'il avait réellement voulu lui prendre la main commença à l'obséder. Elle posa sa veste et son sac dans le petit vestibule d'entrée et commença sa visite des lieux, scrutant le moindre recoin à sa recherche. Elle devait essayer de se vider la tête. De tout évidence, en partant comme il l'avait fait il lui avait clairement signifié qu'il ne tenait pas à la revoir de la soirée. Elle se devait de changer ça. A ses côtés, Poe et Finn ne se firent pas prier pour profiter de l'ambiance. Elle les retrouva déjà avec un verre à la main et enviait presque leur innocente joie. Elle cacha son trouble et leur sourit.
« Tiens, on t'a pris une bière ! Jolie baraque hein ! commenta Poe. »
Elle récupéra la bouteille et confirma l'impression de son ami. La maison était impressionnante et luxueuse, très luxueuse.
« Je sens qu'on va bien s'amuser ! essaya Rey pour se détendre.
-Je peux te l'assurer, rebondit Poe. Les soirées chez Mike sont une institution. Vous, c'est votre première mais moi je m'y connais… »
Poe n'avait pas menti et les entraîna dans toutes sortes d'activités et de jeux plus débiles les uns que les autres qui la força à oublier sa préoccupation principale. Ils se retrouvèrent à participer à un ping-pong très particulier, à chanter dans une langue qu'elle ne savait toujours pas déterminer dans le plus étrange des karaokés pour finir par s'enflammer sur la piste de danse. Elle s'amusa et posa pour la postérité sur plusieurs photos avec des parfaits inconnus, se noyant dans la boisson pour faire passer son désespoir latent.
Elle fut presque surprise de l'apercevoir subitement après l'avoir cherché tout ce temps. Elle avait beau passer un bon moment, elle n'avait pas abandonné pour autant et fut rassurée de l'avoir enfin trouvé. Cette baraque était définitivement immense ! s'amusa Rey un peu pompette car il lui avait fallu plusieurs heures et une pure coïncidence pour le retrouver. Il était debout, légèrement assis sur l'une des tables du salon à siroter une bière. Sans aucune hésitation, elle s'approcha d'un pas franc et alla directement se placer face à lui. Elle avait déjà quelques verres dans le nez, pour ne pas dire un paquet et l'alcool présent dans son sang en cet instant l'aida à se donner du courage.
Il la vit arriver mais elle ne se laissa pas démonter et elle s'approcha très près de lui, se positionnant entre ses jambes entrouvertes dans une proximité évidente pour quiconque les regardaient. Elle poussa le vice à l'extrême en posant sa main gauche sur son épaule. A son grand étonnement, il déposa sa boisson, se redressa et glissa ses mains sur ses hanches pour la rapprocher encore. Il les garda à sa taille et plongea son regard dans le sien, attendant désormais qu'elle ouvre le dialogue.
« Je crois… commença Rey.
-Tu passes une bonne soirée ? la coupa-t-il de suite. Il me semble avoir entendu parler de toi un peu plus tôt. Elle haussa un sourcil. Oui, on m'a évoqué une fille tenant bien l'alcool et qui avait remporté un concours haut la main face aux plus coriaces. L'une de ses mains descendit jusqu'à son genou avant de remonter contre sa peau et sur le tissu de sa jupe. Elle portait une jupe avec des motifs comme les tiens. »
Il replaça sa main sur sa taille et attendit.
« Tu me dois toujours un demi-verre, répliqua-t-elle. Pour le cosmo de la dernière fois. »
Elle se pencha vers lui, passant son visage très près du sien et elle vit ses yeux dévier vers ses seins une seconde. Elle se saisit de sa bière et se replaça. Elle la porta à ses lèvres et but une longue gorgée puis commença à jouer négligemment avec la bouteille près de sa bouche.
« Je crois que j'ai parlé un petit peu vite tout à l'heure. Je t'ai chassé sans le vouloir et je m'en excuse. »
Elle raffermit sa prise sur son épaule pour appuyer ses dires.
« Tu étais venu ici pour passer la soirée avec tes amis. C'est ce que tu as fait. Dans ton SMS, tu avais juste précisé de t'emmener, non de te tenir compagnie.
-Ça allait de soi…
-Tu es en sûre ? demanda Ben.
-Pas totalement, avoua Rey. Disons qu'une fois arrivés, ça m'a semblé être la chose naturelle à faire mais il a fallu que je l'ouvre et que je gâche tout à ne pas savoir tenir ma langue.
-Habituellement ça ne me gêne pas quand tu l'utilises.
-Mais pas là n'est-ce pas ? osa Rey. Je ne vois pas pourquoi tu es parti. Tu connais déjà Poe mais je t'aurais présenté Finn avec plaisir. Je n'ai pas honte de traîner avec toi, sinon je ne m'afficherai pas de la sorte et ça ne me gênerait pas que tu fréquentes mes amis. C'est peut-être toi qui ne le désire pas ?
-Je ne pense pas que nos cercles soient faits pour se rencontrer, lui répondit-il d'un ton neutre.
-Pourtant ça a matché entre toi et moi.
-Un heureux hasard que nos familles respectives soient voisines. »
Elle plissa des yeux. Maz aussi avait utilisé cette expression pour décrire leur rencontre.
« Mais heureux tu viens de le dire, reprit-elle, on a une bonne compatibilité toi et moi. Je me fous que mes amis ne t'aiment pas et inversement. De toute façon, je ne t'ai jamais vu traîner avec qui que ce soit. Hormis qui tu sais.
-Oui la poubelle en a été la triste témoin. »
Elle sourit et but une nouvelle gorgée pour se redonner du courage car elle commençait sérieusement à en manquer.
« Je me suis habillée en pensant à toi. Depuis cette première main passée innocemment sous ma jupe, j'ai revu ma garde-robe et j'en porte presque tous les jours en ton honneur et dans l'espoir de te croiser. »
Elle reposa la bière sur la table et déposa sa main contre son cou en le fixant.
« Et tu veux savoir ce qui me rend folle depuis ce matin ? C'est la pensée qu'on se soit vus aujourd'hui mais que tu ne m'aies pas encore embrassée… »
Sans attendre sa réponse, elle se pencha et effleura sa bouche de la sienne dans une caresse sensuelle. Sans réellement l'embrasser, elle continua à se frotter à ses lèvres attendant qu'il franchisse le dernier pas. N'ayant aucune volonté et la patience étant loin d'être une qualité chez elle, elle déposa un baiser rapide puis recommença son petit jeu. Brutalement excitée par leur rapprochement et par ses mains qu'elle sentait toujours sur elle, elle poussa sa langue dans sa bouche et se mit à l'embrasser langoureusement.
Que c'était bon de pouvoir enfin assouvir cette envie qui tournait en boucle dans sa tête depuis le moment où elle l'avait vu devant chez elle. Elle y prenait un plaisir fou et n'hésita pas à se coller à lui pour approfondir leur étreinte. Elle aima la façon dont ses doigts commencèrent à la caresser distraitement à travers son haut. Il répondait à ses baisers avec la même fièvre qu'elle et elle était rassurée qu'il ne soit pas gêné de lui rouler une énorme galoche devant tout le monde.
Elle finit par se détacher après de longues minutes. Elle lui sourit avant de se saisir à nouveau de sa bière.
« Ca m'a donné soif. »
Elle la termina.
« Et chaud aussi, ajouta-t-elle après avoir reposé la boisson et pourtant cela ne l'empêcha pas de frissonner quand il passa ses paumes sur la peau nue de ses bras. Si je m'écoutais, je plongerais la tête la première dans la piscine même s'il ne fait plus aussi chaud dehors. Vu le lieu, elle doit être chauffée ! J'ai pensé à mettre des sous-vêtements plutôt sympas avant de partir. Elle lui fit un clin d'œil. Mais je n'ai pas spécialement envie de me baigner seule. Je peux encore rattraper mes bêtises et t'inviter à terminer la soirée avec moi. Je suis restée bien sage dans cette voiture tout à l'heure mais là je me ferais bien un bain de minuit…
-Je crois surtout que tes amis t'attendent. Elle fit une tête surprise. Continue à t'amuser avec eux. On aura une autre soirée, rien que tous les deux. Je crois qu'eux en ont assez vu et qu'ils aimeraient bien que tu reviennes dans leur direction. »
Elle voyait bien qu'il fixait un point derrière elle et elle se doutait de qui s'y trouvait mais elle ne se retourna pas. Elle se foutait bien en ce moment précis qu'ils aient pu la voir embrasser Ben.
« Une autre soirée ? préféra-t-elle rebondir s'attardant sur cette proposition dont elle devait s'assurer qu'elle en était bien une. Elle sourit. Tu as souligné tous les deux. Tu me proposes un rencard ?
-Il est peut-être un peu tard pour ça, tu ne crois pas ?
-Non et je ne pense pas que tu le crois aussi sinon tu n'aurais pas dit ça. Bref, j'accepte ta proposition.
-D'habitude, on a le rendez-vous avant de conclure, souligna Ben.
-On n'est pas comme tout le monde toi et moi. On se fout des soi-disant règles et du qu'en-dira-t-on. Ne gâche pas ma joie en retirant cette invitation. Je serais très déçue si c'était le cas.
-Officiellement je crois n'avoir rien demandé. J'ai simplement émis l'idée…
-Non, le coupa Rey, sinon tu aurais utilisé le conditionnel ou une autre tournure de phrase pour exprimer la possibilité. Là, tu posais plutôt ça comme un fait à établir.
-Je ne te savais pas si à cheval sur le français et les subtilités de notre langue.
-C'est important dans mon futur métier. Les mots, le sens qui y est donné, le temps utilisé sont capitaux. Donc, elle sourit encore, je suis tout à fait libre pour une soirée. Je n'ai rien de prévu prochainement et même si c'était le cas, je m'arrangerai pour me rendre disponible. Je n'attends plus que toi. Je peux même t'aider si tu veux.
-M'aider ? Et à quoi ?
-A trouver où m'emmener.
-J'ai déjà ma petite idée là-dessus. »
Elle passa ses deux bras autour de son cou et se rapprocha.
« Vraiment, elle se pencha pour que sa bouche soit proche de son oreille, cela prouve donc que tu y avais déjà réfléchi. Ne me dis rien, j'aime les surprises. Sa bouche effleura son lobe. Ça me dit aussi que tu penses à moi… de loin ce qui me grise le plus. Encore plus que cette perspective de sortie. Elle s'écarta. Pourquoi ai-je le sentiment que ça ne sera pas aussi commun qu'un dîner dans un resto sympa ?
-Tu l'as dit toi-même, nous ne sommes pas conventionnels et je compte bien poursuivre dans cette voie.
-Surprend-moi alors ! »
Elle lui prit la main et commença à marcher pour s'éloigner mais en le tirant vers elle.
« Je crois t'avoir dit que j'avais chaud et avoir moi-aussi suggéré une idée. Viens avec moi ! »
Elle serra ses doigts plus forts dans les siens pour le forcer à la suivre. Il se leva et la prit par la taille.
« Et moi t'avoir dit que tes amis t'attendaient.
-Et si j'ai envie d'être avec toi ? Je suis encore libre d'en décider, n'est-ce pas ? Sauf si tu ne veux pas de moi mais ton attitude prouve le contraire. Elle roula des yeux, la tête lui tournant un peu et elle sentit sa raison s'évanouir. Tu voulais me prendre la main en arrivant, j'en suis persuadée… chuchota-t-elle. »
Si elle avait été sobre, elle n'aurait clairement jamais osé le reconnaître de façon aussi misérable presque suppliante.
« Passe une belle fin de soirée Rey. On se voit bientôt. »
Il lui claqua un smack sonore sur les lèvres et la relâcha. Elle s'éloigna non sans un dernier regard. Elle rejoignit Finn et Poe, un nouveau verre à la main, rassurée que leur mésentente soit réglée mais frustrée qu'il la tienne éloignée de la sorte.
« Tu t'es fait jeter ? se moqua Poe en rigolant et poussé un peu par l'alcool à être aussi direct avec elle.
-Ta gueule ! fut sa seule réponse. »
/
Assise sur le bord de la piscine, les pieds immergés dans l'eau chaude, elle se satisfaisait tout de même d'y être bien que ce n'était pas dans les circonstances espérées au départ. Elle avait tout de même esquissé un sourire ironique en arrivant lorsqu'elle avait constaté qu'elle ne s'était pas trompée sur la température plus qu'agréable de cette dernière.
Finn vint s'asseoir près d'elle et retroussa son pantalon.
« Poe ?
-Je crois qu'il cuve dans un coin. Il ne sera pas en état de conduire mais, il rigola en sortant un trousseau de sa poche, j'ai ses clés ! Il les secoua. Je nous ramènerai tous à bon port. Quand je l'ai vu partir, j'ai échangé ma bière contre un soda. Vous avez une sacrée descente tous les deux ! »
Elle rigola face à ce constat plus que véridique bien que déçue de ne pas profiter du même chauffeur qu'à l'allée. Elle aurait peut-être dû négocier ce point avec lui ? s'interrogea-t-elle mais elle préféra vite oublier cette perspective.
« Tu as l'air mélancolique, finit-elle par dire face à son air qu'elle ne saurait qualifier.
-Presque autant que toi depuis que tu l'as quitté.
-Rose ? osa Rey et il leva les sourcils en pinçant des lèvres.
-Pourquoi je ne suis qu'à moitié étonné que tu sois au courant. Elle t'en a parlé ? Elle hocha la tête. Je ne voulais pas la blesser mais pas non plus la laisser y croire.
-Tu as raison. Elle s'en remettra j'en suis sûre. Tu sais, on ne peut pas se forcer. Elle finira par trouver quelqu'un qui éprouvera les mêmes sentiments.
-Je le crois aussi. »
Elle sourit et posa sa tête contre son épaule. Elle était épuisée mais Finn et elle attendraient que Poe termine sa soirée.
