Bonjour,

Gigibulle : je suis contente que ce premier rdv ait su te convaincre ! Lol rien n'est jamais anodin avec moi ;) merci pour le compliment sur le comportement/caractère de Ben. Oui, on va commencer à en parler de sa relation avec Leia...

Hummmm tu as émis des suggestions intéressantes sur la suite (déménagement, "je t'aime") ^^ à voir si tu es sur la bonne piste. En tout cas, merci d'être toujours là et de commenter chaque publication. Ca me fait bcp de bien et me motive à continuer !

Je vous laisse sur le chapitre 10 de cette fic, j'espère qu'il vous plaira, je croise les doigts que oui !

Chapitre 10

« Tu n'es pas rentrée tard mais le sourire que tu ne quittes pas depuis ce matin, surtout quand le nom de Ben est prononcé, semble indiquer que la soirée s'est très bien passée.

-Très juste, reconnut Rey sans se départir dudit sourire en faisant semblant de lire le journal.

-Tu attends quoi pour me raconter ? Que je te pose des questions ? finit par demander sa tante, lasse d'attendre qu'elle se décide. »

Rey but une longue gorgée de son jus avant de plier sa lecture et de s'accouder à l'ilot pour la regarder.

« Précisément. Tu ne crois tout de même pas que les informations vont te tomber tout cuit dans le bec ? Ca ne serait pas drôle.

-Tu es cruelle.

-Non, je te fais payer pour cette horreur que tu as osée me faire porter hier soir. Il s'est senti obligé de mentir pour tout de même me complimenter sur ma tenue.

-Il le pensait peut-être vraiment, tu sais ce qu'on dit l'amour rend aveugle.

-Mouais, je ne suis pas convaincue. J'attends tes questions.

-Je vais te faire languir un peu finalement, s'amusa Maz.

-Pourquoi ? Tu n'es plus curieuse ?

-Si mais je crois que tu restes la plus impatiente de nous deux ! rigola sa tante en allant vers le cellier.

-Oublie les questions, je vais tout te dire ! beugla Rey en courant derrière elle. Tu n'es pas drôle, j'y prenais un malin plaisir.

-Je n'en doute pas, vilaine petite cachottière que tu es.

-Comment ça ? Je te ne te cache plus rien. Pour le coup, tu sais tout !

-Je me demande comment j'ai fait pour ne pas la voir plus tôt, là ça m'a sauté aux yeux.

-De quoi tu parles ?

-Tu as une jolie fleur qui sèche tranquillement sur le bord de ta fenêtre. Un cadeau de ton admirateur ? plaisanta Maz avec ironie.

-Oui, j'ai gardé le petit mot aussi. Il est dans ma commode mais contrairement à ce que tu crois, si j'avais voulu te le cacher je ne l'aurais pas laissée à cet endroit. A vrai dire, je pensais que tu l'avais vue depuis tout ce temps.

-Ça fait longtemps qu'elle est là ?

-Oui, il me l'a donnée le lendemain de ma première soirée ici, celle dans ton bar. Il s'est souvenu que je lui avais avoué, dans notre discussion dans le jardin de Leia, que ma fleur préférée était la pivoine. »

Maz la dévisagea.

« Quoi ? l'interpella Rey face à son attitude.

-Reprenons dans l'ordre. Ben t'a offert cette fleur, pas n'importe laquelle mais celle que tu préfères. Détail dont il s'est rappelé. Et vous aviez discuté cette fois-là à l'extérieur ?

-A ton avis pourquoi j'étais sortie ? minauda Rey avec évidence.

-Pourquoi il avait mis un mot ? Il ne t'a rien dit en te la remettant ?

-Il ne me l'a pas offerte à proprement parler. Il me l'a déposée devant notre porte d'entrée et je l'ai trouvée.

-Comment il pouvait savoir qu'il tomberait sur toi ? J'aurais très bien pu sortir.

-Je ne sais pas. J'allais simplement chercher le courrier comme d'habitude quand je l'ai …. Le regard de Maz s'illumina et le même chemin se fit dans son cerveau. Elle sourit bêtement. Il avait remarqué que je sortais le chercher. Hummm, gémit Rey. Ce mec va me rendre dingue ! Tu veux un spoil sur ma soirée ?

-Vas-y crache le morceau ! s'impatienta sa tante.

-Il m'a proposé une autre sortie.

-Déjà ? s'étonna Maz et Rey acquiesça. Tu as sûrement dit oui.

-Bien évidemment. D'ailleurs, commençons par le commencement. D'où tu sais faire des SMS ? Plus d'un mois que je vis ici et je découvre ça seulement maintenant ? Quel scandale ! s'offusqua Rey. »

Rey finit par raconter son rencard, n'omettant aucun détail même les plus anodins sauf ceux tendancieux sur la drogue ou trop personnels, ne cessant de gesticuler pour raconter le karting et ses exploits. A la fin de son récit, Maz la félicita.

« Tu n'en as pas dit grand-chose hormis que vous vous êtes rendus au garage mais je me sens obligée de rebondir sur ce point. Je ne te demande pas de m'en dire plus. Ce serait briser la confiance qu'il a placée en toi et tu te dois de ne rien répéter et soyons claires ce n'est pas ce que je te demande mais, Ben te parle de son père ?

-Oui. C'est étrange ?

-Un peu. Je le connais mal mais Leia m'a toujours dit qu'il ne s'épanchait pas beaucoup. Il est presque resté de marbre quand c'est arrivé. Il était si méthodique, il n'a pas laissé filtrer une émotion. C'était un peu perturbant.

-C'était simplement sa façon à lui de gérer le truc. Dans ces moments précis, pour certaines personnes c'est plus simple de se renfermer que de montrer qu'on est en souffrance. Pour être franche, il ne l'avouera pas mais je pense qu'il lui manque. Qu'il lui manque même beaucoup.

-Oui, reconnut Maz, c'est ce que semble indiquer son comportement.

-Comment il était ? Son père, précisa Rey. Tu l'as connu, qu'en pensais-tu ?

-Il était charmant mais il avait surtout énormément d'humour et une sacrée répartie, tout comme Leia. Dieu que ces deux-là pouvaient se chamailler ! C'était quelqu'un sur qui on pouvait compter, il était fiable malgré son air de voyou. Il ne l'aurait jamais avoué d'ailleurs.

-Il était proche de Ben ?

-Difficile à dire. Je les ai côtoyés essentiellement comme couple ou dans leur vie mondaine. Leia m'invitait souvent à des soirées. Pas mon style mais il m'est arrivée d'y aller. La plupart du temps, ils venaient tous les deux à la maison. Je n'ai que peu connu le jeune Ben mais les souvenirs que j'ai de lui enfant me rappellent que c'était un garçon très sage. Calme, posé mais très curieux. Han l'emmenait parfois au garage.

-Oui, c'est ce qu'il m'a dit. »

Elles papotèrent encore mais Rey finit par remonter dans sa chambre. Avec un petit sourire, elle se saisit de son téléphone et appuya sur l'icône « Message » pour afficher ceux de Ben. Elle s'était permis la fantaisie d'ajouter un petit cœur violet près du terme « Le voisin » qu'elle se refusait farouchement à changer. Trop sentimentale pour s'y résoudre. Elle se mit à relire leur dernier échange.

Bien rentrée ? Il me semble apercevoir de la lumière à ta fenêtre. Je suppose que c'est bon signe. Je t'embrasse, Ben

Oui même si les quelques pas de ta voiture à la porte ont été une épreuve ) j'ai eu envie de faire demi-tour plusieurs fois. Pervers, j'ignorais que ta chambre donnait sur ma fenêtre. Il faut dire qu'à chaque fois ma vue est occupée ailleurs quand j'ai la chance de mettre les pieds dans ta chambre… Je vais me méfier à l'avenir ou bien m'arranger pour passer nue pour que tu puisses voir l'ombre de mon corps… Kiss, Rey

J'ai aussi apprécié cette soirée et je ne m'étendrai pas davantage sur ton esprit tordu. En revanche, j'aimerais savoir s'il y aurait une possibilité de te revoir dans un contexte similaire à celui-ci (je ne parle pas d'un plan cul dans le cabanon ou d'une discussion amicale auprès de la rambarde). Bonne soirée, Ben

Tu ne perds pas de temps ! Me voilà à peine rentrée de notre premier rendez-vous que, si je ne me trompe pas, tu m'en proposes un second. Tu es drôlement confiant mais j'accepte. Je suis disponible quand tu le souhaites. Bonne nuit, Rey

C'est toi qui a assuré que tout avait été « parfait », pourquoi me serais-je privé si j'étais sûr d'obtenir ton aval ? Et puis, je m'arrangerai pour te proposer quelque chose de différent.

Oh ! Comme quoi ? La barre a été mise haute avec celui-ci. Il va être difficile de faire mieux. Ps : et oui je te mets la pression volontairement.

J'ai confiance. Je compte bien t'emmener quelque part. Un lieu qui a suscité ton intérêt lors de notre rencard. Mais tu n'en sauras pas plus alors n'insiste pas. Bonne nuit Rey.

Bonne nuit Ben.

/

« C'est sûr qu'au moins maintenant, c'est plus simple. Bien que j'avais trouvé une solution à notre problème…

-Ah oui et laquelle ? »

Il se retourna et elle ne put s'empêcher de sourire de le voir dans son entrée. Avec Maz au courant, Rey avait négligemment négocié qu'ils puissent passer du temps ensemble ici après sa découverte. Elle avait fait la moue en lui disant que Ben n'avait pas encore eu la chance de voir sa chambre. Sa tante avait naturellement cédé à sa demande. Rey s'était donc empressée de le faire venir une fois cette dernière absente.

« Où est-elle ?

-Chez le dentiste et elle en a pour un moment ! C'est à l'autre bout de la ville et elle conduit hyper lentement !

-Tu lui as dit que je venais ?

-Bien sûr que non ! Autant sinon directement lui avouer qu'on va baiser pendant qu'elle se fait remettre son plombage.

-Pourtant tu m'as dit lui avoir parlé et qu'elle était d'accord.

-Certes mais elle n'a pas à tout savoir non plus. Ça reste quand même un peu délicat à aborder. Déjà qu'elle sache que je couche avec toi sous son toit était assez gênant à négocier, elle n'a pas non plus à savoir quand on le fait.

-Crois-moi ta tante est loin d'être stupide. Elle se doute que tu m'as prévenu à la seconde où elle a passé cette porte. De manière générale, elle aura conscience que quand tu seras soi-disant seule, tu ne le seras pas réellement.

-Estime-toi déjà heureux qu'elle soit partie. Elle va s'absenter de plus en plus prochainement, elle a pris plein de rendez-vous et ne désire plus que je l'accompagne et je sais qu'elle le fait pour nous. Pour qu'on puisse être seuls, tous les deux. Rey passa sa langue sur ses lèvres. Tu pourrais aussi venir quand elle est ici tu sais. Elle t'apprécie et ne te mangera pas. On fera juste autre chose ou on se contentera de quelques bisous volés.

-On verra. En attendant, c'est la première fois que je remets les pieds ici depuis une éternité. Tu me fais visiter ? »

/

Il se tourna en la regardant d'un drôle d'air.

« Eh bien quoi ? demanda Rey. Tu m'as dit de te faire visiter, c'est ce que je fais !

-En commençant par ta chambre ? Je trouvais ça suspect aussi qu'on aille directement à l'étage. J'aurais dû me méfier de ta perfidie.

-Cette pièce est le cœur de la maison, il est normal de commencer par ici c'est tout. Et puis j'avais vraiment envie de te la montrer. J'avais vraiment très envie de t'y voir. Mets-toi à l'aise. »

Il s'exécuta et enleva son manteau, s'arrêtant dans son geste avant de le reprendre. Rey avait cependant compris ce qui avait pu attirer son attention. Elle se mordit la lèvre. Elle avait oublié de ranger la pivoine dans son excitation.

« Tu l'as gardée ? demanda-t-il en la fixant.

-Pourquoi je l'aurais jetée ? Il s'agit de ma fleur préférée et c'est une personne spéciale qui me l'a offerte. Que penses-tu de ma chambre ? enchaîna-t-elle. »

Il alla s'asseoir sur le lit et ses yeux parcoururent la pièce.

« Qu'elle te ressemble.

-Tu sais pourtant que c'est Maz qui l'a entièrement décorée.

-Mais tu y as ajouté des touches personnelles. Je me plais à t'imaginer te coiffer et t'observer dans ce grand miroir. Il se pencha. N'oublie pas que je suis juste en face bien qu'il ait fallu que je te le dise pour que tu t'en rendes enfin compte… c'est limite un peu vexant.

-Je peux me faire pardonner. »

Elle s'avança vers lui et il la saisit par la taille. Il leva les yeux vers elle et elle se pencha pour l'embrasser tendrement. Il bascula et elle se retrouva allongée de tout son long sur le plaid qui recouvrait son lit. Il se coucha sur elle, elle l'entoura de ses jambes et il se mit à la cajoler. Sur la bouche, puis sur sa clavicule avant de remonter sur son menton dans une myriade de petits baisers.

« Ça m'excite quand tu portes des chemises, avoua-t-elle alors qu'il continuait à la faire languir. Ça me donne tout un tas d'idées plus obscènes les unes que les autres.

-Si j'avais su plus tôt que ça te faisait un tel effet, j'en aurais porté plus souvent.

-Qu'est-ce que tu regardes avec autant d'attention ? demanda Rey en voyant son regard concentré.

-Ta tête de lit.

-Tu aimes ? demanda-t-elle en effleurant sa bouche. Je connais ces yeux, murmura-t-elle à son oreille, je sais que tu as une idée en tête.

-Elle est jolie, très travaillée mais j'étais en train de m'imaginer ce que ça ferait de t'y voir t'y accrocher pendant que je me trouverai derrière à te pilonner.

-Pourquoi l'imaginer ? proposa-t-elle et il haussa un sourcil. On peut résoudre ça dès maintenant. »

/

Rey referma la porte d'entrée avec un petit sourire. Ben venait de la quitter et elle se sentait rincée après leur petite expérimentation. Elle entra dans le salon, prête à se jeter dans le canapé quand elle eut un immense mouvement de recul en y découvrant Maz tranquillement assise. Cette dernière la fixa mais Rey resta prostrée.

« Tatie ? T'es là depuis longtemps ?

-Suffisamment pour savoir que tu as du coffre ma chérie et lui une sacrée endurance ! J'ai cru que vous n'alliez jamais finir. En tout cas, je retiens que ça a des avantages de sortir avec un sportif.

-Je suis profondément désolée et affreusement mal à l'aise, marmonna Rey horrifiée. Tu avais dit ne pas revenir avant 17h de ton rendez-vous, je croyais qu'on avait du temps devant nous… et il n'avait encore jamais vu ma chambre et puis on avait envie de s'amuser… donc je me suis permise de l'inviter sans t'en parler. Bref, je pensais que tu n'étais pas là et je ne t'ai pas entendue rentrer. Tu aurais dû manifester ta présence, crois-moi ça nous aurait calmé ! »

Pour une première, Rey en aurait presque rigolé de ce fiasco total.

« Encore aurait-il fallu m'entendre dans tout ce boucan ! Si vous avez cassé la tête de lit ou effrité la peinture sur le mur, il faudra réparer ! la taquina Maz. »

Déjà rouge de honte, Rey vira au cramoisie.

« Je ne sais pas ce qu'il te faisait mais tu avais l'air d'aimer ça. Heureusement que j'avais acheté une nouvelle literie avant ton arrivée, je ne pensais pas que tu t'y déchainerais avec tant de vigueur.

-Tatie, on peut changer de sujet stp ? Je vois que ça t'amuse beaucoup et j'ai mérité cette petite vengeance pour avoir osé faire ça sous ton toit et sans le savoir en ta présence mais là vraiment je suis très, très mortifiée. Le message est très clair, j'ai compris !

-Tu m'avais dit que ça fonctionnait bien de ce point de vue là. Tu n'as pas menti, en tout cas. Libre à vous de faire vos cochonneries dans ta chambre. Il y a simplement deux règles à respecter. Primo, effectivement bien que très à l'aise avec le sujet et ouverte sur la question, t'entendre t'extasier et hurler son prénom de cette façon, tu oublies que je vous ai tous les deux connus enfants, c'est un peu perturbant. Faites-le autant de fois que vous le désirez mais je n'ai pas à en être le témoin direct. Ensuite, il m'arrive très rarement d'aller dans ta chambre pour récupérer quelques fringues à toi même si tu gères tes propres machines. J'aimerais ne pas tomber sur des choses compromettantes du style préservatif usagé ou accessoire…

-Oui ! la coupa Rey qui voulait en finir au plus vite. Ça ne se reproduira plus et pour le second point, tu me prends pour une fille dégueulasse ou quoi ? On prend une douche après l'amour. Je ne vais pas me balader puant le sexe et les cuisses collantes dans la rue.

-Attends et elle vit le visage de sa tante se transformer pour devenir sérieux comme elle ne l'avait jamais vu, vous le faites sans protection ? »

Rey ouvrit la bouche mais n'eut pas le temps de répliquer qu'elle enchaîna.

« Vous n'êtes pas sérieux ? J'étais sexuellement très active à une période où le Sida venait d'apparaître et j'entends de la bouche de ma jeune nièce qu'elle se fait prendre sans se préoccuper d'un tel sujet pour lequel je me suis battue dans ma jeunesse ?

-On a fait les tests ! cria presque Rey. Rien à signaler, tout est clean.

-Oh ok vous avez raison c'est bien meilleur comme ça ! Rey haussa un sourcil sceptique suite à un tel revirement. Tu prends un contraceptif ? Vous êtes mignons et bien assortis mais pas de petit Ben ou de petite Rey avant d'avoir fini tes études, foutu le camp de ma baraque et trouvé un emploi pour vivre ta vie. Même si tu seras toujours la bienvenue entre ces portes, tu es ma famille et je tuerais quiconque oserait de traiter de traînée.

-Ne t'inquiète pas. Je gère aussi cet aspect. Je ne suis pas prête à devenir maman et clairement lui et moi on n'en est pas encore à ce stade ! Donc tu as du temps devant toi avant de devenir, ça serait quoi le terme dans notre situation ?

-Je ne sais pas.

-On s'en fiche, ça serait déjà tout vu. A mes yeux, tu serais sa grand-mère.

-Très attendrissant ma chérie. Je peux me permettre une dernière question ?

-Oui si après tu me jures qu'on ne reparlera plus jamais de toutes ces fois où tu m'as surprise en train de m'envoyer en l'air. Une fois était déjà humiliant mais deux.

-Dis-toi qu'au moins là je n'ai fait qu'entendre.

-Quelle est ta question ?

-Sans capote alors. Rey fronça les sourcils. Non je ne songe pas aux IST mais à votre relation. On fait ce genre de chose, ce genre de choix quand on est en couple et que c'est sérieux. Et quand on se trouve dans une relation exclusive. Il y a du nouveau ?

-Non. Pour autant, si on parle uniquement de sexe, nous sommes exclusifs comme tu dis. Je n'écarte pas les cuisses à tout bout de champ et lui ne saute pas tout ce qui bouge. Je suis son unique partenaire et l'inverse est vrai.

-Il fréquente quelqu'un d'autre dans ce cas ? insista Maz.

-NON ! Pourquoi insinues-tu un truc pareil ? Il n'y a que lui et moi, un point c'est tout.

-Alors je ne comprends pas pourquoi vous n'êtes pas ensemble. Vous vous comportez comme tel. Ben est ton mec et tu es sa copine. Peut-être pas dans les mots mais dans les faits, il est clair que oui. J'ai pas raison ?

-Si, avoua Rey.

-Bon, il est quand déjà votre prochain rendez-vous ? »

/

Rey trépignait d'impatience devant la porte, moulée dans sa petite robe. Elle lissa son collant et se mit à tapoter le sol avec sa paire de bottines à talons. Elle était prête à partir, son petit perfecto déjà passé sur ses épaules et ses doigts qui se crispaient de plus en plus sur son sac à main.

« Pourquoi ai-je le sentiment que je vais assister à ça souvent ? ironisa sa tante. Encore heureux qu'il habite à côté sinon je pense que tu te liquéfierais devant cette porte. A ce que je vois, on a sorti la robe rouge. Un grand classique, sourit Maz.

-Si tu croyais que tu aurais eu l'espoir de m'habiller à nouveau, c'était « no way ». La poupée grandeur nature Rey a pris sa retraite ! Il a dit qu'il allait m'emmener dans un endroit spécial. Enfin, un lieu qui a suscité mon intérêt. Je ne vois rien à Pasaana qui puisse être le cas mais bon, il ne s'est pas trompé la dernière fois avec le karting. Et pas de tenue imposée ce soir donc je suppose qu'on va s'en tenir à un dîner. Ça tombe bien, je meurs de faim !

-Je me demande comment il fait pour que Leia ne l'interroge pas sur ses sorties. Heureusement que son salon se situe au fond de la maison sinon elle se rendrait vite compte qu'il ne va pas bien loin à chaque fois pour chercher sa prétendante, ironisa Maz.

-Tu crois qu'il lui a dit ? se questionna Rey. J'en serais étonnée, je pense qu'il me l'aurait avoué et puis... oublie-ça !

-Tu ne me l'aurais toujours pas dit si je ne vous avais pas surpris ! rigola Maz. Sauf que moi, contrairement à sa mère, j'aurais élu domicile à la fenêtre pour voir quel jeune garçon se permettait de débrider ma si innocente petite nièce.

-Oui, innocente, ironisa Rey. Leia n'est simplement pas aussi curieuse que toi. Et elle ne s'intéresse pas autant à sa fils que toi à ta nièce. Ben est libre de faire ce qui lui plaît.

-Dommage pour elle. Elle loupe un truc énorme et juste sous son nez. Elle devrait y prêter davantage attention, c'est son fils unique.

-Tu trouverais ça normal qu'elle l'apprenne ?

-Non du moins pas tant que vous ne l'avez pas décidé. C'est encore à lui et à toi de l'annoncer. Mais pour ça il faudrait déjà que ce soit clair entre vous.

-Tatie, tu ne vas pas recommencer….

-Mais enfin qu'est-ce que vous attendez pour vous lancer ? »

Heureusement pour Rey, l'arrivée d'une Condor dans la rue l'empêcha de relancer à nouveau ce débat houleux. Elle se volatilisa à l'extérieur à la vitesse de l'éclair.

/

« Où est-ce qu'on est ? demanda Rey curieuse en levant les yeux vers l'immeuble, désormais repue après un excellent dîner.

-Tu ne devines pas ? la questionna-t-il. On est chez moi.

-Chez toi ? »

C'était soudain si évident pour elle. Elle ne se mentirait pas, elle l'avait envisagé quand elle avait cherché mentalement le lieu mais n'aurait pas cru qu'il aurait osé. Trop intime ? Trop tôt ? Elle avait abandonné l'idée mais maintenant qu'elle était devant, elle avait dû mal à y croire réellement. Elle le dévisagea. Avant le resto, il lui avait dit que le lieu spécial se dévoilerait après le repas et il n'avait pas tort. Elle avait l'impression qu'une nouvelle étape, qu'une nouvelle porte invisible était franchie sans qu'aucun mot ne soit prononcé.

« Tu veux monter ?

-Oui, avec plaisir. Ben, elle l'arrêta alors qu'il commençait à se diriger vers l'entrée, je suis touchée que tu aies choisi ce lieu. Ce n'est pas rien.

-Tu avais l'air de beaucoup t'y intéresser quand j'ai émis l'idée de revenir habiter ici à un moment donné. Je voulais t'éviter un stress inutile. Si tu vois mon chez moi, tu seras rassurée de voir que c'est tout ce qu'il y a de plus convenable. Et puis, je voulais t'y emmener. J'ai le sentiment que tu y seras souvent. »

Elle lui lança un sourire et il l'invita à le suivre.

Quand il ouvrit la porte d'entrée et se pencha sur sa gauche pour trouver l'interrupteur et allumer la pièce, son attention fut tout de suite captée à tout observer avec minutie. Ce n'était pas très grand mais elle aimait l'ambiance cosy qui en ressortait. Face à elle se trouvait le salon avec canapé, pouf et télé. A sa gauche, une tout petite entrée avec un placard. Plus au fond de ce côté, une cuisine petite mais fonctionnelle avec un ilot qui donnait sur l'arrière du salon où trônait une table pouvant accueillir 4 personnes. Le tout complété par une bibliothèque bien chargée qui s'ouvrait sur un large dégagement.

« Toilettes à ta gauche, expliqua-t-il et elle nota la petite porte près de l'entrée. Au fond à droite, à côté de la bibliothèque, ça mène jusqu'à ma chambre et à la pièce d'eau adjacente. »

Même s'il faisait nuit, elle aimait les larges et hautes fenêtres dans un style industriel qui remplissaient presque intégralement tout le mur du fond mais surtout le petit renfoncement qui permettait de s'y asseoir. Elle se voyait déjà y lire. Il avait bon goût, la décoration était soignée mais un détail sur le mur qui séparait la petite entrée de la cuisine attira son attention.

« C'est joli et très bien aménagé. On s'y sent bien. Elle fit quelques pas. Néanmoins, je crois que cet objet est fait pour accueillir des photos pour souhaiter la bienvenue aux personnes qui entrent chez toi et il est désespérément vide. Plus sérieusement, j'aime vraiment beaucoup. Je peux ?

-Vas-y, promène-toi. »

Elle fit le tour de l'espace, se permettant de déposer son perfecto en cuir sur le canapé. Elle observa d'un air distrait mais intéressé sans oser y entrer son grand lit avant de revenir vers le salon.

« Tu veux boire quelque chose ?

-Oui, qu'est-ce que tu as à me proposer ? Tu n'as peut-être pas eu le temps d'acheter quoi que ce soit, se reprit-elle en pensant qu'après tout il ne vivait plus ici, donc n'importe quoi fera l'affaire. Je ne suis pas difficile. »

Il s'approcha d'elle deux bières à la main et lui en tendit une.

« Tu crois sincèrement quand ayant l'envie de t'amener ici, je ne suis pas passé plus tôt cette semaine pour remettre de l'ordre et faire le ménage ? »

Elle sourit.

« Tu repasses ici souvent ? dit-elle en buvant une gorgée.

-De moins en moins depuis qu'une nouvelle voisine a fait son apparition chez Maz. A ce propos, c'était la solution que j'avais envisagée à notre petit problème. »

Elle sourit, oui au fond c'était assez logique bien que géographiquement très compliqué.

« Tu ne t'assois pas ?

-Euh si. »

Elle attendit qu'il en fasse de même, tout près d'elle, pour rebondir sur sa première phrase.

« Suggères-tu que depuis mon arrivée, tu trouves un intérêt à passer plus de temps chez ta mère ? Que je serais une bonne raison pour t'y trouver et, elle se pinça les lèvres, peut-être même retarder un peu ton retour ici ?

-Tu as déjà été amoureuse ? lui demanda-t-il tout à coup de but en blanc.

-Tu veux dire avant toi ? lui répliqua-t-elle tout aussi rapidement. »

Il aurait pu croire qu'elle n'avait pas réfléchi, qu'il s'agissait encore de l'une de ses petites provocations mais comprendrait-il à quel point elle avait été sérieuse et avait pesé chacun de ses mots ?

Non, s'avoua-t-elle pour répondre à son interrogation. Elle avait désiré des hommes, avait flirté avec d'autres mais jamais elle n'avait éprouvé ce qu'elle ressentait envers lui pour quelqu'un d'autre. Jamais elle n'avait voulu un mec comme elle le voulait lui. Elle avait cru aimer auparavant mais c'était avant de découvrir toute la myriade d'émotions, de sentiments qu'il était capable, à lui seul, de provoquer chez elle. Alors, elle avait su et elle le reconnaissait enfin. Même à elle-même, elle s'était refusée de l'admettre jusqu'à présent mais en cet instant, cela lui parut naturel.

« Je le croyais mais je me trompais. Ma réponse est non, compléta-t-elle. Pourquoi est-ce que tu me demandes ça ? »

Tout était soudain si sérieux, presque tendu comme si l'atmosphère même avait conscience de ce qui était en train de se jouer entre lui et elle en ce moment.

« Tu es la raison pour laquelle je m'y trouve encore, se contenta-t-il de dire en réponse à leur sujet précédent. »

Elle frissonna et elle espéra qu'il ne se rendrait pas compte de la pression qu'elle était en ce moment même en train d'exercer sur sa bière. Elle aurait été capable de briser la bouteille tellement elle était crispée dessus. Elle n'arrivait même plus à faire semblant de boire. Lui non plus visiblement car il se courba pour la poser sur la table basse et en fit de même avec la sienne.

« Passe la nuit ici. Envoie un SMS à ta tante pour lui dire de ne pas s'inquiéter mais que tu ne rentreras pas ce soir. Si tu le désires, ajouta-t-il un ton plus bas. »

Elle ne dit rien et prit une grande inspiration puis se tendit pour atteindre son sac et se saisir de son téléphone. Elle tapa un message rapide et se remit face à lui.

« Je serais ravie de dormir ici.

-Parfait. »

Sans crier gare, il lui tira le bras et l'approcha de lui pour l'embrasser. C'était tendre, incroyablement doux et ce n'était qu'un simple baiser. Il ne lui demandait pas à aller plus loin, il se contentait simplement de caresser délicatement ses lèvres avec les siennes. Elle se détendit et apprécia.

« Tu as su attirer mon attention à la seconde où je t'ai aperçu sur cette terrasse, murmura-t-elle. J'avais enfin trouvé un point positif à ce quartier qui bien qu'extrêmement chic me paraissait sans intérêt pour moi. Mais tu es apparu et dès le premier soir, je dois prendre ça pour un signe ?

-Le signe de quoi ?

-Je ne sais pas, du changement peut-être. D'un renouveau. D'une chose positive. En tout cas, je savais que je voulais passer du temps avec toi.

-La réciproque est vraie, admit Ben. Je me suis volontairement affiché dans le jardin le lendemain. Tu avais l'air culottée et je voulais voir si tu aurais le cran de te pointer. »

Elle sourit contre ses lèvres, sa bouche toujours aussi proche de la sienne.

« Je n'ai pas été déçu, avoua-t-il. Je ne l'ai jamais été. »

Elle posa l'une de ses mains contre sa joue et lui donna un autre baiser. Il en profita pour se coucher à moitié sur elle et l'approfondir, glissant tendrement une main sur sa taille pour la garder près de lui. Ils restèrent un moment allongés à parler et à s'embrasser.

« J'ai soudain très chaud, plaisanta Rey tandis qu'il se redressait.

-Allons sur le balcon.

-Tu as un balcon ? On y accède comment ?

-Par la chambre, viens. »

Il lui tendit la main et elle l'a pris. Elle se leva mais se rassit presque aussitôt.

« Attends ! C'est sexy mais si tu me permets, elle enleva une bottine, je voudrais bien enlever ces chaussures. »

Elle les balança avant de se remettre debout et de lui reprendre la main. Il lui fit parcourir tout l'appartement. Ils passèrent devant son lit et il s'arrêta pour ouvrir la baie vitrée qui donnait sur un large balcon.

« Jolie vue, je n'avais pas remarqué qu'on était aussi hauts ! C'est dégagé ! Ça me donne envie de faire un truc, rigola Rey pour elle-même. »

Elle s'approcha du bord et s'accouda à la rambarde pour observer l'agitation à leurs pieds puis les lumières de la ville. C'était relaxant et elle appréciait le vent dans ses cheveux. Ben vint se mettre près d'elle. Elle tourna son visage vers lui et rigola par avance de ce qu'elle s'apprêtait à faire. Elle mit ses deux mains près de sa bouche et inspira un grand coup.

« Ben Solo ! cria-t-elle à plein poumons avant de répéter l'opération et d'éclater de rire. J'avais toujours rêvé de faire ça ! lui avoua-t-elle en se tournant vers lui. Tu sauras amené rapidement à apprendre que je suis une fan inconditionnelle des rom-com coréen et c'est un truc qui revient de façon récurrente de crier de cette façon le nom de la personne que l'on apprécie. Face à un tel environnement, je n'ai pas pu m'en empêcher ! Quitte à passer pour la dernière des cinglées ! »

Il se tourna vers elle avec sérieux.

« Tu attends que je crie ton nom ? »

Elle rigola et lui prit le bras affectueusement, se collant à lui.

« Non, bien sûr que non même si ça ne me dérangerait pas si tu le faisais. Je me sens mieux dehors. On a beau être en novembre, les soirées ici restent très douces, c'est agréable. Elle posa sa tête sur son épaule. Tu as bien choisi, cet appart est top ! Tu viens souvent sur la terrasse ?

-Oui, ça m'aide à réfléchir. Il m'arrive aussi d'y réviser.

-Quel élève studieux ! Je suis sûre que sous tes airs, tu dois avoir d'excellentes notes. Peut-être es-tu le premier de ta classe ? Je n'ai jamais douté que sous cette crinière noire se cachait un vrai cerveau. Ainsi qu'une très bonne éducation. Elle resserra sa prise sur son bras. Tu sais, commença Rey avec douceur, agir comme je le fais avec toi c'est pas mon genre. Pas du tout même.

-Pourquoi ?

-J'aime bien séduire mais d'habitude quand j'ai réussi à obtenir l'attention de celui que je désirais, je lui laisse faire tout le boulot. Je me rends inaccessible. Tu es le premier mec après qui je cours. Maz me trouve désespérante mais attachante. Si tu ne m'avais pas trouvée attirante, je crois que mon égo en aurait pris un sacré coup, plaisanta-t-elle. Ainsi que mon cœur. Surtout lui en réalité, ajouta-t-elle en levant les yeux dans sa direction.

-Serais-tu sous ta carapace, une incroyable romantique ?

-Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

-Ben Solo hurlé depuis la terrasse de cet appartement est une piste sérieuse. Je crois que personne n'avait jamais crié mon nom avec une telle vigueur. Pourtant c'est pas faute d'avoir essayé… »

Elle rigola.

« Pose la question à ma tante, elle te prouvera le contraire. Selon elle j'ai répété ton prénom comme une litanie l'autre jour. »

Il esquissa un sourire.

« Tu n'as pas répondu à la question.

-Toi non plus. Je ne sais toujours pas pourquoi tu as voulu savoir ça tout à l'heure. Et tu ne m'as pas non plus laissé l'opportunité de te la retourner. Elle se détacha de lui et s'accouda pour fixer à nouveau le vide. Peut-être pas romantique, commença-t-elle. Ma vie n'est pas un livre ou une série télé et je me satisfais de ce qu'elle est même si j'hurle ton prénom à toute la ville. J'ai trouvé ça amusant. Chacun a son notion de ce qui est ou n'est pas romantique. Par exemple, faire du karting peut le devenir si tu apprécies réellement la personne avec qui tu le pratiques. Ce qui est romantique c'est que cette personne ait pensé à t'y emmener car elle te connaît. Comme lorsqu'elle t'offre ta fleur préférée. Ce qui est romantique c'est de voir que tu retiens ces informations sur moi. »

Elle se tourna dans sa direction et le fixa sans rien dire de plus.

« Peut-être que je le suis finalement, finit-elle par dire. Et toi ?

-Jamais de cette façon, jamais avec cette intensité. C'est incomparable avec ce que j'ai déjà pu vivre par le passé alors je suppose que non. »

Elle se redressa comprenant qu'il répondait non pas au romantisme mais bien au fait d'avoir déjà été amoureux.

« Qu'est-ce que je dois comprendre ? osa-t-elle, attendant qu'il daigne la regarder.

-Je crois t'avoir proposé ce verre un peu vite et l'air se rafraichit. Si tu tombes malade, Maz va me tuer. Nous ferions mieux de rentrer.

-Tu as raison, je me sens fatiguée. »

Il retourna à l'intérieur et Rey resta un instant, le temps pour elle de dépasser sa déception. Aurait-elle voulu que ça aille plus loin ? Que les choses soient dites plus clairement ? Une part d'elle en avait eu envie et pourrait lui courir après mais l'autre, celle encore effrayée par tout ça se résolut à penser qu'ils n'étaient pas encore prêts. Elle rentra à son tour, prenant le soin de bien refermer la porte avant de le rejoindre dans la pièce à vivre. Elle constata qu'il avait rangé leurs bières. Elle récupéra son petit sac et le suivit jusqu'à la chambre.

« Tu peux utiliser la salle d'eau. Tu y trouveras tout ce qu'il te faut près du lavabo.

-Ok. »

Un peu gênée par cette ambiance, elle s'y précipita et se rendit compte une fois la porte fermée qu'elle n'avait que ce qu'elle portait sur le dos. Ben l'avait déjà vu toute nue mais cela signifiait-il qu'elle allait devoir dormir toute déshabillée ? Allaient-ils avoir un rapport ? Elle s'observa dans le miroir un instant. Elle avait clairement mis cette petite robe en songeant au moment où il pourrait potentiellement lui enlever. Elle n'en avait pas été persuadée, après tout, à la fin de leur premier rencard, il n'y avait rien eu de cette nature mais avec cette histoire d'endroit spécial, elle avait cru…

Elle passa une main sur son front en soufflant. C'est lui qui l'avait envoyée dans la salle d'eau, cela voulait bien dire qu'elle devait prendre sa douche. Ses yeux se posèrent sur sa main droite à côté de laquelle se trouvait un petit sac. C'était de ça dont il avait parlé. Elle l'ouvrit et fut surprise de ce qu'elle y trouva. Dentifrice, gel douche, brosse à dent et même du démaquillant. Elle sourit.

« Il avait prémédité que je dormirais ici. »

Elle fit un bond quand elle entendit toquer à la porte. Elle lui ouvrit.

« Merci pour tout le nécessaire, tu as pensé à tout, l'interpella-t-elle en premier.

-Merci mais je me rends compte que j'ai oublié quelque chose d'essentiel.

-Vraiment ? Quoi ?

-Tu n'as rien pour dormir.

-Tes bras me suffiront, si tu sers assez fort, je ne risque pas d'avoir froid même si je suis dévêtue et puis, elle regarda derrière-lui, ta couette a l'air chaude. Enfin, tu sais très bien ce qui se trouve là-dessous, compléta-t-elle passant une main sur son ventre. »

Il tira sur le tissu pour la faire approcher.

« J'aime le rouge, cette couleur te va bien. Ses doigts glissèrent dans son dos et elle sentit la fermeture éclair descendre progressivement. Bien que je connaisse déjà, il y a une chose que j'aimerais vérifier si tu me l'accordes. »

Elle hocha la tête en signe d'accord. Il abaissa le haut de sa robe jusqu'à son ventre qui dévoila une lingerie de la même couleur que cette dernière. Son regard vrilla dessus une longue seconde avant qu'il ne s'abaisse pour la lui retirer complètement. Il en fit de même avec ses collants. Elle se retrouva devant lui simplement vêtue de son ensemble rouge vif. Elle le regarda avec assurance, attendant la suite.

« J'espérais retrouver cette couleur ici, il soupesa son sein gauche délicatement, et là aussi. Il frôla la peau entre son bas-ventre et son sous-vêtement.

-Et qu'est-ce que tu en penses ?

-Que du bien.

-Tu pourrais peut-être venir prendre ta douche avec moi ? proposa-t-elle. Simple suggestion pour économiser de l'eau et du temps.

-Je ne te savais pas écolo.

-Quand ça m'arrange…

-Cette proposition est plus que tentante mais irréalisable ce qui me laisse penser que tu n'as pas encore vu la douche en question. »

Elle se pencha, regarda à sa droite et comprit le problème.

« Je suis même étonnée que tu puisses y tenir seul.

-J'ai pour projet de refaire la salle de bain, c'est la seule pièce que je n'ai pas retravaillée encore. J'ai dû partir au moment où j'allais m'en occuper. Mais je me félicite désormais d'avoir pris du retard. Ta présence vient d'ouvrir mes perspectives.

-C'est-à-dire ?

-Construire une grande, très grande douche. »

Elle sourit.

« Prends le temps qu'il te faut. J'irai après toi. La serviette propre est sur le bac à linges. »

Elle se démaquilla, se brossa les dents, s'attacha les cheveux pour essayer de conserver sa coiffure au maximum et se revigora sous l'eau chaude puis s'enroula dans l'immense serviette. Avant d'ouvrir la porte pour le retrouver, elle se recoiffa, pinça ses joues et sortit. Assis sur le lit, il se leva tandis qu'elle tenait sa serviette d'une main.

Il s'approcha et lui tendit un long t-shirt qu'elle suggéra être à lui. Elle le prit et le balança sur le lit puis posa sa main sur son torse pour qu'il s'asseye à nouveau. Elle leva sa jambe droite et plaça son pied tout près de lui.

« J'ai utilisé le gel douche que tu as acheté pour moi mais je m'interroge. Est-ce qu'il hydrate bien ? Peux-tu me dire si tu trouves ma peau douce ? termina-t-elle en essayant de garder son sérieux. »

Il sourit et déplaça sa main de son genou à l'intérieur de sa cuisse.

« Oui, extrêmement douce et il laissa ses doigts à leur place mais elle retira sa jambe.

-Merci et pour le parfum ? Est-ce que je sens bon ? »

Elle se pencha vers lui, lui offrant son cou et une vue plongeante dans son décolleté sur lequel elle appuyait avec ses mains pour que la serviette ait un bel effet push-up.

« Délicieux. Il déposa ses lèvres et se mit à lui faire des petits baisers. Il la prit par la taille mais elle le repoussa.

-Je suis toute propre maintenant, elle tapa ses mains, enlève tes pattes sales de mon corps et va te laver ! »

Il sourit mais s'exécuta. Au moment où il allait entrer dans la salle d'eau, elle l'appela.

« Ben ! Il se retourna. J'allais presque oublier, merci pour le maillot. Elle lâcha sa serviette d'un geste calculé. Ça fera un pyjama parfait. »

Il la détailla de haut en bas, mettant en doute le fait qu'elle en ait vraiment besoin mais finit par entrer dans la salle d'eau. Satisfaite de son petit effet, elle récupéra le haut et le passa avant de se jeter sur le lit et de l'attendre.

Telle une enfant, elle se mit à regarder la chambre. Le lit était confortable, tout comme le tissu contre sa peau. Elle remarqua un livre sur sa commode et par curiosité en regarda le titre mais le lâcha aussitôt en voyant qu'il devait probablement s'imposer cette lecture pour la fac. Elle attendit patiemment s'allongeant sur le ventre et s'amusant à battre des jambes. Son regard se posa sur le téléphone de Ben et avec un petit sourire, elle s'en saisit. Inutile de le déverrouiller pour l'idée dont elle avait en tête, il lui suffisait de cliquer sur la petite icône en bas à droite.

Néanmoins, elle se figea quand en appuyant sur l'une des touches, son propre visage lui apparut. C'était leur photo, celle dans le cabanon avec sa tête de folle. Il l'avait mise comme écran de verrouillage. Elle resta ahurie une bonne minute face à ce constat avant qu'un sourire tendre ne se dessine sur ses lèvres. Elle reprit ses esprits, bascula en mode selfie et s'observa dans l'objectif. Elle pinça des lèvres pour trouver l'inspiration et vite.

Elle fit une première photo où elle fit la moue, une seconde avec un clin d'œil et un immense sourire, une autre où elle laissait négligemment tomber son t-shirt pour dégager son épaule avec un air sensuel et enfin une dernière où elle lui envoyait un baiser.

Amusée, elle remit le smartphone à sa place sans rien dire et attendit qu'il sorte ce qu'il ne tarda pas à faire. Elle s'était allongée sur le dos et avait pris une pose lascive pour finir de l'attendre, reposant ses jambes sur le mur du fond.

« Je suis franchement déçue, elle le voyait à l'envers mais cela ne l'empêchait pas de constater qu'il n'était pas simplement vêtu d'une serviette comme elle lors de son retour. Pour autant, elle aimait assez ce haut noir et ce pantalon. »

Elle roula sur elle-même et s'avança vers le bord du lit, restant sur les genoux. Il vint à elle et posa ses mains contre son cul.

« Où est ma serviette ? bouda Rey. Je t'ai prouvé qu'on pouvait en avoir une belle utilisation. Je n'ai pas été suffisamment convaincante ? »

Ses mains glissèrent sous le maillot et il se mit à lui embrasser le cou et elle comprit que si, elle avait dû l'être.

« Très convaincante, crois-moi. »

Elle rigola et retomba en arrière. Il se plaça près d'elle.

« J'ai une question, elle se tourna vers lui laissant sa tête reposer dans sa main. Plutôt deux.

-Je t'écoute.

-Ton t-shirt est sympa mais il y a des courants d'air en bas. Ça pourrait être l'occasion de me rendre mon due, tu ne penses pas ?

-Jolie tentative mais non. Après tout, tu voulais déjà refuser le haut alors pourquoi t'embêter à te couvrir en bas ?

-Grillée, sourit-elle. Tu m'as un peu expliqué tout ça, elle leva son bras libre pour désigner son logement, mais il te reste encore beaucoup ? Je fréquente quelqu'un de riche ?

-Désolé de te décevoir mais non. Juste de quoi vivre sans avoir à bosser en parallèle de mes études et encore je dois faire attention. L'appart a englouti une énorme partie et ensuite tous les travaux que j'y ai faits. Et tu sais qu'il me reste la salle d'eau.

-Si t'es sage je pourrais te donner un coup de main. Je me débrouille pour la partie peinture.

-Pourquoi tu me demandes ça ? Je ne te vois pas être une fille intéressée par l'argent, surtout acquis de cette façon.

-En réalité, je te l'ai demandé pour savoir si ce passé avait impacté ta relation avec les filles. Il haussa un sourcil.

-Oui, forcément. Y en a que ça intéressait, ça devait les attirer de pouvoir sortir avec un trafiquant. Et à contrario, y en a que ça a repoussé, même fait fuir.

-Hum intéressant. Je peux te poser d'autres questions ? Enchaîna Rey. Ben Solo qu'aimes-tu en dehors du basket, de ta Condor et de moi ? J'ai avoué aimer les séries coréennes… chose que tu ignorais malgré nos multiples discussions, cela prouve qu'il y a encore des choses à découvrir et je veux tout savoir de toi ! »

Il sourit et l'invita à lui demander tout ce qu'elle désirait.